Auteur/autrice : Raymond Bonnaterre

  • Gaz à effet de serre: les effets du méthane sur le réchauffement de la planète seraient sous estimés

    Gaz à effet de serre: les effets du méthane sur le réchauffement de la planète seraient sous estimés

    Climat-hydroxyles C'est une étude de du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA qui nous révèle qu'à partir de travaux complexes de simulation il a été montré que les émissions de méthane et de monoxyde de carbone sont plus néfastes que prévu sur les phénomènes de réchauffement de la planète. Leur GWP (global warming potential sur 100 ans) serait amplifié par le fait que ces gaz se comportent comme des capteurs de radicaux hydroxyles qui eux mêmes oxydent le SO2 en sulfates qui forment des aérosols qui rafraichissent notre planète. Plus de méthane, moins de radicaux hydroxyles OH° et donc moins de sulfates bienfaiteurs. Telle est en résumé la thèse de photochimie planétaire supportée par cette étude.

    Un observateur un peu critique pourrait avancer deux remarques pour tempérer l'impact de ce papier, un de plus tendant à renforcer les prévisions d'apocalypse. Tout d'abord il pourrait avancer le fait que les teneurs en CH4 dans l'atmosphère sont globalement stables (FIG.I). Mais les auteurs de ce papier qui ont semble-t-il prévu l'objection affirment que ce sont les émissions de méthane qui sont importantes et non pas les teneurs dans l'atmosphère. Mais rien n'explique comment les émissions pourraient croître avec des teneurs stables!

    Méthane-1985-2009

     Le deuxième argument porte sur la difficulté d'évaluer précisément les émissions de méthane qui proviennent à la fois des activités humaines (exploitation minière, gaz naturel, pétrole, déchets) et des fermentations anaérobies diverses dans les entrailles des ruminants ou des termites comme dans les champs de riz ou les divers marécages et autres estuaires. La maîtrise de ces émissions serait complexe. Enfin les zones humides où le méthane est formé sont aussi des puits de gaz carbonique. Le bilan est donc d'une grande complexité à établir.

     Quoi qu'il en soit, capter les lisiers et les purins pour en faire du biogaz est toujours une excellente activité en faveur du climat.

    LIRE un résumé de ces travaux

    Le 2 Novembre 2009

  • Faut-il encore croire aux prévisions de tous poils dans le domaine de l’énergie?

    Faut-il encore croire aux prévisions de tous poils dans le domaine de l’énergie?

    Nostradamus s'il revenait par je ne sais quel phénomène de balancier dans l'espace-temps, serait étonné de la pléthore de collègues qu'il devrait saluer et des formidables moyens informatiques mis à leur disposition pour calculer le futur. En effet il est une vieille croyance préhistorique, celle des prévisions qui est toujours d'actualité. Prévisions économiques bien sûr, démographiques, énergétiques ou climatiques, toutes les plus apocalyptiques les unes que les autres. Vous ne devenez célèbre qu'en prévoyant le malheur, le bonheur est réservé aux cartomanciennes de quartier. Avant c'était la mort du voisin ou du seigneur local, maintenant c'est celle de populations entières trop proches de la Mer et de ses moussons ou des Tropiques et de ses ouragans. La taille des catastrophes annoncées a évolué avec le nombre de térabits nécessaires à réaliser le papier du jour. L'outil mathématique n'est pas en cause bien sûr. Il extrapole, il infléchit, il équilibre les contraintes en fonction des données qu'on lui a confié. L'essentiel réside donc dans les données d'entrée, leur pertinence, leur pérennité, la réalité des relations. C'est là qu'est le talon d'Achille du prévisionniste de la grande Institution Internationale: il sait calculer, mais sait-il rêver? Possède-t-il la connaissance de ce qui va changer dans les technologies et le comportement de ses contemporains ou de leurs descendants? Garbage in, garbage out!

