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  • Les résultats trimestriels du chinois LDK Solar illustrent la rapidité de la baisse des prix des wafers de silicium

    Les résultats trimestriels du chinois LDK Solar illustrent la rapidité de la baisse des prix des wafers de silicium

                  Le chinois LDK Solar est un des grands fabricants de wafers de Silicium du monde. C'est le fournisseur important pour un large pan de la filière photovoltaïque utilisant du silicium polycristallin. L'annonce d'une première estimation des résultats du deuxième trimestre fait apparaître une prévision de Chiffre d'Affaires en fort retrait par rapport au trimestre précédent, malgré un accroissement des volumes commercialisés. Elle illustre les difficultés de la filière provoquées par une baisse incessante des prix.

                   Cette chute est parfaitement bien illustrée par l'évolution trimestre après trimestre du ratio Chiffre d'Affaires sur volumes de wafers vendus (FIG.). Il était de plus de 2$ par Watt en début de 2008 avec un ratio de 1,96 $/watt pour la totalité de l'année 2008. Il vient de passer au dessous d'un dollar/Watt au deuxième trimestre de cette année.

                  Ces phénomènes de baisses (ou de hausses) des prix très rapides et de grande ampleur sont caractéristiques des marchés OEM de composants électroniques ou électriques banalisés, très sensibles aux capacités de productions rapportées à la demande du moment. Cette industrie a sous estimé l'agressivité des technologies en couches minces, moins onéreuses, qui prennent des parts de marché dans un climat d'affaires globalement déprimé.

    LDK-CA-par-Watt-2009T2 

    LIRE le communiqué de LDK

    Le 24 Juillet 2009

  • EDF EN choisit la technologie photovoltaïque la moins chère du moment pour son développement en France

    EDF EN choisit la technologie photovoltaïque la moins chère du moment pour son développement en France

    FirstSolar                             Le Député Poignant l'avait bien dit: tout en France sauf des modules photovoltaïques à base de tellurure de Cadmium (CdTe) parce que le Cadmium est un métal lourd dont les sels peuvent provoquer, à fortes doses, des lésions irréversibles au rein et parce que le Tellure, de la famille du Soufre et du Sélénium, est un élément rare (LIRE). Ni le Ministère de l'Industrie, ni EDF EN n'ont dû lire le rapport puisque c'est FirstSolar le leader américain et mondial des modules en couche mince au CdTe qui vient d'être choisi pour venir s'implanter en France, avec une usine de 100 MW. La raison principale: le prix de revient très bas des produits faisant appel à cette technologie parfaitement maîtrisée. FirstSolar se targue de pouvoir faire descendre le prix de revient de ses modules à 0,93 $ le watt ce qui lui permet de peser sur les prix de Marché tout en restant profitable et en mettant ses concurrents dans le rouge. FirstSolar possède des unités de production aux Etats-Unis, en Allemagne et en Malaisie. Cette technologie présente de nombreux autres avantages en particulier celui d'être plus efficace que d'autres en lumière diffuse (LIRE) ce qui est très apprécié des opérateurs. Tout cela explique que FirstSolar est aujourd'hui le N°1 mondial du photovoltaïque, ce qu'il revendique, avec une capacité globale de production de l'ordre d'un GW.

                               Le deal entre EDF EN et FirstSolar repose sur une participation importante (50%) du premier à l'investissement en échange d'un accord de fourniture exclusive à long terme (10 ans) et sûrement à des prix très étudiés. Un tel accord mettra EDF EN en très bonne position pour challenger ses concurrents sur des appels d'offres de fermes solaires en Europe. Il permet d'autre part à FirstSolar d'accroître ses capacités mondiales de production à moindre coût. Le site choisi pour l'implantation de l'usine en France n'a pas été dévoilé.

    LIRE le Communiqué commun d'EDF EN et de FirstSolar.

    Le 23 Juillet 2009

  • Europe: la reprise économique compromise par de faibles entrées de commandes à l’industrie

    Europe: la reprise économique compromise par de faibles entrées de commandes à l’industrie

                           Le mirage de la reprise économique en Europe vient de se brouiller un peu plus avec des statistiques d'entrées de commandes à l'industrie au mois de Mai toujours sur le déclin. Eurostat, pour un indice 100 en 2005, publie des entrées de commandes corrigées des variations saisonnières à l'indice 83 pour la Zone Euro (FIG.), avec des scores de 73 pour l'Espagne, de 83 pour la France et de 85 pour l'Allemagne. Ces chiffres rendent bien hypothétique une éventuelle reprise d'ici à la fin de l'année, même si la santé des banques d'affaires américaines, financée par la spéculation, va beaucoup mieux.

