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  • Sanyo veut accroître ses productions de cellules solaires pour satisfaire la demande japonaise

    Sanyo veut accroître ses productions de cellules solaires pour satisfaire la demande japonaise

    Sanyo-HIT-85microns                            Sanyo vient de présenter les résultats trimestriels de son activité composants (piles, batteries, modules solaires, etc.) qui sont en retrait de 29% par rapport à la même période l'an dernier. Cette contre performance est en particulier due à de faibles ventes d'installations photovoltaïques en Europe. Mais Sanyo anticipe une demande croissante de la part du marché domestique, en raison de la reprise, depuis le début Avril, des subventions au photovoltaïque de la part du Gouvernement nippon. C'est la raison pour laquelle Sanyo envisage de poursuivre ses investissements au Japon dans la production de cellules solaires en Silicium polycristallin dans sa technologie HIT (LIRE). Son objectif est de doubler la capacité de production de son usine de Shiga et de la porter ainsi à 200MW en 2011. Cet investissement lui permettra d'atteindre une capacité globale de production de 450 MW qui serait éventuellement portée à 600 MW par la suite. A partir des cellules produites au Japon, Sanyo assemble les modules dans son usine hongroise pour l'Europe et dans son usine mexicaine pour le marché américain.

                       Rappelons que Sanyo s'est associé à Nippon Oil pour industrialiser un outil de production de modules photovoltaïques en technologie en couches minces, au sein de leur filiale commune Eneos.

                      La chasse gardée nippone constitue une bonne base d'appui pour les industriels japonais en période de surproduction mondiale de modules photovoltaïques.

    Le 9 Août 2009

  • Les ventes de modèles hybrides de Toyota remportent un large succès au Japon

    Les ventes de modèles hybrides de Toyota remportent un large succès au Japon

                         Le Japon, pays à la population vieillissante, au niveau de vie en stagnation, aux contraintes administratives et urbaines dissuasives, tout concourt à faire se détourner le client potentiel de l'achat d'une voiture. Et pourtant les succès des dernières voitures hybrides commercialisées par Toyota et Honda illustrent l'impact de l'offre produit sur le comportement des clients potentiels. Les ventes du nouveau modèle  Prius de Toyota obtiennent la première place au mois de Juillet avec près de 28000 exemplaires vendus, nous indique l'Association des Vendeurs de Voitures japonais (FIG.). Honda avec son Insight se maintient en bonne position avec plus de 10 mille exemplaires commercialisés. Mais Toyota rencontre également un très beau succès avec les ventes de la Lexus HS 250h hybride qui ont débuté au mois de Juillet au Japon. Toyota en a produit 2000 exemplaires durant le mois et dispose encore d'un carnet de commandes de 8600 unités affirme le Nikkei. Les ventes de ce modèle débuteront au mois d'Octobre aux Etats-Unis.

    Hybrid-Japan-2009-07

                         Avec 40 mille exemplaires au mois de Juillet, ce sont aux environs de 12% des véhicules japonais commercialisés qui sont équipés en technologie hybride. Ces premiers résultats vont conforter la conviction des équipes Toyota de tendre rapidement vers une quasi généralisation de la technologie hybride à tous leurs modèles.

    Le 9 Août 2009

  • L’inexorable déclin de l’industrie française mériterait un traitement plus vigoureux

    L’inexorable déclin de l’industrie française mériterait un traitement plus vigoureux

    A – Les faits:

    Les statistiques de l’OCDE rassemblent un certain nombre de données par pays concernant l’activité économique. Parmi celles-ci il est un paramètre intéressant qui concerne les heures travaillées annuellement dans l’industrie. En 1997 les un peu plus de 6 milliards d’heures travaillées dans l’industrie en France représentaient exactement la moitié des un peu plus de 12 milliards d’heures travaillées en Allemagne dans ce même secteur. En 2008, c’est à dire 11 ans plus tard, ces heures travaillées ont été réduites de 1,2 milliard dans les deux pays, soit environ 100 millions d’heures perdues chaque année. Ce résultat, par rapport à 1997, correspond à une baisse de 20% des heures travaillées en France et de 10% en Allemagne (FIG.).

