Blog

  • Nissan et NEC pourraient aller construire des voitures électriques et leurs batteries aux Etats-Unis

    Nissan et NEC pourraient aller construire des voitures électriques et leurs batteries aux Etats-Unis

                       Les aides de l'Administration américaine au développement de véhicules électriques et de batteries concernent, pour l'instant et pour une large majorité d'entre elles, de nombreux projets fumeux, mal identifiés, au succès limités et présentés par des entreprises habituées à vivre aux crochets des subsides du DOE ou de l'USABC. L'arrivée d'acteurs majeurs japonais ou coréens dans le paysage des nouvelles technologies ne peut être que souhaitée par les autorités, s'ils veulent que cette industrie atteigne rapidement une certaine taille critique aux Etats-Unis. En effet une large taille est nécessaire pour que des transferts de technologies ou des développements locaux de produits chimiques, de composants mécaniques ou électroniques, de feuillards support d'électrodes, de séparateurs, de composants électromécaniques qui sont à la base de l'industrie des batteries et de ses progrès, se déploient et montent en puissance.

    Nissan-Smyrna-factory

                        C'est la raison pour laquelle Nissan et son comparse dans les batteries, NEC, au travers de leur filiale commune, Automotive Energy Supply, auraient l'intention de venir s'installer aux Etats-Unis, affirme le Nikkei. Ils disposent pour cela d'une usine de Nissan située à Smyrna dans le Tennessee (FIG.), localité du Siège Social de Nissan North America. Cette immense usine qui produisait forces 4X4 et SUV's, pourrait produire de 50 à 100 mille véhicules électriques à partir de 2012 et pourrait assembler jusqu'à 200 mille batteries par an pour les besoins de Nissan ou autres constructeurs.

    Le 20 Juin 2009

  • La robustesse relative du dollar et la langueur économique prennent la spéculation sur le pétrole à contre-pied

    La robustesse relative du dollar et la langueur économique prennent la spéculation sur le pétrole à contre-pied

                              Ce changement de direction dans la spéculation sur le pétrole avait été annoncé ici la semaine dernière (LIRE). La fermeté relative du dollar par rapport aux autres monnaies rend très difficile sinon impossible la poursuite du rallye haussier du mois de Mai. En effet la mécanique de couverture vis à vis d'une baisse du dollar était le seul ressort qui faisait croître les futures et les options adossées au pétrole et autres produits pétroliers. La fin de cette dégradation du dollar dont la contestation comme monnaie de réserve ne fut qu'un feu de paille, rendait depuis le début du mois de Juin les cours du brut et de l'essence sur le NYMEX totalement artificiels. Les mouvements de foule à Téhéran, l'impossibilité morale pour Obama de rester neutre devant ces évènements, sont des facteurs de tension internationale qui ne peuvent que soutenir le dollar, seule monnaie refuge en période de conflit. Alors les grandes banques qui supportaient le rallye haussier ont lancé leurs "experts" à la rescousse pour essayer de sauver les meubles. Goldman Sachs, avec des prévisions artificielles de cours à fin 2009 à 85$ le baril, a fait jouer son expert le plus écouté, Jeffrey Curry, qui a été forcé de raconter du grand n'importe quoi : "une amélioration des fondamentaux prendra forme d'ici à quelques mois, poussant le marché à un manque de pétrole (deficit) ….et ceci en raison de la dégradation continue des productions NON-OPEP". Bien entendu une telle fable dans les conditions actuelles n'est pas crédible. Ni une hypothétique reprise de la demande, ni un effondrement de l'offre ne sont en vue. Alors en fin de semaine les cours du WTI ont franchi, comme prévu, à la baisse la barre des 70 dollars le baril (FIG., courbe bleue). Un flottement des cours entre 60 et 70$ le baril durant cette période de lent rétablissement de l'activité, d'ici à la fin de l'année, serait un bon compromis économique. Mais les cours du pétrole nous ont appris que la spéculation ignorait le bon sens et n'avait aucun sens du compromis.