                           Il est difficile d'admettre une sphère financière en bonne santé à côté d'un monde industriel en état délabré. Le déphasage temporel entre les deux mondes date du tout début de la crise, mais il n'est peut-être maintenant dû qu'au hasard. En effet la crise industrielle semble bien plus profonde qu'il n'y paraît. Crise d'adaptation de l'offre produit à une demande en pleine mutation. Demande plus impliquée par l'impact de ses choix sur le monde pour les nouvelles générations, moins dépensière pour les générations vieillissantes aux revenus limités et au capital largement écorné par les crises boursières.

    Entrées-commandes-2009-05 

    Le 23 Juillet 2009.

  • En raison de la mévente de son gaz, Gazprom pourrait repousser le projet Shtokman

    En raison de la mévente de son gaz, Gazprom pourrait repousser le projet Shtokman

    Shtokman                        Il avait été mentionné ici combien étaient médiocres les performances des ventes de gaz russe en cette année 2009 (LIRE) avec des chutes d'exportations de 55% et la perte par la Russie de sa place de N°1 mondial du gaz naturel au profit des Etats-Unis. La crise économique, le comportement puéril des autorités politiques russes vis à vis de l'Europe, auront montré qu'il faut toujours respecter un client, même quand la demande est forte. Cette contre performance fait gamberger Gazprom qui vient d'annoncer, d'après le Dow Jones Newswires, qu'il pourrait éventuellement repousser le projet Shtokman en fonction de l'évolution des marchés. Rappelons que ce projet mené avec Total et Statoil Hydro prévoit de produire à la fois du gaz naturel acheminé par le réseau de gazoducs russes mais aussi, dans une deuxième étape, du GNL pour les marchés plus lointains.

                            Le gaz naturel n'est plus un produit rare, les producteurs doivent apprendre à lier des relations client-fournisseur de qualité pour s'assurer de débouchés suffisants à leurs désirs de production. Les contraintes sur les rejets de CO2, la complémentarité des centrales au gaz avec les énergies renouvelables sont de bonnes opportunités pour voir se développer le marché du gaz naturel, aux dépens de celui du charbon, dans la génération mondiale d'électricité.

    Le 22 Juillet 2009

  • Renault-Nissan délocalise l’assemblage batterie de ses futurs EV … en Europe.

    Renault-Nissan délocalise l’assemblage batterie de ses futurs EV … en Europe.

    Laminated-cell                         Le communiqués de presse de Renault-Nissan, imprégnés de l'esprit du rusé Carlos G., poussent parfois le bouchon un peu loin: affirmer vouloir transformer le Portugal en "EV Eco-Vallèe de l'Europe" n'est-ce pas un peu trop emphatique? Surtout pour une usine de 200 employés.

                             Pour éviter bêtement de recopier le Communiqué de Presse et essayer de comprendre ce que veut faire l'Alliance R-N dans ce domaine il est nécessaire de connaître la gamme opératoire de fabrication d'une batterie d'accumulateurs de type Li-Ion "laminated" polymère. Tout commence par la production d'éléments (cells) plats qui utilisent comme enveloppe extérieure un film métallisé d'Aluminium  laminé avec plusieurs couches de divers polymères et qui est thermosoudé. Cet élément de base qui contient l'essentiel du know-how est produit au Japon. AESC avait présenté en 2008 un élément de 13Ah, de 527g. La deuxième étape consiste à assembler plusieurs de ces éléments plats en modules, on peut supposer que c'est un assemblage en parallèle destiné à obtenir un objet de deux kilogrammes environ et d'une cinquantaine d'Ah de capacité. Il est probable que cette étape sera réalisée dans les usines japonaises, en raison de la nécessité d'utiliser des éléments homogènes en capacités pour les assembler en modules. Enfin la dernière étape consiste à assembler ces modules en batterie constituée de modules connectés en série, d'un ensemble d'électronique de puissance et d'équilibrage des modules, de divers systèmes de sécurité électrique et thermique, de l'intelligence de la batterie, chargée de mettre en mémoire l'historique du produit et de dialoguer avec l'extérieur, de connecteurs de puissance et de courants faibles, des organes de régulation thermique et enfin du coffre batterie qui assure l'intégrité physique du produit placé le plus bas possible, sous le châssis du véhicule.

