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  • Le gouvernement français va devoir attribuer au plus offrant les concessions de barrages hydroélectriques

    Le gouvernement français va devoir attribuer au plus offrant les concessions de barrages hydroélectriques

    Barrage1                       Rien n’arrête la vague libérale européenne. EDF va perdre son droit exclusif sur les concessions hydrauliques et d’exploitation des 447 centrales hydroélectriques françaises. L’Etat va devoir attribuer, sur un certain nombre de critères (améliorations énergétiques, gestion de l’eau, niveau de la redevance), les concessions d’exploitations des ressources hydroélectriques à EDF ou à ses concurrents pour chaque échéance de la concession en cours à EDF. Dans les dix ans à venir, nous indique les Echos, les concessions de 20% de la puissance hydraulique installée devront être remises sur le Marché.  La compétence d’un Suez n’est pas à remettre en cause, par contre on peut se poser la question sur l’aptitude de certains autres concurrents à gérer ce genre d’infrastructure?

                                   Sans prendre un grand risque, il est possible de pronostiquer que la montée des enchères lors des adjudications des concessions des barrages les plus convoités, va rapporter plus à l’Etat (ce qui est bien) mais que ces surcoûts pour EDF ou tout autre électricien seront inexorablement répercutés dans les tarifs d’électricité (ce qui est moins bien). Tout se passera donc comme si l’état avait accrû ses prélèvements sur l’énergie électrique, il n’est pas sûr que ce soit le meilleur choix que puisse faire la France en ces moments d’urgent besoin de conversion énergétique vers moins de pétrole ou de gaz et plus d’électricité.

    Le 22 Mai 2008

  • Essai de compréhension des variations hebdomadaires de stocks US en produits pétroliers

    Essai de compréhension des variations hebdomadaires de stocks US en produits pétroliers

                          Tous les Mercredi l’Energy Information Administration publie l’état des stocks, des ressources et des consommations hebdomadaires en produits pétroliers. Ces chiffres multiples et complexes font parfois l’objet d’interprétations sommaires et épidermiques de la part des marchés pétroliers. Hier l’EIA a annoncé une baisse des stocks de brut de 5,3 millions de barils ce qui a poussé les prix déjà débiles, encore plus haut. Cette baisse s’explique par des importations de brut plus faibles que d’habitude (64.7 millions de barils) qui ont porté avec les productions US le total des ressources de brut à 100 millions de barils (FIG.). Elle s’explique également par un meilleur fonctionnement du raffinage (88%) qui a consommé 105,6 millions de barils de brut.Stockshebdo_4

                         Mais les ressources en produits pétroliers ne s’arrêtent pas aux importations et productions de pétrole brut. Il faut y ajouter les importations de produits raffinés (24,5 millions de barils), les productions US de condensats de gaz (12,6 millions de barils) et les productions d’éthanol (3,6 millions de barils). La totalité des ressources hebdomadaires en produits pétroliers et ersatz atteint 141 millions de barils, pour une consommation totale hebdomadaire de 142 millions de barils.

                        En conclusion, malgré des importations de brut faibles durant la semaine les ressources globales ont pratiquement atteint les consommations, la variation globale de stocks hebdomadaires publiée par l’EIA de -0,4 millions de barils  à 978 millions de barils confirme ce quasi équilibre. Mais nos "experts" vont tout de même continuer de dire que les stocks US ont baissé.

    Le 22 Mai 2008

  • Total: le gisement de gaz australien d’Ichthys serait plus important que prévu

    Total: le gisement de gaz australien d’Ichthys serait plus important que prévu

    Total_2006_carte_australie1                           Le pétrolier japonais Inpex (76%) s’est allié à Total (24%) pour exploiter le gisement de gaz d’Ichthys situé au large des côtes Nord-ouest de l’Australie. Ce gros projet comporte la construction d’une usine de liquéfaction qui produira 8 millions de tonnes de GNL et 100 mille barils par jour de condensats  à partir de 2014. Inpex qui opère ce champ, vient de revoir les estimations des réserves de gaz de plus de 30% à 12800 milliards de pieds cube (362 mrds de m3) et les estimations de condensats de plus de 70% à 527 millions de barils.

