Auteur/autrice : Raymond Bonnaterre

  • Les dirigeants japonais voudraient relancer l’exploitation de la géothermie

    Les dirigeants japonais voudraient relancer l’exploitation de la géothermie

    Les îles japonaises formidables zones de subduction de la plaque océanique possèdent de grandes ressources géothermiques. Ces ressources outre le plaisir de bains très chauds appréciés des japonais, sont exploitées depuis 1966 pour produire de l'énergie électrique. A ce jour le Japon exploite cette ressource sur 18 sites qui représentent une puissance électrique de 530 MW et qui produisent dans les 3,1 TWh d'électricité par an ce qui représente 0,3% environ des 1000 TWh produits annuellement. Depuis des années le NEDO étudie sur tout le territoire les nombreux sites potentiellement exploitables (FIG.)

    Japon-geothermie-ressources

     Malgré cette ressource thermique disponible abondante, en raison des règlements administratifs qui plombent les coûts de développement et d'exploitation, les projets sur le sujet n'ont aucun succès. C'est la raison pour laquelle les autorités politiques du METI semblent décidées à alléger certaines contraintes, en particulier pour favoriser l'émergence de petites unités de production, afin de relancer l'exploitation de la géothermie au Japon. D'après l'Asahi Shimbum, les autorités de ce pays envisageraient de mettre en place les conditions pour permettre une croissance de la ressource électrique qui pourrait atteindre entre 630 et 1130 MW d'ici à 2020. En multipliant par trois la puissance installée la ressource géothermique japonaise pourrait donc fournir, à cette échéance, un pourcent environ de l'énergie électrique de ce pays.

    LIRE le papier de l'Asahi Shimbum

    Le 23 Février 2010

  • Les acteurs économiques sont-ils prêts à supporter à la fois une hausse des prix de l’énergie et une valorisation du dollar

    Les acteurs économiques sont-ils prêts à supporter à la fois une hausse des prix de l’énergie et une valorisation du dollar

     Les cours du brut qui se sont valorisés de plus de 5$/baril dans la semaine, ont atteint la zone des 80$/baril tout cela sur fond de valorisation du dollar par rapport aux autres monnaies. La poursuite probable de ce double mouvement durant les semaines à venir, décidée par les grands acteurs financiers du marché, en direction des 90$ ou 100$/baril, risque de poser à nouveau de graves problèmes à certains acteurs économiques. En effet un tel mouvement va transférer des milliards de dollars des consommateurs vers les acteurs de la spéculation, vers les pays producteurs de pétrole et de gaz, vers les groupes pétroliers et autres acteurs du charbon et de l'énergie dans le monde. Mais il va accroître la facture énergétique de nombreux Etats dont la santé de leur économie est plus ou moins vacillante. Alors qu'il est possible de penser que les pays de la zone Asie en plein processus de croissance absorberont sans trop de dommages un tel nouveau choc, il faut être pessimiste sur la résilience des pays européens devant un tel phénomène. Les importations de l'EU27 en combustibles minéraux se sont élevées, selon Eurostat, à 24 milliards d'euros par mois en 2009 (FIG.) alors que les exportations ne représentaient qu'un cinquième environ de ce montant.

     Import-EU27-combustibles-2008-2009

     Une augmentation des prix de l'énergie de 25% sur laquelle viendrait se superposer une valorisation du dollar de 10 à 15% porterait cette facture vers les 35 milliards d'euros par mois, les montants connus en 2008 avant la crise. Sacré antidote à tout plan de relance.

    Lors de crises pétrolières passées l'Europe qui partageait avec les Etats-Unis et le Japon la maîtrise de l'économie mondiale, avait alors réagi aux divers chocs grâce au processus du recyclage des pétrodollars qui venait booster les commandes d'investissement et d'armement. Un tel phénomène, compte tenu de l'effacement technologique des industries européennes, risque d'avoir un effet de plus en plus faible. Les Emirats achètent leurs centrales nucléaires à la Corée et le TGV Haramain Médine-La Mecque a bien des chances d'être en large partie chinois. Les pétrodollars repartent en priorité vers l'Asie!