    CERA-previsions-2009-2014 

    Il a été montré ici (LIRE) bien des fois, combien un retour en arrière sur des prévisions oubliées et depuis remplacées par de nouvelles pouvait être destructeur pour de grandes officines peuplées de doctes savants. Il y a peu, l'exercice a été conduit pour le CERA en comparant ses prévisions de consommations de pétrole à un an de distance (FIG.I). Un an, c'est proche me direz-vous? Mais par les temps qui courent les divergences notées constituent une terrible leçon d'humilité. Toute prévision nouvelle devrait, en introduction, contenir un chapitre d'autocritique essayant d'expliquer pourquoi la prévision précédente s'est révélée erronée. Ce serait un gage évident de qualité, même si cela poserait quelques problèmes pour facturer la prestation à son client.

    La complexité des moyens employés, le nombre de paramètres et d'interactions font qu'une critique des choix réalisés par le prévisionniste est difficilement possible par le non spécialiste. Alors le lecteur peut se faire une idée de la probable occurrence de la prévision en comparant plusieurs travaux et en vérifiant s'ils sont globalement en accord ou en désaccord. Mais même la proximité des conclusions de plusieurs travaux n'est pas une preuve de pertinence. Un exemple cuisant est la croyance unanime dans la croissance des consommations de pétrole dans le monde. Il y a deux ans de cela, ce n'est pas très loin pourtant, toutes les officines de prévisions annonçaient des consommations croissantes de pétrole dans le monde L'Agence Internationale de l'Energie en première ligne, portait le drapeau, pour annoncer chaque année des consommations croissantes, le tout à la deuxième décimale près, participant ainsi à l'instauration du climat de pénurie imminente annoncée par les tristes adeptes du peak-oil, caution évidente de la spéculation sur les commodities qui balaya l'économie mondiale en 2008. C'était pour motiver l'OPEP à produire plus.

    AIE-prévisions-2007-2012

     Avec un peu plus de deux ans de recul sur les prévisions de l'AIE publiées dans son Medium Term Oil Market Report de Juillet 2007 il est possible de comparer ses prévisions de consommations de pétrole avec ce qui s'est réalisé depuis (FIG.II). Cette institution prévoyait une croissance continue des consommations de pétrole dans le monde, y compris dans les pays de l'OCDE où le gaspillage sévissait. Que peut-on constater aujourd'hui? Un peu plus de 5 millions de barils/jour d'erreur sur la valeur probable de 2009 et probablement 6 millions en 2010. Voila qui est sans appel. De plus l'erreur provient presque exclusivement des pays OCDE que l'AIE représente (courbes du bas). Un comble! Mais l'AIE pouvait-elle prédire la formidable spéculation sur le pétrole qu'elle a elle même engendré par ses prévisions farfelues et la crise économique qui en découlerait? Un délit de prévisions erronées en bande organisée serait-il à inventer?

    Alors que demander à ces Agences pour que cesse leur délire prévisionniste? Je pense que leur principale obligation serait celle de la cohérence des prévisions.

    Peut-on prévoir à la fois un accroissement des consommations de pétrole des pays riches de l'OCDE dans les décennies à venir et la baisse de leur population active au sein d'une population urbanisée et vieillissante.

    Peut-on prévoir un accroissement des consommations mondiales de pétroles dans la décennie à venir en sachant qu'elles représentent près de 38% des émissions de CO2 dues à la combustion des énergies fossiles? Et cela, tout en faisant campagne pour une division par trois des émissions de CO2 dans le monde et en sachant qu'il faudra pour lancer le vaste mouvement mondial de réduction que les pays riches donnent l'exemple, même si pour l'instant ils renâclent à le faire.

    On ne peut pas prédire une chose et son contraire. Les pays riches vont devoir réduire par trois au moins leur consommation de pétrole dans les décennies à venir. Les pays OCDE vont devoir se contenter d'une quinzaine de millions de barils/jour de pétrole à l'horizon 2040. Soyez certains que les bureaux d'études des constructeurs automobiles y travaillent activement. Les réglementations de plus en plus drastiques les obligeront à présenter des véhicules de plus en plus sobres en carburants, de plus en plus légers et de plus en plus électrifiés. Les contraintes sur la possession d'un véhicule orienteront les populations de plus en plus urbaines vers les transports en commun. Alors messieurs les prévisionnistes rêvez un peu et débrouillez-vous avec vos données d'entrée pour obtenir le résultat attendu! La réputation de vos officines en dépend.