    Cours-USA-récents-2009-06  

    Le 20 Juin 2009

  • Les productions américaines de pétrole dans le Golfe du Mexique devraient croître d’un tiers dans les années à venir

    Les productions américaines de pétrole dans le Golfe du Mexique devraient croître d’un tiers dans les années à venir

                         Le Mineral Management Service (MMS) américain vient de publier deux rapports concernant les productions américaines de pétrole et de gaz dans le Golfe du Mexique (GOM). Le premier fait le point sur les productions 2008 dans l'offshore profond, le deuxième, plus prospectif, analyse les possibilités de production à l'horizon 2018.

                        Pour comprendre l'avenir de cette zone, reliquat d'un formidable delta où des centaines de milliards de tonnes de sédiments et de carbone organique ont été englouties, il faut d'abord bien assimiler qu'une grande partie Est du Golfe, proche des côtes de Floride est pour l'instant interdite à la prospection et à l'exploitation. Or il apparaît que c'est dans la partie offshore profond de l'Est de la Zone exploitée que se situent les champs les plus prolifiques comme Thunder Horse de BP dont la production a atteint 260 mille barils/jour au mois de Mars de cette année (FIG.I). Les discussions au Sénat américain qui proposent une ouverture de ces activités au large des côtes de Floride, si elles étaient adoptées, pourraient modifier profondément le paysage des dix prochaines années. La zone exploitée du Golfe profite également de tous les progrès accomplis dans l'analyse sismique complexe et dans les modes d'exploration et d'exploitation en offshore profond. En 2008 Shell a battu un record du monde en eau profonde avec un forage à 9356 pieds (2852 mètres). Des découvertes reportées ici,  improbables pour certains mais probables pour de fins connaisseurs, ont agrémenté l'année 2008 (LIRE).

    Golfe-Mexique-puits-débits-max 

                         L'étude prospective du MMS américain qui pour l'instant ne prend pas en compte toute la partie Est du Golfe, prévoit que les productions de pétrole devraient croître dans les années à venir, à condition que les ouragans ne perturbent pas trop les opérations. Ces productions qui sont de l'ordre de 1,2 millions de barils/jour, poussées par les succès dans l'offshore profond, pourraient atteindre puis dépasser les 1,6 millions de barils/jour à partir de 2011 (FIG.II).

    GOM-prod-1993-2018 

                         L'exploitation des ressources pétrolières du Golfe du Mexique illustre parfaitement la relance des productions de la région à la suite de la reprise des investissements de production dès 2004 et des progrès techniques associés, en particulier dans l'offshore profond.

                         Laherrère avec les données dont il disposait, avait estimé les réserves ultimes du GOM à 17 milliards de barils en 1998, il les revoit maintenant, tenant compte des forages en offshore profond, à 23 milliards de barils et prudemment n'exclut pas de nouvelles découvertes fort probables dans les couches profondes dites "subsalt" et ne parle pas de la zone Est non exploitée. Alors nul ne saura avant un siècle ou deux ce que seront ces réserves ultimes. Elles seront de 34  ou de 51 ou de 68 milliards de barils, deux, trois ou quatre fois la valeur prédite en 1998.  La seule certitude du moment est la suivante: quand les professionnels cherchent du pétrole dans le Golfe du Mexique en se dotant d'équipements performants et d'équipes compétentes…ils en trouvent.

    LIRE le rapport du MMS sur l'offshore profond en 2008.

    LIRE le rapport du MMS sur les prévisions de production à l'horizon 2018.

    Le 19 Juin 2009.

  • Photovoltaïque mondial: les capacités de production seront sous utlilisées durant plusieurs années

    Photovoltaïque mondial: les capacités de production seront sous utlilisées durant plusieurs années

                           C'est IC Insights qui publie une étude montrant qu'en 2009, malgré une baisse des commandes dans l'industrie photovoltaïque, estimée à 22%, les capacités de production à fin 2009, en raison de l'inertie des décisions d'investissements, se seront accrues par rapport à fin 2008 de 32%. Elles seront alors de 11,5 GW. Les taux d'utilisation des capacités de productions qui ont fait un formidable plongeon en 2009 (IC Insights les estime à 54%) resteront à ces mêmes niveaux en 2010. D'après l'étude il faudra attendre 2012 ou même 2013 pour retrouver des taux d'utilisation de ces capacités de productions convenables (FIG.). L'étude optimiste, en conclut que cette montée en puissance s'accompagnera de réductions de coûts. En fait, elle devrait permettre aux meilleurs de retrouver certaines marges laminées durant la longue période de sous utilisation des moyens de production. Entre temps, les plus faibles auront disparu.

