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  • Le mode de négoce des droits d’émissions de CO2 européen constitue-t-il un modèle pour les Etats-Unis?

    Le mode de négoce des droits d’émissions de CO2 européen constitue-t-il un modèle pour les Etats-Unis?

                         Notre Commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, est persuadé que le système d’allocation et de cotation des droits d’émissions de CO2 mis en place en Europe est un chef d’oeuvre d’ingéniosité financière et qu’il doit être transposé ou même étendu dans le cadre d’une vaste Alliance aux Etats-Unis (LIRE). Ce point de vue semble cependant être peu partagé outre Atlantique, le modèle européen tendrait même à servir de repoussoir à la mise en place d’un système de quotas et de ventes de droits d’émissions de CO2 (cap and trade) dont l’Administration américaine a tant besoin pour faire rentrer des dollars dans les caisses. Le principal reproche, tout à fait pertinent, porte sur la forte variation des cours du CO2 incompatible avec une réelle politique industrielle de réduction des émissions (FIG.).Droitsets200902

                         Citons Rex Tillerson, le patron d’Exxon Mobil: " A cap and trade system is going to be opaque to consumers and, I would argue, even to investors. That’s being our experience in Europe, were prices have been very volatile. When prices are very volatile you tend to do things at the edge and avoid making significant changes right away." Il faut avouer que la lenteur de mise en place des actions de réduction des émissions de CO2 en Europe conforte l’avis de Tillerson qui bien sûr voudrait voir les taxes à venir porter sur autre chose que sur les émissions de CO2 d’Exxon.

                        La deuxième critique que l’on peut faire au système européen est la lenteur d’application des taxes à certaines industries et en particulier aux centrales au charbon polluantes. Mais il faut demander aux pays européens grands consommateurs de charbon les raisons de cette lente paresse (FIG.).Charboneu_272006

                     Un système d’allocations et de tarification des émissions de CO2 reste donc à inventer. Le Congrès et l’Administration américains vont devoir se plier à cet exercice. Il est difficile de comprendre ce qu’apporte un marché de cotation en continu des droits d’émissions tel qu’imaginé en Europe, sinon de créer de la spéculation à la hausse ou à la baisse et d’introduire ainsi une grande variabilité artificielle des cours. Une mise aux enchères mensuelle de droits d’émissions, avec un prix plancher de réserve (20 dollars la tonne par exemple) serait au moins aussi efficace et beaucoup plus stable que le système de marché anglo-saxon actuel . Les industriels pourraient alors faire des calculs de rentabilité sur leurs investissements sur des bases financières solides.

    Remarque: le CO2 est bien sûr coté à Londres sur l’ECX et fait l’objet de multiples transactions spéculatives qui rapportent au teneur de la place. En 2008 2,81 milliards de tonnes de CO2 ont été échangées sur l’ECX soit une croissance de 170% par rapport à 2007. Ce chiffre de 2,8 milliards de tonnes est à comparer aux émissions totales européennes de CO2 qui s’élèvent à 4,2 milliards de tonnes. En Janvier 2009 le nombre de transactions à 288 millions de tonnes était en croissance de 68% par rapport à il y a un an.

    Le 6 Mars 2009.

  • Automobile : – 25  % en 2009 en Europe.

    Automobile : – 25 % en 2009 en Europe.

    Images_4 On s’attend à une baisse de production de 25 % en 2009 en Europe.
    Deux constatations : plus aucun producteur n’est rentable. C’est simplement le jeu de qui crève en premier. Les pouvoirs publics l’ont bien compris, et c’est l’origine de leurs largesses.
    En outre, 25 %, ça ne se saupoudre pas. Une usine tourne à plein régime, ou pas. la logique, c’est d’arrêter un site complètement.
    Comme tendre la sébille aux gouvernements a un coût, les pays pingres ou désargentés vont payer la note en matière de suppressions.
    2 à 3 ans de crise, c’est long aussi, surtout que certains marchés étaient déjà en crise depuis longtemps, comme le marché nord américain.

