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  • Baisse de rentabilité pour EXXON-MOBIL.

    Baisse de rentabilité pour EXXON-MOBIL.

    Mondarab                La Société Exxon-Mobil, le plus grand groupe pétrolier du monde, vient de publier ses résultats financiers et opérationnels du troisième trimestre (T3) sur son site web. La lecture de ces informations permet de dégager les points importants suivants.

                    Le chiffre d’affaires est en hausse de de 2,7 mds$ (milliards de $) à 102,3 mds$ et, malgré celà, la marge est en baisse de plus de 1 md$ à 9,4 mds$. Cette baisse de rentabilité doit être attribuée à la baisse des marges de raffinage et de la chimie, en raison de la montée des cours du pétrole et de la baisse des cours de l’essence durant ce trimestre. Mais elle est aussi due à la baisse des productions de liquides (pétrole + condensats liés à l’extraction du gaz).

    Mais précisons ces informations.

                       Les cours du baril de pétrole américain WTI, durant la période, se sont appréciés de 71$ à 82$. Ceci explique la croissance du chiffre d’affaires. Mais pendant la même période, les cours de l’essence à New-York se sont dépréciés de 98$ à 86$ pour un baril. Formidable effet de ciseau qui a laminé les marges de raffinage.

                     Les volumes produits de liquides ont  baissé de 4,2%. Ces résultats de production sont globalement décevants, mais en ligne avec les tendances observées au trimestre précédent, mais ils sont aussi en phase avec les baisses de productions connues de BP et de Royal-Dutch Shell. (FIG.)Xombpr1

    Il est possible de déceler dans ces baisses de volumes l’effet des déplétions des production de gaz et de pétrole en Europe et en Amérique. Cet effet en un trimestre est particulièrement sévère pour Exxon. Elles ne sont pas compensées par des accroissements de production dans d’autres zones.

  • La société de forage Transocean est en pleine santé.

    La société de forage Transocean est en pleine santé.

    Barnum                    Houston, Texas; la société Transocean, le premier foreur de puits offshore du monde, annonce de superbes résultats trimestriels. Ses résultats au T3 à 973 millions de dollars triplent les 309 M$ de l’an dernier, pour la même période.

                          De plus, Transocean a l’intention de fusionner avec un concurrent local, GlobalSantaFe, pour créer un géant du forage, trois fois plus gros que son concurrent immédiat.

                           Les prestations de services aux Groupes Pétroliers sont très rémunératrices par ces temps de prospections offshore ulta-profondes, en particulier dans le Golfe du Mexique et en Mer du Nord. Transocéan possède 82 unités de forage offshore.

  • De faibles importations de brut expliquent la baisse des stocks US

    De faibles importations de brut expliquent la baisse des stocks US

    Absinthe25             Depuis deux semaines les importations de pétrole brut aux USA ont été inférieures à 10 mbl/j point d’équilibre pour assurer un approvisionnement suffisant du pays. Elles ont été respectivement de 9,1 et 9,4 mbl/j, d’après les données du DOE américain. Ce déficit suffit à expliquer la baisse des stocks de brut US de plus de 9 mbl en deux semaines. Bien entendu les "experts" n’avaient rien prévu dans ce sens.

                 Les importations de produits raffinés ont assuré une quasi stabilité de stocks d’essence et de gasoil malgré une baisse conjoncturelle des productions de raffineries, qui convertissent leurs unités aux produits hivernaux. Les stocks de Propane sont faibles à l’entrée de l’hiver, en retrait de 11 mbl par rapport à l’an dernier, à 62 mbl.

    Ces données devraient stopper la timide baisse des cours du WTI de ces derniers jours.

  • ENI dans une mauvaise passe

    ENI dans une mauvaise passe

    Modigliani13                   Les volumes de production du T3 poursuivent leur baisse. Les productions de liquides ont baissé de 6,3% par rapport au T3 2006 à 975 kbl/j. Baisse de 13% en Afrique avec les mouvements au Nigeria, baisse de 17% en Mer du Nord en raison d’incidents techniques, compensées partiellement par une augmentation dans le reste du monde.

