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  • Bâtiment : l’an 0 ? Ou l’an II ?

    Bâtiment : l’an 0 ? Ou l’an II ?

    Images Il n’y a souvent rien de tel que l’approche d’une catastrophe pour que les énergies convergent et fassent échouer les problèmes prévisibles.
    Le bâtiment est à la croisée des chemins.
    On attend un début d’année 2009 encore soutenu, mais avec le siphonnage des carnets de commande, c’est la deuxième partie de l’année qui va poser problème, encore que les commandes d’ici juin 2009 devraient combler en partie le trou, mais, pour 2010 et 2011, cela risque d’être le grand vide.
    La raison d’espérer, pour le bâtiment, c’est le grenelle de l’environnement.

    Comme je l’ai déjà dit, maints fois, le bâtiment, c’est 50 % de la consommation énergétique en France, et cette consommation peut être réduit aisément de moitié, d’une manière plus complexe à pratiquement rien, et en tout cas, à une fraction de la part actuelle.
    Ce n’est même pas compliqué. C’est le plus souvent de l’isolation. Globalement, 31 millions de logements, c’est un marché de 600 milliards pour la Capeb, arguant une dépense de 30 000 euros par logements.
    On peut faire remarquer que la simple règle de calcul, c’est plus de 900 milliards, et probablement le chiffre réel sera de 1500 milliards.
    Voilà. Quand on parle aux sentiments, on voit la conversion expresse et le chemin de Damas de la profession.
    Il suffit de mettre quelques centaines de milliards sur la table.
    Sans compter l’impact sur le reste.
    On risque aussi de beaucoup détruire.

    Nico, des sous !

    Lundi 1 décembre 2008

  • Sharp avec Enel et un autre groupe européen va lancer sa campagne d’Italie

    Sharp avec Enel et un autre groupe européen va lancer sa campagne d’Italie

    Sharpsolar1                           On savait que Sharp, le N°1 du photovoltaïque japonais et probable futur N°1 mondial, avait choisi l’Italie comme base de débarquement en Europe à partir de 2010. Les informations sur les modalités de ce processus commencent à être divulguées. Tout d’abord elles vont passer par la création avec l’électricien italien Enel Spa d’une joint venture au printemps 2009 qui opèrera comme un producteur indépendant d’énergie électrique d’origine photovoltaïque. Cette filiale qui va investir dans les deux milliards d’euros en trois ans, disposera d’une capacité de production de 189 MW en fin 2012. Les fermes solaires qui feront appel à la technologie en couche mince, moins onéreuse et offrant de bons rendements dans les régions chaudes, seront essentiellement implantées dans le Sud de l’Italie. La filiale ne s’interdira pas par la suite de s’implanter dans d’autres parties de l’Europe.

                        La deuxième phase du processus va consister à construire une usine en Italie, en technologie couche mince, avec la possibilité de porter  par étapes sa capacité de production à 1 GW. Ce sera la réplique de l’usine soeur japonaise en cours de construction. La première phase qui devrait démarrer ses productions vers mi-2010 présentera une capacité de 480 MW. Pour mener à bien ce projet, Sharp sera associé avec Enel et un troisième Groupe industriel européen. L’accord sous forme d’un MOU (memorandum of understanding) devrait être officialisé au mois de Décembre.

                       L’Italie, de façon fort intelligente, prend une option pour devenir rapidement une nation leader européenne dans le photovoltaïque de demain. Il est dommage qu’un tel projet n’ait pas été concocté avec la France qui se fait systématiquement larguer de toutes les filières technologiques à forte valeur ajoutée. Mais, me direz-vous, l’Italie avait l’avantage du soleil!

    Le 1er Décembre 2008.

  • Le changement climatique n’est pas considéré comme un risque majeur dans certains grands pays

    Le changement climatique n’est pas considéré comme un risque majeur dans certains grands pays

                          Le Banquier HSBC, dans un souci de communication de type greenwashing à la mode, publie depuis deux ans les résultats d’un sondage multi pays concernant le réchauffement climatique dans un document intitulé: Climate Confidence Monitor. Ce travail qui rassemble les réponses de 12000 personnes questionnées dans 12 pays souffre d’un biais méthodologique: certains pays (Brésil, Chine, Hong_Kong, Inde, Malaisie, Mexique) sont questionnés on-line. Les réponses représentent donc l’opinion de la frange de population la plus avancée. Il faut donc dissocier les deux sous ensembles de réponses. A l’affirmation :"Le changement climatique et les réponses à lui apporter font partie des problèmes majeurs qui me préoccupent?", trois Américains ou Britanniques sur quatre n’adhèrent pas à cette position (FIG.).Hsbcclimate2008

                      Ils étaient 32% d’Américains concernés en 2007, ils ne sont plus que 26%. Mais où est donc l’effet Obama? Le réchauffement climatique serait-il incompatible avec la crise? On observe aussi ce mouvement de repli à Hong Kong (-10 points), au Brésil (-6 points) et en Inde (-6 points). Les problèmes du jour repoussent les préoccupations climatiques à plus tard.

