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  • L’amorce d’un centre de compétence technique européen: l’European Energy Research Alliance

    L’amorce d’un centre de compétence technique européen: l’European Energy Research Alliance

    Eera                      Les décisions de la Commission Européenne dans le domaine de l’énergie se distinguent par leur niveau d’incompétence technique. Une fois sorti de l’éolien, les rédacteurs de projets ont apparemment du mal à comprendre ce qu’ils écrivent. L’électrification du parc de véhicules était complètement ignoré il y a encore six mois, le rôle des biocarburants et leur impact sur la filière énergétique ne sont pas encore clairement évalués, ne parlons pas du nucléaire qui est évacué de toute discussion, quand au photovoltaïque et ses diverses technologies d’avenir, ils sont à peine effleurés comme une technologie marginale. Il manque donc un pôle de compétence technique fort, en charge de la compréhension des données et de l’élaboration des possibles grands axes stratégiques énergétiques européens. Dix grands centres de recherches européens dans le domaine de l’énergie viennent de décider avec la bénédiction des Commissaires à l’Energie et à la Recherche, de créer l’European Energy Research Alliance. Pour la France c’est le CEA qui s’y colle (LIRE).

                                Espérons que cette démarche constituera la première pierre de la mise en place d’un Institut Européen de l’Energie digne de ce nom, en charge, au contact avec les industriels, des études et de l’élaboration des grands axes d’une future politique européenne de l’énergie. Le modèle de fonctionnement californien peut servir de benchmark dans ce domaine.

    Le 2 Novembre 2008.

  • ENI S.p.a maintient ses productions dans un champ d’activités largement diversifiées

    ENI S.p.a maintient ses productions dans un champ d’activités largement diversifiées

                          Le modèle économique de la pétrolière italienne ENI est unique parmi les grandes Sociétés pétrolières intégrées. Non seulement elle explore, exploite, raffine, transforme et distribue des produits pétroliers comme les autres, mais en plus elle produit de l’énergie électrique et la distribue avec le gaz; enfin elle possède une part de contrôle (43%) dans le groupe d’ingénierie Saipem. C’est bien sûr c’est l’activité Exploration-Production qui apporte la plus grande contribution (FIG.), mais les autres activités permettent à ENI de mettre à profit toute la chaîne de valeur ajoutée, de la production à la distribution de carburants, de gaz et d’électricité. L’acquisition de 57% du belge Distrigaz pour 2,74 mrds d’euros auprès de GDF-Suez va renforcer le pôle gaz et énergie.Roactivits2008t3_2

                          Par une politique de croissance externe et de développement interne ENI a réussi à maintenir ses productions d’hydrocarbures (FIG.), malgré quelques fautes lourdes, comme le plantage du développement du gisement de Kashagan au Kazakhstan. Après avoir acheté l’Anglais Burren Energy, ENI envisage d’absorber le Canadien First Calgary Petroleum qui possède des gisements en Algérie.Eniprodtrim2008t3

                     La génération de cash des activités, de 5,7 milliards d’euros au troisième trimestre et de 15,7 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de 2008, donne les moyens à ENI d’assurer cette politique agressive d’investissement. Malgré cela depuis le début de l’année, son endettement s’est accru de 1,5 milliards d’euros. La baisse des revenus à attendre de la baisse des cours du pétrole va obliger ENI à s’endetter plus pour assurer son train de vie.

                    La lecture des aventures industrielles de l’ENI nous éloigne des pingreries d’un Exxon-Mobil qui ne sait que faire de son cash, sinon de racheter ses propres actions pour les annuler.

    Le 2 Novembre 2008.

  • La dégringolade du prix du pétrole.

    La dégringolade du prix du pétrole.

