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  • Vinci va construire un terminal de regazification à Rotterdam

    Vinci va construire un terminal de regazification à Rotterdam

    Methanier              La filière complexe et "capital intensive" du gaz naturel liquéfié  (GNL) nécessite trois types d’équipements: une usine de liquéfaction avec plusieurs trains (ex.: 4 pour Qatargaz II), des méthaniers(ex.: 16 pour Qatargaz II) et un terminal de regazification. Le moindre projet nécessite d’investir 10 à 20 milliards de dollars selon la taille du gisement gazier à exploiter, pour un rendement qui va dépendre des cours fantasques du GNL dans le monde. Un exemple d’investissement d’un terminal de regazification est donné par Vinci qui va avec sa filiale Entrepose Contracting démarrer la construction d’un tel terminal à Rotterdam. Il comprendra une usine, une jetée de déchargement et trois immenses réservoirs de stockage de GNL de 180 mille m3 chacun*. L’investissement est de 800 millions d’euros.

    *Remarque: un méthanier moderne comme les Q-Flex du Qatar peuvent embarquer 216 mille m3 de GNL, les plus gros, les Q-Max emporteront 265 mille m3. Leur prix unitaire doit dépasser les 200 millions de dollars.

  • Statoil et Total auraient conclu avec Chavez une indemnisation Sincor

    Statoil et Total auraient conclu avec Chavez une indemnisation Sincor

      Pdvsa_2                                                              Le Président venezuélien Hugo Chavez, d’après Reuters, aurait proposé 235 millions de dollars en cash à StatoilHydro et 735 millions de $ en pétrole à Total pour les indemniser de leur perte de majorité dans le projet d’huiles lourdes Sincor( Statoil étant passé de 15% à 10% et Total de 47% à 30% des parts). Statoil et Total auraient de plus, reçu un bonus de 130 millions de dollars pour avoir rejoint le consortium renommé Petrocedeno. L’ensemble valorise donc Sincor à 5 milliards de dollars (22% à 1.1 mds$) ce qui est faible compte tenu des cours du brut. L’opération devrait être comptablement neutre pour Total qui devrait passer les write-off dans ses comptes au fil de l’eau des livraisons gratuites de pétrole. Mais elle restera politiquement traumatisante.

                            Le Venezuela sera toujours là après Chavez et aura sûrement besoin des compétences de Total ou d’autres compagnies pour remettre en état les installations d’extraction et de raffinage des huiles lourdes du bassin de l’Orénoque.

  • Total a démarré le quatrième train de liquéfaction Dolphin au Qatar

    Total a démarré le quatrième train de liquéfaction Dolphin au Qatar

    Gnl                       Total annonce que le quatrième train de liquéfaction de l’usine de Dolphin au Qatar avait démarré et qu’il escomptait atteindre rapidement  une production totale de 2 milliards de pieds cube par jour ( 57 millions de m3/jour) conformément au planning. Ce train représente un investissement de 3,5 milliards de dollars.

                             On mesure aux travers de tels projets, l’ampleur des investissements nécessaires pour pouvoir liquéfier et transporter du gaz naturel. Ce procédé trop cher, trop rigide, appelle à la recherche et la mise au point d’autres moyens de conditionnement, moins onéreux du gaz naturel. Ce devrait être un objectif prioritaire pour l’Europe que de pouvoir approvisionner à moindre coût du gaz naturel, d’où qu’il soit extrait dans le monde.

  • Shell: Les productions 2007 confirment la tendance longue

    Shell: Les productions 2007 confirment la tendance longue

                                    Les productions de Royal-Dutch Shell en 2007 auront confirmé la tendance depuis quatre ans de décroissance annuelle des productions de liquides ( pétrole+ condensats+ sables bitumineux) de 120 mille barils par jour et de quasi stabilité des productions de gaz en deux ans.Shell1_2

                 Mais comment peut-on analyser ce résultat?

                               Une analyse plus fine des productions trimestrielles par régions depuis les deux dernières années montre, depuis le quatrième trimestre 2006, une baisse de production des liquides. Elles ont baissé de 348 mille barils par jour, soit 15,8% au quatrième trimestre 2007 par rapport à la même période 2006. Shell2A l’exception de l’Afrique qui est stable toutes les zones participent à ce déclin des volumes de liquides produits. Mêmes les sables bitumineux de l’Alaska sont en forte baisse en raison d’un incendie du "upgrader" qui transforme le bitume en pétrole.

                  Par contre au quatrième trimestre 2007 on assiste à une vive reprise des productions de gaz en Europe de 400 mille barils équivalents par jour par rapport au trimestre précédent.

