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  • De bonnes et de mauvaises nouvelles pour le photovoltaïque en Europe

    De bonnes et de mauvaises nouvelles pour le photovoltaïque en Europe

    Breaking-news                        Les bonnes nouvelles viennent du Sud de l'Europe, là où il y a du soleil. Le gouvernement italien aurait l'intention de pousser plus à fond l'énergie photovoltaïque. Des 450 MW couramment installés, le marché pourrait atteindre 800 à 900 MW cette année et croître jusqu'à 1200 ou même 1300 MW en 2010 et au delà. C'est ce qu'à déclaré Gerardo Montanino Directeur General chez GSE (Gestore dei Servici Elettrici), Société d'Etat italienne en charge des énergies renouvelables. Cette information serait cohérente avec l'arrivée annoncée de la technologie Sharp en Italie, au travers de l'accord de coopération et de production à partir de fin 2011 de modules en couches minces triple jonction avec ENEL. L'Italie a sûrement l'opportunité de devenir un acteur majeur du photovoltaïque en Europe, avec, entre autres, ses propres productions.

                     Les mauvaises nouvelles viennent du Nord là où les brumes et le soleil rasant se moquent des industriels du solaire. Le N° 1 mondial 2008, l'allemand Q-Cells va se séparer des actions qu'il détient dans l'industriel du Silicium norvégien REC et qui représentent 17,2% du capital. Les deux Groupes souffrent de la conjoncture déprimée et de la concurrence asiatique. Q-Cells se désengage ainsi d'un fardeau important et va récupérer quelques liquidités. REC demeure le fournisseur de Q-Cells et ils possèdent en commun une filiale, Sovello, qui produit des wafers selon le procédé en continu d'Evergreen et dont l'activité n'est pas bonne et les dettes importantes. L'ensemble de la profession qui a fortement investi est pris à contre pied par le fort ralentissement de la demande et la chute des cours du silicium.

    Le 7 Mai 2009

  • Cours du pétrole: nouveau rallye ou simple poussée de fièvre?

    Cours du pétrole: nouveau rallye ou simple poussée de fièvre?

                         Les largesses de l'Administration Obama font imaginer par certains, de plus en plus nombreux, que tout cela finira dans l'inflation et la baisse du dollar. Cette défiance montante vis à vis du billet vert pousse donc les gestionnaires à se couvrir en achetant du papier adossé aux cours des produits pétroliers, du pétrole, du gaz naturel ou autres commodities. L'essence par exemple profite d'un vif intérêt de la part des spéculateurs, en raison du contrôle exercé par les raffineurs américains sur les stocks qui limitent leurs productions et de la croissance des consommations aux Etats-Unis avec l'arrivée des beaux jours. On assiste donc à un rallye sur les prix de l'essence qui tirent vers le haut les cours du WTI (FIG.II) avec un spread de 12$/baril ce qui constitue une excellente affaire pour les raffineurs.

     Cours-USA-récents-pétrole-2009-05 

    La corrélation entre cours de l'euro en dollar et cours du pétrole est toujours pertinente (FIG.I).

    L'objectif de cours de 60$/baril ou mieux de 45 euros/baril semble être à portée de main.

    Cours-USA-récents-essence-2009-05

                          La certitude que les prix de l'énergie ne pourront pas rester longtemps à des cours bradés, que les crises économiques, même graves, connaissent toujours une fin, que le risque de voir les cours pétroliers reculer est très faible va inciter les spéculateurs à pousser les feux des cours du pétrole. Le seul débat est de savoir à partir de quel seuil le jeu s'arrêtera. Les expériences passées nous ont appris que toute prévision dans ce domaine était potentiellement erronée. Alors, 60$ disent les uns, 75$ disent les autres. Fixez vous-mêmes l'objectif, il aura autant de chance d'être réalisé que ceux-ci!

                          Ce n'est pas la demande en pétrole qui fait le cours, c'est la demande en papiers adossés aux cours des produits pétroliers. La nuance a une énorme importance et permet bien des fantaisies. A suivre!

    Le 7 Mai 2009.

  • La Russie va lancer la construction d’une centrale nucléaire offshore de 70MW

    La Russie va lancer la construction d’une centrale nucléaire offshore de 70MW

    Centrale-offshore                             C'est RIA Novosti qui nous apprend que la Russie va lancer, à Saint Petersbourg, la réalisation d'une mini centrale nucléaire offshore de 70MW. C'est une première mondiale qui devrait être opérationnelle à la fin 2012. Cette unité serait réalisée par le consortium Rosatom pour l'équivalent d'un peu plus de 300 millions de dollars. D'après l'article l'intérêt pour un tel générateur est important dans le monde, en particulier dans les régions en manque de puissance électrique. Cette centrale serait donc le modèle de démonstration pour une commercialisation ultérieure.