    Baril_petrole Le prix du pétrole dégringole, il est passé de 147.5 $ le baril à moins de 65.
    A ce tarif là, un certain nombre d’exploitations ne deviennent plus rentables. C’est le cas des sables de l’Alberta, mais beaucoup d’investissements aussi, deviennent problématiques : offshore profond, Orénoque, alors que pendant ce temps, l’AIE va annoncer une chute "plus rapide que prévue" de la production.
    Le "Pic-oil" va donc devenir officiel.
    Pendant ce temps, n’ayez aucune inquiétude sur les bénéfices des pétroliers, ils n’ont jamais été meilleurs.
    C’est là, d’ailleurs, qu’on voit le "hic". Il n’y a plus aucun rapport entre l’investissement et le bénéfice.

    En ce qui concerne certains états, qui étaient en forte croissance, comme l’Alberta, voire comme l’Amazone de l’éthanol, on risque de retomber dans ce que l’on avait déjà connu, le cycle des matières premières. Le prix de celle-ci vous font riche un jour, et gueux l’autre.
    Pour le Canada, passé le temps de la fièvre de l’or, le résultat sera sans appel : pollution durable et catastrophe écologique, pour un pétrole, des ressources, dont finalement, le Canada n’a guère besoin lui-même, et dont il est l’honnête courtier vis à vis des USA, qui le paie en papier hygiénique appelé monnaie fiduciaire.

    Nous vivons une époque formidable et le progrès est en marche (piqué à un lecteur).

    Dimanche 2 novembre 2008.

  • Préparer la Famine…

    Préparer la Famine…

    Jacquerie2 "Octobre 2008 : un mois de gros temps

    Le mois d’octobre 2008 n’aura pas modifié la donne de la crise. Quelques signes positifs, telle une maigre reprise de l’immobilier résidentiel américain due au prix défiant toute concurrence des logements saisis et remis sur le marché, ou une baisse relative des taux interbancaires (encore très loin cependant de leur niveau de la première moitié du mois de septembre), ne seront pas parvenus à compenser les indices qui signalaient au contraire une aggravation de la situation, en Europe d’abord, où l’Islande et la Hongrie en particulier se retrouvèrent au sein de la tourmente, et en Asie où les yeux se tournèrent vers le Pakistan faisant face à une crise de solvabilité majeure.

     Le plan Paulson de 700 milliards de dollars fut voté par les représentants du peuple américain : le 1er octobre par le Sénat, et le 3 par le Congrès, après qu’ait été ajoutée au texte de la loi une série affligeante de mesures visant à satisfaire les intérêts particuliers des parlementaires les plus hésitants. Après quelques tergiversations, une formule fut mise au point, centrée sur une prise de participation significative de l’État fédéral dans les neuf principaux établissements financiers américains : à hauteur de 25 milliards pour Bank of America, J.P. Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, et de 10 milliards de dollars pour Goldman Sachs et Morgan Stanley, investissement assorti d’un code de bonne conduite de la part des institutions renflouées : dividendes gelés, fonds avancés au taux de 5 % mais passant à 9 % si l’on tardait trop à les rembourser, rémunérations des patrons sous haute surveillance avec dés-incitation fiscale pour les entreprises de leur accorder davantage, la fin des parachutes dorés, enfin, des warrants permettant à l’Etat d’augmenter sa mise à l’avenir si nécessaire.

    La plupart des pays emboitèrent le pas aux États–Unis, adoptant des mesures similaires. On observa tout au cours du mois qu’en matière de nationalisation du système financier, le pays qui frappait le plus vite et le plus fort déterminait le niveau sur lequel les autres étaient alors obligés de s’aligner : quand l’Irlande garantit tous les dépôts à vue, l’Angleterre dut suivre sous peine de voir toutes ses banques siphonnées aussitôt vers l’Irlande, mais pour ce faire elle fut forcée d’aller plus loin dans la nationalisation que n’importe qui d’autre, fixant automatiquement la nouvelle norme pour ceux qui ne voulaient pas être laissés pour compte dans le nouveau paysage de la compétitivité. Ce fut le cas des États–Unis qui appliquèrent le plan Paulson dans la perspective britannique de prise de participation dans les banques, pour l’Allemagne qui avait pourtant juré ses grands dieux la semaine précédente qu’il n’en serait rien, pour le Benelux, que le sauvetage de justesse des banques Fortis et Dexia avait déjà conduit sur cette voie, pour l’Espagne qui s’aligna sur la formule britannique, et bien entendu également pour la France qui créa elle aussi un fonds d’aide d’urgence à ses banques.

