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  • Le prix du Silicium est passé à moins de 40$ le kilogramme en Asie

    Le prix du Silicium est passé à moins de 40$ le kilogramme en Asie

    Suntechheadofficewuxi                      Les résultats des acteurs de l’industrie photovoltaïque au quatrième trimestre 2008 sont publiés en ce moment et les résultats des Sociétés chinoises affichent de profonds reculs durant ce trimestre. C’est le cas pour le plus gros du secteur: Suntech qui annonce un chiffre d’affaire au T4 à 414 M$, en recul de 30% par rapport à celui du trimestre précédent. En cumulé sur l’année le chiffre d’affaire progresse de 43%, mais le brusque coup de frein du quatrième trimestre fait manquer à Suntech ses objectifs de volumes de productions qui n’atteignent que 498 MW contre une prévision de 530 à 550 MW présentée deux mois auparavant. Les annulations ou reports de commandes ont dû pleuvoir en fin d’année. Dans l’exposé de ses activités en 2008, Suntech nous révèle que le prix du Silicium polycristallin est passé en dessous des 40 $ le kilogramme. Il semble donc qu’en fin 2008, la dégradation des prix ait été beaucoup plus marquée en Asie qu’en Europe, comme le montrent les résultats du norvégien REC, toujours en forte croissance au quatrième trimestre.

                       Pour le premier trimestre 2009 les prévisions de Suntech continuent à fortement se dégrader puisqu’il espère un chiffre d’affaire entre 340 et 380 millions de dollars. Il affirme cependant vouloir commercialiser dans les 800 MW de modules dans le monde en 2009, disposant d’une capacité de production de 1000 MW. Il faut donc s’attendre cette année, à une lutte féroce sur les prix. Il est alors peu probable que les fournisseurs européens puissent tenir leurs tarifs élevés, en profond décalage avec les prix spots chinois.

    Le 19 Février 2009.

  • Etats-Unis: l’EPRI place son action de recherche dans le cadre d’un déploiement de l’énergie nucléaire

    Etats-Unis: l’EPRI place son action de recherche dans le cadre d’un déploiement de l’énergie nucléaire

                              L‘Electric Power Research Institute (EPRI) et l’Idaho National Laboratory (INL) viennent de publier un Plan Stratégique de Recherche et Développement dans le domaine des activités énergétiques nucléaires civiles. Ils placent tout d’abord leur action dans le cadre des objectifs de réduction vigoureuse des émissions de CO2 au niveau de 1990 en 2020 et d’une réduction supplémentaire de 80% en 2050. La traduction de ces objectifs dans le mix énergétique de production d’électricité américain, réalisé par une analyse appelée PRISM (FIG.), implique un accroissement des parts du nucléaire dans le mix de 20% à 40% entre aujourd’hui et 2050. Dans ce scénario, pour la première fois aux Etats-Unis, il est affirmé par un organisme officiel que malgré l’accroissement des énergies renouvelables, malgré la disponibilité des moyens de capture et de stockage du CO2 (CCS) pour 10$ la tonne de CO2, il sera indispensable de faire croître la part d’électricité d’origine nucléaire au cours du XXIème siècle. Les temps changent!

    . Eprinuclearrda_2

                         Ce scénario recommande d’accroître d’ici à 2020 la génération d’électricité nucléaire aux Etats-Unis de 20%, ce qui demande d’installer 20 GWe de puissance électrique supplémentaire, pour réduire les émissions de CO2 des énergies primaires de 10%. Puis d’accroître cette puissance installée de 200% d’ici à 2050.

                          Dans un tel schéma la puissance installée des réacteurs à eau légère de nouvelle génération (ALWR) augmenterait régulièrement jusqu’en 2070, accompagnant la disparition des réacteurs (LWR) de la génération précédente (FIG.II). Puis arriverait la phase commerciale des réacteurs à neutrons rapides qui prendrait le relais (Fast Reactors). Par ce cadencement l’INL donne le temps (plusieurs décennies) de mettre au point les réacteurs surgénérateurs qui permettraient d’utiliser les combustibles usagés de la génération précédente. La consommation d’Uranium passerait par un maximum de 50 mille tonnes par an entre 2060 et 2080.Eprinuclearrdb

              Dans son Plan Stratégique de Recherche l’EPRI insiste sur quelques points fondamentaux que sont la durée de vie des réacteurs à eau légère de nouvelle génération qui doit être définie pour 60 ans puis portée à 80 ans. Il souligne également toute l’importance de la gestion du combustible, domaine où les Etats-Unis sont très en retard, jusqu’à l’utilisation des déchets ultimes dans des réacteurs à neutrons rapides. Enfin il introduit l’hypothèse de réacteurs à haute température à refroidissement gazeux qui seraient des sources de chaleur pour les process et permettraient de produire de l’hydrogène sans dégagement de CO2. Mais la probabilité de l’arrivée de ce genre de réacteurs dans les décennies à venir reste tout de même assez faible, même si les scénarios retenus les font arriver en 2025.