                         C'est probablement, à mon avis, cette troisième étape d'assemblage en batterie qui demande beaucoup de main d'oeuvre, rare et chère au Japon, qui sera délocalisée vers les centres de distribution des produits. L'Alliance, à peu de frais, peut ainsi argumenter auprès des diverses autorités politiques locales que sa technologie est créatrice localement de greenbusiness. Le Portugal et la Grande-Bretagne dans l'usine Nissan de Sunderland, ont été à ce jour choisis par Renault-Nissan pour assembler localement ces batteries des prochains véhicules électriques.

    LIRE le communiqué de Renault-Nissan.

    Le 22 Juillet 2009

  • Mieux vaut bien brûler du gaz que mal du charbon! Un dicton toujours vrai.

    Mieux vaut bien brûler du gaz que mal du charbon! Un dicton toujours vrai.

        Dans le domaine de l'énergie il est parfois difficile d'éviter les pièges tendus par de rusés professionnels qui vous parlent de façon abusive de "Clean Coal" (charbon propre?) ou de Captage et Séquestration de CO2 (CCS) mais sans très bien préciser la part de ce captage qui bien sûr, par omission, est supposé total par le lecteur et qui n'est en fait, pour l'instant, qu'une boucle de test en parallèle avec le flux principal d'émissions de gaz et qui ne capte que 50% à 80% du CO2 de cette dérivation minoritaire. Miroirs aux alouettes bien compréhensibles de la part de professionnels dont c'est le métier de vendre du charbon ou des installations qui l'utilisent et qui devinent de mauvais jours à venir pour leur job.

       Alors pour éviter ces pièges de propagande, que l'on nomme pudiquement communication, il est nécessaire de revenir à des données de bases très simples qui permettent de faire la part des choses entre slogan et réalité physique.

        La combustion complète du charbon peut se résumer pour l'essentiel à la réaction de formation du CO2:

    C + O2 ——> CO2 . Cette réaction génère 9,1 kWh d'énergie thermique par kilogramme de Carbone, nous dit la thermodynamique. Mais si l'on veut focaliser la question sur les émissions de CO2 on constate, en divisant cette valeur par le ratio des masses moléculaires CO2/C =3.67, que cette réaction produit 2,48 MWh de chaleur par tonne de CO2 émise. Les centrales au charbon modernes, avec des températures d'eau supercritiques supérieures à 566°C arrivent à présenter des rendements énergétiques de 40% à 45%, ce qui conduit à des émissions de CO2 de l'ordre de 900kg à une tonne de CO2 par MWh électrique produit (FIG., courbe rouge).

    Centrales-charbon-gaz  

      Pour augmenter les rendements des centrales au charbon, il est nécessaire d'adopter un procédé plus complexe: l'IGCC qui au préalable va utiliser le charbon pour produire de l'hydrogène (gazéification intégrée) et ce gaz va alimenter une turbine à haute température et une chaudière dans un cycle combiné. Il est possible ainsi d'espérer des rendements énergétiques supérieurs à 50%. Les rejets vont alors tendre vers les 700 kg de CO2 par MWh. On s'aperçoit ainsi que les procédés dits "Clean Coal" qui essaient de descendre le long de la courbe rouge ne sont pas si propres qu'on voudrait le faire croire. Il reste alors à vendre le captage et la séquestration en option qui au niveau du mélange CO2 + H2 viendra un jour capter une partie du CO2. Mais il faudra utiliser de l'énergie pour actionner cette boucle de captage et de séquestration, ce qui fera chuter les rendements globaux par tonne de charbon. Le procédé présentera donc un coût additionnel financier et énergétique. Les progrès sur cette courbe rouge seront donc longs et fastidieux.

