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  • En perte de popularité dans les sondages, Mme Royal préconise de confisquer 80% des revenus de Total

    En perte de popularité dans les sondages, Mme Royal préconise de confisquer 80% des revenus de Total

    12                                                               Hier à Bordeaux, Mme Royal, ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle, a accusé le gouvernement français de ne rien faire devant la flambée des cours pétroliers. Ayant fait de longues études économiques à l’ENA, elle a préconisé de confisquer 80% des revenus de la Société pétrolière Total, pour investir ces sommes dans les énergies renouvelables.

                           Ces propos, qui auraient pu être tenus par un Hugo Chavez en pleine forme lors un meeting à Caracas, rendent perplexes sur le sérieux et l’approche démagogique des propos de certains personnels politiques de notre pays, face à des sondages d’opinions qui leurs sont défavorables. De telles propositions doivent être perçues à l’étranger avec beaucoup de scepticisme sur l’aptitude des femmes et des hommes politiques français à comprendre un jour les mécanismes économiques. Nous comptons sur Dominique Strauss-Kahn pour expliquer au monde que sa collègue en politique, n’est pas sortie dans le peloton de tête de sa promotion.

    Le 8 Juin 2008

  • Un sondage Ipsos confirme le traumatisme des Américains face à la hausse des prix des carburants

    Un sondage Ipsos confirme le traumatisme des Américains face à la hausse des prix des carburants

    Ipsos                          Un sondage Ipsos réalisé aux USA entre le 30 Mai et le 2 Juin sur 1000 personnes adultes portant sur les changements de comportements des américains en réaction aux accroissements de prix des carburants confirme l’essentiel des sondages précédents.

    • 67% des personnes interrogées affirment avoir modifié leurs habitudes de conduite,
    • 9% assurent qu’ils ne changeront rien à leur mode de vie quel que soit les prix des carburants,
    • 26% affirment avoir réduit leurs déplacements pour les loisirs et
    • 21% vont réduire leurs déplacements pour faire les courses,
    • mais 3% seulement affirment que la première chose à faire est d’acheter une voiture hybride.

                             Ce dernier résultat est en contradiction avec un sondage Gallup précédent qui affirmait que 82% des personnes interrogées étudieront la possibilité d’acheter un véhicule hybride lors de leur prochain renouvellement de voiture. Mais les deux sondages montrent la réactivité des Américains.

    Lire également: Neuf américains sur dix affirment avoir modifié leur mode de vie …

    Le 8 Juin 2008.

  • Bonus-Malus

    Bonus-Malus

    Images_2 le bonus-malus énergétique va faire tâche d’huile, ce n’est pas, à proprement parler une décision révolutionnaire.
    En effet, la Californie a usé et abusé abondamment de cette technique.
    Seront concernés dans un premier temps " les réfrigérateurs, les congélateurs et les ampoules " et ensuite "  pneus de voitures, frigos, congélateurs, ampoules et écrans plats " ? On peut noter que les ampoules sont mentionnées deux fois.
    En ce qui concerne justement, celle-ci, on peut noter la pussilanimité du gouvernement.
    En effet, la mesure radicale (qui ne couterait pas un rond), resterait l’interdiction des ampoules à incandescence.
    Mais, la paralysie, le conformisme et l’effet moutonnier qui caractérisent la construction européenne, bloque ce genre de mesures simples.  (appliqué au plan mondial, c’était la moitié du protocole de Kyoto réalisé). 

    Les écrans plats, énergivores devraient souffrir.
    Bien entendu, sur cette gamme de produit, c’est surtout la consommation électrique qui est en ligne de mire.
    Le succès des bonus-malus en matière automobile a prouvé l’attente du consommateur final pour un produit le moins coûteux possible et finalement un certain mépris pour les comportements m’as-tu-vu et tape-à-l’oeil.
    Le besoin réel du consommateur, sera, sans doute, beaucoup mieux pris en compte.
    Personne n’est indifférent aux factures qui tombent, et tout le monde espère les voir, les plus réduites possibles.
    Mais, là encore, ces mesures sont de la peccadille. Le mouvement doit être massif, et c’est l’investissement en matières de bâtiments qui prime et qui apportera les vrais (ET GROSSES) économies.

