Catégorie : énergie fossile

  • Bataille contre la faim.

    Bataille contre la faim.

    Images_3 La crise internationale va rebondir.
    Pour le moment, on préfère mentir sur tout, l’inflation, la croissance, le chômage.
    Une seule chose ne ment pas, c’est la flambée de l’énergie en même temps que son corollaire, la flambée alimentaire.
    La flambée alimentaire est la plus grave. Là aussi on ment.
    On parlait de 100 millions de personnes souffrant de la faim, c’est faux. Déjà, avant cette crise, il y avait 900 millions de personnes dans l’insécurité alimentaire. Quel terme politiquement correct d’ailleurs.
    On ne parles plus de faim.
    Aujourd’hui, on parle de un milliard. C’est encore trop peu, et ne serait même pas visible par rapport au bruit de fond qu’était la faim endémique dans certaines régions.

    La vérité est plus près des 4 milliards de personnes souffrantes, sans compter celles qui épuisent leur épargne, celles qui s’en sortent à peine.
    Un article intéressant paru dans "le Monde", sur le Cameroun. Pas assez d’argent, ceux qui ont des lopins, mêmes importants ne s’en sortent pas.
    Pourquoi ? Parce que, là aussi, c’est l’implication dans le marché qui a été privilégié.
    "Un verrou idéologique saute ! nous allons pouvoir aider notre agriculture". Tiens, le monde capitaliste n’était donc pas exempt des maux qui ont tué le communisme.
    "Exactement ce que nous clamons depuis des années et qui nous valait d’être accusés de vouloir déstabiliser l’Etat  ". Dit le représentant d’une ONG altermondialiste.
    Moi, je me souviens simplement de ce que m’a dit ma mère, sur une autre période, celle de la guerre de 1939-1945 : "Nous n’avons pas eu faim, mon père avait des jardins"( d’abord deux avant guerre, puis trois pendant). Ils ont manqués de pain, mais avec une simple bêche, du travail et une mentalité d’autoconsommation, le plus dur fut évité.
    Dans le même temps, les paysans de l’époque étaient époustouflés de l’argent qu’on pouvait leur donner pour leurs produits.
    Paradoxe de l’histoire, les ouvriers, souvent obligés de cultiver un lopin de légumes pour s’en sortir AVANT s’en sont mieux tirés que les bourgeois…

  • La viscosité de la consommation d’énergie aux prix défie les lois classiques du marché

    La viscosité de la consommation d’énergie aux prix défie les lois classiques du marché

                   Il ne se passe pas une semaine sans qu’un économiste "distingué" ne nous explique que l’activité économique à la hausse ou à la baisse des USA va faire croître ou décroître la consommation de pétrole dans ce pays. Or les observations contredisent ces assertions: la consommation d’énergie varie peu avec la conjoncture économique. Les économistes parlent de manque d’élasticité. De la même façon, la montée des cours de l’énergie ne se traduit pas par une baisse des consommations immédiates. Ces types de réactions lentes à une sollicitation sont bien connus en physique, c’est le cas du phénomène de thixotropie qui nécessite un effort constant pour observer une variation, comme l’enfoncement d’un corps dans les sables mouvants ou d’un caillou dans le goudron.Energiefoyersus

              Alors, pourquoi la consommation d’énergie est-elle thixotrope?

                                      La variation à la baisse de la consommation énergétique nécessite des changements de comportement des acteurs économiques qui vont devoir investir et modifier leurs habitudes, ce dont ils ont horreur. Un exemple est donné par les variations dans le temps des types d’énergies utilisées dans les foyers américains (FIG.). Ces données publiées par l’Energy Information Administration proviennent de sondages réalisés tous les quatre ans auprès des foyers américains. Il est possible de constater que sur 12 ans le chauffage au fuel ou au kérosène, de plus en plus onéreux, est passé de 11,7% à 7,6%. Ceci correspond en nombres de foyers à une décroissance de 2,8 millions en 12 ans, et il en reste encore 8,4 millions. Il est donc possible de pronostiquer qu’il n’y aura quasiment plus de foyers US alimentés au fuel …. dans 36 ans, si rien ne change radicalement!

                                    La consommation du parc automobile est également un phénomène très lent qui nécessite des décennies pour que tout d’abord le marketing oriente sa politique vers la réduction des consommations des véhicules (Renault présente en ce moment son nouveau 4X4, en pleine envolée des cours des carburants,… déphasage mortel), pour que ces nouveaux modèles soient proposés à la vente et pour que, peu à peu, le parc automobile se transforme à raison de 4% à 5% par an.

