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  • Un chauffe eau hors de prix : la Pile à combustible domestique

    Un chauffe eau hors de prix : la Pile à combustible domestique

    Sci0307231_2               Les Sociétés japonaises (Sanyo, Nippon Oil, Matsushita, Toshiba, Ebara-Ballard, etc.) ont fait un superbe travail de développement des "Polymer Electrolyte Fuel Cells ou PEFC" et les ont amenées au stade industriel. Il a fallu mettre au point le système de réforming pour faire de l’hydrogène à partir de gaz, eliminer les traces de CO, poison des catalyseurs, mettre au point les membranes revêtues de catalyseurs, assurer l’équilibre thermique de l’ensemble et obtenir de l’électricité et de l’eau chaude: c’est la cogénération.

                    Mais voilà, c’est plutôt in FLOP. Pourquoi?

                        Quand on vous parle "cogénération" traduisez immédiatement "mauvais rendement", les technologues manquent parfois d’honnêteté intellectuelle. Alors pourquoi cet ensemble présente-t-il un mauvais rendement?

    • il faut réformer du méthane et donc fournir de l’énergie. Rem. pour les journalistes qui écrivent des bêtises : le réforming du Méthane génère du CO2, c’est donc une PAC qui fait du CO2! Zut alors!
    • pour des raisons thermodynamiques la réaction H2 + 1/2 O2 ———> H2O est fortement exothermique et c’est cette réaction qui est réalisée dans une PAC à hydrogène. Le "potentiel de chaleur nulle" de cette réaction ou de sa symétrique qui est l’électrolyse de l’eau se situe à 1,48 Volts. ( La loi de Nernst permet de calculer un potentiel d’équilibre de 1,23V auquel il faute ajouter le facteur entropique de 0,25V). Cette notion simple permet de comprendre pourquoi une PAC qui délivre une tension de 0,7 Volts présente un rendement électrique de  47% (0,7/1,48) et donc en rendement thermique de 53%. Une PAC à hydrogène génère plus de chaleur que d’électricité!

                            Les conséquences de ces contraintes font que, pour des raisons de simple économie, la PAC domestique japonaise génère toute l’eau chaude de la maison, mais seulement la moitié de l’électricité. Un comble!

                            Ajoutez à celà une gestion délicate des arrêts et des démarrages en raison de réactions catalytiques multiples et des phénomènes thermiques complexes et vous obtenez un produit très difficile à vendre, même avec une aide massive de l’Etat. On sait que les Japonais peuvent faire des miracles en technologie et qu’ils amélioreront le système, mais la thermodynamique est têtue.

                           C’est un équipement idéal pour les riokans, hôtels traditionnels japonais mal éclairés mais disposant d’un vaste bain collectif très, très chaud!

  • Joint venture dans les sables bitumineux

    Joint venture dans les sables bitumineux

    Husky_energy_logo1                           BP et Husky Energy ont décidé de créer une joint venture 50/50 qui associe la raffinerie BP de Toledo, Ohio et le gisement Husky Sunrise de sables bitumineux de l’Alberta. Husky Energy est une Société pétrolière canadienne contrôlée par un milliardaire de Hong Kong, Li Ka-shing. La raffinerie BP a une capacité de production de 155 mille barils par jour. Elle va être modifiée pour pouvoir traiter 120 mille barils de bitume lourd canadien et sa capacité totale sera portée à 170 mille barils par jour. Le gisement de sables bitumineux de Sunrise dont les réserves sont estimées à 3.3 milliards de barils, est situé à côté de Fort McMurrey dans l’Alberta. Il devrait produire 60 mille barils par jour en 2012 puis 200 mille barils par jour à l’horizon 2015-2020. Le bitume dilué sera acheminé de l’Alberta à l’Ohio par un pipeline existant. La joint venture devrait investir dans un premier temps, 5.5 milliards de dollars.

                      Cet accord qui rappelle ceux de Encana-Conoco-Phillips ou Suncor Oil-Marathon qui associent un gisement de sables bitumineux canadien à un réseau de pipeline et de raffineries américaines existantes permet d’optimiser l’investissement global. Il marque aussi un changement stratégique du nouveau patron de BP qui jusqu’à présent considérait, avec l’ancien management, les sables bitumineux comme trop onéreux.