     Un autre phénomène à plus long terme est à anticiper, c'est le départ du raffinage et donc de la pétrochimie d'Europe. Plusieurs raisons fondamentales militent pour la réalisation d'un tel évènement. Il y a tout d'abord la volonté des pays producteurs de pétrole et de gaz de s'intégrer vers l'aval afin de mieux valoriser leurs ressources. La Russie le déclare haut et fort, l'Arabie Saoudite est en train de construire d'immenses raffineries, le Qatar va de plus en plus produire de carburants par divers procédés gas-to-liquid. L'autre raison réside tout simplement dans la politique écologique de l'Europe qui a déjà déclenché du "carbon leakage" de ses industries par la baisse rapide des consommations de carburants qui va s'amplifier sous l'effet des prix et des taxes carbones en places ou en cours d'élaboration. Une zone qui voit ses consommations décroître et ses taxes augmenter ne peut pas conserver une telle activité sur ses territoires. Les salariés des raffineries de Total l'ont bien compris.

     En conclusion un accroissement hautement probable, bien qu'artificiel, des cours des produits énergétiques associé à une valorisation du dollar va globalement s'opposer à une reprise des économies européennes en raison d'un accroissement des prélèvements de ressources occasionnés, du faible recyclage dans l'industrie européenne de cette manne énergétique et de la disparition programmée de la pétrochimie. Il faut être pessimiste sur l'aptitude des industries locales à proposer des solutions efficaces de ripostes à ces menaces et sur la clairvoyance des politiques qui les pousserait à remettre en cause leurs choix démagogiques.

    Le 21 Janvier 2010

  • La France a été importatrice nette d’électricité au mois de Janvier pour la deuxième fois en quelques mois

    La France a été importatrice nette d’électricité au mois de Janvier pour la deuxième fois en quelques mois

     Comme cela était prévisible en raison de la rigueur météorologique du mois de Janvier et du déficit de génération nucléaire, le réseau électrique français a dû faire appel massivement à des importations de puissance électrique en provenance d'Allemagne, de Grande-Bretagne, de Belgique ou d'Espagne. Le solde de ces échanges avec l'ensemble de nos voisins en Europe ressort sur le mois en négatif pour la deuxième fois depuis le mois d'Octobre 2009 (FIG.).

    Solde-mensuel-2010-01

     Ce résultat assez pitoyable pour un des pays leaders mondiaux de l'énergie électronucléaire, illustre les piètres performances opérationnelles de notre champion électricien national et le déficit d'investissements dans la génération électrique en France en raison d'un manque de compétitivité des tarifs appliqués. Il est beaucoup plus rentable pour un électricien européen d'investir dans la génération électrique en Italie, aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne. C'est ce qu'ont bien compris EDF et ses concurrents immédiats.

     Il manque à la France une capacité de génération souple, de type centrale à gaz à cycle combiné, de 2000 à 4000 MW supplémentaires qui permettrait d'éviter de faire trop appel à nos voisins. Un tel outil participerait à la création de valeur ajoutée de notre pays, il créerait de bons emplois et éviterait à l'Allemagne de brûler du lignite dans ses vielles centrales polluantes. Mais cette opportunité est-elle peut-être trop évidente pour devoir être encouragée.

    LIRE le rapport mensuel détaillé du mois de Janvier de RTE.

    Le 20 Janvier 2010

  • Dans un marché éolien mondial en expansion, le leader Vestas a marqué le pas en 2009

    Dans un marché éolien mondial en expansion, le leader Vestas a marqué le pas en 2009

    Dans un environnement en forte progression malgré la crise économique qui, si l'on en croit les chiffres chinois, aurait connu des installations d'éoliennes en 2009 se montant à 37,5 GW et représentant une progression de 31% en volumes, les livraisons du leader mondial Vestas ont marqué le pas à 6,13 GW. Ceci correspond à une part du marché mondial° en 2009 de 16,4% pour un industriel qui en revendique 20%. Un fait plus inquiétant a été la baisse des prises de commandes de cet industriel à un peu plus de 3GW durant l'exercice (FIG.I) qu'il espère bien compenser en 2010.

    Vestas-commandes-2007-P2010

     Durant 2009, l'industriel danois a dû stopper sa politique effrénée de recrutement dans un environnement stable en volume et un chiffre d'affaire en croissance de 10% (FIG.II). Ces chiffres montrent que les prix du MW installé dans l'éolien sont restés globalement stables. Le ratio CA/MW livrés est passé de 0,98 à 1,08 Meuros/MW entre 2008 et 2009. Il y a dans ce constat la grande différence entre le business éolien qui maintient ses prix et ses marges et l'activité photovoltaïque qui a vu les prix s'effondrer entre début 2008 et fin 2009. Cette stabilité des prix traduit toute la difficulté du secteur à faire des gains de productivité au sein d'un marché mondial complètement morcelé. Vestas par exemple possède 31 sites industriels dans le monde dont 8 qui assemblent des nacelles, 8 qui produisent des pièces détachées, 7 qui produisent les pales des hélices, 5 pour l'électronique de puissance et 3 qui produisent les tours. Tout cela pour vendre 3320 éoliennes en 2009. Un tel modèle a-t-il un avenir?

