Blog

  • La chute brutale du fret aérien dans la zone Asie montre la profondeur du repli des échanges commerciaux

    La chute brutale du fret aérien dans la zone Asie montre la profondeur du repli des échanges commerciaux

                           L’activité du fret aérien de la Zone Asie-Pacifique publiée par l’IATA constitue un très bon indicateur avancé de l’activité des échanges dans le monde. Dès le mois de Mai 2008 il était possible d’enregistrer un infléchissement de tendance, largement confirmé en Juin et Juillet (FIG.). Depuis deux mois, Novembre et Décembre, on assiste à une forte accélération du phénomène avec des chutes de 17% et de 26% respectivement de cette activité fret. Ces résultats permettent d’être pessimiste sur le niveau d’activité du début 2009, durant au moins la période où les actions de relances diverses seront en phase de mise en place. Fretaerien200812

                          Cette baisse d’activité est moins violente pour le transport passager (-10% en Asie et -5% dans le monde). Cependant, nombreuses sont les Compagnies aériennes en grandes difficultés financières pour avoir spéculé à la hausse sur le kérosène. En effet acheter à terme une matière première que vous n’avez pas encore vendue n’est pas une "couverture" comme certains nomment cette transaction, mais tout simplement de la spéculation. Les audacieux acheteurs de carburant des Compagnies Aériennes qui se sont "couverts" sur des prix très élevés de kérosène, sont en train de reperdre tout ce qu’ils avaient gagné à la hausse. Ils le sauront pour la prochaine fois, ces bernés du Peak Oil!

    Le 29 Janvier 2009.

  • Un module thermoélectrique commercialisé par le japonais Komatsu

    Un module thermoélectrique commercialisé par le japonais Komatsu

                         Le japonais Komatsu, plus connu pour ses engins de travaux publics, travaille activement sur les dispositifs thermoélectriques susceptibles de récupérer sous forme électrique une partie de l’énergie thermique perdue dans les émissions de gaz industriels ou d’échappements de véhicules. Il annonce la commercialisation future d’un module de 24 W de puissance (3A, 8V), de 25 cm2 de surface (FIG.) pesant 47 grammes. La puissance nominale est obtenue par un gradient de température de 250°C entre une face et l’autre (typiquement: 280°C et 30°C). Ce module est proposé à 30 mille yens (255 euros) prix catalogue, soit plus de 10 euros le watt. Le rendement de ce module à base d’un alliage de la famille Bismuth-Tellure présente un coefficient de conversion d’énergie de 7,2%.

                         Ces dispositifs n’ont pas encore trouvé de réelle application industrielle, ils pourraient cependant trouver certains usages dans une chaîne d’optimisation de l’efficacité énergétique de véhicules hybrides par exemple, à condition que les prix soient radicalement revus à la baisse, pour tendre vers deux euros le watt, par analogie avec les modules photovoltaïques.Komatsumodule

    LIRE le communiqué de Komatsu.

    Le 29 Janvier 2009.

  • Etats-Unis: les réserves prouvées de gaz et de pétrole se sont accrues en 2007

    Etats-Unis: les réserves prouvées de gaz et de pétrole se sont accrues en 2007

                         L‘Energy Information Administration confirme les résultats 2007 concernant les réserves prouvées de gaz et de pétrole sur le territoire américain. Les réserves nationales de gaz naturel ont réalisé un véritable bond de 13% à 6731 milliards de m3, cette avance représentant 1,3 fois la consommation annuelle de gaz naturel autochtone. L’essentiel de ce progrès provient de la mise en oeuvre des techniques de forage horizontal avec fragmentation dans les schistes bitumineux ou les veines de charbon profondes. Il est possible de citer l’immense gisement de schistes bitumineux (shale) de Barnett Shale ou encore le gisement de sables compacts de la Cotton Valley au Texas. Ces nouvelles réserves prouvées de gaz ont automatiquement fait croître celles de gaz liquéfiables associées qui se sont accrues de 8% à 9,1 milliards de barils. Usaprovedreserveschangemap2007

                             Quand aux réserves prouvées de pétrole, elles se sont accrues d’un petit 2% (+0,35 milliards de barils) pour atteindre 21,3 milliards de barils. Les plus grands progrès ont été enregistrés en Alaska, au Texas et dans un Etat en plein développement le Dakota du Nord (FIG.). Ce dernier  profite du développement d’un gisement de schistes, la Formation de Bakken qui produit après fracturation du pétrole léger.