    Heures-industrie

    B- Les commentaires:

    Les variations d’heures travaillées d’une année sur l’autre sont la résultante de trois causes principales: les gains de productivité, la suppression de postes de travail par cessation locale de l’activité et la création de postes de travail dus à un surcroît d’activité ou à la création de nouvelles activités. L’expérience montre qu’une activité industrielle connaissant un développement annuel moyen en volume de 3 à 5% conserve un niveau d’heures travaillées annuellement sensiblement constant, les gains de productivité réalisés libérant de la main d’oeuvre pour assurer la croissance d’activité. Ce fut le cas pour l’Allemagne entre 2005 et 2008 où la croissance a globalement assuré une stabilisation de l’emploi dans l’industrie (FIG.).

    Dans le cas de la France les statistiques indiquent une décroissance monotone de l’emploi industriel depuis onze ans. Ces chiffres nous informent que les gains de productivité et les suppressions de postes de travail dépassent systématiquement chaque année les apports de postes nouveaux créés pour surcroît ou création d’activité. Tel était l’état de l’Industrie française à fin 2008.

    Une estimation de ce que vont être les chiffres 2009 avec la crise économique, permet de penser que ce sont autour de 300 millions d’heures de travail industriel qui vont être perdus en France, ce qui donnera à la courbe une allure parabolique très inquiétante.

    L’analyse des causes de ce résultat assez calamiteux peut faire intervenir de nombreux paramètres économiques, sociaux, politiques. Elle peut faire apparaître les multiples raisons qui s’opposent à la création de nouveaux emplois ou qui favorisent la disparition de certaines tâches industrielles, mais il est une raison essentielle qui me semble dominer toutes les autres c’est la décision justifiée et délibérée des responsables économiques et industriels d’investir ailleurs qu’en France. Il faut donc être très pessimiste sur l’efficacité de mesures qui doivent soi-disant favoriser le greenbusiness ou sur un emprunt d’Etat à venir qui va saupoudrer quelques ressources dans des industries mal en point ou des programmes en retard. Les mesures préconisées ne sont pas à la hauteur du problème posé.

    C- Quelques pistes pas originales du tout, mais indispensables:

    Pour convaincre les dirigeants d’industrie, français ou étrangers, à investir en France plutôt qu’ailleurs, il faut tout simplement que leurs calculs économiques deviennent favorables à l’investissement localisé dans l’hexagone plutôt qu’en Asie ou en Europe de l’Est. Cela veut dire qu’il est urgent de mener un certain nombre d’actions telles que:

    • la prise en charge de l’ensemble des charges de la protection sociale par l’impôt sur la consommation et non pas par les charges sur le travail,
    • la juste et vigoureuse répartition des taxes écologiques sur les produits importés. Citons pour mémoire le charbon, l’acier, l’aluminium, les produits chimiques et autres textiles artificiels, les matières plastiques, etc.
    • la réduction de la pression fiscale liée à la création d’activité et à l’investissement,
    • la focalisation du développement de la Recherche et de l’Industrie françaises sur quelques clusters industriels bien identifiés et accompagnés d’un plan financier incitatif de remise à niveau si nécessaire. Cette dernière action étant décidée dans le cadre d’un grand plan européen.
    • la chasse systématique contre toute mesure politique tendant à ralentir le développement économique de nos régions. Un exemple : un projet d’implantation d’un port méthanier dans l’embouchure de la Gironde vient d’être abandonné par le Gouvernement. L’immobilisme josébovéen vient de remporter une victoire. Monsieur Borloo, merci pour lui! Il aurait probablement suffi d’une station d’épuration bien étudiée pour pouvoir traiter les ballasts des méthaniers et ainsi résoudre le problème écologique des rejets. Mais cela est bien trop rationnel dans un monde d’esbrouffe.         Enfin il est une condition nécessaire pour faire redémarrer notre pays, c’est le désir de chacun de vivre ensemble, de privilégier le collectif à l’individuel. Cela passe par l’exemple venant d’en haut de simplicité, de frugalité et d’un mode de vie économe des deniers de l’Etat. Il n’est pas sûr que nos hommes et femmes politiques de tous bords, grisés par les ors et la pompe, l’aient bien compris.

    Le 8 Août 2009.