                              Voila une bonne nouvelle pour les réserves des deux Groupes pétroliers.

    Le 22 Mai 2008

  • Le comique de situation.

    Le comique de situation.

    Images_3 Les Yankees ne changeront jamais.
    La chambre des représentants US vient de voter une loi pour poursuivre l’OPEP en justice pour manipulation de marché.
    Voté par 324 voix contre 84, elle verra la création d’une équipe au ministère de la justice, cela en vue d’appliquer la législation antitrust.
    Une précédente loi, votée par le sénat s’était vu apposé un véto par la présidence, pour une fois, plus éclairée que la moyenne des niaiseux représentants.

    A mon avis, la seule explication possible et raisonnable est que les sénateurs et députés trouvent leurs compatriotes trop gros et veulent les contraindre à plus d’exercice et notamment la marche à pied.
    Rappelons qu’un certain nombre de petits pays producteurs ont mis les USA sous embargo.
    En effet, sous prétexte divers, les cargaisons ou les paiements étaient saisis par la justice US, suite à la plainte d’investisseurs privés  (fonds vautours).
    Ils n’ont eu absolument aucun problème pour trouver d’autres clients payant rubis sur l’ongle.

  • Le voyage de W.

    Le voyage de W.

    Images_2 Le voyage de GW Bush au moyen-orient a été paradoxal.
    Il a révélé l’ampleur de la marginalisation US et israélienne et provoqué une montée du prix du brut, que l’Iran avait essayé de contrecarrer par une augmentation importante de production.
    Gholamhossein Nozari, ministre iranien du pétrole a déclaré : "Je pense que ce n’est pas le pétrole qui devient plus cher, mais que c’est le dollar qui devient meilleur marché  ". 
    L’augmentation du prix du pétrole et du gaz font désormais que la montée en puissance de l’Iran est irréversible.

    Même l’establishment américain commence à penser différemment :
    "L’Iran a élaboré un appareil nucléaire et enrichit l’uranium. Il est impossible de revenir en arrière. Au lieu de remettre en vigueur un ensemble de mesures incitatives que l’Iran rejette depuis longtemps ou de lancer des appels à un châtiment militaire qui n’inquiète personne dans la hiérarchie du pays, les Etats-Unis et leurs alliés européens seraient bien avisés de négocier un arrangement qui satisferait au moins quelques-unes de leurs exigences  ".
    En effet, la crise libanaise et les courts affrontements ont provoqué un autre dégonflement : Une intervention israélienne dans les combats a été arrêté au dernier moment.
    Selon le renseignement américain "Tel Aviv aurait été la cible d’ approximativement 600 missiles du Hezbollah dans les premières 24 heures, en représailles  ".
    Crédibilité et puissance militaire s’amoindrissent, le seul résultat tangible à cette visite aura été 5 $ de plus sur le prix du baril.
    Les ennemis sont confortés, les amis dépités, perplexes ou pensent à autre chose…

  • Honda joue la carte hybride pour un volume prévisionnel de 500 mille véhicules

    Honda joue la carte hybride pour un volume prévisionnel de 500 mille véhicules

    Honda                        Le patron de Honda, Takeo Fukui, vient d’annoncer lors de sa présentation de mi-année en Californie les ambitions de son Groupe concernant les futurs véhicules hybrides. En plus de la Honda Civic hybride vendue à près de 12000 exemplaires aux USA sur les quatre premiers mois 2008 (+10% par rapport à la même période 2007) et dont les ventes du mois d’Avril croissent de 26% par rapport à il y a un an, Honda va sortir début 2009 une nouvelle petite voiture hybride légère et économique dont il espère vendre 200 mille exemplaires par an, dont la moitié aux Etats-Unis. Il envisage aussi de sortir deux autres types de véhicules hybrides, dont l’un de type sportif. Ces trois nouveaux modèles avec la Civic hybride devraient atteindre au total des volumes de vente annuels proches de 500 mille exemplaires.

