Catégorie : actualités

  • Vers une régulation des cours du pétrole par une limitation de la demande?

    Vers une régulation des cours du pétrole par une limitation de la demande?

                               La recherche de l’équilibre entre offre et demande sur un marché tendu peut se faire par accroissement de l’offre, par réduction de la demande ou par la cohabitation des deux effets à la fois. Depuis 2004 le marché du pétrole était dans une phase de recherche d’équilibre par stimulation de l’offre pour satisfaire une demande mondiale qui croit annuellement de 1,3 millions de barils par jour, tirée par l’Asie, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud. L’élasticité de la demande aux variations de prix étant très faible, c’est l’offre qui devait s’adapter vers le haut.Pentes2

                         Jusqu’à l’Automne 2007 le Marché du pétrole brut avec une pente des prix de 8 à 10$ par an était typiquement dans cette phase de stimulation de l’offre avec l’arrivée de pétrole offshore profond, d’huiles issues des sables bitumineux et même de carburants synthétiques à base de charbon (Afrique du Sud), de gaz (Qatar) ou de produits agricoles (Brésil, USA).

                           Rétrospectivement, malgré la chute stupide des cours à fin 2006 jusqu’à 50$ le baril (l’hiver était doux sur la totalité de l’hémisphère Nord) qui a donné lieu à un rapide rattrapage, la montée récente des cours au dessus de 110$ le baril (FIG.) appelle une nouvelle interrogation: le Marché va-t-il rechercher enfin une limitation de la demande pour se stabiliser à nouveau?

                           Le problème majeur de la stabilisation puis de la baisse de la demande est lié à l‘inertie des mécanismes d’adaptation qui nécessitent des investissements lourds, des innovations de grande ampleur, des modifications de mode de vie qui ne peuvent se faire que sur des décennies. La modification radicale du parc automobile américain qui consomme plus de 40% de l’essence mondiale nécessitera au moins trente ans. La conversion des usines de production d’automobiles allemandes vers des voiture hybrides de plus faible cylindrée demandera au moins dix à quinze ans. Nous sommes sur des processus lents de changement de vision marketing. Il existe encore des groupes automobiles (français) qui lancent de nouveaux 4X4, produits pour eux, d’avenir et de forte rentabilité! On croit rêver devant tant d’inconscience.

                         Il existe cependant quelques processus d’adaptation qui peuvent réduire la pression sur la demande. Citons tout d’abord l’engouement tarifaire et fiscal de certains européens pour les véhicules de petites cylindrées (il faut aujourd’hui près de 6 mois pour avoir une Polo de WW). Une issue repose également sur les prix faibles du gaz à énergie comparable, qui devraient faire rapidement disparaître tous les modes de chauffage au fuel ou au kérosène (Japon). Le gaz pourrait également se substituer en partie au naphta hors de prix, comme charge de la pétrochimie. Certains dérivés du gaz comme le DME (diméthyl éther) pourraient en Asie se substituer au gazole ou au kérosène.

                        Il est donc possible de déceler quelques rares actions qui devraient minorer la pression mondiale sur la demande de pétrole, mais l’essentiel avec l’électrification du parc automobile, la récupération de l’énergie au freinage des poids lourds, le développement du rail, l’urbanisation des grandes agglomérations américaines nécessitera des décennies sinon des générations.

                       L’apparition entre les Nations, de conflits d’intérêts financiers et économiques de plus en plus âpres, concernant les ressources énergétiques, est vraisemblable. Les cours du pétrole brut poursuivront alors leur ascension.

    Le 16 Avril 2008

  • Découverte brésilienne.

    Découverte brésilienne.

    Images_2 Les actualités ont le don de m’esbaudir. En effet, on annonce la découverte d’un gisement "KOLOSSAL" au large du Brésil. 5 à 8 milliards de barils/ jour exploitables.
    Soyons généreux, le gisement "KOLOSSAL" représente  une centaine de jours, même pas de consommation. En plus, il est d’une exploitation d’une facilité déconcertante : 2000 mètres d’eau, 3000 de rochers et sable, 3000 de sel.
    Mais certains n’hésitent pas devant les mots : "Le troisième plus important gisement de pétrole au monde découvert au large du Brésil  ", titrent "les échos", et eux parlent de 33 milliards de barils, faisant du gisement le troisième après Ghawar (83 milliards) et Burgan (72).

