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  • Photovoltaïque en couches minces: First Solar va bien, en Allemagne Sunfilm et Sontor se regroupent

    Photovoltaïque en couches minces: First Solar va bien, en Allemagne Sunfilm et Sontor se regroupent

                      En ces moments de crédits rares et de gestion serrée, une très large partie du marché du photovoltaïque, celle qui concerne les grandes unités de génération de courant, arbitre sur les prix. C'est la raison principale pour laquelle l'américain First Solar avec sa technologie économique au tellurure de cadmium (CdTe) est en train de traverser la crise avec un business en croissance et une rentabilité qui s'améliore. Cet industriel annonce qu'il produit dans ses usines en Malaisie, des modules solaires à un prix de revient de 0.98$ le Watt, qu'il devrait atteindre 0.93$ au quatrième trimestre de cette année et qu'il a un objectif de 0.65$ le Watt pour 2012.

    Puissance-installés-2006-2009 

                     Il confirme pour 2009 de réaliser un chiffre d'affaires compris entre 1.9 et 2 milliards de dollars. Avec une production de 220 mégawatts au premier trimestre et un objectif de fin d'année d'atteindre un potentiel annuel de 1000 MW, on peut estimer que ce chiffre d'affaire prévisionnel porte sur un volume de production compris entre 900 et 950 MW pour cette année. Cela veut dire que First Solar va vendre en 2009 ses modules vers les deux dollars le Watt en moyenne, soit à deux fois le prix de revient ce qui est un bon ratio dans ce type d'industrie de grandes séries. Pour un Marché annuel mondial évalué aux environs de 4500 MW (entre 4000 et 5000 MW), First Solar détient donc autour de 20% de parts de marché. C'est donc lui qui détermine l'évolution des prix en Europe et aux Etats-Unis. Son patron précise même qu'il a une politique de prix plus basse aux Etats-Unis qu'en Europe afin de prendre des parts de marché et de lutter contre l'éolien qui est son principal concurrent.

                     En contrepoint Suncor, la filiale de l'allemand Q-Cells, spécialisée dans la technologie en Si amorphe en couche mince en technologie à double jonction avec du silicium cristallin, va fusionner avec son homologue Sunfilm. Q-Cells qui apporte Suncor, détiendra 50% du nouvel ensemble, 35% étant détenus par un groupe d'investissement et 15% par le norvégien NorSun qui produit du silicium monocristallin et des wafers. L'ensemble possèdera une capacité de production de 85 MW et d'un supplément à venir de 60 MW en cours de construction.

                       Il n'est pas évident que malgré cette fusion qui devrait permettre de faire des économies d'échelle, l'ensemble arrive à être compétitif, face à des productions réalisées en  Malaisie. Le nouveau Sunfilm risque de ne demeurer qu'un acteur local allemand jouissant de la préférence nationale sur des projets de faibles tailles.

                       La montée en puissance de l'industrie photovoltaïque passe par les réductions de coûts qui doivent permettre à terme d'obtenir un prix de vente des modules d'un dollar par Watt, clé pour atteindre des prix de l'électricité à parité avec les prix de vente aux particuliers. A ce jour, c'est First Solar qui fait la course en tête mais il ne faut pas oublier les puissants chinois qui même avec des technologies sophistiquées et des marges réduites, peuvent alimenter ce marché en cassant les prix. Mauvais temps pour les petits acteurs européens!

    LIRE le communiqué de fusion de Sunfilm avec Soncor

    Le 30 Avril 2009.

  • Siemens voit progresser les facturations et les entrées de commandes de la division énergies renouvelables

    Siemens voit progresser les facturations et les entrées de commandes de la division énergies renouvelables

                            Siemens vient de publier ses résultats trimestriels qui montrent, pour le Secteur Energie, des facturations s'accroître de 29% à 6,6 milliards d'euros et ses entrées de commandes régresser de 9% à 8,3 milliards d'euros, dans un environnement économique difficile. Cependant les commandes demeurent nettement au dessus de la facturation. Le "book-to-bill ratio" reste supérieur à un. Au sein de ce secteur une activité se démarque nettement des autres: c'est la Division Energies Renouvelables qui voit ses facturations trimestrielles bondir de 92% à 800 millions d'euros et ses entrées de commandes atteindre 1,59 milliards d'euros, en augmentation de 65%. Elles représentent 19% des entrées de commandes du Secteur Energie (FIG., partie rouge).

