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  • Le nucléaire japonais n’émerge pas des conséquences du séisme de l’été 2007

    Le nucléaire japonais n’émerge pas des conséquences du séisme de l’été 2007

                                    Les exploitants de réacteurs nucléaires japonais informent qu’en ce début octobre 22 réacteurs nucléaires sur 55 sont à l’arrêt (40%). Ils représentent une puissance électrique perdue de plus de 21400 MW. C’est bien sûr Tokyo Electric Power qui présente le bilan le plus dégradé avec 8 réacteurs sur 17 arrêtés, dont la totalité des 7 réacteurs de l’usine de Kashiwazaki-Kariwa, hors service depuis le tremblement de terre de l’été 2007. Les réacteurs à l’arrêt de cette seule Société représentent 9300 MW de puissance manquante.  Kansai Electric Power présente également 4 réacteurs arrêtés dont deux sur le site de Ohi. Rien n’est dit sur une reprise éventuelle de tous ces réacteurs.Japonnucleaire_2

                    Ces arrêts occasionnent une forte consommation de gaz naturel liquéfié et de pétrole par le Japon pour compenser la puissance électrique manquante.

    Le 3 Octobre 2008.

  • Dévoreuses de capitaux, les énergies renouvelables vont-elles aborder une mauvaise passe?

    Dévoreuses de capitaux, les énergies renouvelables vont-elles aborder une mauvaise passe?

                         L‘industrie des énergies renouvelables, par besoins de capitaux, est un formidable gouffre à liquidités. Que ce soit dans l’énergie solaire avec ses formidables investissements en capacités de production de cellules solaires, que ce soit dans l’énergie éolienne avec des prix d’équipements tirés vers le haut en raison de formidables goulets d’étranglement dans les outils de réalisation, les financiers internationaux se posent des questions sur la viabilité de certains projets. On a vu hier en Bourse Vestas perdre 10%, Suntech plonger de 16%, Q-Cells perdre 9% pour ne citer que les plus gros acteurs. Ces activités pâtissent à la fois d’un business model qui repose sur la disponibilité de capitaux et également sur des niveaux de prix des équipements rendus insupportables par une demande artificiellement soutenue par les subventions étatiques. Photovoltaicprices20082016

                            Une des clés passe par la réduction des coûts des investissements, permettant d’accompagner une croissance importante en volumes des équipements. Par exemple aux Etats-Unis les objectifs demandés par les financiers, pour assurer une croissance en volume de la filière photovoltaïque de plus 40% par an, sont de faire décroître le prix du Watt installé de 3,75$ en 2008 à 1,5$ en 2012. Bien sûr cette décroissance viendrait à la fois d’une réduction des marges excessives résultant du passage de la pénurie à un excès d’offre (FIG. barres rouges) mais aussi de gains de productivités importants par l’introduction des technologies en couches minces. On le voit, l’extrapolation d’un tel scénario pourrait conduire à un prix du Watt photovoltaïque vers les 1 dollar en 2016, date d’expiration des aides à l’investissement de la nouvelle loi en cours de discussion à la Chambre des Représentants américains.

                               Ce seuil d’un dollar le Watt aux USA ou d’un Euro le Watt en Europe est très important. Il correspond en effet au pay-back en 10 mille heures d’un investissement pour un prix de vente du MWh d’énergie électrique de 100$ ou de 100 euros. Dix mille heures d’ensoleillement correspondent à 5 ans d’utilisation en Arabie et à 10 ans en Europe du Nord.

    Le 3 Octobre 2008

  • Le cours de l’action TOTAL ramené à celui d’une Société pétrolière régionale

    Le cours de l’action TOTAL ramené à celui d’une Société pétrolière régionale

                   Par des temps où la disponibilité de Cash est argument de pérennité pour une entreprise, où les cours du pétrole supérieurs à 90$/baril assurent une formidable rentabilité aux investissements pétroliers et où des mécanismes de cartels, tels que celui de l’OPEP, empêcheront toute éventuelle baisse excessive des cours, on pourrait assurer que notre "champion national" du pétrole, Total, est une valeur refuge en ces périodes troublées. Or, il n’en est rien. Son cours en dollars à Wall Street n’arrête pas de se dégrader et à perdre du terrain par rapport au benchmark de la profession qu’est Exxon Mobil (FIG.). Le cours de l’action TOTAL se comporte comme celui d’une Société régionale de taille moyenne, sorte de Mid-Cap mal aimée du pétrole.Courstotxom200810

                        A parité avec l’action EXXON durant l’été 2006, l’action TOTAL vaut 21 dollars de moins un peu plus de deux ans après. Elles font pourtant le même métier, avec des organisations industrielles et des méthodes comparables. Quelles explications peut-on alors trouver à cette désaffection des investisseurs pour notre "champion national"?

