Auteur/autrice : Raymond Bonnaterre

  • Les prix du gaz naturel en Europe peuvent varier du simple au double

    Les prix du gaz naturel en Europe peuvent varier du simple au double

                          Eurostat publie tous les semestres les prix du gaz naturel, livré aux foyers et à l’industrie, pratiqués dans chacun des pays européens. Les variations d’un pays à l’autre peuvent être considérables. Parmi les grandes nations européennes où le gaz naturel est le plus cher citons la Suède, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Italie. Ces pays taxent fortement le gaz livré dans les foyers: 80% du prix HT pour la Suède, 61% pour les Pays-Bas, 45% pour l’Italie, 33% pour l’Allemagne (FIG.). Par contre l’Espagne, la France et la Grande-Bretagne maintiennent les prix les plus bas.  Entre le second semestre 2007 et le premier semestre 2008, l’Allemagne a vu son prix moyen de gaz naturel vendu aux particuliers s’accroître de 9,4%.Gazeuropefoyersprix2008s1

                            Pour les prix industriels la hiérarchie est globalement conservée (FIG.II). L’Allemagne a enregistré d’un semestre à l’autre le prix moyen du gaz naturel livré à l’industrie s’accroître de près de 25%.Gazeuropeindustrieprix2008s1

    Le 7 Décembre 2008.

  • Le torchage des gaz, méprisé par les accords de Kyoto, aurait légèrement baissé en 2007

    Le torchage des gaz, méprisé par les accords de Kyoto, aurait légèrement baissé en 2007

    Flaring_2                          D’après la Banque Mondiale, le torchage (flaring) des gaz associés au pétrole réalisé sur de nombreux puits de forage dans le monde représenterait annuellement une source de CO2 de 400 millions de tonnes, soit un peu plus d’un pourcent des 31 milliards de tonnes libérées chaque année par les activités humaines en 2007. C’est un peu supérieur aux 380 millions de tonnes de CO2 diffusées par la France. La réduction du torchage n’est pas reconnue par le protocole de Kyoto comme une action pouvant bénéficier des crédits de carbone. Imbécillité parmi d’autres, alors que ce serait un bon moyen pour motiver un peu plus les Groupes pétroliers, de plus en plus nationaux, à réduire leur émissions de CO2. D’après les observations par satellites de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine elles auraient régressé de 6% entre 2007 et 2006, ce qui constitue un progrès par rapport aux 3% de réduction estimés entre 2006 et 2005. D’après le NOAA ce sont les émissions du Golfe du Niger qui ont le plus régressé, sous l’impulsion des autorités nigérianes qui exigent l’arrêt du torchage par les Groupes privés opérant dans la zone. L’Iran et l’Algérie auraient également fortement réduit leur torchage. Par contre les émissions de la Russie seraient toujours en croissance.

    Voir les données pour chacun des pays.

    Le 7 Décembre 2008.

  • Poznan, une longue et fastueuse réunion pour rien?

    Poznan, une longue et fastueuse réunion pour rien?

    Poznan                 Une organisation des Nations Unies qui passe un gros tiers du problème en pertes et profits, en ne se préoccupant pas des émissions de gaz à effet de serre de la Chine, de l’Inde ni du Moyen-Orient. Une délégation américaine qui n’a rien à dire en ces périodes de transition du pouvoir exécutif. Une Europe, sous la férule de la France, qui essaie de mettre en équation son absence de politique énergétique. Comment parler de règles régissant les émissions de CO2 si, au préalable, un minimum de consensus n’a pas été trouvé sur une politique énergétique commune? Alors la France propose de réduire par deux les objectifs de réduction des émissions de CO2 des pays de l’est de l’Europe et d’exempter les industries sensibles (ciment, acier, aluminium, automobile) susceptibles de fuir des pénalités trop lourdes (carbon leakage). Un projet français a même été préparé pour faire payer l’addition par les producteurs d’électricité.

                         Seraient octroyés aux pays européens à faible PIB et utilisant au moins 30% de charbon ou de lignite comme combustible pour la génération d’électricité, des droits d’émissions gratuits qui pourraient être progressivement réduits jusqu’en 2016. La Commission Européenne aurait, de plus, la possibilité de suspendre ces ventes de droits d’émissions en cas de flambée des cours du combustible (si le cours est trois fois supérieur à la moyenne des six derniers mois connus). Bref une usine à gaz à l’européenne.

                        Mais ce qui est certain c’est que les E-On et autres RWE allemandes, grosses utilisatrices de charbon et de lignite, n’accepteront jamais de payer seules l’addition. Elles peuvent compter sur la dynamique Chancelière Merkel pour les défendre et arrêter le processus en cours. L’écologie à ses limites, surtout en Allemagne.

