Blog

  • Les valeurs pétrolières et énergétiques chahutées

    Les valeurs pétrolières et énergétiques chahutées

    Bernstein1                    Les valeurs pétrolières et énergétiques malmenées en Bourse pâtissent de baisse de recommandations de la part de certains analystes. Par exemple Neil Mac Mahon de chez Berstein, a abaissé les objectifs de cours des grandes pétrolières indépendantes en argumentant sur:

    • l’accroissement des investissements,
    • le faible taux de reconstitution des réserves pétrolières,
    • les baisses de volumes alloués, en raison des clauses de partage de production avec les propriétaires de champs,
    • les retards pris par les nouveaux projets,

    paramètres qui vont impacter sur la profitabilité des entreprises. Mac Mahon revoit les objectifs de cours d’Exxon-Mobil de 101$ à 91$, de Shell de 2525p à 2215p, de BP de 725p à 678p, d’ENI de 26 à 22 euros et de Total de 70 à 64 euros.

                                      Il faut généralement prendre au sérieux les recommandations des experts financiers quand leurs analyses sortent juste avant la publication des résultats annuels, ils ont souvent des informations confidentielles dont ne dispose pas encore le grand public. Il faut donc s’attendre à des résultats du quatrième trimestre décevants dans l’ensemble.

  • Rôle croissant du Canada dans l’approvisionnement énergétique des USA

    Rôle croissant du Canada dans l’approvisionnement énergétique des USA

    Keystone                                    Le Canada fournit 18% de la totalité des importations en  produits pétroliers (brut + raffinés) aux USA, ce qui en fait son premier fournisseur devant les importations provenant du Golfe Persique, il fournit également 90% des importations de gaz naturel . Cette position de leader nécessite des infrastructures ad’hoc pour acheminer ces forts volumes de produits énergétiques. C’est pour cela que Conoco-Phillips vient de signer un accord avec Transcanada pour acquérir 50% des intérêts dans le "Keystone Oil Pipeline" qui devrait pouvoir, dès fin 2009, acheminer  590 mille barils de brut par jour vers les USA. Ce pipeline de 3456 kilomètres reliera la riche région de l’Alberta aux marché de l’Illinois et au hub de Cushing dans l’Oklahoma, lieu d’échange physique du pétrole WTI coté sur le Nymex.

  • Pemex : chute de production.

    Pemex : chute de production.

    ImagesLa production journalière de la Pemex (pétrole du Mexique) a fortement baissé en 2007.
    On annonce une baisse de 5.3 % (174 000 barils/jour) à 3.082 millions de barils… Contre 3.7 l’année dernière…
    Un malaise aurait il eu lieu dans les calculs de pourcentages ?
    Toujours est il que les recettes pétrolières mexicaines sont en forte hausse, la production de gaz augmente, elle.
    Les responsables en sont l’épuisement du gisement principal, Cantarell, les ouragans, et les attaques contre les moyens de transports.

    La production pétrolière mexicaine est cruciale dans l’économie. En effet, elle participe à la grande malédiction de ces pays trop bien pourvus en richesses minérales. 40 % des recettes de l’état viennent de la Pemex, 40 % du pib sont redevables aux hydrocarbures, et il ne reste que 9 années de réserves…
    le peso mexicain est une des rares monnaies de 2007 à avoir baissé contre le dollar US, malgré les bons chiffres des recettes.
    Le Mexique garde des traits coloniaux antérieurs, l’absence d’impositions qui pèse sur ses finances.
    Pour nota, la population mexicaine s’était effondré au 16° siècle, passant de 25 à 1.5 millions d’habitants, et c’était les taxes sur les mines (quinto real) qui alimentaient principalement les finances du roi.

  • La FED baisse ses taux administrés de 75 points de base

    La FED baisse ses taux administrés de 75 points de base

    Usbond1_2                      Les US bonds à 10 ans n’avaient anticipé qu’une baisse de 50 points de base des taux administré par la FED. Une baisse plus rapide de 100 points de base dès le mois de Septembre 2007 aurait donné un signal plus net au Marché et évité en partie la crise de crédit actuelle et les effets d’attente. Une nouvelle baisse de 100 points aujourd’hui n’aurait pas été stupide. L’avenir nous le dira.

  • South Stream AG une filiale commune de GAZPROM et ENI

    South Stream AG une filiale commune de GAZPROM et ENI

    Southstream                           Gazprom et ENI annoncent la création d’une filiale commune 50/50 South Stream AG. Cette nouvelle entité a pour mission de valider la faisabilité technique, économique et politique du gazoduc South Stream avant la fin de l’année. Ce gazoduc doit permettre de transporter de Russie vers l’Europe 30 milliards de m3 de gaz par an. D’autres partenaires seront appelés à rejoindre cette joint venture. Durant le premier trimestre un schéma sera établi pour planifier l’obtention des feux verts des pays traversés par ce pipeline. Ce projet sera présenté à la Commission Européenne et discuté dans les autres instances.