                                 En conclusion, le marché de l’énergie a du mal à obéir rapidement aux lois classiques de l’offre et de la demande en raison de la viscosité de ses réactions qui nécessitent des modifications lentes des acteurs économiques. Ce phénomène explique en partie, la longueur du cycle de hausse des prix actuel. Un effort constant est nécessaire pour orienter lentement le marché. La pression fiscale (positive ou négative) est un outil de choix pour accélérer les transitions.

    Le 15 Mai 2008

  • Décervelage Maximum.

    Décervelage Maximum.

    Images_2 Bien qu’un article était déjà paru sur la question, il me semble nécessaire de compléter les données.
    Suivant De Defensa et l’Afp, un groupe de sénateurs démocrates, montre les dents vis-à-vis de l’Arabie saoudite, menaçant de bloquer des ventes d’armes.
    Parce que, les vilains saoudiens refusent d’augmenter leur production pétrolière.
    Ce n’est pas 1.4 milliards de $ qui sont concernés, mais 20 milliards.
    Mais le plus drôle, c’est qu’il s’agit de ventes forcées du complexe militaro-industriel US à ce pays, qui sont visées.
    De toute façon, le fatras proposé sera d’une efficacité à peu près égale à zéro en cas d’embrasement de la région.
    Parce qu’il y a lourd à parier que ce seront des mouvements de foules trop longtemps contenus.

    En effet, on peut penser que toute action militaire des USA contre l’Iran provoquera l’embrasement total, et que les 200 000 ou 250 000 soldats occidentaux dans la région ne contrôleront rien du tout.
    En effet, penser l’impensable, c’est, penser l’alliance entre Al-Quaida et Téhéran, l’insurrection simultanée de l’Irak Chiite et Sunnite (alors que la seule zone qui était sécurisée, la zone verte est journellement bombardée par combattants Sadristes).
    C’est, penser la fin des pantins occidentaux au Liban, une nouvelle confrontation libano-israëlienne, l’explosion en chaine de la bande de Gaza, de la Cisjordanie, où le gouvernement local est d’une impopularité biblique.
    C’est, penser la fin des régimes pro-occidentaux : Egypte, Jordanie, Arabie Saoudite et autres émirats.
    C’est, penser la destruction de la flotte américaine dans ce si petit Golfe Persique, avec une floppée d’armes si archaïques que cela en serait (presque) risible.
    C’est, penser aussi à l’isolement et la destruction des armées si loin de leurs bases, en Afghanistan, en Irak.
    La réaction des sénateurs américains, comme du lobby militaro-industriel, fait penser qu’ils ont perdu le sens du réel.
    L’Arabie ne peut augmenter sa production. Elle n’a pas besoin d’armes.
    Elles seront comme dans le cas des armes livrées au Shah d’Iran dans les années 1970, complètement inutiles.
    Mais on peut penser que les USA rêvent de rééditer leur manoeuvre de 1974, ou en paniquant l’Europe et le Japon, ils avaient ressoudé leur camp.
    Cette fois-ci, par contre, il y aurait de fortes chances pour que ce soit le signe de l’effondrement. 

  • La notion de ressources II

    La notion de ressources II

    Images_4 Les ressources se réduisent.
    Pas seulement parce qu’il y a plus de convives à la table, mais aussi parce qu’il y a moins de ressources d’accès facile.
    A l’échelle des civilisations, c’était hier que Drake forait son premier puit à 17 mètres sous terre.
    A l’échelle des civilisations, c’était il y a 5 minutes que chaque maison du Biafra avait sa raffinerie.
    Le pétrole affleurait.
    Des grandes puissances s’affirment parce que la ressource se raréfient et qu’eux en ont.
    Même s’ils en ont moins qu’avant.
    Gorbatchev dit que l’URSS n’aurait pas cessé d’exister avec un baril à 120 $.
    A son époque, c’était entre 8 et 14.

    L’agressivité de la "superpuissance" se focalise sur sa dépendance énergétique. Quitte à jouer des poings.
    La Smart débarque aux USA. Elle n’est guère économe, mais pour le lieu, c’est déjà une révolution.
    On passe ici, d’une société où il n’y avait pas de limites à une société plus classique. Il faudra économiser.
    Changement d’époque et de comportement.
    Consommez, on trouvera toujours une solution, disait on ! C’est faux.
    C’est l’histoire d’un pays neuf, qui se goinfre des ressources intactes.
    Que nous a appris le dernier conflit mondial ? Qu’il s’est joué sur des distances.
    Quand les lignes de communications et de ravitaillement se furent suffisamment distendues à Grozny, El  Alamein et  Guadalcanal, le flot des armées s’inversa. 
    arrivé devant ces villes, les camions allemands consommaient autant d’essence qu’ils en amenaient.
    L’empire Japonais est aussi mort d’être distendu.
    On en est à la même époque.
    Il est de plus en plus difficile d’extraire, l’explosion des couts aura une limite.
    La technique d’exploitation ne peut pas tout.

