Auteur/autrice : Raymond Bonnaterre

  • Dans quinze ans les deux tiers des voitures vendues en Californie seront hybrides ou électriques

    Dans quinze ans les deux tiers des voitures vendues en Californie seront hybrides ou électriques

                           Les prévisions d'évolution des marchés à plus de 5 ou 10 ans ne veulent pas dire grand chose puisque, par définition, celui qui élabore ces prévisions ignore les innovations à venir et ne connaît pas le contexte politique et économique de ce futur imaginaire. Ces prévisions donnent cependant une image des convictions du moment. C'est ainsi qu'un représentant du California Air Resources Board vient de faire une présentation à l'Advanced Automotive Battery Conference 2009 sur une hypothèse d'évolution des ventes de voitures neuves à l'horizon 2050 en Californie, en sachant qu'au terme les émissions de CO2 et autres gaz devront être réduites de 80% par rapport à celles enregistrées en 1990 (FIG.).

    ARB-scenario-2050 

                        D'après cette étude, en 2025, 50% des véhicules vendus seraient hybrides (courbe verte) et 15% seraient électriques, soit hybrides (courbe bleue), ou purement électriques (courbe rouge). Cette prévision montre que certains milieux californiens ne croient guère encore au succès des "Mini-electric" du style i-MieV sur leur territoire. La taille et la masse du véhicule est encore un critère de sécurité et de confort, alors qu'en Europe ces modèles apparaîtront comme des véhicules standards.

                       Certains, à partir d'études économiques, n'imaginent un marché des véhicules 100% électriques qu'à partir du prix de l'essence à 10$ le gallon. Je pense qu'ils n'ont rien compris à la puissance de séduction de petits véhicules électriques "smart" auprès des jeunes générations. A Mitsubishi-Peugeot, à Nissan-Renault  et autres coréens ou chinois de leur montrer qu'ils se trompent.

    Le 17 Juin 2009

  • Un exemple d’action de relance réussie: la prime à la casse allemande

    Un exemple d’action de relance réussie: la prime à la casse allemande

                   Le mois de Janvier avait été catastrophique pour les ventes de voitures en Allemagne, avec 22% des voitures vendues dans la Zone Euro et en baisse de 14% par rapport au même mois de 2008. Mais depuis l'effet de relance de la prime à la casse a convaincu le consommateur allemand de ne plus reporter son intention d'achat et dès le mois de Février les ventes affichaient des progressions par rapport à il y a un an. Au mois de Mai les ventes de voitures en Allemagne ont représenté, en nombre, 33% des ventes dans la Zone Euro et la progression mensuelle par rapport à l'an dernier est de 40% en nombre de voitures vendues (FIG.). Cet exemple illustre l'efficacité de la prime à la casse et des efforts commerciaux des vendeurs sur le changement de comportement des consommateurs qui, sans cette mesure, comme l'illustrent d'autres pays européens voisins comme la Belgique ou les Pays-Bas, auraient poursuivi leur politique d'attentisme  pour changer de véhicule.

                   L'Allemagne et la France qui représentent à toutes les deux 51% des véhicules vendus, grâce à leur progression portent les ventes dans la Zone Euro au mois de Mai à un niveau proche de celui de l'an dernier. 

    Ventes-voitures-europe-2009-05 

    LIRE la simulation de l'impact du report d'achat sur les ventes.

    Le 16 Juin 2009

  • Toyota prévoit d’utiliser 1,1 million de batteries Ni-MH dans ses voitures hybrides en 2010

    Toyota prévoit d’utiliser 1,1 million de batteries Ni-MH dans ses voitures hybrides en 2010