  • Les cours du brut se détendent avec la remontée lente des stocks à Cushing

    Les cours du brut se détendent avec la remontée lente des stocks à Cushing

    Cushin2                   "Le prix du baril reste calme malgré le statu quo de l’OPEP et la forte baisse des stocks américains" titre naïvement La Tribune dans un article de hier au soir (5/12/2007). Que manque-t-il à cette information pour la rendre crédible? Tout d’abord une partie de cette info est exacte, les cours du baril sont stables et même à la baisse. Le marché est baissier, la fête est finie, il faut oublier la course aux 100$ le baril et attendre au mieux la future vague de froid. Les traders ont pris leur marge pour 2007.

                              Ensuite une autre partie de ce message mérite d’être nuancée: La Tribune aurait du écrire "un statu quo provisoire de l’OPEP" en effet n’oublions pas que ses "oil ministers" doivent se revoir dans moins de deux mois, le premier Février, à Vienne.

                               Enfin il y a une partie du message de "La Tribune" qui est faux c’est "la forte baisse des stocks". Oui, les stocks de brut ont baissé en une semaine de près de 8 millions de barils mais les stocks d’essence ont crû de 4 millions de barils, ceux de gasoil de 1,4 millions et ceux de kérosène de 1 million de barils. Les stocks de produits raffinés se sont accrûs, en raison du bon fonctionnement des raffineries (89,4%) et des importations soutenues de produits raffinés ou intermédiaires à 3,8 millions de barils par jour.

                                Mais le point clé qui explique le calme "olympien" des marchés c’est la lente remontée des stocks de brut à Cushing, malgré la baisse des stocks dans la zone du Golfe du Mexique. Ils étaient en fin de semaine dernière (S48) à 15,9 millions de barils, en croissance de 0,7 million.Correl2

    Les cours du brut WTI sont depuis le mois de Mars fortement corrélés au niveau de stock à Cushing, Oklahoma. Celà peut sembler ridicule mais c’est la référence du marché US.

    Pour les semaines à venir, les cours du baril devraient continuer à se détendre sauf arrivée d’une vague de froid sur les Etats-Unis ou d’un incident géopolitique majeur. La réunion programmée de l’OPEP va calmer les marchés, les traders ont pris leurs copieux bénéfices pour 2007, ils attendront 2008 pour revenir.

  • Le prix du gaz augmentera…

    Le prix du gaz augmentera…

    Images_2 … et la cote de popularité de nos gouvernants diminuera.
    Bien entendu, gaz de France ne demande pas 2 ou 3 % d’augmentation, mais 10 pour les professionnels et on parle de 6 pour les particuliers.
    Le mouvement de paupérisation de la société française se poursuit donc, au bénéfice de GDF, de son cours boursier, et de l’intérêt personnel de ses dirigeants, bien dotés en diverses douceurs financières.

    Il va de soi que le principe de la hausse est déjà acquis, après avis d’un comité théodule "béni-oui-oui", et que le cours de l’action a augmenté de 3 % à 39.5 euros.
    Bien entendu, le fruit de cette augmentation ne servira à rien d’autres qu’à augmenter des dividendes déjà coquets (pour les investissements, vous pourrez repasser).
    Le seul point positif de cette mesure sera de rendre les énergies renouvelables encore plus attrayantes.
    950 millions d’euros supplémentaires pour une firme qui faisait déjà des bénéfices historiques à 2.3 milliards d’euros l’année dernière n’est en rien un manque à gagner, mais était simplement une modération de son appétit.

  • Ecosse : bon sang ne saurait mentir…

    Ecosse : bon sang ne saurait mentir…

    Tartan L’Ecosse presse le mouvement en matière d’énergies du futur.
    Les énergies renouvelables devront produire 50 % de l’électricité, que ce soit de manière éolienne, marine végétale ou solaire.
    L’objectif 2020 était de produire 40 %, on l’augmente.
    On est déjà en avance, et déjà le niveau 2010 est dépassé.
    Cette politique, efficace, nationaliste et pleine d’avenir se voit confirmée et amplifiée.

