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  • L’inflation dans l’Eurozone est largement corrélée aux variations de prix de l’énergie

    L’inflation dans l’Eurozone est largement corrélée aux variations de prix de l’énergie

     Certains grands nigauds pensent encore que c'est le gouverneur de la Banque Centrale Européenne et ses compagnons de table qui doit être sûrement ronde, qui déterminent les taux de l'inflation au sein de l'Eurozone. Il faut bien sûr les convaincre qu'ils sont dans l'erreur. Ceux qui déterminent le taux d'inflation dans l'Eurozone sont les Goldman et autres spéculateurs qui fixent les prix du pétrole-papier sur le NYMEX et l'ICE. Un examen depuis Janvier 2008 des taux d'inflation hors énergie (FIG., courbe noire) montre que cet indice est passé sagement en deux ans de 2,6% à 0,8%, crise oblige. Mais que le taux d'inflation (courbe bleue) s'est baladé allègrement entre +4% et -0,7% autour de cette courbe au gré des variations du poste énergie qui ne représente pourtant que 96 millièmes du poids de l'indice global.

    Inflation-ZE-2008-2010-03

     Mais le poste énergie (FIG., courbe rouge, échelle de droite), drivé par les cours du pétrole s'est promené durant la période dans un large "serpent" de +17% en Juillet 2008, au plus haut de la spéculation sur les produits pétroliers et autres commodities à un plus bas de -15% un an après, en Juillet 2009. C'est l'énergie qui  malgré son faible poids dans l'indice, assure l'essentiel de la variabilité de l'inflation.  Depuis le plus bas de Juillet, les variations de prix de l'énergie se sont rétablies pour revenir positives à fin 2009 et atteindre plus de 7% au mois de Mars dernier, propulsant l'inflation à 1,4% par rapport au même mois de l'an dernier.

     La décomposition de l'inflation en trois postes essentiels que sont l'inflation hors énergie, la valeur de l'énergie en dollar importée dans l'eurozone et la valeur de l'euro-dollar permet d'anticiper une probable poursuite de la hausse de ce paramètre important. En effet l'inflation hors énergie au plus bas à 0,6% en Février dernier ne devrait que croître dans les mois à venir, au gré d'une amélioration lente de l'économie européenne. Le poste énergie soutenu par la spéculation en dollar sur les produits pétroliers et par la valorisation du dollar par rapport à l'euro devrait lui aussi poursuivre sa progression. Il est donc raisonnable de pronostiquer une poursuite de la remontée de l'inflation en cette première partie de 2010.

    LIRE le papier d'Eurostat sur le sujet.

    Le 17 avril 2010

  • Les faibles ventes trimestrielles de voitures en Allemagne illustrent le marasme économique européen

    Les faibles ventes trimestrielles de voitures en Allemagne illustrent le marasme économique européen

     Alors que les divers plans de relance économique, de types prime à la casse par exemple, ainsi que des offres marketing très agressives de la part des constructeurs ont dopé les ventes trimestrielles de voitures dans la plupart des pays européens, l'Allemagne se distingue négativement par des ventes en retrait par rapport à celles des années précédentes (FIG.). Tous les grands pays d'Europe ont vu leurs ventes trimestrielles progresser par rapport à celles de 2009 et dans certains cas, comme en Italie ou en France, ces ventes ont même atteint ou dépassé celles du premier trimestre 2008, d'avant la crise économique. Dans le cas de l'Allemagne les ventes à 670 mille exemplaires sont en retrait de près de 200 mille exemplaires (-23%) par rapport à celles du T1 2009.

    Immatriculations-T1-2010

     L'Europe (EU27 + EFTA) voit tout de même ses ventes du premier trimestre 2010 progresser de +9,5%, alors qu'elles avaient régressé de -17,2% l'année d'avant. Quand aux constructeurs allemands ils sont bien sûr pénalisés mais sauvent une partie des meubles à l'exportation en Europe avec une progression de 6,5% pour VW et de 9,9% pour BMW. Seul Daimler, trop Allemand, voit ses ventes régresser de -3,7% au cours de ce trimestre.

     Ces données sont cohérentes avec la baisse de l'emploi dans les industries manufacturières allemandes de plus de 50 salariés qui dépasse en un an les 240 mille postes (-4,7%) au mois de Février, affirme Destatis (LIRE).

    CONSULTER les statistiques d'immatriculations de voitures en Europe

    Le 16 Avril 2010

  • Une étude Mc Kinsey sur les grands flux d’énergie électrique en Europe en 2050 montre les limites du tout renouvelable

    Une étude Mc Kinsey sur les grands flux d’énergie électrique en Europe en 2050 montre les limites du tout renouvelable

     A l'initiative de l'European Climate Foundation, organisme établi par diverses fondations anglo-saxonnes, le cabinet Mc Kinsey a conduit une étude imaginant divers scénarios de génération d'électricité en Europe proscrivant l'utilisation des énergies fossiles sans CCS (captage et séquestration de CO2), faisant varier la part du nucléaire dans le mix, et faisant reposer une large part ou l'essentiel de l'approvisionnement en énergie électrique de l'Europe sur les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, solaire par concentration, biomasse et hydroélectrique).

    McKinsey-mix-europe
     

     Selon les trois scénarios étudiés faisant varier la part relative des ressources fossiles et nucléaires (TAB.), il apparaît que plus la part des énergies renouvelables est importante dans le mix et plus il faut installer de puissance de génération en raison du faible taux de charge des équipements et des indispensables installations de backup. Mais cette étude montre également qu'en parallèle il faut installer massivement de nouvelles lignes d'interconnexion en raison de l'éloignement vers l'Espagne de la génération solaire et vers l'Ouest de l'Europe pour la génération éolienne. Par exemple dans l'hypothèse 60% renouvelable il faut installer une interconnexion de 33 GW entre l'Espagne et la France. Dans l'hypothèse 80% renouvelable, l'interconnexion s'élève alors à 47GW. Rappelons toutes les difficultés rencontrées ces dernières années pour installer une misérable ligne d'un GW de part et d'autre des Pyrénées.

