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  • Etats-Unis: le processus d’élaboration de la future législation sur les émissions de CO2 est lancé

    Etats-Unis: le processus d’élaboration de la future législation sur les émissions de CO2 est lancé

    Capitole                       C'est Henry Waxman, Président de la Commission de l'Energie et du Commerce à la Chambre des Représentants des Etats-Unis qui présente le projet de loi intitulé "The American Clean Energy and Security Act of 2009" qui va servir de base à l'élaboration de la future loi sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec pour objectif de réduire ces émissions de 20% en 2020 par rapport à celles de 2005. Dans ce texte qui aborde successivement la promotion des énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les mesures transitoires, il est possible de dégager un certain nombre de points marquants. Citons l'obligation pour les distributeurs d'électricité d'approvisionner un certain pourcentage d'électricité d'origine renouvelable (6% en 2012 et 25% en 2025) avec une possibilité de réduction de ces objectifs par les Etats.

                      L'autre point important est la mise en place d'un système "cap and trade" de droits d'émissions de CO2, réservé aux grands émetteurs de CO2 (>25000 T/an) avec un plan de réduction d'émission de ces droits au cours du temps (Il va de 4,77 milliards de tonnes de CO2 en 2012 à 1,035 milliards de tonnes en 2050!). C'est donc théoriquement le marché qui va déterminer les cours du CO2!  Mais comme tout le monde sait que c'est stupide, le projet prévoit une "réserve stratégique" de 2,5 milliards pour injecter des droits supplémentaires si les cours deviennent trop élevés. Le "trade" va donc être "capé"!  De plus il va exister une possibilité de dispenses ("offset") provenant d'autres sources de réduction d'émissions (capture et séquestration, hydraulique, nucléaire?) nationales ou internationales. Ces dispenses ne pourront pas dépasser 2 milliards de tonnes annuellement. L'ensemble va ressembler à une vraie usine à gaz qui combinera vente aux enchères et cotation sur un marché. Il est peu probable que l'examen par les deux Chambres arrive à simplifier les textes.

                  Enfin il faut parler des mesures transitoires qui prévoient la possibilité d'instaurer une taxe carbone sur les produits importés, dans le cas où l'industrie américaine serait désavantagée. Le texte envisage également de pouvoir aider les pays en développement à condition qu'ils aient signé un accord international de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Le texte anticipe la réunion de Copenhague et le comportement de la Chine et de l'Inde.

    Tout cela promet de longues et âpres discussions.

    LIRE le résumé de ce projet de loi.

    Le 1er Avril 2009

  • Multibrid en discussion pour vendre 80 éoliennes de 5MW pour un champ offshore en Mer du Nord

    Multibrid en discussion pour vendre 80 éoliennes de 5MW pour un champ offshore en Mer du Nord

                                                                                              Multibrid-M5000 Filiale allemande d'AREVA depuis 2007, Multibrid, a fait en 2000 un choix stratégique majeur: attaquer le marché des éoliennes par le marché offshore et avec un seul produit de forte puissance de 5MW: le M5000. C'était au lancement du projet un vrai coup de poker. A ce jour Multibrid a installé deux paires d'éoliennes prototypes à terre. Une première paire de maquettes en tout début 2007 pour valider les choix, une deuxième paire en 2008 tenant compte des leçons tirées de la première expérience. Jusque là, Multibrid travaillait sur une commande de 80 éoliennes livrables en 2010 et 2011 pour la ferme "Borkum West II" situé à 45 km au nord de l'île de Borkum dans la Mer du Nord pour un groupement autour de la société Prokon Nord.

    Multibrid vient de signer un Memorandum of Understanding avec l'allemand Wetfeet Offshore pour une commande de 80 éoliennes livrables en 2011 et 2012 pour le champ Global Tech I en Mer du Nord. Le marché dépasserait les 700 millions d'euros. Ceci correspond à un prix de 1,75 millions d'euros par MW pour les seules éoliennes, ce qui est un bon prix pour Wetfeet. Les prix jusqu'à présent pour ce genre de puissance installée frisaient plutôt les 3 Meuros/MW (Ex. projet Thanet de Vattenfall avec 100 éoliennes de 3MW de Vestas). Le marché éolien commencerait-il à devenir raisonnable?

    LIRE le communiqué d'AREVA.

