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  • Vents mauvais sur l’éolien. THEOLIA vend un parc allemand pour remonter sa trésorerie

    Vents mauvais sur l’éolien. THEOLIA vend un parc allemand pour remonter sa trésorerie

    Moulindupr                           Le communiqué laconique de J.L. Borloo sur la partie éolienne du plan national de développement des énergies renouvelables de la France en dit long sur le discrédit qui frappe cette filière. Le tarif d’achat à 82 euros le MWh est confirmé, de plus il est annoncé "une amélioration (lire un renforcement) de la planification territoriale, de l’encadrement règlementaire et de la concertation locale afin d’éviter le mitage du territoire…". Avec cela THEOLIA, ancienne diva française de l’éolien, dont nous suivons ici régulièrement les exploits boursiers, nous apprend qu’au 31 Octobre il ne lui restait plus en caisse que 14 millions d’euros pour des dépenses prévues de 15 à 20 millions d’ici à la fin de l’année. Elle est donc obligée de vendre son parc éolien par appartement pour récupérer du cash. Elle est en train de vendre un parc de 37 éoliennes de 1,5 MW chacune, situé en Saxe Anhalt pour 81 millions d’euros, soit un prix de vente de 1,46 million d’euros par MW, ce qui n’est pas mal vendu. Cette entreprise qui emploie  274 employés, pour un chiffre d’affaire de 85 millions d’euros sur neuf mois, annonce vouloir réduire de près de la moitié les effectifs de son Siège Social.

                              L’éolien crée des emplois chez les fabricants d’éoliennes qui ponctionnent les subventions nationales en vendant chèrement leurs équipements. Il n’existe malheureusement pas une telle activité sur notre territoire: c’est sûrement ce dont s’est enfin aperçu Mr Borloo.

    LIRE les grandes lignes de la présentation de ce plan par J.L.Borloo. Son recentrage sur le solaire est éblouissant.

    Le 18 Novembre 2008.

  • Autoroutes : les cocus.

    Autoroutes : les cocus.

    Images_3 Les fonds d’investissements qui pensaient se gaver avec l’achat à prix très doux des sociétés d’autoroutes, risquent de se retrouver cocus avec une ramure aussi impressionnante que joyeuse et réjouissante.
    L’état envisage, en effet, des augmentations substantielles de redevances, qui pourraient se coupler avec des augmentations pas réellement affriolantes.
    En effet, une crise, c’est avant tout la remise en cause des dogmes.
    En 1914, les possédants râlaient contre le projet d’impôt sur le revenu (taux marginal : 2 %), pour se retrouver, dix ans plus tard, avec des taux à 90 % (et sans sourciller).
    On se souvient de la loi de 1914. Elle bloqua les loyers, jusqu’en 1948.
    Les sociétés ont, dans leur infinie bêtise, oublié ce que voulait dire "immobilier", et une autoroute, c’est un placement immobilier.

    Il a pour principale caractéristique de ne pas pouvoir bouger.
    Le gouvernement, celui-là, ou un autre, en arrivera logiquement à l’équation suivante : je bloque les augmentations, et j’augmente la redevance.
    Solution logique, car en bonne économie, il y a une chose qu’on ne peut garantir sur le long terme, ni même le cours, c’est la rentabilité.
    D’ailleurs, le cochon de payeur s’y met aussi. Il roule beaucoup moins, et sur certains parcours, l’intérêt de l’autoroute est voisin de zéro.
    En effet, par rapport au coût, il faut qu’il y ait gain, notamment de temps. Si ce gain est vérifiable pour les grands parcours (rares), il est souvent peu important pour les parcours fréquent et conduit l’utilisateur à d’autres solutions…

    En outre, il faut bien voir que ce "partenariat public-privé" a peu de chance de perdurer. Il s’appuyait sur l’endettement, d’agents privés. Or, vu l’état présent et surtout futur des marchés des capitaux, il est probable que certaines sociétés ne pourront faire face.

    Lundi 17 novembre 2008.

  • Renault : chute de la production…

    Renault : chute de la production…

    Images_2 Quand on fait appel à un "cost-killer", on met d’ailleurs quelques usines en sous-traitance,  on pressure ceux-ci et les anciens, et on s’aperçoit, au bout de quelques années, que la politique "géniale", c’était n’importe quoi.
    Le savoir faire est parti du constructeur chez le fournisseur, le constructeur n’est plus qu’assembleur et le VRAI départ des problèmes, ce n’est pas chez GMC par exemple, mais chez DELPHI.
    Le constructeur n’est plus qu’une enveloppe vide, le plus souvent une société financière.