    Le dépôt de bilan de Delphi, un sous traitant de GM, n’est pas d’hier.
    C’est la simple survie des industries dans un certain nombre de pays qui est en question.
    La production britannique, quasiment réservée à l’exportation, peut très facilement être fabriquée ailleurs, même pas délocalisée, mais simplement réparties dans d’autres usines des groupes qui travaillent en Grande Bretagne.
    Les situations géographiques vont aussi jouer : dans la déconfiture du bloc de l’est, en son temps, on a attribué la totalité de la faillite aux dérèglements du système.
    On n’a pas posé la bonne question : quelle était la part de la contrainte géographique ?
    Les puissances maritimes bénéficient de bonnes voies de communication : la mer, les océans.

    Les délocalisations à l’intérieur des terres risquent d’avoir été des coups hasardeux. Le bonheur économique de la Grande Bretagne depuis le 18° siècle était il du à sa politique économique ou à sa situation maritime ?

    Jeudi 5 Mars 2009

  • GDF SUEZ ; tout baigne…

    GDF SUEZ ; tout baigne…

    Images_3 Le bénéfice de GDF SUEZ donne le "la" : les milliards de bénéfices du CAC 40 reposent sur des activités de rente, ou imposition de la dime aux vilains.
    6.5 milliards de bénéfice, et des investissements en berne. Comme d’habitude, on entretient à train de sénateur.
    Cela relativise les pleurs sur les 679 millions perdus sur "la non répercussion de la totalité des coûts dans les tarifs réglementés ".
    Les hausses de tarifs de 25 %, n’avaient donc rien de justifié, et sont un simple transfert du client, vers l’actionnaire.

    Cette hausse fait partie de la hausse des "dépenses contraintes", qui font que les économistes chantres du régime s’extasient de la "robustesse" de la consommation pendant des années, puis amène à la catastrophe économique et à la catastrophe politique.

    La catastrophe économique est simple : souvent la non-consommation devient la seule option, par pauvreté.

    Jeudi 5 Mars 2009

  • La baisse du PIB en fin 2008 s’inscrit dans la continuité des moindres croissances antérieures

    La baisse du PIB en fin 2008 s’inscrit dans la continuité des moindres croissances antérieures

                          Les variations trimestrielles des PIB, par rapport au même trimestre de l’année précédente,  publiées par Eurostat, montrent que le phénomène de chute du PIB pour les grandes nations européennes, enregistré au quatrième trimestre 2008, s’inscrit dans le contexte de moindre croissance enregistré auparavant. Le cas de la Grande-Bretagne par exemple illustre ce propos avec une chute aux allures paraboliques (courbe parme) des variations du PIB de plus de 3% en début 2007 à -2% en fin 2008. Conséquences du formidable  déclin de la Finance anglo-saxonne. Pour l’Allemagne (courbe noire) le recul des derniers trimestres est encore plus net, passant de +2,8% à -1,6% en trois trimestres. L’activité industrielle liée aux exportations de ce pays est en net recul. Paradoxalement la médiocrité économique de la France, engoncée dans ses protections, semble la protéger des grands malheurs. Certains s’en réjouiront, mais suivra-t-elle le jour de la reprise? Les centaines de milliers d’Intérimaires et de CDD qui ont perdu ou qui vont perdre leur job et qui paient pour les autres, peuvent en douter.Pib2008t4

    Le 5 Mars 2009.

  • Pourquoi est-il si difficile de produire une LED blanche et pourquoi est-ce si important?

    Pourquoi est-il si difficile de produire une LED blanche et pourquoi est-ce si important?

                         Le Salon de l’éclairage de Tokyo est l’occasion de faire le point sur les progrès accomplis dans le domaine des diodes électroluminescentes blanches. Une LED blanche est obtenue à partir d’une LED bleue, au nitrure de Gallium, que beaucoup savent produire, mais dont l’enveloppe est modifiée par un revêtement à base de phosphore dopé qui, irradié, va émettre une composante verte et une composante rouge. L’essentiel du know-how et de la qualité de la diode va reposer sur la maîtrise de ce revêtement. Pour obtenir un blanc parfait il faut que le spectre d’émission du produit soit le plus proche possible du spectre constitué de trois raies, une bleue, une verte et une rouge, parfaitement séparées et de même intensité. Dans la pratique même les produits les plus élaborés comme ceux présentés par Sharp sont loin de cet idéal, malgré les progrès accomplis (FIG.). Ledsharpblancspectre