    LIRE le Plan de R&D de l’EPRI et de l’INL

    Le 19 Février 2009.

  • AREVA et Mitsubishi Heavy Industries construisent leur alliance dans les combustibles nucléaires

    AREVA et Mitsubishi Heavy Industries construisent leur alliance dans les combustibles nucléaires

    U3o8                    Il est une information bien plus stratégique et déterminante pour l’avenir de la filière nucléaire que l’entrée d’Alstom ou de Bouygues dans le capital d’AREVA, c’est l’alliance d’AREVA à hauteur de 30% au nouveau consortium créé avec Mitsubishi Heavy Industries (MHI) pour développer une filière du combustible nucléaire au Japon. Cet accord implique que MHI, avec l’aide d’AREVA, va peu à peu adopter la stratégie AREVA qui consiste à proposer des réacteurs nucléaires clé en main avec la fourniture et le retraitement des combustibles. Cet accord acte également que les deux Sociétés veulent investir sur une base 50/50 dans une unité de production de combustible aux Etats-Unis. Il y a là une opportunité de faire de l’ensemble des deux Sociétés un Groupe mondial incontournable dans l’approvisionnement, le retraitement et l’élimination des déchets nucléaires.

                         Par la suite, il est possible d’imaginer qu’un des prochains grands pas pour les deux Sociétés serait, par exemple, de coopérer dans un réacteur à neutrons rapides en charge de l’élimination des déchets ultimes.

                          Dans l’hypothèse d’une telle alliance il est difficile d’imaginer les deux Sociétés en train de s’affronter sur le marché des réacteurs électronucléaires comme c’est le cas en ce moment aux Etats-Unis.

                           En effet, il semblerait qu’une short list de 5 projets ait été retenue par l’Administration américaine pour le futur lancement de deux ou trois nouvelles centrales électronucléaires. Quatre de ces projets sont connus avec quatre constructeurs différents: AREVA avec le réacteur de Calvert Cliff de Unistar (EDF/Constellation), MHI avec la centrale de Comanche Peak, GE-HITACHI avec le projet South Texas et TOSHIBA-Westinghouse avec le projet de Scana Corp. Deux de ces projets sont quasiment acquis pour des raisons de préférence nationale, l’un pour GE, l’autre pour Westinghouse. Il ne reste donc au mieux qu’une place pour MHI ou AREVA. Techniquement MHI a le projet le plus élaboré des quatre, mais stratégiquement AREVA est important pour mettre de l’ordre dans la gestion des déchets nucléaires aux Etats-Unis. Chacun a donc sa chance.

                            On peut donc imaginer aujourd’hui un avenir possible du nucléaire mondial avec cinq grands Groupes: deux nippo-américains (GE-HITACHI et TOSHIBA-Westinghouse), un nippo-européen MHI-AREVA, un russe ROSATOM associé à Siemens et un chinois.

    LIRE le communiqué d’AREVA sur le sujet.

    Le 19 Février 2009.

  • Afghanistan : l’enlisement.

    Afghanistan : l’enlisement.

    Swat Le président Obama vient de se décider finalement, 17 000 hommes rejoindront l’Afghanistan, et la tactique avait déjà changé.
    On arme des milices "favorables", en réalité, les seigneurs de la guerre et leurs gangs, des trafiquants de drogue.
    "Plus important encore, les documents confirmaient que « les efforts anti-narcotiques » ne ciblaient pas le trafic de drogue en soi, mais uniquement les bandes criminelles qui se heurtaient aux intérêts géostratégiques étendus des États-Unis en Colombie, un pays riche en ressources. "
    Pour peu qu’on ne trouble pas leur "bizness", ils peuvent aboutir à des résultats.
    Car la situation s’est encore nettement détériorée.
    La passe de kaybar est coupée.
    Le Pakistan se décompose.
    Le Kirghizstan ferme la base de Mana.