  • AIE : la révolution énergétique ne peut plus attendre

    AIE : la révolution énergétique ne peut plus attendre

    Images Pour Nabuo Tanaka, la révolution énergétique ne peut plus attendre. La gourmandise effrénée, le décrochage des ressources, les gaz à effet de serre rendent une inflexion obligatoire.
    45 000 milliards de $ devront être investi d’ici 2050.
    Malgré l’énormité du montant, l’investissement est finalement, modeste.
    CELA REPRESENTE EN EFFET 1.1 % DU PIB.
    Autant dire, des nèfles.
    Bien sûr, la spéculation actuelle fait flamber hors de toute raison les cours des ressources.

    Mais, la tendance sous-jacente, c’est à dire la déplétion, les agro-carburants, la montée des besoins entraineront un mouvement long d’augmentation des prix, mouvement, à long terme, irrépressible.
    Le pic-oil, est à mon avis, déjà atteint.
    L’importance des ressources restantes étant, certes importantes, mais difficile d’extraction, d’accès et politiquement, de plus en plus disputées et de plus en plus protégées par des pays expulsant les compagnies prédatrices occidentales.
    Le "temps long" et le "temps court" cher à Fernand Braudel et à ses études sur les sociétés divergent.
    L’augmentation phénomènale des cours énergétique à court terme n’est, ni plus ni moins que l’agonie de l’économie de marché, son apothéose, en même temps que sa mort. Le temps long, lui, voit un épuisement certes progressif, certes sujet à reculs temporaires, mais inéluctable.
    On possède la solution, c’est de ne plus gaspiller.
    Inutile de culpabiliser le citoyen, c’était une politique économique voulue, sur laquelle, il n’avait pas de prise.

  • La spéculation sur les indices et les propos avisés participent à la formidable bulle des cours du pétrole

    La spéculation sur les indices et les propos avisés participent à la formidable bulle des cours du pétrole

                          Le phénomène de l’envolée des cours du pétrole est bien expliqué par les placements financiers sur les "futures" basés sur les indices des cours des matières premières et le l’énergie ("commodities"). A ce titre, il est très instructif de lire la déposition d’un ancien manager de fond alternatif, Michael W. Masters, devant la commission du Sénat américain en charge de la compréhension et de la prévention de ces phénomènes spéculatifs. Masters explique comment une multitude d’acteurs joue sur les indices des commodities selon un processus qui entraîne à la fois un formidable accroissement, des prix de ces produits (courbe noire) et des quantités de dollars investies sur divers indices (barres bleues, rouges et vertes) qui sont passées de 13 milliards de dollars à la fin de 2003 à 160 milliards en Mars 2008 (FIG.)Commodityindex

                           Il explique comment l’appréciation de ces papiers attire de nouveaux spéculateurs qui ont tendance à augmenter leur mise et font croître ainsi les volumes investis (FIG.II) les ronds rouges représentant les volumes investis par les spéculateurs sur les "futures" de ces indices, la partie verte les volumes des spéculateurs traditionnels et la partie bleue représentant les couvertures commerciales. 

                          C’est, à l’inverse d’une réaction normale d’un spéculateur traditionnel qui prendrait ses bénéfices, un phénomène cumulatif: les spéculateurs sur indices ne vendent jamais, ils font évoluer (roll) leur position en jouant sur les différences (spread) dans le temps. Commodityfutures

                    C’est la valeur de ces papiers sur les commodities qui déterminent les cours des matières premières et de l’énergie. Les lois du marché de l’offre et de la demande sont complètement biaisées par cette demande fictive qui atteint des volumes disproportionnés par rapport au marché réel. Pour le pétrole Masters estime que ce phénomène durant les cinq dernières années, équivaut au volume d’accroissement de la demande chinoise. Pour le maïs le marché des indices a acheté en 5 ans 2 milliards de boisseaux, etc.