                        Malgré la hausse des cours du pétrole le résultat stagne à un peu plus de 2mds d’euros. Le Cash généré par les opérations, point fort traditionnel de ENI, baisse de plus de 1md d’euros (-26% à 3.37 mds).

    Ces résultats décevants illustrent les tribulations géopolitiques du moment. Associés aux ennuis de ENI au Kazakhstan ces données sont très décevantes. Le problème de la taille insuffisante de ce Groupe sera un jour posé

  • Biocarburants: taille critique des unités de production

    Biocarburants: taille critique des unités de production

    Lger1917              La taille des camions collectant la canne à sucre en vrac et leur noria pour alimenter la production de fuel éthanol au Brésil sont impressionnantes. Il faut en effet alimenter, par milliers de tonnes, ces grandes usines de fermentation et de distillation, produisant leur énergie et leur électricité à partir de la bagasse. Monstres autarciques, crachant leur vapeur d’eau et leurs émanations d’alcool.

                          La question que nous allons aborder concerne la taille et l’impact sur l’environnement  des futures et hypothétiques unités de production de carburants, à partir de la biomasse, en fonction des caractéristiques de base des procédés. Cette réflexion devrait permettre de rendre plus réalistes et tangibles certains rêves écologiques.

                     Nous avons un exemple industriel similaire en France, c’est la production de papier. Elle produit 90% de son énergie thermique et 35% de son électricité à partir de la liqueur noire, obtenue lors de la cuisson du bois. Une machine à papier produit 1000 tonnes/jour et il y en a plusieurs dans une usine. L’usine de production de papier Kraft dans les Landes est alimentée par 250 camions par jour.

                    Plus les opérations seront simples et plus les tailles des unités de production pourront être déclinées en fonction des contraintes locales. Inversement, un procédé complexe et dangereux, de type pétrochimique, nécessitera une grande usine qui devra être implantée au coeur de la zone de culture intensive. Voici quelques exemples.

                    Le procédé le plus complexe est le BTL (Biomass To Liquid) qui n’existe, pour l’instant, qu’à l’état de pilote industriel. Une unité industrielle ressemblerait à une raffinerie de pétrole complexe. La rentabilité et la sécurité imposeraient la taille de l’unité de production qui devrait produire 50 à 100 mille barils par jour de carburant. Cette contrainte nécessiterait d’alimenter l’usine de 25 à 50 mille tonnes de bois sec par jour. Un tel complexe n’est imaginable que dans un environnement fortement boisé à croissance rapide, organisée et gérée.  On touche ainsi du doigt les limites de l’exercice "biomasse". Faire des calculs globaux annuels est une chose, imaginer une usine dans son environnement en est une autre.

                    Une usine américaine de production de fuel éthanol à partir de maïs va consommer 100 millions de boisseaux par an (2,5 millions de tonnes). Pour produire cette récolte (avec un rendement de 149 boisseaux/acre ou 37/m2 soit 37 millions/km2) il faut près de 3 km2 de cultures. On a donc une taille d’usine raisonnable, au niveau du Comté, ce qui explique le très grand nombre d’usines qui ont été construites en peu de temps au US. Le procédé est simple, peu dangereux. Certaines usines, plus petites, sont la propriété de quelques agriculteurs organisés en coopérative. Sacrés bouilleurs de crus. La production de fuel éthanol ne pose donc pas de problème industriel local, par contre elle pose des problèmes de ressources, de santé et de logistique. La conversion de ces usines à la production de butanol à partir de cultures non vivrières serait la bien venue.

                      Un autre exemple intéressant est la solution offerte par la Société suédoise AGERATEC  qui propose, clés en main, des équipements de production de biodiesel, à celui qui dispose de corps gras (huiles ou graisses) à traiter. Le plus petit de ses équipements peut produire sur 40 m2, 700000 litres de biodiesel par an. D’autres équipements modulaires peuvent produire jusqu’à 100 mille tonnes par an de carburant. La société fournit les réactifs (solution de potasse et méthanol) ainsi que les additifs "grand froid". Une Société de Transport espagnole s’est équipée de ce type d’équipement pour produire 16000 litres quotidiens de biocarburants pour alimenter sa flotte de camions. Bien sûr vous ne pourriez pas faire celà en France, arriverait immédiatement, dans les locaux, un bataillon de douaniers qui viendrait vous redresser les comptes.