    Utilisation-capacités-2008-2013 

    Le 18 Juin 2009

  • Le sous-sol du Nord de l’Europe contient encore d’immenses réserves de gaz

    Le sous-sol du Nord de l’Europe contient encore d’immenses réserves de gaz

                             Durant la période du Carbonifère et du Permien, durant 100 millions d'années (entre -375 et -275 millions d'années), la vie sur terre a explosé. La croissance des végétaux et la photosynthèse ont été à tel point exubérantes que la teneur en oxygène de l'air a du évoluer entre 25% et 35% selon les auteurs. D'énormes quantités de carbone organique sous forme de végétaux et d'alluvions ont été enfouies dans le sol, malgré l'appétit d'immenses dinosaures super oxygénés. La longévité et l'ampleur du phénomène fut sans commune mesure avec le minuscule siècle de civilisation énergivore que  nous venons de traverser. Ces données rendent assez ridicules les cris alarmistes et répétitifs des peakistes qui découvrent que ce ne sont pas les ressources qui vont limiter l'exploitation des énergies carbo-polluantes. En réalité ce sont les émanations de CO2 et autres gaz, dues aux activités humaines qui accélèrent la géorespiration naturelle de notre planète, et vont agir sur l'équilibre climatique fragile et très subtil dans lequel nous nous sommes adaptés, avec quelques autres êtres vivants, et qui vont nous obliger à fortement ralentir l'exploitation de ces réserves. Rassurez-vous, Hommes de paroles et d'imagination, issus des rites chamaniques des grottes de Lascaux! La planète survivra, le ciel ne vous tombera pas sur la tête, seule la race humaine devra un jour disparaître et il n'est question que de cette échéance mineure, plus ou moins proche à l'échelle des temps géologiques. La Terre à ses prémices baignait dans une atmosphère réductrice à base de CO2 et ses mers sulfureuses étaient profondément vertes, saturées de sels de Fe2+. Certaines formes de vie par réactions photo-enzymatiques d'oxydation de l'eau, ancêtres de la photosynthèse, ont peu à peu oxydé ce Fer et ces Sulfures, puis consommé avec l'apparition de la végétation ces immenses quantités de CO2 représentant 15000 milliards de tonnes de carbone. Il est donc normal qu'il en reste encore dans le sous-sol quelques traces.

    Germany_netherland_petrole_et_gaz  

                         C'est en particulier le cas en Europe du Nord, morceau de l'ancienne Pangée, qui dans son sous-sol renferme de larges quantités de charbon, de lignite, de schistes et de gaz naturel plus ou moins mélangé à des sables compacts. Les méthodes modernes de forage horizontal et de fragmentation rendent exploitables le gaz naturel piégé dans ces gisements de charbon, de schistes ou de sables (tight gas).

                          Rex Tillerson, le patron d'Exxon-Mobil, lors de la cérémonie de célébration des 50 ans d'exploitation du champ gazier de Schloteren situé dans la Province de Groningue, aux Pays-Bas, a affirmé que ce gisement qui contient un tiers environ des réserves prouvées de gaz de l'UE, allait encore produire de grandes quantités de gaz naturel pendant encore 50 ans ou plus.

                          D'autre part vient d'être annoncé que Chesapeake Energy, le grand spécialiste américain de ces méthodes modernes d'exploitation de gaz, vient de s'allier au norvégien StatoilHydro, au sein d'une JV 50/50 qui va explorer et exploiter les gaz de schistes "dans le monde". Il existerait plus de 320 champs du style de celui de Schloteren dans le monde affirme Steven Holditch, de l'Université du Texas.

                       Et si l'exploitation du gaz naturel dans le sous-sol européen n'en était qu'à ses timides débuts?