                        Ces résultats qui dissocient les volumes de gaz produits, peu rentables, de ceux des liquides, très rentables, montre les faiblesses  opérationnelles de cette Société, qui voit la partie la plus lucrative de son activité décroître inexorablement. Les déboires au Nigeria et en Russie, la déplétion en Europe et en Alaska, l’absence de mise en production de nouveaux champs pétroliers expliquent ces contre performances.

                      La non publication de l’état des réserves, repoussée à plus tard, ajoute de la suspicion sur l’état de forme de R-D Shell. Les opérations on-shore au Nigéria assurées par une JV avec le gouvernement local, la Shell Petroleum Development Company, seraient en grandes difficultés financières par manque de productions.

  • Ceux qui ont, ceux qui n’ont pas…

    Ceux qui ont, ceux qui n’ont pas…

    Images La tension, une nouvelle guerre, pas tellement froide est en gestation en Amérique Latine.
    Entre l’axe des pays qui ont de l’énergie, Equateur, Bolivie et surtout Vénézuela, flanqué du Nicaragua et de Cuba, avec les états-unis, et leur dernier allié, la Colombie.
    Les ventes d’armes, notamment russes y atteignent des records. Sukhoi fait des bénéfices records, et Chavez veut créer une alliance contre le voisin du nord.
    La guérilla Colombienne est désormais pour lui "un groupe belligérant", et non plus un groupe terroriste.
    Mais, dans ce cas d’espèce, la Colombie, force est de constater qu’il y a surtout des terroristes, de chaque côté, et que la population en est victime, sur fond de féodalités.

    Washington compte là-bas peu d’amis, sauf la Colombie, son autre "allié", le Pérou, a à sa tête un président considéré il y a 25 ans comme un anti-yankee résolu, et le seul vrai frein sont des états plus pondérés, comme le Brésil ou le Chili.
    Enfin, en ce qui concerne le Brésil, il vaut mieux dire qu’il est en train de construire son propre empire, et qu’il a besoin de temps.
    La domination de l’ Amérique latine par le Brésil après avoir été réalisée au 19° siècle, s’est effondrée en 1870.
    La leçon retenue au Brésil est similaire à la leçon russe : pour montrer les muscles, il faut d’abord bâtir une économie puissante.
    Ce conflit a clairement l’énergie en ligne de mire : celui qui n’en a plus (suffisamment), les états-unis, les autres qui en ont, mais n’entendent pas le brader.

  • Un raffinage US au plus bas fait monter les stocks hebdomadaires de pétrole brut

    Un raffinage US au plus bas fait monter les stocks hebdomadaires de pétrole brut

    Raffin2                   Le raffinage américain a pris, la semaine dernière, de l’avance pour se convertir aux spécifications d’été. Le volume traité correspond à celui qui l’était trois semaines plus tard l’an dernier. Les raffineries n’ont produit qu’à 85% de leur rendement, ce qui a fait monter les stocks de pétrole brut en amont du raffinage de 3,6 millions de barils. Les stocks d’essence, bien approvisionnés par les importations, se sont eux aussi gonflés de 3.6 millions de barils. Les stocks de fuel et de propane ont baissé respectivement de -1,5 et -3,1 millions de barils.

                      Ces résultats devraient détendre les cours du WTI qui semblent accrochés à 92$/baril pour on ne sait quelle raison, sinon pour un très faible niveau de stocks à Cushing.

                  Cushin1 En effet malgré la remontée globale des stocks de brut de 10 millions de barils depuis trois semaines, les stocks à Cushing où se traite le WTI, sont au plus bas à moins de 16 millions de barils. Ce phénomène altère le marché spot dont les prix se répercutent sur le marché à terme.

    Correl3          Il existe depuis près de 10 mois une corrélation entre les stocks à Cushing est les cours du WTI sur le Nymex.

  • Technip enregistre 270 millions d’euros de charges

    Technip enregistre 270 millions d’euros de charges

    Technip                    La maîtrise des projets est un exercice difficile qui peut coûter très cher en cas de dérive dans un planning trop optimiste. Eni l’a constaté au Kazakhstan sur le projet Kashagan, Technip en souffre encore sur divers projets tels que ceux du Qatar ou il vient d’enregistrer une charge de 200 millons d’euros sur Qatar II, et divers autres chantiers en Asie-Pacifique et en Amérique du Nord où il enregistre une charge de 70 millions d’euros.

                        La principale qualité financière d’une Société d’Ingénierie est de tenir ses devis, ce n’est pas encore le cas de Technip. On sait par exemple que le projet Tahiti de Chevron dans le Golfe du Mexique a pris près d’un an de retard à la suite d’incidents d’amarrage. Technip est associé à ce projet.

                       Technip perdait 9% à 11 heures ce matin 30 Janvier, à 44,2 euros.

                        Avec une capitalisation boursière de moins de 5 milliards d’euros, certains Groupes Etatisés pourraient être intéressés par une prise de contrôle de Technip, pour posséder les technologies dans l’exploitation offshore par exemple.