    1. les arbitrages lui sont défavorables: un investisseur sur le secteur des pétrolières  va privilégier la taille de l’entreprise (Exxon, RDSA, BP), le dynamisme du marché sur lequel l’entreprise est cotée (Wall Street ou Londres) et va donc éviter Total, ENI (Milan) ou Repsol (Madrid).
    2. la stratégie industrielle n’est pas claire: les dépenses dans les sables bitumineux n’assurent aucune vision d’issue favorable à court terme. Plus généralement, la présence en Amérique du Nord de Total est insignifiante et maladroite par méconnaissance des ressources (ex. les gaz bitumineux locaux qui vont rendre les importations de GNL marginales ou nulles). Le Président, C. de Margerie, parle de nucléaire mais n’a aucune idée de ce qu’il pourrait bien y faire.
    3. la stratégie financière, l’inexistence de recherche d’économies de structures, la vente au plus mauvais moment des actions Sanofi, les menaces de nouvelles taxes gouvernementales, les amendes européennes pour accords illicites, etc. créent un climat délétère autour de la Société.

                         Cette entreprise a de toute évidence besoin d’une stratégie plus claire, d’objectifs opérationnels plus percutants. Par la recherche d’alliances elle a besoin de faire sauter le cadre boursier trop étroit dans lequel elle évolue. Il n’est pas sûr que le management en place en soit pleinement conscient.

    Le 3 Octobre 2008.

  • La guerre sur deux fronts.

    La guerre sur deux fronts.

    Bagration La guerre en Afghanistan et en Irak approchent de leur terme.
    Il n’y a plus de réserves US, et la guerre sur deux fronts épuise les ressources.
    Pour le site AntiWar.com, la situation est celle de l’Allemagne de 1944, avec une guerre sur deux fronts, plus de renforts, à cause de la crise des effectifs et des ennemis qui se renforcent constamment.
    La tranquillité actuelle en Irak est trompeuse, elle est précaire et ne repose que sur une situation temporaire de "partage de pouvoir", et peut difficilement perdurer.
    Les quelques milliers d’hommes que Gates voulait retirer d’Irak risquent de ne plus être disponible.

    A cela s’ajoute l’usure du matériel, des hommes, du moral.
    L’idéal pour une défaite militaire complète.
    Le pouvoir américain a fait une guerre "pour voir", situation du joueur de poker.
    Il a méprisé une approche plus napoléonienne, pour qui la bataille n’était que le résultat de la campagne, et Napoléon aimait dire qu’il gagnait celle-ci sur les ampoules de ses soldats.
    Dans la campagne qui conduisit à Ulm et à Austerlitz, ses soldats marchèrent à la même vitesse que les panzers de Guderian, 140 ans plus tard, pendant la campagne de France.
    Mais les deux, les pieds et les panzers, trouvèrent leurs limites. C’est la Russie.
    C’est marrant, le prisme avec lequel on voit cette puissance.
    On dit, à toutes les époques, que là-bas c’est le merdier, et qu’on y parie pas un kopeck dessus.

    Pourtant le pays existe depuis 6 siècles. Les armées sont battues, pour la raison transport, étirement des lignes de communications et fonte des effectifs, de par la taille de la conquête et pour la logistique.
    Il n’y a aucune raison pour que l’Irak et l’Afghanistan soit différents.
    La situation d’ailleurs, de l’Allemagne était bien meilleure en 1944. Malgré toutes ses difficultés, elle bénéficiait de l’avantage transport en étant au centre de la toile, elle pu se rétablir un temps pendant l’hiver pendant que ses ennemis, aux voies de communications distendues soufflaient.
    Pour les forces engageaient en Irak et Afghanistan, ce sera beaucoup plus compliqué de se retirer.

    Jeudi 2 octobre 2008.

  • Europe: les indices des prix industriels du mois d’Août sont toujours tirés par les prix de l’énergie

    Europe: les indices des prix industriels du mois d’Août sont toujours tirés par les prix de l’énergie

                     Les indices des prix industriels des grands pays européens ont flambé au mois d’Août, nous dit Eurostat. C’est la Grande-Bretagne qui décroche le pompon avec plus de 18% en un an (FIG.), c’est la France la plus sage avec +7%. La faute à la flambée des prix énergétiques qui se poursuivent au gré des révisions de tarifs du gaz et de l’électricité dans les divers pays européens.Prixindustrie200808

  • Miser sur la Russie.