                             Ces projets de mini centrales nucléaires, clones des réacteurs de sous-marins et autres porte-avions atomiques, disséminées un peu n'importe où, posent tout de même un problème majeur potentiel de sécurité,… à moins que l'usage ultime soit militaire.

    LIRE l'article de RIA Novosti.

    Le 6 Mai 2009

  • L’Administration Obama veut multiplier par quatre les productions américaines de biocarburants

    L’Administration Obama veut multiplier par quatre les productions américaines de biocarburants

                           S'il est un domaine où le Président Obama poursuit la politique de son prédécesseur c'est celui des biocarburants. En 2008 la production de biocarburants américaine a été de 9 milliards de gallons d'éthanol de maïs et de 650 millions de biodiesel. Les raffineries américaines consomment en ce moment 600 mille barils par jour de fuel éthanol qui sont mélangés à l'essence. Une très faible part, de l'ordre de 5% est importée.  Ce chiffre est à rapprocher au 8,8 millions de barils/jour d'essence consommés par les Etats-Unis. L'éthanol représente donc 7% en volume de la consommation américaine d'essence. Le Secrétaire du Departement de l'Agriculture, Tom Vilsack, ayant affirmé que le Président Obama voulait que les biocarburants soient une "part intégrante de l'économie américaine", s'est réuni avec Steven Chu et la patronne de l'EPA Lisa P. Jackson, le trio des biocarburants ou Biofuels Interagency Working Group.

    Prod-US-1980-2008 

                          De cette réunion est sortie la décision, en conformité avec l'Energy Independance and Security Act de 2007, de l'Administration Bush, que la production de biocarburants américaine serait portée à 36 milliards de gallon en 2022 soit 2,4 millions de barils/jour. L'objectif est donc de multiplier par quatre en 12 ou 13 ans les volumes de biocarburants produits aux Etats-Unis. Le mix indiqué aujourd'hui donne la part du lion à l'éthanol (31 milliards de gallons), ouvre la porte aux biocarburants avancés comme les butanols (4 milliards de gallons) et ne prévoit qu'une croissance limitée des productions de biodiesels (1 milliard de gallons) mais il a largement le temps d'évoluer au profit des nouveaux biocarburants, moins polaires et donc plus miscibles à l'essence que l'éthanol.

                         Pour stimuler cette évolution sous forme d'aides diverses, le DOE affirme disposer de 786 millions de dollars et l'Agriculture de 1,1 milliards de dollars avance l'Agence Bloomberg.

                         Une projection en 2022 avec une consommation d'essence américaine de l'ordre de 8 millions de barils/jour résultant d'une décroissance des consommations des nouvelles voitures et d'une croissance du parc automobile, ce sont donc 30% du carburant essence qui proviendront de la biomasse. Il faudra donc fermer quelques raffineries d'ici là!

                        Cette industrie des biocarburants américaine qui par impératif logistique demeurera une activité locale, en relation directe avec le monde paysan au niveau du canton, fera de plus en plus appel à des technologies innovantes d'économies d'énergies, de réactions enzymatiques complexes permettant d'utiliser les déchets cellulosiques du maïs ou d'autres cultures pour produire de l'éthanol mais aussi des butanols. Une industrie agricole qui fournira l'alimentation des cheptels environnants et utilisera la fermentation des lisiers pour ses besoins en énergie. Phalanstère moderne qui déplait tant aux écologistes urbains, des salons à l'air conditionné.

    LIRE les annonces de la Maison Blanche sur le sujet.

    Le 6 Mai 2009.

  • Réduisons nos émissions de CO2 dit l’Europe, bâtissons des centrales au charbon répond la Pologne

    Réduisons nos émissions de CO2 dit l’Europe, bâtissons des centrales au charbon répond la Pologne

                       La Pologne ne veut pas dépendre du gaz importé de Russie, il n'y a là que bon sens et leçons de l'histoire. Mais l'absence de toute politique énergétique cohérente européenne la conduit à construire des centrales au charbon. C'est ainsi que le deuxième Groupe énergétique polonais, Tauron Polska Energia, va accroître de 900MW  la capacité de génération d'énergie électrique de sa centrale Elektrownia Blachownia située dans le sud du pays. Cet investissement réalisé à part égale avec un Groupe minier, KGHM, est une des étapes qui devraient permettre de porter en 2012 la capacité de génération de cette usine à 3000 MW ou mieux, en changeant d'unité, à 3000 tonnes de CO2 à l'heure!