                         Mais pourquoi ce perfectionnisme, cette recherche du blanc parfait? La principale raison pour Sharp c’est d’améliorer les contrastes des écrans à cristaux liquides (LCD) dont l’éclairage arrière est assuré par ces LED blanches, mais aussi de développer des dispositifs d’éclairage dont l’éclairement soit le plus proche de celui de la lumière naturelle. Pour Sharp le marché des LED va croître entre 2008 et 2012 de 5,3 milliards de dollars à 9 milliards de dollars. La part des LED blanches passera dans le même temps de 21% à 26%. C’est donc un marché en forte croissance.Ledsharpblanccontraste

                      La qualité du produit constitue un avantage concurrentiel de premier ordre pour assurer des couleurs de très grande qualité sur les écrans LCD. La qualité et le contraste des couleurs dépendent énormément de la qualité de l’éclairage arrière, comme le montrent les progrès accomplis avec la toute dernière LED blanche de Sharp (FIG.II).

                            Ces améliorations difficiles sur les LED soulignent l’importance des progrès réalisés sur leurs homologues organiques, les OLED, qui permettent par l’utilisation de diverses couches semi-conductrices correspondant chacune à une couleur, de générer une lumière blanche quasiment parfaite (LIRE).

    Le 5 Mars 2009.

  • Raffermissement des cours du pétrole après une légère baisse des stocks US hebdomadaires de brut

    Raffermissement des cours du pétrole après une légère baisse des stocks US hebdomadaires de brut

                         La poursuite de la légère baisse des stocks de pétrole à Cushing, Oklahoma, là ou s’échange physiquement le pétrole WTI coté sur le NYMEX, tend à vouloir redonner au Marché américain du pétrole son leadership qu’il a perdu depuis le mois de Décembre dernier, au profit du Brent coté à Londres. Ces deux dernières semaines après un stupide plus bas de 35$/baril, le cours du WTI a repris 10$/baril pour quasiment rejoindre les cours du Brent (FIG., courbe bleue).  Cette remontée des cours s’est accompagnée d’une forte hausse des cours de l’essence (courbe rouge) qui dépassent amplement ceux du gasoil qui dépendent des cours internationaux (courbe bistre). Les prix à la pompe de l’essence vont passer au dessus de ceux du gasoil aux Etats-Unis. Il va redevenir intéressant pour les raffineurs américains et européens de produire de l’essence.Stockscushingcours200903

    Le 5 Mars 2009.

  • Z’avez pas une piécette ? C’est pour Toyota !

    Z’avez pas une piécette ? C’est pour Toyota !

    Trex Si les problèmes récurrents des constructeurs US sont connus, si les problèmes récents des constructeurs français deviennent évident, le plus grand, gros et gras constructeur mondial, Toyota, est sans doute dans une situation fort peut reluisante.
    Comme GM et même pire que GM, son outil industriel est hypertrophié.
    Toyota a voulu construire des usines partout dans le monde, et aujourd’hui, ce sont mille plaies saignantes, car tous les marchés baissent ou s’effondrent en même temps et les exceptions (comme l’Allemagne en Février) sont tellement "exceptionnelles" qu’elles n’apportent aucun réconfort.

    En réalité, là aussi, une règle comptable enfantine a été oubliée. C’est la différence entre frais fixes et frais variables.
    Le problème de l’automobile, c’est aussi d’avoir tellement voulu éjecter de salariés, qu’ils ont investis A MORT.
    Ils ont transformés une charge variable, le salarié -car il est licenciable-, en charge fixe : on a beaucoup investi en machines, automatisations, robots, pour pouvoir se passer de main d’oeuvre.
    Or, si un salarié à la porte, ça ne coûte plus rien, l’amortissement des investissements, les frais financiers liés à ces investissements, eux, perdurent, que les usines soient en activité OU PAS.

    La firme automobile qui avait su le mieux se plier à la mondialisation et le mieux en tirer partie, jusqu’à détrôner GM de sa première place, se retrouve plombé par cette première place et ce savoir faire.
    Contrairement à ce que l’on entend, il risque de ne pas survivre que 6 ou 7 grands. Visiblement, ce sont les grands qui claquent, les dinosaures, trop grands pour survivre.
    Dernière coquetterie d’une femme qui fut belle et qui laisse deviner les rides derrière le lifting : dire que c’est pour le fun qu’on demande des aides

    Mercredi 4 Mars 2009

  • Offensive russe en Europe.