                       Les russes veulent aller très vite sur ce projet pour faire capoter le projet concurrent Nabucco d’où les intérêts français ont heureusement été évincés, pour incompatibilité d’humeur avec la Turquie.

  • Total joue la montre avec l’Iran sur le projet South Pars

    Total joue la montre avec l’Iran sur le projet South Pars

    Southpars                         Lors d’une conférence sur les énergies renouvelables à Abu Dhabi, Philippe Boisseau de Total aurait avoué que Total rencontrait  "de gros problèmes de coûts" sur le projet de GNL offshore de South Pars dans le Golfe Persique, en Iran et qu’il revoyait les plans du projet avec les autorités iraniennes. Téhéran a donné Juin 2008 comme date butée pour arriver à un accord avec Total, sinon le projet serait poursuivi sans cette Société.

                Compte tenu du contexte géopolitique la probabilité d’arriver à un accord à  mi 2008 est très faible. Tout le monde du côté occidental et sûrement côté iranien voudra attendre la nomination du futur Président des Etats-Unis, avant d’aller plus en avant dans le projet. En cas d’échec il restera les chinois ou les russes, mais on voit mal les autorités  iraniennes laisser venir Gazprom patauger dans le gisement de South Pars, ce serait puéril.

  • Révolte, crash boursier et effet laser

    Révolte, crash boursier et effet laser

    Laser                        Nombreux sont les évènements dont la date précise d’occurrence est difficilement prévisible. On sait qu’ils vont un jour arriver mais il est difficile de prévoir quand. C’est le cas des tremblements de terre durant lesquels des énergies considérables,  accumulées de longue date par les mouvement relatifs d’immenses plaques tectoniques, se libèrent subitement. C’est la foudre avant l’orage. Un bon exemple est l’effet laser où, par pompage optique, des niveaux supérieurs d’énergie d’un cristal sont peu à peu remplis par l’excitation au détriment de niveaux inférieurs. Arrive un moment où le taux d’occupation au niveau supérieur est suffisant pour qu’une décharge lumineuse puissante ramène l’ensemble à un niveau d’énergie plus stable. Les révoltes dans les banlieues obéissent à des lois similaires, les frustrations et l’ennui font monter le niveau d’insatisfaction d’individus qui s’ils sont suffisamment nombreux et artificiellement rassemblés en un même lieu, le quartier, sorte de cristal humain, arrive le moment où le moindre évènement peut produire la révolte ou pire la révolution. Le crash boursier obéit à ces règles de métastabilité des états hors d’équilibre.

                                  Jusqu’en Juillet 2006 les taux administrés américains n’ont cessé de croître, suivis par ceux de la BCE jusqu’en Juin 2007. Au mois d’Août la crise des hypothèques a montré que de larges pans de l’économie US, trop endettés, ne pouvaient pas supporter des taux d’intérêts supérieurs à 5%. La FED a tardé à réagir et surtout a amorcé une décroissance de ses taux administrés par petits paliers imbéciles, plutôt que de faire un grand saut de 1% ou 1.5%, ce qui a incité le Marché à attendre le prochain rabais. Le Marché interbancaire s’est grippé, les banques ont réduit leur appétence à prêter à n’importe qui. Entre temps, les cours du pétrole ont quasiment doublé entre Janvier et Novembre 2007. La succession des incidents, des restrictions, des blocages, des applications de remèdes inadaptés ont fait croître le pessimisme des acteurs boursiers et le nombre de ces insatisfaits, aux dépens de la population des optimistes ou des crédules. Alors une rumeur sur une banque qui s’apprêterait à passer de nouvelles provisions enclenche "l’inversion de population" de l’effet laser et c’est le crash boursier.

                                    Mais ces phénomènes violents de retour à un état plus stable permettent de reconstruire une stratégie et de repartir vers de nouvelles aventures, s’ils ne vous ont pas financièrement tué.

