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  • Fortement impactés par la crise, les Groupe japonais remettent en cause leur modèles industriels et économiques

    Fortement impactés par la crise, les Groupe japonais remettent en cause leur modèles industriels et économiques

    Photovoltaique[1]                                  Devant la débâcle industrielle et financière déclenchée par la crise, les grands Groupes japonais, après avoir rajeuni leur management, sont en train de remettre en cause en profondeur leurs choix industriels et parfois même leurs modèles économiques. Les informations de la semaine nous présentent deux exemples marquants de ces types de remises en questions fondamentales: l'un venant de Toyota et l'autre concernant Sharp.

               Toyota veut produire en petites séries des produits économiques et adaptables:

                              Un des grands patrons industriels de Toyota, Shoji Ikawa, a présenté au salon Intermold 2009 à Tokyo un papier intitulé "Time of drastic changes" dans lequel il place les actions de conception de produits, d'industrialisation, de logistique et de production dans le cadre d'un marché mondial globalement en récession, éminemment fluctuant et privilégiant les modèles économiques. Ikawa en déduit que Toyota va devoir concevoir des outils de production et des produits modifiables, anticipant les besoins du marché ou s'adaptant très rapidement à une nouvelle mode, produits en petites séries et à faibles coûts. Bien sûr tout cela dans le cadre d'une politique de lancement "simultané et global" sur les grands marchés mondiaux.  Cela suppose de repenser l'architecture des produits, sortes de puzzle industriel acceptant de très nombreuses variantes au gré des besoins du Marché. Cela suppose également une grande adaptabilité de la part des sous-traitants. Vaste programme!

                  Sharp veut créer des JV de production dans les écrans plats et les modules solaires:

                            Le second exemple nous vient de Sharp et s'avère encore plus révolutionnaire. Pour Sharp le modèle de conception et de production intégrée des écrans plats LCD ou des modules photovoltaïques "made in Japan" et exportés n'est plus viable car trop sensible aux risques de changes monétaires et aux charges salariales japonaises. Sharp envisage donc de changer radicalement de business model. Il veut s'orienter vers un business d'ingénierie à destination de joint-ventures locales, le partenaire local apportant l'essentiel des capitaux et Sharp apportant la définition du produit, la technologie et la façon de faire.  Dans ce schéma, Sharp se rétribue sur les royalties et les profits de la filiale. Cette nouvelle stratégie industrielle suppose que Sharp conserve un  centre névralgique japonais d'innovation, de conception et de développement de nouveaux produits leaders, mais que les usines sont en Chine, en Corée, en Europe ou aux Etats-Unis en joint venture avec des acteurs locaux.

                           Le grand projet de Sharp de production de modules photovoltaïques, en technologie couches minces, en Italie avec Enel pourrait correspondre exactement à ce nouveau schéma.

                           Le Japon qui va être confronté dans les années qui viennent à une forte réduction de sa population active (LIRE) va devoir consacrer plus d'énergie au service des personnes âgées et va donc se retrouver en pénurie de main d'oeuvre peu qualifiée pour faire tourner ses usines. Une délocalisation de ses productions semble donc inéluctable. Tout le jeu consiste à conserver localement les activités d'innovation et de développement à forte valeur ajoutée.

    Le 11 Avril 2009.

  • Silicium de Provence en redressement judiciaire, Q-Cells et le chinois LDK créent une JV

    Silicium de Provence en redressement judiciaire, Q-Cells et le chinois LDK créent une JV

    Silpro-StAuban                            Silicium de Provence, filiale à 70% du groupe néerlando-allemand SOL Holding AG et à 30% de Photo Power Industries (PPI) filiale d'EDF EN  gère un projet de construction d'une unité de production de Silicium polycristallin à Saint Auban, à côté de l'usine Arkema (FIG.) Cette unité devrait à terme (2011)  produire plusieurs milliers de tonnes de ce produit utilisé dans les cellules photovoltaïques. Mais voila, depuis la création de la Société en 2006 qui prévoyait une usine opérationnelle en 2008, le marché du Silicium polycristallin est subitement passé d'une phase de pénurie à plus de 300$/kg à une situation de pléthore avec des prix bien au dessous des 100$/kg. En effet les fabricants chinois  de Silicium et de wafers se sont mis sur les rangs et le marché, avec le presque arrêt des commandes espagnoles et la crise économique, s'est fortement contracté. Silicium de Provence vient donc de se mettre sous la protection de la loi du redressement judiciaire, sorte de Chapter 11 à la française. Il est difficile de porter un quelconque diagnostic sur le futur de cette entreprise, mais on ne peut-être que pessimiste compte tenu de l'ampleur du retournement du marché du photovoltaïque et de l'agressivité des fournisseurs asiatiques de Silicium.