                       Ces exemples montrent que la réflexion autour des biocarburants doit s’accompagner d’une réflexion autour du maillage géographique, des choix de procédés, de la taille des unités de production et des législations associèes. Les micro brasseries américaines produisent d’excellentes bières, les micro usines de transestérification pourraient produire un biodiesel de premier choix.

  • Le Grenelle de la mascarade…

    Le Grenelle de la mascarade…

    Marianne Un article paru dans "Marianne"(site internet) sur le Grenelle de l’environnement.
    Le constat est clair.
    C’est noël pour les riches, qui bénéficieront des crédits d’impôts, des prêts bonifiés et des économies réalisés.
    Les autres, ben ma foué…
    En même temps, beaucoup de "mesures" ne sont que des transcriptions (en retard) de directives européennes. D’autres pays ont réduit les pesticides (jusqu’à 70 %), les directives du bâtiment n’avaient pas été appliquées.

    Voilà comment on fait du neuf avec du vieux.
    On était obligé d’ y venir, on présente un vieux cadeau, dans un bel emballage. C’est tout.
    Le reste du blabla sarkozien, doublé d’un apéro borloosien…
    On voit effectivement se profiler le degré de crédibilité du gouvernement, en même temps sur d’autres sujets.
    En attendant, pour renforcer la démocratie, on fera un non-réferendum sur le "traité simplifié" (appelé ainsi parce qu’il a été signé par des gens un peu simple ?)…

  • Le « Monde » de l’humour…

    Le « Monde » de l’humour…

    Tartuffe Les pays émergents sont malades de l’inflation des produits alimentaires. Mais les pays industrialisés eux ne sont pas touchés par ces augmentations, d’après l’inénarrable "Monde".
    Il faut dire que tous ces pays émergents n’ont pas la chance de bénéficier de statistiques dignes du GOSPLAN, qui nous démontre que nous vivons dans le meilleur des mondes libéral-international-dollarisé, que notre monnaie est bien dirigé (là, je me demande comment ils ne se sont pas étouffés avec des couillonnades tartufferies pareilles).
    Comme l’indique le lien précédent, comme nous le voyons tous les jours dans notre vie, l’inflation officielle est calme. Mais le chiffre est faux. D’après la manière US de compter antérieure à 1999, l’inflation n’est plus à 2 %, mais à 6 %, et d’après le décompte de 1984, elle est à 8…

    Ceci pour les USA. Mais n’ayons aucune jalousie, c’est pareille avec l’ INSEE, dont le but inavoué est de faire baisser salaires et pensions, indexés sur l’inflation.
    La cause de tout cela ? Elle est double. Les banquiers centraux ne sont pas sages comme l’indique l’article, ils laissent la création monétaire débridée se réaliser.
    Et l’énergie se raréfie. Irrémédiablement.
    Elle se renchérit donc. Irrémédiablement. Et entraine toute la spirale inflationniste, à commencer par l’alimentaire…

  • Pétrole: détente annoncée des cours au printemps

    Pétrole: détente annoncée des cours au printemps

    Bazillepeonies                Goldman Sachs qui avait prévu, au mois de Juillet, la montée du pétrole à 95$ le baril affirme qu’il en train de clore ses "positions longues" sur les "futures" du pétrole au NYMEX. En effet, cette banque, prévoit une détente des cours pour le T1 2008 en raison de stocks de fuels qui auront été reconstitués, d’une demande plus faible et surtout d’approvisionnements importants en pétrole venant d’Angola, avec le démarrage du champ offshore de "Greater Plutonio". Ce vaste champ, exploité par BP, est la somme de cinq gisements voisins. Il dispose d’un équipement flottant (FPSO) capable de produire 250 kbl/j d’un pétrole de bonne qualité.

                             Les pronostics de Goldman Sachs sont un retour des cours vers 80$/bl au T1 2008. Ce prix serait alors proche du cours d’équilibre de tendance longue.

