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  • L’Agence Internationale de l’Energie revoit ses chiffres

    L’Agence Internationale de l’Energie revoit ses chiffres

    Iea_logo1                L‘AIE qui travaille pour les pays de l’OCDE affiche clairement un biais "consommateur" dans l’analyse des conditions d’offre et de demande mondiale de pétrole. L’idéal de son ancien Directeur, parti au mois d’Août dernier, était un pétrole dont les cours seraient compris entre 20 et 30$ le baril. Cette conviction dépassée l’avait poussé à prédire des baisses de cours qui ne se sont jamais concrétisées. L’AIE a donc tendance à surestimer les consommations à 6 ou 12 mois pour inciter les producteurs à ouvrir les vannes. Bien sûr plus l’horizon se rapproche et plus elle est amenée revoir les chiffres à la baisse.

    C’est ce que vient de faire le nouveau Directeur ce mois-ci.

                         La consommation de pétrole mondiale croît annuellement de 1,3 millions de barils par jour (FIG.).Conso1  Le mois dernier elle prévoyait une progression 2007-2006 de 1,4 mbl/j, elle vient de corriger à 1,2 mbl/j à 85,7 mbl/j pour 2007. On est pile sur la tendance longue. Donc la consommation ne ralentit pas, ce sont les prévisions de l’AIE, un peu fortes, qui sont corrigées. La prévision de croissance de 2008-2007 était de 2,1mbl/j le mois dernier, donc très forte. Elle est corrigée à 2 mbl/j, donc toujours très forte, à 87,7 mbl/j en 2008. Il est à prévoir que l’AIE corrigera à la baisse, plus tard, ce chiffre sorti d’un chapeau et que les commentateurs diront naïvement que la consommation diminue.

                         Ces jeux de chiffres réactualisés bêtement tous les mois seraient risibles, s’ils n’avaient pas leur malheureuse influence sur les cours de bourse des Sociétés pétrolières. L’AIE fait doublon avec les statistiques du DOE américain dont les chiffres évitent les prévisions fantaisistes. Sa disparition ferait faire des économies aux pays adhérents à l’OCDE.

  • Un énorme bluff: la Compagnie du Vent.

    Un énorme bluff: la Compagnie du Vent.

    Aldin_peche_barque                  Si j’en crois "Les Echos" l’achat de la part d’Acciona (50%) dans de la Compagnie du Vent par Suez, valoriserait cette Société à 750 millions d’euros. Cette Société spécialisée dans la production d’électricité d’origine éolienne déclare avoir un parc de 90MW extensible à 170MW pour 2009. Si cette dernière puissance est retenue pour valoriser l’investissement de Suez, la production annuelle d’électricité, avec un rendement de 20% qui est celui de l’éolien allemand, sera de l’ordre de  300 mille MWh en 2010 . Ceci valoriserait le prix d’achat à 2500 Euros par MWh "annuel installé". A 82 euros le MWh acheté chèrement par EDF,  ce prix correspondrait donc à 31 ans de production! Ce n’est pas réaliste. SUEZ n’a pas acheté du Vent, il faut au moins diviser par quatre le chiffre annoncé.

  • Le fuel éthanol, pomme de discorde politique.

    Le fuel éthanol, pomme de discorde politique.

               Vendanges_serpette                                  Le ton monte aux US autour des avantages et des inconvénients du fuel éthanol produit à partir de maïs. Attaqué à sa gauche comme polluant, responsable de la montée des cours des tortillas sur le continent américain, mais aussi sur sa droite comme gouffre à subventions: 6 à 7 milliards de dollars en 2006, 11 mds$ en 2008 et 14 mds$ en 2014. Le président Bush a demandé de passer dans la Loi un objectif de production de 35 milliards de gallons pour 2017, alors qu’elle sera entre 6 et 7 mds de gallons en 2007. Il est certain que le ton, sur ce sujet, va s’amplifier à l’approche des élections. Les Démocrates seront en majorité pour moins d’éthanol et donc plus de pétrole. Comme quoi les esprits changent. On voit même des écolos de la première heure condamner le charbon et chanter les louanges du nucléaire au nom de la réduction des émissions de CO2.

                     La seule certitude à avoir, est que les solutions simples, dans l’approvisionnement énergétique, n’existent pas. L’aventure du fuel éthanol subventionné américain en est une parfaite illustration.