    Siemens-commandes-2009-T1 

                             Ces résultats illustrent l'intelligente politique de Siemens dans l'éolien offshore, dont nous avons déjà mentionné ici l'approche technique et commerciale très agressive, sur un ensemble de technologies complexes. Ses concurrents comme Vestas se trouvent dépassés par les technologies à mettre en oeuvre et le seul concurrent potentiel, Multibrid, filiale d'AREVA, en est encore au stade de lancement des premiers exemplaires de sa future éolienne de 5MW.

                              Il semble donc se dessiner deux types de marchés dans l'éolien: un marché à terre où des éoliennes de tailles moyennes (aux environs de 2 MW), peu chères et standardisées permettront de tirer les prix vers le bas. Sur ce créneau le leader semble être General Electric avec son éolienne de 1,5 MW. L'autre segment de marché est celui de l'éolienne offshore de très forte puissance, étudiée pour réduire au minimum les coûts de fabrication des infrastructures en pleine mer et des systèmes HVDC d'acheminement du courant électrique vers la terre. C'est dans ce deuxième créneau que Siemens semble s'être imposé en Europe du Nord.

    LIRE les commandes d'éoliennes offshore à Siemens

    LIRE Multibrid filiale d'AREVA

    Le 29 Avril 2009.

  • Les énergies alternatives photovoltaïques coûtent cher à BP au premier trimestre

    Les énergies alternatives photovoltaïques coûtent cher à BP au premier trimestre

                         Les résultats trimestriels du pétrolier BP à 2,4 milliards de dollars, en baisse de 62% par rapport à il y a un an, ne sont pas terribles. Tout le monde l'avait anticipé en raison de la baisse des prix du pétrole et du gaz. Et pourtant, les volumes de productions se sont bien tenus. Hors TNK-BP (filiale russe qui profite bien peu à BP) ils ont dépassé les 3 millions de barils équivalent pétrole par jour (FIG.) en croissance de plus de 2 % par rapport au trimestre précédent. Mais dans la segmentation des comptes de ce Groupe, le poste "Other businesses and corporate" fait apparaître une perte de 761 millions de dollars qui inclut les résultats des activités portant sur les énergies alternatives de BP.

    Productions-2006-2009-T1  

                              Si les activités éoliennes semblent correctement se dérouler, en particulier aux Etats-Unis, avec une croissance de la puissance totale installée de 500 MW en un an et atteignant ainsi 678 MW à la fin du trimestre, il n'en est pas de même des activités photovoltaïques. BP Solar a vu ses ventes se réduire à 15MW pour le trimestre, à comparer aux 34 MW facturés un an plus tôt. Un projet d'atelier d'assemblage de modules dans le Maryland a été abandonné et l'usine de production de cellules et de modules en Espagne a été fermée.

                            Enfin du côté des biocarburants de deuxième génération, BP tient à bouts de bras son partenaire Verenium dans un projet 50/50 de 45 millions de dollars pour développer une petite unité de production d'éthanol cellulosique.

                            Bien sûr ces activités permettent à BP de communiquer sur son greenbusiness et justifient un logo vert et ensoleillé, mais par ces périodes de vaches maigres, les pertes importantes engendrées par ces opérations de Marketing ne font pas très bon effet.

    Le 29 Avril 2009.

  • La chute du trafic du fret aérien dans la zone Asie-Pacifique connaitrait-elle une stabilisation?

    La chute du trafic du fret aérien dans la zone Asie-Pacifique connaitrait-elle une stabilisation?

