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  • Les productions européennes de biodiesel ont malgré tout poursuivi leur croissance en 2008

    Les productions européennes de biodiesel ont malgré tout poursuivi leur croissance en 2008

                      Concurrencées par des importations américaines à prix de dumping, entravées par les politiques de go and stop des gouvernements des pays européens, dont les politiques évoluent au gré des opinions écologiques à la mode du moment, les productions européennes de biodiesel  se sont tout de même accrues en 2008 pour atteindre, d'après l'European Biodiesel Board, 5,7 millions de tonnes, ce qui correspond, en unités pétrole, à environ 168 mille barils/jour (FIG.).

    Biodiesel-europe-2002-2009

                         La mise en place de barrières douanières antidumping européennes contre les importations américaines devrait, d'après la profession, soutenir les productions en 2009.

                        Mais le vrai problème des biocarburants pour l'Europe réside dans le fait qu'ils ne disposent pas des surfaces agraires à la taille de leurs ambitions. Pensez que la production de maïs aux Etats-Unis occupe 34 millions d'hectares, les 2/3 de la surface de la France, le pays européen le plus étendu (LIRE). Sur la base d'une production d'huile moyenne de 5000 litres/hectare/an, la production de biodiesel européenne correspond sensiblement à l'exploitation dans le monde de 1,8 millions d'hectares de cultures de produits oléagineux. L'Europe est donc tenue à importer des huiles  de palme de Malaisie et d'Indonésie, si elle désire produire du biodiesel.

                         Ces considérations géographiques élémentaires, sans aller chercher le renchérissement des produits agricoles observé en 2008 et qui n'était que purement spéculatif et non pas dû à une quelconque pénurie de terres arables, montrent que les biocarburants en Europe, quelle que soit la matière première végétale de base, ont un avenir relativement borné. Le rendement énergétique des cultures pour produire des biocarburants qui ne dépasse pas un watt par m2, est trop faible pour l'Europe (LIRE).

    LIRE le papier de l'EBB.

    Le 17 Juillet 2009

  • Nissan annonce avoir lancé les premiers essais de productions d’accumulateurs et de modules compacts dans sa filiale AESC

    Nissan annonce avoir lancé les premiers essais de productions d’accumulateurs et de modules compacts dans sa filiale AESC

    Renault_ze1                        Nissan vient d'annoncer le lancement de pré-productions d'accumulateurs et le modules compacts qui sont utilisés dans l'assemblage de batteries pour ses futurs véhicules électriques. Ces productions sont réalisées dans une nouvelle usine appartenant à AESC filiale commune qu'elle détient avec NEC. La branche batterie NEC TOKIN a normalement en charge la production des électrodes. L'électrode positive est à base de LiMn2O4 qui, en raison de sa tension élevée, permet d'obtenir par la technologie laminée polymère d'excellentes énergies massiques et volumiques. Nissan affirme obtenir dans ses tests de simulations l'équivalent de 100 mille kilomètres parcourus en termes de durée de vie de la batterie. Les premières productions seront cependant modestes puisque Nissan annonce une capacité de production de 13 mille batteries par an au démarrage avec une montée en puissance jusqu'à 65000 batteries dans le courant de 2010.

                     Il est à noter que le mulet ZE Kangoo lancé par Renault (LIRE) n'utilise pas pour l'instant les batteries de Nissan. Le planning est donc très tendu.

                    Si Nissan tient ce planning très agressif, il aura une certaine avance en volumes par rapport à Mitsubishi qui ne planifie avec GS-Yuasa que 20 à 25 mille batteries pour ses productions 2011. Mais la voie suivie par Mitsubishi est peut-être plus classique et donc plus sûre?