    Le 2 Novembre 2009

  • Le projet californien BP-Rio Tinto de centrale propre au charbon gazéfié est confié à GE Energy

    Le projet californien BP-Rio Tinto de centrale propre au charbon gazéfié est confié à GE Energy

     Les producteurs de charbon, comme Rio-Tinto, s'ils veulent raisonnablement poursuivre leur business dans les décennies à venir vont devoir résoudre un immense problème: limiter les émissions d'effluents gazeux polluants des centrales électriques à charbon. Le gaz carbonique d'abord, mais aussi le mercure, les oxydes d'azote et les produits soufrés sont concernés. Quand aux pétroliers, comme BP, qui doivent impérativement accroître le taux de récupération de pétrole de leurs gisements, ils disposent d'une panoplie de technologies parmi lesquelles figure l'injection de dioxyde de carbone pour fluidifier le pétrole sous-terrain et le rendre ainsi extractible. L'alliance du charbonnier et du pétrolier était donc évidente. BP et Rio Tinto ont donc créé une JV pour mettre en place dans le Comté de Kern, haut lieu du pétrole plus que centenaire Californien, une centrale électrique alimentée au coke de pétrole ou au charbon qui a reçu 308 M$ d'aides de l'Administration américaine (LIRE). La conception et la réalisation de cette centrale de 250 MW vont être confiées à GE Energy qui propose une unité à Gazéification Intégrée à Cycle Combiné (IGCC) équipée d'un captage du CO2 du gaz intermédiaire, gaz qui par injection sous-terraine servira à accroître la récupération de pétrole (EOR).

    IGCC_Siemens

     L'objectif de GE est de capter 90% du gaz carbonique formé lors de la transformation, par l'oxygène et l'eau, du carbone en CO2 et H2. Ce procédé complexe et onéreux en capitaux, permet par purification du gaz intermédiaire de respecter les contraintes environnementales les plus strictes et permet d'accéder par combustion de l'hydrogène à très haute température dans la turbine à des rendements énergétiques acceptables (60% pour la combustion du gaz auxquels il faut défalquer l'énergie nécessaire à produire et purifier ce gaz). Mais il n'est pas économiquement évident que les coûts de la production d'oxygène, de la purification des gaz et du captage du dioxyde de carbone permettent de développer un procédé compétitif par rapport à la simple combustion du gaz naturel. Bien sûr les prix relatifs du gaz et du charbon, pondérés des émissions de CO2, orienteront par la suite les choix économiques. GE n'annonce pas la date de mise en route de cette unité qui devrait être programmée vers le milieu de la prochaine décennie.

     Remarque: GE avec Duke Energy sont en cours de développement d'une centrale au charbon de type IGCC, de 630 MW, dans l'Indiana. Elle remplacera une centrale existante et devrait être opérationnelle en 2012, mais elle ne sera pas équipée de captage et séquestration de gaz carbonique.

    LIRE le communiqué de GE Energy

    Le 1er Novembre 2009.

  • First Solar fait moins bien que prévu au troisième trimestre 2009

    First Solar fait moins bien que prévu au troisième trimestre 2009

     First Solar, le Numéro 1 américain du photovoltaïque vient de présenter ses résultats trimestriels. Le chiffre d'affaires qui ressort à 481 M$, en raison d'une stabilisation des volumes vendus et d'un prix par Watt commercialisé en baisse, affiche un net repli de 45 M$ par rapport à celui du trimestre précédent. Cette stagnation des volumes entraîne une sous utilisation de l'outil de production (53%) et donc empêche First Solar de satisfaire à ses objectifs de coûts par Watt sur la droite qui doit le porter à 65 $cents au second semestre 2010 (FIG., courbe rouge). Cependant, même à 85 cents/Watt, First Solar demeure un redoutable compétiteur sur le marché mondial du photovoltaïque.