                          La question qui doit être posée, maintenant que ces phénomènes spéculatifs sont clairement analysés et compris, est la suivante: alors que tout le monde sait que le Marché est en plein délire pourquoi le phénomène perdure-t-il? Il faut pour cela aller faire un tour dans les sciences sociales et analyser les phénomènes de réflexivité. La hausse des cours renforce les opinions des acteurs économiques les plus écoutés qui par leurs déclarations, par leurs "certitudes", viennent à leur tour fortifier la spéculation.

                          Je voudrais ici identifier certains de ces acteurs les plus écoutés et montrer que leurs convictions sont elles mêmes confortées par la spéculation et que leurs déclarations stimulent les spéculateurs…. dialectique infernale!

    1-J-C Trichet et la BCE qui identifient ce mouvement spéculatif comme un phénomène inflationniste traditionnel et qui donc apportent un traitement traditionnel, en menaçant d’augmenter les taux, ce qui enflamme immédiatement le marché des futures et donc les cours du pétrole. Même le placide Zapatero a appelé Trichet à un peu plus de retenue et de prudence. Cet exemple illustre magistralement le phénomène et restera dans l’histoire des mécanismes économiques sous le nom "d’effet Trichet", on passe à la postérité comme on peut!

    2-Les multiples adeptes du Peak-oil qui voient dans cette envolée des cours du pétrole la réalisation de leurs prédictions géologiques, alors que tout le monde sait que les futures mises en production de nouveau champs dans les 5 ans à venir et le développement des biocarburants couvriront les déplétions et les éventuelles consommations supplémentaires.

    3-Les écologistes anti-biocarburants qui affirment que c’est le détournement au profit de l’éthanol de la culture du maïs aux USA qui explique la montée des cours des produits alimentaires. Ils n’ont rien compris au match. Par contre leurs propos confortent les spéculateurs qui achètent les futures indexées sur les cours du maïs.

    4-Christophe de Margerie, le patron de Total, très écouté dans le monde pétrolier en raison de son franc-parler, qui assène ses nouvelles certitudes sur les volumes de production mondiale et les prix planchers du pétrole.

    5-Les Morgan Stanley, les Goldman Sachs et autres prévisionnistes qui annoncent des 150$/baril puis des 200$/baril. Mais on peut les soupçonner d’animer un marché qui vient prendre, fort à propos, la place des titrisations pourries qui leur avait tant rapporté.

                   Je voudrais enfin attirer l’attention sur la constante et inébranlable position de l’OPEP qui affirme depuis des mois que l’accroissement des prix du pétrole n’a rien à voir avec le Marché réel. Il est finalement possible que cette assertion de ce consortium sur le rôle de la spéculation financière, ne soit pas totalement dénuée de fond. En tous les cas, Masters est très clair sur ce point: ce ne sont pas des productions supplémentaires de l’OPEP qui feront baisser les cours.

    Lire également:

    L’effet Trichet

    Les contrats échangés sur le Nymex

    Croissance de la production de pétrole jusqu’à 2012

    Le témoignage de Masters devant la Commission Sénatoriale (en anglais, mais très instructif)

    Le 8 Juin 2008

  • Le grand filtrage.

    Le grand filtrage.

    Ou la chasse aux sorcières ?
    Images_5 On veut donc filtrer internet ? Dans quel but et quoi ?
    J’avais, sur un autre blog, parlé du rôle des samizdat dans l’ex-Urss.
    Ce rôle est souvent repris par les blogs.
    Celui-ci ou un autre, peut importe.
    Mais, si, après la presse écrite, les télévisions rentrent dans les difficultés économiques, c’est qu’ils se comportent comme ce qu’ils sont : des "Main street medias" : des médias du monde officiel pour qui la vérité importe peu, et qui en conséquence, perdent d’abord leurs lecteurs d’abord et leurs annonceurs ensuite (car sans lecteurs, il n’y a pas de pub).