                              A la fin 2007 les réserves prouvées de liquides (pétrole + gaz liquéfiables) américaines atteignaient donc 30,4 milliards de barils qui sont à comparer aux 7 millions de barils extraits quotidiennement (5,2 millions de pétrole et 1,8 millions de gaz liquéfiés).

    Peakoil                       Le cas des Etats-Unis est exemplaire pour démontrer la futilité des mises en équation de l’épuisement des réserves mondiales de pétrole à partir de modèles mathématiques enfantins, conduisant à des dérivées de sigmoïdes en forme de pic symétrique (FIG.). En effet au cours du temps les techniques de prospections s’affinent, les techniques d’exploitations se perfectionnent et rendent exploitable ce qui ne l’était pas quelques années auparavant. Les réserves existantes se trouvent ainsi revalorisées grâce à des extensions techniques ou géographiques. Ces résultats montrent également l’impact d’un paramètre du premier ordre: le prix accordé aux ressources énergétiques qui détermine les efforts et les capitaux consentis pour les extraire du sous-sol. L’Amérique du Nord est assise sur d’énormes gisements de schistes bitumineux, de filons de charbons profonds, de sables bitumineux plus ou moins compacts d’où elle tirera d’immenses quantités d’hydrocarbures au cours de ce siècle et probablement au-delà. L’évolution du prix accordé devra s’aligner sur la complexité des procédés mis en oeuvre, ils auront un effet d’autorégulation sur la consommation d’énergie dont nous avons eu un avant goût en 2008.

    Le 29 Janvier 2009.

  • « Fenêtre d’opportunité… »

    « Fenêtre d’opportunité… »

    Guerre_anglo_afghane_1880 La crise interne que traversent les USA, semblent les entrainer sur une "voie vertueuse", vis-à-vis des puissances énergétiques, Russie, Iran -redevenue fréquentable-, alors que le poing sur la table de l’Arabie Saoudite est à prendre en compte pour la question palestinienne.
    Ces éléments entrainent une détente globale de la situation.
    Le dossier des antimissiles Tchéques devient obsolète, la Russie ne parle plus de farcir Kaliningrad d’armes, l’Iran peut éviter que le retrait d’Irak soit catastrophique, et l’Iran n’aime pas les talibans et de plus, les craints.
    On peut donc imaginer une situation qui deviendrait surréaliste par rapport aux années Bush.
    En ce qui concerne l’Arabie Saoudite, les 1300 morts palestiniens de la bande de Gaza pèsent lourds sur l’amitié avec les USA.

    Le "protecteur" américain d’Israël voit donc ses intérêts diverger fortement avec son protégé. La guerre de Gaza a été donc, vraiment, "la guerre de trop", avec des effets diplomatiques désastreux, le président Carter déclarant que le Hamas est tout à fait présentable.

    On peut donc observer une évolution "impériale" de la situation. Le centre baisse la garde, mais un certains nombres d’ex "meilleurs amis", notamment en Ukraine, Géorgie, Israël, deviennent des empêcheurs de tourner en rond, des indésirables.
    Ces ex "meilleurs amis", ont tous la particularité, en l’espèce, d’être pauvres énergétiquement.
    L’Arabie Saoudite s’autonomise, et même le seul endroit où la tension devrait monter, l’Afghanistan, le président Karzaï s’éloigne de plus en plus de ses protecteurs, rappelant AUSSI l’histoire de ce pays.
    Un président Afghan est mort dans son palais pris d’assaut par les soviétiques, comme au 19° siècle, un roi d’Afghanistan avait renié ses "amis" anglais dans un épisode célèbre (la prise de la légation britannique en 1879).

    Mercredi 28 janvier 2009

  • Japon : effondrement de la production automobile.

    Japon : effondrement de la production automobile.

    Japon La production automobile nipponne s’est effondrée en décembre. La baisse va de 24.9 % pour Toyota, à 40.9 % pour Nissan, le seul à tirer -relativement- son épingle du jeu étant Honda à – 7.5 %.
    Encore faut il voir si ce n’est pas le résultat de politique interne de constructeurs très internationalisés. En effet, il apparaitrait que Honda veuille faire porter le gros de sa chute d’activité à ses filiales dans le monde et notamment en Grande Bretagne, où DEUX MOIS d’arrêt total de production sont programmés.
    25 000 suppressions d’emplois dans l’automobile nipponne d’ici mars, le gouvernement "soutient" les entreprises, en prenant des participations…