    Suite à l’éclatement de la bulle immobilière, à la crise financière, les marchés reculent fortement, pour ne pas dire s’effondrent dans les pays OCDE.
    En effet, à – 40 % en Espagne, on ne peut pas parler de simple crise.
    Plus important, les marchés émergents, censé faire progresser encore la croissance, et notamment les BRIC, ont l’air d’arrêter brutalement leur expansion.
    Dans le cas de Renault, c’est visible surtout au niveau Brésil et Russie.
    Le marché automobile, comme le marché pétrolier, vit dans une illusion. Que la croissance de l’un, "compense" la récession de l’autre.
    Or, on oublie la politique imposée, celle de la globalisation. La récession américaine a provoqué la récession européenne et nipponne. On voit mal, à part la foi du charbonnier, ce qui pourrait empêcher les pays émergents de plonger à leur tour (vous avez vu ce jeu de mots ?). Leur développement était largement extroverti, les occidentaux, les clients solvables de bien des usines dans le monde.

    On a organisé un monde suivant un schéma d’échanges, et l’on s’attend à ce qu’il réagisse comme précédemment. Une crise, dans l’organisation économique actuelle, ne peut être que mondiale.
    Automobile, pétrole, ces deux consommations vont piquer du nez. A la liste des pays en récession, on peut ajouter tous les pays vivant de l’envoi d’argent de leurs émigrés : pour le Mexique, c’est apparent depuis quelques mois, l’Afrique noire est touchée, l’Asie aussi.
    Ce qu’on qualifiait de "voies de la prospérité", les routes commerciales, vont aussi véhiculer, désormais, la crise.

    Lundi 17 novembre 2008.

  • La France va-t-elle devenir importatrice nette d’énergie électrique?

    La France va-t-elle devenir importatrice nette d’énergie électrique?

                               En d’autres temps une telle question aurait été assimilée à une très grave incongruité, perçue comme une tentative d’affaiblissement du moral des troupes d’électriciens de notre Nation et passible d’une électrocution publique. Mais de nos jours, la question mérite d’être publiquement posée. Les dysfonctionnements des équipements électronucléaires d’EDF commencent à devenir chroniques et répétitifs, à tel point que l’autonomie énergétique électrique de la France métropolitaine risque d’être compromise dans les mois à venir. Le solde des échanges d’électricité entre la France et ses voisins qui n’avait pas été terrible en 2007, s’avère encore plus dégradé en 2008 (FIG.) et risque de changer de signe. Ce solde a été importateur durant trois jours au mois d’Octobre, il risque de le devenir sur la moyenne mensuelle des mois suivants. Ce ne sont pas tant quelques incidents aussi spectaculaires soient-ils qui sont inquiétants, c’est plutôt la lente dégradation des performances de ces équipements Made in France qui semblent mal vieillir.Soldechanges200810

                           Il serait peut-être judicieux de la part des Directions Opérationnelles d’EDF d’élaborer un plan de remise en conformité des installations et de le publier, elle pourraient ainsi éviter une perte de confiance plus importante du public et des autorités dans leur gestion opérationnelle des centrales nucléaires. Quand à la nécessité d’un audit industriel externe, elle semble indispensable aux vues des résultats des derniers mois (FIG.II).Edfproductionsnuclaires200810

    Le 17 Novembre 2008.

  • Kyocera annonce qu’il va construire une nouvelle usine de modules photovoltaïques pour doubler ses productions dès 2010

    Kyocera annonce qu’il va construire une nouvelle usine de modules photovoltaïques pour doubler ses productions dès 2010

    Kyocera                  Kyocera, en termes de capacités de production, avec 300 MW, est le deuxième producteur de modules photovoltaïques nippon derrière Sharp et à quelques coudées d’avance sur Sanyo-Panasonic.  Ce trio de base du photovoltaïque japonais peut investir et innover sans crainte en raison des mesures de relance de la filière décidées par le gouvernement japonais (LIRE). Kyocera dispose d’une technologie avancée dite back-contact qui reporte à l’arrière de la cellule photovoltaïque les deux polarités à connecter et accroît ainsi la surface de module irradiée. Cette Société revendique un rendement de conversion de ses cellules de 18,5%. Elle vient de faire connaître sa décision de lancer dès le début 2009 la construction d’une nouvelle usine à Yasu dans la Préfecture de Shiga, qui lui permettra au printemps 2010 de pouvoir doubler sa capacité de production et atteindre les 650 MW en 2012. A partir d’achat de Silicium, Kyocera dispose d’une production totalement intégrée, jusqu’au module prêt à être installé dans la nature. C’est le moyen de maîtriser la qualité et la faible dispersion des caractéristiques techniques de ses produits.