    Offensive russe en Europe.

    Images On avait un peu vite oublié la Russie, à la faveur de la crise économique.
    Elle vient de rappeler qu’elle était là, et elle a repris l’offensive en Allemagne et en Espagne.
    "Mardi, un large protocole d’accord de coopération a été signé entre l’Espagne et la Russie concernant le pétrole, le gaz, le charbon et les énergies renouvelables ".
    Quand à Areva et à l’EPR, ils se voient plombés par l’arrivée d’un concurrent Russo-Allemand.
    Le nombre de centrales à construire d’ici 2030 apparait déjà comme très optimiste (400), et il va falloir partager.

    Ce chiffre de 400, largement optimiste, ne sera pas tenu.
    En effet, 20 ans, c’est court. il y a 40 ans, on avait prévu 4500 centrales, on en a fait dix fois moins.
    L’échelle de grandeur devrait être la même aujourd’hui.
    Areva aura donc, plus que jamais, besoin d’être le faux-nez du gouvernement français.

    Il reste, que, même en crise, le monde a ses producteurs d’énergie et ses consommateurs. la sphère russe fait indéniablement partie des pays surproducteurs. Il faut en tenir compte, plus que jamais.

    Mercredi 4 Mars 2009

  • USA : déprime automobile et emploi…

    USA : déprime automobile et emploi…

    Le_bonheur_est_dans_le_pre Le fond ne semble pas atteint.
    Février a vu disparaitre 697 000 emplois aux USA, 359 000 dans les services et 338 000 dans l’industrie.
    Dans ce contexte, il serait fort étonnant de voir les ménages s’endetter, qui plus est pour l’automobile.
    Celui-ci se met au diapason.
    Il recule de 40 % à 685 000 unités et des poussières.
    En rythme annuel, c’est 9.08 millions, contre 13.24 en 2008 et 16.5 en 2005

    En réalité, devant le mouvement de suppressions d’emplois, il n’ y a aucune chance que cela s’améliore. Les stocks de véhicules d’occasion à bas prix sont aussi pléthoriques, et en période d’incertitude économique, la voiture pas chère et fiable à mille dollar se verra privilégiée par tous et non plus seulement par les immigrés mexicains.
    Après, on tombe dans un cercle vicieux à la nipponne :
    "45% des jeunes de 24 ans sont des intérimaires. Une étude montre que seulement 25% des jeunes dans la vingtaine veulent une automobile. Et la phrase qui m’a sidéré : "“I’m not interested in big spending,” (merci à anonymous56)  "
    Les jeunes générations se voient très bien vivre sans.
    Une génération aura découvert l’automobile, une autre l’aura généralisée, avec une, deux ou trois à la maison, et la dernière l’aura désacralisée et remis à sa place : un gouffre financier.
    Que veulent les jeunes ? "I just want a humble life. ". une vie humble, ou une vie simple ?

    Sans fioriture et sans tralala. La précarité, marquée sur une génération, l’aura formatée. Pas dans le sens voulu par les excellences. le bonheur est dans le pré, dit on.

    Mercredi 4 Mars 2009

  • Les éclairages de demain seront des panneaux de diodes organiques

    Les éclairages de demain seront des panneaux de diodes organiques

                        En ce tout début du mois de Mars, c’est le Salon de l’éclairage à Tokyo, bonne occasion pour que chacun présente ses produits du futur. Parmi les plus remarqués on peut citer le panneau de diodes électroluminescentes organiques (OLED) d’un mm d’épaisseur de Panasonic Electric Works (FIG.). Cet exemple illustre comment par enduction de motifs organiques semi-conducteurs de plusieurs couleurs émises, il est possible d’obtenir un écran éclairant d’une parfaite blancheur. Un index de rendu de couleur de 94 équivaut à l’éclairage d’un corps noir porté à près de 6000°, c’est quasiment la surface du soleil. Les OLED vont entrer dans notre monde tout d’abord sous formes d’écrans plats les plus divers (téléphones, systèmes GPS, ordinateurs, télévision) puis sous formes de panneaux lumineux dont les couleurs pourront varier au gré des impressions de couches minces appliquées artistiquement sur un substrat transparent.Oledpanasonic200903

    Le 4 Mars 2009.