    On put suivre le progrès de la prise de conscience du « tsunami » tout au long du mois : moins le système financier d’une nation était sophistiqué, plus l’éveil avait été retardé. L’ordre dans lequel cette prise de conscience avait lieu était bien sûr purement anecdotique. Dans les derniers jours du mois, c’était l’Europe Centrale tout entière qui s’éveillait à la crise. La Banque Centrale Européenne, le Fonds Monétaire International, la Banque Populaire de Chine, intervenaient à une très vaste échelle pour distribuer des fonds là où leur intervention se révélait la plus urgente.

    Quand le premier ministre britannique, Mr. Gordon Brown, mit en œuvre son plan de nationalisation du secteur bancaire, une rumeur courut qu’il lui avait été soufflé par l’ancien président de la Federal Reserve, Alan Greenspan, pourtant autrefois chef d’une croisade en faveur du laisser-faire sur les marchés financiers. L’un des événements qui firent sensation au mois d’octobre, et qui marqua sans doute un tournant dans l’histoire de l’ultralibéralisme, fut la déposition d’Alan Greenspan devant une commission houleuse du Congrès américain qui le mit en accusation, l’interrompant à plusieurs reprises et avec brutalité. Désarçonné, celui-ci confessa les doutes qui l’assaillaient désormais quant à l’autorégulation des marchés financiers : « Oui, j’ai découvert une erreur », concéda celui qui avait été longtemps le chef de file du « libertarisme ». En cause essentiellement selon lui, une surprenante incapacité du milieu des affaires à poursuivre la recherche de son intérêt bien compris et qui aurait dû l’encourager à la modération et à se policer lui-même. Depuis le début de la crise en effet, la « main invisible » ne s’était manifestée à aucun moment et les effets de la cupidité individuelle s’étaient simplement additionnés. L’ancien président de la Fed avait eu le tort d’accorder une foi absolue à la science économique de son temps, celle qui avait été produite durant soixante années sous la houlette du monde financier lui-même. La confession d’Alan Greenspan faisait découvrir au monde consterné la naïveté de celui qui avait été à la tête de la finance internationale pendant prés de vingt ans (1987 – 2006). Les réactions de la presse trahissaient un frisson d’effroi rétrospectif.

    Les sommes considérables injectées dans la recapitalisation des banques et dont le public avait eu initialement le sentiment qu’elles étaient davantage destinées à sauver les banquiers plutôt que la finance elles-mêmes, seront-elles bien utilisées ? On pouvait en douter à l’annonce des premières nouvelles relatives à l’usage qui en serait fait : les banques américaines annonçaient leur intention de transmettre une partie des milliards reçus en dividendes, d’en consacrer une autre partie à des augmentations de salaires, une autre encore à racheter leurs concurrentes moins chanceuses et qu’elles utilisaient une portion de l’argent reçu à faire du lobbying visant à l’annulation des mesures gouvernementales de semi-nationalisation.

    Les bourses connurent durant ce mois d’octobre qui fut le plus chahuté de leur histoire, de grands mouvements désordonnés propres aux périodes de krach, où les intervenants déboussolés, ne sachant à quel saint se vouer, vendent en catastrophe un beau jour, pour se racheter avec enthousiasme dès le lendemain, les prix bradés de la veille constituant une aubaine à ne pas rater. Au 31 octobre, le CAC 40 avait perdu depuis le début de l’année, 37,9 %, et 13,6 % durant le seul mois d’octobre ; le Dow Jones, l’indice de la banque de New York, respectivement 29,7 % et 14 %, et le Nikkei japonais, 44 % et 23,8 %.