    LIRE le communiqué de NISSAN

    Le 16 Juillet 2009

  • L’énergie électrique à la demande, une autre façon de poser l’équation des besoins en énergie pour notre pays

    L’énergie électrique à la demande, une autre façon de poser l’équation des besoins en énergie pour notre pays

    Electricite                 La France, imprégnée de colbertisme centralisateur, a toujours posé ses problèmes de besoins en énergie électrique de façon centralisée et globale. Cette démarche a permis à notre pays de s'équiper d'un parc de centrales nucléaires qui assure aujourd'hui plus de 81% de la génération électrique de notre pays, selon RTE. D'autre part, une partie non négligeable de l'énergie électrique, à hauteur de 12%, provient des centrales hydroélectriques de montagne ou au fil de l'eau, les 7% restants sont essentiellement assurés par des centrales à flamme au charbon héritées des anciens Charbonnages de France ou du vieux parc rénové d'EDF. L'ensemble manque de flexibilité et de réactivité ce qui oblige notre pays, globalement exportateur d'énergie électrique, d'importer en moyenne, aux environs de 1700 MW de puissance électrique fortement carbonée en provenance d'Allemagne, pour assurer les appels de pointes de courant ou les baisses inopinées de production nationale. Il est donc indispensable que le réseau français, trop rigide, gagne en souplesse dans sa génération de puissance électrique et par la même occasion, qu'il mette au rancard ses vieilles centrales au charbon. Cet appoint de réactivité peut être obtenu par des centrales au gaz naturel à cycle combiné couplées à quelques ressources renouvelables éoliennes ou photovoltaïques en nombre limité. Les réalisations en cours de centrales au gaz naturel à cycle combiné par EDF ou par Powéo sont donc une excellente chose pour notre pays.

                     Mais il est une autre façon de poser le problème de ce vaste réseau qu'est le maillage de génération, de distribution et de consommation d'électricité. C'est un ensemble qui n'est pas du tout centralisé et dans lequel chaque cellule de consommation élémentaire, la maison ou l'appartement, peut jouer un rôle important sur la consommation et l'appel de puissance. Notre pays dénombre 27 millions de foyers et 31 millions de logements environ, la différence représentant les résidences secondaires ou inhabitées. De nombreuses équipes de réflexion dans le monde, qui préparent l'avenir considèrent qu'un foyer peut être doté, grâce aux technologies modernes en pleine révolution, de capacités de stockage et de production d'énergie électrique. La maison ou l'appartement pourra alors optimiser sa ressource énergétique: c'est le concept du réseau d'énergie à la demande (on-demand energy network).

                 Je vous propose, pour illustrer ce concept, de faire un petit exercice chiffré concernant la France métropolitaine.

                Notre pays consomme quotidiennement (hors grande industrie) entre 750 GWh au mois d'Août et 1400 GWh l'hiver d'énergie electrique nous informe RTE. Cela représente donc en moyenne entre 28 et 52 kWh par foyer. Nous allons supposer qu'un certain nombre de foyers vont s'équiper d'un moyen de stockage d'électricité (batterie) pour pouvoir assurer 10% d'autonomie de leur consommation hivernale, soit 5 kWh en moyenne. En d'autres termes ces maisons ou appartements pourront en moyenne se déconnecter totalement du réseau durant une ou deux heures par jour l'hiver et près de deux à quatre heures l'été. Si l'on suppose 20% environ des foyers français disposant de ce stockage (dans les 5,4 millions) cela représente une capacité de stockage quotidienne de 27 GWh mobilisable aux heures de pointe. Il faut comparer cette valeur à celle de l'énergie pompée en heures creuses dans les barrages de montagne qui est de 19 GWh par jour en moyenne.

                 Cet exemple simple et bien sûr trop approximatif, montre qu'une capacité de stockage d'énergie électrique raisonnable dans un nombre limité de foyers peut conduire à un accroissement important de la flexibilité de la demande du réseau. Ce report de pointes de puissance se concrétise par une moindre sollicitation du réseau et une moindre utilisation de moyens d'appoint de production hautement polluants.

                 Bien entendu il faut associer à cette capacité de stockage un système de génération photovoltaïque et à la présence éventuelle d'un véhicule électrique qui comportera une batterie d'au moins 16 kWh.