                                          Honda, deuxième constructeur japonais, a vendu 4 millions de véhicules dans le monde durant l’exercice fiscal 2007 japonais. Les 2/3 des véhicules ont été produits en dehors du Japon. La stratégie de Honda est de miser à fond sur le véhicule hybride, en concurrence frontale avec Toyota, contrairement à Nissan qui a choisi le créneau du véhicule tout électrique. L’avenir nous dira si le saut technologique de Nissan était le bon choix.

    Voir l’article de Honda et le détail des modèles envisagés (en anglais).

    Le 21 Mai 2008

  • USA : les émissions de CO2 en hausse attendue en 2007

    USA : les émissions de CO2 en hausse attendue en 2007

                           En 2006 les émissions de CO2 des USA avaient baissé de 1,5% et il avait été souligné ici même la fragilité de ce résultat compte tenu des circonstances climatiques et en particulier d’une fin d’année 2006 aux températures très douces. L’Energy Information Administration vient de publier une estimation flash des émissions de CO2 en 2007 qui montent une progression de 1.6% (+96 millions de tonnes) replaçant ainsi  2007 (5984 MT de CO2) au même niveau que 2005 (5974 MT de CO2). Les températures moins clémentes de 2007 ont fait grimper les consommations en énergie et donc les émissions de CO2 des secteurs résidentiel (+4,4%) et commercial (+4,3%). Les émissions du secteur industriel poursuivent leur lente et inexorable décroissance due à la mondialisation, les rejets de CO2 avec les usines sont transférés en Chine. Par contre les émissions du secteur transport, semblent se stabiliser (FIG.). Les rejets de CO2 des seules centrales électriques ont progressé de 71 MT soit +3% malgré une plus grande utilisation de gaz naturel dans le mix énergétique.Co2us1

                       Ces résultats montrent l’inefficacité de la politique énergétique américaine basée jusque là sur la production intensive de bio éthanol, ce qui, vous l’avouerez, est un peu juste pour cette grande nation. Il semble cependant se dessiner une réelle réaction aux USA en face de ce qui doit être appelé le "troisième choc pétrolier" avec la décision de relancer l’industrie électronucléaire, l’engouement d’une partie des conducteurs américains pour les voitures hybrides et son corollaire la mévente des SUV’s et autres Pickups.

                        La production de bio éthanol de deuxième génération va être un échec ou au mieux, un demi échec parce que trop complexe pour un agriculteur et trop consommatrice de matière première pour une grande industrie (insoluble problème des ressources). L’avenir repose donc sur l’électrification du parc automobile et la rénovation des centrales électriques et du réseau de transport d’électricité qui permettra d’accroître la part modeste des énergies renouvelables éoliennes puis photovoltaïques avec la réduction des coûts des panneaux solaires. L’isolation énergétique des locaux commerciaux et des habitations devrait faire l’objet d’une campagne nationale axée sur la sécurité énergétique et l’incitation fiscale.

                         Il est à noter que les solutions européennes sont du même type et qu’elles ne sont toujours pas ébauchées, le Commissaire à l’Energie s’occupe de libéralisation de la distribution du gaz et de l’électricité, problème mineur et insignifiant.

    Le 21 Mai 2008

  • ENI invente un nouveau modèle de coopération intégrée avec la République du Congo

    ENI invente un nouveau modèle de coopération intégrée avec la République du Congo

    Eni_2                      Associer à un contrat pétrolier des objectifs de développement du pays producteur par un apport de technologie, est sûrement la méthode qui va permettre de lutter contre les reflexes de repli de certains pays sur leurs réserves pétrolières ou gazières. L’accord de Total avec le Nigéria qui donne la possibilité à ce dernier d’alimenter une centrale électrique est un premier pas, le tout dernier accord de l’Italien ENI avec la République du Congo est encore plus exemplaire puisqu’il va comprendre trois volets. Un projet d’exploitation de sables bitumineux d’un gisement aux réserves estimées à 2,5 milliards de barils, avec un investissement de 3 milliards de dollars. Est également prévue, la culture de palmiers sur 70 mille hectares pour produire de l’huile de palme destinée à la consommation locale et pour l’excédent, à la transformation en bio diesel. Enfin,cet accord comprend la construction d’une centrale électrique alimentée au gaz de la région.