    La combustion complète du gaz naturel composé essentiellement de méthane peut s'écrire:

    CH4 + 2 O2 ——-> CO2 + 2 H2O dont l'enthalpie de réaction est de 9,95 kWh par m3 de gaz méthane et donc de gaz CO2. En masse de CO2, cette réaction libère donc 5,065 MWh thermiques par tonne de CO2 produite.  La combustion du gaz naturel produit DEUX FOIS PLUS D'ENERGIE que celle du Carbone par tonne de CO2 émise, nous dit la thermodynamique. Deux centrales présentant des rendements énergétiques identiques, l'une au gaz, l'autre au charbon, cette dernière émettra deux fois plus de CO2 que la première.

       Il y a là un avantage décisif pour l'utilisation du gaz naturel comme combustible dans les centrales électriques à flamme, si l'humanité veut limiter ses émissions de GHG. Mais le gaz possède également la propriété de pouvoir alimenter des turbines à très hautes températures. Elles peuvent atteindre les 1600°C à l'entrée des gaz dans la chambre de combustion et les japonais ont un programme de travail sur des matériaux qui permettraient d'atteindre les 1700°C. Des rendements supérieurs à 60% sont déjà annoncés pour les produits en cours de développement par MHI (Série J). Siemens, GE et Alstom présentent également des équipements de la classe 60% de rendement. Ces centrales à gaz de nouvelle génération ne vont donc rejeter que dans les 330 kg de CO2 par MWh, avec un objectif à quelques années d'atteindre les 300kg.

      Il apparaît ainsi, grâce à ces calculs très simples, que l'acte écologique le plus censé, celui qui devrait être programmé dans tous les pays du monde où sont mises en oeuvre de vieilles centrales au charbon, serait d'élaborer des plans pluriannuels pour approvisionner du gaz naturel et remplacer ces centrales les plus vétustes par des centrales à gaz à cycle combiné du dernier cri. Les émissions de CO2 en suivant la flèche bleue de la FIGURE seraient réduites par trois ou quatre selon la vétusté de l'installation à détruire. Tel est l'enjeu. En France, EDF est en train de réaliser une opération de ce genre en remplaçant des centrales au fioul par des centrales à gaz à la centrale thermique de Martigues. Elles seront opérationnelles en 2012. Mais bien d'autres "tromblons" des anciens Charbonnages de France, à Gardanne ou ailleurs mériteraient une telle transformation. La centrale EDF de Cordemais entre Nantes et Saint Nazaire, la plus polluante de France, mériterait elle aussi que soit envisagé un tel rétrofit.

      Les réserves de gaz dans le monde qui profitent de développements récents lés à l'accroissement des prix l'énergie, sont en croissance. Elles ont atteint 185 mille milliards de m3 à la fin de 2008 nous informe BP. Les Etats-Unis sont devenus le premier producteur mondial devant la Russie, l'Iran possède d'immenses ressources inexploitées qu'elle partage, en large partie, avec son voisin le Qatar. Les continents Nord et Sud américains, le Moyen-Orient, l'Australie, l'Asie du Sud Est, l'Afrique et l'Europe possèdent d'importantes réserves de gaz naturel qui alimenteraient sans problème de nouvelles centrales.

        Le charbon et les divers lignites sont les ressources énergétiques les plus polluantes, elles sont trop largement utilisées dans le monde. Je ne sais quelle catastrophe écologique il faudra attendre pour que les Politiques décident, enfin, d'élaborer un plan mondial d'énergie sans charbon. Dans tous les débats écologiques sur les problèmes d'efficacité énergétique, un paramètre essentiel est régulièrement oublié, c'est la vitesse de transformation indispensable qui ne peut pas être atteinte avec les seules actions sur les applications (transport, efficacité énergétique domestique, chimie, etc.). Cette vitesse de réduction des émissions des GHG ne sera atteinte qu'en programmant des actions d'envergures sur la génération de l'énergie électrique et en mobilisant sans attendre le nucléaire, le gaz naturel et l'hydraulique.

       La France devrait élaborer un plan de démantèlement de toutes ses centrales au charbon et demander à ses homologues européennes d'en faire autant. La Grande-Bretagne semble avoir esquissé un tel plan, cependant son échéance à 2030 semble bien lointaine et assez floue (LIRE). Le réchauffement de la planète risque de ne pas attendre.

    Le 20 Juillet 2009.