    C’est une réduction de production de 3 millions de véhicules qui est attendue pour l’année 2009 dans l’archipel Nippon.
    Désormais, ce pays est littéralement plombé par son ouverture sur l’extérieur, comme Renault risque d’être plombé par Nissan.
    Tous les pays donc, vont se retrouver avec des secteurs nationalisés importants et on va se retrouver devant la question de continuer les délocalisations.
    Ces délocalisations sont avant tout idéologiques (pour qu’elles soient financièrement avantageuse, il ne faut pas compter tous les frais) et n’empêche pas les constructeurs des pays émergents de souffrir eux-mêmes énormément.
    Le cas "Dacia" est éloquent : un tabac à l’extérieur, et un effondrement du marché interne… Les politiciens, reprenant les âneries des dirigeants automobiles parlent de 10 % de différence de rentabilité entre est et ouest du continent européen. Cette différence n’existe que dans leur tête et surtout parce que les usines délocalisées sont neuves, que les coûts les plus importants ne concernent que peu la production et beaucoup le reste…

    Mercredi 28 janvier 2009

  • USA : triomphe éolien.

    USA : triomphe éolien.

    Images L’énergie éolienne triomphe en 2008 aux USA, triomphe et regarde l’avenir avec angoisse.
    Les chiffres sont sans appel :
    – plus 50 %,
    – 8358 MW de nouvelles capacités, dont 4112 dans le dernier trimestre, la capacité de production totale s’élève désormais à 25 170 MW, et l’énergie éolienne se situe au niveau du gaz naturel, dans le panier des ressources US.
    On peut noter une intervention sur le forum Oléocéne, celle de Catherine, ancienne agent immobilier.

    La mentalité, là-bas, font que les gens ont HORREUR des économies d’énergies (c’est fait pour les pauvres), et, au contraire, on DOIT dépenser, pour son logement, de préférence dans le tape-à-l’oeil et le clinquant, mais certainement pas dans l’isolation. La maison y est largement "en carton", le double vitrage existe peu, le renouvelable, concerne surtout les communautés isolés qui n’intéressent pas les grandes firmes de distribution d’énergie, donc, comme dans le cas de l’éolien, surtout l’Ouest où la densité de population est moindre.

    85 000 personnes sont employées dans le secteur, contre 50 000 l’année dernière. Mais l’inconnu reste le financement des projets désormais. Désormais, le développement du secteur est suspendu à la crise financière.

    Mercredi 28 janvier 2009

  • Etats-Unis : la consommation moyenne de produits pétroliers a dépassé les 20 millions de barils/jour la semaine dernière

    Etats-Unis : la consommation moyenne de produits pétroliers a dépassé les 20 millions de barils/jour la semaine dernière

                           Les statistiques hebdomadaires sur les produits pétroliers aux Etats-Unis mettent encore en évidence de très fortes importations de pétrole et de produits raffinés (13,3 millions de barils par jour) qui poussent un peu plus les stocks vers le haut. Les capacités d’ingestion et de stockage de ce pays en produits pétroliers sont époustouflantes. Les traders doivent même remplir les baignoires! Cependant les stocks totaux ne s’accroissent que de 4,3 millions de barils (FIG.) en raison de consommations soutenues de produits raffinés qui dépassent les 20 millions de barils. Tous les produits participent à cette montée des consommations en raison du froid et des prix abordables. Les cours du pétrole avaient baissé hier sur la décision du grand gourou de Goldman Sachs, Jeffrey Currie, qui a pondu une note disant qu’il était encore trop tôt pour lancer un rallye haussier et qu’il fallait rester "court". Le Brent à Londres moins manipulé que le WTI, reste soutenu à 44$ le baril.Stockshedous200901

    Le 28 Janvier 2009.

  • Total pousse ses pions dans les sables bitumineux de l’Athabaska

    Total pousse ses pions dans les sables bitumineux de l’Athabaska

                            Situés sur le continent Nord-américain, exploitables par des techniques minières relativement simples pour les gisements en surface, conduisant à des produits extraits des upgraders très recherchés comme charge des unités de raffinage, les sables bitumineux de l’Athabasca ont devant eux un avenir brillant. La déprime passagère des cours du pétrole ne sera plus, dans cinq ou dix ans, qu’un épiphénomène insignifiant. Total qui possède déjà des intérêts dans le gisement de Joslyn et de Northern Lights après le rachat de Synenco (FIG.), poursuit sa politique de prise de participations en faisant une offre d’achat sur le canadien UTS Energy qui possède en partenariat avec Petro-Canada des intérêts (20%) dans le gisement de Fort-Hills qui représente potentiellement 4 milliards de barils de bitume. UTS possède également d’autres intérêts dans la région et travaille le plus souvent en collaboration 50/50 avec Teck Cominco. Ses intérêts répartis sur 147 mille hectares de prospection, représentent après pondération l’équivalent de 66 mille hectares dont 5000 pour le gisement de Fort-Hills. Total à fait une offre de 617 millions de dollars canadiens (500 millions de dollars) pour l’achat d’UTS Energy, à un moment où UTS va devoir investir pour développer ses projets.Athabascaressources_3

    Le 28 Janvier 2009.