  • Les cours du BRENT ont repris leur ascension mais avec des doutes sur un affaiblissement continu du dollar

    Les cours du BRENT ont repris leur ascension mais avec des doutes sur un affaiblissement continu du dollar

                               La compréhension des évolutions du marché pétrolier, à contre courant total avec une demande mondiale très faible, doit faire appel au rôle de couverture contre l'affaiblissement du dollar que la spéculation financière fait jouer au pétrole et à ses dérivés tels que l'essence ou le gasoil. Ces phénomènes, purement spéculatifs, s'accompagnent d'une montée des stocks physiques de produits pétroliers aux Etats-Unis, mettant à profit la courbe en contango des prix des futures sur le marché à terme. Ce phénomène de stockage conduit ainsi les stocks physiques de Cushing (Oklahoma) à des niveaux très proches de la saturation à plus de 33 millions de barils de brut WTI en fin de semaine dernière. Les échanges physiques de produits sur le NYMEX sont de ce fait fortement contraints et la spéculation se reporte alors sur le BRENT à Londres dont les cours passent devant ceux de New York (FIG.). Ce phénomène d'inversion de leadership, observé depuis la mi-juillet, qui place le BRENT en tête devant le WTI, est étroitement lié à ce phénomène de saturation des stocks.

    Cours-BRENT-WTI-2009-08

                    Depuis la mi-avril date du démarrage d'un rallye sur les cours du pétrole et de ses dérivés le Marché a traversé trois phases distinctes. La première jusqu'à début Juin de franche ascension accompagnant un affaiblissement régulier du dollar, puis est arrivée une phase de stagnation des cours puis de baisse liée à la reprise de la monnaie américaine qui s'est terminée vers la mi-juillet avec un repli du baril à 60$. Depuis sur un renversement des taux de change du dollar contre l'euro et autres monnaies, l'ascension des cours du pétrole a repris mais avec moultes hésitations, comme le montre la courbe focalisée sur ces quatre dernières semaines (FIG.II) où sont représentés les cours du baril de Brent et l'indice USDX de change du dollar contre un panier de monnaies, suivi à l'ICE à Londres.

    Cours-BRENT-USDX-2009-08 

                            Le marché joue à nouveau clairement sur une tendance longue l'affaiblissement du dollar et donc la montée des cours du brut. Ce comportement des milieux financiers est à attribuer à l'hostilité de ces milieux vis à vis de l'Administration Obama. Ses propositions de Cap & Trade des émissions de CO2, adoptées de justesse à la Chambre des Représentants, rencontrent une forte opposition de tous les bords au Sénat. Ses projets de Sécurité Sociale heurtent l'Amérique profonde et ses Représentants. Les milliards de dollars dépensés par l'Administration fédérale pour sauver et relancer l'industrie automobile américaine en inquiètent plus d'un. Enfin la politique énergétique de cette Administration n'est pas clairement exprimée sinon sur quelques projets futuristes dont la probabilité de réalisation effective semble bien faible à ce jour. Il y a du Jean-Louis Borloo dans Obama.

                             Mais la possibilité d'une amélioration de la conjoncture économique aux Etats-Unis n'est cependant pas totalement exclue ce qui explique les soubresauts du dollar sur de bonnes nouvelles comme celles d'hier sur l'emploi  qui ont fait grimper l'USDX de 78 à 79 en quelques heures et fait plonger le baril de BRENT de 2 dollars. Effet paradoxal qui traduit toute bonne nouvelle économique en baisse des cours du pétrole!

                              Ces informations confirment que toute interprétation des évolutions de cours du pétrole liés à de supposés mécanismes de marchés corrélés au niveau des stocks physiques ou à une éventuelle reprise de la demande de pétrole en Patagonie, régulièrement publiée de-ci ou de-là, ne serait que poudre aux yeux. 