                     Décidément le charbon et le lignite polonais, deuxièmes européens, ont de beaux jours devant eux! N'est-ce pas, Monsieur le Commissaire Pielsbag?

    Conso-EUR27-2007  

    Le 5 Mai 2009

  • Pendant que la France joue au meccano ABB et Siemens travaillent : un exemple les transmissions de puissance électrique HVDC

    Pendant que la France joue au meccano ABB et Siemens travaillent : un exemple les transmissions de puissance électrique HVDC

                            Le pôle transmission et distribution d'AREVA fleuron de la technologie française dans l'acheminement massif et intelligent de l'énergie électrique, a réalisé un chiffre d'affaires en 2008 d'un peu plus de 5 milliards d'euros et a vu ses entrées de commandes régresser de 7% au premier trimestre 2009 à 1,47 milliards d'euros. Pour bien positionner ce pôle tant convoité par Alstom qui veut le récupérer après l'avoir cédé, beaucoup plus mal en point, par des temps difficiles, il faut tout d'abord savoir que les activités équivalentes chez Siemens pèsent deux fois plus lourd et trois fois plus chez ABB (FIG.I).

                            Au sein de ces activités les technologies de transfert d'énergie électrique en courant continu et haute tension (HVDC) ou ultra haute tension (UHVDC) sont particulièrement en pointe, en particulier chez les grands concurrents européens d'AREVA. Cette technologie qui utilise le courant continu présente des avantages clés qui la rendent incontournable pour de grandes applications énergétiques du moment.

    AREVA-Siemens-ABB 

                    Tout d'abord, elle est indispensable pour les interconnexions entre les grandes zones qui possèdent des normes de courant alternatif différentes et qui sont donc asynchrones. En Europe par exemple l'Irlande, la Grande-Bretagne, les Pays Nordiques, l'Europe de l'Ouest ont des réseaux différents qui nécessitent des interconnexions en courant continu. De nombreuses liaisons sont déjà actives (FIG.II), mais ABB vient par exemple de remporter récemment un contrat pour relier l'Irlande au Pays de Galle par une liaison sous-marine HVDC de 200 kV et 500 MW, longue de 186 km.

    HVDC-Europe-7  

    Ensuite cette technologie est indispensable pour les liaisons sous marines à longue distance, en effet contrairement au courant alternatif qui génère une puissance réactive dans les câbles, le courant continu n'est pas concerné par ce phénomène. Il est donc obligatoire de l'utiliser. De plus les pertes en lignes sont réduites et cela d'autant plus que la tension de la liaison est élevée. C'est pour cela que les liaisons à très longues distances(plus de 1000 km) font de plus en plus appel à des technologies d'ultra haute tension de 800 kV aujourd'hui et de 1000 ou 1100 kV demain. La Chine et l'Inde sont les deux grands pays les plus intéressés par ces technologies qui vont permettre de transmettre à longue distance (2000 km ou plus) l'énergie de barrages alimentés par les eaux de l'Himalaya par exemple.

    HVDC-Asia

                    Enfin cette technologie sous sa forme la plus moderne, grâce à des systèmes modulaires, appelés HVDC Light chez ABB ou bien HVDC Plus chez Siemens, est parfaitement adaptée pour transporter quelques dizaines ou centaines de MW sur longues distances. Ces solutions trouvent tout naturellement des applications dans les champs d'éoliennes offshore, dont Siemens est le leader mondial et derrière lequel AREVA court derrière avec Multibrid en Allemagne.

                    La faible part de marché d'AREVA dans ces applications d'avenir de transmission d'énergie électrique sur grandes distances devrait inquiéter nos responsables. Le vrai problème aujourd'hui n'est pas de savoir s'il faut rattacher le pôle transmission et distribution à Alstom ou le laisser à AREVA. Le problème est de savoir si par un effort de développement majeur d'AREVA ou d'Alstom, cette activité est capable de recoller au peloton des technologies UHVDC et autres Smart Grid ou bien s'il faut, une fois de plus, qu'une activité à Direction française se laisse complètement larguer par les concurrents.