                        Il n’était vraiment pas nécessaire d’aller à Poznan pour laver le linge sale, on aurait pu rester en famille, entre seuls Européens.

    Le 7 Décembre 2008.

  • Chakib Khelil: la prochaine réduction des quotas de l’OPEP sera sévère

    Chakib Khelil: la prochaine réduction des quotas de l’OPEP sera sévère

    Kremlinmoscow_2                           Dans une interview à l’Associated Press, le Président en exercice de l’OPEP, l’algérien Chakib Khelil a déclaré qu’un consensus s’était formé entre tous les membres du cartel pour que la prochaine coupe dans les quotas de production soit "sévère". La décision sera prise lors de la réunion du 17 Décembre à Oran. Khelil a signalé que certains parlaient d’une réduction de deux millions de barils/jour. Il a d’autre part affirmé qu’il espérait que la Russie se joindrait à l’OPEP pour cette réduction des quotas "comme si c’était un membre de l’OPEP".

                                 Préparons nous à assister à une lutte au finish entre les traders newyorkais qui ne croient pas à un front uni OPEP-Russie pour réduire les productions et le cartel élargi à la Russie qui pèse 52% des volumes produits dans le monde. Il est évident qu’une prise de parole claire de la part de la Russie, affirmant sa solidarité avec l’OPEP, aurait un impact immédiat sur le Marché. Mais sait-on s’exprimer clairement au Kremlin, voilà la question?

    Le 6 Décembre 2008.

  • La baisse continue des taux longs met la pression sur la BCE

    La baisse continue des taux longs met la pression sur la BCE

                              Un système bancaire en période de crise doit pouvoir se refinancer à des taux d’intérêts faibles pour pouvoir consentir à ses clients des taux attractifs. Bien sûr ces taux incluent la marge de la Banque déterminée par la prise en compte du type de crédit, de la durée, des garanties apportées par le client et de l’état de la concurrence. En ces périodes de peu d’inflation, il est donc nécessaire que le taux de refinancement auprès de la Banque Centrale soit faible. Il est en ce moment  de 1% aux Etats-Unis (1,25% pour le taux d’escompte), de 2% en Grande-Bretagne et de 2,5% auprès de la BCE. Le taux de refinancement, malgré la baisse de 75 points de base (0,75%) de la BCE cette semaine, est plus pénalisant pour les Banques et donc en final, pour les emprunteurs de la Zone Euro que pour les banques anglaises ou américaines. Un indicateur simple consiste à comparer les taux des bons du trésor de chacun des Etats, négociés sur le marché en fonction de l’offre et de la demande avec ces taux administrés (FIG.). Taux10ans200812

                         Tout au long du mois de Novembre et au tout début de ce mois nous avons assisté à une chute régulière des taux des bons à 10 ans américains de 130 points de base, avec un minimum Jeudi dernier à 2,55% pour le  10 ans. Le désintérêt des investisseurs pour les autres placements (bourse, immobilier, commodities) et le recul de l’inflation est tel que l’Etat américain arrive à placer du papier à échéance 10 ans à 2,55%. Cette baisse a entraîné dans son sillage celle des bons européens qui ont baissé de 110 points de base pour le britannique et de 87 points pour le bon allemand à 10 ans.

                           La comparaison du 10 ans allemand avec le taux de refinancement de la FED (FIG. courbe rouge) montre la course à la baisse des deux taux. Si la BCE ne veut pas se retrouver avec une courbe des taux inversée elle est obligée d’anticiper la baisse des taux du papier à 10 ans. Il est évident qu’avec la tendance actuelle la BCE aurait pu s’aligner avec la Bank of England à 2%. Mais J.C. Trichet qui  sera poussé à baisser encore son taux directeur au plus tard le mois prochain, veut faire croire que c’est encore lui qui décide. Totalement discrédité par sa vielle hantise d’une hypothétique inflation et des effets de second tour qui l’avaient amené à remonter le taux de la BCE le 9 Juillet, au maximum de pic de la spéculation qu’il avait lui même entretenue, il est le seul à partager cette conviction.

                           Notons en passant, que la baisse des taux va faire du bien au budget de notre pays trop fortement endetté. C’est peut-être celà qui agace le plus notre banquier central.

    Le 6 Décembre 2008.