    La volatilité extraordinaire des bourses et des marchés des matières premières se révéla sans pitié pour les intervenants les plus exposés. Sur les marchés à somme nulle comme les marchés à terme, où ce que l’un perd, l’autre gagne, le nombre des intervenants se réduisait, les grands mouvements en sens opposés balayant ceux qui commettaient des erreurs d’appréciation et qui se trouvaient du coup éliminés, tandis que les grosses fortunes se concentraient alors entre quelques mains. A la bourse, le marché baissait tant que les pertes globales compensaient l’effet de cette concentration, même pour les vainqueurs.

    Les hedge funds, les fonds d’investissement spéculatifs continuèrent de liquider leurs positions pour répondre aux retraits de leurs clients. Il semblait en fin de mois qu’ils avaient survécu à ce qui aurait pu être pour eux une épreuve décisive : le débouclage le 21 octobre des Credit–Default Swaps (CDS) portant sur Lehman Brothers dont la banqueroute avait été déclarée le 15 septembre. Rien ne les obligeait cependant à révéler leurs difficultés avant la publication trimestrielle de leur bilan et l’ampleur du désastre apparaîtrait peut–être ultérieurement.

    Les devises s’effondrèrent dans un bel ensemble en raison de la récession mondiale qui les engouffrait toutes. Les tensions entre elles étaient simplement dues au fait que certaines chutaient plus vite que d’autres. Mr. Sarkozy ayant pris très au sérieux la présidence française de l’Union Européenne, proposa avec panache, un nouveau Bretton Woods. Les pays asiatiques lui emboitèrent le pas. Une réunion au sommet consacrée aux monnaies avait en effet eu lieu en 1944 à Bretton Woods dans le New Hampshire, réunissant les grandes puissances de l’époque. Il y avait été décidé d’ancrer l’ensemble des devises au dollar, lié lui à l’or par une parité fixe ; l’accord deviendrait caduc en 1971 quand le président Nixon résilierait cette parité du dollar et de l’or, sans consultation préalables de ses partenaires.

    On attendit vainement en octobre de nouvelles initiatives en faveur des bénéficiaires de prêts hypothécaires en difficulté. L’immobilier américain avait été à l’origine de la crise, celle-ci s’étant déclarée dans le secteur du prêt hypothécaire subprime qui avait alors entraîné la finance dans sa chute. Le moyen le plus sûr d’endiguer la catastrophe consistait donc à arrêter l’hémorragie de l’immobilier résidentiel américain. Ce qui s’opposait toutefois à un dépannage massif des emprunteurs était que le prix des logements n’avait pas encore atteint dans sa chute, son niveau historique moyen : il avait baissé d’environ 16 % depuis son pic et il lui restait la moitié du chemin à parcourir. L’Etat américain n’avait donc aucun intérêt à geler la situation à un niveau de prix qui demeurait encore spéculatif. Un plan de refinancement de l’ensemble des prêts hypothécaires par un organisme d’Etat – très similaire à la Home Owners Loan Corporation, instaurée en 1933 comme un élément-clé du New Deal rooseveltien – était probablement prêt à l’emploi mais on attendait pour l’activer que le prix de l’immobilier soit retombé à un niveau tel que l’accès à la propriété de son habitation redevienne un objectif réalisable pour les ménages. La mise en place d’un tel dispositif devrait être instantanée et bénéficier d’un effet de surprise, sans quoi certains emprunteurs tenteraient d’en tirer parti en interrompant le versement de leurs traites de manière anticipée. Pour que le prix de l’immobilier continue de baisser en fonction de l’offre et de la demande, il fallait que le marché du logement fonctionne selon les anciennes règles aussi longtemps que possible. S’ajoutait certainement à ceci le fait qu’un nouveau New Deal rooseveltien aurait bien davantage de crédibilité s’il était signé Barack Obama, voire même John McCain, que George W. Bush.