                             Un exemple des difficultés rencontrées par les opérateurs européens nous vient également du N°1 mondial, l'allemand Q-Cells qui annonce la création d'une joint venture avec LDK, le grand producteur chinois de wafers. L'objectif des deux Groupes, ainsi réunis, est de pouvoir attaquer  les gros marchés de grandes unités de fermes photovoltaïques en Europe et en Asie, avec pour cible d'atteindre la parité des prix de marché de l'électricité au détail. Les batailles de prix sur les grandes unités photovoltaïques vont se jouer à couteaux tirés entre Américains, Japonais, Chinois et Européens. Mais à terme cette bagarre devrait relancer le marché en volumes, grâce à des franchissements de seuils de rentabilités qui stimuleront la demande.

    Le 10 Avril 2009.

  • Il faut apporter 6 litres d’eau dans l’IOWA et 2138 litres en Californie pour produire un litre d’éthanol de maïs

    Il faut apporter 6 litres d’eau dans l’IOWA et 2138 litres en Californie pour produire un litre d’éthanol de maïs

                                 Les chiffres les plus farfelus et les plus alarmants (pour être lus et répétés) sur la consommation moyenne d'eau nécessaire pour produire la quantité de maïs et la transformer en un litre d'éthanol circulaient dans les chaumières. Pimentel avançait 288 litres, de Fraiture 400 litres et le National Research Council 783 litres! Ces chiffres de combats laissaient dubitatif et laissaient à penser qu'entre les régions de la corn-belt largement arrosées par les pluies et la Californie ou le Mexique il devait y avoir des différences notables d'apport d'eau et qu'un chiffre moyen pour les USA n'avait aucun sens (LIRE les commentaires avec el-gringo). Et bien voila, cette étude analytique, comté par comté, réalisée par une équipe d'Universitaires de St Paul dans le Minnesota vient d'être publiée et confirme nos doutes. Pour produire un litre d'alcool, il faut apporter 6 litres d'eau dans l'Iowa,  Etat le plus grand producteur d'éthanol de maïs des Etats-Unis avec 6,9 milliards de litres en 2007. Il en faut 501 litres dans le Nebraska et 2138 litres en Californie! Il n'en faut même que 5 litres dans l'Ohio mais qui n'est pas un grand distillateur.

    Corn-belt  

                    Cette étude dénonce les Etats au nord du Texas et du Nouveau Mexique qui puisent sans compter dans l'immense nappe aquifère d'Ogallala pour irriguer (FIG.II, barres bleues). Ces Etats auront prélevé 1600 milliards de litres d'eau de cette réserve en 2007 (68% des besoins d'irrigation) et le prélèvement sera bien supérieure en 2008. En effet les accroissements de productions ont lieu de plus en plus dans ces Etats où l'irrigation est abondante. Les auteurs préconisent donc que la culture du maïs soit régulée Etat par Etat, sinon au niveau des Comtés, en tenant compte des éventuels problèmes locaux de ressources hydriques et de leur gestion.

    Corn-belt-eau-conso      

                    Le papier insiste également sur le caractère négligeable de l'eau utilisée dans le process de production d'éthanol par rapport aux besoins d'irrigation pour faire croître le maïs.

                  Une fois de plus, une étude sérieuse allant chercher les données au bon niveau de compétence, met en évidences toutes les contre vérités qui peuvent circuler dans certains milieux pseudo écologistes sur la production d'éthanol de maïs.

    Je vous invite à lire ce rapport qui me semble être un travail de référence. (LIRE)

    Le 9 Avril 2009.