    Le 8 Août 2009

  • Les technologies en couches minces ouvrent la voie à l’énergie photovoltaïque « low cost »

    Les technologies en couches minces ouvrent la voie à l’énergie photovoltaïque « low cost »

                          Tout projet de production de masse d'électricité à l'aide de l'utilisation directe de l'énergie solaire doit affronter plusieurs obstacles financiers et administratifs. Outre les autorisations administratives diverses, citons le problème du foncier (acquisition d'un terrain au soleil ou sa location de longue durée) ou bien celui du raccordement de la ferme solaire au réseau électrique. En France le problème du foncier est déterminant; dans le désert du Mojave, en Californie, c'est plutôt le problème du raccordement au réseau qui doit faire problème. Puis vient le choix entre l'option photovoltaïque ou les technologies solaires thermiques par concentration. Compte tenu de la simplicité d'exploitation de la filière photovoltaïque, il n'y a aucun doute qu'au fil des réductions de coûts, cette dernière tendra à s'imposer. Il ne restera à la filière thermique que l'avantage de la possibilité d'un stockage thermique d'une partie de l'énergie permettant de prolonger de quelques heures la génération de courant dans la journée, tant que le stockage de masse de l'énergie électrique n'aura pas trouvé de solution satisfaisante (batterie Sodium-Soufre ou autre mode à inventer).

    Oerlikon-micromorph 

                       Il existe un boulevard pour accueillir les développements industriels des techniques photovoltaïques "low cost" en couches minces. Ces dernières présentent plusieurs avantages majeurs par rapport à la technologie Silicium polycristallin: tout d'abord elles n'utilisent que très peu de matières photosensibles, mais aussi les procédés de production intégrés conduisent directement au module de plusieurs mètres carrés de surface (LIRE) contrairement aux procédés partant de wafers de Silicium. Les progrès réalisés dans la réduction des coûts de production et dans l'accroissement du rendement photovoltaïque des modules tendent à rendre très compétitives les techniques en couches minces.  A l'exception des pays à très faibles taux de main d'oeuvre, la production complexe de modules par la technologie Silicium polycristallin ne va plus être économiquement soutenable. Cela sera particulièrement vrai dans les pays membres de l'OCDE et plus encore en France ou en Allemagne, en raison d'une masse salariale horaire industrielle supérieure à 30 euros (Donnée OCDE, FIG.II).

    Masse-salariale-horaire 

                       Parmi les trois technologies en couches minces les plus populaires, c'est la technologie au sulfure et tellurure de Cadmium (CdTe) qui s'est imposée aux Etats-Unis et en Europe comme la technologie low cost leader sur le marché. Le champion américain First Solar qui produit également en Malaisie, se fait fort de pouvoir faire descendre actuellement le prix du Watt à 0,93 $/Watt et annonce un objectif de 0,65 $/Watt pour 2012. C'est avec ce constructeur de modules qu'EDF EN a choisi de s'associer pour mener à bien ses projets en Europe et aux Etats-Unis. En s'implantant en France First Solar se donne l'opportunité de fidéliser un client important sur un marché français à défricher.

                     Les technologies hétérojonctions à base de Silicium cristallin et amorphe qui permettent d'améliorer notablement le rendement de conversion par une meilleure utilisation de tout le spectre solaire sont également sur les rangs. C'est la technologie en couche mince choisie par Sharp, en technologie triple jonction, amorphe-cristallin-amorphe. Sharp revendique un taux de conversion d'au moins 10%. Sa nouvelle politique est d'installer des ateliers de productions en association avec des acteurs locaux.  L'italien ENEL est par exemple un partenaire potentiel du Japonais. Mais cette technologie est également promue en double jonction (FIG.I) par les fabricants d'équipements tels que le suisse Oerlikon qui annonce des rendements de conversion de 11% en modules (soit un peu moins de 10% après stabilisation). Son objectif est d'atteindre un prix de revient de 0,70 $/Watt à la fin de 2010.

                         Enfin il ne faut pas oublier la technologie CIGS (Cuivre-Indium-Gallium-Séléniure) qui semble plus complexe à maîtriser. Elle présente un  rendement de conversion en module compris entre 9% et 11% selon les Sociétés. Cette technologie possède cependant un large potentiel de progrès en raison d'une absorption sur une large partie du spectre solaire, en particulier vers l'infrarouge. Shell au Japon a choisi cette technologie et veut investir massivement (1,7 mrds $ dans les 5 ans à venir). D'autres acteurs tels que Solyndra avec sa technologie cylindrique (LIRE) peuvent capter une part de marché en jouant sur la simplicité d'installation et de maintenance de leurs équipements.