    On apprenait enfin en octobre que la production mondiale de blé diminuerait d’environ 4,4 % en 2009 en raison du tarissement des crédits permettant l’achat d’engrais par les agriculteurs. Pour les plus petits fermiers et ceci à l’échelle mondiale, le crédit avait d’ailleurs cessé d’exister. On prévoyait qu’au Brésil, la récolte de maïs pourrait diminuer de 20 % pour cette même raison. Il était d’usage dans ce pays que les gros acheteurs américains avancent environ la moitié des fonds nécessaires à la nouvelle récolte, la future moisson servant de collatéral. Or, ils avaient cessé de le faire. En Russie le taux d’intérêt des crédits accordés aux fermiers atteignait parfois 20 %. Une famine mondiale se dessinait à l’horizon.

    (*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.  "

    Paul Jorion annonce la famine, pour l’année prochaine. La cause en est le tarissement du crédit aux agriculteurs.
    Le monde agricole a toujours fonctionné sur le mode d’avance sur récolte.
    On vient dans une configuration, donc, qui ressemble de plus en plus à la grande crise du 14° siècle, l’écroulement du crédit, d’abord en Angleterre, conduit à une crise globale qui se termine en crise de dépopulation.
    Les fonds apportés par les états, eux, vont servir à engraisser le cochon : dividendes, bonus, lobbying…
    Au XIV° siècle, la crise politique qui termina la crise ("Grande commocion" connue sous le nom de "Grande Jacquerie"), fut une guerre d’extermination…

    Plus que jamais, la prise de conscience politique est nécessaire. Si possible, avant la crise.

    Dimanche 2 novembre 2008.

  • RDC : la lutte pour le contrôle des ressources.

    RDC : la lutte pour le contrôle des ressources.

    Images_5 Les firmes multinationales s’affrontent par pays et par saigneurs de la guerre interposés pour exploiter le scandale géologique de l’afrique (le congo) : "diamants, cuivre, étain, charbon, fer, manganèse,       
    mais aussi niobium, colombo-tentalite, cobalt, uranium, germanium,gaz méthane et pétrole
      ".
    La population, elle, a une tâche beaucoup plus simple, c’est de fournir les victimes, tuées par armes à feu, machettes, violées, affamées, morts de maladies ou d’épuisement…
    Il faut comprendre, une population, c’est comme au Nigéria, ça gêne.

    Les choses évoluent sur le terrain, suivant le cours des matières premières, mais cette guerre n’est que peu médiatisée. Elle occupait surtout les "clients", affidiés et complices des grandes firmes occidentales et des gouvernements locaux des pays voisins.
    Bien entendu aussi, le code minier adopté par le gouvernement de Kinshasa était très doux aux intérêts des compagnies minières.
    Pour le code forestier, la démarche a été la même. Mais il faut se rendre à l’évidence. Si le Congo est, à l’évidence riche au niveau minier, il est encore trop pauvre pour les vautours, hyènes, chacals, rapaces en tous genres qui s’acharnent sur le pays, avec le concours, l’armement, de grandes firmes, des pays voisins et des pays plus lointains.
     Mais, comme à la différence du Soudan, les chinois ne sont pas encore dans le coup…

    Comme on le devine, le congo ex-zaïre est promis a un brillant avenir…

    Samedi 1°octobre 2008

  • Les restrictions de crédit dans le monde vont faire disparaitre des acteurs des énergies renouvelables

    Les restrictions de crédit dans le monde vont faire disparaitre des acteurs des énergies renouvelables