  • La révolution électrique, une longue marche qui va en s’accélèrant

    La révolution électrique, une longue marche qui va en s’accélèrant

    Michelinactivewheelb_2                      Pour quelle raison s'aperçoit-on subitement que l'électricité va être le vecteur énergétique majeur du XXIème siècle? Il me semble qu'il existe trois raisons essentielles qui répondent aux contraintes économiques et écologiques actuelles et futures. La première est la formidable liberté que l'électricité apporte dans le mix énergétique d'un pays isolé (le Japon) ou d'un groupe de pays (l'Europe, l'Amérique du Nord). Sous une forme standardisée, l'utilisateur dispose d'une source d'énergie qui provient d'une multitude de moyens de production fédérés entre eux par le réseau et les interconnexions. La politique énergétique de ce groupe de pays qu'est l'Europe par exemple, devrait définir quels seront à l'avenir les moyens de production standardisés à privilégier et ceux à faire disparaître. Elle devrait établir, après concertation, les plans définissant les volumes et les délais de construction de nouvelles centrales ou d'arrêt d'installations polluantes dans chacun des pays.

                         L'électricité est un vecteur énergétique fédérateur qui devrait être consolidé au niveau européen. Elle appelle la création d'une Politique Electrique Commune (PEC) qui permettrait, dans les faits, de bâtir par la suite une politique énergétique commune européenne. La deuxième raison est l'existence d'un formidable réseau de distribution qui peut arriver quasiment n'importe où et s'étendre peu à peu aux zones les plus démunies. L'arrivée de l'électricité formidable moyen de lutte contre la pauvreté et l'illettrisme. La puissance de ce réseau peut être décuplée par les moyens modernes de transfert à longue distance en courant continu et à faibles pertes en ligne (LIRE sur un réseau HVDC). Enfin la troisième raison est l'introduction de l'électricité dans toutes les formes du transport terrestre. Les transports ferroviaires et les transports de masse urbains l'avaient largement adoptée. Demain la voiture urbaine sera électrique et le véhicule destiné à parcourir de plus longues distances sera hybride et rechargeable. Les bus et les poids lourds seront également pourvus de moyens hybrides.

    Le mix énergétique et l'interchangeabilité des sources d'énergie:

                 Il semble tout d'abord nécessaire de briser une utopie: le XXIème siècle ne sera pas celui de l'Hydrogène trop difficile à produire, à stocker, à distribuer. Il introduit par rapport à la production et la distribution d'électricité un niveau de complexité et de rigidité supplémentaire dont on ne voit pas très bien les avantages. Cela ne doit pas empêcher les chercheurs d'évaluer les futurs moyens de réduction photochimiques et enzymatiques de l'eau pour les siècles suivants.

                La flexibilité dans le choix du mix énergétique est l'avantage majeur de l'électricité. De la centrale au lignite ou au charbon crachant ses tonnes de CO2 au subtil module solaire en couche mince, en passant par le gaz naturel, la biomasse, le nucléaire, l'éolien, la géothermie, l'hydroélectrique, le solaire thermique, les vagues, les courants, les marées…tout concourt vers une seule forme standardisée d'énergie: l'électricité. Ce tronc commun introduit une formidable flexibilité dans les choix, les politiques de mix énergétique et la nécessaire interchangeabilité des sources d'énergie. Il ne résout cependant pas tout et de loin, sur le choix des énergies primaires charbon, gaz naturel, pétrole, géothermie, biomasse et autres formes renouvelables. Voici quelques exemples:

                  Les centrales au gaz en Europe peuvent être alimentées soit par du gaz russe (choix des allemands avec le futur pipe-line Nord Steam par exemple) ou par du GNL koweitien (choix des anglais avec leur nouveau terminal de regazéification de South Hook à Milford Haven) il y a là un choix politique évident entre un pays fondamentalement continental et celui d'un autre plus ouvert au grand large.

                   Que la France décide de lancer deux ou trois EPR est sûrement une excellente décision, elle serait encore plus compréhensible si cette décision apparaissait dans le cadre d'une politique européenne de l'électricité qui aurait du mal à expliquer la fermeture programmée des centrales nucléaires allemandes (LIRE).

                     Cette démarche commune devrait permettre de standardiser les modes les plus efficaces et les moins polluants de conversion en énergie électrique pour chacune des énergies primaires. Quels doivent être les futurs standards de centrales au charbon, au gaz, nucléaires?