                              La variation de l'intensité du fret aérien dans la zone Asie-Pacifique, mesurée en tonnes*kilomètres et publiée mensuellement par l'IATA, constitue un indicateur avancé intéressant de l'économie mondiale. En effet, dès le tout début de 2008 il était possible de distinguer les signes d'une stagnation puis d'un ralentissement de ce flux qui représente à lui seul 44% du fret aérien mondial. Il est permis de penser que parmi les objets transportés par avion cargo se trouvent les modèles, les échantillons, les maquettes, les têtes de série de nouveaux ou de futurs produits, outils ou équipements. Un ralentissement du flux de ces échanges en amont des projets de nature économique, peut permettre d'anticiper une chute plus marquée des échanges de produits et denrées présentant des valeurs ajoutées plus faibles et échangées par voies maritimes. Réciproquement une reprise de ces flux devrait annoncer le signal d'une relance des échanges entre l'Asie et le reste du monde.

                          Or depuis quatre mois maintenant (Décembre, Janvier, Février, Mars) la courbe de variation par rapport au mois M-12 présente une quasi stabilisation de la dégradation (FIG.). A suivre!

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    Le 28 Avril 2009.

  • Vestas dans les vents contraires contraint à licencier 1900 employés en Europe

    Vestas dans les vents contraires contraint à licencier 1900 employés en Europe

                         Le greenbusiness tout comme le restant de l'économie rencontre des vents contraires, mais à la différence des industries traditionnelles, ces entreprises vertes n'ont connu jusqu'à présent que des croissances à deux chiffres, période où il faut investir et recruter sans trop se préoccuper des gains de productivité. Le danois Vestas, un des grands des éoliennes dans le monde, fait partie de cette race d'entreprises. Il a mené jusque là une politique d'investissements tous azimuts en Europe puis aux Etats-Unis et enfin en Asie en recrutant le personnel par avance afin qu'il soit disponible et formé lors des démarrages de nouvelles unités. Mais voila, le vent a tourné, les entrées de commandes se sont raréfiées (458 MW au cours du premier trimestre) pour des livraisons faibles certes, mais supérieures aux commandes (885 MW) ce qui mécaniquement entraîne une baisse du carnet de commande qui se retrouve à 4570 MW (FIG.). Ces valeurs sont à comparer aux livraisons de 2008 qui avaient atteint 6160 MW en année pleine.

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                        Ces faibles entrées de commandes, touchant plus particulièrement l'Europe qui représente 80% de l'activité de Vestas, l'Entreprise en large excès de capacité de production, se retrouve dans l'obligation d'engager une vague de licenciements de 1900 personnes au total, présentes dans les usines de Vestas au Danemark et en Grande-Bretagne. Lors de la parution des comptes 2008, il avait été mentionné ici, le caractère dynamique de  la politique de recrutement de cette jeune compagnie (FIG.II).

    Vestas-effectifs-2009-T1 

                    Après ces licenciements, Vestas estime qu'il lui restera encore une capacité de production de 10 mille MW en 2010.

                  Pour l'industriel ces baisses d'entrées de commandes sont dues essentiellement à des attentes de subventions de la part des opérateurs. Ces péripéties peuvent fragiliser une Société comme Vestas qui va être rapidement prise en ciseau entre son concurrent Siemens focalisé sur le haut de gamme offshore et les grands concurrents américains (GE) ou Indiens (Suzlon) qui sont plus axés sur les réductions de coûts. GE par exemple a vendu en 2008 aux Etats-Unis plus de 2400 éoliennes de 1,5MW, jouant ainsi sur la standardisation et les économies de longue série.

    LIRE  les succès de Siemens en offshore

    LIRE les commentaires sur l'exercice 2008

    Le 28 Avril 2009.