    Le 31 Mars 2009

  • Nombreux pensent que le dépôt de bilan est la seule issue possible pour General Motors

    Nombreux pensent que le dépôt de bilan est la seule issue possible pour General Motors

    Business-update                               La publication par l'Administration américaine de la liste des raisons pour lesquelles elle considérait le plan Wagoner de rétablissement de General Motors comme "bidon" a fait du bruit dans le Landernau financier, industriel et syndical  américain. On peut lire dans ce memo de quatre pages les argumentations suivantes démolissant le plan soumis par Wagoner. 1) GM va continuer à perdre des parts de marché en raison de l'arrêt de certaines marques qui ne sont pas prises en compte correctement, 2) le plan prévoit une amélioration des prix dans un marché en détresse qui va se diriger vers les petits modèles, 3) les problèmes posés par la pléthore de revendeurs et de marques ne sont pas pas correctement abordés, 4) le mix produit comportant beaucoup de gros véhicules n'est pas adapté à l'évolution prévisible du marché et à l'apparition de contraintes légales sur la réduction des consommations des véhicules, 5) GM a au moins une génération de retard dans les nouveaux modèles hybrides par rapport à Toyota, la VOLT trop onéreuse sera invendable, 6) les besoins en cash croissants seront incompatibles avec le niveau de fonds propres et pousseront GM à vouloir faire du chiffre à tout prix.

                        Cuisante condamnation d'un plan dont le seul objectif était de récolter le maximum de subsides de l'Etat Fédéral et de gagner du temps.

                        Alors il ya aujourd'hui deux écoles: ceux qui pensent que cet échec va inciter les actionnaires et les syndicats à aller plus à fond dans les remises en causes et conduire à un nouveau plan stratégique viable. En face, comme John Murphy de Bank of America, il y a ceux qui pensent que les carottes sont cuites et que la seule issue raisonnable sera le Chapter 11. Au vu du retard accumulé par GM sur sa gamme de produits et de l'état du marché américain, la deuxième option semble effectivement la plus réaliste. Le management de GM dispose de deux mois pour se déterminer.

                      Mais alors, dans cette hypothèse de dépôt de bilan, il faut aussi inclure Chrysler, encore plus largué que GM sur sa gamme de produits et dont on voit mal comment FIAT pourrait apporter les connaissances produits et marketing suffisantes pour le sortir de la panade. Mais que viendrait faire FIAT dans cette galère avec 20% du capital et des engagements financiers de Chrysler?

                      Les prochains épisodes nous promettent donc un printemps agité.

    LIRE le rapport salé de l'Administration américaine sur le plan Wagoner.

    Le 31 Mars 2009.

  • La capture du CO2 dans les gaz de combustion fait l’objet d’intenses recherches

    La capture du CO2 dans les gaz de combustion fait l’objet d’intenses recherches

    Plant_malaysia[1]                     La capture du CO2 dans les gaz de combustion d'une unité industrielle existante est un problème complexe qui semble aussi farfelu que de vouloir adapter un pot catalytique sur une vielle 403. Mais la demande est potentiellement forte, les industriels qui voudront s'affranchir des diverses taxes carbones ou d'achats de droits d'émissions seront à la recherche d'équipements de rétrofit susceptibles de capturer le CO2 et de le séquestrer on ne sait où. L'équation est complexe parce que le CO2 dans les gaz chauds de combustion est dilué dans l'azote de l'air et ces gaz comportent une plus ou moins grande part d'oxygène résiduel qui est susceptible d'oxyder les solvants utilisés pour la capture. Alors chaque industriel a sa recette secrète de solvant qui doit être peu volatil (adjonction d'un groupe ionique), résistant à l'oxydation et économe en énergie lors de la désorption du CO2 après capture.

                             Alors Mitsubishi Heavy Industries utilise sa recette KS-1 qui semble être énergétiquement en avance. Ce procédé est largement utilisé par MHI dans les unités de production d'urée (NH2-CO-NH2) où le CO2 formé lors de la production d'Hydrogène est capté pour être réutilisé par la suite pour réagir avec l'ammoniac. MHI est en cours d'étude d'une unité de capture de CO2 de 3000T par an qui doit capter les gaz issus de la centrale à gaz de 420MW de la centrale de Karsto en Norvège. Dans ce pays la tonne de CO2 émise coûte dans les 50$.

                              Siemens pour sa part va s'attaquer à la capture du CO2 d'une centrale à gaz à cycle combiné de Statkraft, également en Norvège. Le problème est rendu complexe en raison d'un flux gazeux à faible teneur en CO2 et à fort pouvoir oxydant. L'unité devrait être opérationnelle en 2011. L'enjeu est très important puisqu'il permettrait à Siemens de proposer des centrales à gaz de très bon rendement énergétique et n'émettant que de très faibles quantités de CO2 (LIRE le communiqué de Siemens).