    Le rôle, finalement, des blogs, est de faire le métier que ne font plus les médias officiels : parler sans langue de bois, sans doute en commettant des erreurs, mais celles-ci sont humaine.
    Il ne faut pas commettre, simplement la plus grosse : celle de ne répercuter qu’une information officielle, sans analyse et sans critique. 
    En réalité, comment peut on être aussi aveugle ?
    Croire qu’en voulant mettre un baillon, on arrêtera quoi que ce soit ?
    A l’heure actuelle, le média officiel inspire rarement confiance et son crédit diminue de jour en jour.
    Le clivage générationnel y existe fortement, les personnes âgées étant plus enclines à les croire, et d’ailleurs, il est souvent leur seul moyen d’information.
    En attendant, continuons. A trop vouloir contrôler, on ne contrôle rien du tout.
    Les caméras de surveillance ne servent à rien car il n’y a pas assez de personnes pour les visionner.
    Les écoutes massives, tels que pratiquées aux USA ne servent pas mieux, pour la même raison, il n’y a pas assez de monde pour tout écouter, analyser, interpréter.
    Et même mieux : ou ce ne sera pas appliqué, ou on créera une bureaucratie qui étouffera encore plus le système…

    Le 7 juin 2008.  Image : proposition d’emblème pour cette loi…

  • C’est lassant !!!!!!!!!

    C’est lassant !!!!!!!!!

    Images_4 Les mêmes font et refont éternellement les mêmes bêtises, et, de plus semble en tirer gloire.
    EDF avait massivement investi au Brésil, en Argentine et au Mexique.
    C’était, parait il des marchés d’avenir.
    "Le Brésil est un pays d’avenir. Ce sera d’ailleurs, toujours un pays d’avenir". Georges Clemenceau 1870.
    Logiquement, EDF a ramassé une gamelle dans ces trois pays.
    C’était prévisible et dans l’ordre normal des choses.
    Edf cherche (et arrivera) à ramasser une autre gamelle en Grande-Bretagne.
    C’est tout autant prévisible et dans l’ordre des choses.

    Cette fois-ci, EDF a l’intention de flamber 14.4 milliards d’euros, ce, jusqu’au dernier kopeck.
    Cela devient lassant de la manière dont ils sont prévisibles.
    Bien entendu, les 14 milliards d’euros eussent été dix fois plus profitable au pays en l’investissant dans la restauration des barrages et les économies d’énergies.
    On préfère ici, faire de l’assistance à un pays sous développé.

    On se chante une chanson ? Alouette, gentille Edf, alouette, je te plumerais…
    et on finira avec "Aîe, mes chicots, mes chicooots, mes chicoooots", comme après l’aventure mexicaine…

  • Echec total pour le sommet FAO.

    Echec total pour le sommet FAO.

    Images_3 "l’intérêt privé s’est imposé, au lieu de l’intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d’aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre  ".
    Jean Ziegler au sommet de la FAO.
    Pour lui, la chose est entendue. Les USA, Canada et Australie ont pratiqués la politique de la chaise vide et 80 % du commerce de la nourriture dépendent de 10 multinationales.
    Il y avait trois mesures à prendre :
    – interdiction des agro-nécro-bio-carburants,
    – retirer de la bourse et des marchés à terme, les aliments de base,
    – accorder la priorité absolue d’investissement dans l’agriculture vivrière familiale et de subsistance.