  • Volkswagen en phase de discussions avancées avec le chinois BYD au sujet de batteries

    Volkswagen en phase de discussions avancées avec le chinois BYD au sujet de batteries

                          Les lecteurs du Blog Energie en sont maintenant convaincus: celui qui possèdera dans le monde le système batterie le plus performant et le moins cher, dominera le marché des véhicules électriques ou hybrides rechargeables. Formidable changement de modèle stratégique qui prend à contre pied les grands spécialistes mondiaux du moteur à explosion, incapables de se reconvertir en assembleurs d'accumulateurs, de systèmes batteries complexes et en designers de logiciels complexes de gestion de systèmes électriques de puissance. C'est donc toute une nouvelle architecture qu'ils ignorent. Il est certain que chez les grands constructeurs allemands comme Volkswagen, c'est la découverte de la profondeur du retard cumulé. Alors VW essaie de rattraper ce temps perdu avec une "approche tous azimuts". Des batteries Ni-MH pour le premier véhicule hybride du Groupe sous la marque AUDI seront approvisionnées auprès de SANYO, du classique longuement mis au point avec Honda; puis Toshiba pourrait fournir une batterie de forte puissance au titanate de lithium pour un petit véhicule électrique, mais là c'est plus risqué et sûrement beaucoup plus cher.

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                           Alors le constructeur de batteries chinois BYD, venu sans complexe des batteries pour téléphones cellulaires et pour ordinateurs, à l'automobile, nous apprend au détour d'un entrefilet de presse, qu'il est en discussions avec VW sur une éventuelle alliance dans les batteries à base de LiFePO4 qu'il produit pour ses propres véhicules.

                         Le Président Martin Winterkorn, questionné, avoue même au Salon de Shanghai que des équipes de VW vont se rendre chez BYD pour assister à une démonstration de la technologie chinoise. Les discussions semblent donc être assez avancées.

    Le 28 Avril 2009

  • Alstom: une nouvelle commande nous rappelle que le gaz naturel est une des énergies du futur pour l’Europe

    Alstom: une nouvelle commande nous rappelle que le gaz naturel est une des énergies du futur pour l’Europe

                             Le gaz naturel sera la première ressource d'énergie primaire devant le pétrole et le charbon dans le courant de ce siècle et ceci pour trois ou quatre raisons simples: 1)- il est abondant et largement réparti dans le monde. Plus abondant qu'on ne le pensait il y a quelques années avec l'arrivée des nouveaux modes d'exploitation des schistes bitumineux (gas shales) et des filons de charbon profonds (coal bed methane), 2) sa combustion dans les turbines à gaz peut permettre d'atteindre des températures très élevées et donc de superbes rendements (MHI annonce des températures de combustion à 1600°C et des rendements en cycles combinés supérieurs à 60%, Alstom revendique 59% de rendement), 3)-les émissions de CO2 sont limitées et deviennent même très faibles dans des systèmes hybrides couplés avec des énergies renouvelables intermittentes; 4)- son principal concurrent, le charbon, va être de plus en plus taxé et même refoulé, à moins d'être équipé d'un dispositif de Capture et Stockage du CO2 (CCS) qui viendra majorer son prix et réduire les rendements.

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                        Ces perspectives de développement sont confirmées par les succès rencontrés par les grands professionnels comme Siemens ou Alstom en Europe. Ce dernier communique aujourd'hui qu'il va réaliser une centrale à cycle combiné de 2000 MW pour RWE au Pays de Galles ce qui portera en cours de commandes à 6000 MW pour la seule Grande-Bretagne.

                          Les spécialistes des énergies nous apprennent doctement que le Charbon est très abondant sur terre mais que le gaz se trouve généralement, comme le pétrole, dans des zones sensibles et que l'épée de Damoclès d'une rupture des approvisionnements russes plane sur nos têtes. Un examen des données publiées annuellement par BP nous apprend presque exactement l'inverse. On y apprend que 15 pays dans le monde produisent 94% du charbon consommé (FIG.I). Et en allant un peu plus dans les détails il est possible de découvrir que l'essentiel des ressources sont consommées sur place (Chine, Etats-Unis, Inde), qu'il existe peu de pays exportateurs (Australie, Afrique du Sud, Etats-Unis) et que les problèmes de logistiques dans les ports limitent bien souvent les volumes échangés. A l'inverse les productions de gaz naturel sont largement réparties dans le monde, les 20 premiers pays producteurs n'assurent que 60% de la production globale. Certes il en existe un gros, la Russie avec 20% du Marché mondial, mais  de gros producteurs potentiels tels que le Qatar ou l'Iran pour diverses raisons, ne produisent pas encore des volumes de gaz à la dimension de leurs réserves (le Qatar n'était que le 12ème fournisseur mondial de gaz naturel en 2007). Le problème posé par l'utilisation du gaz naturel est celui de son acheminement par pipe-line  ou par méthanier. qui nécessitent tous les deux des investissements importants, en attendant la mise au point d'un transport plus souple et moins cher, en utilisant les hydrates de méthane par exemple.