                              Enfin Alstom et Dow Chemical travaillent ensemble depuis 2008 pour développer un procédé à base "d'amines avancées". Ils vont ensemble équiper une chaudière au charbon dans une unité d'Union Carbide aux Etats-Unis. Leur objectif est de capter 1800 tonnes de CO2 par an (LIRE le communiqué d'Alstom).

                           Ces quelques exemples montrent l'implication des grands industriels du secteur pour développer ces technologies de capture de CO2 sur des installations existantes, les législations réprimant les émissions de CO2 leur apporteront la clientèle, à condition que le prix de l'énergie consommée par ce perfectionnement soit inférieur aux taxes carbone.

    Le 31 Mars 2009.

  • Les Lundis écologiques du Président Obama s’avèrent être redoutables

    Les Lundis écologiques du Président Obama s’avèrent être redoutables

    WhiteHouseSouthFacade                      Après avoir "ousté" Rick Wagoner de chez General Motors (mais comment cet homme après toutes les bêtises marketing qu'il a pu accepter de ses équipes, était-il encore aux commandes?), après avoir sommé Cerberus de conclure un mariage arrangé entre l'adipeux Chrysler et la gracile Fiat qui prendrait 20% de Chrysler en échange de la recette de la conception de voitures italiennes et de la pasta al dente. (Il faut reconnaître que le Président Obama est un vrai parrain à la sicilienne dans ce mariage puisqu'il mettra 6 milliards de dollars dans la corbeille. A ce prix là, Cerberus est prêt à marier Chrysler avec m'importe qui!).  Après donc tout cela qui a fait chuter le S&P500 de 3,5% et le pétrole de près de 4 dollars le baril, ce sympathique président, pour se délasser, est allé signer l' "Omnibus Public Lands Management Act".

                     Cette loi qui n'a rien à voir avec le transport ferroviaire, est un texte de 1294 pages(!) qui interdit de forer des puits de pétrole ou de gaz, de creuser des mines sur 150 sites des Etats-Unis représentant une surface totale de 800 mille hectares qui va rejoindre les 4 millions d'hectares déjà protégés par le National Wilderness Preservation System. Obama au cours de la cérémonie, en a profité pour replacer son action dans la continuité de celle de président Lincoln, auquel on doit le Yosemite National Park en Californie.

                   On le voit, ce Président ne perd en rien de son élégance écologique, même si son bon peuple lui rappelle, au travers des sondages (LIRE), que l'écologie est une science qui intéresse surtout ceux qui n'ont pas de problèmes de fins de mois.

    Le 31 Mars 2009.

  • Remue ménage dans le photovoltaïque japonais: Sharp et Toshiba discutent

    Remue ménage dans le photovoltaïque japonais: Sharp et Toshiba discutent

    Toshiba                     Le marché du photovoltaïque devrait être fortement relancé par le Gouvernement japonais dès le mois d'Avril, premier mois de l'année fiscale 2009, dans le cadre de sa politique de soutien à l'économie. Certains parlent de sommes pouvant atteindre jusqu'à 20 milliards de Dollars qui seraient consacrées à ce secteur, mais la durée n'est pas précisée. Dans ce cadre là, Toshiba qui ne fait pas beaucoup de bonnes affaires en ce moment, voudrait monter dans le train du solaire en marche pour atteindre un business de 2 milliards de dollars en 2016 dans un marché annuel qu'il évalue à 22 milliards de dollars. Toshiba recherche donc un fournisseur de modules solaires qui pourrait être par exemple Sharp, le deuxième fabricant mondial. En échange, Toshiba fournirait à Sharp des ensembles de distribution d'énergie électrique.

                            Cette information est à mettre en perspective avec l'information d'un fort soutien au photovoltaïque qui viendrait du gouvernement Chinois. Sur cette ensemble de nouvelles en Asie, l'action Sharp s'est valorisée de 4,5% à la Bourse de Tokyo. Rappelons que Sharp s'est associé à ENEL en Italie pour construire vers 2011 sa future grande usine de modules solaires en couches minces.