    Miser sur la Russie.

    Pour l’économiste et historien Jacques Sapir, la crise économique actuelle devrait très peu toucher la Russie.
    Images_2 Sa marginalisation (très relative), sa spécialisation internationale, ses disponibilités financières et ses ressources naturelles réanime les caractéristiques qui avaient fait que Staline avait pu décrété "le socialisme dans un seul pays".
    " es efforts importants restent à accomplir, mais ceci était vrai avant que la tempête de la crise ne se déchaîne et ne lui est nullement lié ".
    Les problèmes russes sont des problèmes de géopolitique lié à l’espace -colossal- et à une économie terrestre et non pas maritime, qui nécessitent de gros travaux d’infrastructures, ainsi qu’à une médiocre efficacité productive, pour laquelle la Russie est en situation de demandeuse vis-à-vis de l’Union européenne.

    Le principal problème de la Russie sera le chaos qui pourrait se généraliser et sa participation à l’élaboration d’un monde redéfini est indispensable.
    La raison principale est que désormais, elle est devenue, par un curieux et inattendu retour de l’histoire, un pôle de stabilité.
    L’histoire n’est jamais finie, et on peut savourer désormais la phrase de Gorbatchev : "Avec un pétrole à 80 $, jamais l’URSS ne se serait effondrée".
    Certains attribuerons la réussite russe au pétrole et au gaz, c’est grandement vrai, mais c’est incontournable.
    Des gisements y existent, et l’on y peut rien. D’ailleurs des gisements existaient en Grande-Bretagne aussi.
    Le basculement du centre de gravité européen de l’axe atlantique sur l’axe continental n’est qu’une question de temps. Il devrait être rapide. On ne peut rien contre la géographie.

    Jeudi 2 octobre 2008

  • Etats-Unis: effondrement des ventes de voitures au mois de Septembre

    Etats-Unis: effondrement des ventes de voitures au mois de Septembre

                              La crise financière, la chute de la Bourse, le rétrécissement du crédit vont-ils achever l’industrie automobile américaine? Les volumes de ventes du mois de Septembre, en retrait de 23% par rapport à il y a un an, à 962500 véhicules vendus, incitent à répondre par l’affirmative à cette question iconoclaste.Ventesvehiculesusa200809_2

                        Durant ce mois (FIG., barres vertes) non seulement les constructeurs américains comme Ford ou Chrysler, le plus fragile, ont continué à s’enfoncer avec des scores de -31% et -30%, mais on assiste également à un formidable gadin de Nissan (-34%) ou de Toyota (-30%). Tous les constructeurs sont en retrait sur le mois.

                      En cumulé (barres rouges) depuis le premier Janvier le marché américain est en retrait de –12,8%, seul Daimler affiche des chiffres de ventes en progression et Chrysler affiche la plus mauvaise performance avec un recul de 25%. Seul GM voit ses ventes du mois moins dégradées que ses ventes cumulées.

                     Tous ces résultats augurent d’un bien mauvais quatrième trimestre en perspective pour un des secteurs clés de l’économie américaine. La chute des ventes de véhicules au Japon de 5,3% pour le mois de Septembre, ressemble à une performance par rapport à ces lamentables résultats américains.

                     Ces chiffres permettent d’anticiper une poursuite du recul des ventes de carburants dans les mois à venir car ce ne sont plus les trajets qui seront réduits mais c’est aussi la taille du parc automobile américain qui va être en retrait, avec moins d’un million de véhicules vendus par mois.

    Le 2 Octobre 2008.

  • Toray veut introduire les matériaux composites à base de fibres de carbone dans l’automobile de demain

    Toray veut introduire les matériaux composites à base de fibres de carbone dans l’automobile de demain

    Toray                     Le gain de masse pour les véhicules est un enjeu majeur pour maîtriser leur consommation en carburants et pour accroître l’autonomie, paramètre clé du succès, des futurs véhicules électriques (LIRE). TORAY le premier fabricant mondial de fibres de carbones et grand spécialiste des matériaux composites vient d’ouvrir un centre de R&D à Nagoya où seront traités tous les projets de développements relatifs à l’introduction de matériaux en fibres de Carbone dans le secteur automobile. Ses interlocuteurs seront Toyota, Honda, Nissan et autres fabricants japonais. Pour Toray c’est un objectif stratégique que d’ouvrir ce marché aux technologies jusqu’à présent réservées à l’aéronautique ou aux voitures de course. Le patron de cette Société espère atteindre un chiffre d’affaire de 35 millions de dollars dès 2015 dans ce secteur. Les points clés de la réussite sont la réduction de coût des matériaux de base et la rapidité de réalisation d’une pièce, sur un équipement industriel adapté aux cadences de l’automobile.