                           La mise à disposition de gaz naturel dans le monde n'est donc pas un problème de ressources naturelles, c'est un simple problème économique: son prix doit se situer à un niveau suffisant pour permettre aux opérateurs d'amortir leurs  investissements d'exploration, de mise en production et d'acheminement qui peuvent être très importants dans le cas du GNL (gaz naturel liquéfié). Aujourd'hui à 3.5 $ le MMBTU les puits de forages et d'exploration de gaz ferment aux Etats-Unis. Ils n'ouvriront à nouveau qu'à 7 ou 8$/MMBTU.

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                               Une analyse plus précise des besoins européens qui se sont élevés à plus de 20 mille pétajoules (PJ) en 2008 (FIG.II) montre que les gros importateurs de gaz naturel sont aujourd'hui la Grande-Bretagne qui s'approvisionne en Mer du Nord et en GNL provenant d'Afrique ou du Qatar. L'Allemagne est étroitement liée aux ressources russes et le sera encore plus lorsque le pipe-line Nordstream sera en place. Enfin l'Italie importe beaucoup d'Afrique du Nord mais s'équipe vivement de terminaux pour accueillir des méthaniers chargés de GNL. La dépendance de l'Europe vis à vis du gaz naturel russe concerne donc essentiellement l'Allemagne et les ex pays du bloc soviétique comme la Roumanie, la Pologne, la Hongrie. Les importations de gaz russe par l'Europe ne représentent que 25% de ses besoins (FIG.III, partie noire) alors que 57% de ses consommations sont assurées par les productions en Europe (EU-27 plus Norvège). Le développement de terminaux de GNL en Grande-Bretagne, en Italie et en France (Antifer, le Verdon) devraient permettre de voir baisser la part de gaz russe dans la consommation européenne. De toute façon, la Russie ne cache pas sa volonté de rééquilibrer ses échanges entre l'Asie et l'Europe. L'Europe devra donc aller chercher son gaz ailleurs.

    EU-27-GN-Origine-2008  

                           Le renchérissement du charbon par des droits d'émissions du CO2 et l'obligation de capter et d'enfouir le CO2, les réticences et les retards accumulés dans l'utilisation propre du nucléaire, la montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes, la primauté de l'électricité comme vecteur d'énergie, la baisse des consommations de pétrole dans les transports vont propulser le gaz naturel comme leader des énergies primaires dans le monde dans une décennie. Il est important que l'Europe bâtisse un plan d'approvisionnement de la ressource qui lui manque et se dote des infrastructures d'importations de GNL nécessaires à son désengagement partiel de la ressource russe. Le lancement de travaux d'études et d'évaluation du transport du gaz sous forme d'hydrates de méthane, problème étudié aujourd'hui au Japon, serait peut-être une bonne idée afin de pouvoir exploiter des ressources de tailles moyennes.

    LIRE le communiqué d'Alstom sur la nouvelle centrale de Pembroke.

    LIRE les performances des équipements de MHI

    Le 27 Avril 2009.

  • Toyota revoit à la hausse les cadences de production de sa nouvelle Prius hybride

    Toyota revoit à la hausse les cadences de production de sa nouvelle Prius hybride

                             Toyota avait prudemment prévu pour l'année fiscale 2009, d'Avril 2009 à Mars 2010, des ventes de la nouvelle Prius à hauteur de 300 mille exemplaires dans le monde. Compte tenu de l'engouement constaté au Japon pour ce nouveau modèle, où le niveau des précommandes dépasse les espérances du constructeur, Toyota annonce qu'il va revoir ses prévisions de ventes durant la première année. Elles pourraient atteindre les 500 mille exemplaires. En conséquence les cadences de production de l'usine japonaise, à partir du mois de Juin, vont être accrues de 25% pour les porter à 50 mille véhicules par mois. Evènement à souligner dans un climat de ventes globales en retrait depuis plusieurs années (FIG.)

