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  • Etats-Unis: de nombreux projets d’éthanol de deuxième génération sont annulés ou repoussés

    Etats-Unis: de nombreux projets d’éthanol de deuxième génération sont annulés ou repoussés

    Miscanthusswitchgrass                       La crise économique, la rareté des capitaux, la baisse des cours du pétrole et des carburants ayant entraîné ceux du fuel éthanol, voila les paramètres qui mettent en péril bien d’ambitieux projets d’éthanol de deuxième génération. En effet pour passer de la paillasse à l’unité de production industrielle il est nécessaire de posséder un bon procédé, un bon projet et surtout des capitaux pour se lancer dans la réalisation des premières unités de production d’éthanol à partir de produits ligno-cellulosiques. Mais voila, les projets nombreux mais incertains, sont tour à tour annulés ou repoussés. Citons par exemple la rupture de l’accord qui avait été annoncé en Octobre dernier, entre les canadiens Lignol et Suncor. Ils devaient réaliser la première unité industrielle d’éthanol de deuxième génération dans le Colorado pour 80 millions de dollars et valider ainsi le procédé d’extraction de la cellulose par solvant. Mais Suncor, impliqué dans les sables bitumineux n’a plus les moyens financiers pour se diversifier dans les biocarburants.

                         Citons Blue Fire Ethanol qui pour l’instant repousse de six mois un projet de 130 millions de dollars. Sur les 100 millions qu’il voudrait emprunter il n’en aurait trouvé que vingt.

                          Il y a aussi Verenium qui avait annoncé une grande usine en Floride, mais voila Verenium a annoncé une perte de 133 millions de dollars au troisième trimestre, son action a été retirée du Nasdaq. Pourtant BP a apporté 90 millions de dollars dans l’affaire. (LIRE)

                        Coskata, sponsorisé par General Motors(!) vient de repousser ses projets d’usine d’un an, de 2010 à 2011.

                        Tous ces nouveaux venus, aux projets parfois incertains, ont un énorme besoin de cash pour lancer leurs premières réalisations, les mettre au point industriellement, tirer les enseignements nécessaires et poursuivre ainsi leur aventure. Il n’y avait pas pire moment pour essayer de lever les fonds indispensables. Le green-business, malgré les multiples aides financières de l’Administration américaine (LIRE), semble décidément bien en panne.

    Le 10 Février 2009.

  • Effondrement de la production automobile.

    Effondrement de la production automobile.

    Images En janvier, la production automobile nord américaine s’est littéralement effondrée.
    D’abord, on peut voir la division par deux des chiffres de ventes, ensuite l’effet des stocks qui, dans ce contexte, ne peuvent se résorber que très difficilement, d’autant que  le type de véhicule ne correspond plus aux demandes, et que changer la production, cela est long et lent.
    Pour ce qui est des chiffres bruts, ils sont sans appel : USA – 65.6 %, Canada : – 58 %, Mexique : – 49.8 %.
    Dans ce contexte là, on ne peut imaginer d’autre porte de sortie que le dépôt de bilan pur et simple, suivit de la création de nouvelles sociétés.

    Cette fin dans le ruisseau des géants de la terre est aussi recommandée par le gouvernement. Non qu’il veuille récupérer l’argent injecté il y a deux mois (il n’existe plus déjà) et GM et Chrysler ne sont que deux coquilles vides.
    Mais, désormais, ce sont les temps qui changent :
    "en l’absence de secteur privé solide (et de confiance du public envers les milieux d’affaires), le gouvernement américain va être contraint de prendre la relève et d’engager fermement des entreprises dans diverses voies. Il devra encadrer certaines industries (notamment les secteurs banquier et automobile), en privilégier d’autres, comme les énergies propres, en leur offrant des prêts et des crédits et transformer divers secteurs – comme la santé ou les retraites – en quasi-chasses gardées.  "
    En réalité, ce sont des fantasmes qui s’évanouissent : "Il faut s’attendre à une forme de nationalisation du système de santé. " Le fantasme du marché et du libre échange.
    Bien entendu, c’est promis, les nationalisations ne seront que "temporaires". (Elles ne dureront pas plus de 50 ans).

    Le secteur aéronautique est sur la même ligne de faille. Malgré des carnets de commandes pleins, on peut déceler les mêmes problèmes décalés : les commandes s’annulent, les nouvelles sont inexistantes, les compagnies ne prennent pas livraison de leurs appareils construits, et dans une année, beaucoup pourraient avoir simplement disparues corps et âmes.

