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  • Etats-Unis: forte croissance des réserves prouvées de gaz, stabilité de celles de liquides (pétrole+ gaz liquides)

    Etats-Unis: forte croissance des réserves prouvées de gaz, stabilité de celles de liquides (pétrole+ gaz liquides)

                                L‘Energy Information Administration américaine vient de publier un état d’avancement résumé de l’évaluation des réserves de pétroles et de gaz en 2007. Il ressort de ce rapport la forte croissance des réserves prouvées de gaz naturel de 13% par rapport à celles de 2006. Sur une période de 10 ans la croissance de ces réserves est de 42% (FIG., courbe violette). Ce résultat prouve la vitalité de la prospection aux USA avec un accroissement du nombre de puits en production et l’introduction de nouvelles techniques d’exploitation faisant appel aux forages horizontaux dans les veines profondes de charbon (coal bed methane) ou dans les schistes bitumineux (oil shales). Les consommations totales de gaz aux Etats-Unis atteignent 4 milliards de barils équivalent pétrole.Rservesusgazliquides2007

                           Les réserves de gaz liquides qui sont associées à celles de gaz naturel, progressent également de 8% en un an. Ces réserves ajoutées à celles de pétrole constituent dans le jargon pétrolier les réserves de liquides (FIG., courbe rouge) qui croissent de 3,5% en un an et qui sont stables depuis 10 ans. Les statistiques de production de pétroles prennent en compte le plus souvent ces liquides associés aux gaz (butane et propane essentiellement). Elles sont de 2,5 milliards de barils par an aux USA.

                           Les seules réserves de pétroles (FIG., courbe noire) sont en progrès de 1,7% en un an et en décroissance de 5,5% en dix ans. Un nouvel effort de prospection dans les zones jusque là interdites par le moratoire de Bush père, confirmé par Clinton, permettra aux USA de reconstituer leurs réserves prouvées dans la décennie à venir et d’exploiter avec parcimonie ces réserves si précieuses. Pour les réserves de gaz la croissance actuelle illustre le formidable potentiel en gaz naturel dont dispose les Etats-Unis dans ses gisements de charbon et de schistes. Ils assureront à ce pays les ressources nécessaires pour réduire son addiction au pétrole et se reconvertir à l’utilisation très majoritaire de gaz naturel en particulier par une électrification des véhicules, un développement des réseaux ferrés (TGV) et une reconversion de la pétrochimie.

    Le 17 Octobre 2008.

  • L’allemand SolarWorld démarre une nouvelle usine de production américaine

    L’allemand SolarWorld démarre une nouvelle usine de production américaine

                          L‘allemand SolarWorld annonce qu’il vient de démarrer ses productions de cellules solaires dans sa grande usine de Hillsboro dans l’Oregon. Son objectif est de porter la capacité de production de cette unité qui part du Silicium pour produire des wafers et des cellules solaires, à 500MW en 2011. Ce sera alors la plus grande usine du Groupe. Une partie de ces productions sera assemblée en modules dans son l’usine américaine de Camarillo (Fig.) pour alimenter le marché américain. L’autre partie sera vendue soit à d’autres usines du Groupe soit au marché OEM (concurrents).

                        SolarWorld, deuxième industriel allemand dans le photovoltaïque derrière Q-Cells, est en train de déplacer son centre de gravité industriel vers les Etats-Unis, en raison de la taille et du dynamisme du marché américain. Il dispose également pour se développer d’une usine en Corée qui pour l’instant ne fait que de l’assemblage de modules.Solarworldplants

    Le 17 Octobre 2008.

  • Au mois de Septembre, l’inflation américaine tirée par le poste énergie, passe en dessous de 5%

    Au mois de Septembre, l’inflation américaine tirée par le poste énergie, passe en dessous de 5%

                          Les prix des diverses formes d’énergie aux Etats-Unis, moins chargés en impôts et taxes diverses qu’en Europe, grimpent plus vite à la hausse mais, également, dégringolent plus rapidement à la baisse. Au mois de Septembre, sur 12 mois glissants, le poste énergie a perdu 1 point de pourcent en Zone Euro, il en a perdu 4 aux USA. (FIG.I). Cette chute s’explique aussi par la baisse rapide des cours américains de l’essence, plus rapides que ceux du pétrole, en raison de l’effondrement de la demande. Cette baisse se répercute bien entendu sur l’inflation globale des prix.Inflationenergieusue200809