                      Par exemple, la production d'électricité à partir de charbon ou de lignite par la technique IGCC (Integrated Gasification Combined Cycle) couplée à la capture et séquestration du CO2 est le procédé qui présentant un rendement énergétique élevé et de faibles émissions de CO2 devra peu à peu s'imposer dans le monde (LIRE le projet RWE). Mais cela suppose une vraie politique d'investissements dans la construction de centrales électriques modernes et de démantèlement des vieilles unités polluantes (LIRE sur l'urgence de démanteler des centrales).

    La puissance d'un réseau au maillage complexe:

                      La force d'un réseau moderne qui relie les sites de production aux métropoles utilisatrices, qui interconnecte et rendent solidaires les Etats illustre la puissance de ce vecteur énergétique. Mais ce réseau possède d'autres vertus. Il peut permettre par exemple à une maison équipée de modules solaires et d'une batterie en tampon de devenir à la fois consommatrice et productrice d'énergie. Cette nouvelle fonction associée aux progrès dans l'isolation thermique et le conditionnement d'air actif ou passif implique une généralisation progressive du chauffage et du rafraîchissement électrique des habitations. La prime à la cuve de mazout, mesure démagogique d'un autre âge, n'aura alors plus de sens. Le chauffage au gaz, source de tant d'accidents mortels par explosion ou par intoxication au monoxyde de carbone, sera remisé dans les traditions d'antan avec le bec de gaz qui éclairait nos villes. Des compteurs électriques intelligents (smart mettering) reliés à la gestion des réseaux permettront de mettre en charge le véhicule électrique dans le garage au moment le plus opportun ou demanderont à la batterie en tampon de prendre le relais de fourniture de puissance électrique durant quelques dizaines de minutes pour effacer une pointe locale d'appel de puissance.

    L'électricité source d'énergie du transport terrestre:

                      Ce thème est largement débattu sur ce Blog. Ce qui est le plus étonnant c'est l'ignorance de ceux qui nous gouvernent en face de ce phénomène de grande ampleur. Ils voient que des dinosaures comme General Motors ou Ford ou Chrysler complètement largués vont disparaître. En face des ces catastrophes industrielles annoncées apparaissent des Toyota, des Honda mais aussi des Nissan, des Mitsubishi Motors, des BYD, des Hyundai qui elles ont compris l'apparition de la nouvelle ère électrique des transports. C'est bien sûr une révolution puisque les connaissances dans les moteurs et la chaîne de transmission ne servent plus à rien. Il faut être expert en batteries, en électronique de puissance, en logique de gestion des diverses fonctions, en intégration de l'ensemble et en recherche incessante de l'optimisation énergétique. L'intégration de modules solaires sur le véhicule, la récupération de l'énergie thermique sur les modèles hybrides par effet thermoélectrique sont d'autres exemples de recherche d'amélioration de l'efficacité énergétique. L'Active Wheel de Michelin (FIG.) qui intègre le roulement, le freinage, le moteur électrique et la fonction amortisseur illustre parfaitement le niveau d'innovation attendu (LIRE).

                      La révolution électrique ne se fait pas aux réunions du G20 ni dans les grandes messes du style Grenelle de l'Environnement, hauts lieux d'incompétence. Elle se fait dans les bureaux d'études asiatiques où des ingénieurs, travaillant 60 heures par semaine, imaginent l'avenir, ou des millions d'heures d'essais, de recherches, d'optimisation des paramètres, de discussions avec les sous-traitants font apparaître une nouvelle filière technologique, totalement différente de l'ancienne.

                      Alors Monsieur Luc Chatel parle de coordination, de "consortiums" pour travailler sur les batteries et les motorisations des futurs véhicules électriques. Ce n'est pas de cela dont notre pays à besoin. C'est de lui redonner la liberté d'innover et de créer. Peugeot va aller acheter ses voitures électriques au Japon, Monsieur Chatel, demandez donc à Peugeot d'analyser et de vous expliquer les causes de ses échecs successifs sur le véhicule électrique depuis 20 ans. Il y en a eu cependant des organismes et des consortiums d'Etat en charge du sponsoring de ces programmes avortés. Alors que peut apporter un programme de plus si le constructeur de véhicules, par définition leader du programme, ne veut pas prendre son avenir en mains et désire en rester à l'économique batterie au plomb et au moteur diésel?