    FirstSolar-cents-par-Watt

     Dans un climat boursier globalement morose, l'action First Solar a vu sur la semaine, son cours baisser de 20% à Wall Street. Son concurrent allemand Q-Cells a lâché 10% et le plus gros chinois du domaine, Suntech a perdu 7%. Mauvaise semaine pour les actions du photovoltaïque, sur un marché aux prix toujours en déclin et face à des menaces de réduction des tarifs allemands de l'électricité (LIRE).

     Rappelons que First Solar a signé un accord de JV avec EDF EN pour installer en France, une unité de production de 100 MW et de recyclage de ces modules (LIRE).

    Le 31 Octobre 2009 

  • Etats-Unis : les consommations de pétrole confirment l’adaptation des acteurs à la nouvelle donne économique

    Etats-Unis : les consommations de pétrole confirment l’adaptation des acteurs à la nouvelle donne économique

    Les consommations de produits pétroliers aux Etats-Unis durant le mois d'Août, publiées par l'EIA, confirment clairement le processus d'adaptation en cours des acteurs économiques à la nouvelle donne économique et environnementale, par une baisse importante de leurs dépenses énergétiques. Les chiffres montrent, même en l'absence provisoire de contrainte climatique formelle, que ces consommations ne reviendront plus aux niveaux d'avant crise. Les consommations mensuelles moyennes d'essence, hors éthanol, sont restées sensiblement étales durant les trois mois d'été et proches du niveau de ceux de l'année précédente (FIG.I), alors que les prix du gallon qui avaient dépassé les 4$ il y a un an de cela, étaient beaucoup plus dissuasifs. Le faible accroissement de consommation d'essence de 2% sur les trois mois, par rapport à la même période 2008, a sensiblement été assuré par des productions d'éthanol supplémentaires.

    Conso-essence-USA-2007-2009-8 

    Mais cette stabilité des consommations d'essence qui représentent 50% des consommations de pétrole américaines n'est pas retrouvée pour les autres produits pétroliers qui constituent l'autre moitié. Au contraire ceux-ci affichent une baisse des consommations toujours maintenue. Le transport aérien qui a procédé à de rigoureuses adaptations, voit ses consommations de kérosène baisser de 10% par rapport à l'année précédente, le transport routier de fret et autres utilisateurs de gasoil et de fuel affichent une baisse des consommations de 8%, les consommations de gaz liquéfiés et autres produits pétroliers affichent une baisse de 5%. Au total ces consommations autres que l'essence, autour de 9,5 millions de barils/jour, affichent un recul de 7% au mois d'août (FIG.II), confirmant ainsi les résultats des mois précédents.

     Conso-non-essence-USA-2007-2009-8

    Ces chiffres mettent en évidence le processus en cours, partout dans le monde, d'adaptation des économies à la nouvelle donne énergétique. Les acteurs économiques ont compris qu'il fallait impérativement désensibiliser leur activité aux fluctuations de prix de l'énergie, le processus est en marche, y compris aux Etats-Unis qui voient l'activité de leurs raffineries se réduire de 3 à 4% par an sur un marché encombré de stocks spéculatifs pléthoriques. 

    La spéculation sur les produits pétroliers qui évoque une reprise imminente de l'économie accompagnée de consommations flamboyantes de pétrole, raconte des Fables pour les gogos.

    Remarque: les demandes américaines hebdomadaires en produits pétroliers publiées par l'EIA quand on les compare aux demandes mensuelles publiées et validées deux mois après, apparaissent bien souvent comme totalement farfelues (FIG.III). Par exemple, la croissance de consommations estimée au mois d'Août par les valeurs hebdomadaires, disparaît subitement dans les chiffres mensuels. Ce sont ces publications hebdomadaires cependant qui peuvent entraîner des variations de cours des produits pétroliers lors de leur parution, généralement le Mercredi.

