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  • Une centrale au charbon de 1100 MW de plus à Rotterdam, un exemple de la politique énergétique européenne

    Une centrale au charbon de 1100 MW de plus à Rotterdam, un exemple de la politique énergétique européenne

                        En cette période d'élection de nouveaux Députés Européens on ne peut qu'être démoralisé par le communiqué victorieux d'Alstom, se félicitant d'avoir emporté le marché pour une centrale au charbon de 1110 MW que la filiale néerlandaise du vertueux électricien allemand E-On va implanter sur le site de Maasvlakte, dans la zone portuaire de Rotterdam. Mais d'après Alstom cette centrale sera exemplaire. Tout d'abord, comme dans le Dry Martini américain (un verre de gin, deux gouttes de Martini) il sera possible d'ajouter de la biomasse au charbon. Son rendement de Carnot, grâce à une vapeur à 620°C, sera de 46% et enfin, comble du raffinement, les fumées seront traitées pour "réduire les émissions de poussières, de SO2, de CO2 (sic!) et de NOx au minimum. Le tout en réalisant une centrale au charbon avec des taux d'émissions comparables à ceux d'une centrale à gaz (re-sic!)."

                     Non! Monsieur E-On votre CO2 ne sera pas piégé par les tours de lavage des fumées et une centrale au gaz de même génération aurait évacué deux fois moins de CO2! Voila la vérité. Vous avez choisi le charbon pour des raisons économiques et avec l'assurance que les droits d'émissions de CO2 seront longtemps gratuits dans une Europe lourdement germanique.

                    Le silence de certaines Officines écologiques multinationales, siégeant aux Pays-Bas, semble assourdissant!

                    Une immense consolation tout de même: le ciel des Pays-Bas champion européen toutes catégories pour la teneur en CO2 va pouvoir ainsi consolider et conserver son titre durant de longues décennies, pour la plus grande fierté de nos élites de la Commission de Bruxelles voisine (FIG.). Il faut du CO2 pour que poussent les belles plantes!

    Co2_eur 

    LIRE le communiqué d'Alstom.

    Le 7 Juin 2009

  • Fort recul des prix des modules photovoltaïques sur fond de surproduction mondiale

    Fort recul des prix des modules photovoltaïques sur fond de surproduction mondiale

                      Au cours de la plus grande manifestation mondiale photovoltaïque, la conférence Intersolar, qui s'est tenue à Munich, le climat était morose parmi les professionnels. Les prix de marché des modules photovoltaïques étaient officiellement réputés se situer entre 1,6 et 1,7 euro le Watt. Mais d'après Gordon Johnson, analyste chez Hypoalim Securities, les prix pratiqués par les chinois seraient en réalité beaucoup plus bas encore. D'après lui des Sociétés comme Yingli, Suntech ou Trina Solar pratiquent des prix de dumping de l'ordre de 1,6 à 1,7 dollar par Watt soit 1,21 à 1,28 euro/Watt ce qui le rend très pessimiste sur les résultats à venir des entreprises, même les plus performantes comme First Solar.

                   Ces nouvelles ne sont pas du genre à soutenir les cours en Bourse des Sociétés du photovoltaïque dont certains affichent des baisses importantes, comme le Norvégien du silicium REC qui affiche un recul de cours de 10% sur la semaine (TAB.).

    Bourse-cours-2009-06a 

    Le 6 Juin 2009

  • Le rallye sur le pétrole se poursuit sous les encouragements des analystes « experts » des grandes banques

    Le rallye sur le pétrole se poursuit sous les encouragements des analystes « experts » des grandes banques

                            C'est une évidence admise par tous: les cours du pétrole WTI n'ont rien à voir avec l'offre et la demande de cette ressource, mais ils reposent sur des mécanismes de couvertures (hedging) vis à vis de la dépréciation de la monnaie américaine, mécanismes animés et orchestrés par les grandes banques américaines. Cependant pour que ce mécanisme spéculatif se déroule harmonieusement, comme c'est le cas, il est nécessaire que deux conditions soient vérifiées. Tout d'abord il faut une condition de fond, admise par tous, qui rende crédible le mouvement et sa poursuite. En ce moment c'est "la pénurie de pétrole programmée dès que la conjoncture économique va se redresser". Alors on voit les analystes écoutés comme Jeffrey Curry de chez Goldman Sachs expliquer que la hausse va se poursuivre par risque de pénurie et pousser le pétrole vers les 90 dollars et même 95 dollars d'ici à fin 2010. Le même expert il y a six mois pour les mêmes raisons fondamentales voyait le pétrole à 25 $/baril. Il est évident qu'il existe une connexion entre l'avis de ces "experts" et les positions des banques qui les rétribuent, ce dont s'insurgent certains élus américains, accusant ces experts de "rabattre de nouveaux acheteurs" vers le marché.