                             Le cash va être plus rare et donc plus cher. Les Banques mondiales vont vouloir se refaire une trésorerie en prêtant plus cher (avec des spread élevés) et en se refinançant à vil prix auprès des Banques Centrales  (1,25% aux USA pour le taux hypothécaire, beaucoup plus en Europe…encore!).  Vont donc disparaitre bien des acteurs économiques qui se seront ruinés en jouant sur des fluctuations de cours imprévisibles de matières premières, en investissant trop à contre temps sur des produits démodés, en faisant reposer leur activité sur un crédit facile et peu regardant. Bien des Sociétés agissant dans la sphère des énergies renouvelables semblent être dans ce cas. Il suffit de regarder les variations de cours de Bourse depuis le début de l’année pour identifier les canards boiteux (TAB.). Bourse200810fin

                          Dans les bouilleurs de crus américains Verasun qui à mal acheté du maïs  sur le Marché à terme au plus haut et qui n’a pas pu faire appel au Marché pour se refinancer en raison de la crise, serait sur le point de se réfugier dans la loi du "chapter 11" américain, en cessation de paiement. Pacific Ethanol n’est guère plus brillant, après avoir perdu en dix mois 88% de sa valeur en Bourse. Puis viennent les gros acteurs du photovoltaïque qui doivent investir massivement pour suivre la croissance d’un marché dopé aux subventions, dans un large panel de technologies (Si cristallin, Si amorphe en couche mince, Cd-Te, CIGS, CIS, etc.). Une baisse des commandes peut faire effondrer les prix et plonger les plus gros dans un profond marasme et faire mourir les plus faibles qui se sont engagés sur des achats de wafers de Silicium sur plusieurs années. Par exemple le norvégien REC, s’est ouvertement posé la question de savoir s’il poursuivait ou non son plan ambitieux d’investissement dans le Silicium et les wafers. Seul First Solar avec sa technologie économique en couche mince et sa politique commerciale agressive aux Etats-Unis envisage l’avenir avec optimisme.

                        Enfin, dans l’éolien, c’est la filière offshore qui est la plus exposée, parce que ce c’est elle qui fait appel aux plus gros investissements aux rentabilités lointaines et incertaines. On peut se poser simplement la question de la possible disparition de l’éolien offshore avec la crise financière. Les britanniques ne sont pas loin de penser que ces projets en Mer du Nord ne sont pas réalistes et proposent de se localiser sur les eaux peu profondes, proches des côtes. Seul un formidable effort de productivité de l’éolien et sa répercution dans les prix des équipements, pourra assurer une rentabilité suffisante de ses clients producteurs d’électricité.

    Le 1er Novembre 2008.

  • US Delta airlines et North West…

    US Delta airlines et North West…

    Images_4 US delta Airlines et NorthWest airlines sont dans un bateau, le bateau coule et aucun ne sait nager…
    Us vient de racheter son concurrent pour 2.8 milliards de $.
    On est toujours dans le règne du sans avenir. Ils viennent de former une compagnie plus grosse obèse, avec encore moins d’avenir, 800 appareils, 75 000 employés, et 35 milliards de $ de chiffre d’affaire. Ils pensent, quand la fusion sera opérationnelle, économiser 2 milliards de $ par an, alors qu’ils en perdent chacun de leur côté.
    Bien entendu, la dérive ayant augmentée entre temps (dans deux ans) qu’ils en perdront encore plus.

    On peut voir un classique du genre, des destinations fusionnées pour éviter quelques rotations, des appareils trop anciens évacués, du personnel dégagé, le grand classique du Pic-oil en gestation.
    Bien entendu, cela ne règlera rien.
    Le secteur est en train de crever littéralement de la déréglementation reaganienne. Ils n’ont pas investi pendant des années, le pétrole est cher, les aéroports remontent à Eisenhower.
    Les mesures que réclament désormais à cor et à cri les entreprises de transports aériens US sont simples : règlementations (donc partage des destinations) et subventions.
    Il est probable et même certain qu’on va y arriver.
    Ce genre d’union n’a qu’un intérêt très limité, voir négatif. Avec deux tocards, on ne fait pas un cheval de course.

    En outre, dans un contexte de récession, voir de récession, on supprime d’abord les dépenses inutiles, et les voyages aériens sont rarement indispensables et les plus gros les plus fragiles…

    Samedi 1°novembre 2008.