                      Les nouveaux modèles hybrides de Honda et de Toyota rencontrent, malgré la crise, un large succès. Preuve irréfutable que la reprise économique ne proviendra que d'une offre rénovée et adaptée aux attentes de nouvelles générations de consommateurs, moins obséquieuses et plus attentives à l'impact de leurs choix sur le monde. Toyota dispose dans la JV qu'il contrôle et partage avec Panasonic une capacité de production annuelle d'environ  700 000 batteries Ni-MH (FIG.). Il est probable que Toyota conservera la technologie Ni-MH durant encore de longues années dans ses modèles hybrides de base, pour se battre à couteau tiré sur les performances et sur les prix, avec son challenger Honda. Grâce à de nouveaux investissements dans l'usine existante d'Omori et au démarrage de la nouvelle usine de Miyagi la JV compte disposer d'une capacité de production installée d'un million de batteries. Par des efforts de productivité et des actions de réduction de déchets les usines se fixent comme objectif de produire 10% de batteries supplémentaires pour atteindre une capacité annuelle de 1,1 million de batteries pour 2010.

                     Ces chiffres illustrent les ambitions de Toyota dans la montée en cadence de ses nouveaux modèles hybrides.

    Prius-battery-pack3 

    Le 16 Juin 2009

  • Quelques idées simples à la disposition des Partis Politiques désirant faire leurs exercices de greenwashing purificateurs

    Quelques idées simples à la disposition des Partis Politiques désirant faire leurs exercices de greenwashing purificateurs

                      Les idées et concepts écologiques semblent être électoralement porteurs, il va donc être nécessaire à tout Parti Politique qui se respecte, d'avancer des idées originales et populaires dans le domaine de l'écologie, du mode de consommation de l'énergie et des divers modes de gestion de cette énergie. Nous allons donc assister à une course à l'échalote effrénée vers des idées et propositions les plus farfelues, venant d'hommes et de femmes politiques pour lesquels l'approximation est un des socles de leur argumentation. Il va être difficile de canaliser la déferlante, mais à titre préventif il semble utile de rappeler un certain nombre de vérités aux Etats-Majors de ces partis politiques et par la même occasion de leur suggérer certaines idées simples qui pourraient agrémenter leur catalogue "écolo" à la Prévert.

    EDF-centrales-thermiques-Cordemais 

    1) Chasser les embouteillages sur le réseau routier:

                  C'est peut-être le domaine où les plus grandes bêtises sont dites. Ce ne sont pas les autoroutes et les déviations qui créent la pollution: ce sont les embouteillages. Un camion moderne et optimisé qui consomme sur autoroute à vitesse constante et  limitée aux environs de 25 litres de carburant aux cent kilomètres, va en consommer trois fois plus dans un bouchon routier. Tous les jours, des milliers de poids lourds, circulant sur l'axe Nord-Sud européen qui traverse la France, viennent déverser leurs gaz à effet de serre dans les embouteillages à l'approche des grandes agglomérations. Le Japon mène une politique très active contre les embouteillages et suit année après année les progrès accomplis (LIRE cette très intéressante étude). Messieurs les politiques renseignez-vous, faites du benchmarking et ayez le courage de construire des déviations, même si elles doivent traverser le Médoc! En parallèle, aidez et incitez vigoureusement les constructeurs de poids lourds à lancer également un grand programme d'hybridation des poids lourds avec un objectif très simple: 20 litres de gasoil aux cent km! Je suis certain qu'ils sauraient atteindre l'objectif et que leurs clients transporteurs seraient séduits par ces progrès (LIRE les essais de Mercedes).

              Remarque: si ces nouveaux poids lourds hybrides ne consommaient plus d'urée pour éliminer les NOx, ce serait un plus certain!

    2) Diviser par trois les importations de charbon:

                      La France a consommé 21 millions de tonnes de charbon et de coke métallurgique en 2007. C'est définitivement trop. Une partie de ce charbon est utilisé dans la métallurgie, mais une large part est brûlée dans des centrales électriques d'EDF ou des anciens Charbonnages de France. Les plus grandes entreprises polluantes de la France sont soit des usines métallurgiques (Sollac Dunkerque, Arcelor Méditerranée, Sollac Lorraine) soit des centrales électriques (EDF Cordemais, Le Havre, La SNET de Provence, etc.). Les 18 centrales électriques françaises les plus polluantes qui produisent moins de 25 TWh d'énergie électrique par an, sont déclarées comme émettant annuellement  76 millions de tonnes équivalent CO2 de GHG (VOIR la liste sur Community Independent Transaction Log de la CE, table Excel 2007). Même si ces chiffres apparaissent artificiellement gonflés, l'Europe des droits d'émissions de CO2 étant une grande pétaudière, on peut considérer qu'au moins 30 millions de tonnes de CO2 sont en jeu. Nos politiques doivent donc promouvoir un plan d'extinction des centrales au charbon et au fioul sur 10 ans pour les remplacer par des centrales électriques très souples, au gaz naturel à cycle combiné, qui fonctionneront en tandem avec les sources d'énergie renouvelables éoliennes ou solaires. Remplacer une vielle centrale au charbon par une centrale moderne au gaz naturel permet de diviser par trois les émissions de CO2 (350 kg de CO2 par MWh), la coupler avec des énergies renouvelables permet de diviser par quatre (250 kg de CO2 par MWh). C'est ce qu'EDF est en train de faire dans sa centrale de Martigues pour 2012. Cet exemple doit être généralisé.

    3) Cesser les importations d'électricité d'Allemagne:

                    La France sponsorise activement les centrales électriques polluantes allemandes en leur achetant très régulièrement de l'énergie électrique. En 2008, elle a importé 19 TWh d'énergie électrique d'Allemagne, largement chargée en CO2, ce qui représente une puissance moyenne de 2150 MW. C'est donc une très grosse centrale au lignite que la France sponsorise en moyenne en Allemagne. Il est évident, compte tenu de la raideur énergétique germanique et de ses attirances vers les steppes russes, que cet état de fait doit cesser. Si la France sait arrêter ces importations c'est une grande centrale polluante allemande qui s'arrête. C'est tout!

    4) Promouvoir le réseau électrique intelligent (smart grid) et la facturation modulée (smart mettering) à distance:

                     Un consommateur d'électricité qui a équipé son domicile de panneaux solaires, d'un onduleur et qui dispose en tampon d'une batterie de stockage, le tout étant intelligemment raccordé au réseau via un compteur fonctionnant dans les deux sens (comme le futur compteur Linky d'ERDF), ce consommateur donc peut être à la fois client et fournisseur d'électricité au réseau, il peut également effacer sa consommation en heure de pointe et recharger sa batterie en heures creuses si nécessaire. Ce consommateur peut avoir dans son garage une voiture électrique qui va participer au système global. Un plan national mobilisant tous les industriels du secteur doit être élaboré pour avancer dans cette voie des systèmes complexes et intelligents. La mise en place lointaine d'un compteur programmée par ERDF (entre 2012 et 2017!) est nécessaire mais elle n'est pas suffisante pour réaliser un système global.

    5) Anticiper la mise à disposition de chargeurs de véhicules électriques photovoltaïques:

                      Sur le lieu de travail, devant les Supermarchés, en Ville, les voitures électriques pourront être rechargées par des systèmes équipés de panneaux solaires. L'avenir de la voiture électrique n'est pas dans le remplacement rapide de batterie déchargée trop dispendieux parce que la batterie est trop chère pour attendre, chargée, sur une étagère. L'avenir est à la multiplicité des lieux et des modes de charge. Charge rapide (une demi-heure) à la station de recharge ad'hoc, charge lente au parking, le tout alimenté par des panneaux solaires lorsque le soleil brille, sinon par le réseau. 