                 La maison ou l'appartement ou l'immeuble se comporte alors, à la fois comme un consommateur, un générateur et un stockeur d'énergie électrique. Il peut élaborer, en dialogue avec le réseau, sa propre stratégie de génération de courant en fonction de la météo, de stockage de complément en heure creuse, d'effacement en heure de pointe en fonction de la saison, de consommation du véhicule électrique et prendre en compte l'absence des habitants durant une plus ou moins longue période, etc., c'est l'énergie à la demande.

              La mise en place d'un tel système complexe hautement décentralisé doit être élaborée au niveau national, par la publication de normes et de règlements, la mise en place d'une politique tarifaire incitative et le lancement d'un grand projet industriel et commercial associant les acteurs du marché de l'énergie électrique (distributeurs, industries de l'électrotechnique et des batteries). La France dispose de toutes les compétences intellectuelles et industrielles pour mener à bien un tel projet sur plusieurs décennies.

    Les enjeux sont simples, ils peuvent se résumer ainsi:

    • rendre les plus constants possible les appels de courant à l'échelle de la journée,
    • s'affranchir des importations de courant en provenance d'Allemagne,
    • participer au démantèlement des centrales au charbon en Europe,
    • devenir un gros exportateur d'énergie électrique décarbonée en Europe,
    • assurer les besoins d'énergies pour les futurs véhicules électriques (15 GWh/jour par million de véhicules)
    • réduire la facture énergétique et les taxes carbone de chaque citoyen.

    Le 16 Juillet 2009

  • L’Université de Berkeley prévoit un futur radieux pour la voiture électrique

    L’Université de Berkeley prévoit un futur radieux pour la voiture électrique

                      Une étude de l'Université de Californie de Berkeley qui compare les avantages respectifs de la voiture à moteur thermique, de la voiture hybride et de la voiture 100% électrique conclut à un avantage définitif de cette dernière en termes de coûts de fonctionnement, en prenant comme modèle le schéma de Better Place de location de batteries interchangeables dans des stations services dédiées.

    Cette étude part des hypothèses suivantes:

    • Pour 100 miles d'autonomie il faut équiper le véhicule électrique d'une batterie de 20 à 22 KWh
    • Le prix de la batterie ira en décroissant au cours du temps et sera de 500 $/kWh en 2012, ce qui fait un coût d'amortissement sur 3000 cycles de charge complète de 6 cents/mile.
    • L'électricité coûtera 2 cents/mile
    • L'amortissement des stations de rechange des batteries reviendra à 1 à 2 cents/mile
    • Les prix du pétrole selon le scénario de base de l'EIA variera de 100$/baril en 2015 à 120$/baril en 2030 (FIG. courbe jaune).

    Berkeley-2010-2030-fueling-cost2 

                   Elle en déduit qu'en 2030 ce seront 63% des voitures commercialisées aux Etats-Unis qui seront électriques (FIG.II)

    Berkeley-2010-2030-ventes-flotte 

                       Cette étude souffre à mon avis d'un profond biais: elle sous estime les progrès possibles dans le domaine de l'hybridation avec ou sans une certaine autonomie en mode électrique. La conséquence est qu'elle prévoit une part des ventes des modèles purement thermiques beaucoup trop importante. Il ne faut pas oublier que Toyota a déjà planifié que dans dix ans, pratiquement tous ses modèles seront hybrides. Ces progrès se confronteront à ceux de voitures purement électriques. La composition du mix entre voiture hybride et voiture électrique en 2030 est donc difficilement prévisible à ce jour. Cependant cette étude est, à ma connaissance, la première aux Etats-Unis à afficher un tel optimisme pour le développement de la voiture électrique. Il y a là un signe d'évolution profonde des mentalités aux Etats-Unis. Il n'est pas neutre de voir cette étude sortir d'une Université californienne.

    CONSULTER cette étude.

