Auteur/autrice : Raymond Bonnaterre

  • Pour une chimie raisonnée autour du CO2

    Pour une chimie raisonnée autour du CO2

    L’homme, nous dit-on, produit trop de gaz à effet de serre et parmi ceux-ci trop de CO2. Les activités humaines industrielles et agricoles conduiraient chaque année à la formation d’environ 35 milliards de tonnes de CO2 dont une moitié se retrouve dans l’atmosphère, l’autre moitié étant absorbée par les plantes, les eaux douces et les océans qui peu à peu deviennent plus acides malgré le boulot des diatomées qui s’en nourrissent. Les remèdes imaginés à ce jour pour limiter ces émissions reposent sur deux piliers principaux:

    1- limiter les émissions de CO2 par une meilleure efficacité énergétique et si possible, par une sélection des ressources primaires: c’est une décision facile à formuler mais beaucoup plus difficile à mettre en musique surtout lorsque les principaux émetteurs, la Chine et les États-Unis, ne veulent pas mettre en balance leur développement économique. Il faut donc prévoir des émissions de gaz carbonique qui vont croître avec le développement de l’économie mondiale durant les décennies à venir, malgré les multiples congrès internationaux clamant qu’elles vont décroître…promesses d’ivrognes.

    2-l’autre option est de capter les émissions de gaz à la sortie des chaudières industrielles et de valoriser cette ressource. Bien sûr l’enfouissement dans des aquifères largement promue par les instances comme l’IEA, est la dernière option à adopter…puisqu’elle n’apporte rien à l’économie mondiale, sinon une dépense d’énergie supplémentaire et donc un appauvrissement. La première utilisation qui devrait absorber utilement des milliards de tonnes de CO2 est la récupération assistée des réserves de pétrole (EOR) des « Residual Oil Zone » dans les puits en phase d’épuisement. C’est une voie qui avec l’accroissement des prix du pétrole va trouver sa pleine rentabilité…dans les grandes régions d’exploitation du pétrole tramées de gazoducs « carboniques ». L’autre voie repose sur la chimie du CO2.

    Je voudrais ici apporter un simple éclairage de ce qui pourrait être une amorce de chimie du CO2 qui bien sûr pourra se décliner en de multiples procédés plus ou moins pertinents.

    Mais tout d’abord quels sont les produits à attendre de cette filière à développer. Pour cela il est utile d’aborder méthodiquement cette chimie à partir des étapes de réduction mono-électroniques successives de la forme la plus oxydée du Carbone qu’est le dioxyde de carbone pour aller vers la forme la plus réduite: le Méthane (FIG.).

    CO2-chimie

    La fourniture du premier électron, du troisième, du cinquième et du septième conduit dans ce schéma simple à la formation d’une nouvelle espèce radicalaire qui spontanément se dimérise. C’est la raison pour laquelle apparaissent successivement et de façon contre-intuitive l’acide oxalique, le glyoxal, l’éthylène glycol et l’éthane dans les produits de réduction. Pour les nombres pairs d’électrons apportés au CO2 ce sont les formes monomères que sont l’acide formique, le formaldéhyde, le méthanol et le méthane qui sont stables.

    Il est alors possible, fort de cette nomenclature, d’examiner produit par produit ce à quoi la chimie raisonnée du CO2 pourrait conduire.

    1- la forme oxydée : il ne faut tout d’abord pas oublier deux produits majeurs dérivés du CO2 que sont:

    le phosgène Cl-CO-Cl formidable intermédiaire majeur de synthèse de la chimie organique (isocyanates, polyuréthanes, polycarbonates,…) obtenu par réaction du monoxyde de carbone CO avec le chlore,

    l’urée NH2-CO-NH2 engrais majeur et plus marginalement réducteur des NOx dans les gaz d’échappement des véhicules (AD-BLUE) qui est obtenu par la réaction de l’ammoniac sur le CO2. La production d’urée est le premier exemple de la chimie du CO2. C’est le japonais MHI qui est le N° 1 mondial dans la maîtrise de ce procédé qui part du méthane pour produire du CO2 et de l’hydrogène. Le CO2 est d’abord capté puis utilisé dans la réaction avec l’ammoniac qui a été synthétisé auparavant à partir de l’hydrogène. C’est un modèle à suivre.