  • La nouvelle Pythie newyorkaise du pétrole  voit son cours descendre jusqu’à 25 dollars le baril

    La nouvelle Pythie newyorkaise du pétrole voit son cours descendre jusqu’à 25 dollars le baril

                        Bien sûr les visionnaires qui anticipaient un pétrole à 200$ le baril en Juin dernier ont perdu leur job, sinon leur influence morale. Alors, comme à Delphes il y a de cela 27 siècles, les 300 traders newyorkais qui décident des cours mondiaux du pétrole se sont choisi une nouvelle Pythie: c’est Francisco Blanch de chez Merrill Commodity qui est en charge de l’orientation du Marché. Alors que dit l’Oracle? Un Oracle pour être crû doit asséner des évidences. Ses prédécesseurs avaient trouvé un truc, c’était le peak oil, pour lui c’est la simultanéité des crises entre l’Amérique, l’Europe et l’Asie qui crée une formidable dépression dans la demande de pétrole que les producteurs OPEP et NON OPEP seront incapables d’enrayer. Incontestable argument, compris de tous, qui lui permet de prévoir un baril pouvant passer transitoirement par 25 dollars. Aussi tôt dit, aussitôt fait, l’option de contrat la plus active sur le Nymex hier était celle sur le pétrole à 20$ le baril pour Janvier. Pendant la crise les jeux et la spéculation continuent.

                       Une question simple: mais quand va-t-on interdire ou encadrer ces Salles de Jeux sur les commodities qui vont pousser un peu plus les économies mondiales au plus profond du ravin? Le CRB Index à 200 rejoint ses valeurs de 2000 et de 1997(Fig.)!Crbindex200812_2

    Le 6 Décembre 2008.

  • Le rétablissement des Big Three demandera 75 à 125 milliards de dollars.

    Le rétablissement des Big Three demandera 75 à 125 milliards de dollars.

                             Les témoignages sous serment devant les Commissions du Sénat réalisées par les experts sont toujours instructives. On y avait découvert le caractère purement spéculatif des cours du pétrole cet été (LIRE), cette fois c’est Mark Zandy chef économiste chez Moody’s qui estime quil en coûtera entre 75 et 125 milliards de dollars pour rétablir, peut-être, l’industrie automobile américaine autour des Big Three. Dans ce témoignage d’une grande qualité il argumente sur quatre points essentiels:

    Bigthreemarketshare19952008

    • le Gouvernement doit rapidement aider financièrement ces entreprises sous risque de faillites en chaîne destructrices. Un emploi dans l’automobile supporte 9 emplois par ailleurs.
    • les 34 miliards de dollars ne seront pas suffisants pour sauver ces Groupes. Compte tenu de la baisse des volumes du marché américain saturé par l’excès de ventes passées et de la baisse de part de marché des Big Three (FIG.), le montant des aides devra s’élever entre 75 et 125 milliards de dollars,
    • il n’est pas sûr que chacune des trois atteigne ses objectifs. GM et Chrysler sont les plus fragiles,
    • Mark Zandy recommande enfin de payer en deux fois, la première très rapidement pour éviter la cessation de paiement, le solde assorti de conditions au vu de l’avancement des plans de restructuration.

    Quelques données illustrant cet exposé:

    Le taux de défaillance des emprunteurs est au plus haut. Bigthreedeliquencyrate20002008

              Les voitures ont été survendues durant les années 2000, le marché doit absorber le stock ainsi créé.Bigthreesurventes19952008

    A mon avis ce témoignage explique une grande partie de l’affaissement du marché automobile américain actuel. Pour le Sénat américain il s’est cantonné à ne parler que des Big Three, je pense que la note sera encore plus salée lorsqu’il faudra renflouer les sous-traitants qui seront sur la paille eux aussi.

    LIRE ce très instructif témoignage de Mark Zandi .

    Le 5 Décembre 2008

  • Avec l’abandon des projets de traitement local des bitumes, l’avenir économique de l’Alberta s’obscurcit

    Avec l’abandon des projets de traitement local des bitumes, l’avenir économique de l’Alberta s’obscurcit

                                Il existe deux méthodes pour exploiter les sables bitumineux de l’Alberta. La première consiste à extraire mécaniquement des sables qui affleurent en surface et de les traiter dans des unités locales appelées upgrader qui séparent le bitume du sable et qui peuvent faire subir à ce bitume divers traitements d’hydrocracking et de désulfuration. Le pétrole obtenu est très recherché par les raffineries. La deuxième méthode dite SAGD (Steam Assisted Gravity Drainage) consiste à extraire en sous-sol le bitume à chaud et de le remonter en surface (FIG.). Il est alors dilué avec une fraction légère de pétrole et expédié par pipeline dans une raffinerie située à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres. C’est donc la première méthode qui intéresse le plus la Province de l’Alberta, car c’est elle qui apporte le plus de valeur ajoutée locale au produit. Mais voila les upgraders sont hors de prix (entre 4 et 12 milliards de dollars la bête) et aux cours du pétrole actuel leur construction est tout simplement économiquement absurde. Alors les uns après les autres les projets sont repoussés ou purement abandonnés. Le dernier dans la liste est celui de StatoilHydro. Sagd_2

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                          D’après le Globe and Mail l’ensemble des projets officiellement abandonnés à ce jour représenteraient un manque à investir de 45 milliards de dollars, dont une partie aurait été sous-traitée localement. Alors le gouvernement de l’Alberta est en train de revoir ses dures règles fiscales qu’il avait établies du temps de l’embellie, pour essayer de sauver ce qui peut l’être et pour éviter la fermeture des upgraders encore en activité.