    Cours-USA-récents-2009-06

                     L'autre condition pour que s'épanouisse la spéculation est liée à l'inflation des volumes de futures et autres options échangées sur le marché. Le Nymex pour le seul WTI sweet crude N°067651 traite en ce moment, sous forme de futures et d'options, plus de 2,5 milliards de barils de pétrole pour une consommation quotidienne américaine de 18 millions de barils. Les sommes en jeu, les volumes d'échange n'ont plus rien à voir avec les volumes physiques de pétrole échangés. Ce n'est plus la demande de pétrole qui fait le cours, c'est la demande de futures et d'options en couverture des fluctuations du dollar. C'est la raison pour laquelle des élus, comme le Sénateur Sanders, du Vermont, demandent à la CFTC, organisme de surveillance et de régulation des marchés des "commodities", de mettre en place des limitations sur les volumes de futures possédés par les grands établissements comme Goldman Sachs ou Morgan Stanley qu'il accuse de manipuler le marché du WTI.  Mais, pour l'instant, ces rares demandes de régulation n'ont pas l'air d'attirer l'attention de l'Administration américaine, les cours du pétrole ne semblent pas tellement la passionner.  

                   La conséquence de cette situation est que le cours du pétrole va être étroitement lié à la future évolution du dollar. Il est donc imprévisible. En effet les fondamentaux des déséquilibres budgétaires et de balances commerciales américaines depuis bien longtemps appellent à une dévaluation du dollar, mais en face, les faiblesses économiques de la Zone Euro ainsi que les querelles sur les tactiques à adopter au sein de la BCE, tendent à valoriser le dollar par rapport à l'euro. En attendant les indices des prix de l'énergie du mois de Mai et du mois de Juin vont repartir à la hausse.

    Le 6 Juin 2009

  • La i-MiEV électrique de Mitsubishi Motors aura une autonomie à pleine charge de 160 kilomètres

    La i-MiEV électrique de Mitsubishi Motors aura une autonomie à pleine charge de 160 kilomètres

                                                                            I-MiEV-charge Mitsubishi Motors annonce le lancement en vraie grandeur de son premier véhicule électrique, avec une flotte de 1400 véhicules qui va être louée en 2009 au Japon à diverses administrations ou Sociétés. Le lancement commercial grand public ne débutera qu'en Avril 2010. Les caractéristiques énergétiques de ce produit d'une masse de 1100 kg, équipé d'une batterie Li-Ion de 16 kWh (330V x 50Ah) consommera 125 Wh/km et présentera une autonomie en mode urbain de 160 km à pleine charge. Le constructeur estime donc que la récupération d'énergie au freinage permettra de réduire la consommation moyenne à 100 Wh/km.

                        Bien entendu ces nouvelles unités de consommation d'énergie ne nous parlent pas encore. Il est donc important de savoir que 10 kWh pour parcourir 100 kilomètres c'est l'énergie contenue dans un litre de carburant (9,6 kWh pour l'essence et 10,7 kWh pour le gasoil qui est plus dense). Mais comme l'essentiel de notre électricité provient encore de chaudières assujetties au rendement de Carnot, cette énergie électrique qui a été produite, acheminée et convertie dans un chargeur, représente en réalité 3 fois plus d'énergie thermique. Dans les conditions actuelles de génération d'électricité cette voiture va donc consommer l'équivalent de 3 litres de carburant aux cent kilomètres.

                     Le jour où cette électricité proviendra de modules solaires, ce que je viens de dire ne sera plus vrai. Réellement il est impossible d'arrêter le progrès.

    LIRE la notice de la i-MiEV

    Le 5 Juin 2009

  • Mitsubishi Heavy Industries veut doubler ses ventes en dix ans dans le nucléaire

    Mitsubishi Heavy Industries veut doubler ses ventes en dix ans dans le nucléaire

                     Mitsubishi Heavy Industries (MHI) est un acteur mondial majeur dans le domaine des équipements pour l'énergie. Avec un chiffre d'affaires 2008 de sa Division Power Systems en croissance de 28% à 12 milliards de dollars, MHI affiche ses ambitions de vouloir s'impliquer dans tous les domaines qui touchent à l'énergie et à ses préoccupations environnementales. Acteur majeur dans les centrales à gaz à cycle combiné, familiarisé avec le captage du CO2 grâce à ses unités de production d'urée, MHI gère un projet de démonstration d'une unité pilote de 250 MW de type IGCC dans laquelle le charbon qui sert d'énergie primaire est préalablement gazéifié. Cette unité de Nakoso, à côté de Tokyo, a déjà fonctionné durant 2000 heures. Elle va démarrer un programme de production de 5000 heures qui doit utiliser divers types de charbons de basse qualité. L'objectif final est de coupler cette centrale avec une unité de captage du CO2 (FIG.I).