                      Inversement on voit les Allemands émerger de leur indifférence en passant de 26% à 33% de personnes concernées. Il est possible de noter le très faible niveau de sensibilisation des Allemands à ces problèmes malgré une frange Verte très active et un Gouvernement passé maître dans la communication écolo. Quand aux Britanniques, leur scepticisme légendaire semble s’émousser, avec un score passant d’un piteux 22% à 26% en 2008. Les Français avec 36% d’adhésions sont dans la moyenne, mais on ne note pas d’effet Borloo particulier, ses Fables sur l’écologie sauvant la France, ne convainquent personne.

                       Ces sondages montrent que les gouvernements ont un énorme travail de communication à fournir pour convaincre leurs administrés de la menace climatique. Etre meilleur que le Président Bush dans ce domaine ne sera pas très complexe. Mais certains auraient-ils peur de se retrouver en face de leurs contradictions qui les conduit, comme c’est le cas pour l’Allemagne, à défendre, tout feu tout flamme, les centrales au lignite ou au charbon et à retarder l’instauration de taxes sur les émissions de CO2.

                        Mais les sondés ne s’y trompent pas ils sont une majorité à condamner le manque d’actions de leur gouvernement (FIG.II) en répondant qu’il devrait jouer un rôle plus important. Le résultat est particulièrement net en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.Hsbcclimateetats2008

    Le 1er Décembre 2008.

  • Lors de la Conférence Stratégique sur l’Electromobilité les industriels allemands de l’automobile ont jaugé leur retard

    Lors de la Conférence Stratégique sur l’Electromobilité les industriels allemands de l’automobile ont jaugé leur retard

                          Lors de la Réunion Nationale Stratégique sur l’Electromobilité qui a rassemblé en Allemagne plusieurs centaines d’industriels de l’automobile et de l’électrotechnique, un amer constat a été réalisé sur le retard de ces industries par rapport à l’avancement de leurs homologues japonais dans le domaine des véhicules hybrides et rechargeables. Seuls quelques prototypes de véhicules électriques étaient là pour égayer les diapos mais dans l’ensemble les communications étaient courtes, plutôt générales et ne présentaient que de lointains plannings. Le retard principal semble résider dans la non maîtrise de l’industrie des batteries et de leur définition. L’industrie des batteries Lithium-Ion est à 98% asiatique (FIG.). Dans le petit morceau camembert de 1,54% qui serait plutôt un 3% en valeur, figurent toutes les productions européennes et américaines de batteries de ce type.Batteriesliionmarketshare_2

                      La Mini électrique de BMW avec ses 5088 éléments d’accumulateurs (LIRE) illustrait parfaitement ce retard de conception. Le gouvernement allemand soutient bien un projet de rattrapage sur les batteries Lithium-Ion, le LIB 2015, mais qui, comme son nom l’indique, ne débouchera pas de sitôt. Ceci n’a pas empêché le Ministre de l’Environnement, Sigmar Gabriel, de déclarer sans sourciller: "L’Allemagne deviendra un marché de pointe pour l’électromobilité". L’objectif du gouvernement allemand est de disposer d’un million de véhicules électriques sur les routes, à l’horizon 2020. Cet objectif n’est pas irréaliste, mais toutes ces voitures ne seront pas forcément de marques allemandes.

                     Le seul industriel allemand à rouler des mécaniques durant cette conférence, était Chemetall le leader mondial de la production de Lithium et de ses diverses formes chimiques (carbonate, hydroxyde, butyl-Lithium, etc.). Pour lui, les affaires marchent.

    LIRE les présentations de cette réunion.

    Le 30 Novembre 2008.

  • Coup de froid dans le biodiesel: Ineos abandonne quatre projets en Europe

    Coup de froid dans le biodiesel: Ineos abandonne quatre projets en Europe

    Ineosbaleycourt_2              Le chimiste anglais Ineos, connu en France pour avoir acquis en 2005 la partie Innovène de BP, possède une usine de biodiesel en France à Baleycourt dans laquelle il a toujours l’intention de doubler la capacité de production, en la portant à 230 mille tonnes par an, en association avec les coopératives locales. Mais Ineos vient d’annoncer qu’il repoussait sine die quatre nouveaux projets d’usines de biodiesel en Europe, dont celui de Lavera. Pour Ineos les incertitudes économiques et règlementaires sont actuellement trop importantes pour assumer de tels projets. Le marché du biodiesel en Europe est fortement handicapé par des importations de produits en provenance des Etats-Unis, par les prix des matières premières et par la baisse des prix des carburants. De plus, en Europe, les aides financières à ces activités sont fortement remises en cause.