    Le 2 Octobre 2008.

  • L’avenir des industries japonaises du photovoltaïque repose sur la maîtrise de technologies industrielles innovantes.

    L’avenir des industries japonaises du photovoltaïque repose sur la maîtrise de technologies industrielles innovantes.

    Sharpsolar1                        Sharp vient d’annoncer que sa nouvelle usine de cellules photovoltaïques en couches minces Silicium amorphe de Katsuragi, Nara préfecture, venait de démarrer. Sa capacité de production va atteindre 160 MW, pour un investissement de 200 millions de dollars. Les produits qui vont sortir de cette usine seront destinés aux larges projets solaires européens. De plus Sharp confirme son intention de lancer la réalisation d’une usine de même type en Europe (Italie) avant le printemps 2011. Son objectif global est toujours d’atteindre une capacité de production, toutes technologies confondues, de 1000 MW en 2010 puis d’atteindre 6 GW dans le courant de la décennie suivante.

                       Avec l’aide du gouvernement japonais qui va reprendre ses aides fiscales au photovoltaïque domestique pour l’exercice 2009, Sharp a bien l’intention de retrouver sa place de N° 1 mondial. C’est pour cela qu’il faut s’attendre à une future lutte fratricide sur les prix, dans une course aux parts de marché mondial, entre les grands industriels japonais, chinois, américains et allemands. La clé du succès sera la maîtrise des technologies comportant de larges réserves de gain de productivité. Il se pourrait que les technologies en couches minces, faisant appel à des procédés de production en continu mieux adaptés aux productions de masse, sortent victorieuses de cette confrontation. La démarche industrielle de Sharp va dans ce sens.

                        De plus, on vient également d’apprendre que Sanyo Electric, un des bons acteurs du photovoltaïque japonais, était entré en discussions avec Nippon Oil Corp. pour constituer un Joint Venture dans les technologies photovoltaïques en couches minces.

                        L’industrie japonaise du photovoltaïque se prépare à affronter le rouleau compresseur  chinois, la maîtrise de procédés industriels innovants sera la clé de la réussite.

    Le 2 Octobre 2008.

  • Pour revenir sur la fin des flux tendus…

    Pour revenir sur la fin des flux tendus…

    Images_3 La situation actuelle mérite d’être contée, car elle est significative.
    Le bâtiment est entré en récession, et on aurait pu croire que la baisse de pression des besoins aurait entrainé la fin des ruptures chroniques d’approvisionnements, dont c’était, pratiquement, la marque de fabrique.
    Et bien pas du tout.
    Accélérant la récession, les industriels du secteur ont plus vite encore suspendu les productions, tout en continuant à utiliser le flux tendu.
    Comme on continue à produire sur commande, et qu’il faut un certain volume de commandes pour produire, les ruptures sont devenues systématiques, et on essaie de les contrecarrer à grand coups de livraisons d’urgence.
    Pour résumer en un mot, on en arrive à brasser du vent, mais de plus en plus vite.

    Les kilomètres parcourus s’allongent, mais, au dire des professionnels, rien n’est sain.
    Cela repose sur les défauts de l’appareil productif et de distribution, et surtout, la question qui se pose est cruciale : combien de temps le secteur va t’il pouvoir tenir, en distribuant des bouts de chandelles, pour un prix de plus en plus réduit, à un cout de plus en plus élevé.

    Là aussi, le cout de l’énergie, bien qu’en légère détente, aura été crucial. Transporter des quantités de plus en plus infimes, de plus en plus vite et de plus en plus loin, n’a guère de sens économique.
    D’autant que le fabricant, lui-même ne voit pas son intérêt. Ce qui n’est pas produit n’est pas vendu, encore moins encaissé.
    Etre un contrariant dans l’affaire, disposer d’un peu de stocks permettrait d’empocher de coquettes sommes : l’urgent est toujours plus cher.
    Mais dans cette affaire, l’idéologie très mal comprise remplace le réalisme, l’efficacité, le sens du commerce.

    mercredi 1°octobre 2008