    Donc, entre ceux qui crève de faim et ceux qui jouent aux sous, la priorité a été accordé aux joueurs de monopoly.
    La suite devrait donc être classique.
    Des troubles de plus en plus violents vont se produire, que ce soit pour les carburants, la nourriture ou   vont se produirent pour un motif quelconque, ridicule et mineur.
    On a simplement sorti un peu d’argent, ce qui ne règlera rien, les prix augmentant d’autant.
    6.5 milliards, soit 1 $ par habitant.
    Les processus révolutionnaires sont longs à mettre en place, mais là, il faut reconnaitre que ceux qui s’occupent à le remonter, font preuve d’une rare compétence  :
    "la flambée actuelle des prix agricoles mondiaux, qui a déjà suscité des émeutes de la faim dans plusieurs villes d’Afrique et d’Asie, est un phénomène durable  ".
    Les hommes politiques n’auront qu’à écraser les émeutes… Tant qu’ils le peuvent… Jusqu’au jour ou une tournera mal…

  • Au « Total », les comptes sont bons.

    Au « Total », les comptes sont bons.

    Images_2 la marge de raffinage pour le gazole était de 2.5 centimes en 1998, 6 centimes en janvier 2008 et 15,7 centimes en juin 2008.
    Pour Pierre Lellouche : " En réalité, ce qu’il faudrait, c’est mettre les dirigeants de Total devant un peloton d’exécution, renationaliser et faire un grand soviet ! Arrêtons cette gué-guerre contre l’argent. C’est vrai qu’en dehors de la Corée du Nord et Cuba, tout le monde a compris ça quand même. Même les Chinois, même les Russes... "
    Sauf que, d’une manière générale, la quasi-totalité du secteur pétrolier dans le monde est renationalisé, ou en voie de renationalisation, la seule chose qui ne fonctionne pas, c’est le libéralisme économique, mais que la grosse différence se retrouve désormais dans les profits des compagnies.

    Bien entendu, ce qui échappe à Monsieur Lellouche, c’est l’état économique déplorable de la "superpuissance" et de sa colonie européenne ; que "l’économie" n’est que le reflet des intérêts de la grande puissance est sa manière de manipuler les faits pour les arranger à sa convenance.
    Que donc, cette "économie", suivra dans la tombe et aux poubelles de l’histoire, la "superpuissance".
    Ne prenons pas, non plus, pour argent comptant, l’effort d’investissements.
    Les investissements n’ont, en effet, jamais été taxé, passant dans les charges par le biais des amortissements et des frais financiers.
    On ne peut donc pas dire que bénéfices = investissements. Il est surtout intéressant d’investir quand il existe un fort taux d’imposition, car, dans ce cas là, l’investissement entraine une baisse de pression fiscale.
    En ce qui concerne le prix, on peut très bien envisager d’autres mesures, comme des prix différenciés suivant les volumes consommés. Cela est une certaine forme de rationnement.
    Mais, dans ce cas là, les riches sont plutôt pour l’égalité (de prix avec les pauvres).

    PS : Quand les choses commenceront à réellement barder, c’est M. Lellouche lui même qui ménera les dirigeants de certaines compagnies à leur lieu d’ exécution.
    Lénine ne s’est jamais dit, quand je serais au pouvoir, je ferais ci, je ferais ça, mais il a ramassé  une machinerie économique totalement effondrée et a du réagir dans l’urgence.
    Toute ressemblance avec la situation actuelle n’est pas fortuite, elle est normale.

  • Les sables bitumineux: une part croissante des ressources énergétiques de l’Alberta dans les dix ans à venir

    Les sables bitumineux: une part croissante des ressources énergétiques de l’Alberta dans les dix ans à venir

                       Les sables bitumineux de l’Alberta constituent une formidable ressource d’énergie primaire pour l’ensemble des populations nord américaines. Bien que leur exploitation pose de nombreux problèmes d’ordres techniques et écologiques, ils n’en demeurent pas moins une ressource sur laquelle la province canadienne de l’Alberta fonde de grands espoirs pour les décennies à venir. L’Energy Resources Conservation Board (ERCB) qui est une agence de la Province, en charge d’établir les règlements d’exploitation et de gestion des ressources pétrolières et gazières, vient, à ce titre, de publier une étude sur les réserves énergétiques de ce pays et d’établir une projection à l’horizon 2017 de l’exploitation de ses ressources. La zone d’exploitation des sables bitumineux qui s’étend sur 140000 km2 (1/3 du territoire français), est constituée de quatre dépôts principaux: le plus grand est celui de l’Athabasca Wabiskaw Mc-Murray (FIG.), puis vient celui du Cold Lake Clearwater, puis celui du Cold Lake Wabiskaw Mc-Murray situé entre les deux premiers et enfin celui de la Peace River Bluesky-Gething .