  • Lancement d’un véhicule électrique Renault-Nissan en Israël

    Lancement d’un véhicule électrique Renault-Nissan en Israël

    Renault                        A la question "pourquoi Carlos Ghosn a-t-il choisi Israël pour lancer son premier véhicule 100% électrique de série?" plusieurs arguments peuvent être avancés. C’est un petit pays de la taille de quatre départements français (21000 km2), les trajets quotidiens ne dépassent pas 70 km ce qui est parfait pour un véhicule de 100km d’autonomie à pleine charge. On peut donc en faire un laboratoire en vraie grandeur de lancement d’un nouveau concept. Mais il existe un argument économique majeur: les automobiles en Israël sont hors de prix. En effet elles sont taxées à l’importation de 72%. Dans le cas des véhicules électriques n’émettant pas de CO2, la taxe passerait à  10%. Voila le secret d’un véhicule électrique à un prix "abordable" pour un israélien.

                             

                                    Ce projet souffre cependant d’un gros point d’interrogation: la batterie. Ce véhicule électrique importé d’Europe en Israël serait équipé sur place d’une batterie (produite localement?) et développée par le consortium NEC-Nissan au Japon qui a créé  en Avril 2007 une toute jeune joint venture "Automotive Energy Supply Corporation" pour industrialiser ce nouveau produit. Ce nouveau véhicule va donc être équipé d’un nouveau concept de batterie (laminée?) non encore industriel et produit on ne sait où, or la mise au point d’une batterie et l’atteinte d’un haut niveau de fiabilité est un problème complexe. C’est peut-être le talon d’Achille du projet. Le futur nous le dira.

                                     Le véhicule 100% électrique est la vraie solution pour une utilisation urbaine ou péri urbaine quotidienne. Son problème majeur est le coût de la batterie au Lithium nécessaire pour disposer de l’autonomie suffisante. Ces produits sont onéreux parce qu’ils mettent en oeuvre des composants innovants et donc  chers (électrolytes, séparateurs, oxydes électroactifs, organes de sécurité). Le Marché attend pour 2010, la future voiture 100% électrique de Toyota  qui sera équipée d’une batterie développée et industrialisée avec Matsushita. L’expérience industrielle acquise dans les batteries pour véhicules hybrides par le consortium Toyota-Panasonic EV sera un gage de qualité supplémentaire.

  • Les USA tournent au vert.

    Les USA tournent au vert.

    Wall_street Une autre bulle serait elle en formation aux USA ?
    Une bulle verte, d‘investissements tous azimuts, dans l’optique de réduire la dépendance pétrolière vis-à-vis de l’extérieur (mais pas la consommation d’énergie), domaine où ses investissements dépassent les investissements européens.
    Vu le retard technologique accumulé aux USA ces 50 dernières années, il est clair que les économies seraient plus rentables dans un premier temps que les énergies nouvelles.
    Reste aussi, qu’une bonne part de ces investissements sont réalisés dans le "bio" carburant, mal en cour, partout dans le monde.

    Là aussi, plutôt que de produire un pourcentage misérable de carburants alternatifs, l’avantage serait de réduire les consommations pléthoriques (10,5 litres au cent), comparé aux standards européens (6.5), et même les réductions envisagées restent gourmandes (6.5  litres au cent), toujours comparés aux standards européens envisagés (3.5 à 4.5) pour 2020.
    Toujours est il que le changement de mentalité est palpable surtout en Californie suite aux problèmes d’approvisionnements électriques consécutifs à la faillite ENRON, mais, force est de constater qu’on n’investit pas forcément là où le potentiel est le plus important (éolien)

  • Le retour de la guerre froide.

    Le retour de la guerre froide.

    Serbie Insensiblement, le monde européen retourne à la guerre froide.
    Un article intéressant paru dans l’agence de presse RIA NOVOSTI.
    "La Russie est prête à faire un usage préventif de la force militaire, et le cas échéant de la force nucléaire, afin de défendre sa souveraineté et celle de ses alliés".
    En même temps, si la Russie garde un certain sens de la mesure, c’est par pragmatisme :
    "l’histoire et l’expérience montrent qu’une militarisation excessive de la société, en l’absence de guerre, sape les fondements même de son existence"
    Cette question n’est pas sans conséquence, en Europe même.

    La Russie considère t’ elle la Serbie comme une alliée ?
    En effet, une nouvelle guerre froide pourrait naitre après une indépendance du Kosovo.
    Même en l’absence de conflit armé, inutile de dire que ce contexte réduirait à néant toute possibilité de développement des balkans.
    En tout cas, la complication autour des gazoducs risque de tourner aussi au bras de fer.
    Il y a parait il aspiration à l’adhésion européenne des balkans, mais la Serbie regarde, au moins en partie vers la Russie plus que vers l’occident, et si la situation économique et sociale ne s’améliore pas en Bulgarie, il n’est pas interdit de penser que que les Bulgares regarderont davantage vers Moscou que vers Bruxelles.