  • La notion de ressources.

    La notion de ressources.

    Images_3 Je vois, ici et là, la notion de ressources échapper grandement au sens commun.
    Gouverner, c’est prévoir.
    Et dieu sait si les gouvernants, ou les chefs d’entreprise aiment consulter les oracles : leur comptable.
    Ils leur demandent des "comptes de résultats" et des "bilans" prévisionnels.
    Alors qu’à moins d’avoir une boule de cristal fort efficace, c’est impossible.
    Mais il y a une chose que l’on sait de manière immémoriale en matière énergétique.
    C’est qu’on s’empare du facile d’abord, du plus difficile ensuite, du presque impossible en dernier.

    Pourquoi ? Que ce soit pour le bois ou tout autre chose, il y a le rapport entre l’effort, et le gain.
    L’effort devient de plus en plus monstrueux, pour un rapport de plus en plus minime.
    Il suffit de demander à des personnes âgées, de parler de leur enfance.
    En zone rurale, l’énergie était un problème il y a 60 ans.
    Même si elle se cantonnait au bois. Il fallait aller loin, le véhiculer, souvent une petite carriole trainée par une homme.
    Aujourd’hui, avec le fossile, c’est pareil. Le facile a été exploité. Le plus dur est en train d’être extrait.
    Les réserves existent. Mais elles sont profondes. Arriver à les sortir ne sera pas simple.
    Pour certaine, d’ailleurs, on ne sait pas faire.
    Pour d’autre, ce semble hors d’atteinte, quelque fut le cout. Forer et trouver du pétrole à 10 000 mètres de profondeur ? Pourquoi pas. A condition d’avoir un matériel couteux qui résiste à des contraintes si formidables, que jamais l’exploitation ne sera rentable.
    Si, par hasard, elle l’est, on s’apercevra que c’est tellement couteux, qu’il ne faut pas le gaspiller. D’ailleurs, le prix vous le dira.

  • Hugo Chavez accueille les intérêts chinois dans le bassin de l’Orénoque

    Hugo Chavez accueille les intérêts chinois dans le bassin de l’Orénoque

    Cnpc_2                  China National Petroleum Corporation (CNPC) annonce qu’elle a signé un accord de joint venture avec la Société d’Etat pétrolière vénézuélienne PDVSA pour l’exploitation des huiles lourdes du bassin de l’Orénoque du gisement de Junin (bloc 4). Ce groupement à 40% chinois espère pouvoir produire 150 mille barils par jour d’huiles lourdes. Un projet de raffinerie en Chine qui serait capable de traiter les huiles de l’Orénoque, ferait aussi partie de l’accord.

                             Voila des nouvelles qui vont emplir de joie les Etats Majors des goupes pétroliers occidentaux spoliès ou expulsés. Le planning du projet n’est pas précisé.

    Le 13 Mai 2008

  • « Reconstruire la Nation ! »

    « Reconstruire la Nation ! »

    Images_5 L’Amérique du nord se réveille avec la gueule de bois, après une bamboula de 30 ans.
    Aujourd’hui changement de décor. Exit l’empire, il faut reconstruire.
    Fini le discours de soumission à l’empire et ici, sa variante locale, l’Union européenne.
    "Les Américains veulent reconstruire la nation, résume Thomas Friedman, éditorialiste du New York Times. Nous avons perdu de notre puissance ces dernières décennies, et les valeurs de nos parents, le travail dur, l’étude, l’épargne, l’investissement, la vie selon ses moyens, ont été adoptées par les Asiatiques, tandis qu’ici, elles cédaient le pas devant les valeurs des subprimes.  ".
    On ne saurait mieux résumer et au niveau énergétique, on peut préciser aussi, une infrastructure qui se rapproche du tiers-monde, et un retard technologique qui devient préoccupant.