           Immatriculations-Japon-1990-2009      

                         Il semblerait donc que, malgré la crise, un modèle de véhicule répondant aux attentes profondes du Marché, puisse rencontrer le succès commercial. Cet évènement vient confirmer le succès commercial de sa concurrente moins chère, l'Insight de Honda. Et si la crise économique ne venait essentiellement que de là, d'une offre ne répondant plus aux attentes des citoyens. Le japonais urbanisé, sensible à tout ce qui peut nuire à son entourage, soit n'aura plus de voiture, soit voudra indiquer que bien qu'en en possédant une, il fait en sorte de respecter le fragile cadre de vie commun. Ce qui est vrai pour ce japonais s'applique également pour un new-yorkais, un californien, un allemand ou un français.

    Japon-1990-2050

                          Le Japon qui est démographiquement et technologiquement en avance par rapport à des pays comme l'Allemagne, va être très intéressant à suivre dans les années à venir. En effet du point de vue des consommations d'énergie dans le transport vont se superposer plusieurs phénomènes: 1)- une baisse de la taille du parc automobile en raison d'une baisse de la population active (FIG.II) et du vieillissement d'une population essentiellement urbaine, connaissant avec la baisse d'activité professionnelle une baisse des revenus et disposant d'infrastructures de transport en public. 2)- la baisse moyenne des consommations des véhicules composant le parc automobile avec la sortie des modèles hybrides ou électriques, 3)- l'amélioration de la fluidité du trafic routier en raison de l'amélioration des infrastructures, des logiciels de guidage et de la baisse du trafic. Ces trois paramètres vont jouer à la baisse sur les consommations de carburants du troisième pays le plus consommateur au monde. Des baisses régulières de consommations moyennes dans les transports supérieures à 1% par an sont à attendre pour ce pays.

    Le 27 Avril 2009.

  • Les prix spots du Silicium en Chine devraient descendre vers les 50$ le kilogramme dans le courant de l’année

    Les prix spots du Silicium en Chine devraient descendre vers les 50$ le kilogramme dans le courant de l’année

    Invité au Solar Cell Market Seminaire 2009 qui s’est tenu à Tokyo, un représentant de J.L. McGregor, Société d’Etudes chinoise, a fait le point sur les prix spots du Silicium en Chine. Ils étaient encore de 350$/kg en Octobre 2008, à la moitié de ce prix au mois de Novembre et ils ont poursuivi leur décroissance jusqu’à moins de 80$/kg où ils sont aujourd’hui. D’après l’intervenant ce prix devrait poursuivre sa décroissance pour atteindre les 50 dollars dans le courant de 2009. Les prix spots sur des produits de volumes équivalents tels les métaux non ferreux, déterminent dans une large mesure les tendances des prix des contrats à long terme passés entre fournisseurs et  gros consommateurs. Un fournisseur fiable, élaborant un produit de grande qualité, avec beaucoup de flexibilité dans les livraisons va pouvoir obtenir un prix supérieur de quelques dollars au prix spot, mais tôt ou tard il devra se rapprocher du prix de marché.

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    Cette évolution des prix du Silicium, due au formidable contre-pied provoqué par la crise et l’arrêt des folies espagnoles, en face d’investissements chinois tous azimuts, va être longue à digérer (FIG.II, qui indique les grands producteurs en Chine). Il va falloir tout d’abord que le Gouvernement chinois sponsorise l’industrie photovoltaïque de son pays pour éviter qu’elle ne s’effondre en phase de démarrage,  puis que les projets occidentaux européens et américains soient, les uns après les autres, abandonnés ou fortement revus à la baisse, ou ralentis, et enfin, que la baisse des prix de ce composant clé qu’est le Silicium relance une forte demande en modules photovoltaïques dont les prix devraient tendre plus rapidement que prévu vers le fatidique dollar/Watt.