    Le 29 Mars 2009

  • La pression sur les besoins en renouvellement des ressources pétrolières s’est fortement réduite

    La pression sur les besoins en renouvellement des ressources pétrolières s’est fortement réduite

                      Jusqu'en 2007 le monde a connu une croissance régulière des besoins en pétrole et autres liquides, tels que les gaz liquéfiés et les biocarburants, qui  s'est élevée en moyenne annuelle à 1,3 millions de barils/jour sur dix ans (FIG.I). L'envolée des prix, manipulés par la spéculation financière, durant les 8 premiers mois de 2007 ont marqué un brusque retournement de tendance, depuis amplifié par la crise économique. Les consommations mondiales en pétrole décroissent. Mais cela veut-il dire que les efforts des groupes pétroliers dans l'exploration et la production doivent se relacher? Peut-on quantifier l'état de la demande nouvelle en pétrole dans les années à venir? Pour cela, il est nécessaire de procéder de façon analytique en examinant l'ensemble des paramètres régissant cette demande et donc sa variation.

    Conso-liquides-monde-1997-2010   

                        La première demande est interne au système de production de pétrole par forage: c'est l'épuisement naturel des gisements exploités que l'on appelle en anglais "depletion" et que nous appellerons avec audace déplétion pour faire plus court. C'est un paramètre difficile à définir et à quantifier puisqu'il est intimement lié à l'activité quotidienne de forage sur le millier de puits de production de pétrole en activité dans le monde (1008 au mois de Février). Sur chaque puits des décisions quotidiennes sont prises pour réduire ou accroître la production.  Sur chaque champ des puits supplémentaires peuvent être forés, des extensions sont découvertes, des techniques innovantes sont validées et mises en production. Pour éviter de rentrer dans un débat dont la complexité n'a d'équivalent que la détermination du sexe des anges, nous prendrons comme valeur annuelle de la déplétion le chiffre rond de 4 millions de barils par jour qui correspond à une baisse naturelle des productions en cours de 5,4% d'un volume de brut extrait  de 74 millions de barils/jour. Quiconque peut contester ce chiffre, mais personne ne sait en justifier un plus pertinent, sinon avec des blas-blas d'un journaliste sur l'Arabie Saoudite dont il ne connaît que l'Hôtel Sheraton de Ryad.

                        Le deuxième paramètre est la demande globale en liquides, générique qui englobe le pétrole, les gaz liquides, les biocarburants et les carburants de synthèse obtenus par procédés de types Fischer Tropsch à partir de gaz (GTL), de charbon (CTL) ou plus tard de biomasse (BTL). Cette demande est fortement liée aux transports routiers, maritimes et aériens, mais aussi à la pétrochimie, aux besoins de chauffage domestique ou industriel et à une production marginale d'électricité. Cette demande va globalement décroître, avec une décroissance dans les pays riches de l'OCDE et une moindre croissance en valeur absolue dans les pays NON OCDE. Les principaux leviers qui vont agir sur cette demande globale sont la recherche d'une plus grande efficacité énergétique et la substituabilité des sources d'énergies qui vont s'opposer à la croissance lente du pouvoir d'achat des pays NON OCDE.

                      La recherche d'une plus grande efficacité énergétique dans les transports est quotidienne avec la vente de véhicules moins consommateurs en carburant, avec les primes à la casse, avec la sortie de véhicules hybrides qui deviendront rapidement le standard des véhicules de haut et de moyenne de gamme. (Toyota annonce une Yaris hybride pour début 2011 au Japon pour contrer l'Insight de Honda). Les transports aériens et maritimes déploient, de leur côté, toute leur ingéniosité pour faire baisser la facture de carburant. L'autre volet vers une plus grande efficacité énergétique se trouve dans les raffineries qui grâce aux unités de conversion profonde et aux progrès dans les réactions catalytiques produisent de plus de fractions légères (essence, naphta, kérosène, gasoil) aux dépens des fonds de barils d'huiles lourdes et autes cokes de pétrole. C'est ce poste "autres liquides et solides" dans la consommation américaine qui a baissé le plus en 2008 (-18%), en fait ces fonds de barils sont de moins en moins produits et donc commercialisés.

                          Le meilleur exemple de substituabilité des sources d'énergie, après le remplacement du bois par le charbon et du charbon par le pétrole, est le véhicule électrique qui grâce aux progrès technologiques va dispenser une partie du trafic routier de pétrole, au profit d'un mix énergétique constitué de gaz, de nucléaire et d'énergies renouvelables. Le 21ème siècle va assister à la montée en puissance de ce phénomène avec les véhicules électriques et les véhicules hybrides rechargeables. Dans le chauffage industriel et domestique on assiste à une lente disparition de l'utilisation du fuel ou du kérosène devenus trop onéreux au profit du gaz et de l'électricité. L'arrivée de modules photovoltaïques abordables en prix et les progrès d'isolation thermique vont pousser les foyers et les centres commerciaux à s'équiper en chauffage électrique. Raccordés au réseau, ils seront eux mêmes producteurs nets d'électricité à certains moments de la journée.