                            Comparons l’inflation sur douze mois en Zone Euro et aux Etats-Unis (FIG.II). Il est possible tout d’abord de constater que l’inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, est supérieure aux USA à celle de la ZE (barres roses). Les évolutions de prix américaines portant sur l’éducation, les soins médicaux, le logement sont encore élevées.  Par contre l’impact des produits alimentaires (différences entre les barres jaunes et roses) n’est que de 0,5 points de pourcent aux US contre 0,7 en ZE. Enfin l’impact de l’énergie est encore très puissant aux USA puisqu’il majore l’inflation de près de deux points contre un seul point en ZE (différences entre les barres vertes et jaunes). Le résultat est une baisse de l’inflation de 0,2 points en ZE et de 0,4 points aux USA qui passe ainsi en dessous des 5%.Inflationus200809

                     Sur la Fig.I on peut constater qu’en Octobre et Novembre 2007 les prix de l’énergie avaient fortement progressé. Cette remarque permet d’anticiper pour les deux mois à venir de fortes baisses de l’inflation par effet de base sur les postes énergies. La crise financière et économique aidant, il est à prévoir un fort reflux de l’inflation, dans les deux zones, d’ici à la fin de l’année.

    Le 17 Octobre 2008.

  • Pragmatisme Italien.

    Pragmatisme Italien.

    Images_4 S. Berlusconi, par moment, ne manque pas de bons sens.
    Pour lui, il est "ridicule" de miser sur des bourses d’échanges du CO2 dans le contexte actuel. "Or il s’agit de la principale mesure imaginée par les Européens pour tenir leurs engagements internationaux."
    En réalité, la sortie italienne, vis à vis de la présidence française de l’UE, entre partenaires qu’on présentait comme proche politiquement et idéologiquement, dénote surtout un pragmatisme foncier, monétaire, économique, énergétique.
    L’attachement italien à l’euro est faible,
    l’attachement italien au libéralisme économique est faible,
    l’attachement italien à l’idéologie droit de l’hommiste est faible, cela s’est vu dans la politique vis à vis

    de la Russie. Pour L’italie, tout parti confondu d’ailleurs, il n’est de gaz, en Europe que Russe. Il faut se rendre à l’évidence.
    Le gout de la politique, le gout de la "combinazione" est fort en Italie. A une époque, on disait que la diplomatie était Italienne, la banque aussi, d’ailleurs.
    On parle, paradoxalement de faillite en Italie, alors que les banques semblent y être relativement sûr (plus qu’en France et en Allemagne, en tout cas), sans doute héritage des vieilles traditions bancaires florentines, vénitiennes, génoises.

    Les bisbilles européennes en matière énergétique atteignent leur sommet, c’est le dissensus le plus affirmé. Il faut dire, qu’en l’espèce, chaque pays y est un cas particulier.

    Jeudi 16 octobre 2008

  • Norvége et Nauru, même combat…

    Norvége et Nauru, même combat…

    Images_3 Ou "oil in the ground is better than dollar in bank".
    On nous présentait les Norvégiens comme un peuple prévoyant, épargnant "pour les générations futures" des sommes considérables issues de leur production gazières et pétrolières.
    Avec le Krach en cours, le "Meltdown" qui touche particulièrement les pays scandinaves, la "prévoyance" norvégienne va surtout paraitre comme "l’acquisition, à grands frais, de beaucoup de regrets".
    En effet, il faudrait que les norvégiens, dans leur fond d’investissement, aient trouvé la pierre philosophale qui leur ait évité les mauvais placements.
    Il n’en est rien, et surtout pas en Islande.

    Le trou  noir des finances, va siphonner les placements norvégiens :
    – 500 000 $ de dette par habitant en Islande,
    Panique en Hongrie,
    – Italie qui parle de sortir de l’Euro,
    – fuite des capitaux en Grande Bretagne,
    UBS secouru par l’état Suisse,
    – l’Ukraine a ses vapeurs,
    le plan Paulson, selon certain, atteindrait les 3000 milliards… En attendant les 6000, certains, d’ailleurs, évoquent la faillite complète des USA en 2009.

    Il est certain qu’une perte massive de valeur des placements, censés assurer les vieux jours du pays, aurait des conséquences importantes en matière de productions gazières et pétrolières.
    En effet, quelle meilleure incitation à ne plus exporter ? A beaucoup moins investir ? Ou alors, à condition d’être réellement payé, en monnaie, INSTRUMENT DE TRANSMISSION DE LA VALEUR.
    Le sort de l’ile de Nauru qui produisait des phosphates, aussi, est édifiant. Après avoir détruit son sol, elle a "placé" des dizaines de milliards d’excédents. Il n’en est rien resté, avalé par des pertes diverses.