                       Les réserves exploitables avec les technologies existantes sont estimées à 173 milliards de barils et les réserves ultimes seraient de l’ordre de 315 milliards de barils. A ce jour, seulement 3,3% des réserves initiales ont été exploitées depuis 1967.Alberta1_2

                         En 2007 l’Alberta a produit 1,86 millions de barils/jour de pétrole et bitume en augmentation de 3% par rapport à 2006. Les bitumes et dérivés représentaient 1,32 millions de barils/jour en croissance de 5%. Les productions de bitumes ont dépassé depuis 2001, les productions de pétroles en déplétion , ils ont représenté 72% des volumes produits en 2007 soit sous forme de pétrole synthétique ou sous forme de bitumes(FIG.II).Alberta2017

    Ces deux formes de produits proviennent essentiellement des deux modes majeurs d’exploitation des sables bitumineux. La technologie minière utilisée là ou le gisement affleure à la surface du sol, fait  subir localement, une opération de séparation entre le sable et le bitume au travers d’une opération de "upgrading" qui conduit au pétrole synthétique désulfuré, très apprécié des raffineries. Les technologies d’exploitation in situ pour les gisements en profondeur conduit à extraire du bitume chaud et à le diluer avec un solvant pour l’envoyer par pipe line vers une unité de transformation plus ou moins lointaine.

                                       Les projections pour 2017 du ERCB sont basées sur l’analyse des projets existants, avec beaucoup de flou en raison des incertitudes concernant le bon déroulement de ces projets qui rencontrent des obstacles règlementaires, financiers et écologiques et qui entraînent des reports de plusieurs années dans les plannings. Avec ces données il prévoit plus qu’un doublement des productions de bitume ce qui amènerait les productions globales de l’Alberta compte tenu de la déplétion des productions classiques à 3,4 millions de barils/jour. Le bitume représenterait alors 88% du total des productions.Albertareserves

                                                   Compte tenu des productions en cours, des projets et des réserves développées largement favorables aux procédés miniers (FIG.III) l’ERCB voit une croissance soutenue de la filière selon les techniques minières (surface mining) conduisant au pétrole synthétique (FIG. IV)Alberta2_2 .

                    En conclusion: Cette étude de l’ECRB montre que l’exploitation des sables bitumineux, compte tenu des déplétions des exploitations classiques, est un enjeu économique majeur à moyen terme pour l’Alberta. Il faudra donc, pour que les projets avancent, qu’un compromis se dégage entre l’intérêt de la Province et celui des Sociétés pétrolières opérant sur ces gisements, bien que le climat de confiance entre les parties prenantes ne soit pas au beau fixe en ce moment. Les reports de StatoilHydro, les louvoiements de Total en attestent.

                          Les problèmes écologiques posés par ces exploitations mériteraient un climat plus consensuel pour être pris à bras le corps par les Sociétés pétrolières. D’autres techniques d’exploitation sont envisageables, comme le procédé HTL d’Hivanhoe Energy qui veut appliquer son procédé d’upgrading sur site et qui réduirait les émissions de CO2 de 20%. L’apport de chaleur pour extraire le bitume peut également provenir de sources non carbopolluantes comme le nucléaire ou l’éolien. Mais pour développer de véritables complexes optimisés il ne faut pas avoir peur d’un changement de règle fiscale inopportun qui vienne tout démolir, la confiance sur le long terme est un point clé.

    Lire également:

    Les reports de projets.

    Le partenaire de Total veut vendre ses parts

    Le 7 Juin 2008.