  • La spéculation sur le pétrole joue l’arrivée des ouragans sur le Golfe du Mexique

    La spéculation sur le pétrole joue l’arrivée des ouragans sur le Golfe du Mexique

                               Un baril de pétrole à New York qui prend Vendredi deux dollars en une heure, à la veille du week-end, sur des indicateurs un peu plus favorables dans l'immobilier américain traduit le climat de spéculation qui entoure les cours du pétrole. Tout le monde sait que la consommation ne va pas repartir comme en 14, tout le monde à bien conscience que l'OPEP possède de larges capacités de production mobilisables et que le marché physique est déprimé. Mais qu'à cela ne tienne, les hedgers encouragés par une légère poussée de faiblesse du dollar rejouent la hausse, les professionnels stockent dans un marché qui s'est remis en contango favorable à la spéculation, les stocks américains croissent, avec au moins 140 millions de barils en trop…tout se passe comme si, sans grand risque, la spéculation jouait l'arrivée des ouragans sur le Golfe du Mexique dans les semaines à venir. Le Jackpot!

    Cours-USA-récents-2009-07 

    Les stocks de produits pétroliers croissent de façon monotone depuis le début de l'année

    Stocks-produits-US-2009-07  

    L'accentuation du contango (courbe bleue) ne peut qu'encourager à stocker des produits:

    Contango-2009-07 

    Le 19 Juillet 2009

  • Le « profit warning » de Q-Cells illustre les difficultés des industries allemandes du photovoltaïque

    Le « profit warning » de Q-Cells illustre les difficultés des industries allemandes du photovoltaïque

                       L'Allemand Q-Cells membre du TOP 3 des industries du photovoltaïque dans le monde vient de publier un avertissement sur résultats au deuxième trimestre qui malheureusement était attendu (LIRE). Dans un Marché en plein chamboulement qui a connu successivement la crise financière, l'arrêt brutal des subventions espagnoles, la pénurie de crédits et surtout la formidable accélération chinoise et taïwanaise, la mise à jour de larges surcapacités de production a engendré une rapide chute des prix du Silicium, des wafers, des cellules et des modules. Les produits à base de Silicium polycristallin, point fort de Q-Cells, se sont également trouvés concurrencés par les produits issus des techniques en couche minces, moins performants mais beaucoup moins onéreux.

                       Le désarroi de Q-Cells qui vient d'ouvrir de nouvelles unités de production en Malaisie est illustré par son incapacité de chiffrer son activité pour 2009. Pour quantifier la gravité du problème et les errements précédents de la profession il suffit de suivre dans le temps, le ratio Chiffre d'Affaires (Meuros) / Productions de cellules (MW) qui est globalement indicatif du CA en euros par Watt produit (FIG.).

    Q-Cells-CA-par-watt-2009-Q2 

                  On peut constater que dans les années 2005, 2006, 2007 et même 2008 (durant la première partie de l'année), le CA/Watt, en contradiction avec toute courbe d'expérience qui aurait dû voir lentement décroître ce ratio, a connu une croissance anormale d'un business largement subventionné et artificiellement maintenu en surchauffe. Il faut maintenant déchanter, le temps n'est plus hélas! Le cours de l'action Q-Cells à 10,75 euros Vendredi avait encore perdu 15% dans la semaine.

                 En raison de l'inertie d'investissements en cours en particulier en Asie, les surcapacités de production mondiales vont se poursuivre en 2010, 2011 et même 2012 (LIRE). Il faut donc s'attendre à de dures remises en question dans l'industrie du photovoltaïque mondial, en particulier en Europe.

    VOIR les premiers chiffres de Q-Cells pour le T2

    Le 19 Juillet 2009

  • Un exemple des limites des rapports parlementaires: celui du Député Poignant sur l’énergie photovoltaïque

    Un exemple des limites des rapports parlementaires: celui du Député Poignant sur l’énergie photovoltaïque