    Rien que la fermeture de Kaybar (80 % du ravitaillement) est un coup dur.
    Les trois sont le signal d’une guerre perdue.
    Les russes ont payé pour faire fermer la base de Mana, pour deux raisons. D’abord empêcher le déploiement du bouclier antimissile, ensuite pour faire des richesses énergétiques de l’Asie centrale, leur chasse gardée.
    Si ces deux conditions sont accordées, les russes laisseront sans doute passer le ravitaillement pour les forces de l’OTAN.
    Une inconnue encore, le dégel avec l’Iran.
    En effet, les mollah et les talibans se haïssent cordialement.
    Une politique plus équilibrée vis-à-vis de l’Iran donnerait des atouts dans cette guerre. Il est a noté que les problèmes viennent de la frontière pakistanaise, "alliée" des USA, et pas du tout de la frontière iranienne, "ennemie".
    On est désormais à des années lumières du projet de 2001 : faire main basse sur l’Asie centrale Via l’Afghanistan…

    Mercredi 18 février 2009

  • A, B, C ou D

    A, B, C ou D

    Medium_la_crise Ou les 4 types de crises.
    Le A est la crise autorégulée, le système revient à son état antérieur, quelqu’en ait été la profondeur de l’accident.
    Pour ce qui est de la crise financière/économique/politique/énergétique actuelle, on peut dire que les "responsables" ne se sont pas fait peine pour "rassurer" tout au long des années, depuis son commencement, et notamment 2006, date à laquelle la Reserve Federale cessait de publier son indicateur M3 de la masse monétaire et où, déjà, l’Islande craquait et faisait parler d’elle.
    Au niveau énergétique, c’était ENCORE plus simple : "il y a des ressources fossiles, on va les extraire", on pourra toujours suivre la demande. Dans le cas le plus progressiste, l’augmentation de la consommation se ferait EN PARTIE avec du renouvelable.
    Désormais, plus personne ne croit à ce scénario, sauf les politiques.
    Le type B voit un retour imparfait vers le système initial. Celui-ci est changé, mais il a fait montre de résilience. On peut dire qu’il s’est adapté.
    En matière énergétique, on peut tracer le schéma ainsi : l’économie l’emporte sur la consommation, et le renouvelable s’avance.

    Le type C, lui, est une rupture d’importance. Le système survit, au prix de réformes profondes. Dans ce cas là, l’économie d’énergie et le renouvelable sont l’objet d’une rupture et d’une révolution industrielle décidée en haut lieu, et dirigée d’en haut.
    Le type D voit une rupture de paradigme. On peut penser qu’à l’heure actuelle, où les gouvernants espère que le type A se réalise, en réalité, on hésite encore entre C et D.
    La phase D, elle, est une rupture complète avec le monde antérieur et notamment, peut déboucher sur le chaos.
    Le progrès technique existe toujours, mais son application devient moins importante. En effet, la tendance sur laquelle nous vivons depuis 1945, à savoir la "consommation en hausse tendancielle", disparait sous l’assaut de la crise économique, politique, sociale.
    Les logements s’étaient agrandis, ils diminuent, diminuant mécaniquement d’autant la consommation globale. Les familles recohabitent.
    4 millions de retraités anglais ont des problèmes pour se chauffer.
    On a beaucoup construit depuis 1945.
    Désormais, l’heure est à la destruction, notamment du taudis énergétique.
    Les kilométrages réalisés baissent, avec de moins grosses voitures.
    Ne nous leurrons pas, aucune firme automobile n’est taillée pour faire face à ça.

    Notre monde, bâti sur l’expansion, peut affronter les scénarios A, B ou C. En aucun cas le D. On ne sait pas gérer un monde stable, ou en décroissance. On ne l’a jamais vécu depuis 1945. Le mythe était celui du dynamisme. Mais le dynamisme, c’est finalement fatigant.
    Le monde connait rarement le dynamisme, mais plus souvent la stagnation ou la croissance lente.
    Le mythe aussi de la croissance éternelle permettait de faire l’impasse sur la question du PARTAGE. Le gâteau grossissait, quelques uns étaient plus servis que d’autres, mais cela préservait la société de la question de savoir ce qui était juste et acceptable et ce qui ne l’était pas.
    Mais bon, ne diabolisons pas le D, après tout, l’alphabet va jusqu’à Z.