    Voir le communiqué de Technip.

  • Goldman Sachs « surperforme » le raffinage américain

    Goldman Sachs « surperforme » le raffinage américain

    Essenc1                     Les Sociétés de raffinage, dont on a analysé les résultats du quatrième trimestre de Valero, voient leurs marges fortement réduites . Simultanément leurs cours croissent de 7% à 15% à New York ce Mardi 29 Janvier ( Frontier Oil +15%, Valero +10%, Tesoro +7%). Ce résultat assez surprenant provient d’un avis de Arjun N. Murti, analyste chez Goldman Sachs, qui prévoit un accroissement fort des prix de l’essence aux USA  à partir du printemps et de la reprise des consommations des conducteurs américains.

                         Ce pronostic est assez simple à faire, compte tenu des variations de cours de l’essence observés les années précédentes, il suppose cependant que la consommation US restera soutenue, que l’arrivée de volumes accrus d’éthanol et que les importations d’essence n’arriveront pas à calmer la poussée de fièvre traditionnelle des cours de l’essence à l’arrivée des beaux jours. Le suivi de cette anticipation par le Marché US est remarquable

  • Le danois BioGasol s’allie à Pacific Ethanol aux USA

    Le danois BioGasol s’allie à Pacific Ethanol aux USA

    Biogasol                  Le danois BioGasol est une start-up, de l’Université Technique du Danemark à Lyngby, qui a développé un procédé de conversion de composés lignocellulosiques en éthanol. Son procédé optimise le taux de conversion de la lignocellulose et minimise les rejets par un recyclage des effluents. L’américain Pacific Ethanol qui apporte son aval industriel, allié à BioGasol et un consortium d’Universités américaines prestigieuses "Joint Bioenergy Institute" vient d’obtenir une aide du Department of Energy de plus de 24 millions de dollars.

    Biogasol                                                                                                      Cette aide doit permettre à Pacific Ethanol de construire une unité pilote de démonstration de production industrielle d’éthanol à partir de biomasse dans son usine de Boardman, dans l’Oregon. Ce pilote devrait produire 250 barils par jour d’éthanol (2.5 M gallons/an), on est loin des volumes industriels.

    Le procédé Biogasol présente quatre étapes essentielles:

    1. une explosion des fibres à la vapeur oxydante à 170-200°C
    2. une hydrolyse enzymatique de la cellulose à 32°C
    3. une hydrolyse enzymatique des xyloses à 70°C
    4. une digestion anaérobique produisant du méthane, utilisé comme source d’énergie.

    Les liquides sont recyclés et 15% de la masse initiale sont récupérés sous forme de solide pour être brûlés ou recyclés.

                              Ce contrat met, une fois de plus, en évidence le dynamisme de la R&D danoise qui n’hésite pas à relever les manches pour développer des procédés industriels et mettre les bras dans le cambouis. On est loin des élucubrations de nos esthètes du CNRS.

    Peix_2

                Pacific Ethanol (PEIX) est une Société dont les cours varient de façon assez erratique, oscillant entre 4$ à 9$ en quelques semaines en fonction des aléas du business du bioéthanol aux USA. Rester à l’écart, sauf si vous recherchez des émotions fortes.

  • Le mouvement tournant.

    Le mouvement tournant.

    Carte_serbie La manoeuvre russe dans les balkans prend de l’ampleur et de la consistance, après avoir acheté les bulgares par l’intermédiaire du gazoduc south stream, la Russie manoeuvre aussi la Serbie.
    Là, c’est encore plus facile.
    La question du Kosovo (Moscou appuie la Serbie), pousse littéralement Belgrade à pactiser avec Moscou, qui a profité de l’occasion pour prendre le contrôle de l’opérateur local du gaz, la société NIS.
    On le voit,  là aussi, pendant  que des gouvernements "bling-bling" font leurs pitreries, les russes travaillent sérieusement et avec application à la reconstruction de leur puissance.

    La question du Kosovo et la reconnaissance éventuelle de l’indépendance par les occidentaux risque de transformer plusieurs pays en poudrière.
    Car, à l’est, on risque aussi de reconnaitre d’autres indépendances, Transdniestrie, mais aussi Abkhazie…
    Ce qui aurait pour effet d’hypothéquer encore plus le gazoduc Nabbucco.
    L’intégration de certains pays à l’ Otan n’y changerait rien, d’ailleurs, car s’il y a bien une alliance en voie de dislocation, c’est bien l’ Otan, qui est en train de perdre le seul conflit auquel elle est mêlée, l’ Afghanistan.
    La dernière (non-) nouvelle de ce pays tourmenté, est que les talibans, apparemment ont réussi à couper les voies d’approvisionnements terrestres.
    Les frais d’occupations vont encore augmenter, l’avion, c’est forcément plus cher !