    -le dioxyde de carbone est également utilisé dans la synthèse d’une classe de solvants organiques en pleine expansion de types carbonate d’éthylène (EC) et autres produits substitués qui sont largement utilisés dans la formulation des électrolytes des accumulateurs Li-Ion. Ce marché annuel des électrolytes représentait en 2010 dans 20 mille tonnes de mélanges complexes. Il atteindra en 2015, grâce au développement des véhicules électriques, dans les 40 à 60 mille tonnes. Le japonais UBE et l’américain Dow Chemical viennent d’annoncer la création d’une JV pour accélérer la croissance des productions d’électrolytes constitués de solvants et de sels fluorés anhydres. Cette JV sera progressivement développée aux Etats-Unis, en Europe et en Chine affirme le Nikkei.

    2- l’acide oxalique: on peut imaginer un procédé électrochimique ou chimique simple qui par une réduction mono-électronique conduirait au radical anion CO2°, lequel en se dimérisant conduit à l’anion oxalate. La principale utilisation de l’acide oxalique est très actuelle puisqu’elle sert essentiellement en Chine à récupérer et séparer les terres-rares après chélation. Le marché mondial de cet acide est estimé autour de 200 millions de tonnes. Le développement de l’utilisation des terres-rares et de leur extraction en dehors de Chine ouvre la voie à un marché pour ce produit.

    3-l’acide formique et son dérivé majeur le monoxyde de carbone:

    Outre les élégants travaux d’Ishitani tentant de réduire le CO2 en monoxyde par des voies photochimiques inspirées des réactions enzymatiques naturelles, la chimie des mélanges naturels ou non de CO2 et de méthane est sûrement une voie d’avenir majeure pour arriver au syngas et donc aux carburants liquides synthétiques via les procédés de type Fischer-Tropsch. Nous avons rendu-compte ici des remarquables travaux japonais sur le sujet destinés à valoriser des gisements de gaz naturel très riches en CO2 selon le schéma:

    Japan-syngas-FT-reaction

    Le CO2 réduit par le méthane (réaction a) conduit à un gaz de synthèse proche du gaz à l’eau (réaction b). Il y a dans ces réactions le schéma d’une future voie GTL très rentable de synthèse des carburants liquides. Le CO2 peut provenir du gisement de gaz naturel soit être volontairement rajouté au gaz pour atteindre la composition de gaz de synthèse désirée.

    Dans un contexte à venir où les carburants de synthèse constitueront une part significative des approvisionnements du marché (10% à 20%), il faut imaginer des milliards de tonnes de CO2 impliquées dans ces synthèses.

    4- le glyoxal: ce produit ne semble guère passionner les chimistes aujourd’hui.

    5- le formaldéhyde: il est à la base de nombreuses résines (urée-formol, mélamines) et autres polyoxyméthylènes c’est un des grands intermédiaires de la chimie organique.

    6- l’éthylène glycol et son dérivé l’oxyde d’éthylène qui constitue un des grands intermédiares de la pétrochimie et plus largement de la chimie organique. La chimie du CO2 qui conduirait à ces trois derniers produits présenterait un intérêt économique évident.

    7- le méthanol: c’est paradoxalement le produit qui fait le plus fantasmer les prévisionnistes de l’énergie alors qu’il faut tout de même 6 électrons pour l’obtenir. Certains parlent même d’Économie du Méthanol…plus c’est gros plus ça impressionne. Tout cela est bien joli mais encore faudrait-il définir des procédés de production rentables.

    Méthanol

    Une voie semble cependant attrayante: la conversion directe du CO2 en présence d’eau en méthanol et oxygène par voie photochimique sur catalyseurs étudiée en particulier par Nazimek de l’Université Marie Curie de Lublin. Mais pour recueillir tout l’intérêt d’un tel procédé photo-catalytique il faudrait traiter directement les gaz de combustion à la sortie des chaudières et s’affranchir ainsi du captage du CO2.