    Le 17 Novembre 2008.

  • Un moteur électrique qui tourne à un million de tours par minute

    Un moteur électrique qui tourne à un million de tours par minute

    Moteurmilliontoursminute                      Le perçage de trous de plus en plus petits pour accueillir les composants électroniques, des opérations de broyage de plus en plus minutieuses nécessitent des moteurs tournant à très grandes vitesses. Des technologues d’ETH à Zurich ont développé un moteur de 100 Watts, gros comme une boîte d’allumettes, capable de tourner à un million de tours à la minute. Le stator est bobiné à l’aide de fils de Cuivre très fins et le rotor est chemisé de Titane pour résister à la force centrifuge. Ce moteur et son électronique de commande sont commercialisés par la Société Celeroton, tout nouveau spin off de cette équipe de recherche.

    LIRE la documentation.

    Le 17 Novembre 2008.

  • Du Silicium polycristallin à moins de 100$ du kilo, c’est pour 2010 disent les études

    Du Silicium polycristallin à moins de 100$ du kilo, c’est pour 2010 disent les études

    Silicium1                       En 2007, 90% du Silicium polycristallin pour cellules photovoltaïques provenait de 6 fournisseurs dans le monde: REC, Wacker, Hemlock, Tokuyama, MEMC et Sumitomo-Mitsubishi regroupés dans Sumco. Entre 2007 et 2008 le prix du Silicium est passé de 200$/kg à 500$/kg sur le marché spot, pour le plus grand bonheur de la profession. Depuis l’arrivée de la crise les prix se sont détendus. Pour 2009, alléchés par un business des plus lucratifs, 60 nouveaux venus ont annoncé qu’ils allaient produire du Silicium polycristallin. En d’autres termes les volumes proposés à la vente vont doubler pour une demande prévue en croissance de 34% l’an prochain. Le marché qui était "vendeur" depuis 2005, va passer "acheteur" dans les mois qui viennent. Les Etudes prévoient un cours de 200$/kg en 2009 et de 100$/kg en 2010. Mais il est possible que la dégringolade aille plus vite encore, surtout si la demande mollit légèrement par rapport à la prévision. Le prix de revient du polysilicium en Chine serait de l’ordre de 40$/kg, il y aurait donc de la place pour voir chuter les cours.

                                    Une question se pose: que vont devenir les contrats pluriannuels de fournitures de Silicium, âprement négociés par temps de pénurie par les fabricants de wafers ou de cellules? Dans de nombreux cas, une renégociation des conditions financières devra être engagée. L’existence même de cette cascade de métiers qui vont de la production de Silicium, à l’élaboration des wafers, puis à la réalisation de cellules photovoltaïques, pour terminer par le module, pourra dans certains cas, être remise en cause, dans un marché où les marges seront écrasées.

    Le 17 Novembre 2008.

  • EIA: les consommations mondiales de pétrole vont être quasiment stables entre 2007 et 2009

    EIA: les consommations mondiales de pétrole vont être quasiment stables entre 2007 et 2009

                          Dans un papier du mois de Juillet dernier, partant des données de consommations par personne, il avait été mentionné ici que les baisses de consommation de pétrole dans les pays OCDE étaient appelées à compenser les hausses dans les pays NON OCDE, pour assurer ainsi durant les quinze ans à venir une stabilisation de la consommation de pétrole dans le monde (LIRE). Cette constatation de simple bon sens semble être reprise pour 2008 et 2009 par l’Energy Information Administration (FIG.) ce qui, vous le comprendrez aisément, a un impact médiatique et économique  bien plus important et explique l’actuelle baisse des cours du pétrole.  Mais que dit l’EIA dans son dernier Short Term Energy Outlook.Eiaconsommationmondiale20072009

                           Cette très sérieuse administration américaine du Department of Energy, beaucoup plus écoutée que la folklorique et parisienne Agence Internationale de l’Energie, prévoit d’abord que la consommation mondiale de pétrole en 2008 dépassera celle de 2009 de 100 mille barils/jour et que celle de 2009 sera étale. Ce résultat sur les deux ans provient d’un accroissement des consommations des pays NON OCDE de 2,3 millions de barils/jour et d’une diminution des consommations des pays OCDE de 2,2 millions de barils/jour. Une extrapolation pour l’OCDE des données connues en 2008 permet de prévoir une réduction de consommation entre 1,3 et 1,4 millions de barils/jour à la fin de l’année par rapport à 2007. La prévision de l’EIA impliquerait donc une réduction en 2009 de 800 à 900 mille barils par jour, ce qui est raisonnable, sinon en retrait.