    Mais le gisement exploitable est sans doute plus près des 8 milliards que des 33. En outre, pour Ghawar et Burgan, ce sont les productions passées, et pour Carioca (le gisement en question), c’est uniquement une projection.
    En outre, ce pétrole sera cher, techniquement difficile à exploiter, surtout pour le sel qui ne se laisse pas forer facilement (éboulements fréquents).
    Non, l’optimisme affiché n’a pas lieu d’être.
    On retombera sur la même problématique : un réservoir, sans doute large, mais sur lequel il n’est pas facile de mettre un robinet à débit suffisant.
    "Cela mettrait un terme à toutes ces annonces qui affirmaient que l’on n’avait plus de pétrole, que l’on n’en découvrirait plus et qu’il fallait qu’on change notre mode de vie   ".
    Le cher Roger Read devrait être mis au courant, non la terre n’est pas plate.

  • BP : les fonds chinois poursuivent leur entrée dans les pétrolières

    BP : les fonds chinois poursuivent leur entrée dans les pétrolières

    Bp                              Après l’entrée de Chinalco dans le capital de Rio Tinto, le troisième minier mondial, après l’entrée d’une banque chinoise dans le capital de Total, voila BP qui fait l’objet des assiduités chinoises avec l’entrée d’un fond souverain dans son capital, pour un milliard de Livres Sterling (deux milliards de dollars). BP et Total présentent des cours complètement sous cotés par rapport à ceux d’ExxonMobil et Royal Dutch-Shell ce qui accrédite la thèse officielle qui veut que ces placements chinois soient pûrement financiers, mais il est difficile de croire qu’il n’y a aucune arrière pensée stratégique dans ces choix.

                        La Chine, forte de ses excédents commerciaux et de ses réserves de change, désirera un jour remplacer ses liquidités par des actifs pétroliers ou miniers, lui permettant d’assurer ses approvisionnements en matières premières sur le long terme.

                        Une certitude: les actions pétrolières comme BP ou Total constituent aujourd’hui des opportunités de placements financiers. La préférence va vers Total dont la stratégie d’investissement et de valorisation est claire, ce qui n’est pas le cas pour BP, embourbé dans sa filiale russe.

    Le 15 Avril 2008

  • Crime contre l’humanité.

    Crime contre l’humanité.

    Terreur Pour Jean Ziegler, le "bio" carburant est un crime contre l’humanité.
    "Jean Ziegler a averti que le monde se dirigeait "vers une très longue période d’émeutes" et de conflits liés à la hausse des prix et à la pénurie des denrées alimentaires. ".
    Le premier producteur à utiliser les céréales pour fabriquer ses carburants, les zétazunis, détruisent ainsi 138 millions de tonnes de maïs.
    Le FMI, quand à lui doit :
    "cesser de soutenir exclusivement des projets visant la réduction des dettes  ".
    Quand aux 100 millions de personnes devenues pauvres, le chiffre est largement tronqué :
    "on précipite 2 milliards de personnes sous le seuil de pauvreté  ".

    Quand à la responsabilité, elle est clairement établie :
    "Les plans d’ajustement structurels du FMI imposent toujours des plantations d’exportation qui doivent servir à produire des devises  ".
    Avec, bien entendu le sacrifice de la sécurité alimentaire et de l’autosuffisance.
    On imagine les ravages quand tous les pays exportateurs privilégient leur propre population -ce qui est normal-.
    On a un processus révolutionnaire désormais clairement engagé, comme il y a eu mondialisation, il est mondial et a son coupable :
    " Cette semaine, les grandes banques … ont admis la conclusion avancée par le reste du monde : elles se sont fourvoyées, elles sont à l’origine de la crise du crédit, et tout le monde souffre de leurs erreurs. Le fait d’admettre tout ceci ne pourra pas cependant prévenir un retour de flamme.  Les banquiers ont réalisé, mais trop tard, les dangers que représentent cette vision caricaturale du banquier que la plupart des gens ont maintenant en tête ". Incompétent, cupide, les brillants sujets paraissent désormais à la limite de la débilité mentale profonde.
    "le mécontentement engendré par la hausse des prix du pétrole et de la nourriture, l’augmentation des inégalités de revenus, tout cela contribue à une incertitude vis-à-vis du capitalisme   ".
    Le capitalisme n’avait besoin de personne pour se mettre à mort.
    La confiance est cassée. Sa crédibilité fait rire tout le monde.
    Quand aux capacités mentales de quelques uns, on peut vraiment se poser des questions :
    " Traitons la crise financière et on fera disparaître une partie de la pression qui s’exerce   ".

  • L’or du FMI…

    L’or du FMI…

    Images_3 La vente de 400 et quelques tonnes d’or du FMI intéresse Chavez.
    On sait qu’il n’aime pas les zétazunis, qui ne l’aime pas non plus, qu’il se méfie du dollar (il pratique le troc avec les chinois, et a commencé à changer cette devise contre des euros), et qu’il déteste le FMI, plus que cordialement.
    Cet achat, de l’ordre de 12 milliards de $ lui permettrait de changer une (petite) partie de ses réserves (dont il ne sait que faire), tout en le préservant de la dévaluation des monnaies fiduciaires.
    Néanmoins, il est probable que cet achat n’aura jamais lieu (les zétazunis ne le permettront pas), que les banques centrales d’un certain nombre de pays (Chine, Russie, Vénézuela) l’achètent déjà en grandes quantités.