    6) Ne plus dépendre du gaz Russe:

                     Le gaz naturel sera la ressource d'énergie principale de ce siècle pour trois raisons simples: il est très abondant, il est largement répandu sur le globe et sa combustion émet deux fois moins de CO2 que le charbon par unité d'énergie produite. La dépendance des approvisionnements de l'Europe au gaz russe est une vaste rigolade de journalistes ou de peakistes en mal d'émotions. La Russie pèse moins de 20% des productions mondiales de gaz naturel, elle va perdre son rang de N°1 mondial au profit des Etats-Unis. Le Qatar, l'Iran, l'Afrique, l'Australie vont devenir des producteurs à la hauteur de leurs immenses réserves. Demain de larges réserves dans l'Arctique ou ailleurs seront mises en production. La France avec sa grande façade maritime doit poursuivre son équipement en terminaux de déchargement, stockage et regazéification de GNL. Il n'y a aucune raison qu'elle dépende pour ses approvisionnements, de gazoducs orientaux peu fiables. Laissons ces émotions à nos amis germaniques. Alors il faudra expliquer tout ça à José Bové et à ses groupies, leur expliquer que l'eau de Javel, utilisée pour désinfecter les ballasts des méthaniers, n'est pas un agent de pollution très grave, même dans l'estuaire de la Gironde. Elle ne pourra que tout au plus tuer quelques germes microbiens bien connus, pour le plus grand bien de la santé des plagistes locaux. La vidange des ballasts de façon saine est un problème que tout concepteur de station d'épuration doit savoir résoudre. Nous avons ces compétences en France.

    7) Lancer un grand programme portant sur le stockage de l'énergie électrique:

                       Le vecteur électrique va prendre de plus en plus d'importance avec la montée en puissance des énergies renouvelables,  l'électrification de la traction automobile et la baisse de la part des produits pétroliers dans le bilan énergétique mondial. Celui qui dans le futur saura stocker l'énergie électrique détiendra une large part de la maîtrise des nouvelles technologies, l'exemple de la dépendance des constructeurs automobiles aux fabricants de batteries, pour les véhicules hybrides ou électriques, en est un exemple éclatant. La France a la chance de posséder des entreprises comme la Saft et d'autres qui disposent de profondes connaissances dans les couples électrochimiques susceptibles de servir de moyens de stockage de l'énergie électrique, elle dispose d'industries chimiques capables d'élaborer les matériaux nécessaires à la mise en oeuvre de ces batteries. Un grand programme sur la recherche et le développement  de quelques modes pertinents de stockage de l'énergie électrique semble encore plus urgent aujourd'hui que dans le passé.

                      Voici quelques idées simples qui peuvent aider les politiques à réaliser leurs ablutions purificatrices de greenwashing, je leur recommande surtout de ne pas suivre les conseils de leurs amis des divers cabinets ministériels qui vont inéluctablement les orienter vers les Piles à Combustible et la synthèse du Silicium. La liste n'est bien sûr pas exhaustive, l'approche des biocarburants en Europe se heutera au manque de surfaces au sol cultivables et aura un impact de ce fait limité, évitez surtout les rêves allemands de renaissance des réactions de type Fischer-Tropsch à partir de la biomasse, pour vous en convaincre faites tout d'abord une étude logistique. Les grands axes pour la France, outre le nucléaire, doivent porter sur le gaz naturel sous forme GNL qui lui apportera la flexibilité indispensable à sa génération de courant, et sur les systèmes complexes mettant en oeuvre du photovoltaïque et du stockage d'énergie, appelés à un grand avenir dans la traction électrique et les réseaux électriques intelligents.

                       Mais du point de vue de la politique énergétique, grâce au nucléaire, au TGV et à la TIPP, il faut admettre que la France est un pays très en avance par rapport aux autres pays développés, n'est-ce-pas Monsieur Borloo!

    Le 15 Juin 2009.

  • Les cours du pétrole avec la stabilisation du dollar perdent un important support

    Les cours du pétrole avec la stabilisation du dollar perdent un important support