    Conso-produits-2009-10

    Le 31 Octobre 2009
     
     
     

  • Les composites fibres de carbone matériaux de l’automobile de la prochaine décennie

    Les composites fibres de carbone matériaux de l’automobile de la prochaine décennie

    Carbon-fiber-fabrics Il avait été mentionné sur ce blog (LIRE pour suivre le feuilleton) combien la masse des véhicules qui prennent régulièrement de l'embonpoint, était un paramètre du premier ordre pour aller vers une réduction des consommations de carburant. Ce phénomène de montée en masse est encore actuel. Un exemple récent, la nouvelle génération de Prius qui présente une masse supérieure à celle de la génération précédente, illustre bien le problème. Mais sous la contrainte des impératifs règlementaires de réduction de consommation de carburants, les constructeurs automobiles vont être obligés d'innover dans le domaine. Parmi les matériaux éligibles après l'Aluminium et divers alliages, viennent les matériaux composites qui s'imposent inexorablement dans les avions modernes. Les Groupes japonais comme Toray travaillent activement sur le thème du développement et de l'industrialisation de composants pour l'automobile. Une des contraintes supplémentaires amenée par cette industrie est bien sûr le coût des matières mises en oeuvre mais aussi la cadence de production d'une pièce. On ne peut pas mettre un quart d'heure et encore moins une heure pour réaliser un capot de voiture. Il faut descendre à quelques minutes pour assurer une production par centaines de milliers de pièces par an. Un atelier en deux équipes, ouvert 3600 heures par an, produit annuellement 200 mille pièces si la production assure 55 pièces à l'heure. Il reste donc à imaginer des procédés et des produits qui se prêtent à cette accélération des productions.

    SGL Group et BMW viennent d'annoncer la création d'une joint venture (51/49) pour associer leurs compétences respectives dans cette aventure des nouveaux matériaux fibres de carbone pour l'automobile. BMW au travers de son projet du "Megacity Vehicle" qui verra le jour dans le courant de la prochaine décennie, compte sur l'utilisation de ces matériaux pour alléger au maximum cette gamme de véhicules urbains de grande métropole. SGL dont les racines sont à la fois allemandes et américaines, est un des leaders dans le domaine des pièces en carbone, des fibres et des matériaux composites. Il est donc fortement intégré dans ce domaine de compétence. De plus SGL annonce d'autre part la formation d'une joint venture Mitsubishi Rayon (2/3) et SGL (1/3) pour la production au Japon de précurseurs en polyacrylonitrile pour la production de fibres de carbone spécifiques destinées l'industrie automobile. Nul doute que cette usine alimentera aussi les besoins japonais.

    L'industrie des composites en fibres de carbone est également très active en France. Il est à espérer que ces professionnels aient déjà élaboré un plan de développement avec les constructeurs automobiles français. Après les travaux sur les batteries, il faudra réduire la masse des véhicules électriques de quelques 300 ou 400 kilos pour en accroître l'autonomie. Les matériaux composites seront alors incontournables. Ne perdons pas de temps!

    Remarque: les plastiques armés fibres de verre dont la mise en oeuvre par injection moulage est beaucoup plus simple peuvent être également d'excellents candidats pour alléger la masse et les coûts de certains composants mécaniquement peu sollicités d'un véhicule.

    LIRE le communiqué de SGL sur le sujet.

    Le 30 Octobre 2009

  • Encore plus fous que les cours du pétrole: ceux de l’essence à New York

    Encore plus fous que les cours du pétrole: ceux de l’essence à New York

     Il est bien souvent souligné ici combien l'établissement des cours du pétrole ressortaient d'une alchimie complexe dans laquelle les fondamentaux du Marché physique, régis par l'offre, la demande et les stocks, n'avaient que peu d'impact. Mais il est un marché aux Etats-Unis et donc dans le monde, encore plus imprévisible: c'est celui de l'essence. En effet un paramètre spéculatif supplémentaire vient pimenter ce marché plus étroit que celui du pétrole, c'est le comportement présagé des grands raffineurs. Les résultats trimestriels des Compagnies Pétrolières en cours de publication montrent qu'elles ont énormément souffert de la conjoncture du raffinage durant ce troisième trimestre en raison de la faiblesse persistante de la demande en carburants et de la faiblesse des marges de raffinage, en particulier des marges sur l'essence (FIG.).