    MHI-IGCC-Nakoso 

                        Dans ce cadre général MHI annonce également vouloir devenir un acteur industriel dans les batteries au Lithium pour le stockage de l'énergie électrique, en tampon avec des modules photovoltaïques ou des éoliennes (FIG.II).

    MHI-energy-division  

                      Mais c'est dans le nucléaire que MHI porte également de grandes ambitions. Il estime pouvoir doubler son chiffre d'affaires dans le domaine de 3 milliards de dollars environ en 2008, à 6 milliards de dollars dans une dizaine d'années. Pour cela, il table sur un marché mondial hors Chine (réservé aux entreprises chinoises) de 130 nouvelles centrales d'ici à 2030, soit environ 6 usines par an environ. MHI espère se réserver deux réacteurs par an en proposant deux types de produits: soit le réacteur de 1700 MW US-APWR qu'il a développé pour le marché américain, soit le réacteur de 1100 MW Atmea en cours de développement avec AREVA. Ce type de réacteur devrait être parfaitement adapté aux réseaux de puissances limitées des pays de faibles tailles. Enfin MHI retirera des profits de son activité combustible, conjointe avec AREVA (LIRE). On le voit les activités de MHI et d'AREVA seront de plus en plus liées, ce qui sera fondamental pour se présenter, pour l'un comme pour l'autre, comme un acteur majeur de la filière nucléaire.

    Le 5 Juin 2009.

  • Comparons la puissance spécifique de la ferme photovoltaïque du Lauzet à d’autres options vertes

    Comparons la puissance spécifique de la ferme photovoltaïque du Lauzet à d’autres options vertes

    E-On_le_lauzet                          E-On annonce qu'il vient d'inaugurer sa première ferme solaire qui est située dans les Alpes de Haute-Provence, dans la commune Le Lauzet (l'éclair en langue d'oc, non prédestiné). Cette ferme qui devrait atteindre 5 MW de puissance crête, est située sur une surface de 20 hectares et devrait jouir d'un ensoleillement de 1400 heures par an (16% du temps) nous informe E-On.

                           Si l'on en croit ces informations ce sont donc 5 x 1400 = 7000 MWh d'énergie électrique que devrait environ générer cette ferme solaire, ce qui correspond à une puissance moyenne de 0,8 MW pour les 8760 heures que compte une année de 365 jours. Compte tenu de la surface mise en jeu cette ferme photovoltaïque va produire une puissance électrique moyenne de 4 W/m2.

                     Il faut comparer ces 4 W/m2 aux puissances spécifiques moyennes des biocarburants pour se convaincre que cette puissance est 4 fois supérieure à celle issue des cultures de palme malaises les plus modernes. Ce n'est pas si mal! Il reste cependant des progrès à faire pour atteindre les 28W/m2 des meilleurs modules du moment, occupant 75% de la surface au sol, sous des climats où l'ensoleillement atteint ou dépasse 1800 heures par an.

                     Cette puissance par unité de surface est importante, même en plein désert. C'est en effet elle qui va déterminer une partie des coûts d'installation des modules et les longueurs de câbles qui feront un jour l'essentiel du prix de revient d'une ferme solaire. Les coûts par MW baisseront avec les surfaces nécessaires.

    Puissance-annuelle-comparée 

    LIRE le communiqué d'E-On.

    Le 4 Juin 2009

  • Compétition entre Honda et Toyota hybrides sur le marché japonais

    Compétition entre Honda et Toyota hybrides sur le marché japonais

                          Honda avec son Insight hybride avait conquis la première place des ventes au Japon au mois d'Avril avec 10481 exemplaires immatriculés, au mois de Mai ce modèle régresse à la troisième place avec 8183 exemplaires. C'est au tour de la Toyota Prius Gen.III de prendre la tête avec 10915 exemplaires immatriculés au mois de Mai, la deuxième place étant prise par la petite Honda Fit.

                         La compétition entre les deux premiers constructeurs japonais dans le domaine des véhicules hybrides s'annonce  particulièrement vive, mais pour l'instant la course mondiale va être limitée par les capacités de production de chacun des modèles.