    Le 18 Juin 2009 

  • Dans quinze ans les deux tiers des voitures vendues en Californie seront hybrides ou électriques

    Dans quinze ans les deux tiers des voitures vendues en Californie seront hybrides ou électriques

                           Les prévisions d'évolution des marchés à plus de 5 ou 10 ans ne veulent pas dire grand chose puisque, par définition, celui qui élabore ces prévisions ignore les innovations à venir et ne connaît pas le contexte politique et économique de ce futur imaginaire. Ces prévisions donnent cependant une image des convictions du moment. C'est ainsi qu'un représentant du California Air Resources Board vient de faire une présentation à l'Advanced Automotive Battery Conference 2009 sur une hypothèse d'évolution des ventes de voitures neuves à l'horizon 2050 en Californie, en sachant qu'au terme les émissions de CO2 et autres gaz devront être réduites de 80% par rapport à celles enregistrées en 1990 (FIG.).

    ARB-scenario-2050 

                        D'après cette étude, en 2025, 50% des véhicules vendus seraient hybrides (courbe verte) et 15% seraient électriques, soit hybrides (courbe bleue), ou purement électriques (courbe rouge). Cette prévision montre que certains milieux californiens ne croient guère encore au succès des "Mini-electric" du style i-MieV sur leur territoire. La taille et la masse du véhicule est encore un critère de sécurité et de confort, alors qu'en Europe ces modèles apparaîtront comme des véhicules standards.

                       Certains, à partir d'études économiques, n'imaginent un marché des véhicules 100% électriques qu'à partir du prix de l'essence à 10$ le gallon. Je pense qu'ils n'ont rien compris à la puissance de séduction de petits véhicules électriques "smart" auprès des jeunes générations. A Mitsubishi-Peugeot, à Nissan-Renault  et autres coréens ou chinois de leur montrer qu'ils se trompent.

    Le 17 Juin 2009

  • Un exemple d’action de relance réussie: la prime à la casse allemande

    Un exemple d’action de relance réussie: la prime à la casse allemande

                   Le mois de Janvier avait été catastrophique pour les ventes de voitures en Allemagne, avec 22% des voitures vendues dans la Zone Euro et en baisse de 14% par rapport au même mois de 2008. Mais depuis l'effet de relance de la prime à la casse a convaincu le consommateur allemand de ne plus reporter son intention d'achat et dès le mois de Février les ventes affichaient des progressions par rapport à il y a un an. Au mois de Mai les ventes de voitures en Allemagne ont représenté, en nombre, 33% des ventes dans la Zone Euro et la progression mensuelle par rapport à l'an dernier est de 40% en nombre de voitures vendues (FIG.). Cet exemple illustre l'efficacité de la prime à la casse et des efforts commerciaux des vendeurs sur le changement de comportement des consommateurs qui, sans cette mesure, comme l'illustrent d'autres pays européens voisins comme la Belgique ou les Pays-Bas, auraient poursuivi leur politique d'attentisme  pour changer de véhicule.

                   L'Allemagne et la France qui représentent à toutes les deux 51% des véhicules vendus, grâce à leur progression portent les ventes dans la Zone Euro au mois de Mai à un niveau proche de celui de l'an dernier. 

    Ventes-voitures-europe-2009-05 

    LIRE la simulation de l'impact du report d'achat sur les ventes.

    Le 16 Juin 2009

  • Toyota prévoit d’utiliser 1,1 million de batteries Ni-MH dans ses voitures hybrides en 2010

    Toyota prévoit d’utiliser 1,1 million de batteries Ni-MH dans ses voitures hybrides en 2010

                      Les nouveaux modèles hybrides de Honda et de Toyota rencontrent, malgré la crise, un large succès. Preuve irréfutable que la reprise économique ne proviendra que d'une offre rénovée et adaptée aux attentes de nouvelles générations de consommateurs, moins obséquieuses et plus attentives à l'impact de leurs choix sur le monde. Toyota dispose dans la JV qu'il contrôle et partage avec Panasonic une capacité de production annuelle d'environ  700 000 batteries Ni-MH (FIG.). Il est probable que Toyota conservera la technologie Ni-MH durant encore de longues années dans ses modèles hybrides de base, pour se battre à couteau tiré sur les performances et sur les prix, avec son challenger Honda. Grâce à de nouveaux investissements dans l'usine existante d'Omori et au démarrage de la nouvelle usine de Miyagi la JV compte disposer d'une capacité de production installée d'un million de batteries. Par des efforts de productivité et des actions de réduction de déchets les usines se fixent comme objectif de produire 10% de batteries supplémentaires pour atteindre une capacité annuelle de 1,1 million de batteries pour 2010.