    Le 9 avril 2009

  • Aluminium: la profession anticipe une baisse des consommations d’au moins 20% en 2009

    Aluminium: la profession anticipe une baisse des consommations d’au moins 20% en 2009

    Alumin3                           "La demande mondiale de métal blanc devrait doubler d'ici quinze ans" titrait, il y a de cela deux ou trois ans, un de nos grands journaux économiques, rapporteur d'échos à sensation. Et le superbe diagramme illustrant cet article prévoyait une croissance annuelle de consommation d'Aluminium de 4,4% pendant 15 ans, passant de 31,6 millions de tonnes en 2005 à 60,6 millions de tonnes en 2020. En ce printemps 2009, le lecteur qui paie bien cher son abonnement, peut se poser des questions sur la pertinence de ces "prévisions". De façon plus sérieuse, la production mondiale d'Aluminium en 2007 était estimée par Rio Tinto à 39 millions de tonnes. Les statistiques de l'International Aluminium Institute indiquent une croissance des productions de ses adhérents en 2008 par rapport à 2007 de 3,6%. On peut donc estimer la production mondiale d'Aluminium de première fusion en 2008 à un peu plus de 40 millions de tonnes. La totalité de ces productions n'a pas du être vendue en raison du ralentissement de la demande dès le quatrième trimestre 2008, une partie a donc du se retrouver dans les stocks.

                          Les producteurs d'alumine, nous dit Rio Tinto Alcan, ont réduit depuis 2008 leurs productions, sur base annuelle, de 21 millions de tonnes ce qui correspond à 7,6 millions de tonnes d'Aluminium. Ce volume correspond donc une anticipation des réductions de productions d'Aluminium de 20% environ. Ce chiffre est cohérent avec les productions d'Alcoa du premier trimestre 2009 en Aluminium laminé qui sont en baisse de 25% par rapport à celles du même trimestre 2008. C'est donc un véritable coup de frein en volume que doit affronter la profession, de l'extraction de la bauxite aux opérations de transformation finale du métal, en passant par la purification de l'alumine et l'électrolyse de l'Aluminium. Compte tenu de ces éléments on peut estimer aujourd'hui que la production mondiale d'Aluminium en 2009 devrait se situer entre 30 et 34 millions de tonnes, un chiffre proche de ce qu'elle était en 2005

                        Ce formidable coup de frein s'accompagne d'une baisse des cours de l'alumine et de l'Aluminium qui aggrave au carré le bilan économique de la profession. C'est la vie économique des industriels des non-ferreux. Oleg Deripaska qui contrôlait Rusal et qui fut un temps l'homme le plus riche de Russie, est en train de l'apprendre à ses dépens. Sa Compagnie étant accablée par 'une dette de 14 milliards de dollars et qui ne doit pas aller en se réduisant, par les temps économiques qui courent.

    Le 8 Avril 2009.

  • GM et Segway présentent un deux roues original: le PUMA

    GM et Segway présentent un deux roues original: le PUMA

                                    C'est l'anti bicycle, l'axe des deux roues est perpendiculaire à l'axe de progression. Quelle drôle d'idée de Dean Kamen, d'avoir imaginé équiper un deux roues d'un système à inertie lui permettant  de demeurer en équilibre. A la fois décliné en fauteuil roulant puis en trottinette, voila maintenant le petit véhicule urbain (Personal Urban Mobility and Accessibility). Une fois bien caréné et équipé des protections ad'hoc ce char romain moderne en forme de bulle devrait pouvoir faire du 56 km/heure (35 miles/heure) pendant une heure avec une batterie chargée à bloc.

    Segway-PUMA

    LIRE le communiqué de General Motors et accéder au texte en Français.

    Découvrir Dean Kamen et ses idées décapantes sur les constructeurs d'automobiles américains.

    Le 7 Avril 2009

  • La Finlande va taxer le nucléaire et l’hydroélectrique pour NON émission de CO2!

    La Finlande va taxer le nucléaire et l’hydroélectrique pour NON émission de CO2!

    Breaking-news                               C'est pourtant simple: les taxes carbones qui frappent les productions des centrales électriques à flamme introduisent une distorsion de concurrence inacceptable par rapport à celles des centrales nucléaires ou hydro-électriques. Au non de la libre compétition économique, la Finlande va donc taxer les 2200 MW nucléaire et les 3000 MW hydroélectriques de son pays qui étaient en activité avant la signature du Protocole de Kyoto en 1997. Une taxe de 10 euros par MWh rapporterait 330 millions d'euros aux caisses de l'Etat finlandais. Il n'y a pas de petits profits. Une taxe pour NON émissions de CO2, il fallait oser l'inventer. Les financiers ont une imagination délirante, surtout lorsqu'il s'agit d'alimenter les caisses de l'Etat. Voila une occasion unique pour notre sympathique ministre Borloo de se faire bien voir de Bercy, il suffit qu'il parle de cette innovation nordique en Conseil des Ministres.