    Ventes-Prius-Japon 

    Le 4 Juin 2009

  • Les analystes boursiers se préoccupent des futures charges liées aux émissions de CO2 par les entreprises

    Les analystes boursiers se préoccupent des futures charges liées aux émissions de CO2 par les entreprises

    Carbon-footprint                         Jusqu'à maintenant, aux Etats-Unis, larguer du CO2 dans l'azur était "free of charge". Mais sous l'impulsion de l'Administration Obama et dans certains délais (2013?), il se pourrait que les Entreprises américaines soient soumises aux règles du Cap and Trade qui se traduirait, sous une forme ou une autre, par de nouvelles charges financières liées aux quantités de CO2 et autres gaz à effet de serre émises. La Société d'analyse Trucost, agissant pour l'Investor Responsability Research Center, vient de publier une étude intitulée "Carbon Risks and Opportunities in the S & P 500" dans laquelle elle analyse la sensibilité de chacune des entreprises au risque carbone. Sur les 2,17 milliards de tonnes de CO2 émises par ces entreprises en 2007, ce sont les entreprises du Secteur des Utilities (essentiellement la génération de courant) qui émettent 59% des gaz à effet de serre étudiés. D'après l'étude les charges liées aux émissions de CO2 pour les 34 entreprises étudiées, pourraient réduire de 45% les profits de ce secteur. 

                             Le risque financier va donc devenir de plus en plus pesant et l'étude demande en particulier que les émissions de GHG soient clairement reportées dans le bilan des Sociétés. Les émissions de CO2 vont devenir un des paramètres d'analyse économique des Sociétés cotées.

                              Mais ce risque est de plus en plus intégré par les producteurs d'électricité américains. Leurs annonces précisent toutes une volonté politique de désengagement partiel vis à vis du charbon. C'est le cas par exemple de LS Power qui vient d'annuler deux projets de centrales au charbon, l'une dans l'Iowa, l'autre dans le Michigan et qui envisage de construire une centrale au gaz naturel de 780 MW dans le Minnesota qui serait complémentaire des projets d'éoliennes du Midwest. C'est le cas également de PacifiCorp qui se projetant en 2018 estime que sa capacité de génération de courant "vert" atteindra 18,5% de la capacité totale. Couplée avec de la génération au gaz naturel PacifiCorp estime que la part charbon passera de 58% aujourd'hui à 40,6% en 2018. Grâce à ces évolutions "l'intensité carbone" de ses productions d'énergie électrique passera de 0,8 tonnes de CO2 par MWh à 0,53 tonnes en 2018.

                             Parallèlement le producteur de charbon des Appalaches, Foundation Coal, annonce une réduction de ses livraisons et des licenciements de 60 personnes. Il est engagé dans un processus de fusion de 2 milliards de dollars avec Alpha Resources.

                             Toutes ces nouvelles illustrent la révolution industrielle qui se prépare aux Etats-Unis dans le domaine de la génération de courant. Ces informations contrastent avec l'inertie de la politique énergétique en Europe qui repose largement sur les centrales électriques au lignite et au charbon allemandes et qui profitent, sans aucun stress, des attributions gratuites de droits d'émissions de CO2 de la Commission Européenne. Politique d'opérette énergétique sur fond de bla-bla pseudo écologique.

    LIRE le résumé de l'étude.

    Le 4 Juin 2009.

  • Des reports d’achats limités de la part des consommateurs, plongent l’industrie automobile dans une longue crise

    Des reports d’achats limités de la part des consommateurs, plongent l’industrie automobile dans une longue crise

                      Les chiffres du mois de Mai de ventes de voitures aux Etats-Unis sont toujours aussi mauvais: chute des ventes de 37% pour les berlines par rapport au même mois de 2008 et chute des ventes de 23% pour les ventes de 4X4 qui avaient déjà chuté de 24% un an auparavant. C'est donc une lente et longue érosion à laquelle on assiste. Pour montrer l'impact des phénomènes de report d'achat sur les ventes et analyser ce qui pourrait faire cesser cette crise, je vous propose de réaliser une simulation très simple de ces phénomènes.