                     Ces chiffres illustrent les ambitions de Toyota dans la montée en cadence de ses nouveaux modèles hybrides.

    Prius-battery-pack3 

    Le 16 Juin 2009

  • Quelques idées simples à la disposition des Partis Politiques désirant faire leurs exercices de greenwashing purificateurs

    Quelques idées simples à la disposition des Partis Politiques désirant faire leurs exercices de greenwashing purificateurs

                      Les idées et concepts écologiques semblent être électoralement porteurs, il va donc être nécessaire à tout Parti Politique qui se respecte, d'avancer des idées originales et populaires dans le domaine de l'écologie, du mode de consommation de l'énergie et des divers modes de gestion de cette énergie. Nous allons donc assister à une course à l'échalote effrénée vers des idées et propositions les plus farfelues, venant d'hommes et de femmes politiques pour lesquels l'approximation est un des socles de leur argumentation. Il va être difficile de canaliser la déferlante, mais à titre préventif il semble utile de rappeler un certain nombre de vérités aux Etats-Majors de ces partis politiques et par la même occasion de leur suggérer certaines idées simples qui pourraient agrémenter leur catalogue "écolo" à la Prévert.

    EDF-centrales-thermiques-Cordemais 

    1) Chasser les embouteillages sur le réseau routier:

                  C'est peut-être le domaine où les plus grandes bêtises sont dites. Ce ne sont pas les autoroutes et les déviations qui créent la pollution: ce sont les embouteillages. Un camion moderne et optimisé qui consomme sur autoroute à vitesse constante et  limitée aux environs de 25 litres de carburant aux cent kilomètres, va en consommer trois fois plus dans un bouchon routier. Tous les jours, des milliers de poids lourds, circulant sur l'axe Nord-Sud européen qui traverse la France, viennent déverser leurs gaz à effet de serre dans les embouteillages à l'approche des grandes agglomérations. Le Japon mène une politique très active contre les embouteillages et suit année après année les progrès accomplis (LIRE cette très intéressante étude). Messieurs les politiques renseignez-vous, faites du benchmarking et ayez le courage de construire des déviations, même si elles doivent traverser le Médoc! En parallèle, aidez et incitez vigoureusement les constructeurs de poids lourds à lancer également un grand programme d'hybridation des poids lourds avec un objectif très simple: 20 litres de gasoil aux cent km! Je suis certain qu'ils sauraient atteindre l'objectif et que leurs clients transporteurs seraient séduits par ces progrès (LIRE les essais de Mercedes).

              Remarque: si ces nouveaux poids lourds hybrides ne consommaient plus d'urée pour éliminer les NOx, ce serait un plus certain!

    2) Diviser par trois les importations de charbon:

                      La France a consommé 21 millions de tonnes de charbon et de coke métallurgique en 2007. C'est définitivement trop. Une partie de ce charbon est utilisé dans la métallurgie, mais une large part est brûlée dans des centrales électriques d'EDF ou des anciens Charbonnages de France. Les plus grandes entreprises polluantes de la France sont soit des usines métallurgiques (Sollac Dunkerque, Arcelor Méditerranée, Sollac Lorraine) soit des centrales électriques (EDF Cordemais, Le Havre, La SNET de Provence, etc.). Les 18 centrales électriques françaises les plus polluantes qui produisent moins de 25 TWh d'énergie électrique par an, sont déclarées comme émettant annuellement  76 millions de tonnes équivalent CO2 de GHG (VOIR la liste sur Community Independent Transaction Log de la CE, table Excel 2007). Même si ces chiffres apparaissent artificiellement gonflés, l'Europe des droits d'émissions de CO2 étant une grande pétaudière, on peut considérer qu'au moins 30 millions de tonnes de CO2 sont en jeu. Nos politiques doivent donc promouvoir un plan d'extinction des centrales au charbon et au fioul sur 10 ans pour les remplacer par des centrales électriques très souples, au gaz naturel à cycle combiné, qui fonctionneront en tandem avec les sources d'énergie renouvelables éoliennes ou solaires. Remplacer une vielle centrale au charbon par une centrale moderne au gaz naturel permet de diviser par trois les émissions de CO2 (350 kg de CO2 par MWh), la coupler avec des énergies renouvelables permet de diviser par quatre (250 kg de CO2 par MWh). C'est ce qu'EDF est en train de faire dans sa centrale de Martigues pour 2012. Cet exemple doit être généralisé.