    La forme la plus visible en est la dépense d’énergie par tête d’habitant.
    Tout ne s’explique pas par la taille du pays. Ce pays au 19°siècle, c’est lui qui avait inventé la notion de "maison autonome", par exemple.
    La crise sociale est là.
    L’ascenseur ne fonctionne que vers le bas, le salaire moyen baisse, et cette baisse est vraiment visible depuis 2000. On a incriminé les présidences Reagan et Bush, on peut aussi y rajouter celle de Clinton.
    Mais l’ampleur même du retard technologique donnera un effet de levier inespéré.
    En effet, le gain, par exemple énergétique sera immédiat et important.
    Quand à la question finale d’Eric le Boucher : "comment reconstruire la nation ", elle amène une réponse simple et évidente, en faisant le contraire de ce que l’on a fait jusqu’alors.
    Mais ça, c’est le plus difficile. Il faut que la classe politico-médiatique reconnaisse qu’elle a raconté des C…ouillonades pendant une génération.
    Augmenter les taux d’imposition sur le revenu règlera beaucoup de problèmes. D’abord les salaires des "cols d’or", ensuite les déficits de sécurité sociale, enfin les problèmes de dettes et ce qui nous intéresse ici, d’infrastructures.
    Les infrastructures déficientes sont, d’évidence, des gouffres énergétiques.
    Quand aux peuples, ils n’ont jamais été traumatisés par les fins d’ empire, mais soulagés. 

  • Gonflée, la Banque Mondiale…

    Gonflée, la Banque Mondiale…

    Images La Banque Mondiale ne manque pas d’air. Elle qui avait forgé avec le FMI, le "consensus de Washington", préconisant le libéralisme à tout crin, les dettes à rembourser coûte que coûte et le marché purificateur, continue son tête-à-queue à 180°, préconise désormais les prêts à l’agriculture, l’autosuffisance alimentaire, les (relativement) grands travaux locaux, "développement durable et partagé".
    Décidément, la Banque Mondiale doit être un lieu saint, où on entre, tel R Zoellick néo-cons bon teint (et avant lui, P. Wolfowitz), et dont on ressort marxiste léniniste convaincu.

    " Pour ces familles, la nourriture représente de 50 % à 75 % de leur consommation, et aucune marge n’existe pour garantir leur survie. "
    J’espère que la perception de la réalité n’aura pas été trop dur pour R. Zoellick.
    Bon, on s’aperçoit que la "Perestroïka" et la "Glasnost" deviennent une nécessité pour les néo-cons.
    Encore un effort, il faut que toute la planète en profite et que les "néo-lib" soient mis aux poubelles de l’histoire.
    Il m’est avis qu’il va y avoir des crises de nerf au gouvernement français.

  • Que sera le paysage dans 20 ans ?

    Que sera le paysage dans 20 ans ?

    Images_3 Aujourd’hui, première ballade, profitant des beaux jours.
    Une première constatation, beaucoup de bois par terre. Non pas par l’action des forces naturelles, mais des coupes à blanc.
    La crise alimentaire touche désormais les paysages français. Les plantations faites il y a 50 ans à coup de subventions, sont détruites à coup de subventions.
    Ces coupes sont dessouchées et destinées à la remise en culture.
    Le Massif central donne aujourd’hui l’impression de devenir une vaste forêt, c’est aujourd’hui, une marche inverse assez impressionnante.

    Contrairement à des idées reçues, cette région n’avait pas toujours été boisé.
    Au XVIII° siècle, c’était le toit chauve de la France.
    Toujours est il, que le sentiment d’ inépuisabilité de la ressource forestière,  qui avait conduit à la création de la filière granulé, est aujourd’hui écorné.
    Pour le moment, certes, seules les parcelles "faciles" sont exploitées et remises en culture, celles plates et mécanisables.
    Mais une marche arrière plus importante n’est pas à exclure. En effet, tout accroissement de la crise alimentaire poussera des productions et des terres de plus en plus marginales à se remettre sur le marché. 

  • Changement d’atlas.

    Changement d’atlas.

    ImagesVoilà, la nouvelle carte du monde est à jour.
    Comme vous pouvez le constater et le chercher avec une lampe (à huile), il y a un machin dont on parle souvent, mais visiblement pas de ce monde, surtout pas de ce tiers monde, c’est la démocratie.
    Là bas, ça ferait plutôt pleurer, comme vous savez, les histoires du père fouettard.
    Il faut dire qu’entre les "ajustements structurels" et les interventions militaires, ils ont pas eu bien le temps de réfléchir à ce que c’était.

    ImagesiiVoici l’ancienne carte, avant la mise à jour.
    Vous avez donc compris que la nouvelle prend en compte la création de l’empire Brésilien.
    Bien entendu, il faut préciser que le monde est à classer en deux catégories : les-gentils-tout-plein-et-si-sympathiques-consommateurs et les-vilains-producteurs-qui-sont-rien-que-des-méchants-à-punir, sauf quand ils obéissent à la première catégorie.
    Si vous avez d’autres questions sur les gentils et les méchants, vous pouvez vous renseigner sur "picsou-magazine", "le monde de mickey", ou en plus moderne "sangoku contre superman", lectures de chevet du président US.