    8 et 9- les alcanes: produire de l’éthane ou du méthane par hydrogénation du gaz carbonique semble bien peu attrayant et non rentable. Pour utiliser l’Hydrogène électrolytique produit par les éoliennes en heure creuse autant l’injecter directement dans le réseau de gaz naturel comme le proposent les ingénieurs de Siemens.

    En conclusion il apparaît que la chimie du CO2 est une option importante de valorisation de la ressource qui entrera en compétition avec la récupération lucrative du pétrole des « Residual Oil Zone ». Les bons procédés seront ceux qui maîtriseront au mieux le niveau de réduction de la ressource, sans forcément aller jusqu’au méthanol.

    Le 10 Juillet 2011

     

  • Mitsubishi Motors segmente le marché du petit véhicule électrique urbain

    Mitsubishi Motors segmente le marché du petit véhicule électrique urbain

     Mitsubishi Motors annonce avoir commercialisé à ce jour plus de 14000 véhicules électriques de type i-MiEV, dont 10000 à l'exportation parmi lesquels figurent ceux destinés à Peugeot-Citroën. Le constructeur japonais vient de présenter un nouveau modèle urbain EV économique, plus rustique, à autonomie restreinte, équipé d'une batterie Toshiba de plus faible énergie (TAB. type M) que celles en place sur le premier modèle.

      Mitsubishi i-MiEV 

     Ces deux véhicules présentent tout d'abord une faible consommation d'énergie, 110 Wh/km selon la norme et en réalité autour des 88 Wh/km en intégrant la récupération d'énergie au freinage qui a été améliorée°. 

     °Remarque: il a été mentionné ici les remarquables performances du prototype Sim-Drive qui grâce aux moteurs "in-wheel", affichent une consommation de 77 Wh/km selon la même norme. Ceci montre que les rendements des véhicules électriques seront appelés à progresser dans les années et décennies à venir. Soyez persuadés que nous en sommes encore à la Deudion-Bouton du véhicule électrique.

     Alors que le modèle classique qui affiche maintenant 180 km d'autonomie, grâce aux progrès réalisés dans la récupération d'énergie, est équipé de batteries Li-Ion prismatiques de GS-Yuasa avec une énergie installée de 16 kWh (330V, 48 Ah), le modèle économique plus urbain avec une autonomie de 120 km est équipé d'une batterie Toshiba au titanate de lithium de 10,5 kWh (270V, 39 Ah). En raison de la puissance de cette technologie SCiB les durées de recharge sont réduites par rapport à celles du modèle G plus élaboré.

    LIRE le communiqué de Mitsubishi Motors sur le sujet.

     

  • Japon: des boues très riches en terres-rares recouvrent certains fonds du Pacifique

    Japon: des boues très riches en terres-rares recouvrent certains fonds du Pacifique

     Certains fonds marins du Pacifique dont ceux autour de la Polynésie française, sont recouverts de boues très riches en terres-rares dévoile une équipe japonaise de prospection de l'Université de Tokyo. A partir de l'analyse de prélèvements de boue réalisés par carottage en divers points du Pacifique entre 3500 et 6000 mètres de profondeur cette équipe a découvert un nouveau type de minerai très riche en terres-rares et autres métaux (Va, Co, Ni, Mo, U, Th). L'épaisseur de la couche de boue dans les zones les plus riches varie selon les sondages entre 8 mètres et plus de 20 mètres et les teneurs en terres-rares varient de 500 ppm à plus de 1000 ppm (CARTE, ronds oranges).

    Pacifique-terres-rares

     Les quantités de terres-rares dans ces boues représenteraient une ressource mille fois plus grande que celle estimée à ce jour dans les terres. Les compositions de ces boues sont très voisines de celles des minerais exploités dans le sud de la Chine formés par l'adsorption d'ions métalliques par des argiles produits de l'érosion de granits.

     La rareté des terres-rares n'est donc pas, une fois de plus, vérifiée…mais nos perspicaces et précautionneux parlementaires pourront en interdire l'exploitation dans les eaux françaises… pour ne pas réveiller la maman du poisson. Allez savoir!

    LIRE le papier résumant cette formidable découverte.