                        Ceci étant dit, il reste à imaginer la segmentation du marché du photovoltaïque dans les années à venir. Les technologies en couches minces devraient au moins atteindre 25% de part de marché en 2012 affirme Oerlikon. Dans tous les cas seules les productions dans ces technologies devraient pouvoir se maintenir dans les pays les plus développés. Les modules à base de Silicium polycristallin se cantonnant en Chine ou en Inde. Un marché japonais à base de Silicium très haut de gamme, présentant des rendements de conversion de plus de 20%, pourrait cependant subsister pour des applications subventionnées domestiques locales. S'imposera peu à peu la technologie en couches minces qui présentera les meilleurs rendements de conversion permettant de faire ainsi décroître le prix de revient des modules vers un demi dollar le Watt.

    Le 7 Août 2009

  • La lente reprise des ventes de voitures aux Etats-Unis concrétise les diverses mesures de relance de ce secteur stratégique

    La lente reprise des ventes de voitures aux Etats-Unis concrétise les diverses mesures de relance de ce secteur stratégique

                   Les baisses de ventes de voitures aux Etats-Unis avaient déjà débuté au printemps-été 2008 avec un repli des ventes de 4X4 accompagnant la flambée des prix des carburants. L'arrivée de la crise financière durant l'automne et l'hiver 2008-2009, se traduisant par une forte montée des taux du crédit à l'automobile, délabra complètement le secteur avec un point bas en Janvier-Février 2009 à moins de 700 mille véhicules commercialisés mensuellement (FIG.I).

    Ventes-voitures-USA-2007-2009-07

                   Depuis ces ventes mettent en évidence une lente progression en volumes (FIG.I, courbe rouge) et en prix (FIG.II en rouge). Les ventes du mois de Juillet à 995 mille exemplaires ont dû générer un chiffre d'affaire mensuel estimé à 31 milliards de dollars à partir d'une hypothèse de prix moyen d'achat d'un véhicule neuf légèrement supérieure à 31 mille dollars (FIG.II). C'est beaucoup mieux que les 17 à 18 milliards de dollars de CA du mois de Janvier (courbe bleue).

    Ventes-voitures-USA-CA-2009-07 

                          Les principales raisons qui expliquent cette reprise relative des ventes sont essentiellement de trois ordres.

                          Il y a eu tout d'abord à partir du mois de Février 2009, d'après les chiffres publiés par la FED, un retour à des taux de crédits raisonnables, autour de 3% par an, alors que Décembre et Janvier avaient connus des taux à plus de 8%, conséquence du "credit crunch" américain (FIG.III).

    Taux-US-automobile-2009-05 

                             Une autre raison est l'arrivée encore timide de nouveaux modèles sobres en carburants. Durant le mois de Juillet par exemple les ventes de voitures hybrides ont dépassé les 35 mille exemplaires, représentant 3,5% des ventes de voitures neuves américaines. Ce succès est essentiellement imputable à l'arrivée de la nouvelle Prius de Toyota qui a atteint un nombre d'exemplaires vendus de 19 mille contre 13 mille le mois précédent. Le deuxième succès revient à Ford qui a vendu plus de 5000 modèles de types Mariner hybride et à Honda qui a écoulé plus de 2000 Insight. Nul doute qu'avec la montée en puissance des productions japonaises ce record sera régulièrement battu par la suite. Les ventes de voitures hybrides au Japon représentaient déjà 10% des ventes de voitures neuves au mois de Juin (LIRE).

                              Enfin la troisième raison est la prime à la casse qui a obtenu un grand succès immédiat auprès des possesseurs américains de vieux tromblons de plus de 25 ans. Se faire reprendre son vieux pick-up rouillé pour 4000 dollars en moyenne intéresse beaucoup les américains. Le Gouvernement a estimé que 185 mille véhicules avaient été vendus grâce à ce dispositif pour un montant total de prime à la casse (cash for clunkers) de 775 millions de dollars sur un milliard alloué. Les Sénateurs sembleraient d'accord pour accorder 2 milliards de dollars de plus au programme ce qui permettrait, en tout, de subventionner autour de 750 mille ventes de véhicules durant l'été.