                       Nos parlementaires dans un souci de rendre plus efficace leur fonction élective ont décidé de mener des enquêtes relatives à l'implication des organismes financés ou contrôlés par l'Etat dans le domaine des technologies innovantes. Il avait été reporté ici le considérable travail des parlementaires Bataille et Biraux sur les problèmes du captage et de la séquestration du CO2 (LIRE). Mais voila que le Député Poignant vient de présenter à la Commission des Affaires Economiques un rapport sur l'état de l'industrie photovoltaïque française, sur les divers programmes de recherches la concernant et sur la partie législative et règlementaire qui régit cette industrie et ses applications. Ce travail approfondi qui prend en exemple deux politiques européennes voisines  dans le photovoltaïque, l'une allemande réussie et l'autre espagnole complètement ratée, analyse assez lucidement la position de la France dans le domaine. Ce travail présente cependant d'importantes lacunes par une méconnaissance de ce qui se passe dans le domaine au plan mondial et par l'inexistence de toute approche marketing. On y détecte des contre-sens comme "Un marché atomisé qui permet l'insertion des nouveaux entrants"? Oui mais les plus faibles vont disparaître, laminés par la crise de surproduction. Des tableaux qui montrent les 10 plus gros acteurs mondiaux (4 chinois, 2 taïwanais, 2 américains, 1 allemand, 1 japonais) perdre des parts de marché entre 2009 et 2011?? Une ignorance des technologies modernes de production des wafers comme le procédé "string ribbon" d'Evergreen (FIG.), etc.

    Evergreen-string-ribbon-process 

                          Bien sûr, dans sa conclusion le rapport préconise de mener une politique de totale intégration du Silicium aux systèmes clés en main, en passant par des phases pilotes de plusieurs années, en toute ignorance des contraintes économiques de surproduction provoquées par la formidable accélération chinoise et de l'incongruité des rythmes pénards de développement industriels à la française.

                          Il est dommage que le Député Poignant n'ait pas pu se rendre au Japon, à Taïwan et en Chine pour mener à fond son enquête. Pour la partie Marketing il aurait pu commander un travail prospectif auprès de quelque grand Groupe Mondial d'étude de marché qui aurait mis en perspective la complexité du problème et aurait sûrement infléchi ses positions.

                          Après la lecture de ce Rapport d'Information je demeure persuadé que l'avenir de notre industrie dans le domaine du photovoltaïque est dans l'Aval de la filière, au delà de la production des modules, à l'interface entre production d'électricité, sa distribution, son stockage et l'intégration architecturale des modules au sein des paysages français. Le prix des modules asiatiques qui ne va cesser de baisser, ne constituera alors, pour les ensembles domestiques, qu'une faible partie (15 à 30%) du prix de revient.

    LIRE le Rapport d'Information du 16 Juillet 2009.

    Le 18 Juillet 2009.

  • Une majorité de patrons américains est opposée au dispositif de « cap & trade » sur les émissions de CO2

    Une majorité de patrons américains est opposée au dispositif de « cap & trade » sur les émissions de CO2

                       Un sondage réalisé par KRC Research, auprès de 300 dirigeants (Senior Executive) d'entreprises de production américaines au mois de Juin 2009 révèle qu'une bonne majorité d'entre eux est opposée à la mise en place d'un dispositif de cotation et d'échanges de droits d'émissions de CO2 aux Etats-Unis (FIG.). Cette position du management de ces industries permet de prévoir que la loi Waxman-Markey qui détermine la mise en place de ce dispositif de Cap & Trade et qui a franchi de justesse le barrage de la Chambre des Représentants, va rencontrer bien des oppositions au Sénat beaucoup plus républicain.

    Cap-&-trade-KRC

                  Personnellement, je pense que confier à la spéculation un large pan de la politique écologique d'un grand pays comme les Etats-Unis est une très grande bêtise. Les errements spéculatifs des cotations européennes des droits d'émissions de CO2 me confortent dans cette opinion (LIRE). Un système de perception ou d'échange de droits d'émissions, piloté par l'Administration, avec un échéancier sur 10 à 20 ans de progression du prix de la tonne de CO2, donnerait aux industriels qui veulent investir, une visibilité et une base INDISPENSABLES pour optimiser et planifier leurs investissements à long terme.

                  Mais il faut bien alimenter les profits de  JP Morgan Chase et autres Goldman Sachs, même et surtout si l'on se nomme Obama. Le consommateur américain paiera!

    LIRE  un papier tout récent et fort instructif sur l'hostilité nette d'un sénateur démocrate du Nord Dakota au projet Obama de Cap & Trade.

    Le 18 Juillet 2009