                          Un autre paramètre de plus en plus important est la montée en puissance des biocarburants. Leur production a atteint en ce début 2009 les 1,68 millions de barils/jour soit 2% en volume de la demande en liquides. Ils sont produits aux Etats-Unis (0,66 millions de barils/jour), au Brésil (0,44 millions de barils/jour) et dans le reste du monde. La croissance annuelle des productions est de  0,3 millions de barils/jour avec la montée des productions d'éthanol de maïs et de canne à sucre, mais aussi avec la production de biodiesel par hydrogénation-isomérisation  catalytique des corps gras (LIRE).

                          Enfin il ne faut pas oublier les carburants de synthèse par procédé de type Fischer-Tropsch tirés en ce moment par l'équipement du Qatar qui veut produire des carburants à partir de ses immenses gisements de gaz (LIRE). La Chine va réaliser une Usine de CTL, l'Indonésie qui dispose de charbon veut également s'équiper. Mais ces procédés ne prendront toute leur ampleur lorsque le couplage à la capture et séquestration du CO2 (CCS) sera maîtrisée, des systèmes hybrides charbon-biomasse permettront d'optimiser l'approche économique et écologique de ces systèmes (LIRE).

                           La prise en compte de tous ces paramètres permet de mesurer avant 2007 et dans les années 2010 la pression de la demande annuelle en ressources nouvelles de pétrole exercée auprès de l'industrie pétrolière (FIG.II).

    Nouvelles-ressources-2007-2010 

                     Avant 2007 aux 4 millions de barils/jour de déplétion il fallait ajouter les 1,3 millions de besoins annuels supplémentaires corrigés de 0,1 millions de biocarburants. Le demande annuelle de nouvelles ressources était de 5,2 millions de barils/jour. Dans la prochaine décennie, aux 4 millions de barils/jour de déplétion il faudra soustraire 0,9 million de consommations en moins des pays OCDE (-2%), ajouter 0,6 million de consommations des pays NON OCDE (+2%), soustraire le 0,3 million de biocarburants et le 0,1 million de carburants de synthèse.  Le résultat est ainsi de 3,3 millions de barils/jour de besoin en ressources nouvelles.

                   Ce calcul simple qui évalue la baisse de la demande annuelle en ressources nouvelles de pétrole de l'ordre de 2 millions de barils/jour aura pour conséquence une réduction de l'effort de prospection global dans le monde. Cette baisse de pression va se concrétiser par une réduction des investissements, en particulier dans les zones les plus difficiles économiquement (Venezuela, Alberta, offshore très profond). Ce mouvement va maintenir le poids politique de l'OPEP et en particulier celui de l'Arabie Saoudite sur le marché mondial du pétrole. Un effort d'investissement des américains dans l'exploitation de leurs propres ressources offshore, dans un souci d'indépendance économique, ferait alors double emploi avec leur volonté de réduire drastiquement leur consommation qui a court terme est le bon choix.

    Remarque: le CERA estime que d'ici à 2014, en raison des prix bas du pétrole et du manque de crédit, que sur les 14,5 millions de barils/jour de nouvelles productions qui étaient envisagées, 7,6 millions d'entre elles ne seraient probablement pas réalisées. Cependant ces divers reports ou abandons d'investissements ne mettront pas en péril l'approvisionnement en pétrole durant cette période conclut l'étude.

    Le 29 Mars 2009

  • Japon: des réductions sur les péages autoroutiers pour relancer l’économie

    Japon: des réductions sur les péages autoroutiers pour relancer l’économie

    Japon-trafic                       Sous toutes les latitudes l'occasion fait le larron. En Europe, les primes à la casse française et allemande rencontrent beaucoup de succès. Au Japon ce sont les péages autoroutiers à "prix discount" durant les week-ends et les jours de fête qui déclenchent un formidable enthousiasme. D'après le Kyodo News le trafic autoroutier enregistre le week-end des croissances de 48 à 52% par rapport à il y a un an, grâce à une politique de tarifs réduits sur les autoroutes, du type 1000 Yens quel que soit le kilométrage parcouru. Le Gouvernement japonais a budgété, pour compenser le manque à gagner aux péages, cette méthode de relance de l'économie pour une période de deux ans. Les Japonais vont-ils découvrir les 35 heures, les loisirs, la voile et les bains de mer?…La décadence est proche.