    Jeudi 16 octobre 2008

  • Etats-Unis: la remontée des stocks hebdomadaires de pétrole et d’essence va tirer les cours à la baisse

    Etats-Unis: la remontée des stocks hebdomadaires de pétrole et d’essence va tirer les cours à la baisse

                         A la fin de la semaine dernière, les stocks hebdomadaires américains de pétrole brut se sont accrûs de 5,6 millions de barils et ceux d’essence se sont élevés de 7 millions de barils en raison de consommations faibles et d’importations trop fortes (13,7 millions de barils par jour de brut et de produits raffinés). Ces deux indicateurs suffiront à faire baisser à court terme les cours du brut WTI. Mais il faut également noter une baisse des stocks de gasoil+ kérosène d’un million de barils qui atteint 158 millions de barils. A la même époque l’an dernier ces stocks étaient à 20 millions de barils au dessus et ils se situaient même à trente millions de barils au dessus, il y a deux ans (FIG.). Dans l’hypothèse d’un hiver froid et précoce, le marché des produits pétroliers américains pourrait rapidement se tendre, les regards se reportant alors sur les stocks de fuel.Stocks_hebdo200810b

                   Il faut également noter que les stocks de gaz naturel ont du mal à se reconstituer à la suite des réductions de productions dans le Golfe du Mexique et du manque d’entrain des productions issues des schistes bitumineux, en raison de cours déprimés, qui ont entraîné des fermetures de puits.

    Le 16 Octobre 2008.

  • Nouvelles énergétiques de la semaine du 16 Octobre 2008

    Nouvelles énergétiques de la semaine du 16 Octobre 2008

    Breakingnews                   Eolien offshore: la Grande-Bretagne veut revoir ses objectifs de développement dans le domaine en adoptant une approche plus réaliste. Un rapport du "Carbon Trust" attire l’attention des autorités sur l’absence de réalisme de certains projets en haute mer: "Installer de plus grandes éoliennes en eau profonde en Mer du Nord constitue un immense défi pour les équipes de développement et pour assurer la maintenance des équipements tout au long de leur vie opérationnelle." Le rapport estime le coût de chaque mégawatt installé en pleine mer à plus de 3 millions de Livres Sterling (environ 4 millions d’euros) soit 40% plus cher qu’en mer peu profonde. Il préconise donc d’envisager d’implanter les éoliennes plus près des côtes, dans des eaux peu profondes, ce qui réduirait de 16 milliards de Livres le devis initial insupportable de 75 milliards de Livres du programme offshore dit du "Troisième Round". En ces périodes de capitaux plus rares, les projets farfelus vont couler en pleine mer.

                              Nucléaire américain: encore un nouveau projet de centrale de type EPR 1600 MWe déposé sur le bureau de la NRC (Nuclear Regulatory Commission). Chacun veut prendre date avant la fin de l’année pour être éligible aux garanties d’emprunts. Cette fois ci, c’est pour l’extension de la centrale de Bell Bend en Pennsylvanie exploitée par la PPL Corporation.

                         Photovoltaïque: LDK Solar un gros fabricant de wafers de silicium sino-américain a confirmé, à l’occasion d’un point d’avancement de la construction d’une nouvelle usine de 1000 tonnes de Silicium, qu’il serait capable de produire entre 5000 et 7000 tonnes de silicium polycristallin en 2009 et qu’il maintenait son plan pour porter sa capacité de production chinoise à 15000 tonnes.

                         Asola , la filiale allemande de Quantum Fuel Systems, vient de signer avec une société marocaine un accord de coopération pour développer une usine de modules photovoltaïques, à Casablanca, d’une capacité de production de 20MW. Asola sera majoritaire dans cette filiale.

    Le 16 Octobre 2008.

  • Le japonais Mitsui rentre dans les mines d’uranium du sud de l’Australie

    Le japonais Mitsui rentre dans les mines d’uranium du sud de l’Australie

    Uraniumhoneymoon1                             Uranium Ore, Société cotée à Toronto et à Johannesburg, extrait annuellement dans les 900 tonnes d’oxyde d’uranium de ses diverses mines dans le monde. Elle vient de faire rentrer le japonais Mitsui dans le développement et l’exploitation de ses ressources du sud de l’Australie, situées au nord du port d’Adélaïde (FIG.). Cette association, 51% Uranium Ore et 49% Mitsui , va tout d’abord mettre en production à l’horizon 2009 ou 2010 la mine de Honeymoon qui fait partie de la transaction. Cette mine devrait permettre de produire 400 tonnes d’oxyde d’uranium par an, pendant six ans.