    Le 7 Avril 2009

  • Nucléaire allemand: le compte à rebours des productions autorisées est déjà bien avancé

    Nucléaire allemand: le compte à rebours des productions autorisées est déjà bien avancé

    BfS                      Si l'Allemagne ne s'est jamais limitée sur les centaines de millions de tonnes de CO2 qu'elle peut gaillardement émettre en brûlant du charbon subventionné et du lignite, elle s'est par contre dotée d'un compte à rebours draconien portant sur ses productions d'électricité d'origine nucléaire. En 2002 le Gouvernement de coalition allemand a décidé d'autoriser aux opérateurs autochtones, sur la base d'une durée de vie des centrales de 32 ans, une production cumulée d'électricité d'origine nucléaire de 2623 TWh avant fermeture complète des opérations. L'Office Fédéral pour la Protection aux Radiations allemand (BfS) en charge du compte à rebours vient d'annoncer qu'à fin 2008 il ne restait plus que 1241 TWh à produire. L'Allemagne ayant déclaré une production nette d'électricité d'origine nucléaire de 142 TWh en 2008, soit dans les 150 TWh d'énergie brute, il resterait donc en moyenne autour de 8 ans de productions au rythme actuel. Cependant la loi prévoit que tous les réacteurs devront être arrêtés au plus tard en 2015.

                      Il reste donc, d'après la loi, 6 ans à notre sympathique voisine d'énergie pour remplacer à la hâte, un quart de ses moyens production d'électricité. Cela représente, au bas mot, 5400 éoliennes offshore de 3MW et quelques centrales au gaz naturel russe en secours pour produire pendant 60% du temps. Une paille!  Il est évident que l'Allemagne va devoir trouver un compromis pour allonger ce délai fatal et accepter que certaines productions nucléaires se poursuivent au delà de 2015. Ce sujet sera, à coup sûr, débattu dans le cadre de la préparation des futures élections fédérales. Avouez que tout cela n'est pas très sérieux Mme Merkel!

    Le 7 Avril 2009

  • La croissance de la population mondiale doit-elle entraîner une croissance de la consommation d’énergie et de pétrole?

    La croissance de la population mondiale doit-elle entraîner une croissance de la consommation d’énergie et de pétrole?

                                Il est des pseudos évidences dont le lecteur averti doit se protéger. Il en est une qui fait partie des données d'entrée de la consommation d'énergie dans le monde: la croissance démographique. La population mondiale croît, elle a connu sa croissance maximum entre les années 1990 et 1995, elle est maintenant en phase de croissance qui va en s'amortissant (FIG.I), de plus en plus de pays ayant passé leur phase de transition démographique: période plus ou moins longue selon les pays, durant laquelle les taux de décès baissent sous l'impact de la disparition des famines, des progrès sanitaires et médicaux alors que les taux de naissance restent encore élevés, au sein de populations parfois illettrées. De 6,8 milliards d'habitants aujourd'hui, le monde abritera plus de 9 milliards d'êtres humains en 2050 nous informent les Nations Unies. L'Inde devenant le pays le plus peuplé du monde vers 2030. Cette prévision de croissance de la population de 34% en un peu plus de 40 ans incite certains à prévoir, durant les années qui viennent, une vive croissance mondiale des consommations en énergie.

    Monde-1950-2050 

                     Un exemple schématique est fourni par l'Energy Outlook établi annuellement par Exxon-Mobil qui est la vision classique de l'évolution du monde de l'énergie dans les milieux économiques américains. La version 2008 comporte un premier graphique qui montre la croissance de la population, celle de la richesse mondiale et enfin la consommation d'énergie (FIG. II). Que dit Exxon dans cette étude? Il affirme que la croissance moyenne de la population entre 2005 et 2030 sera de 0,9% par an, celle de la richesse du monde de 3% par an et donc que la consommation d'énergie croîtra de 1,2% par an (version corrigée par rapport à l'année précédente, il avait avancé une croissance de 1,3% par an en 2007).