    Mercredi 18 Février 2009

  • GM Malade de sa direction.

    GM Malade de sa direction.

    Gm Il y a des manières de dire les choses qui ont la classe.
    GM, par exemple, d’après un article paru sur E24, finalement n’a qu’un problème, c’est d’être dirigé par des glands, pardon, par des gens pas bien réveillés.
    "Les dirigeants se contentent de baisser la voilure et fermer des usines. Ce n’est pas une vision stratégique. En février 2009, GM n’a pas plus de vision stratégique que pendant les quatre années précédentes. Et si l’Etat prête de l’argent sans l’assurance qu’une vraie stratégie soit mise en place, la situation ne s’arrangera pas. "
    C’est un jugement sans appel. Le conseil d’administration et toute la direction font cruellement défaut.

    Pour ce qu’ils sont payés, c’est d’autant plus paradoxal. On surpaie des gens à l’aulne de leur incompétence.
    Dans d’autres milieux, les appréciations, loin d’être aussi polies, seraient beaucoup plus viriles. 
    D’ailleurs, l’objection principale à la mise sous chapitre 11 (la faillite), c’est que la direction devrait être changée, avec pertes et fracas.
    J’ai vécu cela à une autre échelle, le plan social de 70 personnes avait été changé par la holding : ils s’étaient contenté de virer le Directeur Général, le responsable des investissements, celui de l’informatique et du personnel (du beau linge).
    Trois mois plus tard, une secrétaire me dit : "ça fait trois mois qu’ils sont partis ? On s’en était pas aperçu."
    Finalement, la holding avait préféré garder les productifs et dégager les plantes vertes.
    La simple fermeture d’usine, l’adaptation de l’offre à la demande n’est que la suite de ce qui s’est fait depuis des années.
    On a vu le résultat, pitoyable et pathétique.
    Et le résultat, c’est de licencier ceux qui travaillaient, pour garder les nuisibles. Un pur phénomène de domination social, sans aucune utilité.
    Quand au recentrage sur les marques encore vivantes, c’est du suivisme, sans vision. Là aussi, déjà pratiqué depuis des décennies par GM.

    Mercredi 18 Février 2009

  • Un procédé de désalinisation de l’eau économe en énergie

    Un procédé de désalinisation de l’eau économe en énergie

                        Au premier Janvier 2005, la capacité de désalinisation d’eau dans le monde était estimée à 35 millions de m3 d’eau par jour et le usines en construction ou en projet représentaient un potentiel de 21 millions de m3 supplémentaires. Il est donc possible d’estimer en ce début 2009 la capacité mondiale de production entre 50 et 60 millions de m3 d’eau par jour. La désalinisation de l’eau par distillation flash ou par osmose inverse sur membranes nécessite de lourds investissements et entraîne une très forte consommation d’énergie de 25kWh à 6 kWh par m3 selon les procédés. Il est donc possible d’estimer grossièrement la consommation d’énergie pour cette production mondiale entre 600 GWh à 800 GWh d’énergie par jour, soit la moitié  ou les 2/3 environ de l’énergie électrique consommée quotidiennement en France. Les besoins croissants en eau pour la consommation et les besoins industriels et agricoles des pays où sévit la sècheresse fait que ce poste de consommation d’énergie deviendra rapidement un élément non nul de la consommation mondiale en énergie. Il est donc urgent de définir des procédés économes en énergie et de proscrire ceux qui consomment trop d’énergie, comme les divers procédés par distillation flash. Yaledesalinationprocess

                        Parmi les nouveaux procédés prometteurs, il en existe un, inventé à l’Université de Yale aux Etats-Unis qui repose sur un principe très simple. Une solution concentrée de carbonate d’ammonium obtenue par dissolution d’ammoniac gazeux et de CO2 dans l’eau permet par pression osmotique d’attirer l’eau d’une solution salée d’eau de mer au travers d’une membrane (FIG. petites flèches blanches). Une boucle en continu de vaporisation sous vide de l’ammoniac et du CO2 permet de récupérer de l’eau pure et de recycler les gaz dans la solution concentrée. L’intérêt du procédé réside dans la faible énergie consommée pour assurer l’évaporation des gaz, elle est trois fois plus faible que celle nécessaire à l’osmose inverse. Un spin off, appelé Oasys, vient de trouver les capitaux nécessaires pour essayer de valider industriellement ce nouveau procédé. Deux kWh d’énergie consommée par m3 d’eau serait un bon objectif.

