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  • Le Japon repousse de cinq ans la possibilité d’utiliser son propre MOX dans ses centrales nucléaires

    Le Japon repousse de cinq ans la possibilité d’utiliser son propre MOX dans ses centrales nucléaires

                       Empêtrée dans ses problèmes sismiques qui font qu'au début du mois de Juin plus de la moitié des réacteurs nucléaires japonais étaient encore à l'arrêt, la Fédération des Industries Electriques Japonaises vient d'annoncer que le plan qui prévoyait d'utiliser du MOX dans 16 à 18 réacteurs nucléaires serait repoussé de 5 ans. La date initialement prévue en 2010 est repoussée à 2015. L'usine de retraitement des combustibles de la Japan Nuclear Fuel, en cours de construction sur le site de Rokkasho-mura, ne pourra pas débuter ses productions de MOX en 2012, comme initialement prévu, mais il faudra attendre 2015.

    Flux-produits-recyclage U en MOX 

                      Le retraitement des combustibles nucléaires et la production de MOX pour des usages civils, ne sont à ce jour pratiqués qu'en France et en Russie, la Grande-Bretagne éprouvant quelques difficultés à maîtriser son process. Le Japon, dans l'attente d'être opérationnel, sous-traite la production de MOX à AREVA. qui va donc se poursuivre 5 ans de plus.

                      Economiquement, aux cours actuels de l'oxyde d'Uranium (50$/livre d'U3O8), le procédé n'est pas économiquement rentable, ce qui incite les instances gouvernementales américaines à repousser tout projet de retraitement, bien qu'elles soient incapables de résoudre simplement et économiquement les problèmes de stockage de déchets de plus en plus encombrants. Il semble cependant évident, dans un monde ou la soutenabilité des processus industriels est un impératif, qu'une industrie électronucléaire qui se respecte doit retraiter et recycler son combustible. C'est une condition nécessaire pour la maîtrise ordonnée d'une saine gestion des déchets.  Les grands penseurs du MIT eux-mêmes, ne perçoivent qu'un modeste intérêt dans ces opérations de retraitement, ce qui montre que la propension au gaspillage, même parmi les élites, est profondément ancrée dans le comportement américain.

                    Pour comprendre l'intérêt du retraitement, le meilleur schéma que j'ai trouvé au gré de diverses lectures, est celui publié par le Boston Consulting Group en 2006 dans une étude réalisée pour le compte d'AREVA et portant sur le recyclage du combustible américain. Cette étude montre qu'à stabilité (2040) pour une consommation annuelle de combustible enrichi de 2100 tonnes, 500 tonnes pourraient provenir du recyclage dont 300 tonnes sous forme de MOX (FIG.).

                     En termes clairs, la généralisation du retraitement permettrait de réduire d'un quart environ la consommation de combustible neuf et donc de minerai d'Uranium. Peut-être faudra-t-il attendre la prochaine poussée de fièvre des cours de l'Uranium pour que les Etats-Unis se décident? Avec un peu de chance la Chine sera équipée bien avant eux. Obama semble encore sous-estimer l'importance du leadership technologique de la filière nucléaire pour les décennies à venir, ce qu'ont bien compris les Japonais propriétaires de Westinghouse Electric (WEC). 

    LIRE le rapport du MIT.

    LIRE le rapport du BCG 2006 réalisé pour AREVA

    Le 14 Juin 2009.

  • L’Energy Information Administration maintient quasiment inchangées ses prévisions de consommation de pétrole pour 2009

    L’Energy Information Administration maintient quasiment inchangées ses prévisions de consommation de pétrole pour 2009

                  Les prévisions à court terme de consommations mondiales de pétrole de l'Energy Information Administration américaine, publiées dans son Short Term Energy Outlook, sont généralement assez fiables et mériteraient autant, sinon plus, d'attention que celles de l''Agence Internationale pour l'Energie (AIE) ou bien celles de l'OPEP. Mais que prévoient les chiffres de cet organisme pour l'année en cours? Ils pronostiquent tout simplement que les consommations mondiales vont rester moroses au deuxième trimestre, autour de 83 millions de barils/jour, mais qu'aux troisième et quatrième trimestres, tirés par les consommations asiatiques, ces volumes vont dépasser les 84 millions de barils/jour à la fin de l'année  (FIG., barres rouges). Compte tenu de la langueur économique actuelle il est bien difficile d'admettre un tel renversement de tendance durant la deuxième partie de l'année, conduisant à un volume moyen annuel de 83.7 millions de barils/jour.