    Exxon-weo-2008-1 

                        Ces graphiques vous laissent tout d'abord totalement convaincu de leur pertinence, tellement la démonstration est simple et la contestation peu crédible. Avec un recul de quelques mois sur leur publication on peut cependant, être amené à challenger  le taux croissance de création de richesse mondiale: 3% par an par les temps qui courent ne serait-ce pas totalement délirant? Il m'étonnerait que Mme Irma, de sa boule de cristal, la seule au monde à savoir prévoir correctement l'évolution de la richesse des Nations, sorte un tel score digne des Trente Glorieuses. Mais ce n'est pas sur ce paramètre que l'objection est la plus évidente: c'est paradoxalement sur la croissance des populations.

                       Un chiffre brut de croissance moyenne annuelle des populations ne suffit pas, il faut aller un peu plus dans le détail  pour analyser de quoi sera faite cette variation.

                       Il suffit de rappeler que les 1,2 milliards d'habitants des pays de l'OCDE, en 2008, ont consommé 55% du pétrole mondial malgré la crise. On en déduit que les 5,6 milliards d'habitants NON OCDE ont consommé 45% du pétrole mondial. Un calcul simple  permet de remarquer qu'un individu des pays OCDE a brûlé ou transformé en 2008 en moyenne 14,5 barils de pétrole et que son cousin NON OCDE n'en a utilisé que 2,5 soit un rapport de 5,8 entre les deux. On le voit, un bilan de population brut ne suffit pas, il faut discriminer  les variations de population entre les pays riches ou qui le deviennent  et celles des pays en voie de développement, parfois bien lent.

                      Sur ce point, les Nations Unies nous informent que la croissance démographique dans les  40 ans qui viennent (2010-2050) va représenter probablement 2,2 milliards d'individus. Mais ces 2,2 milliards vont être répartis de façon très inhomogène (FIG.III), l'Asie et l'Afrique croissant chacune d'un milliard d'individus, les Amériques voyant augmenter leurs effectifs de 230 millions, dont 97 millions pour le continent Nord-américain. A l'inverse la population du grand ensemble Europe-Russie perdra 42 millions d'habitants durant cette période. En résumé la population des pays pauvres qui consomment peu d'énergie va augmenter d'ici à 2050 et celle des pays riches consommant beaucoup d'énergie va au mieux rester constante ou décroître (les données seront précisées plus loin).

    Accroissement-2010-2050

                      L'autre paramètre important est le vieillissement de la population dont un exemple nous est donné par le Japon dont le parc automobile décroît et la consommation d'énergie recule, en raison du vieillissement de sa population (FIG. IV). Ce pays a connu son pic de population en 2006 (127,45 millions d'habitants) et d'après les prévisions des Nations Unies compte tenu d'hypothèses de natalité et de mortalité, et un solde migratoire proche de zéro (54000 par an), avancent que la population baissera de 25 millions d'habitants d'ici à 2050. Mais un examen de la tranche 15-64 ans la plus active et la plus consommatrice (courbe rouge) montre que sa population décroît depuis 1995 en qu'en 2010 elle aura déjà baissé de 6 millions d'individus. Elle aura perdu 35 millions d'individus en 2050.

    Japon-1990-2050   

                          Cet exemple japonais montre que dans certains pays présentant des taux de mortalité et de natalité faibles, c'est la population active qui décroit la première et qui est le paramètre pertinent pour déterminer certaines consommations. Les achats de voitures et la consommation d'essence en décroissance semblent être liés à cette évolution de la population fortement urbanisée au Japon. La baisse des revenus, un mode de vie plus frugal, conséquences de l'arrêt d'activité professionnelle ou à son ralentissement (temps partiel, petit boulot) amènent le japonais urbain à se séparer de son véhicule et du garage obligatoire qui va avec.

                       Il est fortement probable que ce comportement japonais va se généraliser à d'autres pays européens qui vont aussi voir leur population vieillir et évoluer vers une sagesse respectueuse de l'environnement par attitude philosophique et par nécessité financière. Le profil de projection de la population allemande par exemple, dont la population active décroit depuis les années 2000, est proche de celui du Japon (FIG.V) avec un décalage de 5 ou 10 ans. La population active allemande pourrait baisser de 15 millions d'individus entre 2000 et 2050.