    China-polysilicon-map

    Les laboratoires et industries nouvelles qui avaient imaginé faire fortune en produisant du silicium vont devoir remiser leurs projets devant le rouleau compresseur chinois qui ne leur laissera plus l’opportunité d’amortir les investissements et les frais de démarrage d’un nouveau procédé, aussi astucieux soit-il! C’est la dure loi, souvent injuste, qui élimine les innovations qui ne sont pas dans le Tempo de l’économie mondiale.

    LIRE le papier sur les déboires de Silicium de Provence.

    LIRE le projet japonais de reprendre le vieux procédé de réduction au Zn

    LIRE les prémices de la bulle financière

    LIRE les débuts de la débâcle

    Le 26 Avril 2009

    Voir 3 ans après l’évolution et les projections des coûts au watt des meilleurs modules chinois: Source GrentechSolar

    Le 20 Février 2013

  • Les premiers résultats trimestriels attestent que la vie est dure dans le greenbusiness

    Les premiers résultats trimestriels attestent que la vie est dure dans le greenbusiness

                            Le greenbusiness est touché durement par la crise. Le cash provenant traditionnellement des banques et d'autres gros investisseurs se fait rare. Les surcapacités de production rendent la concurrence agressive. Ainsi dans le photovoltaïque américain, SunPower vient d'annoncer pour ce premier trimestre 2009, à 214 millions de dollars, une baisse de chiffre d'affaire de 47% par rapport à celui du dernier trimestre 2008 et de 22% par rapport à celui d'il y a un an. Il dispose de toutes nouvelles lignes de productions aux Philippines qu'il ne va pas lancer, faute de commandes. Positionné sur des produits hauts de gammes au Silicium, SunPower éprouve des difficultés à s'imposer sur les grosses affaires face à FirstSolar ou au chinois Suntech très agressifs sur les prix. Le retrait du marché espagnol aura profondément bouleversé tout ce secteur du photovoltaïque mondial qui devrait installer en 2009 dans les 3,5 GW contre 5,2 GW en 2008. Lourde chute! L'allemand Q-Cells, N° 1 mondial mais bon dernier de notre sélection, a vu son cours repartir à la baisse cette semaine.

    Bourse-cours-2009-04a 

                      Dans l'éolien américain l'activité semble globalement moins menacée que celle du photovoltaïque, mais c'est la concurrence qui s'exacerbe. En 2007 ils étaient 7 acteurs significatifs dominés par GE (45%), Vestas (18%) et Siemens (17%) qui détenaient 80% des parts de marché. En 2008 ils étaient une douzaine d'acteurs avec toujours le même trio de tête GE (43%), Vestas (13%) et Siemens (9%) mais ils ne disposaient plus que de 65% de part de marché. La perte de 8 points de part de marché de Siemens n'est sûrement pas dramatique pour ce grand Groupe qui porte ses efforts sur l'activité offshore beaucoup plus complexe et lucrative, mais peu populaire aux USA; par contre la perte de 5 points de parts de marché pour Vestas est beaucoup plus inquiétante. L'arrivée de nouveaux acteurs tel Acciona et la montée en puissance de l'indien Suzlon propriétaire de Repower et qui est donc le vrai N°3 aux Etats-Unis avec 10% de part de marché ont profondément fait évoluer, en un an, le paysage du greenbusiness éolien américain.

    Eolien-USA-2008 

                    Enfin, dans les biocarburants américains c'est le marasme le plus complet. Après la banqueroute de VeraSun on en attend d'autres comme Aventine Renewable Energy ou le californien Pacific Ethanol dont les difficultés de trésorerie sont de plus en plus criantes. Archer Daniels, beaucoup plus solide, en fait les frais avec une perte en Bourse de 9% cette semaine.

                    Il est donc très difficile en ces périodes agitées de tirer son épingle du jeu du greenbusiness. Certains en ce moment achètent des obligations convertibles en actions émises par les acteurs du solaire chinois. Elles se vendent à la moitié du prix initial. Le photovoltaïque mondial va encore passer de mauvais jours en 2009 et sûrement en 2010, le temps de combler le vide espagnol. Les plus faibles périront.

    Le 26 Avril 2009.