                  L'AIE plus pessimiste prévoit 83,3 millions de barils pour l'année. Alors pronostiquons que la réalité sera située entre ces deux valeurs ce qui acterait une baisse des consommations mondiales de deux millions de barils/jour par rapport à 2008. Il n'y a vraiment pas de quoi à enflammer le marché du pétrole!

    Conso-Monde-trim-2008-2009 

    Le 13 Juin 2009

  • Faut-il de méfier du mirage de la reprise économique?

    Faut-il de méfier du mirage de la reprise économique?

                         Les milieux boursiers veulent y croire, le FMI revoit à la hausse ses prévisions pour 2010, l'Agence Internationale de l'Energie corrige en légère hausse ses prévisions de consommations de pétrole pour 2009, des consommateurs américains un peu moins nombreux pour dire que ça va mal, voici les ingrédients qui relancent l'optimisme des marchés. Mais les données économiques objectives récentes nous informent que la situation se dégrade encore. La production industrielle au mois d'Avril en Zone Euro continuait à se dégrader (-1,9% par rapport au mois de Mars et -22% par rapport à il y a un an), après des entrées de commandes au mois de Mars toujours très faibles. La nouvelle a illico affaibli l'euro qui est passé au dessous de 1,40 dollar, ce qui pèse sur les cours du pétrole. Du côté du continent Nord-américain les productions de véhicules au mois de Mai, à 557 mille exemplaires, se situaient toujours à la moitié des volumes produits un an auparavant (FIG.). De tels chiffres n'inspirent guère l'arrivée d'une reprise économique imminente. Certains risquent de se faire pièger par le mirage de cette sacrée reprise qu'ils auront tant attendue ou trop tôt anticipée, en particulier dans le domaine des commodities dont la relance des cours semble bien prématurée.

    Prod-mensuelle-véhicules-NA-2009-05 

    Le 12 Juin 2009

  • Profitant de la hausse des cours du pétrole, les Républicains attaquent les choix énergétiques de l’Administration Obama

    Profitant de la hausse des cours du pétrole, les Républicains attaquent les choix énergétiques de l’Administration Obama

                           Les débats autour des choix énergétiques américains n'ont jamais été aussi vifs. La montée des cours de l'essence à la pompe est un bon prétexte pour attaquer la politique de Cap and Trade d'Obama qui pour les Républicains n'apparaît que comme une taxe sur l'énergie. Elle pourrait coûter selon eux, jusqu'à 3000 dollars par an et par foyer, non répond l'EPA qui chiffre le coût entre 98$ et 140$ par an. Un membre de la CFTC, commission de contrôle du marché des futures et des options, avoue lui même que de voir les prix de l'essence augmenter de 23% au mois de Mai, dans un marché où l'offre n'a jamais été aussi abondante et la demande jamais été aussi faible depuis 10 ans, lui posait problème. "Si je ne m'en préoccupais pas, il faudrait me virer" a-t-il déclaré en commentaire.

    Cours-gasoline-nymex-2009-06

                     Les Républicains, Sarah Palin en tête, bien timides du temps de l'Administration précédente, proposent au Sénat de construire une centaine de tranches nucléaires, de mettre en place un retraitement des combustibles sur le modèle français et de reprendre l'exploration pétrolière et gazière sur les côtes américaines. Leur tête de Turc est le Secrétaire à l'Intérieur, Ken Salazar, qui s'est rendu populaire en revenant sur des décisions d'autorisation de prospection et d'exploitation de l'Administration Bush

                   Bien que Steven Chu, le Secrétaire à l'Energie, ait avoué la semaine dernière, que la part du nucléaire américain dans le mix énergétique devrait dépasser les 20% d'ici à une dizaine d'années, l'indécision et l'ambigüité des positions de l'Administration sur la politique nucléaire apparaît comme une faiblesse qu'exploite l'opposition. Alors nombreux sont ceux qui pensent qu'entre l'idéal d'Obama et les positions radicales républicaines, il va falloir élaborer une politique énergétique de transition. La poursuite de la montée des cours des carburants, va mettre la pression sur cette nécessaire adaptation du discours des autorités au pouvoir. L'attentisme ambiant n'est pas soutenable.

                   Une autre option plus politique serait pour Obama de stopper la montée des cours par une intervention forte de la CFTC sur le marché du NYMEX des futures et des options, mais il faudrait pour cela se mettre à dos la monde financier américain. Il n'est pas sûr que l'esprit consensuel du Président puisse imaginer une telle solution. Après tout le marché du CO2 américain qu'il veut mettre en place va être un formidable terrain de jeu pour les spéculateurs de tous poils, où s'échangeront des milliards de tonnes de CO2 en papier. Ce sont ces spéculateurs qui feront alors les prix mondiaux du pétrole et celui du CO2 et qui infléchiront ainsi les choix énergétiques. Grande stupidité politique!