    Le 18 Février 2009.

  • General Motors présente son nouveau Plan de Restructuration 2009-2014

    General Motors présente son nouveau Plan de Restructuration 2009-2014

                            General Motors vient de présenter son Plan de Restructuration 2009-2014 à l’Administration Obama. Son plan, compte tenu de l’aggravation de la situation économique américaine, a été revu par rapport à celui présenté en Décembre (TAB.). Il est prolongé de deux ans de plus, le point d’équilibre financier est obtenu pour un volume plus faible d’activité du marché américain(breakeven pour 11,5 à 12 millions de véhicules globalement commercialisés, avec une part de marché de GM de 20%) avec moins d’usines américaines (33 au lieu de 38) et moins de salariés américains (26000 au lieu de 27000) et une structure de salaires compétitive dès 2009. La gamme de produits sera réduite et optimisée dès 2011. Les filiales dans le monde seront restructurées.Gmrestructuringplan20092014

                     Trois scénarios ont été présentés. Dans le scénario central qui prévoit 10,5 millions de véhicules vendus en 2009, au lieu de 12 millions prévus en Décembre dernier, les besoins de cash atteindraient 18 milliards de dollars la première année. En cumulé entre 2009 et 2014 le Gouvernement américain devrait contribuer à hauteur de 34 milliards de dollars (TAB.II, ligne Total US government funding). Gmcashbaseline_2

                       Dans l’hypothèse basse qui manipule une hypothèse de ventes de véhicules aux USA réduite d’un million de véhicules en 2009, à 9,5 millions d’unités,  le besoin de contribution cumulée du gouvernement américain en 2014 atteint la somme de 50 milliards de dollars pour un besoin global de cash de 63 milliards de dollars. Cette hypothèse pessimiste ne peut pas être rejetée aujourd’hui.

                    La présentation du Plan de Restructuration de General Motors indique donc que d’ici à 2014 il lui faudra trouver sous formes diverses de subventions ou de prêts avantageux entre 36 et 63 milliards de dollars dont 34 à 50 milliards proviendraient du contribuable américain. Ces sommes sont à l’image du retard industriel accumulé depuis des années par les constructeurs américains.

    LIRE la présentation détaillée de GM à l’Administration américaine.

    Le 18 Février 2009.

  • Du biohydrogène, une autre façon de valoriser une ressource naturelle limitée: la biomasse

    Du biohydrogène, une autre façon de valoriser une ressource naturelle limitée: la biomasse

    Cellobiose                        De nombreuses équipes dans le monde travaillent à la valorisation de la biomasse, disponible en relative abondance mais très dispersée et nécessaire aux fragiles grands équilibres de la planète. C’est donc par définition une ressource limitée qui se régénère lentement et qui doit être exploitée avec la plus grande des prudences. La façon la plus commune d’utilisation est le feu de bois qui peut alimenter des centrales thermiques en remplacement du charbon ou qui peut alimenter des chaudières domestiques sous forme de granulats, première forme un peu élaborée de la ressource. D’autres, par pyrolyse produisent du Bio-Oil et de la suie qui après mélange peuvent sous forme liquide ou solide alimenter des chaudières. Plus complexe encore certains rêvent de syngas (CO+H2) et de synthèse Fischer-Tropsch. D’autres utilisent les huiles végétales pour faire du gasoil. Dans la filière des biotechnologies, les réactions de dégradation enzymatiques et de fermentation conduisent au bioéthanol de première génération, avec l’amidon du maïs, ou de deuxième génération avec les produits ligno-cellulosiques. Enfin, forme la plus aristocratique, l’élite, travaille à la biosynthèse de l’Hydrogène. Mais n’oublions jamais, pour éviter tout délire journalo-écologique incontrôlé, que toutes ces recherches et développements portent sur la même ressource: la biomasse. On ne peut donc parler que de valorisation et de rendement énergétique comparatifs entre les diverses filières et il n’est pas évident que les voies les plus complexes soient les plus pertinentes.