                        La chimie européenne va devoir franchir quelques mois difficiles, avec l’arrêt de locomotives comme l’industrie automobile. Alors la chimie des biocarburants, qui ne font plus l’unanimité en raison de soi-disant pénuries alimentaires, va pratiquement  passer à la trappe au grand dam de ceux qui ont investi dans cette filière en toute bonne foi. Un exemple de ce qu’il vaudrait mieux éviter de faire en Europe.

    Le 29 Novembre 2008.

  • Crise économique de premier Gabarit…

    Crise économique de premier Gabarit…

    Industrie … en Chine. Et dans ce cas là, l’attaque vaut mieux que la défense.
    La situation économique chinoise est infiniment plus dramatique qu’avouée, et la situation économique américaine, infiniment plus dramatique qu’avouée.
    Tout le monde sera en récession, Chine comprise, et pas à 7.5 % de croissance officielle.
    Certes, le Dalaï-lama, n’est pas le personnage qu’il parait. C’est un stipendié. Mais ce n’est pas nouveau, cela fait 50 ans que cela dure.
    La diatribe de pékin vis à vis de la France, vise à plusieurs choses. Un round diplomatique pour faire oublier la politique intérieure, des "sanctions" vont suivre, opportunes pour annuler des contrats que, de toute façon, on voulait annuler.

    Partout, c’est la même histoire, la crise économique entraine le désinvestissement. Tout ce qui a été investi, devra être désinvesti (Keynes) ! Mais, devant l’effet de la crise financière, le désinvestissement tourne à la catastrophe. Les deux millions de véhicules chez les concessionnaires français, ces immeubles vides, ces quartiers entiers saisis aux USA, tout ce qui déclenche, une formidable vague d’économie d’énergie. Les surfaces par habitants avaient doublées depuis 1970. Le Queens se vide.

    La chute, déjà observée dans la consommation US de produit pétrolier, chute observée aussi en Europe est liée à ce désinvestissement brutal.
    Bientôt, là où il y avait des quartiers et des habitants, il y aura des parcs. C’est particulièrement vrai aux USA, plus insidieux dans nos pays. On préfère laisser pourrir.
    Comme le problème général de la société, c’est le blocage des salaires, on assiste au retour de la crise des années 1930. Quand il y aura déblocage, on assistera à la modernisation profonde de l’économie. Y compris avec la donne, "économie d’énergie".
    Ce sera sans doute, d’ailleurs, le moteur de la prochaine révolution industrielle.

    Samedi 29 novembre 2008.

  • Indicateur économique : le frèt aérien en Asie s’est maintenu à des niveaux faibles au mois d’Octobre

    Indicateur économique : le frèt aérien en Asie s’est maintenu à des niveaux faibles au mois d’Octobre

                         Le fret aérien dans la zone Asie-Pacifique représente d’après l’IATA, près de 45% du trafic mondial de fret aérien. Il est donc très intéressant de suivre cet indicateur avancé qui quantifie la densité des échanges à la fois à l’intérieur de cette zone et avec le reste du monde (FIG.). Un examen de cette activité en 2008 montre que dès les mois de Février et Mars on pouvait déceler une baisse des échanges, comparées à celles de l’année précédente pour les mêmes mois, confirmée par les chiffres des mois de Mai et Juin qui devenaient alors franchement négatifs. Le résultat du mois d’Octobre affiche une baisse de 11% peu encourageante.Fretaerien200810_2 Les résultats du fret dans le monde entier confirment cette évolution négative inquiétante avec un résultat à -7,9% au mois d’Octobre.

    Le 29 Novembre 2008.

  • Pétrole 2009 : le roi Abdullah d’Arabie propose un compromis à 75$ le baril

    Pétrole 2009 : le roi Abdullah d’Arabie propose un compromis à 75$ le baril

                          La réunion du Caire se déroule en ce moment. Le Roi Abdullah semble avoir trouvé un compromis entre les faucons iraniens ou vénézuéliens qui voudraient viser la fourchette 80 à 100$/baril et les traders new yorkais qui voudraient jouer la baisse à 50$/baril. L’objectif de l’OPEP sera fixé à 75$/baril (FIG.) a suggéré le Roi, dans une interview publiée dans un journal du Koweït ce matin. Compte tenu de la puissance de l’Arabie sur le marché du pétrole, qui peut à elle seule si elle le désire, réguler les flux mondiaux, il y a de grandes chances pour que le marché prenne rapidement en compte ce nouvel objectif, somme toute très raisonnable.Abdullah75dollars

    Le 29 Novembre 2008.