     

  • La consommation d’huile: un indicateur du niveau de vie du terrien moyen

    La consommation d’huile: un indicateur du niveau de vie du terrien moyen

    La progression du niveau de vie des populations les plus défavorisées dans le monde va de pair avec leurs consommations en corps gras, ce qui n’est pas sans poser de graves problèmes de santé publique (explosion des cas de diabète). Les french fries et les hamburgers remplacent peu à peu les aliments traditionnels. Mais pourtant, nombreux sont ceux qui de façon sincère où par idéologie alternative annoncent la décroissance et la pénurie. « La Terre ne va plus pouvoir nourrir les populations annoncées par les démographes parce qu’elle n’aura plus d’eau (les terres seraient plus chaudes et les eaux plus froides allez comprendre les mystères de la climatologie moderne?), les terres deviendront arides, les charançons mangeront les récoltes…les plaies d’Égypte étaient à côté de ce qui nous attend, une vraie plaisanterie ». Alors une fois de plus observons les FAITS.

    Huiles

    La production d’huile dans le monde (FIG., courbe violette) a été multipliée par plus de sept en 45 ans avec une production de 142 millions de tonnes en 2009 nous dit la FAO. Ramenées au nombre d’habitants sur Terre, ces productions annuelles correspondaient à 6,2 litres par terrien en 1961 et 22,6 litres en 2009 (FIG., courbe pointillée, échelle de droite), une multiplication par 3,7 en 45 ans, ce qui correspond à une croissance moyenne par habitant de 3% par an.

    Il faut noter le rôle tout particulier de l’huile de palme dans cette croissance dont la part est passée de 8% des huiles dans les années soixante à 32% en 2009 (FIG., courbe rouge). Sa croissance moyenne des productions sur la période a été de 8% par an. C’est une production affichant d’excellents rendements, économe en surfaces cultivées et donc très lucrative. Hors huile de palme, les productions des autres huiles se sont accrues en moyenne de 4% par an durant ces 45 dernières années.

    En conclusion: en dehors de l’apparition toujours possible de nouveaux conflits politiques, rien n’indique aujourd’hui, sur ce critère, que la population mondiale dans les années à venir devrait souffrir de pénuries alimentaires plus graves que celles observées à ce jour. Il me semble même que cela devrait aller en s’améliorant…n’est-ce pas Docteur Pangloss?

    Le 4 Juillet 2011

  • Gamelle revigorante des cours du maïs à Chicago

    Gamelle revigorante des cours du maïs à Chicago

    Maïs-2010-2011

     D'après la croyance populaire la plus répandue il y a pénurie en maïs dans le monde et les cours vont s'envoler parce que:

    – les biocarburants américains enlèvent les tortillas de la bouche des pauvres Mexicains,

    – le milliard de cochons chinois et les innombrables volatiles de ce pays ont faim, ils sont au régime jockey…communiste,

    – il a trop plu dans le Middle-West américain ce qui a retardé les semailles et ne laissera pas le temps nécessaire aux plants pour arriver à leur pleine maturité,

    -les stocks de grains sont au plus bas depuis des décennies,

    -le dollar en s'affaiblissant pousse les veuves de Floride à acheter du papier indexé sur des paniers de commodities pour se couvrir contre cette perte de pouvoir d'achat de la monnaie.

     Alors le boisseau de maïs qui cotait à Chicago autour des 4 dollars il ya un an, en Juillet 2010, s'est retrouvé à plus de 6 dollars en début 2011 pour aller friser les 8 dollars au mois de Juin (FIG.).

    Mais voila dans les faits tout le monde sait que:

    – les biocarburants n'utilisent que l'amidon des grains et un tiers environ du maïs utilisé se retrouve sous forme de granulés (DDGs) protéinés sur le marché mondial de l'alimentation animale,

    – les éleveurs font varier la composition de l'alimentation de leur bétail en fonction des cours relatifs entre céréales et autres tourteaux. Ils se sont reportés aux États-Unis sur le blé moins onéreux que le maïs. Phénomène de substitution compétitive identique à celui observé dans l'utilisation des énergies primaires.