    Le 12 Juin 2009.

  • L’OPEP éprouve de plus en plus de mal à respecter ses quotas de production

    L’OPEP éprouve de plus en plus de mal à respecter ses quotas de production

                          L'Agence Internationale de l'Energie estime qu'au mois de Mai les productions de pétrole des membres de l'OPEP (hors Irak et gaz liquéfiés) ont atteint 26 millions de barils/jour soit 1,15 millions de barils/jour de plus que le quota officiel de production fixé en Décembre 2008 par le Cartel (FIG.). Ce relâchement d'une discipline incertaine et élastique aurait fait, en d'autres temps, chuter les cours du baril à New York. Mais l'heure, depuis  maintenant près de 8 semaines, est à la spéculation sur les options et les futures adossées au pétrole, en couverture au Dollar qui brûle les doigts, alors qu'importe le Marché physique et ses stocks pléthoriques. Les opérateurs ne retiendront que la petite correction à la hausse des prévisions de consommation en 2009 à 83,3 millions de barils/jour, après une prévision de l'Agence fortement déprimée à 83,2 millions de barils/jour, au mois d'Avril.

     Prod-OPEP-quotas-2009-05

    Le 11 Juin 2009

  • StatoilHydro et Siemens installent sur site leur prototype d’éolienne flottante

    StatoilHydro et Siemens installent sur site leur prototype d’éolienne flottante

    Siemens-statoil-éolienne                  Au large des côtes de la Norvège, StatoilHydro et Siemens viennent d'implanter leur première éolienne flottante amarrée au sol sous 220 mètres d'eau à l'aide de trois ancres, par l'intermédiaire d'un flotteur en acier rempli de ballast. Les essais après raccordement au réseau de l'éolienne devraient débuter à la mi-juillet.

                     Siemens joue à fond la carte de l'énergie éolienne offshore dont il est le leader incontesté. Ce métier nécessite de nombreuses compétences dans la régulation, l'acheminement et la transformation du courant électrique entre les fermes solaires offshores et le réseau sur la terre ferme.  Siemens commercialise non pas des éoliennes, mais un système complet dont il possède la maîtrise. C'est ce qui fait le succès commercial de cette activité. L'option éolienne flottante donnerait à Siemens un degré de liberté supplémentaire pour offrir le choix à ses clients potentiels du lieu d'implantation des fermes éoliennes.

    LIRE le communiqué de Siemens et de StatoilHydro

    Le 11 Juin 2009

  • Quelques infos au sujet des vieilles ressources primaires d’énergie carbo-polluantes

    Quelques infos au sujet des vieilles ressources primaires d’énergie carbo-polluantes

                    CHARBON : la production de charbon dans le monde, en 2008, s'est accrue de 5,3% nous informe BP dans sa revue annuelle. Les croissances de productions au Kazakhstan (+17%), en Turquie (+13%), en Chine (+10%) ou en Inde (+7%) expliquent cette forte croissance. C'est la forme d'énergie primaire dont la production est la plus concentrée au sein d'un tout petit nombre de pays. Le charbon économiquement exploitable n'est pas largement répandu sur le Globe, contrairement à ce que racontent bien des "experts" (FIG.). Les pays exportateurs nets sont peu nombreux (Afrique du Sud, Australie, USA, Indonésie). La réduction des émissions de CO2 dans le monde ne pourra passer que par une réduction des productions de charbon et donc par la fermeture ou la modernisation des centrales électriques qui l'utilisent. Les Etats devront un jour, espérons-le proche, élaborer un plan de fermeture de certaines de ces centrales!

    Energies-primaires-monde-2008 

                 GAZ NATUREL : La Russie a de justesse conservé sa première place mondiale de producteur de gaz naturel, talonnée par les Etats-Unis qui ont affiché en 2008 une croissance des productions de 7,5%. La production de gaz naturel, largement répartie dans le monde et encore sous-exploitée, n'a progressé que de 3,8% tirée par le Qatar (+21%), les Pays-Bas (+11%), la Norvège (+10%) et les Etats-Unis.

                  Il est possible de pronostiquer que la part de production de gaz naturel de la Russie dans les années à venir va connaître une décroissance continue au profit des USA, du Qatar et de l'Iran. Le développement partiel (phase 11) du gisement de South Pars en Iran, le plus grand gisement gazier du monde partagé avec le Qatar, qui aurait du être assumé par Total, le sera par le chinois CNPC qui vient d'obtenir un contrat de 5 milliards de dollars.

