Tout se passe comme si le syndrome de recul catastrophique des ventes de voitures à l’américaine déferlait sur l’Europe avec deux mois de décalage. Si le score des ventes européennes du mois d’Octobre (-14.5%) ressemblait au recul des ventes américaines du mois d’Août, le recul des ventes du mois de Novembre en Europe (-26%) ressemble étrangement à celui enregistré aux USA en Septembre. Les ventes du mois dernier ont été particulièrement mauvaises en Espagne (-50%), en Grande-Bretagne (-37%) et en Italie (-30%). Celles de l’Allemagne (-18%) et de la France (-14%) apparaissent par comparaison comme de vraies prouesses de résistance. Par constructeurs (FIG.), sur le mois tous sont touchés. En cumulé depuis le début de l’année c’est Toyota qui plonge le plus (-15%), suivi de General Motors -Opel (-14%) et du Groupe PSA (-9%).
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Les ventes de voitures en Europe prennent des allures américaines

Le Salon de l’Auto de Detroit va marquer le début d’une nouvelle ère du marché de l’automobile
A mois de Janvier prochain va se tenir le Marché de l’Auto de Detroit qui ouvre l’année pour les nouveaux modèles. S’il est un évènement important en ces périodes de crise, c’est bien celui-là! Le niveau technologique va y être très relevé par la prestation des deux grands de l’automobile japonaise. Tout d’abord Toyota qui va dévoiler sa nouvelle Prius qui, d’après le constructeur, devrait être totalement innovante sur le mode hybride avec des performances et une autonomie améliorées. En face de cela, Honda va présenter son nouveau modèle hybride Insight (FIG.) qui d’après le concepteur est un modèle de deuxième génération, conçu pour être rentable et qui sera commercialisé au printemps.
Face à ces deux grands il faudra que les outsiders présentent des objets originaux, nombreux ne seront que des concept cars, comme chez Daimler qui devrait présenter sa BlueZERO modulaire qui fonctionnera, plus tard, en mode électrique à batterie, à pile à combustible ou avec un moteur d’appoint .Mais le virage sera net, ce sera l’an UN de la révolution électrique automobile, symbole du désengagement progressif de la dépendance du transport routier aux produits pétroliers.

L’italien ENEL un acteur clé dans l’énergie électrique d’origine géothermique
Fort de ses cent ans d’expérience et de ses 31 centrales électriques de Toscane représentant une puissance électrique de 700 MW et assurant à l’Italie une ressource annuelle d’énergie de 5,2 TWh, Enel diffuse sa technologie dans le monde. Aux Etats-Unis, dans le comté de Churchill au Nevada, deux usines géothermiques d’une puissance totale de 65MW sont sur le point de démarrer. D’autres projets au Nevada, en Californie et dans l’Utah représentant une puissance de 150 MW sont en cours d’évaluation. Mais Enel veut également construire des centrales du même type au Chili qui pourrait générer 100 MW de puissance et au Salvador où une centrale de 44MW pourrait être construite.Rappelons qu’un MW géothermique est un "vrai MW" puisque les usines, hors période de maintenance, produisent 24 heures par jour, 7 jours par semaine, même s’il n’y a pas de vent ou s’il fait nuit.
LIRE le communiqué d’ENEL.
Le 16 Décembre 2008.

Peugeot a la patate.
Peugeot a la patate. Le comité d’entreprise de Sochaux a renoué avec de vieilles traditions. 7 tonnes de pommes de terre, vendues 1.5 euros les 2.5 kilos.
Ce genre de démonstration montre l’étendue de la crise.
Le gel des embauches, le renvoi des intérimaires, le non renouvellement des CDD.
Les anciennes entreprises publiques, privatisées comme Renault, demandent l’aide de l’état.
Dans le marché néolibéral, elles avaient "oubliées" que la demande, non seulement, elles étaient incapables de la créer spontanément, mais que la seule chose qu’elles étaient capable (incapables qu’elles étaient !) de faire, c’était de la massacrer en délocalisant, licenciant, comprimant les salaires et"cost-killant" à tout va.Bien entendu, les demandes des princes sont toujours très coquettes : l’unité de compte, c’est la dizaine de milliards d’euros.
Pourtant, ce n’est pas la compétence qui étouffe ces PDG surpayés de rémunérations coquettes, de stocks-options gargantuesques et amateurs de versements de dividendes pantagruéliques.
C’est d’ailleurs le spectacle de ces "responsables" qui donne au commun des mortels, le vertige.Nulle trace de respect nulle part, nulle trace de considération, nulle trace de justification. Leurs seules relations, ce sont désormais des courtisans.
L’appellation la plus polie est de trois lettres, commençant par un "C" majuscule.
Bien entendu, la globalisation n’apporte aucun mieux, au contraire.
Tous les marchés dégringolent en même temps. Progressivement, on avoue la vérité.
La Chine ne devrait plus avoir qu’une croissance de 5 % l’an prochain.
Enfin, c’est la nouvelle au 15 décembre. Au 31, elle ne fera plus que 2.5.Lundi 15 décembre 2008