    Le 15 Juillet 2009

  • Malgré les révoltes du Golfe du Niger, les productions de pétrole de l’OPEP se sont accrues au mois de Juin

    Malgré les révoltes du Golfe du Niger, les productions de pétrole de l’OPEP se sont accrues au mois de Juin

                      La montée des cours du pétrole a porté le prix du "panier OPEP" à 68,4 dollars le baril au mois de Juin, en augmentation de plus de 11$ par rapport à celui du mois précédent. Cette embellie a poussé certains membres du Cartel comme l'Angola, l'Arabie Saoudite ou l'Iran à produire plus. Seul le Nigeria handicapé par les mouvements de rébellion dans le Golfe du Niger affiche des productions en retrait de 44 mille barils/jour. Tout comptes faits, hors Irak, les membres de l'OPEP ont vu leurs productions s'accroître de 56 mille barils/jour, produisant 26 millions de barils/jour, soit 1,2 millions barils/jour de plus que leur quotas établis en commun au mois de décembre dernier à 24,85 millions de barils/jour (FIG.). Ce mouvement est un des éléments qui participe au climat actuel de retrait des cours du pétrole, mais très atténué par rapport aux variables monétaires du premier ordre qui animent toujours le marché.

    Prod-OPEP-quotas-2009-06 

    Le 14 Juillet 2009.

  • La JV de Samsung-Bosch dans les batteries, Limotive, aurait acheté Cobasys aux Etats-Unis

    La JV de Samsung-Bosch dans les batteries, Limotive, aurait acheté Cobasys aux Etats-Unis

                          L'histoire a commencé avec Energy Conversion Devices (ECD) qui avait mené dans les années 70-80 des études de développement sur les accumulateurs Ni-MH et déposé quelques brevets de base sur les alliages hydrurables qui lui ont permis, bien que ces alliages aient été industriellement développés et produits au Japon, de racketter tout industriel européen ou asiatique voulant commercialiser des accumulateurs de ce type aux Etats-Unis. Puis ECD s'est lancé dans les accumulateurs au Lithium et devant la difficulté de la tâche, a finalement trouvé un mécène fortuné et incompétent: le pétrolier Chevron, pour financer une filiale appelée Cobasys. Depuis ECD est dans le photovoltaïque et a fait un temps rêver les gogos sur son avenir industriel dans le domaine, mais avec des baisses de cours de 64% en 2008 et de 52% au 11/07/2009, cette entreprise  (code: ENER)  figure parmi le TOP5 des plus grosses pertes boursières américaines (LIRE). Devant le succès remporté par Cobasys en perte chronique, Chevron vient de jeter l'éponge et de vendre sa filiale à la JV de Samsung et de Bosch, la coréenne Limotive (FIG., bas du Tableau). Cet achat permet aux deux associés de mettre un pied aux Etats-Unis et de se mettre ainsi sur les rangs des entreprises pouvant bénéficier les largesses de l'Administration Obama dans le domaine des batteries et de la traction électrique.

    Alliances-batteries-12

    Le 14 Juillet 2009.

  • Honda pousse les feux dans la technologie hybride et annonce deux nouveaux modèles pour 2010

    Honda pousse les feux dans la technologie hybride et annonce deux nouveaux modèles pour 2010

    Honda-CR-Z-concept                  Les succès commerciaux des modèles hybrides comme ceux de l'Insight et de la nouvelle Prius vont pousser les deux leaders japonais que sont Toyota et Honda à pousser de l'avant leur incontestable avance technique et marketing. La conjoncture économique, le bouleversement dans les choix et les modes de vie des habitants des pays les plus développés constituent une opportunité pour avancer rapidement dans ces technologies innovantes, répondant aux aspirations de certains utilisateurs. C'est ainsi que Honda annonce le démarrage d'une nouvelle ligne d'assemblage de l'Insight, effectif depuis la mi-juin. Il annonce de plus la sortie pour 2010 de deux nouveaux modèles. Un modèle sportif CR-Z (FIG.) pour le mois de Février prochain, qui de toute évidence va s'adresser à la population japonaise jeune qui a tendance à se désintéresser de la voiture et à fuir les contraintes administratives et financières associées. Par la suite, avant la fin de l'année 2010, c'est une version hybride de la Fit, modèle le plus vendu au Japon après la Prius, qui sera proposé. Honda s'oriente là vers la démocratisation de la technologie hybride en descendant en gamme et sûrement en prix, technique marketing préférée des Japonais.