  • Les émissions de CO2 de la Chine: un sujet trop important pour être laissé à la seule propagande chinoise

    Les émissions de CO2 de la Chine: un sujet trop important pour être laissé à la seule propagande chinoise

                           J‘avais mentionné, lors d’un précédent post, une étude très sérieuse publiée en Août 2007, sur la prévision des émissions de CO2 de la Chine jusqu’en 2010 par deux chercheurs américains Maximilian Hauffhammer et Richard Carson des Universités californiennes de Berkeley et de San Diego. Leur travail part de données analytiques de chacune des Provinces chinoises rassemblées dans un tableau de 588 données qui s’étalent sur une période allant de 1985 à 2004. Il utilise ces données et divers modèles basés sur une équation du type

                      I = P x A x T          dans laquelle I est l’impact, dans ce cas les émissions de CO2; P est la population; A l’affluence ou la progression des populations urbaines et T un index technologique qui va dépendre des nouveaux investissements.Chineco2emissions2015 Cette étude a été réalisée analytiquement, région par région, qui sont très différentes entre elles, ce qui rend donc un modèle global chinois impossible à réaliser, en raison de cette hétérogénéité.  Ils prévoient que les progressions d’émissions de CO2 de la Chine d’ici à 2010 seront bien supérieures aux maigres réductions venant des accords de Kyoto. Les auteurs estiment une croissance annuelle des émissions de CO2 chinoises aux environs de 12% par an qui sera donc, sur la période 2000 – 2010, supérieure à celle de la croissance du PNB de la Chine.                                       

    Cette étude argumente sur certains points forts qui sont les suivants:

    • bien des investissements de centrales électriques au charbon et de diverses usines polluantes ont été et sont réalisés dans les Provinces sans que le gouvernement central soit au courant,
    • la remise en ordre dans les années 90 avec la fermeture des usines et des centrales les plus polluantes n’a eu qu’un effet temporaire sur les émissions de CO2 (voir la première courbe);
    • les provinces côtières représentent 14% de la surface de la Chine et représentaient 54% des émissions de CO2 du pays en 2004,
    • et c’est dans ces provinces riches que la population croît le plus et où le facteur affluence prend du poids;
    • entre 1985 et 2004 ce sont les régions les moins développées qui ont vu les croissances des émissions les plus fortes (FIG. ci-dessous, courbe en pointillés). Ce sont les régions où les usines les plus polluantes sont implantées.

    Chineprovincesemissionsco2_198520_3 .

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                      La publication du Livre Blanc par les autorités chinoises et la Commission Nationale du Développement et de la Réforme (LIRE)  annonçant la poursuite de la croissance inexorable des émissions de CO2 chinoises vient confirmer, au moins qualitativement, les conclusions de cette étude.

                      Pour ceux qui voudraient aller plus au fond dans la compréhension de ces données, vous pouvez lire l’excellente publication de ces très bons Universitaires californiens (LIRE). Bien sûr c’est un peu plus difficile à suivre que la limpide propagande chinoise. Alors accrochez-vous!

    Le 1er Novembre 2008

  • DEXIA : un financement d’un projet éolien à 5 millions d’euros par MW!!!

    DEXIA : un financement d’un projet éolien à 5 millions d’euros par MW!!!

    Dexia                          Lors d’une des innombrables réunions de l’ASPO, les 20 et 21 Octobre à Barcelone, Jérôme Guillet, Chef du Département Energie de la Banque DEXIA, a présenté les modalités de financement utilisées par sa banque pour accompagner les projets éoliens offshore. Pour cela il est parti de deux cas concrets le projet Q7 aux Pays-Bas portant sur 383 millions d’euros pour une puissance de 120MW (60 éoliennes Vestas de 2MW) et le projet C-Power, plus récent, en Belgique de 152 millions d’euros pour une puissance de 30MW. Le premier projet correspond donc à un investissement de 3,2 M euros par MW, mais le second atteint le chiffre astronomique de plus de 5 M euros par MW. Il est constitué de 6 éoliennes Repower de 5 MW chacune qui devraient entrer en activité à la fin de l’année.