                    La politique industrielle des entreprises françaises pilotée à partir du Palais de l'Elysée constitue un modèle original de management stratégique qui risque de souffrir de quelques lacunes graves de pertinence. Il n'est pas évident que ces interventions répétées soient une chance pour le prompt rétablissement du tissu industriel français. Dans tous les cas, l'arrivée de Spinetta chez AREVA ne pouvait pas être plus lamentable. Espérons qu'il trouvera le bon chemin qui passe par le Japon et une alliance avec la partie nucléaire de Mitsubishi Heavy Industries.

    Le 4 Mai 2009.

  • Et si toute la politique écolo-énergétique d’Obama n’arrivait qu’à promouvoir l’utilisation du gaz naturel?

    Et si toute la politique écolo-énergétique d’Obama n’arrivait qu’à promouvoir l’utilisation du gaz naturel?

                           Un gaz naturel aux prix bradés à mois de 3.5 dollars par MMBTU, des méthaniers géants en manque de clients en Europe qui viennent vider leur chargement de GNL dans les terminaux de regazéification de Louisiane ou du Texas, un Qatar qui a surinvesti en moyens de liquéfaction et de transport, en ces périodes de crise. Tout milite pour que le gaz naturel devienne la ressource énergétique de base des centrales électriques américaines. C'est l'analyse qu'en fait l'analyste Michael Zenckler, de Barclay's Capital, qui prévoit que 6000 MW de puissance électrique vont basculer cette année, du charbon vers le gaz. Sur le papier ce sont 16000 MW qui pourraient basculer, le principal frein étant les contrats à long terme d'approvisionnement en charbon établis entre les grands électriciens et les Groupes miniers.

    US-electric-superhighways  

                       Mais la politique de "Cap and Trade" des émissions de CO2 souhaitée par le Président et en préparation au Congrès américain va venir tôt ou tard pénaliser le charbon américain et donc avantager les énergies primaires concurrentes. Pour Guy Caruso, l'ancien patron de l'Energy Information Administration, fraîchement débarqué avec l'arrivée d'Obama, la mise en place d'un dispositif de taxe des émissions de CO2 pourrait faire passer la part du charbon dans la génération d'électricité américaine de 50% à moins de 40%. Cette baisse de génération d'électricité par le charbon serait essentiellement remplacée par le gaz et le nucléaire, les énergies renouvelables n'ayant pas la capacité de prendre le relai.

    Que faut-il penser de ce point de vue qui a été largement repris par les médias américains? 

                      Tout d'abord il faut souligner que le principal handicap des énergies renouvelables aux Etats-Unis c'est l'acheminement du courant des zones de productions vers les zones urbaines de consommation. Des milliers de MW éoliens ou solaires en projets attendent la mise en place d'une ligne électrique qui permettra d'évacuer la puissance électrique produite. Or la mise en place des infrastructures ad' hoc va demander de promulguer de nouvelles lois fédérales adaptées à ce problème, elle va se heurter à des oppositions les plus diverses et des conflits d'intérêts, ce sont donc des années qui seront nécessaires pour instruire les projets, les financer et lancer leur réalisation. Ce point milite donc pour conforter le point de vue de Caruso.

                       En ce qui concerne l'énergie nucléaire, c'est le silence radio le plus complet de la part de l'Administration en place. Le sujet semble être tabou. Le Président est contre, l'opinion publique est majoritairement pour, alors on la ferme! C'est le Sénateur Lamar Alexander du Tennessee qui vient mettre les pieds dans le plat: "Si les Démocrates veulent parler d'énergie, de changement climatique et de la qualité de l'air ils devraient promouvoir l'énergie nucléaire américaine en la mettant au centre, en première ligne…mais au lieu de cela, ils répondent au problème en termes de milliards de subventions pour les énergies renouvelables…Quand les Républicains préconisent de construire 100 nouvelles centrales nucléaires dans les 20 ans à venir, leur réponse est qu'il n'y a pas la place pour stocker les déchets…Nous répondons mais recyclez donc les déchets, comme cela se fait en France! La réponse est alors: "Non, nous ne pouvons pas"!". L'avenir de l'énergie nucléaire américaine semble pour l'instant très incertain. Il est cependant une évidence, les Etats-Unis ne peuvent pas se laisser distancer dans le nucléaire par le Japon ou l'Europe. Il faudra bien qu'Obama promulgue, tôt ou tard, un programme minimum de survie de cette industrie.