Avec Konarka, Total joue une poignée de dollars dans le photovoltaïque organique de troisième génération
Chez Total on déteste l’éolien mais on apprécie le photovoltaïque. Au moins c’est clair et en plus ce n’est pas nécessairement un mauvais choix, tant les possibilités de progrès dans le photovoltaïque sont immenses. Total dans la filière Silicium polycristallin est impliqué dans Tenesol avec EDF, mais surtout dans le belge Photovoltech avec Suez et IMEC, un des leaders mondiaux dans la R&D autour du photovoltaïque. Il possède également 25% dans le suisse Novacis qui travaille discrètement dans le photovoltaïque de deuxième génération en couche mince. Enfin, pour 45 millions de dollars, Total vient de prendre un peu moins de 20% dans l’américain Konarka qui veut se lancer industriellement dans le photovoltaïque organique de troisième génération. La tâche sera rude, pour passer de la paillasse à l’industrie, mais le principe qui consiste à utiliser les techniques d’impression en continu pour déposer diverses couches de quelques microns sur un support plastique est séduisant. La courant électrique est obtenu entre deux couches conductrices, par irradiation d’un mélange de deux composants organiques l’un polymère aromatique insaturé donneur d’électrons, l’autre un fullerène, nanocarbone sphérique accepteur d’électron selon un processus dit de "bulk heterojunction" qui passionne les spécialistes.Konarka est très fier d’un résultat expérimental officiel publié par le National Energy Renewable Laboratory (NREL) qui crédite sa technologie balbutiante d’un facteur de conversion de 6% et annonce dèjà un 10% au bout du chemin.
Le 15 Décembre 2008.

Nord contre sud.
Si l’on connait tant soit peu l’histoire américaine, le résultat de l’élection de novembre, c’était celui de 1860. Les étiquettes, seules étaient inversées. Obama emporta les mêmes états que Lincoln.
Il dit s’inspirer de lui. Ce n’est pas forcément un gage très rassurant pour l’avenir. Ce fut un président de combat, acharné à un seul but, le maintien de l’union à tout prix.
La dernière phase de la guerre civile américaine fut un prémisse des guerre du 20°siècle ; une destruction soignée, totale et fignolée du sud après Gettysburg.
J’avais déjà consacré un article sur ce clivage. Aujourd’hui, le site "De defensa", reprend cette césure, mais pour les positions des sénateurs sur l’aide à l’automobile.Les sénateurs sudistes bénéficient des "implants", nippons et allemands, des créations d’emplois et des investissements.
L’ouverture, pour eux, a été bénéfique. Le sud de 1860 était aussi libre-échangiste.
En 1860, le nord était démocratique et industriel. Aujourd’hui, il regroupe les usines des constructeurs américains où les salariés -syndiqués- sont bien mieux payés que ceux -non syndiqués- du sud. Le coût de la main d’oeuvre y atteint 70 $ de l’heure, contre 50 dans le sud.
Bien entendu, les sénateurs sudistes sont terriblement limités intellectuellement parlant. Ils n’imaginent pas que La fin des "big three", sonnerait aussi la fin de leurs usines à eux, et ne procèderait pas à un transfert en leur faveur.
Les licenciés n’achètent pas de voiture DU TOUT.
Une différence à noter avec la thèse de "De Defensa", Lincoln n’abolit pas l’esclavage, parce qu’en difficulté, il abolit l’esclavage parce que vainqueur. L’opinion du nord se radicalisait, elle n’aurait pas accepté le "statu quo ante", le soutien des "border states" (états du sud non sécessionnistes) devenait moins important, la victoire acquise.
La libération des esclaves se fit d’ailleurs contre indemnités pour les personnes et les états fidèles à l’union.
C’est aussi l’action des armées nordistes qui opéraient dans le sud qui aboutit à la déclaration d’émancipation. Les chefs militaires retenaient les nombreux esclaves fugitifs comme "contrebande de guerre" car les esclaves prirent en charge l’effort de guerre confédéré, ainsi que les travaux du génie. (la guerre civile fut aussi une "guerre de tranchée").Lundi 15 décembre 2008