                    Le constructeur japonais avoue également travailler activement sur l'hybridation des modèles de moyenne et de haut de gamme. Il est probable que dans ce cas, Honda envisage un modèle rechargeable au réseau (Plug-in) présentant une certaine autonomie en mode purement électrique.

    LIRE le communiqué de Honda

    Remarque: Pour sa part Toyota vient d'annoncer le lancement de la Lexus HS 250h, hybride au Japon. Il compte en produire d'ici à la fin de l'année 3000 par mois dont 500 exemplaires sont déjà vendues au Japon durant les 6 prochains mois. Ce véhicule est crédité d'une autonomie de 23 km/litre ou 54 miles /gallon ce qui fait 101g de CO2/km ou, plus simplement, 4,4 l aux cent km.

    Le 14 Juillet 2009

  • Les industriels britanniques proposent un autre mix de génération d’énergie électrique pour 2030

    Les industriels britanniques proposent un autre mix de génération d’énergie électrique pour 2030

                         La génération d'électricité dans les décennies à venir disposera de quatre filières essentielles qui respecteront ou tendront à respecter les exigences de rejets de CO2:

    1. la production hydroélectrique,
    2. le nucléaire,
    3. les énergies renouvelables intermittentes (éolien, solaire) couplées à des centrales à gaz à cycle combiné qui apporteront le complément et la modulation nécessaires de puissance,
    4. les centrales au charbon de haut rendement, à gazéification intégrée et cycle combiné (IGCC) équipées de captage et stockage de CO2 (CCS). Ces centrales accepteront bien sûr une part de biomasse dans la partie amont de gazéification qui produit l'hydrogène.

                          Le choix du mix idéal sera différent pour chacun des pays, compte tenu de sa situation géographie, de ses ressources énergétiques naturelles et de son histoire énergétique. Certains comme la Suède ont déjà réalisé leur choix avec un mix hydroélectrique-nucléaire (LIRE). La France a pratiquement terminé le sien avec le nucléaire et l'hydroélectrique comme bases. Il ne lui reste plus qu'à remplacer ses centrales à charbon par des centrales à gaz et à monter légèrement en puissance en renouvelable pour être clean (LIRE). Certains ont fait des choix à rebrousse-poil comme celui de l'Allemagne et la fermeture de ses centrales nucléaires, qui ne peut conduire qu'à une impasse. Enfin certains comme la Grande-Bretagne sont en plein débats.

    Electric-mix-UK-2030 

                        La "Confederation of British Industry", s'appuyant sur une étude de McKinsey, vient de faire une contre-proposition au schéma gouvernemental (FIG., graphique du haut) général d'évolution du mix électrique britannique d'ici à 2030. Cette proposition appelée "balanced pathway" (FIG., graphique du bas) propose pour des questions essentiellement de maîtrise des coûts de l'énergie électrique et d'atteinte de l'objectif d'émission de CO2 en 2030, d'accroître la part du nucléaire aux dépens de l'énergie éolienne et des centrales au gaz naturel. Cette étude préconise de réduire l'objectif de consommation d'électricité à 400 TWh en 2030 ce qui représente une quasi stagnation des consommations. Elle demande d'investir plus dans le nucléaire pour porter sa part de génération en 2030 à 34% au lieu des 20% retenus à ce jour. Les centrales au charbon équipées de CCS sont également encouragées en portant leur part à 14% au lieu de 8% dans le scénario officiel. En conséquence les besoins de génération au gaz naturel (16% au lieu de 36%) et éoliens (20% au lieu de 24%) décroissent.

                      Pour la CBI ce programme plus équilibré peut être réalisé avec un montant d'investissement identique au précédent, les économies réalisées sur le très onéreux éolien et sur la génération au gaz finançant le surcoût de la plus grande proportion de nucléaire (FIG.II). Dans ce nouveau schéma les investissements entre nucléaire et éolien sont à peu près équilibrés, autour de 40 milliards de Livres chacun.