                  PETROLE : Les productions de pétrole en 2008 ont sensiblement été étales en moyenne en 2008, mais avec un fort déséquilibre entre les deux semestres. Il est indispensable de lire dans la présentation du Rapport Annuel de BP la conclusion de son patron Tony Hayward: "Nos données confirment que le monde possède assez de réserves prouvées de pétrole, de gaz naturel et de charbon pour répondre aux demandes d'énergie durant les prochaines décennies. Les difficultés que le monde aura à surmonter pour satisfaire aux besoins en énergie ne sont pas dans le sous-sol, elles sont au dessus. Les problèmes ne sont par géologiques, ils sont humains."

                La montée des cours du pétrole actuelle dans un Marché délabré, illustre parfaitement ces propos. Bien des avatars qui arrivent à cette ressource sont d'origines spéculatives ou politiques.

                Obama dispose en ce moment d'une arme formidable pour faire baisser les cours du pétrole: il lui suffirait de menacer le NYMEX, par l'intermédiaire de son gendarme la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), d'imposer des limitations de volumes ou de taxer les échanges de futures et d'options. On assisterait immédiatement à l'affaissement du soufflet des cours du pétrole, totalement manipulés par la spéculation. Mais il n'est pas évident qu'une baisse des cours de l'énergie soit la meilleure méthode pour encourager à une réduction des émissions de CO2 aux Etats-Unis. Cruel dilemme!

                Trop d'énergie a été gaspillée, trop de charbon a été consommé dans le monde en 2008.

    Le 11 Juin 2009

  • Les consommations de pétrole dans les pays OCDE tirées vers le bas en Février  par le Japon

    Les consommations de pétrole dans les pays OCDE tirées vers le bas en Février par le Japon

                        Les consommations japonaises de pétrole en Février 2008 avaient été importantes en raison du froid et de l'indisponibilité de certaines centrales nucléaires. En Février 2009 cette consommation japonaise à 4,7 millions de barils/jour est en baisse de 1,2 millions de barils/jour par rapport au même mois 2008, soit une baisse de plus de 20%. Pour l'ensemble des pays de l'OCDE la baisse des consommations de pétrole ressort à 5,6%, soit une chute des consommations de près de 2,8 millions de barils par jour (FIG.). L'Europe qui consomme des produits pétroliers pour se chauffer, ne participe que faiblement à cette décroissance. L'Allemagne et la France en particulier, s'illustrent par des consommations en hausse. (Source: EIA)

    Baisse-conso-OCDE-2009-02 

    Le 10 Juin 2009

  • Industrie photovoltaïque: les entreprises européennes, parfois en difficultés, doivent raisonner systèmes

    Industrie photovoltaïque: les entreprises européennes, parfois en difficultés, doivent raisonner systèmes

                         Pour satisfaire une marché de haute technologie en forte croissance, il est possible d'adopter deux types de démarches: soit se focaliser sur la production d'un composant clé (le microprocesseur pour Intel, le module photovoltaïque pour Suntech, Q-Cells ou Sharp, la batterie pour Panasonic ou Sanyo) ou bien se rapprocher d'avantage du marché en proposant des systèmes complexes qui vont intégrer la mise en service de tous ces composants, avec de l'intelligence en plus. Dans l'industrie du photovoltaïque il est clair que pour les entreprises européennes qui se réveillent, le train des composants est passé. On a même vu de naïfs financiers  vouloir, en amont, produire du Silicium en Provence (LIRE) et de gros industriels Franco-belges vouloir produire des wafers en Moselle (LIRE), comme si l'intégration verticale était une solution face à la formidable baisse des prix des modules, à moins de deux dollars le Watt crête (LIRE), sous les coups de boutoirs d'une industrie chinoise qui a investi à tout-va (FIG.). Même les très gros du secteur comme Sharp remettent en cause leur modèle de producteur de composant pour évoluer vers un business de vente de technologie et d'équipements, en partenariat avec des associés (Enel en Italie par exemple) qui apporteront le cash et l'accès au marché local (LIRE). Il est possible aujourd'hui d'acheter une ligne de production de modules en couche mince clé et produit en main. Mais il faut savoir que des dizaines d'industriels chinois et taïwanais l'ont déjà fait et cassent les prix d'un produit banalisé présentant des rendements de conversion de 8 à 11%.

    China-polysilicon-map

                     Seul pourrait sérieusement démarrer un développement industriel en Europe, celui qui présenterait un produit avec un rendement de conversion d'au moins 20%, qui serait réalisé en modules de grande surfaces (3 à 5 m2) sur des lignes totalement automatisées de types couches minces. Assembler des wafers un à un ou produire des produits banalisés en couches minces ne présente plus aucun avenir dans un pays comme le nôtre.