La décroissance du trafic américain participe encore aux réductions de consommation de carburants
La consommation de carburant pour véhicules routiers d’une nation dépend de son trafic, lié à la fréquence et longueur des trajets, à la consommation moyenne du parc des véhicules à moteur et au mode de conduite local (embouteillages, air conditionné, conduite sportive, limitations de vitesses, etc.). Aux Etats-Unis, plus gros consommateur de carburants du monde, le paramètre déterminant aujourd’hui est la baisse du trafic. Il avait crû fortement jusqu’aux années 2004, puis cette croissance s’était infléchie avec l’augmentation des prix à la pompe, pour atteindre un maximum annuel en 2007 au dessus de 3000 milliard de miles (FIG.). Depuis décembre 2007 on assiste à une nette décroissance de ce trafic qui au mois d’Octobre était inférieur de 3,5% par rapport à il y a un an.
Cependant la baisse des cours de l’essence qui tendent à dégringoler vers les 1,5 $ par gallons fait peser une légitime suspicion sur la pérennité du phénomène. Il n’est pas sûr que cette décroissance se répète avec des prix de l’essence non dissuasifs. Il faudra, pour que les consommations américaines poursuivent leur vertueuse décroissance que les consommations nominales des nouvelles voitures vendues soient bien inférieures à celles des anciens 4X4, dinosaures routiers de temps révolus. Ce ne sera pas très complexe à réaliser.

Le 15 Décembre 2008.

Daimler, imitant les grands japonais, crée sa filiale de production de batteries
Toyota, Nissan-Renault, Mitsubishi possèdent tous les trois leur filiale de construction de batterie en association avec un spécialiste du métier: Panasonic pour Toyota, NEC pour Nissan-Renault et GS-Yuasa pour Mitsubishi (TAB.). Compte tenu de l’importance stratégique du système batterie, les producteurs de voiture ont filialisé les unités de production et verrouillé ainsi le marché. L’absorption de Sanyo par Panasonic va rendre encore plus l’ensemble parfaitement hermétique. Alors les concurrents essaient d’imiter le schéma comme Samsung qui a créé Limotive avec Robert Bosch. Sur ce thème, Daimler vient d’annoncer qu’il allait filialiser la production de batteries en utilisant les connaissances du Laboratoire allemand Evonik qui dispose d’un séparateur original et utilise un oxyde lithié de deuxième génération à base de Ni, Mn et Co développé en coopération avec le laboratoire japonais ENAX.