    LIRE l'article du Kyodo News.

    Le 28 Mars 2009

  • Nouvelles énergétiques de la semaine du 28 Mars 2009

    Nouvelles énergétiques de la semaine du 28 Mars 2009

    3M-LiNiMnCoO2                     Etats-Unis: 3M veut se lancer dans le développement et l'industrialisation d'oxydes lithiés de Nickel, Manganèse et Cobalt pour les accumulateurs Li-Ion. Pour cela il s'est allié avec Amperex Technologies, un producteur chinois de batteries Li-Ion polymères qui est intéressé par l'utilisation de ce produit qui constitue à la fois le produit le plus cher de la batterie et le plus déterminant de ses performances. Sa morphologie sphérique (FIG.) et sa répartition granulométrique précise sont des points clés pour la mise en oeuvre le long du procédé de production d'électrode. (LIRE)

                            Moscou (RIA Novosti): Gazprom pourrait racheter pour 5,5 milliards de dollars, les parts que détiennent les italiennes ENI et ENEL dans Gazprom Neft et dans les anciens actifs de Yukos. La facture se décomposerait en 4 milliards de dollars pour les 20% de Gazprom Neft détenus par ENI et 1,5 milliards de dollars pour SeverEnergia détenue par ENEL et ENI, acquise lors de la vente aux enchères de YUKOS il y a deux ans. Par ces temps de liquidités rares, les banquiers florentins font rentrer les devises!  (LIRE).

                           Erlangen (Allemagne) : Siemens et ses associés chinois viennent de recevoir une commande de 100 trains à grande vitesse pour la liaison rapide Pékin-Shanghai. Ce modèle de train, déjà opérationnel en Espagne, le VELARO, possèdera en Chine une longueur de 400 mètres, ce qui en fera le train rapide le plus long du monde. Il permettra de parcourir les 1318 km entre les deux métropoles chinoises en un peu plus de quatre heures. (LIRE)

                         Etats-Unis, un pipe-line de 2700 km pour acheminer de l'éthanol: le plus gros producteur d'éthanol de maïs des Etats-Unis, Poet, vient de rejoindre le projet de Magellan Midstream Partners qui propose de construire un pipe-line qui acheminerait l'éthanol produit dans les Etats de la corn-belt, autour de l'Iowa, vers les terminaux pétroliers du Nord-est des Etats-Unis. Long de 2700 km ce pipe-line coûterait 3,5 milliards de dollars.

                        BASF, avec l'aide financière du Gouvernement allemand, va animer un groupe de projet regroupant plusieurs Sociétés allemandes et suisses, pour conduire à bien le développement d'une future batterie Li-Ion de très forte énergie qui permettrait d'assurer 200 km d'autonomie en mode électrique à un véhicule hybride rechargeable. BASF se donne jusqu'en 2015 pour aboutir à un produit qualifié et industrialisé. Souhaitons bonne chance à ce projet germanique! (LIRE)

    Le 28 Mars 2009.

  • Nippon Steel veut devenir un grand producteur de wafers en carbure de silicium (SiC)

    Nippon Steel veut devenir un grand producteur de wafers en carbure de silicium (SiC)

    NipponSteel-SiC-wafers                     Japon: Nippon Steel va se lancer dans la production industrielle de wafers en carbure de silicium (SiC). Produit appelé à un grand avenir dans tout ce qui est éclairage avec les LED, mais aussi dans l'électronique de puissance (onduleurs pour les énergies renouvelables ou les véhicules électriques) ces wafers sont une des clés de l'efficacité énergétique des systèmes. Ils permettent en effet de réaliser des composants de puissance de tailles réduites, de faible impédance et moins sensibles à la chaleur (LIRE). Nippon Steel veut produire des wafers de deux, trois et quatre inches (50, 75 et 100 mm) de façon industrielle dès le 1er Avril 2009. Son objectif est d'atteindre un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars en 2015 en devenant le N°2 mondial, derrière l'américain CREE. Ce dernier ayant annoncé la sortie de wafers de 6 inches (150mm) pour 2009 ou 2010, Nippon Steel se fait fort de pouvoir sortir ce même produit pour 2011.

                  Les motivations de cette diversification de la part de Nippon Steel: il possède un bon know how sur le sujet et les investissements à mettre en oeuvre pour se lancer sont faibles.

    Le 28 Mars 2009