    Mardi 10 février 2009

  • L’effort de R&D des Nations se détermine dans les Entreprises

    L’effort de R&D des Nations se détermine dans les Entreprises

                          En ces périodes légèrement agitées, de nombreuses personnes de grande valeur intellectuelle passent de longues heures, en plein air, à respirer profondément, au sein de Groupes bariolés appelés "Manif" d’où fusent de nombreuses et véhémentes protestations. Le commun des mortels peut être enclin à se faire du souci sur le bon état d’avancement de la Recherche en France, compte tenu de l’éloignement de ces savants de leur paillasse ou ils devraient sagement et efficacement se tenir pour préparer leur future publication dans le "Journal of Sciences". Une étude de Kristian Uppenberg de la BEI portant sur l’effort de R&D en Europe, vient à point nommé pour nous rappeler que l’effort de recherche des Nations démocratiques se fait essentiellement au sein des Entreprises. Il souligne même que c’est l’ampleur de cet effort privé qui détermine l’effort global de chacune des Nations (FIG. barres bleues).

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                           L’effort de Recherche des Entreprises en Finlande représente 2,4% du PNB (Nokia ne s’est pas fait à l’Université), au Japon il atteint 2,3% (c’est Sony qui a développé les batteries Li-Ion, à la surprise du monde entier goguenard) , 1,9% aux USA et 1,7% en Allemagne. Plus ce taux de Recherche privée décroît et plus l’effort global est faible, la part des Etats et des Universités se cantonnant entre 0,7% et 1% du PNB (FIG. barres rouges). Pour la France c’est 64% de l’effort de R&D qui se déroule dans les Entreprises.

                          Ce travail constate que les objectifs de Lisbonne qui visaient un effort de R&D à 3% du PNB pour l’Europe dont les 2/3 dans les Entreprises ne seront bien sûr pas atteints. Il constate que la Recherche se localise en Europe sur quelques pôles performants (clusters) et que de vouloir disperser cet effort dans toutes les provinces ou régions est sûrement contre-productif. Il constate en comparaison avec les Etats-Unis que l’effort de recherche dans le Commerce et les Services est insuffisant en Europe. Ce sont eux pourtant qui représentent 60% de la richesse au Japon, 64% dans les dix plus grandes Nations d’Europe et 72% aux Etats-Unis.

                          L’effort de la Recherche publique en France se trouve quantitativement dans la moyenne des efforts des diverses Nations. Tout le monde sait qu’une politique publique de Recherche se détermine au sein d’une équipe qui est le "Laboratoire". Si ce dernier possède la taille et la notoriété mondiale suffisantes il peut à la fois mener des recherches amonts dites "libres" et des recherches plus imbriquées avec celles des industriels du monde entier, valorisant ainsi les dons et les aspirations de chacun des membres de cette communauté. La décentralisation au sein d’une Université de la gestion des ressources humaines et des moyens de ces laboratoires prestigieux ne peut être qu’un progrès. L’approche qualitative des problèmes doit primer toute approche quantitative, objet de tant de revendications futiles.

    LIRE le rapport de Kristian Uppenberg.

    Le 10 Février 2009.

  • Investir dans une centrale électrique au charbon devient très impopulaire aux Etats-Unis

    Investir dans une centrale électrique au charbon devient très impopulaire aux Etats-Unis

                         Il est évident qu’avec les menaces immédiates de réchauffement climatique les Etats vont devoir interdire peu à peu la construction de nouvelles centrales au lignite ou au charbon non équipées de dispositifs de capture du CO2. En parallèle ils vont devoir remettre en cause les interdictions concernant la construction ou le remplacement de centrales nucléaires, comme vient de le faire la Suède. Aux Etats-Unis les projets de centrales au charbon sont de plus en plus impopulaires. Ils l’étaient déjà sous la précédente Administration, ils offrent un aspect vraiment déplacé maintenant. De 200 projets il y a quelques années, les Etats-Unis n’en comptent plus que 70 environ. La dernière annulation de projet provient de NV Energy qui a décidé sous la pression environnementale, de "repousser" un projet de centrale au charbon de 1500 MW dans la Nord du Nevada, en attendant la faisabilité des techniques de capture et de séquestration de CO2 qui ne sera pas à l’ordre du jour avant 2020 affirme la direction de NV Energy. Une telle unité nécessiterait de neutraliser 7 à 8 millions de tonnes de CO2 par an.

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    Le 10 Février 2009.

  • Holbrooke en piteux état…

    Holbrooke en piteux état…

    Holbrookeamtsfoto_1293x400 Holbrooke le Pitbull, proconsul chargé d’Afghanistan et du Pakistan était connu.
    Il était connu pour sa réputation de brute épaisse, spécialement envers les "alliés".
    Alors qu’hier, la plaisanterie sud américaine courait partout (pourquoi n’y a t’il pas de coup d’état à Washington ? il n’y a pas d’ambassade US !), aujourd’hui, c’est profil bas, et pour les renforts US en Afghanistan, ce n’est pas encore réglé.
    la pression de la crise s’accroit, et le ROW (rest of the world) passe à l’arrière plan. 