Dans les faits c’est Daimler avec sa filiale détenue à 90% qui veut se lancer dans l’aventure des batteries sur la base de connaissances de laboratoire et avec un réseau de sous-traitants européens inexistant dans le domaine des batteries. Ce n’est pas forcément une très bonne idée et disons que c’est donc pour l’instant essentiellement de la communication. La production industrielle de batteries Li-Ion allemande n’est pas pour demain, Evonik et son laboratoire de développement Li-Tech sont d’ailleurs partenaires du grand programme allemand LIB 2015 qui fixe l’échéance à beaucoup plus tard.
Un examen des autres alliances possibles montre que Volkswagen pourrait s’allier, à côté de Honda, à la partie Sanyo de Panasonic, Peugeot a choisi de s’allier avec le Groupe Mitsubishi, les constructeurs américains pourraient se retrouver autour de l’alliance GM-Hitachi Vehicle Energy. Le panorama serait alors éclairci. Fiat et les Suédois rejoindraient des groupes plus importants. Seul le sort de BMW ne semble pas évident.
L’électrification des véhicules routiers va être la grande aventure de ce début du 21ème siècle, tous ne réussiront pas, certains resteront sur le bord de la route pour regarder passer le progrès. Pour l’instant les constructeurs européens, à l’exception de Renault, semblent être totalement largués.
Le 15 Décembre 2008.
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Automobile : l’attente…
Nous aurons bientôt la réponse. G. W. Bush est il aussi stupide qu’il le parait, et aussi stupide que les élus républicains.
Ces élus ont eu à choisir entre idéologie, économie et pragmatisme. Ils ont choisi l’idéologie.
Bien sûr que les firmes automobiles ne sont pas innocentes. Elles ont accumulées les erreurs.
A commencer par la régression salariale.
Mais, quelles seraient les conséquences de leur faillite ?
D’abord, une firme automobile ne rebondit pas quand elle a recours au redressement judiciaire. Elle finit de couler. Les phénomènes de déclin des constructeurs automobiles sont des longs processus.Ensuite, les constructeurs américains emploient, directement ou indirectement, dans la sous traitance, 3 millions de personnes. Les retraités sont nombreux aussi.
L’état fédéral serait contraint de les assister. Pour un montant bien supérieur au montant demandé. On évoque -dans un premier temps- 200 milliards de US $.
Le dépôt de bilan des constructeurs, entrainerait des dépôts de bilan en chaine, et une défaillance globale du crédit. En effet, le marché de la dette GM notamment, est important.
Le montant serait au minimum de 1000 milliards de US $.
Ensuite, le dépôt de bilan, de l’un ou de l’autre, entrainerait l’un et l’autre, étendu aux implants des sociétés nipponnes.
Le marché automobile, malade, plongerait encore plus. Il s’est rétracté de presque 40 %. Il continuerait sa rétractation. Hors beaucoup de constructeurs étrangers faisaient sur les USA, de gros bénéfices. C’est éclatant pour les nippons, mais les allemands ne sont pas en reste.
La chute des constructeurs, entrainerait la chute des marchés, la chute des marchés, d’autres constructeurs, et ainsi de suite.
Un cercle vicieux se mettrait en place.
L’automobile au tapis entrainerait le marché pétrolier au tapis. On peut penser que la défaillance de l’économie globale serait extrêmement rapide.
Même si l’on n’aime pas l’automobile, il faut choisir entre un risque de collapsus tellement profond qu’il peut emporter nos sociétés dans le pire, dans une régression si rapide, si profonde et si totale, qu’elle n’est absolument pas à souhaiter.
Ce serait, réellement, révolutionnaire. Il est aussi probable que ceux qui prendraient cette décision, ne signent pas seulement l’arrêt de mort de cette industrie, mais leur propre condamnation."Nous ne pourrons pas occuper toute la population à fabriquer des automobiles" Jules Méline.
Dimanche 14 décembre 2008.

L’Equateur suspend le service de 40 % de sa dette
L’Equateur suspend le service de 40 % de sa dette. Après audit, il apparait qu’elle est illégitime.
Une caricature nazi des années 1930 montrait les financiers allemands empochant les millions, et le prolétariat se faire déshabiller pour les rembourser.
Il était un lieu commun en amérique du sud, que les dictateurs s’endettent, dans des buts à la légitimité douteuse, ou simplement pour remplir quelques poches, le sommet ayant été atteint dans les années 1970 par le dictateur Somoza.
La bourgeoisie Nicaraguayenne bascula du côté des révolutionnaires, qui eux, ne parlaient que de partager, Somoza prenait tout, ne laissant pas même des miettes à tous les autres.Dans ce cas de figure aussi, les intérêts accumulés représentent plus que la totalité de la dette.
La fiction d’une continuité de l’état arrange bien les financiers, qui arguent que, de toute façon, il faut payer.
Les $, prêtés aux régimes, aux dictateurs, aux oligarchies, reviennent immédiatement sur des comptes à Miami, pendant que les matières premières servent à payer les intérêts.
(la Suisse, c’est pour les dictateurs africains).
Le cas de l’équateur est particulièrement intéressant. Il possède du pétrole, suffisamment pour être assez fiable, mais insuffisamment pour en être enrichi et accéder à une certaine dose d’autonomie.
Le pétrole physique partait pour les USA, pendant que les revenus du pétrole partaient pour les USA aussi.
Tout le monde était content (surtout les Etats-unis), sauf le peuple équatorien qui vivait dans la misère.Les résultats de l’audit ordonné par le président Correa étaient corsés. Rien n’y manquaient pour une parfaite escroquerie. Collusion, corruption, détournements de fonds, conflits d’intérêts…
Tout un dossier judiciaire aussi invraisemblable qu’impudent.Dimanche 14 décembre 2008