    -il en est ressorti à fin Mai un niveau des stocks de maïs américain moins déprimé que prévu. Ces stocks avaient décru de 3,38 milliards de boisseaux entre Mars et fin Mai 2010, ils n'ont décru que de 2,85 milliards durant la même période en 2011, indiquant une certaine désaffection pour cette céréale jugée trop chère par les éleveurs.

    -les red-necks américains qui maîtrisent parfaitement les mécanismes boursiers sur les céréales ont bien profité de la hausse de leurs revenus et en ont décidé cette année de planter plus pour gagner plus. Ils auraient planté du maïs cette année sur plus de 373 mille km2, en progression de 16 500 km2 par rapport à l'an dernier (la surface de trois départements français en plus!) indique l'USDA américain.

    -enfin le dollar sponsorisé par le mélodrame grec a provisoirement interrompu sa dégringolade ce qui a fait chuter les cours des commodities: pétrole et maïs compris.

    Les analystes de Goldman-Sachs, faisant semblant de tomber de l'échelle, viennent d'annoncer à leurs gogos clients que le cours du boisseau de maïs dans trois mois ce ne serait plus 8 dollars comme initialement prévu mais 5,9 dollars…une paille. Le maïs cotait 5,97 dollars Vendredi affichant un plongeon de 1,9 dollar en trois semaines (FIG.).

    De tels évènements boursiers qui reposent sur d'hypothétiques et futurs déséquilibres entre l'offre et la demande, largement intoxiqués par les  "nouvelles" diffusées par les acteurs de premier rang sur les marchés, ne peuvent que réjouir l'honnête homme et rendre prudent le pauvre laboureur.

    CONSULTER les rapports de fin Juin de l'USDA sur les stocks et sur les surfaces emblavées.

    L'article Boomberg sur les prévisions de Goldman-Sachs.

    Le 2 Juillet 2011

     

  • Panasonic travaille activement sur des dispositifs thermoélectriques

    Panasonic travaille activement sur des dispositifs thermoélectriques

    Thermoélectricité Panasonic  La récupération d'énergie par des dispositifs astucieux utilisant l'effet thermoélectrique est largement étudiée dans le monde. L'énergie des effluents industriels, des sources d'eau chaude ou des gaz d'échappement des véhicules constituent des sources potentielles d'énergie dont on pourrait récupérer quelques pour-cents. Citons par exemple les travaux du japonais Komatsu qui commercialise un dispositif, ou encore Furukawa qui travaille à l'amélioration des matériaux présentant ces propriétés, tout comme Joseph Heremans dans l'Ohio.

     C'est au tour de Panasonic de présenter un composant cylindrique de 10 cm de longueur constitué d'un empilage de matériau thermoélectrique et de séparateur métallique (FIG.) qui permet par une circulation d'eau chaude (90°C) à l'intérieur du cylindre et un refroidissement de sa face externe (10°C) de générer une puissance de 1,3W.

     Panasonic affirme qu'il saurait définir un module d'un mètre cube qui pourrait générer une puissance électrique de 10 kW. Mais le japonais n'annonce aucune hypothèse sur les prix de revient de l'ensemble.

    LIRE l'annonce de Panasonic sur le sujet.

    Le 1er Juillet 2011

  • Iberdrola Renovables veut tenter sa chance dans l’appel d’offre de l’éolien offshore français

    Iberdrola Renovables veut tenter sa chance dans l’appel d’offre de l’éolien offshore français

    AREVA M5000  Le business éolien en Espagne (restrictions budgétaires) et aux USA (concurrence du gaz naturel) s’est fortement rétréci ce qui se répercute sur les prévisions économiques d’Iberdrola Renovables. L’opérateur éolien espagnol traditionnellement présent sur ces deux marchés, après 1,78 GW installés en 2010, prévoit 1,45 GW en 2011 et imagine quelque chose autour de 0,75 GW dont 0,35 GW aux U.S.A. en 2012. La pente n’est pas bonne. Pour préparer l’avenir cette entreprise va tenter sa chance dans l’appel d’offre pour l’offshore français en proposant l’éolienne M5000 d’AREVA pour les deux zones (Saint-Brieuc et Sant-Nazaire) non convoitées par l’alliance GDF-AREVA-VINCI qui concernent les trois autres zones. Les sélections des divers opérateurs devraient débuter en Juillet 2011 pour allouer une première tranche globale de 3GW d’éoliennes sur cinq parc éoliens au large des côtes françaises. Ce sont bien sûr les consommateurs d’électricité français qui seront sollicités pour payer la facture au travers de la Contribution au Service Public qui figure au dos de votre facture EDF.