    3) Cesser les importations d'électricité d'Allemagne:

                    La France sponsorise activement les centrales électriques polluantes allemandes en leur achetant très régulièrement de l'énergie électrique. En 2008, elle a importé 19 TWh d'énergie électrique d'Allemagne, largement chargée en CO2, ce qui représente une puissance moyenne de 2150 MW. C'est donc une très grosse centrale au lignite que la France sponsorise en moyenne en Allemagne. Il est évident, compte tenu de la raideur énergétique germanique et de ses attirances vers les steppes russes, que cet état de fait doit cesser. Si la France sait arrêter ces importations c'est une grande centrale polluante allemande qui s'arrête. C'est tout!

    4) Promouvoir le réseau électrique intelligent (smart grid) et la facturation modulée (smart mettering) à distance:

                     Un consommateur d'électricité qui a équipé son domicile de panneaux solaires, d'un onduleur et qui dispose en tampon d'une batterie de stockage, le tout étant intelligemment raccordé au réseau via un compteur fonctionnant dans les deux sens (comme le futur compteur Linky d'ERDF), ce consommateur donc peut être à la fois client et fournisseur d'électricité au réseau, il peut également effacer sa consommation en heure de pointe et recharger sa batterie en heures creuses si nécessaire. Ce consommateur peut avoir dans son garage une voiture électrique qui va participer au système global. Un plan national mobilisant tous les industriels du secteur doit être élaboré pour avancer dans cette voie des systèmes complexes et intelligents. La mise en place lointaine d'un compteur programmée par ERDF (entre 2012 et 2017!) est nécessaire mais elle n'est pas suffisante pour réaliser un système global.

    5) Anticiper la mise à disposition de chargeurs de véhicules électriques photovoltaïques:

                      Sur le lieu de travail, devant les Supermarchés, en Ville, les voitures électriques pourront être rechargées par des systèmes équipés de panneaux solaires. L'avenir de la voiture électrique n'est pas dans le remplacement rapide de batterie déchargée trop dispendieux parce que la batterie est trop chère pour attendre, chargée, sur une étagère. L'avenir est à la multiplicité des lieux et des modes de charge. Charge rapide (une demi-heure) à la station de recharge ad'hoc, charge lente au parking, le tout alimenté par des panneaux solaires lorsque le soleil brille, sinon par le réseau. 

    6) Ne plus dépendre du gaz Russe:

                     Le gaz naturel sera la ressource d'énergie principale de ce siècle pour trois raisons simples: il est très abondant, il est largement répandu sur le globe et sa combustion émet deux fois moins de CO2 que le charbon par unité d'énergie produite. La dépendance des approvisionnements de l'Europe au gaz russe est une vaste rigolade de journalistes ou de peakistes en mal d'émotions. La Russie pèse moins de 20% des productions mondiales de gaz naturel, elle va perdre son rang de N°1 mondial au profit des Etats-Unis. Le Qatar, l'Iran, l'Afrique, l'Australie vont devenir des producteurs à la hauteur de leurs immenses réserves. Demain de larges réserves dans l'Arctique ou ailleurs seront mises en production. La France avec sa grande façade maritime doit poursuivre son équipement en terminaux de déchargement, stockage et regazéification de GNL. Il n'y a aucune raison qu'elle dépende pour ses approvisionnements, de gazoducs orientaux peu fiables. Laissons ces émotions à nos amis germaniques. Alors il faudra expliquer tout ça à José Bové et à ses groupies, leur expliquer que l'eau de Javel, utilisée pour désinfecter les ballasts des méthaniers, n'est pas un agent de pollution très grave, même dans l'estuaire de la Gironde. Elle ne pourra que tout au plus tuer quelques germes microbiens bien connus, pour le plus grand bien de la santé des plagistes locaux. La vidange des ballasts de façon saine est un problème que tout concepteur de station d'épuration doit savoir résoudre. Nous avons ces compétences en France.