    Elle contraste furieusement avec celle menée chez le voisin anglais (le total du renouvelable n’atteint pas 5 %), bien dans la ligne thatchérienne, qui reposait sur le gaspillage d’une énergie non renouvelable.
    L’ Ecosse qui a eu le privilège d’être un émirat, préfère désormais miser sur une énergie fiable, et qui cette fois, lui rapporterait autre chose que des désillusions.
    On peut donc dire que l’ Ecosse a l’avantage de bénéficier aussi de VRAIS hommes politiques, vous savez, de ceux qui préparent l’avenir.
    Et l’avenir se prépare grâce à des investissements physiques, adéquats et durables.

  • Opep, statu-quo, crise financière et quoi d’autres ?

    Opep, statu-quo, crise financière et quoi d’autres ?

    Opep Le statut quo dans la production de l’Opep n’est pas dû à un bras de fer entre parties pro-américains, anti-américains, pour la bonne raison qu’il n’y a pas eu de bras de fer.
    Les productions sont au taquet, elles ne peuvent aller au delà.
    Les réserves étaient politiquement surestimé de 300 milliards de barils (12 ans de consommation).
    Les découvertes actuelles sont difficilement exploitable, et à coût délirant.
    Le dernier grand gisement comme Kashagan au Kazakhstan est un mélange de pétrole souffré et de gaz, hautement explosif, et les gisements offshores découverts au large du Brésil difficilement exploitables.
    Le maintien des prix élevé n’est pas non plus acquis, car on anticipe une récession aux USA,  et il sera difficile de reporter toujours une politique d’économies d’énergies.

    D’abord parce que l’on risque d’ y être forcé.
    D’abord sur le marché le plus consommateur, celui des états-unis.
    En effet, rien n’indique que le $ restera encore longtemps accepté.
    A l’allure où va sa dévaluation, il existe un risque potentiel que les acheteurs n’en veuillent plus, ce qui est déjà le cas pour certains, la dévalorisation par le biais de la crise financière de certains avoir incite aussi à la modération de la production ("Oil in the ground is better than dollar in a bank").
    Il est un cas de figure donc, qu’il faut désormais envisager sérieusement : celui où le plus gros marché consommateur de la planète, les USA, doivent se contenter de leur importante production domestique, importante mais pas suffisante.
    Et là, on s’apercevrait qu’il y a surproduction massive…

  • La décision de l’OPEP s’aligne sur la position des faucons

    La décision de l’OPEP s’aligne sur la position des faucons

    Sonangol                 Dur verdict pour le marché du pétrole ce 5 Décembre 2007, l’OPEP a décidé de ne pas relever ses quotas de production et elle a alloué un quota très serré à l’Angola de 1,9 millions de barils par jour, qui ne laisse aucune ouverture pour des progressions de productions non planifiées. En effet aux 1,4 millions de barils produits en 2006 il faut ajouter les 490 mille barils de plus en 2007 et les 450 mille prévus en 2008. Un quota aussi serré, sauf révision en début de 2008, ne va pas inciter les Sociétés pétrolières à accélérer leurs investissements de production dans la zone. Seule consolation, l’OPEP n’attendra pas le 5 Mars 2008 pour se revoir, entre temps se tiendra une réunion extraordinaire, dans moins de deux mois, le premier Février 2008 à Vienne. Les marchés en début 2008 devront intégrer cette nouvelle donnée.

                    Le Marché va maintenant attendre la publication des stocks de brut US, à la fin de la semaine dernière. Le niveau de stock à Cushing, lieu de livraison des transactions sur le WTI, sera tout particulièrement attendu.

  • Japon: transporter du gaz naturel à l’état solide

    Japon: transporter du gaz naturel à l’état solide

                                                                                      Mitsuieng Un consortium regroupant neuf Sociétés japonaises, serait en cours de formation pour développer d’ici à 2012 un nouveau moyen de transport de gaz naturel sous forme d’hydrates solides (NGH). Parmi ces Sociétés figurent Mitsui Engineering & Shipbuilding, le pétrolier Inpex et le transporteur maritime Nippon Yusen.