                     L'autre voie possible est de se rapprocher du marché et d'imaginer ce que va  être la demande dans les décennies à venir (VOIR  par exemple, le projet SAFT, Conergy, Tenesol). Il est clair que le couplage de modules photovoltaïques à un stockage d'énergie, le tout connecté de façon intelligente au réseau est une voie d'avenir. C'est alors un système complexe où la valeur ajoutée provient du bon choix des composants, de l'intelligence introduite, des fonctionnalités proposées et de l'adéquation fine du produit aux besoins du consommateur final. Ce consommateur peut être un gros investisseur qui installera des fermes solaires, ce peut être aussi une municipalité, une entreprise ou un Supermarché qui voudra installer des bornes de charge de véhicules électriques, ce sera aussi vous qui voudrez moins consommer d'énergie électrique du réseau, en investissant dans un système "smart" de génération locale et de stockage de puissance électrique.

                     Donner la possibilité à une ferme solaire de proposer de l'énergie un heure de pointe, offrir l'opportunité à un foyer d'effacer sa consommation, offrir à un automobiliste la possibilité de recharger son véhicule avec de l'énergie solaire produite sur place, voila quelques objectifs qui méritent attention. Pour réaliser tout cela il faudra beaucoup d'intelligence, savoir produire de l'électricité, savoir la stocker, la transformer dans un onduleur, la compter et la valoriser, la coupler à un "smart" réseau national ou local pour des bornes de recharge. Formidables projets!

                     Il est malheureusement probable que notre Administration, par définition omni-compétente va vouloir dans un élan National de reconquête de Marché vouloir réinventer l'eau tiède et tenter de sponsoriser une industrie de composants, soi-disant créatrice d'emplois. Pauvre France!

    Le 10 Juin 2009

  • Une politique de prêts agressive tend à stopper la décroissance du marché automobile américain

    Une politique de prêts agressive tend à stopper la décroissance du marché automobile américain

                       Il a été souligné ici combien l'impact sur le marché automobile d'un report des décisions d'achats par une minorité de consommateurs pouvait avoir un effet destructeur sur la demande et donc sur la santé économique du secteur (LIRE). Seule une politique agressive sur les conditions financières (prix, primes diverses, conditions de prêts) pouvait à court terme casser ce phénomène de report. Les primes à la casse mises en oeuvre par divers pays européens illustrent parfaitement cet effet. Les Etats-Unis n'ont pas encore eu recours à ce mécanisme bien que soit en discussion au Sénat un éventuel programme "cash for clunkers" qui pourrait aller jusqu'à 4500$ d'avoir par voiture mise à la casse. Mais l'Administration Obama a tout de même fortement agi sur les conditions financières permettant de retrouver des taux du crédit automobile plus favorables.

                    Les chiffres publiés par la FED montrent que les prèts pour l'achat d'un véhicule ont vu leurs taux fortement décroître, à partir du mois de Février (FIG.I), pour passer au dessous des 3%.

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                        En effet les mois de Décembre et Janvier avaient vu les taux de ce crédits dont la durée moyenne est d'environ 5 ans dépasser les 8% ce qui s'était traduit par une baisse du montant moyen du crédit accordé vers les 23000 dollars. Heureusement pour le secteur, depuis, ce montant est revenu vers 28000 dollars et couvre près de 90% du prix d'achat du véhicule (FIG.II, courbe rouge).

    CA-US-automobile-2009-04

                        En supposant que les prix de ventes moyens des véhicules américains soient identiques à ceux qui ont fait l'objet d'un prêt financier, il est possible, avec l'aide des volumes mensuels vendus, d'estimer un Chiffre d'Affaires mensuel de la profession (FIG.II, courbe bleue). Il apparaît alors que l'industrie automobile américaine a connu un terrible plus bas au mois de Janvier 2009 vers 17 à 18 milliards de dollars. Depuis grâce à une remontée des volumes de véhicules vendus et grâce à la remontée des prix moyens d'achat, sponsorisée par des taux de prêts inférieurs à 3%, ce Chiffre d'Affaires mensuel est remonté vers les 26 à 27 milliards de dollars.

                      L'activité est encore loin des 40 milliards de dollars qui redonneraient vigueur au secteur automobile mais il apparaît cependant que l'industrie automobile américaine a connu ses heures les plus noires au tout début de cette année. La mise en place d'une prime à la casse et l'offre de nouveaux modèles dans le courant de l'année 2009 pourraient supporter, sinon accentuer, cette timide reprise.

    Le 8 Juin 2009.