                                    En cette fin de semaine les cours du pétrole, en l'absence de supports nets, roulaient un peu sur la lancée du rallye du mois de Mai. Jusqu'au tout début du mois de Juin la relation entre cours du pétrole et cours du dollar la relation était limpide. Entre le 20 Avril et le 2 Juin les courbes du baril de WTI et celle de l'euro en dollars présentaient un éclatant coefficient de corrélation de 0,97, montrant le rôle financier des futures et des options adossées au light sweet à New York, outils de couverture à une baisse du dollar (FIG. courbe verte). Mais depuis le 2 Juin, en raison de la faiblesse économique de la Zone Euro aux activités industrielles en plein marasme, en raison aussi des adjudications aisées de Bons du Trésor américain liée à une forte demande, selon Stuart Bennett de chez Calyon, les cours du dollar se sont stabilisés et se sont même légèrement raffermis par rapport à l'euro, vers 1,40 dollars pour un euro. Mais les cours du pétrole WTI n'ont pratiquement pas tenu compte de cet infléchissement monétaire (courbe rouge) et ont gaillardement poursuivi leur rallye haussier amorcé 7 semaines auparavant (FIG., courbe bleue). Signal de la rentrée tardive d'une clientèle moins avertie sur le marché, mais qui veut, elle aussi, profiter de la fête.

    Cours-WTI-Euro-2009-06

                      Le cours du baril de pétrole sur le NYMEX vient donc de perdre son principal support, la demande physique étant toujours très déprimée. On peut donc s'attendre à court terme, en l'absence d'un nouvel affaiblissement du dollar, à une consolidation des cours entre 60 et 70 $ le baril. Nombreux sont ceux qui ont trouvé le rallye précédent trop brutal, mais en réalité, il est devenu depuis, au dessus de 70$ ou 50 euros le baril, totalement artificiel.

    Le 14 Juin 2009

  • Le Japon repousse de cinq ans la possibilité d’utiliser son propre MOX dans ses centrales nucléaires

    Le Japon repousse de cinq ans la possibilité d’utiliser son propre MOX dans ses centrales nucléaires

                       Empêtrée dans ses problèmes sismiques qui font qu'au début du mois de Juin plus de la moitié des réacteurs nucléaires japonais étaient encore à l'arrêt, la Fédération des Industries Electriques Japonaises vient d'annoncer que le plan qui prévoyait d'utiliser du MOX dans 16 à 18 réacteurs nucléaires serait repoussé de 5 ans. La date initialement prévue en 2010 est repoussée à 2015. L'usine de retraitement des combustibles de la Japan Nuclear Fuel, en cours de construction sur le site de Rokkasho-mura, ne pourra pas débuter ses productions de MOX en 2012, comme initialement prévu, mais il faudra attendre 2015.

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                      Le retraitement des combustibles nucléaires et la production de MOX pour des usages civils, ne sont à ce jour pratiqués qu'en France et en Russie, la Grande-Bretagne éprouvant quelques difficultés à maîtriser son process. Le Japon, dans l'attente d'être opérationnel, sous-traite la production de MOX à AREVA. qui va donc se poursuivre 5 ans de plus.

                      Economiquement, aux cours actuels de l'oxyde d'Uranium (50$/livre d'U3O8), le procédé n'est pas économiquement rentable, ce qui incite les instances gouvernementales américaines à repousser tout projet de retraitement, bien qu'elles soient incapables de résoudre simplement et économiquement les problèmes de stockage de déchets de plus en plus encombrants. Il semble cependant évident, dans un monde ou la soutenabilité des processus industriels est un impératif, qu'une industrie électronucléaire qui se respecte doit retraiter et recycler son combustible. C'est une condition nécessaire pour la maîtrise ordonnée d'une saine gestion des déchets.  Les grands penseurs du MIT eux-mêmes, ne perçoivent qu'un modeste intérêt dans ces opérations de retraitement, ce qui montre que la propension au gaspillage, même parmi les élites, est profondément ancrée dans le comportement américain.

                    Pour comprendre l'intérêt du retraitement, le meilleur schéma que j'ai trouvé au gré de diverses lectures, est celui publié par le Boston Consulting Group en 2006 dans une étude réalisée pour le compte d'AREVA et portant sur le recyclage du combustible américain. Cette étude montre qu'à stabilité (2040) pour une consommation annuelle de combustible enrichi de 2100 tonnes, 500 tonnes pourraient provenir du recyclage dont 300 tonnes sous forme de MOX (FIG.).