    Mais un message on ne peut plus clair vient d’être envoyé. Ce message a la forme d’un missile et vise le dollar.
    Il dit que l’or vaut beaucoup et le dollar plus grand chose.
    Chavez est donc loin d’être idiot, lui aussi.
    Il vient, à l’aide de quelques paroles de se livrer à une consolidation. Il consolide le cours de l’or, en même temps qu’il noie un peu plus le dollar.
    La stratégie de Chavez est tous azimuts. Il rachéte la dette publique des pays d’ Amérique latine, diversifie ses réserves de devises, s’arme et met la main sur tous les outils économiques.
    Avec les réserves de pétrole de l’Orénoque, c’est sans doute l’avénement d’un empire vénézuélien dans ce continent et dans les caraïbes.
    Le plus grand concurrent ne sera pas les zétazunis, nettement en perte de vitesse, mais le Brésil.

  • L’usine de liquéfaction de gaz de Snohvit pose des problèmes à StatoilHydro

    L’usine de liquéfaction de gaz de Snohvit pose des problèmes à StatoilHydro

                                                                                                     Snohvit L‘usine de Snohvit qui produit du Gaz Naturel Liquéfié dans la Mer de Barents a été développée et réalisée par StatoilHydro. Total et Gaz de France sont associés à cette aventure. Cette unité utilise un gisement de gaz offshore dont les productions, transportées par gazoduc sur 145km, alimentent l’usine de liquéfaction. Cette usine démarrée en 2007 a présenté de nombreux problèmes de pollution et de corrosion au démarrage qui ont entraîné un premier arrêt prolongé. Depuis la production est intermittente. Elle vient de reprendre à la suite d’un nouvel arrêt qui datait du 27 Mars. Les responsables de l’usine ont annoncé que l’usine de liquéfaction ne fonctionnerait qu’à 60% de ses capacités jusqu’en 2009 le temps de résoudre les problèmes techniques.

                         Espérons que tous ces ennuis serviront d’expérience pour le développement du gisement russe de Shtokman, dans lequel StatoilHydro est impliqué.

    Le 14 Avril 2008

  • Le N° 1 chinois du pétrole intéressé par les actifs argentins de Repsol

    Le N° 1 chinois du pétrole intéressé par les actifs argentins de Repsol

    Cnpc                     La China National Petroleum Corporation (CNPC) maison mère de la pétrolière Petrochina, pendant un temps première capitalisation boursière mondiale, aurait confirmé son intérêt au pétrolier espagnol Repsol-YPF pour l’acquisition de ses avoirs Argentins. La pétrolière espagnole veut céder une partie de ses actifs pétroliers d’Amérique du Sud, mais elle semble éprouver des difficultés à trouver un financier prêt à lui apporter le cash nécessaire. CNPC après lui avoir fait une offre, rejetée à l’époque, de 20 milliards de dollars pour la totalité de ces actifs, reviendrait à la charge. Mais il n’est pas sûr que le montant proposé soit le même. Repsol avait payé 15 milliards de dollars pour l’acquisition de l’argentin YPF.

                           

                           La richesse de la Chine et son besoin en énergie devra bien, un jour ou l’autre, relancer les grandes manoeuvres autour de certains grands actifs pétroliers. L’entrée de fonds chinois dans l’actionnariat de Total, fortement implanté en Afrique de l’Ouest, n’est peut-être qu’un premier pas vers des recherches d’alliances plus stratégiques et plus opérationnelles. On a bien vu dans l’industrie de l’Aluminium une alliance entre Chinalco et Alcoa pour entrer chez Rio-Tinto et contrer ainsi les ambitions de BHP-Billiton.

    Le 14 Avril 2008

  • La Faim…

    La Faim…

    Holodomor La faim, question lancinante va devenir LA question des prochaines années.
    Non pas, comme on l’a dit parce que chinois et indiens consomment mieux. Une bulle de la construction a lieu chez eux, les espaces arrachés à l’agriculture augmentent fortement.
    Les transports bon marché tuaient l’autosuffisance, ainsi que les politiques néolibérales, au profit des cultures d’exportation.
    Mais il est vrai que la culture d’exportation c’était tellement mieux. On faisait connaissance avec la monnaie. Car l’autosuffisance, c’est aussi l’autoconsommation. Le paysan français de 1938 "ne manque de rien, sauf d’argent"…Une récolte vendue en une fois, des achats de subsistance échelonnés, c’était aussi cohérent.