    D’ailleurs, l’heure est à la détente vis-à-vis de la Russie et de l’Iran.
    Pour y arriver, c’était simple : il suffisait de perdre quelques guéguerres de type pichrocolin dans la région et de se ramasser une dépression majeure.
    Pour les européens, le jeu qui continue, c’est l’approvisionnement en gaz, et notamment, Nabbuco (un gazoduc, en réalité un serpent de mer).
    Comme Nabbuco doit éviter Iran et Russie, il n’a aucune chance d’être rentable économiquement.

    Reste que tout le déploiement militaire dans la région se révèle un fiasco complet. Dans le meilleur des cas, il s’agit de liquider tous l’arriéré dans la région pour espérer pouvoir finir une guerre, l’Afghanistan, avec la bienveillance des ex-ennemis.
    enfin, si la crise le permet.

    Lundi 9 février 2009

  • Besancenot président.

    Besancenot président.

    Esope L’état va accorder des prêts à Renault, Renault Trucks et Peugeot, pour des montants de 3 milliards, 1/2 milliard et 3 milliards.
    Ces prêts porteront intérêts à 6 % et seront remboursables dans 5 ans.
    Mais pour mettre tout le monde d’aplomb, on peut préciser qu’ils ne seront jamais remboursés.
    Et ces prêts auront une contrepartie, à savoir de ne pas licencier et de conserver les sites.
    On en est aux réductions de salaires et de postes et pour C. Goshn, le mal voyant économique : "Les pires scénarios possibles se sont systématiquement réalisés. "

    Pour les huiles, l’horreur : "une réduction des bonus pour les dirigeants, et la modération des dividendes."
    Reste que le bonus est censé payer une performance, des bons résultats, et tels Esope cherchant avec sa lampe en plein jour, on peut se demander où ils sont.
    l’impression que tout cela donne est que la fonction de PDG de grande entreprise, c’est le fonctionnariat : on perd, on appelle maman, tout en ne se trouvant ni culpabilité, ni responsabilité dans l’histoire (cela impliquerait leur démission).
    Reste qu’avec une trésorerie nette négative, on peut se demander si le bon dividende n’est pas le dividende zéro.
    Pour cela, 2009 règlera le problème : il n’y aura pas de bénéfices.

    Quand au salaire de C. Goshn, (et bien entendu celui des autres), même réduit à 1.2 millions par an, la moindre des corrections serait de le réduire de 90 % (il dit qu’il faut faire des économies). Il n’en serait pas un SDF pour autant.

    Lundi 9 Février 2009

  • « Lucky Country ».

    « Lucky Country ».

    Australie_demographie Ces derniers temps, les miracles économiques se ramassent à la pelle.
    Un autre encore vient de décéder : le miracle économique australien, qui finalement, n’était pas "les-résultats-de-la-seule-politique-possible" (la néo-libérale).
    C’était de la production minière. En effet, 6 millions de km2, obligatoirement, cela recèle des ressources.
    "L’Australie est très vulnérable, à cause de sa dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières, mais aussi à cause du fort niveau de la dette privée totale ".
    Economie de rente, avec fort endettement. Tous les mythes tombent, encore un village Potemkine.

    L’Australie fait la une de l’actualité en ce moment, à cause des incendies monstrueux. Le bilan humain atteint 135 morts. Ce continent, déjà très sec souffre du réchauffement climatique, et surtout aussi d’erreur de gestion au niveau agricole et humain.
    une agriculture de haut niveau s’y est développé, alors que, tout bonnement, le milieu naturel n’est sans doute pas capable de la supporter.
    Les efforts pour lutter contre les incendies semblent dérisoires et disproportionnés. Même les avions et les hélicoptères semblent de dérisoires insectes, alors, que dire des particuliers qui essaient, avec un tuyau d’arrosage d’humidifier un peu leur maison pour tenter de la sauver.

    On trouve quelques boucs émissaires faciles : des incendiaires, des malades autant que des criminels qui évite de se poser les bonnes questions : quid de la consommation (et surtout surconsommation) d’eau, quid d’une agriculture inadaptée aux conditions locales, quid de la consommation énergétique des australiens en général, grands cochons et pollueurs devant l’éternel ? Alors, qu’à bien des égards, ils ont toutes les cartes en mains, pour pouvoir être, au contraire, fort économes…

    Lundi 9 février 2009

  • Les navires de commerce boudent le Canal de Suez

    Les navires de commerce boudent le Canal de Suez

    Edith_maersk_suez                        La peur des pirates, des tarifs de passage par le Canal de Suez hors de prix, pouvant atteindre 600 mille dollars par voyage pour un porte-conteneurs de 11000 TEU (conteneurs de 20 pieds), une demande faible en moyens de transport permettant de réduire la vitesse des bateaux pour optimiser la consommation en carburant, voila les grandes motivations qui incitent les compagnies de transport maritime sur la liaison Asie-Europe à faire le tour de l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance. Cela demande 7 jours de plus, 32 au lieu de 25, entre Algésiras et Shanghai aux navires porte conteneurs de la ligne AE7 de Maersk Lines.