    Allemagne-1990-2050 

                     Un examen de l'évolution de population des pays potentiellement les plus riches du monde qui englobe l'Amérique du Nord, l'Europe-Russie, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie-Nouvelle Zélande, le Brésil et le Moyen-Orient montre que la population de cet ensemble va croître de 200 millions d'individus entre 2010 et 2050 (FIG.VI). Cependant la population active va demeurer globalement constante en dessous de 1,2 milliards d'habitants.

    Pays-riches-1990-2050 

                         Ces données montrent que de parler de croissance de population n'est pas suffisant pour anticiper des consommations d'énergies dans le monde. Une partie de cette variation des besoins en énergie va dépendre de la taille de la population active riche du Globe. Or celle-ci à l'horizon 2050 ne va pas connaître la croissance générale de la population en raison des phénomènes de vieillissement.

                       Conjuguée aux efforts de progression dans l'efficacité énergétique des processus qui seront mesurés chaque année, dans chaque pays, par ses émanations de CO2, cette faible croissance démographique à fort pouvoir de consommation permet d'anticiper une stabilisation ou une très faible croissance annuelle  (<0,5%) des besoins en énergie dans le monde d'ici à 2030. A titre d'anecdote la consommation globale d'énergie aux Etats-Unis en 2008 a diminué de 2% par rapport à celle de 2007 en raison de la baisse des consommations en produits pétroliers.

                        Les ressources d'économies mondiales d'énergie dans des parcs automobiles d'un autre temps, dans des centrales électriques d'une grande inefficacité, dans des habitations ouvertes aux quatre vents sont considérables. Un juste prix des ressources énergétiques, la disparition de subventions archaïques, une information continue des populations, des politiques d'incitation devraient conduire le monde à stabiliser sa consommation en énergie, malgré une croissance démographique encore soutenue, mais au sein d'une population vieillissante.

                      Si les problèmes de démographie vous intéressent je vous signale un accès très facile aux données les plus diverses dans le site des Nations Unies (LIRE).

    Le 6 Avril 2009.

  • Showa Shell Solar poursuit son expansion, BP Solar rationalise sa production

    Showa Shell Solar poursuit son expansion, BP Solar rationalise sa production

    Solacis-Shell                          La filiale de Shell au Japon qui voit peu à peu se rétrécir le marché du raffinage avec l'arrivée de véhicules plus sobres en énergie et la réduction du parc automobile en phase avec le vieillissement de la population, ne veut pas manquer la révolution photovoltaïque. Showa Shell a choisi de devenir un des grands japonais de l'industrie des modules solaires, sous la marque Solacis, en utilisant la technologie en couche mince de type CIGS (Cu,In,Ga,Se) qui présente l'avantage d'offrir de bons rendements de conversion et semble-t-il l'inconvénient d'être un process difficile à maîtriser, mais qui peut devenir un atout pour celui qui arrive à mettre le procédé de production sous contrôle. Shell va disposer d'une capacité annuelle de production de 80 MW avec la mise en route d'une deuxième usine, mais son objectif est d'atteindre 1000MW en 2011. Pour mener à bien son projet Showa Shell pourrait acheter une usine Hitachi située dans l'île de Kyushu. Elle produisait des écrans plasma de TV et a été arrêtée par manque de commandes! 

                              Mais pendant ce temps là, c'est une autre histoire chez BP Solar qui prend de plein fouet l'inversion du marché, le quasi arrêt des commandes espagnoles et la chute des prix. Alors BP solar va fermer des usines en Espagne et supprimer 480 postes sur 575. De même il va arrêter l'assemblage de modules dans le Maryland et supprimer 140 jobs sur environ 600. Après ces opérations, BP Solar disposera en 2009 d'une capacité de production de modules de 320 MW, le double de celle de 2008. Mais il est fortement probable que le centre de gravité de ces productions se soit radicalement déplacé vers l'Inde et la Chine.

                             Si l'Espagne veut sortir de la crise, il faudrait que son Administration arrête de commettre des énormes bourdes comme celle commise dans le photovoltaïque en 2008 qui a du lui coûter une fortune et qui se conclut par des suppressions d'emplois. Immense gâchis!

    LIRE une plaquette de présentation du produit Solacis

    Le 4 Avril 2009.