                           Nous sommes tout à fait dans ce scénario de compensation envisagé, les économies d’énergies des pays riches permettent aux pays émergeants d’accroître leur niveau de vie. Les Américains vont devoir admettre qu’ils se porteront beaucoup mieux et le monde avec eux, lorsqu’ils auront réduit leur consommation de pétrole par deux. Les prévisionnistes de tous poils vont devoir ramener à l’horizontale leurs courbes d’évolution dans le temps de consommation mondiale de pétrole.

    Le 17 Novembre 2008.

  • Sarkozy : gel du bouclier antimissile.

    Sarkozy : gel du bouclier antimissile.

    Pentagone Nicolas Sarkozy suggère désormais le gel du bouclier anti-missile, gel voulant dire remise dans des cartons, à l’usage des historiens, et abandon définitif.
    Le président qui se voulait le plus pro-américain de tous les présidents français, se révèle, à l’usage, le plus pro-russe depuis l’alliance franco-russe.
    Car il s’agit, effectivement d’une alliance qui ne dit pas son nom, d’une fusion des objectifs et des conceptions, tellement poussée qu’elle n’a pas besoin de se mettre sur le papier, au contraire de celle conclue sous la troisième république.
    Celle-ci concernait, en effet des régimes très dissemblables et l’amener jusqu’à l’entrée en guerre, fut aussi une prouesse.

    Là, rien de tel.
    Une fois que l’on a compris -et respecté- l’idée russe qu’elle ne veut pas être une périphérie dominée et exploitée à la guise d’intervenants extérieurs, on peut bâtir dans les relations avec la Russie, un double échange.
    L’échange d’une sécurité d’approvisionnement énergétique de longue période, contre des technologies dont la Russie a toujours été demanderesse.

    Le bouclier anti-missile n’est que le projet d’un complexe militaro-industriel en mal de financements diverses. Sa logique est celle d’une bureaucratie ; croitre à la moindre occasion.
    Elle s’appuie sur des partis clients en Europe de l’Est, et rencontre un scepticisme profond en Europe de l’Ouest, beaucoup plus préoccupé de son gaz (russe d’origine), le complexe militaro-industriel US, a d’ailleurs des chances de plus en plus grandes de rentrer en conflit avec la présidence US.
    Celle-ci devra désormais gérer la crise interne, et le volet externe de la puissance, aura toutes les chances d’être sacrifié.

    Dimanche 16 novembre 2008.

  • Le problème des constructeurs automobiles…

    Le problème des constructeurs automobiles…

    Images Comme disait W. Buffet, si vous investissez dans un secteur, il faut que même un imbécile puisse le diriger, car un jour, il sera dirigé par un imbécile.
    Visiblement, le secteur a donc été géré par des imbéciles, pour des imbéciles (les mythiques "Zinvestisseurs"), et se retrouve dans la M…ouise.
    Le constat est on ne peut plus simple. L’oubli des besoins de base des consommateurs : une voiture simple, consommant peu, dixit A. Citroën qui contribua à sa démocratisation.
    Pour les plus attardés, les américains, "les clients se moquent de ce que l’on met dedans", pour les européens, depuis 20 ans, on a oublié le principe de base, pour monter en gamme.
    Pour un constructeur US, il n’était guère plus couteux de financer le SUW (1500 $ de plus), mais à la vente, c’était le jackpot : plus 7000 $…

    Les 2/3 des ventes se faisant à crédit, la crise du crédit a donc une marge de manoeuvre importante, et on sort d’un marché démocratisé.
    Dans les ventes de véhicules neufs, on ne voyait que des têtes grises.
    Vu le poids du secteur dans l’économie (aucun pays développé n’existe sans secteur automobile), les millions de personnes qu’il fait vivre, directement ou indirectement, aucun pays ne pourra laisser tomber ce secteur.
    Seul le royaume-uni l’a fait. Mais le royaume-uni est un cas spécifique de pays malade depuis très longtemps (English disease), en phase terminale, souffrant d’un complexe de supériorité absolu et de la certitude d’appartenir au peuple élu.
    On pourra citer 3 catégories d’aides.
    L’aide en trésorerie immédiate, qui prendra sans doute la forme d’une prise de capital, l’aide au marché, par des primes à la casse, et l’aide à l’investissement pour un effort de renouvellement des gammes.
    La grand messe du G20 a promis de fermer la porte au protectionnisme. On va voir combien de temps durent les bonnes résolutions devant une crise intérieure qui concernera des millions de personnes.

    Dimanche 16 novembre 2008.