    Cours-USA-récents-essence-2009-10

     Alors que les cours du gasoil suivent sagement les cours du Brent à Londres avec un spread de 4 à 10 dollars par baril, dans le cas de l'essence les choses sont beaucoup plus sportives. A quelques semaines d'intervalles peuvent se succéder de fortes anticipations de pénuries pour un raffinage supposé en sous production, poussant le spread au dessus de 15 dollars le baril, suivies par des constatations de stocks pléthoriques ramenant le spread vers des valeurs proches de zéro, comme à la fin du mois de Septembre. Ces variations spéculatives amplifient celles du pétrole à la hausse et se répercutent sur les prix à la pompe.

     Les raffineurs américains qui avaient dû jouer l'arrivée d'un ouragan dans le Golfe du Mexique et qui leur a fait faux bond, constatant la faiblesse structurelle de la demande, ne cachent pas qu'ils vont réduire leurs volumes de production pour essayer de rétablir leurs marges. Il n'est donc pas impossible de revoir les prix moyens de l'essence aux Etats-Unis, repasser rapidement au dessus des 3 dollars le gallon, seuil psychologique qui détermine les comportements d'achats vers des modèles plus économes en carburants. Les ventes de 4X4 avaient fortement chuté aux USA dès le printemps 2008, bien avant la crise, lors du passage de ce seuil des 3 dollars/gallon par l'essence (LIRE). Ce prix est d'ailleurs déjà franchi sur la Côte Ouest.

    Prix-pompe-essence-US-2007-2009

     Anticiper une augmentation des consommations de carburants aux Etats-Unis, sur la base d'une timide reprise économique, semble être une erreur profonde de compréhension des comportements des consommateurs américains. 

    Le 30 Octobre 2009
     

  • Le trafic du fret aérien dans la zone Asie n’indique toujours pas de reprise économique nette

    Le trafic du fret aérien dans la zone Asie n’indique toujours pas de reprise économique nette

     L'IATA publie comme chaque mois, les statistiques du transport aérien dans les grandes régions du monde. Les valeurs du mois de Septembre pour le fret comparées à celles d'il y a douze mois sont en progression et l'IATA essaie d'expliquer que ces chiffres moins mauvais ne sont essentiellement dus qu'à un effet de base favorable. Afin de s'affranchir de cet effet de base, il a été montré ici qu'il est astucieux de comparer le trafic à celui d'il ya deux ans qui était une période de croissance stable du trafic aérien (FIG.).

    Fret-aerien-asie-2009-09 

     Les variations pour la Zone Asie qui constituent un puissant indicateur avancé de l'activité économique de la zone et donc du monde, mettent en évidence un processus de lente amélioration depuis le mois d'Avril. Mais au rythme ou vont les choses on ne peut espérer un retour d'activité économique vers les niveaux d'avant la crise qu'aux alentours de la mi-2010.

     Ces données laissent à penser qu'il ne faut pas se faire trop d'illusions sur une reprise en fanfare de l'économie mondiale en 2010. Cette reprise pourrait être de plus entravée par la spéculation sur les énergies et autres commodities qui, en anticipant trop tôt une reprise économique, risque de l'étouffer. Rien n'indique au niveau de l'Administration américaine une volonté de lutte contre ces anticipations déraisonnables. Bien sûr, un tel climat de lente reprise fragile ne sera pas favorable à la recherche d'un consensus mondial sur les problèmes climatiques et leur financement au mois de Décembre prochain.

    CONSULTER les données de l'IATA.