    Electric-mix-UK-capital-cost 

                            Ce débat démocratique au sein d'un pays en retard sur son évolution énergétique est particulièrement bienvenu. Il pose de bonnes questions sans idéologie sur la recherche de l'optimum écologique et économique des choix retenus. C'est dans l'Europe entière qu'un tel débat devrait être abordé, mais l'incompétence des instances européennes, l'impasse dans laquelle les choix de l'Allemagne entraînent l'Europe qui rendent la fermeture des centrales au charbon ou au lignite inenvisageable, sont un très gros handicap pour l'installation d'un dialogue et la recherche d'un optimum écologique et économique commun.

                            Après tout, peut-être faudrait-il demander au Cabinet McKinsey d'élaborer un projet de politique énergétique de l'Europe?

    LIRE la proposition de la CBI. Voir en particulier P17, Exhibit 13, la comparaison des CAPEX entre nucléaire et éolien offshore.

    Le 13 Juillet 2009.

  • La Californie va mettre les solvants perfluorés des industries électroniques sous surveillance

    La Californie va mettre les solvants perfluorés des industries électroniques sous surveillance

                        L'industrie électronique pour opérer des actions de nettoyages de supports de Silicium durant des opérations de type etching, dépots en phase vapeur par plasma (PECVD), implants d'ions et tests divers utilise des solvants perfluorés qui possèdent les qualités de non inflammabilité, d'inertie chimique, de propriétés diélectriques, de résistance électrique et de tenue en température qui permettent à ces fluides de porter les composants en cours d'élaboration à des températures de plus en plus élevées qui peuvent dépasser les 200°C. Les solvants classiques de types amine perfluorée (FC-3283) ou de types polyéther perfluorés (HT-135) présentent un potentiel de réchauffement global (GWP) pouvant être de plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2. Afin de maîtriser les émissions de ces solvants organiques perfluorés le CARB californien a décrété une "Semiconductor Perfluorocarbon Emissions Reduction Strategy" qui va entrer en application au 1er Janvier 2010. Ces mesures stipulent que les utilisateurs de ces solvants doivent déclarer les quantités achetées par types et par fournisseurs et doivent décrire leur mode d'utilisation dans les ateliers de production, machine par machine.

    Ethers-perfluorés-Solvay 

                     Ce genre de contrainte va obliger les industries des semi-conducteurs à mieux maîtriser l'utilisation de ces solvants et à prévenir les fuites et autres évaporations. Depuis quelques années les chimistes élaborant ces solvants complexes (3M sous la marque NOVEC et Solvay Solexis sous la marque Galden) présentent des produits qui respectent la couche d'ozone et présentent des durées de vie réduites dans l'atmosphère ce qui permet de réduire par 100 le GWP des solvants. Ces chimiste proposent en particulier des hydrofluoropolyéthers, (HFPE), présentant dans la formule complexe un groupement -OCH3 ou -OC2H5 ou -OCF2H non fluoré ou partiellement fluoré qui permet d'accélérer la vitesse de dégradation du produit dans l'atmosphère.

                     Encore un exemple de greenbusiness qui a été préparé il y a dix ans par plusieurs années de recherches et de développement, d'une chimie complexe. En effet, l'industrie des composants électroniques sur wafers de silicium ou de carbure de silicium a de belles décennies devant elle. Elle utilisera des solvants perfluorés dont les propriétés d'absorption du rayonnement infrarouge intrinsèques aux liaisons C-F seront toujours importantes. La mise en place d'un contrôle des conditions d'utilisations et la mise à disposition de solvants à durée limitée dans l'atmosphère (4 ans pour le HFE 7100 de 3M par exemple) permettront de diviser par 100 ou par 1000 les effets nocifs de ces produits sur l'environnement pour les productions californiennes.