  • Poweo à vendre (pas cher)…

    Poweo à vendre (pas cher)…

    Images_4 La concurrence dans le domaine électrique ne durera que le temps des roses. La contraction du nombre de distributeurs est déjà commencée.
    Il est de fait que pour l’énergie, gaz et électricité, il n’existe en France que 2 opérateurs sérieux et qui vont perdurer : EDF et GDF.
    Ils distribueront l’un ET l’autre, gaz ET électricité. Quelques poids lourds venus de l’étranger pourraient venir se joindre à eux, mais je doute qu’on les laisse faire. On peux citer Gazprom.
    Finalement, leur sort ressemblera à Freddie Mac et Fannie Mae. lors de la privatisation de l’un, on avait crée l’autre pour faire semblant d’établir un semblant de "sainte" concurrence.

    En fin de compte, les deux branquignols et bras cassés ont fait exactement les mêmes erreurs, ce qui a conduit à leur nationalisation conjointe.
    Il en sera exactement de même pour les deux (seule l’échéance est inconnue) firmes énergétiques, car comme dit Warren Buffet, tôt ou tard, les firmes sont dirigées par des imbéciles.
    A l’heure actuelle, d’ailleurs, l’exception étant plutôt quand les firmes sont dirigées par des gens intelligents (en général les fondateurs, ou les héritiers pas trop éloignés des règles de conduites des fondateurs).
    On peut se dire, donc, que les nationalisations ont un bel avenir devant elles.
    En effet, la "concurrence" tant vantée n’est pas, dans les faits réels.
    On a pu voir, avec l’automobile américaine, par exemple (ou française, ou nipponne, ou allemande), que les firmes n’avaient finalement pas de politiques différentes ou très différentes, mais plutôt un conformisme à tout crin.
    Ils n’ont eu à se reprocher, aucune idée originale…

    A lire  : le comique du jour (2007)…

    mardi 27 janvier 2009

  • Crise du gaz : pas fini…

    Crise du gaz : pas fini…

    Images_3 La crise du gaz rebondit en une énième représentation.
    Cette fois, c’est la dispute entre Timochenko, le premier ministre et Youtchenko, le président, qui rebondit sur fond de risque de défaillance financière totale de l’Ukraine.
    Au fond, tous les deux sont d’accord sur une chose : l’autre est de trop.
    Youtchenko accuse le premier ministre d’avoir trop cédé aux russes.
    Medvedev, l’adjoint au président de Gazprom, pas le président, estime, quand à lui que la crise du gaz aurait pu être évitée facilement, et joue désormais un rôle goguenard devant la tournure des évènements.

    gazprom, arguant de la responsabilité de l’Ukraine, n’a pas voulu parler de dédommagement de ses clients.
    Ioula Timochenko accuse le président youtchenko d’avoir organisé la chute de la devise, pour pouvoir décréter l’état d’urgence et se maintenir deux ans de plus au pouvoir, malgré une impopularité de plus en plus grande.
    Les occidentaux, quand à eux, veulent à tout prix le gazoduc Nabucco, malgré le fait qu’il risque d’y avoir peu de gaz au départ d’Asie centrale.
    Cependant, cette politique est cousue de fil blanc. Seul l’Azerbaïdjan est un producteur accessible et les relations sont au beau fixe entre les pays d’Asie centrale et la Russie.
    L’évacuation du gaz et de la production en augmentation devrait se faire en direction de la Russie, par le gazoduc classique, qui serait doublé, mais donc, en passant par Gazprom.
    Le prix serait celui mondial. On voit donc mal ce qui pourrait inciter ces pays à vouloir alimenter un Nabucco qui se révélerait un gouffre financier -s’il était construit-, pas rentable, faute de gaz.

    On en revient toujours au même principe : celui de l’immaturité des occidentaux vis-à-vis de la Russie.

    mardi 27 janvier 2009