                         Au nucléaire près, l'opinion de Caruso semble donc évidente: l'abandon d'une partie de la génération de l'électricité au charbon aux Etats-Unis se fera au profit du gaz. Les nouvelles centrales à cycles combinés avec des rendements frisant les 60% sont de formidables outils pour réduire par trois les émanations de CO2 des vieilles centrales au charbon des années 50. Elles permettent de supprimer également les rejets en divers polluants et les cendres toxiques des centrales au charbon. Heureux américains!

                         Vouloir faire la révolution dans un domaine aussi complexe que l'énergie dans un Etat Fedéral complexe est sûrement une erreur fondamentale que sont en train de commettre Obama et ses conseillers. Mais quel que soit le nouveau métier que l'on entreprend dans la vie, de l'artisan à l'ingénieur ou au Président des Etats-Unis, ne faut-il pas quatre ou cinq ans de pratique et d'échecs pour en posséder toutes les ficelles?

    Le 3 Mai 2009.

  • Le cours de First Solar bondit sur les bonnes nouvelles, celui de Vestas en fait de même sur de mauvaises perspectives

    Le cours de First Solar bondit sur les bonnes nouvelles, celui de Vestas en fait de même sur de mauvaises perspectives

                               Le cours de First Solar, entreprise américaine du greenbusiness photovoltaïque, s'est apprécié de 23% cette semaine après la publication de ses résultats trimestriels qui démontrent la qualité du modèle  de cette entreprise qui s'appuie sur une technologie très économique, en couches minces et des productions en Malaisie, qui en fait le producteur leader mondial en termes de prix de revient, à moins d'un dollar par Watt (LIRE). L'action First Solar à 180$ a gagné 31% depuis le début de l'année mais elle est encore loin des 245$ obtenus à fin 2007. Paradoxalement le cours de l'action Vestas, un des très grands de l'éolien, mais qui rencontre des difficultés dans son plan de charge, voit également son cours s'apprécier de 17%, effet de l'annonce de licenciements de 1900 employés en Europe (LIRE). La situation économique de Vestas semble bien plus grave qu'il n'y parait: gérée par des amateurs qui n'ont connu que la croissance, débarquée de l'éolien offshore par Siemens, investissant partout dans le monde sans recherche de rationalisation industrielle, il faut anticiper de lourdes difficultés pour Vestas dans les trimestres à venir, sous les coups d'une vive concurrence aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis.

                              Enfin signalons la rechute de THEOLIA en France et la poursuite de la descente de Pacific Ethanol, vers les enfers du Chapter 11.

    Bourse-cours-2009-05a 

    Le 3 Mai 2009

  • Evergreen dans le rouge entame la quête du Watt photovoltaïque à un dollar

    Evergreen dans le rouge entame la quête du Watt photovoltaïque à un dollar

                              La technologie Evergreen parmi les professionnels des industries du photovoltaïque, est renommée pour son procédé de production de wafers en continu, basé sur l'obtention d'un fin ménisque de Silicium fondu entre deux fils: c'est le procédé String Ribbon. Malgré cet avantage technologique important, en raison de faibles volumes de production (18 MW au premier trimestre 2009) et de placements aventureux (Evergreen vient de passer en perte un prêt de près de 44 millions de dollars accordé en 2007 à Silicium de Provence, Société en redressement judiciaire en France) Evergreen, trimestre après trimestre, est toujours dans le rouge (pertes de plus de 64 millions de dollars au premier trimestre).

    Evergreen-string-ribbon-process 

                              Au cours de ce trimestre écoulé il a vendu 17,3 MW de modules solaires pour un prix unitaire moyen de 3.13 dollars par Watt contre 3.39$ durant le quatrième trimestre 2008. Le patron d'Evergreen, Richard Felt, considère qu'avec des productions de 40 MW par trimestre et l'achèvement des travaux d'expansion en cours aux Etats-Unis il pourrait atteindre un prix de revient de 2 dollars par Watt. Cet objectif est de toute évidence insuffisant pour satisfaire un marché dont les prix moyens unitaires de vente vont rapidement glisser vers les 2 dollars le Watt, sous la pression de First Solar et de son procédé au CdTe (LIRE).

                              Alors il ne reste qu'une solution pour Evergreen: céder son process à un chinois et lui sous-traiter les productions. C'est ce qu'il vient d'annoncer avec un accord en cours de signature avec le chinois Jiawei Solar qui installerait en Chine une usine de technologie "String Ribbon" de capacité 100 MW pour le deuxième trimestre 2010 et qui serait portée par la suite à 500MW pour 2012. Jiawei réaliserait en sous-traitance les modules terminés pour les besoins d'Evergreen. Grâce à cet accord Feldt espère atteindre des prix de revient chinois compris entre 1.4 à 1.5 dollar par Watt. Par la suite la baisse des prix du Silicium jusqu'à 50$/kg et les gains de productivité devraient permettre d'atteindre un prix de revient d'un dollar par Watt vers 2012.