  • Baisse des pétrolières sur fond de repli des cours du brut

    Baisse des pétrolières sur fond de repli des cours du brut

    Log3 L’Amex Oil Index a perdu, Lundi, 3,65% sur le New-York Stock Exchange, sur fond de repli du cours du brut américain qui est passé au dessous des 95$/baril. Certaines baisses individuelles ont même été spectaculaires (Hess: -6,6%; Anadarko: -4,8%; ConocoPhillips: -4,35%). L’Arabie Saoudite et donc l’OPEP semblent avoir l’intention de sanctionner les "pétro-boursicoteurs" qui, soi-disant, devaient faire sauter la limite des 100$ le baril. Grande fable pour béotiens, Vérité révélée, répétée inlassablement sur les ondes de BFM. En fait, les seuls risques sérieux qui pourraient relancer à court terme les cours du baril sont la peu probable poursuite de la baisse des stocks US, publiés Mercredi, et les risques d’embargo sur les terminaux de livraisons de brut dans le Delta du Niger qui impacteraient directement les approvisionnements américains. En sens inverse, les reprises de production en Mer du Nord, la probable ouverture de l’OPEP vers des quotas plus généreux, les livraisons de l’Arabie Saoudite à 100% des besoins vers l’Asie, la montée en puissance des livraisons de l’Angola sont des paramètres qui doivent détendre les cours. Le pronostic d’une baisse des cours vers les 80$ le baril, à la fin du mois semble, toujours, le plus raisonnable.

  • Nouveau barrage géant.

    Nouveau barrage géant.

    Carte Selon l’agence Chine nouvelle, un nouveau barrage géant va voir le jour sur le cours du Yang tsé, en amont du barrage des trois gorges.
    Celui-ci, barrage de Xilodu, sera d’une capacité de 12.6 Gw, contre 18.2 à celui des trois gorges.
    Il devra être opérationnel en 2015.
    Comme on peut le voir sur la carte, le potentiel hydroélectrique du Yang tsé est énorme, même si l’on ne dépassera plus la capacité du barrage des trois gorges.

    De plus, la construction d’un barrage est un fort entrainement pour l’économie d’un région peu développée. Ce genre d’investissements permettra une réduction du recours au charbon, très utilisé dans la production d’électricité chinoise.
    Ce genre d’investissements n’est guère discuté, contrairement à d’autres, plus contestés, car, il faut bien le dire, bien plus contestable, et d’un intérêt nul, sinon ostentatoire.
    La différence essentielle aussi entre la Chine et les pays occidentaux, est qu’en Chine, si la masse monétaire explose en ce moment, c’est aussi du à l’effort physique d’investissement.

  • Nucléaire : pénurie confirmée pour bientôt.

    Nucléaire : pénurie confirmée pour bientôt.

    TmiLes centrales nucléaires que notre président voudraient vendre partout dans le monde risquent de disparaitre plus vite que prévus, faute d’uranium.
    Dès 2015 (date la plus optimiste), les stocks sur lesquels nous vivons depuis 20 ans seront épuisés.
    Sans doute, seront ils épuisés avant.
    Les réserves sont méconnues, surestimées, et le mensonge des officiels français patent.
    En 1985, le pays était censé avoir 112 000 tonnes de réserves, 25 000 furent extraites, et quand les mines fermèrent, il ne restait plus que 11 700 tonnes de réserves.

    En tout état de cause, celle-ci était grandement surestimées par le lobby électro-nucléaire.
    Chaque jour, les (mauvaises) nouvelles s’ajoutent. Areva est en train de se faire virer du Niger, ardemment courtisé (et achetés) par les chinois, la mine de cigar lake (Canada est toujours inondée pour longtemps, et celle de Western range (Australie) ne produit toujours qu’à la moitié de ses capacités, pour des raisons d’inondations aussi.
    Pour l’AIE, la pénurie arrivera en 2015 avec les réserves prouvées (qu’on doit prendre avec beaucoup… de réserves), en 2025 avec les probables (on peut toujours rêver), ou en 2035 avec les réserves possibles (réservées aux fumeurs de moquette).

  • Plaidoyer pour « Un nouvel engagement pour une Internationale Energétique »

    Plaidoyer pour « Un nouvel engagement pour une Internationale Energétique »

    Esso                   A Rome, Rex Tillerson, Président Directeur Général d’Exxon-Mobil, à l’occasion du  Vingtième Congrès du World Energy Council réuni sur le thème " L’énergie du futur dans un monde interdépendant" a présenté un chaud plaidoyer pour une "Internationale Energétique" qu’il a opposée au nationalisme de la ressource qui va de l’inaccessible "indépendance énergétique" des pays consommateurs au "superpouvoir énergétique" de certains pays producteurs. Il a montré le côté utopique d’un isolationnisme énergétique prêché par certains ce ses concitoyens, il a fustigé les ruptures de contrats unilatérales et les nationalisations de certains pays producteurs. Les représentants russes et venezueliens devaient prendre des notes.