    Les pays développés qui se gargarisent du "libre marché", souvent sont eux mêmes exportateurs et subventionnent fortement. Ils n’ont guère oublié 1939-1945, sauf bien entendu les britanniques qui fulminent contre tout ceux qui ne veulent pas du marché bienfaisant.
    Il faut dire qu’une période protectionniste, si elle améliorait globalement la situation dans le monde ferait littéralement crever sur pied et l’économie Britannique et la Grande-Bretagne.
    Ce pays désormais ne produit rien, rien que du vent, un  pays bookmaker…
    Mais ne soyons pas jaloux, ceux qui lancent l’alarme pensent d’abord au tiers monde, sans voir les familles qui chez nous survivent à 1200 euros par mois et qui sont, elles aussi proche de l’asphyxie.
    Les émeutes de la faim devraient donc se reproduire, s’amplifier, s’étendre.
    Elles sont le reflet EXACT de la pénurie d’énergie, et conséquence de la flambée des prix.
    la situation immobilière est une plaie, la situation financière une catastrophe, la situation économique un désastre, la situation énergétique une bombe, mais rien n’atteint en intensité, la crise alimentaire.
    Dans tous ces domaines, les moyens d’action des états sont considérables, mais, pour le moment, ils ne veulent rien faire.
    On va donc assister à des famines irlandaises. A bien des époques d’ailleurs, la famine était une décision politique.

    Les dirigeants ne valent pas mieux que Staline, mais pour eux, c’est pas personnel, c’est pour le bizness.
    Une parole du parrain…

     

  • CHEVRON et TOTAL en appui à l’Iraq du pétrole

    CHEVRON et TOTAL en appui à l’Iraq du pétrole

    Iraq_oil                              Les pétroliers Chevron et Total seraient en discussions avancées avec le ministre iraquien du pétrole pour accroître les productions d’un important champ pétrolier géant situé dans la région de Bassorah. Cette information a été confirmée par les deux compagnies à Associated Press. Ce champ de West Qurna fait partie de la dizaine de champs géants que possède l’Iraq. Il produit en ce moment dans les 180 mille barils par jour de pétrole et le ministre iraquien voudrait accroître sa capacité de production de 100 mille barils par jour supplémentaires. Les Russes, en la personne de Vladimir Poutine, avaient fait savoir aux iraquiens qu’ils étaient prêts à les aider à exploiter de champ géant qui avait intéressé Lukoil du temps de Saddam. Pour certains experts ce champ pourrait produire en plateau, jusqu’à 800 mille barils par jour.

                            Le Ministre du pétrole a déclaré qu’il discutait par ailleurs, avec Shell, BP et ExxonMobil pour accroître les productions d’autres champs géants. Rappelons que l’Iraq produit quotidiennement 2,4 millions de barils de pétrole et en exporte 1,93 millions de barils.

    Le 13 Avril 2008

  • Fin de la mondialisation.

    Fin de la mondialisation.

    Images_4 La mondialisation "inéluctable" a du plomb dans l’aile.
    Le renchérissement des transports, d’abord, ensuite le renchérissement de la nourriture a provoqué le retour de bâton.
    D’abord par la nécessité de maitriser ses approvisionnements.
    Ensuite, parce que partout dans le monde, la combattivité ouvrière renait.
    En Egypte, en Roumanie, en France même.
    Partout, les autorités cèdent, plus ou moins.
    Après avoir tenté la criminalisation de la grève des usines Dacia, Renault a du céder et augmenter ses employés de 28 %.
    En Russie, aussi, les ouvriers de Ford se sont mis en grève.

    Pourtant, usines Ford et Dacia, ne sont même pas rentables…
    Dire qu’on reproche aux usines occidentales de n’être pas ASSEZ rentables…
    Mais, le changement de paradigme est passé inaperçu.
    Renault a tordu le cou au zéro stock, cette crétinerie immonde.
    Entre des directions qui menacent ENCORE de délocalisation, un peu plus loin, et des salariés, souvent comme ceux du secteur textile en Egypte n’arrivant même plus à se nourrir, il y a une différence de détermination.
    L’un veut augmenter ses bénéfices, l’autre survivre. Les autorités entre les deux, ont comme toujours suivi le parti du plus riche.
    Mais, dans beaucoup de pays, malgré l’intensité de la répression, les autorités cèdent.
    Elles ont peur et certainement raison d’avoir peur.
    Créer des martyrs est susceptible d’enclencher un processus révolutionnaire implacable, ou la faim et la vengeance font oublier et disparaitre prudence et peur.
    Le serrage de ceinture a atteint ses limites…