                           Cette décision d'Evergreen d'externaliser ses productions rejoint celles de bien de ses concurrents comme Sharp qui veut vendre ses technologies à des filiales, BP Solar qui va sous-traiter l'essentiel de ses productions ou comme Q-Cells qui s'est allié avec le chinois LDK, spécialiste des wafers.

                         Cette évolution montre que la production de modules photovoltaïques à partir de wafers et de cellules unitaires de faibles surfaces ne sera rapidement plus viable économiquement dans les pays à fort taux de main-d'oeuvre. C'est la raison pour laquelle, seul un procédé totalement automatisé de production de modules de grandes surfaces en couches minces ne peut être que le type de solution à retenir pour les pays à fort taux de main-d'oeuvre. Le rendement de conversion de la technologie retenue doit être comparable à celui des meilleurs silicium cristallin du moment, afin de réduire le prix de revient du Watt et de pouvoir se battre avec des prix de ventes inférieurs à 2 dollars le Watt aujourd'hui et tendant par la suite vers un dollar.

    LIRE le projet Evergreen en Chine

    LIRE les resultats trimestriels d'Evergreen

    Le 2 Mai 2009.

  • Les cours de l’essence à New York tirent ceux du pétrole au dessus des 40 euros le baril

    Les cours de l’essence à New York tirent ceux du pétrole au dessus des 40 euros le baril

                     La baisse des stocks hebdomadaires d'essence aux Etats-Unis, les faibles productions des raffineries, la confirmation par l'Energy Information Administration (EIA) que les consommations de carburant au mois de Février ont été soutenues, le sentiment confus d'une timide reprise, la faiblesse du dollar voila le cocktail idéal pour faire remonter les cours du pétrole WTI à New-York qui à 53,2 dollars le baril vient de franchir une barre importante: celle des 40 euros/baril.

    Mais revenons en détail sur ces divers paramètres:

    Conso-mensuelle-gasoline-US-2009-02  

    1) Les stocks hebdomadaires d'essence à 212 millions de barils, le dernier Vendredi du mois d'Avril, ont perdu 5 millions de barils sur la base d'une faible activité des raffineries (83%), d'importations limitées (0,8 millions de barils/jour) et d'une consommation qui se maintient au dessus de 9 millions de barils/jour.

    2) Cette bonne tenue des consommations d'essence est confirmée par les statistiques mensuelles de l'EIA qui montrent que conformément aux statistiques antérieures, les consommations du mois de Février se sont accrues par rapport à celles de Janvier (FIG., barres jaunes). Il est donc probable qu'avec l'arrivée des beaux jours, la consommation américaine en essence va croître. Ceci serait conforme avec la stabilisation du trafic routier qui semble se dessiner. Les cours de l'essence en forte croissance hier (FIG.II, courbe rouge), ont tiré ceux du WTI

    Cours-BRENT-WTI-2009-05

    3) L'euro sur la base de mauvaises statistiques allemandes était descendu à 1,29 dollars le 20 Avril, depuis il est repassé au dessus des 1.32 dollars. C'est un paramètre clé de hausse des prix du pétrole. Entre le 20 Avril et le premier Mai le pétrole s'est apprécié de 7.5 dollars par baril! La corrélation entre cours de l'euro en dollars et cours du pétrole est forte (Coefficient de corrélation de 0,82). Le baril a donc franchi le premier Mai la barre des 40 euros (FIG.III).

    Prix-40-euros-2009-04 

                     Acheter du papier adossé aux cours du pétrole ou, de façon plus audacieuse, à ceux du gaz naturel aux Etats-Unis, apparaît aux yeux de beaucoup de financiers comme un bon moyen de se protéger contre une dévaluation du dollar et d'accompagner un début de reprise économique américaine. Il n'en faut pas plus pour que les cours du pétrole et du gaz naturel repartent à la hausse.

                    Remarque: les consommations de pétrole aux Etats-Unis ont baissé de plus d'un million de barils/jour au mois de Février par rapport à il y a un an (-1.076 millions de barils). Mais ce sont essentiellement les consommations de gaz liquéfiés, de gasoil et de kérosène qui expliquent cette baisse (FIG IV).

    Baisse-conso-US-2009-02

    Le 2 Mai 2009.