    Vestas-2009

    Vestas qui a lancé le développement d'une turbine de 6 MW va pâtir en Europe du Nord de son retard dans les éoliennes offshore dont Siemens domine le marché. Ce retard devrait handicaper l'industriel dans les années à venir, en particulier dans le maintient de sa part de marché. Malgré cela, Vestas prévoit des entrées de commandes en forte reprises en 2010. Elles devraient se situer entre 8 et 9 GW (FIG.I) dont la moitié seraient encore européennes, 30% américaines et 20% asiatiques. La réalisation de cette prévision n'est pas évidente, en particulier sur le marché européen. Il sera difficile pour le danois de rentrer près de 4 GW de commandes en Europe avec un positionnement fragile en offshore. S'il y arrive, ce sera sûrement au détriment des prix et des marges.

     Le Marché a salué ces perspectives de Vestas par une augmentation du cours de son action de 7% cette semaine. Malgré cela le cours à 290 DKK est encore en retrait de 9% depuis le début de l'année.

    °Remarque: la Chine a déclaré 13 GW installés de puissance éolienne (ce que certainement personne n'a vérifié). La puissance éolienne mondiale installée au cours de l'année, hors de Chine, a donc atteint 24,5 GW. Il apparaît alors que Vestas a sûrement livré au moins 20% du marché éolien "hors Chine" en 2009.

    VOIR la présentation de Vestas

  • France: les commandes de voitures du mois de Décembre entraînent une poussée des entrées de commandes à l’industrie

    France: les commandes de voitures du mois de Décembre entraînent une poussée des entrées de commandes à l’industrie

     L'effet d'aubaine provoqué par la fin de la prime à la casse plein pot pour les voitures, à fin 2009, avait provoqué un effet d'anticipation des commandes, savamment orchestré par les équipes commerciales de la profession. Ce mouvement se traduit dans les indices INSEE qui voient entre Novembre et Décembre les entrées de commandes à l'industrie automobile progresser de 66%. Ce mouvement pour un secteur qui représente 23% de l'indice, propulse les entrées de commandes à l'industrie manufacturière de l'indice 84 au mois de Novembre, à l'indice 98 au mois de Décembre. Pour essayer d'avoir une vision plus amortie de ce mouvement qui, on le sait se répercutera en négatif sur les entrées de commandes à venir, il est préférable de regarder les évènements moyennés sur les trois derniers mois connus (FIG.).

    Entrées-commandes-France-2009-12

    Il ressort alors un mouvement de remontée du fond du gouffre des entrées de commandes beaucoup plus lent mais sûrement beaucoup plus représentatif de la réalité industrielle du moment. Une telle performance ne peut inciter qu'au pessimisme pour prévoir l'activité industrielle de la France au cours du premier semestre de cette année.

    LIRE la communication de l'INSEE

    Le 19 Février 2010

  • Le marché mondial du photovoltaïque devrait poursuivre son développement malgré un tassement de la demande en Europe après 2010

    Le marché mondial du photovoltaïque devrait poursuivre son développement malgré un tassement de la demande en Europe après 2010

     Il est toujours passionnant de connaître l'opinion d'un acteur majeur industriel et commercial sur l'avenir du business mondial sur lequel il exerce. Ses vues sont souvent beaucoup plus pertinentes et nuancées que celles d'officines en charge de vendre d'hypothétiques projections issues de l'imagination souvent débordante de leurs auteurs. Dans le cas du marché mondial de l'énergie photovoltaïque, les prévisions de First Solar, un des acteurs majeurs dans le monde, doivent être considérées avec attention.

     First Solar nous indique tout d'abord que le marché mondial aborde une courbe de croissance de 35% par an qui devrait se poursuivre jusqu'en 2012 (FIG.). Par marchés, First Solar anticipe une quasi stagnation du marché européen, avec un léger retrait du marché allemand à partir de 2011, compensé par la croissance en France, en Italie et une certaine reprise en Espagne. Sur ce socle européen vont se déployer les marchés nord-américains, chinois et du reste du monde qui vont assurer la croissance.

