L’European Wind Energy Association (EWEA) nous annonce avec emphase qu’en 2010 ce sont 308 nouvelles éoliennes offshores qui ont été raccordées aux réseaux en Europe. Ces machines et leur raccordement ont nécessité des investissements d’un total de 2,6 milliards d’euros environ, pour une puissance installée de 883 MW. Pour 2011 l’EWEA prévoit que pour les 10 fermes éoliennes en cours de construction qui représentent une puissance de 3000 MW potentiels, ce sont entre le tiers et la moitié des éoliennes qui seront raccordées au réseau, soit une puissance de 1000 à 1500 MW. Ces ordres de grandeur demeurent pour l’instant relativement modestes. Un calcul simple montre que pour un amortissement sur 8 ans (durée raisonnable pour attirer quelques investisseurs qui ne se pressent pas au portillon) et 3500 heures de production au nominal par an en Mer du Nord, soit 28 mille heures au total, il faut 105 euros/MWh pour amortir les près de 3 Meuros/MW investis. Si l’on ajoute des frais de maintenance annuelle par éolienne de 150 mille euros, destinés à faire grimper par beau temps une équipe héliportée chargée de l’entretien préventif de la machine, ce qui représentent dans les 15 euros/MWh c’est un total de 120 euros/MWh, hors frais financiers, qui sont nécessaires à amortir et maintenir une installation durant les huit premières années.
Ces montants sont deux fois trop élevés pour rendre l’électricité éolienne offshore rentable. Il apparaît comme nécessaire de diviser par deux les investissements nécessaires par MW. L’accroissement de la taille moyenne des turbines vers les 6 MW * dans un premier temps est une voie à suivre. Leur production et leur implantation sur site selon un mode industriel reproductible et optimisé semble être également indispensable pour atteindre une fenêtre d’investissement comprise entre un et 1,5 Meuros/MW. Ces tarifs doivent être obtenus malgré l’éloignement progressif des champs des côtes et donc de l’allongement des lignes de raccordement au réseau.
*Remarque: La décision de Siemens, leader mondial incontesté de l’éolien offshore, de s’installer dans le port de Hull, au nord-ouest de l’Angleterre, pour industrialiser sa future éolienne offshore direct drive de 6 MW confirme cette évolution nécessaire vers les plus fortes puissances des turbines. Cette nouvelle génération qui permettrait de passer de 3,6 MW à 6 MW sera testée dans le port de Withington au sud de Manchester. Elle pourrait être validée vers la fin de 2011 (LIRE).
LIRE le rapport de l’EWEA.
Le 21 Janvier 2011

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