  • Un sursaut des cours des industries renouvelables n’indique pas forcément une reprise de l’activité

    Un sursaut des cours des industries renouvelables n’indique pas forcément une reprise de l’activité

                            La remontée des cours durant cette semaine a été particulièrement marquée sur de nombreuses valeurs industrielles, jusque là massacrées, évoluant dans le champ des énergies renouvelables. On a vu (FIG.) l’américain SunPower, sur un effet Obama, progresser de 69%. Le norvégien REC très impliqué dans l’industrie du Silicium à repris 54% et l’allemand Q-Cells s’est revalorisé de 50%. Est-ce pour autant la fin des difficultés? Malheureusement il semblerait que la réponse doive être franchement négative. Le meilleur exemple est celui du chinois Suntech dont le cours a repris 41% cette semaine, mais dont la chute sur l’année est de 90%. Le Directeur Général de cette Société vient d’informer le monde économique que la moitié de ses usines étaient arrêtées et qu’il espérait tout au plus une marge brute d’exploitation nulle pour le quatrième trimestre. La pénurie de commandes et la baisse de l’euro font des ravages dans l’industrie photovoltaïque. Suntech et bien d’autres pensent que le pire est à venir, en 2009. Boursecours200811d_2

                             Les ventes de modules à tout prix à l’Espagne ou à l’Allemagne font partie du passé, les investisseurs attendent une forte chute des prix. Les excès du début de l’année qui entraînaient un accroissement du prix du Watt installé en dollar sont terminés. Cette crise du photovoltaïque s’inscrit dans un cadre plus général de la crise des industries du silicium et en particulier de celles des mémoires DRAM.

                            Pour ce qui est des industries américaines impliquées dans la production d’éthanol la situation n’est guère plus enviable. Les cours de l’éthanol ont été entraînés dans la chute des cours de l’essence. Le résultat est un écrasement des marges (FIG. aire bleue clair) malgré la baisse des cours du maïs (FIG. aire rouge) et de l’énergie (FIG. aire bleue). L’industrie de l’éthanol aux Etats-Unis ne peut survivre qu’avec un cours élevé de l’essence…ou avec des subventions fédérales accrues et indexées sur ces cours.Margethanol

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                               Les industries impliquées dans les énergies renouvelables vont passer de mauvais moments en 2009. Il n’est pas sûr que la volonté politique soit suffisante pour inverser la tendance à la dégradation actuelle, à moins de fixer par la loi des quotas de production d’électricité d’origine renouvelable, à tout prix, comme c’est déjà le cas dans certains Etats américains.

    Le 29 Novembre 2008.

  • Point du solaire thermique.

    Point du solaire thermique.

    Helios Le solaire thermique piétine chez les particuliers et progresse fortement chez les professionnels. Les surfaces en fonctionnement chez les particuliers gagnent 6 % et dans l’usage collectif de 80 %.
    Reste à savoir pourquoi.
    Le point d’orgue de la campagne de modernisation, ce sont les PAC (pompes à chaleur), aérothermes, surtout.
    Le reste des énergies renouvelables est marginale.
    Le particulier fonctionne sur un "mode tout/rien" et le rejet du fossile est massif.
    Or, pour le solaire thermique, il faut un appoint.

    Bien entendu, les PAC ne règlent pas les VRAIS problèmes. La solution la plus adéquate, c’est l’isolation. L’énergie la moins chère, c’est celle que l’on ne consomme pas. Moderniser les installations est incontournable et les "bons résultats" obtenus avec les nouvelles installations auraient été obtenus AUSSI avec des chaudières fioul ou gaz neuves, avec un rendement élevé.
    Trop souvent, fonctionnent encore des nanards épouvantables à moins de 50 % de rendement.
    Ensuite, pour les problèmes GLOBAUX d’énergie, les PAC aérothermes ne règlent rien, au contraire.
    Si elles économisent, LA PLUPART DU TEMPS , les 2/3 de l’énergie (ou plus), en période de pointe (les plus froides), elles basculeront aussi sur leur résistance électrique.

    On peut donc imaginer, une consommation électrique de plus en plus hiératique. La consommation pouvant baisser globalement fortement, mais en période de froid, explosant les consommations de pointe.
    La démarche du particulier obéi rarement à une vision et une analyse globale.

    Vendredi 28 novembre 2008