    Marché-FS-2008-2012
    Le développement nord-américain repose sur de grands projets en cours en Californie (1100 MW) et sur de nombreux projets, moins importants, situés essentiellement dans l'Ontario et les Etats du Sud-ouest des Etats-Unis (310MW). Ce mouvement se poursuivra, poussé par les règlementations fixant des quotas d'électricité d'origine renouvelable (RPS ou Renewable Portfolio Standards) dans les mix commercialisés.

    First Solar qui a livré 1,1 GW de modules solaires en 2009 (dont 311 MW au quatrième trimestre) détient 20% de part de marché. Ses atouts résident dans l'offre d'un produit en couche mince Cd-Te aux performances acceptables (rendement de conversion de 11,1%) mais surtout présentant un prix de revient de 0.84 $/Watt qui lui permet de saturer son outil de production sans aucune difficulté.

    Après une quasi stagnation de ses capacités de production en 2010 (une ligne de plus dans l'Ohio), First Solar prévoit de pouvoir produire 1,8 MW à la fin 2012 (FIG.II). Cela veut dire que le plan actuel anticipe de perdre des parts de marché pour descendre vers les 14 ou 15% en 2012…les industriels chinois seront là. Mais l'unité de Blanquefort, pour contrer le "péril jaune", sera capable, avec deux lignes de production, de produire 107 MW à cette date.

    FirstSolar-capacité-2005-2012

    CONSULTER la présentation de First Solar

    Le 19 Février 2010

  • L’Allemagne a perdu 342 mille emplois dans l’industrie et l’énergie en 2009

    L’Allemagne a perdu 342 mille emplois dans l’industrie et l’énergie en 2009

     La crise économique n'a pas épargné l'industrie allemande en 2009 avec un nombre de suppressions d'emplois de 342 mille unités ce qui représente 4,2% des un peu plus de 8 millions de postes que comptaient l'industrie et le secteur énergétique allemand en fin 2008 (FIG.). Cette valeur est à rapprocher des 196 mille postes supprimés dans l'industrie française durant la même période (LIRE)  et qui ont représenté 5,6% des emplois industriels. Cependant il est important de noter dans cette comparaison que la plus forte dégradation a eu lieu au cours du premier trimestre 2009 en Allemagne alors qu'elle était au maximum en ce dernier trimestre pour la France. Les tendances enregistrées en fin 2009 ne peuvent donc faire espérer tout au plus qu'une quasi stabilisation des emplois industriels en Allemagne en début 2010 et une poursuite de dégradation, peut-être moins marquée, de ceux-ci pour l'industrie française.

    Allemagne-emplois-industrie-2007-2009

    LIRE le communiqué du bureau des statistiques allemandes.

    Le 18 Février 2010

  • Les consommations de pétrole au sein des pays OCDE tirées vers le bas par l’Europe

    Les consommations de pétrole au sein des pays OCDE tirées vers le bas par l’Europe

    Au mois d'Octobre dernier, informe l'EIA, les consommations des riches pays de l'OCDE avaient décru de 1,96 millions de barils/jour (- 4%) tirées vers le bas par la baisse de la part Europe de 1,14 millions de barils/jour (-7%). Cette baisse des consommations européennes (FIG.) est arrivée un an plus tard que celle des consommations américaines qui avaient débuté en tout début 2008, avec la hausse des prix des carburants. La diésélisation du parc automobile allemand, la vente majoritaire de véhicules de faibles cylindrées aux consommations réduites en Europe, l'arrêt de certaines raffineries, la réduction de stocks flottants non recensés sont autant de facteurs qui tirent vers le bas les consommations de pétrole en Europe.

    Conso-OCDE-Europe-2005-2009-10

    Compte tenu de la tendance observée, les consommations OCDE en 2009 devraient terminer en-dessous des 45,4 millions de barils, soit à 2,2 millions de barils/jour de moins qu'en 2008. 

    CONSULTER les données de l'EIA.