                     En termes clairs, la généralisation du retraitement permettrait de réduire d'un quart environ la consommation de combustible neuf et donc de minerai d'Uranium. Peut-être faudra-t-il attendre la prochaine poussée de fièvre des cours de l'Uranium pour que les Etats-Unis se décident? Avec un peu de chance la Chine sera équipée bien avant eux. Obama semble encore sous-estimer l'importance du leadership technologique de la filière nucléaire pour les décennies à venir, ce qu'ont bien compris les Japonais propriétaires de Westinghouse Electric (WEC). 

    LIRE le rapport du MIT.

    LIRE le rapport du BCG 2006 réalisé pour AREVA

    Le 14 Juin 2009.

  • L’Energy Information Administration maintient quasiment inchangées ses prévisions de consommation de pétrole pour 2009

    L’Energy Information Administration maintient quasiment inchangées ses prévisions de consommation de pétrole pour 2009

                  Les prévisions à court terme de consommations mondiales de pétrole de l'Energy Information Administration américaine, publiées dans son Short Term Energy Outlook, sont généralement assez fiables et mériteraient autant, sinon plus, d'attention que celles de l''Agence Internationale pour l'Energie (AIE) ou bien celles de l'OPEP. Mais que prévoient les chiffres de cet organisme pour l'année en cours? Ils pronostiquent tout simplement que les consommations mondiales vont rester moroses au deuxième trimestre, autour de 83 millions de barils/jour, mais qu'aux troisième et quatrième trimestres, tirés par les consommations asiatiques, ces volumes vont dépasser les 84 millions de barils/jour à la fin de l'année  (FIG., barres rouges). Compte tenu de la langueur économique actuelle il est bien difficile d'admettre un tel renversement de tendance durant la deuxième partie de l'année, conduisant à un volume moyen annuel de 83.7 millions de barils/jour.

                  L'AIE plus pessimiste prévoit 83,3 millions de barils pour l'année. Alors pronostiquons que la réalité sera située entre ces deux valeurs ce qui acterait une baisse des consommations mondiales de deux millions de barils/jour par rapport à 2008. Il n'y a vraiment pas de quoi à enflammer le marché du pétrole!

    Conso-Monde-trim-2008-2009 

    Le 13 Juin 2009

  • Faut-il de méfier du mirage de la reprise économique?

    Faut-il de méfier du mirage de la reprise économique?

                         Les milieux boursiers veulent y croire, le FMI revoit à la hausse ses prévisions pour 2010, l'Agence Internationale de l'Energie corrige en légère hausse ses prévisions de consommations de pétrole pour 2009, des consommateurs américains un peu moins nombreux pour dire que ça va mal, voici les ingrédients qui relancent l'optimisme des marchés. Mais les données économiques objectives récentes nous informent que la situation se dégrade encore. La production industrielle au mois d'Avril en Zone Euro continuait à se dégrader (-1,9% par rapport au mois de Mars et -22% par rapport à il y a un an), après des entrées de commandes au mois de Mars toujours très faibles. La nouvelle a illico affaibli l'euro qui est passé au dessous de 1,40 dollar, ce qui pèse sur les cours du pétrole. Du côté du continent Nord-américain les productions de véhicules au mois de Mai, à 557 mille exemplaires, se situaient toujours à la moitié des volumes produits un an auparavant (FIG.). De tels chiffres n'inspirent guère l'arrivée d'une reprise économique imminente. Certains risquent de se faire pièger par le mirage de cette sacrée reprise qu'ils auront tant attendue ou trop tôt anticipée, en particulier dans le domaine des commodities dont la relance des cours semble bien prématurée.