    Simulation_achats_échelonnés 

                     Supposons un effectif de 12 Groupes de 3600 citoyens qui remplacent régulièrement leurs voitures tous les trois ans. Le client idéal pour tout concessionnaire. Pour des raisons de climat économique, de finances personnelles, de difficultés rencontrées pour obtenir un crédit ou de nouveaux choix de mode de vie nous allons supposer qu'au sein de chacun des groupes 60% des individus ne changent rien à leur comportement, 10% vont repousser leur achat de 12 mois, 10% de 18 mois, 10% de 24 mois et 10% de 36 mois. Un à un, chacun des groupes va accéder à ce nouveau mode de consommation échelonné sur 12 mois. Ceci permet de simuler l'impact de nouvelles contraintes échelonné sur un an au sein d'une population. Les achats de voitures de ces 43200 citoyens qui auparavant achetaient régulièrement 1200 voitures par mois sont représentés par la FIG.I.

                      Cette courbe montre la chute régulière des ventes sur un an qui est notre hypothèse, mais elle montre surtout la lenteur de la remontée échelonnée sur trois ans qui est la caractéristique des sorties de crises de ventes de voitures (on suppose naïvement ici que la crise passée tout le monde reprend son rythme antérieur d'achat). La lente reprise des ventes européennes après la crise de 1993  est un exemple de ce phénomène de rétablissement lent (FIG.II).

    Immatriculations-europe-1990-2008

                      La même courbe, exprimée en variations de ventes par rapport à il ya a 12 mois montre qu'il faut attendre le mois N° 22 pour repasser en variation positive (FIG.III).

    Simulation_achats_échelonnés_M-12  

                        Cet exercice montre simplement l'impact dévastateur des reports de décision d'achat sur un segment de l'économie. Dans un tout autre domaine, les démographes connaissent bien les effets positifs d'anticipation de naissances (baby-boom) ou négatifs de report de naissance (deuxième transition démographique actuelle) sur le résultat de la natalité par pays.

                       Pour lutter contre la crise il est donc nécessaire de casser ce mécanisme des reports d'achats. L'outil le plus efficace à court terme est l'incitation financière (baisse des prix, prime écolo, prime à la casse). Il est très étonnant que l'Administration Obama n'ait pas mis en route une prime à la casse qui avait été pourtant évoquée fut un temps. Mettre quelque vieux 4X4 américains à la casse serait une mesure de salubrité publique. En Europe cette mesure salutaire est peu à peu généralisée (Grande-Bretagne, Espagne) et prorogée (Allemagne).

                       Mais à moyen et long terme l'arme la plus efficace réside dans l'offre de nouveaux modèles plus attractifs, répondant mieux aux attentes du moment qui doivent inciter le consommateur à vouloir se faire plaisir. Ceci passe par plus de créativité et par des améliorations techniques complexes telles que les voitures hybrides, rechargeables ou non, peut-être hors d'atteinte de certains constructeurs américains. Il faut donc être pessimiste sur l'efficacité des mesures prises par l'Administration Obama, leurs effets seront lointains. C'est peut-être la grosse erreur que commet Obama en ce moment: il sous-estime la viscosité d'un monde automobile utilisant des technologies dépassées. Changer de génération technologique sera un processus long, sinon inaccessible à ceux qui sont les plus largués. Seuls pour l'instant, les constructeurs japonais disposent de produits susceptibles de relancer une demande américaine essouflée. Mais encore faut-il que leurs productions montent en cadence. A suivre!

    Le 3 Juin 2009.

  • La Chine voudrait produire plus de 500 TWh d’énergie électronucléaire en 2020

    La Chine voudrait produire plus de 500 TWh d’énergie électronucléaire en 2020

                         Ceci a été récemment reporté: la Chine est encore un acteur de deuxième ordre dans la génération nucléaire d'électricité avec 65 TWh produits en 2008 (LIRE). A titre de comparaison la France a produit 418 TWh d'électricité d'origine nucléaire en 2008. Mais la Chine a des plans ambitieux dans le domaine et désirerait même les faire monter en puissance. D'après Zhang Guobao, le patron de la National Energy Administration, le plan de croissance de la puissance électronucléaire est en cours de révision, avec pour objectif de pouvoir le porter des 60 GWe prévus jusque là, à plus de 72 GWe en 2020. A raison de 7,5 TWh d'énergie annuelle produite par GW (taux de charge de 86%) ce sont donc plus de 540 TWh d'énergie électronucléaire dont la Chine disposerait à cette date.

                          Les réacteurs à lancer d'ici à 2016 seraient aux environs de 60, ce qui en tenant compte des 14 réacteurs déjà lancés nécessitera de maintenir ou de légèrement accroître le rythme d'engagement actuel. Pour les spécialistes, la Chine devrait standardiser ses productions autour du CPR-1000 français ou de l'AP 1000 de Westinghouse qui seraient produits presque entièrement par les industries locales chinoises. Vaste programme (FIG.).

    Nuc_Chine 

    Le 2 Juin 2009.