     L’éolienne de 5 MW, M5000 développée initialement par l’allemande Multibrid depuis absorbée par AREVA, est un produit traditionnel déjà commandé en 120 exemplaires dans divers champs offshore de l’Europe du Nord.

    LIRE le communiqué d’AREVA sur le sujet et la documentation sur l’éolienne M5000.

  • Japon: un support tridimensionnel d’aluminium pour les futurs accumulateurs Li-Ion

    Japon: un support tridimensionnel d’aluminium pour les futurs accumulateurs Li-Ion

    Mousse-aluminium  Les constructeurs asiatiques de batteries disposent d'une formidable avance technologique par rapport à leurs rares et fragiles concurrents européens ou américains. La raison essentielle de cette avance scientifique et technologique repose sur l'existence d'un très puissant cluster asiatique des batteries qui va de la recherche fondamentale dans les Universités japonaises, coréennes ou chinoises, à l'industrie chimique à la compétence inégalée ou à la petite PME qui produit un minuscule composant mécanique d'un coupe circuit intégré. Un exemple nous est donné par Sumitomo Electric qui présente un nouveau support tridimensionnel en aluminium destiné à produire de futures électrodes positives présentant des capacités volumiques bien supérieures à celles produites aujourd'hui sur de vulgaires feuilles d'aluminium laminé.

     Ces types de supports, répliques de mousses de polyuréthane, bien connus dans les accumulateurs de type Ni-MH où ils sont en nickel, vont permettre de réduire l'encombrement volumique du collecteur de courant et de réduire les quantités de liants organiques des électrodes. Pour Sumitomo Electric les capacités volumiques des accumulateurs Li-Ion pourraient être multipliées par 1,5 à 3 grâce à ce composant …et bien d'autres progrès réalisés par ailleurs, ce que pudiquement il ne dit pas.

    LIRE le communiqué de Sumitomo Electric sur ce sujet.

    Le 28 Juin 2011

  • Carlos Ghosn: Nissan et Renault réunis vendront 1,5 million de véhicules électriques en 2016

    Carlos Ghosn: Nissan et Renault réunis vendront 1,5 million de véhicules électriques en 2016

    Leaf5   Yokohama: fortes ambitions pour Nissan qui voudrait en 2016 par son plan "Nissan Power 88", capter 8% du marché mondial des voitures dont 10% du marché chinois et afficher un profit opérationnel de 8%. Il prévoit de disposer alors d'une large gamme de 66 véhicules couvrant 92% des segments de Marché. Un point fort tout particulier Nissan veut arriver à produire et commercialiser à cette date 1,5 million de véhicules électriques avec son partenaire Renault.

     Rappelons que le plan initial de Nissan était d'atteindre une capacité annuelle de 250 mille véhicules électriques produits à partir de ses trois usines japonaise, américaine (2012) et britannique (2013). Il fallait ajouter à cela les productions de véhicules électriques de Renault. Il est possible de déduire de ces informations l'existence d'une forte volonté du management de Nissan de pousser plus à fond l'aventure électrique…bien sûr on ne peut s'empêcher de penser à la Chine qui sera alors le plus gros marché de Nissan.