                        L’Oak Ridge National Laboratory (ORNL) de Virginie et l’Université de Géorgie travaillent activement sur la génération spontanée d’hydrogène à partir de solutions de produits de dégradation chimique ou enzymatique de ressources ligno-cellulosiques et avec l’aide de cocktails enzymatiques complexes de leur composition. Le Docteur Percival Zhang et Col. viennent d’annoncer qu’ils ont réussi à partir de la célobiose, éther issu de deux molécules de glucose (FIG.), d’obtenir à température ambiante de l’hydrogène gazeux, avec un rendement de plus de 11 moles d’hydrogène par mole de célobiose, selon la réaction globale suivante:

    C12H22O11 + 7 H2O  ————->    C6H12O6 + 12 H2 + 6 CO2

                     Pour les auteurs, le rendement  en hydrogène serait encore plus proche de la théorie dans un procédé en continu.

                  Rappelons que pour l’instant 95% de l’hydrogène produit dans le monde provient du syngas obtenu à partir de gaz naturel selon deux réactions successives.

    CH4 + H2O ——> CO + 3 H2  syngas suivi de l’hydroconversion du CO en CO2 selon

    CO + H2O ——–> CO2 + H2 soit un bilan global

    CH4 + 2 H2O —–> CO2 + 4H2 qui permet d’obtenir 4 moles d’hydrogène à partir d’une mole de CH4.

                       Ces recherches sont bien entendu passionnantes, puisqu’elles permettent de synthétiser un produit de forte valeur ajoutée comme l’hydrogène. Cependant il ne faut jamais oublier que c’est un gaz, forme de l’énergie peu appréciée des moyens de transport. Pour s’en convaincre il suffit de constater le faible enthousiasme du marché des véhicules pour le gaz naturel, produit pourtant abondant et beaucoup moins onéreux que le pétrole et ses dérivés.

    Le 18 Février 2009.

  • La spéculation sur les matières premières et l’énergie amplifie les effets de la crise

    La spéculation sur les matières premières et l’énergie amplifie les effets de la crise

                          Au moment ou le Président Obama présente son plan de relance, il est de bon ton dans les milieux initiés des traders anglo-saxons d’affirmer qu’il sera nettement insuffisant face à l’ampleur de la crise économique. Bien sûr, cette pseudo évidence, base de tout mouvement spéculatif, n’est appuyée sur aucune étude sérieuse. Personne n’est capable de jauger l’impact qu’aura ce plan, ainsi que les nombreux autres dans le monde, sur une éventuelle reprise. Alors les prix de l’énergie et des matières premières plongent un peu plus. C’est une très mauvaise nouvelle pour les pays producteurs (Moyen-Orient, Russie, Brésil, Australie, etc.) mais c’est un beau cadeau pour les pays importateurs comme l’Europe ou le Japon en particulier. Le Reuters-Jefferies CRB Index qui mesure un panier de matières premières et de produits énergétiques a perdu 4,6% hier par rapport à sa valeur de Vendredi pour atteindre la valeur la plus faible (203,25) depuis Avril 2003 (FIG.).

    .Reutersjefferies200902

                         Les cours du brut on poursuivi leur décroissance, ce qui ne veut rien dire pour le WTI qui a perdu toute crédibilité avec des stocks immobilisés à Cushing, empêchant toute cotation sérieuse, mais qui est hautement significatif sur le Brent à Londres qui a perdu hier, 3.40$ à 40.60$ le baril.

                         Les matières premières ont suivi le mouvement: le Cuivre a perdu 7,2% à New York et les cours du Soja ont laissé 5% au Chicago Board of Trade.

                        L’économie mondiale va connaître une nouvelle vague de baisse des prix, ce qu’il ne faudrait pas c’est qu’elle soit accompagnée de trop fortes suppressions d’emplois. Les discussions de General Motors avec le Gouvernement américain qui demande quelques milliards de dollars de plus d’aides pour pouvoir virer plus d’employés et d’ouvriers, ne va pas forcément dans le bon sens! Mais un certain nombre de mesures gouvernementales semblent avoir un effet positif tel que les aides à la casse en Allemagne qui dopent les ventes de petites voitures.

                      Mais au final la reprise sera dans les mains des entreprises qui en proposant de nouveaux produits plus adaptés aux contraintes du moment relanceront la demande. Le succès commercial de l’Insight au Japon, voiture hybride économique de Honda, illustre parfaitement cette certitude. Elle sera proposée en Mars en Europe et en Avril aux Etats-Unis. Ce sera un marqueur intéressant à suivre.

    Le 18 Février 2009.