                          Une telle démarche de la part de Mitsui, vient en appui au développement de l’industrie électronucléaire en Asie qui doit à la signature du contrat garantir les ressources en combustibles. Rappelons que les ressources en combustibles nucléaires font appel à une alchimie très complexe dans laquelle interviennent outre les extractions annuelles d’Uranium naturel et les capacités d’enrichissement, les stocks existants d’uranium enrichi ou très enrichi, les stocks de plutonium et les productions des usines de retraitement des produits de réaction. Outre les mines, les performances des usines de retraitement de combustibles ont une grande importance dans la logistique et la capacité d’approvisionnement.

    Le 16 Octobre 2008.

  • Sanyo veut accentuer sa présence sur le marché photovoltaïque américain

    Sanyo veut accentuer sa présence sur le marché photovoltaïque américain

    Sanyo                        En réaction à la nouvelle législation américaine, favorable au développement des énergies solaires, Sanyo Electric a annoncé son plan d’accroissement des capacités de production de modules solaires de son usine de Monterrey au Mexique. Sa production devrait passer de 20MW aujourd’hui à 50 MW en 2009. Les produits qui utilisent des wafers de 4 inches (104 mm) devraient également être convertis en wafers de 5 inches (125mm) ce qui apporte une réduction des coûts d’assemblage des modules. Sanyo aborde le marché américain avec son produit de très haut de gamme de technologie hybride HIT qui met en oeuvre du Silicium monocristallin couplé avec un revêtement de quelques microns de Silicium amorphe. Avec des rendements de conversion de 22% ces produits génèrent le double de puissance au m2 que les produits standards polycristallins ou en couches minces. Ces produits sont donc destinés à des applications où, par manque de surface disponible,  la densité de courant est le paramètre clé (immeubles dans les centres urbains, maisons individuelles, surfaces commerciales).

                            Sanyo avec des capacités de production de 260MW aujourd’hui, qu’il devrait porter à 600 MW en 2011, se focalise sur ce créneau haut de gamme du photovoltaïque. Sanyo pourrait, d’autre part, engager un développement de masse de cellules photovoltaïques en couches minces, mais ce serait en association avec Nippon Oil avec lequel il est en discussions.

    Le 16 Octobre 2008.

  • Grenelle et rénovation de l’habitat.

    Grenelle et rénovation de l’habitat.

    Images_3 L’assemblée nationale se penche sur la rénovation de l’habitat existant.
    De 2013 à 2020, 400 000 logements devraient être rénovés chaque année, pour arriver à une réduction de 38 % de la consommation énergétique.  L’état, lui, se devra d’aller un peu plus vite. Mais, là aussi, rien de révolutionnaire, au sens Braudélien du terme, une inflexion après une évolution trop longtemps retardée, pour cause de vacances libérales. Là aussi, la généralisation du progrès technique fera qu’une évolution qui aurait pu être "douce", risque d’être beaucoup plus brutale, parce que reportée. En ce qui concerne les moyens financiers, il n’y a, à mon avis, aucune inquiétude à avoir, la petite plaisanterie économique qui se pointe à l’horizon relativisera tout à fait, les "impératifs" de gestion budgétaire et le désir et la nécessité de relance devraient se retrouver dans le secteur du bâtiment.

    Autre paramètre, et non des moindres, l’existence et la force du lobby du bâtiment. Celui-ci à fait sien les objectifs du Grenelle, on peut donc être tranquille pour sa réalisation. Il y a là, pour lui, deux générations de travail.
    A l’heure où la construction ralentie, il va donc mettre les bouchées doubles, il met les bouchées doubles pour y arriver.
    Quand l’intérêt général et national rencontre l’intérêt d’un lobby, on peut être tranquille, les deux seront bien protégés.

    Le problème du Grenelle de l’environnement est un problème politique, avant tout. Il n’y avait pas, jusqu’à présent, de synergies anti-consommation d’énergie qui s’étaient crées. Grâce à une politique de gribouille gouvernementale, dans la "libéralisation" (lire forte augmentation) des marchés énergétiques, cette synergie émerge, et va, à terme, fragiliser les compagnies privatisées… Jusqu’à leur nationalisation…

    Mercredi 15 octobre 2008