    Le 30 Octobre 2009

  • Toshiba poursuit ses investissements dans les batteries à base de titanate de lithium

    Toshiba poursuit ses investissements dans les batteries à base de titanate de lithium

     Toshiba est très fier de sa gamme de batteries au Lithium SCiB qui a la particularité d'utiliser une électrode négative à base de titanate de lithium (Ti4Li5O12) associée à un électrolyte difficilement inflammable et un séparateur thermiquement stable (LIRE). L'ensemble conduit à un robuste produit, capable d'assurer 6000 cycles de charge à C et décharge à C. Ces performances inhérentes à la stabilité de l'électrode négative au contact de l'électrolyte, ce qui évite la formation d'une interface solide de passivation (sei), sont entachées par le fait que l'élément d'accumulateur ne présente une tension que de 2,4V soit les 2/3 de la tension des accumulateurs au Lithium-Ion habituels. Toshiba présente des batteries monoblocs de 12V (5 éléments en série) et 24V (10 éléments en série) avec des énergies volumiques (63 à 75 Wh/litre) et massiques (48 à 50 Wh/kg) très modestes. Pour Toshiba, malgré ces faiblesses, les qualités de puissance, d'aptitude à la charge rapide, de durée de vie en cyclage et de sécurité font de la gamme SCiB un produit d'avenir. C'est la raison pour laquelle ce grand Groupe nippon vient de décider de construire une nouvelle usine de production de batteries. Dans un premier temps, à partir du printemps 2011, cette unité sera en capacité de produire 500 mille éléments (cells) par mois.

     Les marchés visés selon Toshiba sont toujours ceux des deux roues, des véhicules hybrides et électriques ainsi que le stockage d'énergie en tampon des énergies renouvelables de type solaire ou éolien. Vaste programme pour une seule technologie dont le CA devrait atteindre 2 milliards de dollars en 2015.

     Rappelons que Toshiba travaille avec Volkswagen (LIRE) pour équiper un petit véhicule électrique. Cette technologie devrait également intéresser les poids lourds et autres bus ou tramways hybrides où la contrainte encombrement et masse est très faible, mais où les appels de puissance au démarrage sont très élevés (FIG.).

    Toshiba-SCiB

    VOIR le site de Toshiba sur le sujet.

    LIRE la note de Toshiba.

    Le 29 Octobre 2009
     

  • Au tour de GE energy d’annoncer une nouvelle turbine à gaz de nouvelle génération

    Au tour de GE energy d’annoncer une nouvelle turbine à gaz de nouvelle génération

     Après MHI, Siemens et Alstom, voila GE Energy qui vient annoncer, pour livraison en 2012, sa nouvelle turbine à gaz 7FA qui présente des performances énergétiques améliorées de 20% par rapport à la génération précédente. La nouvelle turbine présente une puissance de 211 MW en accroissement de 36 MW ce qui lui confère un rendement énergétique de 38,5% (8872 BTU/kWh). Utilisé en cycle combiné, composé dans le cas de GE qui présente des turbines de faibles puissances, de deux turbines et d'un générateur à vapeur alimenté par l'énergie des gaz d'échappement des deux turbines, cet ensemble conduit à une puissance de 627 MW en accroissement de 18% par rapport à la génération précédente. L'ensemble présente un rendement énergétique de 57,5% (5934 BTU/kWh) ce qui semble en léger retrait par rapport aux 59% et 60% annoncés par ses concurrents (TAB.).

    Centrales à gaz à cycle combiné les plus performantes disponibles ou annoncées:

    Gaz-cycle-combiné-1

     La montée en puissance des turbines à gaz permet à la fois d'économiser du carburant (420 mille MMBTU par turbine et par an annonce GE), de réduire les émissions de CO2 et de réduire les investissements par MWh produit. Tout ceci, couplé aux larges réserves de gaz dans le monde, milite pour une large démocratisation des centrales à gaz naturel, en remplacement des unités fonctionnant au lignite ou au charbon.  

    LIRE l'annonce de GE Energy

    Le 28 Octobre 2009