    Le 18 Février 2010

  • Des enzymes assurant la décomposition des ligno-celluloses en sucres à des prix acceptables

    Des enzymes assurant la décomposition des ligno-celluloses en sucres à des prix acceptables

    La transformation de matériaux ligno-cellulosiques par voie enzymatique en éthanol qui n'est pas encore devenu un procédé industriel, est handicapée par un double problème. Tout d'abord par le prix des enzymes qui doivent assurer la transformation des matériaux cellulosiques mis en solutions aqueuses en sucres, puis par la faible concentration en alcool des jus obtenus après fermentation. Par contre ce type de procédé est susceptible de parfaitement s'intégrer dans une usine de production d'éthanol de première génération, comme l'envisage Poet, le premier producteur de bioéthanol des Etats-Unis, en introduisant dans ses usines une boucle de décomposition des rafles de maïs en sucres. Poet par cette voie (LIRE) vise à produire plus d'éthanol (15% à 20% de plus) à partir des cultures de maïs existantes qui alimentent ses usines et grâce à un investissement marginal. L'industriel avoue savoir se satisfaire des faibles concentrations des jus par des mélanges avec les solutions provenant du maïs. Il reste donc à réduire le prix des enzymes pour atteindre le seuil de rentabilité des opérations, après subventions. C'est ce qu'annonce Novozymes avec un nouveau type d'enzyme le Cellic CTec 2 qui devrait coûter au bouilleur de cru autour de 0.5 dollar par gallon d'alcool. Ce résultat provient d'un long travail de recherches et d'optimisations de Novozymes sur le sujet (FIG.).

    Enzyme-cost-2

    Cette avancée économique fondamentale pour faire décoller les procédés d'élaboration de biocarburants de deuxième génération sera concurrencée par d'autres procédés non enzymatiques, plus simples, de pyrolyse catalytique rapide (LIRE) et sûrement mieux adaptés à des unités agricoles ou communales de valorisation des déchets.

    LIRE le communiqué de Novozymes.

    Le 17 Février 2010

  • L’industrie photovoltaïque japonaise a été tirée par la demande intérieure en 2009

    L’industrie photovoltaïque japonaise a été tirée par la demande intérieure en 2009

    La Japan Photovoltaic Energy Association nous dit le Nikkei vient de publier les statistiques de cette industrie en 2009. Les livraisons en volumes sont globalement en croissance de 20% avec 1387 MW de modules ou de cellules photovoltaïques commercialisés (FIG.). Les livraisons à l'export affichent une baisse de 2,4% mais le marché intérieur est en croissance de 115%. Ces données sont cohérentes avec la reprise des subventions par le Gouvernement japonais depuis le mois d'Avril 2009. Le soutien apporté à cette industrie permet aux industriels locaux de charger leurs nouvelles unités de production. Le marché intérieur qui représentait en volume 20% des livraisons en 2008 est ainsi passé à 35% en 2009. Compte tenu de cette croissance rapide il est même encore plus pertinent de se baser sur les chiffres du quatrième trimestre qui indiquent une part de marché intérieur de 44%, représentant un triplement des volumes livrés par rapport à ceux du même trimestre 2008.

    PV-Japon-2005-2009

    Les volumes qui avaient stagné entre 2005 et 2007 avaient repris en début 2008, tirés par la demande espagnole. Les mesures de soutien internes sont arrivées au bon moment pour dynamiser la demande.

    Face à la concurrence chinoise et américaine à bas prix, les industriels japonais vont probablement axer leur stratégie sur trois axes essentiels:

    1- verrouiller le marché intérieur et maintenir leurs volumes à l'export avec des produits hauts de gamme,

    2- étendre leur marché international par une politique d'accord de licences à des acteurs locaux qui apportent les capitaux et la maîtrise des commandes, verrouillée par les Administrations locales (Exemple: Sharp en Italie),

    3- développer de nouveaux produits plus performants ou plus économiques pour respectivement alimenter leur marché intérieur et supporter leurs accords de licences.

    D'autre part, le Japon dans les années à venir va devenir la vitrine de ce qui se fera de mieux dans le domaine de l'énergie photovoltaïque, du stockage de cette énergie dans des batteries (Na-S ou Li-Ion) et dans la mise en place de réseaux électriques intelligents. Cette approche au niveau de systèmes complexes permettra alors aux industriels nippons d'exporter leur technologie, le module photovoltaïque n'étant devenu qu'un composant parmi tant d'autres.

    Les industriels français, plutôt que d'essayer naïvement de produire du Silicium, doivent impérativement s'inspirer de cette démarche de maîtrise des systèmes complexes à forte valeur ajoutée.

    Le 16 Février 2010