                          Le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) nécessite des investissements financièrement lourds, dans les unités de liquéfaction, les moyens de transport maritime et les unités de regaséification. Cette technologie s’adresse aux vastes gisements pour lesquels ces équipements spécifiques peuvent être amortis. Par contre pour des champs de moyenne ou de petites tailles, soit 95% des champs existants, le problème du transport reste posé. Une solution peut-être la transformation sur place du gaz en liquide selon les procédés GTL ou bien en DME (dimethyl ether) qui est conditionné sous forme de gaz comprimé.

                          Une autre solution, étudiée par Mitsui Eng. est de former, sur le site d’extraction, un hydrate solide (NGH ou Natural Gas Hydrate) qui peut se transporter vers les -20°C au lieu des -162°C du gaz liquide. Un hydrate solide contient 180 fois son volume de gaz. Misui a développé un pilote de production  qui sait fabriquer 600 kg d’hydrate de méthane par jour.

                         Apparemment le consortium veut franchir une nouvelle étape dans cette voie, ce qui supposerait de fabriquer une unité de production d’hydrate sur un champ non équipé de moyens de liquéfaction, un premier navire de transport de NGH et une unité de regazéification au Japon.

    Ngh1 La réussite d’un tel projet serait une véritable révolution dans l’exploitation de gisements de gaz isolés et de tailles moyennes qui subitement prendraient de la valeur.

  • Nouveau projet de raffinerie en Chine avec Kuwait Petroleum

    Nouveau projet de raffinerie en Chine avec Kuwait Petroleum

    Kpcnansha                        Les projets de raffineries poussent en Chine comme les champignons après la pluie. Voilà un nouveau projet annoncé qui associe le chinois Sinopec et la Kuwait Petroleum Corporation (KPC). Ils ont obtenu le feu vert des autorités politiques chinoises pour lancer les "premiers travaux" d’un complexe pétrochimique à Nansha, dans la province du Guangdong (Canton pour les occidentaux). C’est un projet de production de produits raffinés et d’éthylène qui pourrait entrer en production en 2010. Le montant investi serait de 5 milliards de dollars. Le Koweit investit ainsi dans l’aval de son activité et la Chine assure son approvisionnement.

  • Grandes manoeuvres chinoises dans le minerai de Fer

    Grandes manoeuvres chinoises dans le minerai de Fer

    Bao11                       Pour les neuf premiers mois de l’année la Chine a importé 284 millions de tonnes de minerai de fer, en augmentation de 15% par rapport à l’année précédente. Dans ce domaine, Baosteel énorme Groupe chinois, avec une capacité annuelle de production de 20 millions de tonnes, produit plus de la moitié des besoins en acier de son pays. Mais Baosteel, fortement implanté dans la zone de Shangaï, a un point faible: il importe 95% de ses besoins en minerai de Fer. Il dépend donc des cours internationaux de cette "commodity".

                     En face de lui, les grands miniers mondiaux que sont le brésilien CVRD (33% du marché), l’australien BHP Billiton et l’anglo-australien Rio-Tinto ne savent que faire de leurs profits, sinon de se manger entre eux. BHP Billiton a fait une offre le mois dernier sur Rio-Tinto, par échange d’actions, à hauteur de 120 milliards de dollars qui a été repoussée. A eux deux ils représentent 38% du marché mondial du minerai de Fer. Xu Lejiang, le Président de Baosteel a donc annoncé son intention de contrer cette menace en faisant une offre sur Rio-Tinto. "Cette offre est en cours de préparation" a-t-il déclaré "et les chances pour qu’elle se réalise sont très élevées." Xu Lejiang, et les autorités chinoises, seraient prêts à mettre plus de 200 milliards de dollars pour cette acquisition.

                    Le bras financier chinois China Investment Corporate a démenti vouloir s’impliquer dans cette aventure. L’affaire va être intéressante à suivre en raison des diversifications et des ramifications internationales de Rio Tinto. Par exemple Rio Tinto Energy America, avec 11% de part de marché, est le troisième producteur de charbon des Etats-Unis. La réaction des autorités américaines ne devrait pas être favorable à l’entrée d’un chinois dans le marché de l’énergie de ce pays.