                             Ce mouvement de lente reprise du business devrait réduire fortement les stocks de voitures invendues et à terme, ranimer les productions. Hyundai envisagerait de monter en cadence dans son usine de Montgomery et Ford se poserait des questions autour d'une éventuelle montée en cadence pour certains modèles. Il faudra donc attendre encore un mois ou deux pour que cette reprise des ventes se concrétise par un début de reprise des productions dans tout le réseau de sous-traitance de l'industrie automobile américaine.

    Le 6 Août 2009.

  • Obama annonce 2,4 milliards de dollars de subventions pour les batteries et autres composants EV

    Obama annonce 2,4 milliards de dollars de subventions pour les batteries et autres composants EV

                         La manne déferle sur l'industrie américaine des batteries et autres composants pour véhicules électriques. L'Administration américaine, devant l'exemple japonais, avait déjà compris sous le Président précédent que l'avenir de l'industrie automobile passait par une remise en cause profonde de l'approche produit et en particulier par l'électrification plus ou moins poussée des véhicules. Mais la crise et la mutation de la demande d'une partie des consommateurs ont accéléré le phénomène, obligeant la nouvelle Administration en place à décider de puissamment aider la reconversion de cette industrie. C'est ainsi que le Président Obama vient d'annoncer une enveloppe de subventions de 2,4 milliards de dollars pour accélérer le processus d'industrialisation de nouvelles batteries et de divers autres composants indispensables au renouveau d'une industrie complètement chamboulée de la construction automobile. Ce sont 48 nouveaux projets qui sont concernés par cette vague de subventions (FIG.).

    DOE-subsidies-location 

    Parmi les plus significatifs il est possible de retenir les points suivants:

    1. Johnson Controls obtient 299 millions de dollars pour industrialiser les accumulateurs Li-Ion cylindriques à base de LiNiO2 développés par la Saft en France ainsi que la production de séparateur en collaboration avec Entek. On sait que Johnson Controls a été retenu comme fournisseur attitré de batteries destinées aux véhicules de nouvelles générations de Ford.
    2. A123 Systems se voit gratifié de 249 millions de dollars pour industrialiser une nouvelle génération d'accumulateurs à base de nano-phosphate de fer ainsi que tout l'équipement nécessaire au montage batterie. A123 n'a devant lui pour l'instant comme grand client américain qu'un hypothétique marché Chrysler.
    3. Une filiale de LG Chemical, Compact Power obtient 151 millions de dollars pour industrialiser les éléments de batteries Li-Ion polymères qui seront utilisés dans la VOLT de General Motors. C'est GM qui assurera son montage en batterie et qui profite pour cela d'une aide de 106 millions de dollars. La filière batterie de GM obtient donc 257 millions de dollars de subventions.
    4. Signalons enfin les 95 millions de dollars obtenus par Saft America pour construire une usine d'accumulateurs au Lithium à Jacksonville. Ces produits à base de LiNiO2 ou de LiFePO4 seront destinés à divers marchés civils ou militaires.

                              Ces subventions et bien d'autres ont l'ambition de vouloir créer une nouvelle industrie de la batterie aux Etats-Unis. Le retard accumulé par rapport à l'Asie (Japon, Chine et Corée du Sud) sera difficile à combler, mais la taille du marché américain obligera les constructeurs asiatiques à venir eux-mêmes produire leurs batteries sur le continent Nord-américain. Le projet de Nissan dans son usine de Smyrna par exemple illustre cette future évolution (LIRE). Les constructeurs japonais ne laisseront pas une industrie américaine de la batterie se développer sans intervenir puissamment.

                              Bien sûr, tout cela rend les réticences de la Commission Européenne à toute aide industrielle en Europe assez éloignées des réalités de la guerre industrielle qui se déroule sous nos yeux. L'Europe et la Commission n'ont rien compris au film. Ce ne sera pas la première fois me direz-vous?

    CONSULTER la liste détaillée des projets subventionnés par le DOE.

    Le 6 Août 2009.