    LIRE le communiqué de Nissan

    Le 27 Juin 2011

  • Les récoltes de céréales dans le monde défient les prévisions malthusiennes en vogue

    Les récoltes de céréales dans le monde défient les prévisions malthusiennes en vogue

     Qu'il se dise de grosses bêtises sur les ressources énergétiques de notre planète peut paraître compréhensible, compte tenu de l'incapacité de l'imagination des hommes à quantifier la formidable accumulation de ressources fossiles dans les profondeurs du sol sous les formes les plus diverses durant les 500 millions d'années de vie qui nous ont précédé. Il est beaucoup plus choquant d'entendre proférer, de-ci de-là, de formidables contre-vérités sur la soi-disant inaptitude des paysans du monde à nourrir à l'avenir les populations dans des conditions au moins identiques et sinon meilleures qu'elles ne le sont aujourd'hui, en quantité et en qualité. La croissance des populations sur Terre ne date pas d'hier et elle a même tendance à se réduire.

    Céréales FAOb 

     Je voudrais ici prendre un exemple simple: les productions de céréales dans le monde. Les céréales servent à la fois à nourrir les hommes, les animaux domestiques et d'élevages mais aussi à produire divers produits chimiques, des boissons alcoolisées et des biocarburants. Leur production constitue donc un des grands paramètres déterminants de l'avenir de notre civilisation mondialisée.

     Entre 1965 et 2009 la FAO nous enseigne que les récoltes annuelles de céréales dans le monde ont été multipliées par 2,5 pour atteindre 2,5 milliards de tonnes (FIG., courbe rouge) alors que la population mondiale a été multipliée par 2,05 durant la même période. La progression des récoltes de céréales durant ces 45 années a dépassé la croissance de la population, même après avoir défalqué les 81 000 tonnes nettes de maïs américain utilisé à produire du bioéthanol.

     Ces récoltes sont le produit des surfaces de terres emblavées et récoltées par les rendements de céréales à l'hectare. Les données de la FAO montrent que les rendements des récoltes mondiales de céréales (FIG., courbe verte) sont passées de 1,5 tonnes à l'hectare en 1965 à plus de 3,5 tonnes à l'hectare en 2009. Affichant une croissance moyenne linéaire de 44 kg/hectare/an, cette progression des rendements, multipliés par 2,38 durant la période, est la raison principale de l'accroissement des récoltes. Les connaissances cumulées du monde paysan, la mise à disposition de nouvelles semences plus adaptées aux conditions locales sont les deux principaux moteurs de la progression des récoltes.

     Ces rendements moyens mondiaux sont à rapprocher de ceux des États-Unis ou à ceux de la France qui vers les 3 tonnes à l'hectare en 1965 et vers les 7,3 tonnes à l'hectare en 2009 sont toujours deux fois supérieurs à ceux de la moyenne mondiale. Cela signifie qu'il reste toujours une formidable marge de progression sur ce paramètre déterminant.

     Les surfaces cultivées ont peu varié durant la période, entre 6,6 millions de km2 au plus bas en 2002 et 7,1 millions de km2 au plus haut en 2008. Mais ceci ne signifie pas qu'elles ne pourront pas continuer à croître à l'avenir en raison d'immenses surfaces encore disponibles (Amérique du Sud, Afrique et Asie) et de l'excellente rentabilité retrouvée des cultures.

     Cette expérience passée récente, l'existence de cours des céréales très attrayants, la demande de matières premières pour les biocarburants assurant aux paysans des débouchés sans risques à prix déterminés pour la totalité de la plante, les progrès attendus dans les semences hybrides adaptées, la vogue des investissements bien souvent injustement décriés dans les exploitations agricoles (accaparement, land use change), …tout milite pour que cette croissance des récoltes se poursuive et accompagne la croissance des populations dans les années à venir. Koffi Anan s'insurge devant les investissements étrangers dans l'agriculture des pays africains, mais c'est sûrement grâce à eux que les récoltes mondiales vont poursuivre leur croissance et dépasser les 70% attendus d'ici à 2050. Aux dirigeants africains d'élaborer des règles de répartition acceptables par tous et non entachées de pots de vin.

    LIRE le résumé des déclarations de Kofi Anan à l'ouverture de la Conférence de la FAO sur le sujet.

    Remarque: je persiste à croire qu'il n'est pas dans les attributions de la FAO de prédire une augmentation des cours des produits agricoles au cours des dix prochaines années, pour une raison simple…c'est que l'auteur de ces déclarations n'en sait rien, mais que ses déclarations alimentent à cours terme la spéculation.

    Le 26 Juin 2011