                                     Au lieu de se lamenter devant l’ingratitude des pays qui possèdent les réserves pétrolières ou gazières, mieux vaut trouver des accords où chacun trouve son compte. Un exemple parmi d’autres: si Total et StatoilHydro sont associés au projet Shtokman c’est parce qu’ils apportent une technologie et une maîtrise des projets que ne possède pas Gazprom.

    Lire le communiqué d’ENI (en anglais)

    Le 21 Mai 2008.

  • Energie et Habitat. IV

    Energie et Habitat. IV

    Images On a peine à imaginer ce qu’étaient les fleuves français jusqu’au XIX° siècle.
    Quand les écologistes parlent de la Loire "dernier fleuve sauvage", ils sont du plus haut comique.
    Car ces voies de communications qu’étaient les fleuves étaient exploitées à l’extrême limite, et une population nombreuse vivait au bord des fleuves.
    Nantes est un port, c’est visible dans son nom. Nau veut dire le navire.
    Un village, Retournac, porte cette même éthymologie dans son nom.
    Il fut un port d’époque romaine et jusqu’au 16°siècle. Pourtant, il n’y a guère d’eau dans la Loire à cet endroit (Haute-loire, 510 mètres d’altitude), naviguer avant la construction des grands barrages était un suicide pur et simple, au moins jusqu’à Roanne. 

    Mais la voie d’eau, était irremplaçable, elle seule pouvait pallier le manque de nourriture, dans un sens, ou expédier le surplus, dans l’autre. Toujours au prix d’immenses exploits.
    On a largement oublié aujourd’hui cet aspect de la vie de nos ancêtres.
    Ils étaient très dépendants d’une énergie rare, la population était étalée sur la totalité de la surface du pays, pour une raison triviale, la survie.
    Il y avait peu de différences de densité (40 habitants au km2).
    Toutes les grandes villes existantes de l’époque étaient des ports, côtiers ou d’intérieur : Paris, Lyon, Toulouse, Orléans…
    Dès qu’on passait à d’autres modes de transports, la douleur commençait.
    L’augmentation du prix du fret est un poing de côté dans la machine économique.
    Un autre poing de côté est la différence de densité de population.

  • Energie et habitat III

    Energie et habitat III

    Images_2 Déjà, la flambée des prix du pétrole s’annonce difficile à avaler pour les ménages.
    On va vivre une période d’économie d’énergie sans précédent.
    Particulièrement aux USA. Ils vont maudire Ronald Reagan.
    En 1980, l’Amérique profonde était engagée dans la voie de l’économie. Elle consommait 9 millions de barils/jour pour ses transports. Elle était auto-suffisante.
    Passé une période de laisser-faire, où on ne s’est pas préoccupé des consommations, on a le retour de bâton violent, l’ajustement par le prix.

    La France a déjà connu, relativement récemment une phase de ce type, et même pire, la diminution de 90 % de sa consommation d’énergie. C’était en 1940.
    Le charbon à disposition est passé de 40 millions de tonnes à 3.5 millions.
    D’où l’image de certains films, de trains rares et bondés et de la mémoire des témoins : deux jours pour faire 200 kilomètres.
    L’approvisionnement était insuffisant et désorganisé et dépendait pour beaucoup d’urbains de leur faculté à prendre leur vélo et pédaler.
    Les villes françaises ont naturellement perdue, à cette époque une partie de leur population.
    Elle n’est pas morte (quoiqu’il y ait eu des morts de faim), mais simplement a déménagé ses pénates, en totalité ou en partie.
    Beaucoup d’enfants étaient placés en campagne, pour qu’ils aient au moins de quoi manger.
    Il est en effet plus efficace de déplacer les populations près des lieux de productions dans un cas de pénurie d’énergie, que de lui amener de la nourriture.
    Vous chantiez aux jours heureux ? Et bien dansez, maintenant !