  • Energies renouvelables: l’Administration américaine va substituer les subventions directes aux crédits dimpôts

    Energies renouvelables: l’Administration américaine va substituer les subventions directes aux crédits dimpôts

    Chu-steven                    C'est une longue revendication des milieux financiers américains impliqués dans les projets d'énergie renouvelable aux Etats-Unis: remplacer les crédits d'impôts (credit tax) qui ne profitent qu'à ceux qui paient l'impôt, par des subventions directes (direct payments) en cash qui, elles, ne tiennent pas compte de la situation fiscale des acteurs économiques en charge du projet concerné. Le Department of Energy et le Department of the Treasury viennent d'annoncer la mise en place de cette importante modification. Ce sont en tout 5000 projets pour un montant d'au moins 3 milliards de dollars qui sont concernés par cette nouvelle pratique et qui devraient ainsi profiter d'une aide financière du Gouvernement Fédéral plus efficace. Cette action fait partie du vaste plan de relance de l'Administration Obama.

    LIRE le communiqué du DOE sur le sujet.

    Le 1er Août 2009

  • GDF-Suez et l’allemand E-On s’échangent 1700 MW de centrales électriques

    GDF-Suez et l’allemand E-On s’échangent 1700 MW de centrales électriques

    Business-update                La Commission voulait voir se réduire la part de Marché d'E-On dans l'énergie électrique allemande et désirait voir venir un troisième acteur dans l'électricité Belge. Alors E-On et GDF-Suez ont décidé d'échanger certaines de leurs centrales et même de s'échanger des capacités de production d'électricité d'origine nucléaire pour que l'un en Allemagne et l'autre en Belgique disposent de parts de marché significatives. De plus, GDF-Suez ayant en construction une nouvelle centrale au charbon de 800 MW à Wilhelmshaven qui sera opérationnelle en 2012, va pouvoir entrer la tête haute dans la génération polluante d'électricité à la mode allemande.

                           Il n'est pas certain que ce genre de manipulations fasse faire d'énormes progrès à la politique énergétique européenne et à la maîtrise du changement climatique de la planète. Mais que voulez-vous? La Commission Européenne a peu d'idées dans le domaine de l'énergie, mais son incompétence ne l'empêche pas d'être opiniâtre dans la recherche de l'aboutissement de ses médiocres convictions.

    LIRE le communiqué commun d'E-On et de GDF-Suez. (Ou mieux écrit en anglais)

    Le 1er Août 2009

  • Etats-unis: les consommations de produits pétroliers autres que l’essence ont encore baissé au mois de Mai

    Etats-unis: les consommations de produits pétroliers autres que l’essence ont encore baissé au mois de Mai

                      Les données hebdomadaires de l'EIA sur les consommations américaines de pétrole sont trop imprécises pour porter jugement de façon sérieuse. Il faut donc attendre les données mensuelles qui sont publiées deux mois après. C'est ainsi qu'à la fin du mois de Juillet sont connus les chiffres du mois de Mai. Que nous apprennent ces chiffres?

    1. Que la consommation de produits pétroliers continue à décroître avec une baisse de 7,9% par rapport au même mois de 2008 (18,2 millions de barils/jour comparés à 19,7 un an plus tôt),
    2. que la consommation d'essence qui représente 50% des produits pétroliers consommés aux Etats-Unis, est sensiblement stable avec une baisse de 1,4% par rapport à il y a un an. Ce résultat est tout à fait en accord avec l'arrêt des baisses du trafic routier et de sa stabilisation,
    3. que c'est donc la baisse de 13,6% des consommations des produits pétroliers autres que l'essence qui détermine le mouvement d'ensemble (FIG.). En effet, les consommations de kérosène sont en baisse de 14%, celles de gasoil de 13%, celle de gaz liquéfiés de 10% par rapport à il y a un an.           

    Conso-produits-2009-05

                       Ces chiffres traduisent l'ampleur du mouvement de repli de l'économie américaine et des efforts de rationalisation des Entreprises, comme celles de l'aéronautique, pour réduire leur facture énergétique. Elles se répercutent sur la baisse des productions des raffineries de 5,4% par rapport à l'an dernier et par la montée des stocks spéculatifs de produits intermédiaires ou raffinés (FIG.II) qui se sont accrus de 79 millions de barils en un an. La montée spéculative des cours du pétrole est, de toute évidence, en total déphasage avec ces observations.

    Stocks-produits-US-2009-05 

    Le 1er Août 2009