                           Qu’il semble loin le temps (Août 2008) ou Bill Gates et Warren Buffet venaient tous les deux, main dans la main, visiter la région pour déterminer le nombre de milliards de dollars qu’ils allaient investir. Grandeurs et décadence.

    Le 5 Décembre 2008.

  • Enrichissement d’Uranium : AREVA soumet la deuxième partie d’une demande de garantie d’emprunt à l’Administration américaine

    Enrichissement d’Uranium : AREVA soumet la deuxième partie d’une demande de garantie d’emprunt à l’Administration américaine

    Areva_2                      L‘Administration américaine, dans le cadre d’une reprise des investissements dans l’électronucléaire, a prévu de pouvoir garantir jusqu’à deux milliards de dollars de prêts à  ceux qui désirent installer aux USA une unité d’enrichissement d’Uranium par centrifugation. Pour l’instant deux candidats sont dans la course: d’une part USEC, le premier fournisseur en Uranium enrichi des unités américaines avec plus de 50% de parts de ce marché et qui désire installer une nouvelle unité de production dans l’Ohio; d’autre part AREVA qui vient de déposer auprès du Department of Energy, la deuxième partie d’une demande de garantie de prêt concernant un projet d’une unité d’enrichissement qui serait implantée à Eagle Rock dans l’Idaho. Cette obtention d’une garantie des futurs prêts consentis au projet, est la méthode traditionnelle de contrôle du gouvernement américain sur les grands projets énergétiques. Par la suite il faudra qu’AREVA fasse une demande de Licence Combinée (COL) de construction et d’exploitation auprès de l’autorité de régulation nucléaire (NRC). L’ensemble de ces procédures peut parfois nécessiter plusieurs années pour aboutir. A suivre..!

    Le 5 Décembre 2008.

  • Forte baisse des consommations d’essence et de gasoil en Californie durant l’été

    Forte baisse des consommations d’essence et de gasoil en Californie durant l’été

                          Etudier le comportement des Californiens, c’est un peu voir l’Amérique avec cinq ou dix ans d’avance. La voiture et son usage est un domaine où les choix évoluent très vite en ce moment aux Etats-Unis, sous l’impact des diverses crises qui se succèdent. En particulier il va être intéressant de suivre les réactions des Américains aux formidables fluctuations de prix des carburants qui venant de 4$ le gallon au mois d’août vont redescendre vers les 1,5 $ le gallon à la fin de l’année. Reprendront-ils leur comportement de gaspillage d’antan, ou bien restera-t-il une certaine rémanence du choc de cet été créé par la spéculation sur les produits pétroliers? Aujourd’hui nous avons une image du mois d’Août qui montre que la consommation d’essence en Californie a baissé de 8,3% par rapport à il y a un an (FIG.), revenant à des niveaux de consommations d’avant 2000.Californieessence200808

                         Ce chiffre est à comparer à la moyenne nationale qui montre un recul des ventes d’essence au mois d’Août de 5,2% par rapport au même mois de l’an dernier.

                        La Californie amplifie donc le mouvement de recul des consommations d’essence par rapport à la moyenne des autres Etats américains.

                         Un autre point intéressant est la baisse de consommation de gasoil dans les transports qui concerne essentiellement une partie des camions et des véhicules utilitaires de cet Etat. La  consommation quotidienne depuis le début de l’année est en baisse de 7,1% (FIG.). Elle était en retrait de 14% au mois d’Août. Les prix très élevés du gasoil cet été ont incité les professionnels à la parcimonie et à l’optimisation des moyens logistiques mis en oeuvre.Californiegasoil200808

                      Les chiffres de la Californie incitent à être optimiste sur l’aptitude des américains à réduire leur gaspillage de carburants, même si transitoirement une baisse des cours les incite à être moins attentifs à la pompe. Les constructeurs automobiles doivent adapter leurs modèles aux lois californiennes qui, dans les faits, décident des standards de tous les Etats-Unis.

    Le 5 Décembre 2008.