                            Cette respectable prévision sera, ou ne sera pas, validée dans les faits, en fonction des aléas climatiques ou géopolitiques imprévus habituels.

  • Les prix du gaz ne sont pas rémunérateurs

    Les prix du gaz ne sont pas rémunérateurs

              Absinthe20                                                Le ministre qatari du pétrole, Al-Attiyah, a déclaré hier à Londres que les prix du gaz sont "très, très sous évalués" en comparaison avec ceux du pétrole. Effectivement les prix du gaz tiennent mal compte des énormes investissements nécessaires à sa production et son acheminent, que ce soit par gazoduc ou sous forme liquéfiée. Le Qatar qui possède les troisièmes réserves mondiales après la Russie et l’Iran, est très actif dans la valorisation de ses énormes réserves en fournissant l’Inde, la Corée et le Japon, mais aussi en favorisant les développements du GTL, permettant d’obtenir des carburants de synthèse de très grande pureté.

                                                                                    Gazht2_2Il n’est pas le premier à se plaindre de cette anomalie, les dirigeants de la Pemex (Mexique) se sont bien des fois plaints de cette décote du gaz.

               La figure montre que le ratio ( prix Pétrole WTI /prix gaz Henry Hub) s’est accru depuis le début 2007, indiquant ainsi que les cours du gaz ont mal suivi ceux du pétrole. L’arrivée de l’hiver aux US tend cependant à  faire monter son cours vers 8$/MMBTU.

                      Le gaz est concurrencé par le charbon pour la génération d’électricité. Ses cours présentent une très grande volatilité ce qui en fait un dangereux instrument financier, sur lequel les plus aguerris ont trébuché. Sa revalorisation passe par une prise de plus grande part de marché au détriment d’un pétrole trop cher. Ce sera la phase de dissuasion de la demande par les prix, qui ne saurait tarder.

  • Que peut faire l’OPEP?

    Que peut faire l’OPEP?

    Vallotton11                 Les cours du Pétrole, pour des raisons essentiellement américaines, ont atteint des plus hauts. L’annonce d’un hiver précoce, en raison de "la Nina", les ennuis de la Pemex dans le Golfe du Mexique, la baisse attendue des taux de la FED, sont les évènements "locaux" qui animent les marchés du pétrole et du gaz. Les prix du gaz ont atteint 8$/MMBTU, cours des saisons froides. Le stocks US de Propane démarrent la saison d’hiver à 61 millions de barils, 11 millions au dessous d’il y a un an. Les fonds alternatifs récupèrent les pertes de la crise des "subprimes".

    Une question se pose: que peut faire l’OPEP? Ou mieux: l’OPEP a-t-elle encore une influence sur les cours du brut?

                    L’OPEP, avec 40% des productions mondiales de pétrole, est un cartel qui a théoriquement un grand rôle à jouer sur l’établissement des cours. La faiblesse de la croissance des productions des non-Opep, en raison des déplétions de production en Mer du Nord et en l’Amérique, lui confère encore plus d’influence.  Mais, paradoxalement l’OPEP ne crée plus l’évènement, elle le suit.

                   Tour à tour, chacun de ses membres déclare qu’il n’y a pas de pénurie de brut dans le monde, ce qui est sûrement vrai. Mais, le Marché attend qu’elle décide d’augmenter ses productions, soit le mois prochain à Ryad, soit début Décembre au sommet d’Abu Dhabi.

                      En réalité la vraie vunérabilité de l’OPEP réside dans ses très faibles réserves de production. Deux millions de barils par jour pour l’Arabie Saoudite, un million à terme pour l’Angola et c’est tout. Les autres membres assurent au mieux la pérénité de leurs production, sinon régressent. La stabilité des productions de l’Iran, de l’Irak, du Nigeria, du Venezuela est, pour le moins, incertaine.

                      Un régulateur de marché qui n’a plus ou qui a peu de réserves, perd toute crédiblité. C’est le cas de l’OPEP au sein du marché du pétrole. Alors les cours peuvent s’enflammer, le pompier n’a plus d’eau et en plus l’incendie lui rapporte.