    7) Lancer un grand programme portant sur le stockage de l'énergie électrique:

                       Le vecteur électrique va prendre de plus en plus d'importance avec la montée en puissance des énergies renouvelables,  l'électrification de la traction automobile et la baisse de la part des produits pétroliers dans le bilan énergétique mondial. Celui qui dans le futur saura stocker l'énergie électrique détiendra une large part de la maîtrise des nouvelles technologies, l'exemple de la dépendance des constructeurs automobiles aux fabricants de batteries, pour les véhicules hybrides ou électriques, en est un exemple éclatant. La France a la chance de posséder des entreprises comme la Saft et d'autres qui disposent de profondes connaissances dans les couples électrochimiques susceptibles de servir de moyens de stockage de l'énergie électrique, elle dispose d'industries chimiques capables d'élaborer les matériaux nécessaires à la mise en oeuvre de ces batteries. Un grand programme sur la recherche et le développement  de quelques modes pertinents de stockage de l'énergie électrique semble encore plus urgent aujourd'hui que dans le passé.

                      Voici quelques idées simples qui peuvent aider les politiques à réaliser leurs ablutions purificatrices de greenwashing, je leur recommande surtout de ne pas suivre les conseils de leurs amis des divers cabinets ministériels qui vont inéluctablement les orienter vers les Piles à Combustible et la synthèse du Silicium. La liste n'est bien sûr pas exhaustive, l'approche des biocarburants en Europe se heutera au manque de surfaces au sol cultivables et aura un impact de ce fait limité, évitez surtout les rêves allemands de renaissance des réactions de type Fischer-Tropsch à partir de la biomasse, pour vous en convaincre faites tout d'abord une étude logistique. Les grands axes pour la France, outre le nucléaire, doivent porter sur le gaz naturel sous forme GNL qui lui apportera la flexibilité indispensable à sa génération de courant, et sur les systèmes complexes mettant en oeuvre du photovoltaïque et du stockage d'énergie, appelés à un grand avenir dans la traction électrique et les réseaux électriques intelligents.

                       Mais du point de vue de la politique énergétique, grâce au nucléaire, au TGV et à la TIPP, il faut admettre que la France est un pays très en avance par rapport aux autres pays développés, n'est-ce-pas Monsieur Borloo!

    Le 15 Juin 2009.

  • Les cours du pétrole avec la stabilisation du dollar perdent un important support

    Les cours du pétrole avec la stabilisation du dollar perdent un important support

                                    En cette fin de semaine les cours du pétrole, en l'absence de supports nets, roulaient un peu sur la lancée du rallye du mois de Mai. Jusqu'au tout début du mois de Juin la relation entre cours du pétrole et cours du dollar la relation était limpide. Entre le 20 Avril et le 2 Juin les courbes du baril de WTI et celle de l'euro en dollars présentaient un éclatant coefficient de corrélation de 0,97, montrant le rôle financier des futures et des options adossées au light sweet à New York, outils de couverture à une baisse du dollar (FIG. courbe verte). Mais depuis le 2 Juin, en raison de la faiblesse économique de la Zone Euro aux activités industrielles en plein marasme, en raison aussi des adjudications aisées de Bons du Trésor américain liée à une forte demande, selon Stuart Bennett de chez Calyon, les cours du dollar se sont stabilisés et se sont même légèrement raffermis par rapport à l'euro, vers 1,40 dollars pour un euro. Mais les cours du pétrole WTI n'ont pratiquement pas tenu compte de cet infléchissement monétaire (courbe rouge) et ont gaillardement poursuivi leur rallye haussier amorcé 7 semaines auparavant (FIG., courbe bleue). Signal de la rentrée tardive d'une clientèle moins avertie sur le marché, mais qui veut, elle aussi, profiter de la fête.

    Cours-WTI-Euro-2009-06

                      Le cours du baril de pétrole sur le NYMEX vient donc de perdre son principal support, la demande physique étant toujours très déprimée. On peut donc s'attendre à court terme, en l'absence d'un nouvel affaiblissement du dollar, à une consolidation des cours entre 60 et 70 $ le baril. Nombreux sont ceux qui ont trouvé le rallye précédent trop brutal, mais en réalité, il est devenu depuis, au dessus de 70$ ou 50 euros le baril, totalement artificiel.

    Le 14 Juin 2009