                         Un tel projet qui date du mois de MAI 2007, ne serait plus financé aujourd’hui. Il montre les excès économiques auxquels était parvenue la profession. Elle profite en particulier de montages financiers complexes et d’une loi qui garantit d’acheter l’énergie électrique plus les droits d’émissions de CO2  à 107 euros/MWh minimum pendant 20 ans.

                         Un amortissement plus réaliste sur 5 ans (les aides gouvernementales peuvent être fugaces, une loi peut en détruire une autre) de cette affaire pour un taux de charge à pleine puissance de 5000 heures par an (57%) correspond à un montant de 203 euros par MWh. Si vous ajoutez des frais financiers de 6% et si vous supposez les frais d’entretien faibles les premières années on arrive à un break-even de 263 euros par MWh.

                         Ces calculs simples montrent que les subventions de l’ordre de 140 à 150 euros par MWh éolien offshore ne sont pas de trop et ils ont même intérêt à durer dans le temps, sous réserve de voir certains bilans déposés.

                          En conclusion, des projets éoliens offshore à 5 millions d’euros par MW ne sont pas raisonnables économiquement. De toutes façons les restrictions de crédits actuelles vont mettre fin à leur financement. Il faut donc s’attendre à quelques mésaventures financières ou abandons de projets dans les semaines ou les mois à venir. Il faudra donc que les industries éoliennes fassent d’énormes gains de productivité pour survivre.

    Le 1er Novembre 2008.

  • Plus un Kopeck pour l’Opec…

    Plus un Kopeck pour l’Opec…

    Images_3 L’Opep, (OPEC en Anglais), vit des heures difficiles.
    Non pas à cause du pic pétrolier (ça, ça arrangerait plutôt ses épinards), non pas à cause du prix relativement bas (qui est aussi relativement haut), mais parce que l’industrie de l’âne fonctionne fort bien dans ces pays, et dans tous les pays biens pourvus en ressources naturelles.
    Explications : Vous prenez un potentat local, vous l’arrosez bien et de plus en plus en dollars. Vous laissez mijoter quelques temps et vous créez un petit krach.
    Là, vous vous apercevrez que le potentat local, il a placé ses dollars, qu’il en a perdu pas mal, mais aussi qu’il n’avait pas suffisamment de sous pour y jouer suffisamment.

    Alors, il s’est aussi endetté en $, malgré ses-dollars-rien-qu’à-lui-mais-qui-étaient-pas-suffisants.
    Résultats, la baisse de ses avoirs, et ses dettes exigibles, ça fait faire le grand écart, avec déchirements d’adducteurs garantis, surtout si on a plus de 50 ans passé…
    Comme les dollars, il en avait moult, moult, moult, il a engrangé des dettes, aussi, moult, moult, moult…
    Malgré des cours du pétrole pantagruéliques, le trou noir financier est encore bien plus gros que toute l’économie réelle. Et bien plus gros que toutes les ressources des pétroliers…
    Il n’y a rien de plus bête qu’un riche. Il vit entre deux hantises, celle de perdre son argent et celle de ne pas le voir grossir assez vite.
    En jouant sur la deuxième corde, il est possible de lui faire faire tous les tours de cirque les plus audacieux.
    Rockfeller était devenu riche grâce au pétrole, mais ce fut grâce à ses talents de manipulateur financier et parce qu’il était le plus gros crocodile du marigot.

    Ils avaient confiance en l’Amérique, l’Amérique, elle, avait crée une nouvelle industrie -la seule qui lui reste- : celle de la poire.
    Je vous laisse deviner qui c’est…. Pour la version soft, c’est ici…

    Vendredi 31 octobre 2008