    Prod-mensuelle-véhicules-NA-2009-05 

    Le 12 Juin 2009

  • Profitant de la hausse des cours du pétrole, les Républicains attaquent les choix énergétiques de l’Administration Obama

    Profitant de la hausse des cours du pétrole, les Républicains attaquent les choix énergétiques de l’Administration Obama

                           Les débats autour des choix énergétiques américains n'ont jamais été aussi vifs. La montée des cours de l'essence à la pompe est un bon prétexte pour attaquer la politique de Cap and Trade d'Obama qui pour les Républicains n'apparaît que comme une taxe sur l'énergie. Elle pourrait coûter selon eux, jusqu'à 3000 dollars par an et par foyer, non répond l'EPA qui chiffre le coût entre 98$ et 140$ par an. Un membre de la CFTC, commission de contrôle du marché des futures et des options, avoue lui même que de voir les prix de l'essence augmenter de 23% au mois de Mai, dans un marché où l'offre n'a jamais été aussi abondante et la demande jamais été aussi faible depuis 10 ans, lui posait problème. "Si je ne m'en préoccupais pas, il faudrait me virer" a-t-il déclaré en commentaire.

    Cours-gasoline-nymex-2009-06

                     Les Républicains, Sarah Palin en tête, bien timides du temps de l'Administration précédente, proposent au Sénat de construire une centaine de tranches nucléaires, de mettre en place un retraitement des combustibles sur le modèle français et de reprendre l'exploration pétrolière et gazière sur les côtes américaines. Leur tête de Turc est le Secrétaire à l'Intérieur, Ken Salazar, qui s'est rendu populaire en revenant sur des décisions d'autorisation de prospection et d'exploitation de l'Administration Bush

                   Bien que Steven Chu, le Secrétaire à l'Energie, ait avoué la semaine dernière, que la part du nucléaire américain dans le mix énergétique devrait dépasser les 20% d'ici à une dizaine d'années, l'indécision et l'ambigüité des positions de l'Administration sur la politique nucléaire apparaît comme une faiblesse qu'exploite l'opposition. Alors nombreux sont ceux qui pensent qu'entre l'idéal d'Obama et les positions radicales républicaines, il va falloir élaborer une politique énergétique de transition. La poursuite de la montée des cours des carburants, va mettre la pression sur cette nécessaire adaptation du discours des autorités au pouvoir. L'attentisme ambiant n'est pas soutenable.

                   Une autre option plus politique serait pour Obama de stopper la montée des cours par une intervention forte de la CFTC sur le marché du NYMEX des futures et des options, mais il faudrait pour cela se mettre à dos la monde financier américain. Il n'est pas sûr que l'esprit consensuel du Président puisse imaginer une telle solution. Après tout le marché du CO2 américain qu'il veut mettre en place va être un formidable terrain de jeu pour les spéculateurs de tous poils, où s'échangeront des milliards de tonnes de CO2 en papier. Ce sont ces spéculateurs qui feront alors les prix mondiaux du pétrole et celui du CO2 et qui infléchiront ainsi les choix énergétiques. Grande stupidité politique!

    Le 12 Juin 2009.

  • L’OPEP éprouve de plus en plus de mal à respecter ses quotas de production

    L’OPEP éprouve de plus en plus de mal à respecter ses quotas de production

                          L'Agence Internationale de l'Energie estime qu'au mois de Mai les productions de pétrole des membres de l'OPEP (hors Irak et gaz liquéfiés) ont atteint 26 millions de barils/jour soit 1,15 millions de barils/jour de plus que le quota officiel de production fixé en Décembre 2008 par le Cartel (FIG.). Ce relâchement d'une discipline incertaine et élastique aurait fait, en d'autres temps, chuter les cours du baril à New York. Mais l'heure, depuis  maintenant près de 8 semaines, est à la spéculation sur les options et les futures adossées au pétrole, en couverture au Dollar qui brûle les doigts, alors qu'importe le Marché physique et ses stocks pléthoriques. Les opérateurs ne retiendront que la petite correction à la hausse des prévisions de consommation en 2009 à 83,3 millions de barils/jour, après une prévision de l'Agence fortement déprimée à 83,2 millions de barils/jour, au mois d'Avril.

     Prod-OPEP-quotas-2009-05

    Le 11 Juin 2009