                      Il restera à transposer ces pratiques vers les productions taïwanaises ou chinoises, ce qui sera une autre paire de manches. Il faudra faire appel à une discipline encore naissante, l'écologie-politique. Elle sera  faite de diplomatie, de persuasion, de mesures des sources de pollution par satellites, de transferts de technologies et de connaissances précises des problèmes. La transposition des pratiques écologiquement les plus avancées aux pays en développement sera le grand problème écologique de ce siècle. Les futures rencontres de Copenhague du mois de Décembre vont en donner un premier aperçu.

    LIRE une présentation 3M sur les hydrofluoroéthers.

    CONSULTER les fiches des divers produits de Solvay Solexis.

    Le 12 Juillet 2009.

  • Pétrole: les cours de replient sur la crainte de règlements plus sévères des Marchés

    Pétrole: les cours de replient sur la crainte de règlements plus sévères des Marchés

                       Après un mois de Mai limpide où les cours du pétrole croissaient, avec un important effet de levier, au rythme de la dépréciation quasi monotone du dollar, la spéculation s'est mécaniquement poursuivie au début du mois de Juin jusqu'à 72 dollars le baril, pour finalement s'apercevoir que le support monétaire avait disparu. La chute du dollar était interrompue, faute de devise alternative. "Monde multipolaire et donc multimonétaire" font parties des pseudos postulats sans réelle signification opérationnelle. Les monnaies autres que le dollar ne présentent pas l'assise politique ou la convertibilité nécessaire à supplanter le billet vert. L'euro en particulier souffre d'une Europe économiquement affaiblie par la crise et politiquement désunie jusque dans ses instances bancaires centrales. Ce seul constat a enrayé la chute du dollar et provoqué la baisse du baril de brut vers les 60 dollars prévus (FIG.).

    Cours-USA-récents-2009-07 

                     Mais d'autres menaces pèsent sur le cours du baril. L'Administration Obama voudrait limiter les mises sur le Casino qu'est le NYMEX. Gary Gensler, le patron de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le gendarme des marchés tels que le NYMEX ou le CBOT (Chicago Board of Trade) qui sont des Sociétés cotées en Bourse, a informé les milieux professionnels qu'il allait procéder à des auditions cet été pour essayer de déterminer de nouvelles règles tendant à limiter le poids de la spéculation sur les marchés des commodities.

                   La "big question" repose sur l'exemption de toutes limites des deux grandes banques que sont Morgan Stanley et Goldman Sachs. Elles peuvent aujourd'hui, intervenir sans limite sur ces marchés des commodities. Ce sont des intervenants financiers qui sont traités comme des intervenants commerciaux bien qu'ils n'aient jamais acheté physiquement un seul baril de pétrole. Ces banques gèrent en particulier les "index investment" des fonds de pensions ou des très riches Universités américaines qui achètent des futures adossées aux commodities comme elles achètent des actions: pour dégager un profit. Ce sont ces achats qui font grimper à la fois les cours du pétrole, du maïs, du coton, du cuivre et des porcs maigres, composantes hétéroclites du panier de commodities du parfait spéculateur (FIG.II).

    CRB-Index-2009-07

                      La spéculation est indispensable à la fluidité d'un marché, mais toute la question repose sur la taille respective de cette spéculation par rapport à celle du marché physique d'une ressource limitée. Dans le cas du pétrole, il est clair que les échanges commerciaux sont devenus largement minoritaires. Là réside le coeur du débat, de la recherche d'un juste équilibre qui jusqu'à présent n'a pas trouvé de solution.

                      Dans le climat économique déprimé actuel, une menace sérieuse de limitation des échanges par un nouveau règlement des marchés, pourrait faire dégringoler les cours du pétrole en dessous des 50 dollars le baril qui semblent pour certains (CERA) un point d'équilibre pour la fin de 2009. Faire redescendre le baril en dessous de 50$ est également une bonne façon de redonner du pouvoir d'achat aux économies occidentales en difficultés, aux dépens de pays producteurs tels que la Russie, l'Iran ou le Venezuela qui ne sont pas de grands supporters de la démocratie américaine.

    Le 12 Juillet 2009