                        Ces navires consomment dans les 200 à 240 tonnes par jour de pétrole, 7 jours de plus de voyage cela représente dans les 10 mille barils de plus de consommation, à moins de 40$ le baril pour les huiles lourdes il ne vaut plus la peine de passer par Suez.

                        Voila un exemple simple d’optimisation des coûts de transport par accroissement de la consommation d’énergie due à la diminution des prix du pétrole. La baisse des prix du pétrole va peu à peu relancer la consommation en carburants dans le monde, même si les traders disent l’inverse…pour l’instant.

    Le 9 Février 2009.

  • Le point de basculement.

    Le point de basculement.

    Bush Pour Harald Welzer, le pire est à venir.
    Le pire, c’est quoi ? "Les catastrophes sociales … ne surviennent pas sans crier gare mais, pour ce qui est de leur perception, représentent un processus quasi insensible. "
    Crise qui toucherait d’abord qui ?
    "On tient pour impossible un effondrement complet du système financier et économique et on se représente encore moins que la pénurie d’énergies fossiles atteigne un niveau tel, d’ici quelques années, que même dans les pays les plus riches, les plus bas revenus ne pourront plus se chauffer. "

    Le constat est autre, d’ailleurs. 
    19 millions de logements vides aux USA, on est dans une crise incontrôlable.
    Pour une bonne raison. Cela représente de quoi loger au moins 50 millions de personnes.
    Il est vraisemblable que ces logements finissent purement et simplement, détruits. Ce mécanisme, romain dans l’âme, est tellement simple : les marginaux récupèrent ce qui représente encore un peu de valeur.
    Certains écartent d’un revers de main qu’on a déjà, peut être, atteint le "point de basculement systémique, à partir duquel des tendances ne peuvent plus être corrigées."

    Ces tendances sont des tendances à la fois humaines et environnementales. Les tendances humaines ? C’est la génération des baby-boomers. Née dans un environnement économique favorable, dans un progrès constant, elles n’envisagent même pas un changement possible. Un de ses représentant a nommé cela, "la fin de l’histoire". Finalement, la seule chose qui serait différente entre hier, aujourd’hui et demain, ce serait la date du calendrier.
    On se pose la question, alors, de leur frénésie de "réformes".
    La tendance lourde des historiens, c’est qu’aucune génération n’a vécue comme la précédente. Depuis le dernier conflit mondial, on a eu deux phases. La première était celle de l’enthousiasme et du mouvement. Elle a duré 30 ans. La seconde, c’est celle de l’essoufflement et du "modèle" économique arrogant, qui se révèle, à l’issue de ces trente années, défunt, moribond, usé, puant.
    Son "homme" a été Deubeuliou.

    Dimanche 8 Février 2008

  • Et si la relance de la consommation intérieure chinoise prenait le relais?

    Et si la relance de la consommation intérieure chinoise prenait le relais?

    Cherychina                     Reuters nous apprend que le nombre de voitures vendues en Chine au mois de Janvier a atteint les 647600 unités en hausse de 0,5% par rapport aux ventes du mois de Décembre et en baisse de 0,2% seulement par rapport à il y a un an. Une des raisons de cette résistance: la décision du Gouvernement de baisser les taxes de 10% à 5% sur les véhicules de cylindrées inférieures à 1600 cm3. Les ventes de certains constructeurs comme celles de BYD qui cible les modèles écologiques bondissent de 80% en un an à 22000 unités vendues. Celles de Chery s’accroissent de 31% à 3500 unités (FIG.). Geely croît de 14% à 28500 modèles vendus.

                        

                      D’après les professionnels les ventes de Février s’annoncent également soutenues. Ces résultats confirment la présence de nombreux acheteurs potentiels chinois motivés par une baisse des prix bienvenue pour s’offrir la voiture de leurs rêves. Cela montre également qu’une politique de relance de la consommation bien ciblée peut agir assez vite sur le comportement de certains acteurs financiers. La Chine achètera un peu moins de Bons du Trésor américains pour favoriser la consommation dans son pays, en attendant que les américains reviennent faire leurs courses en produits chinois.

    Le 8 Février 2009.