                      La faiblesse de son exposé est apparue dans l’illustration de cette politique universelle au sein d’Exxon. Il a sorti les progrès réalisés par sa filiale japonaise dans la production de séparateurs pour batteries au Lithium-Ion et la mise au point d’une PAC embarquée pour véhicule électrique. C’était un peu juste pour sauver la planète.

                            Exxon-Mobil devra absolument revoir sa politique environnementale.

  • Pétrole : importations américaines de produits raffinés

    Pétrole : importations américaines de produits raffinés

    Penfield1894b                 La balance commerciale américaine est réputée pour son déséquilibre actuel. Les achats de produits pétroliers, dans le bilan des importations apparaissent pour une part de 13,6% en cumulé à fin Septembre ( près de 200 milliards de dollars). Les Etats-Unis, en grandes masses, consomment 21 millions de barils par jour de produits pétroliers. Ils en produisent 7, ils en importent 14  ( 10 de brut et 4 de produits raffinés ou intermédiaires). Depuis sept ans leur outil de raffinage est saturé à 14 millions de barils par jour. La croissance de la consommation annuelle est donc assurée par une augmentation des produits raffinés.

                      Ce déséquilibre semble récent, mais en fait il existe depuis longtemps.

                    Depuis 25 ans, les productions ont régressé annuellement de 150 mille barils par jour et les importations ont progressé de 350 mille barils par jour, en moyenne. On peut constater que le point d’équilibre entre productions et importations date de 1993 et qu’il est aujourd’hui dans les proportions deux tiers / un tiers au profit des importations.25ans1  Le raffinage US est saturé à 10 millions de barils par jour depuis 2000. Les accroissements de consommation sont donc assurés par des importations de produits raffinés.

                    La part des importations de produits raffinés dans les importations globales a fortement varié durant cette période de 25 ans (FIG.). Elle est même passée par un maximum de 37% en 1984. Grâce a un effort d’investissement dans le potentiel de raffinage, cette part est passée au dessous des 20%  à la fin des années quatre vingt-dix et depuis cette proportion remonte pour atteindre 26%. Le suivi de ces importations de produits raffinés, en estimant que le potentiel de raffinage US ne va guère changer dans les années qui viennent, indiquera si les américains stabilisent enfin leur consommation en produits pétroliers.Raftot 

  • L’administration US continue d’alimenter la réserve stratégique de pétrole.

    L’administration US continue d’alimenter la réserve stratégique de pétrole.

    Us_flagg5                   La réserve stratégique de pétrole américaine (SPR) est de 694 millions de barils, ce qui représente 51 jours d’importation des USA. Samuel Bodman, le Secrétaire à l’énergie, veut continuer d’alimenter cette réserve "à vitesse modeste". Pour celà l’administration dispose d’un feu vert du Congrès, qui l’autorise à aller jusqu’à un milliard de barils, et elle se fait payer les royalties par les producteurs du Golfe du Mexique en nature (royalty-in-kind). L’objectif est de collecter un peu plus de 12mbl sur une période de six mois. Shell, Sunoco et BP sont chargés de collecter 70 mille barils de brut par jour dès le mois de Janvier pour alimenter la SPR.

                         De nombreux professionnels du négoce du pétrole, dans une période de tensions sur les cours, jugent le moment inapproprié.

  • Vingt dollars de folie dans le cours du brut américain

    Vingt dollars de folie dans le cours du brut américain

    Toledo              La tendance longue des cours du WTI américain se situe aux environs de 76$ par baril. Tous les chercheurs de scoops et autres commentateurs attendent de voir franchie la barrière symbolique des 100$/bl. Certains invoquent même le changement d’échéance de contrat à terme (BFM), sans avoir vu que le marché à terme est devenu "backwardisé" depuis le mois d’Août (les cours baissent quand l’échéance s’éloigne). L’OPEP est prête à faire un geste à court terme, les importations US de brut qui ont été faibles les trois dernières semaines connues, vont devoir alimenter les raffineries et devraient donc se reprendre, la tempête en Mer du Nord est passée et Juan Carlos a demandé à Hugo Chavez "de la fermer" (seul un Roi d’Espagne pouvait faire ça).

                   Alors on peut pronostiquer un retour des cours vers des niveaux moins "dingues". 10$ à 15$ de baisse des cours, d’ici à la fin du mois, seraient raisonnables.