     Cette étude met en évidence les contraintes apportées par une utilisation massive des énergies renouvelables de façon centralisée. Ceci est perceptible aux Etats-Unis où plus personne ne parle de la Super Grid du candidat Obama, qui devait relier les déserts californiens et les Rocheuses aux zones peuplées du continent Nord américain. Mais c'est aussi vrai pour l'Europe. Cette contrainte "logistique" des énergies renouvelables quand le désir est de les produire en masse sur le site idéal venteux ou ensoleillé, est un obstacle évident à leur diffusion. A moins de résoudre de façon élégante et économique le transport de masse de l'énergie électrique au travers des continents, il n'est pas évident que le mix énergétique de l'Europe en 2050 comportera 80% d'énergie renouvelable. Peut-être faudra-t-il encore brûler du gaz naturel et plutôt insister sur l'utilisation d'unités décentralisées, moins performantes mais plus proches de l'utilisateur.

     La complexité d'une solution purement européenne laisse imaginer ce que serait celle d'une solution, de type Desertec ou autre, où les générateurs seraient installés dans le Maghreb.

    VOIR la présentation Mc Kinsey, ACCEDER au dossier complet.

    Le 15 Avril 2010

  • Mitsubishi et GS-Yuasa décident d’investir dans la production supplémentaire de batteries pour 2012

    Mitsubishi et GS-Yuasa décident d’investir dans la production supplémentaire de batteries pour 2012

     Pour assurer les besoins en batteries pour Mitsubishi Motors et son allié Peugeot Citroën, le Groupe Mitsubishi et le fabricant de batteries Li-Ion japonais GS-Yuasa viennent de décider d'investir dans une nouvelle usine de production de sa filiale Lithium Energy Japan. Cette unité présentera une capacité de production annuelle de 4,4 millions d'éléments de 50Ah. Elle sera donc capable de fournir les accumulateurs nécessaires à l'assemblage de 50 mille batteries de 16 kWh, 325V comportant chacune 88 éléments en série.

     Cette nouvelle unité portera la capacité totale annuelle de production de LEJ, à partir de 2012, à plus de 67000 batteries (TAB.).

    Batteries-LEJ-2009-2012

    LIRE le communiqué de Mitsubishi Motors

    Le 15 Avril 2010 

  • Stagnation de la production industrielle en Allemagne et en France au mois de Février

    Stagnation de la production industrielle en Allemagne et en France au mois de Février

     Il doit y avoir un bug dans le logiciel d'Eurostat qui annonce, pour le mois de Février, une croissance de 0,9% de la production industrielle dans la Zone Euro avec des chiffres de croissance nulle ou négative pour la plupart des grands pays qui la composent: Allemagne (-0,1%), France (0%), Italie (0%), Espagne (-0,1%), Pays-Bas (-2,3%). Le Luxembourg affiche bien une progression de 3,6% mais il n'est pas évident que cela suffise à rétablir la balance.

     Si l'on en croit les chiffres publiés, il apparaît donc une profonde stagnation de la production industrielle allemande depuis le mois de Septembre 2009 (FIG.). Quand à la progression de la production industrielle française durant la même période, elle est vraiment discrète.

    Prod-industrielle-Allem-France-2008-2010-02

    LIRE le communiqué d'Eurostat.

    Le 15 Avril 2010

  • La baisse des consommations de produits pétroliers des pays OCDE devrait se poursuivre en 2010

    La baisse des consommations de produits pétroliers des pays OCDE devrait se poursuivre en 2010

     En 2009, informe l'EIA, les consommations en produits pétroliers des pays de l'OCDE ont affiché une baisse de 2,17 millions de barils par jour par rapport à celles de 2008, ce qui représente une baisse de 4,6% en volume. Cette chute des consommations OCDE n'a été que partiellement compensée par une modeste hausse des consommations des pays NON-OCDE de 1,2% (+0,46 million barils/jour) ce qui ramène les consommations mondiales pour 2009 à 84 millions de barils/jour, soit une baisse de 2% par rapport à 2008 (-1,7 million de barils/jour).

     Depuis la mi-2005, à près de 50 millions de barils/jour, où ce mouvement de baisse des consommations de produits pétroliers des pays les plus riches de la planète a débuté, la courbe de décroissance sur 12 mois cumulés affiche un retrait de 9% ou 4,5 millions de barils/jour (FIG.).

    Conso-OCDE-cumul-2005-2009-12

     Il est clair que ce mouvement qui avait à fin 2009 plus de quatre ans d'ancienneté, a été accéléré par la crise en 2008 et 2009. Mais il est clair aussi que la plupart des pays OCDE qui vont afficher des croissances moyennes sinon médiocres, vont poursuivre ce mouvement de désengagement progressif vis à vis des produits pétroliers. L'Europe, mal en point, devrait en particulier rester un contributeur important à cette décroissance. Les Etats-Unis qui affichaient au mois de Janvier 2010 un retrait de 600 mille barils/jour (-3%) par rapport au même mois de 2009 devraient également présenter à la fin 2010 au mieux une stabilité de leur consommation et le plus probablement un léger retrait.

    A partir des données de PIB et sur la base d'une croissance de ce paramètre global de 2% en 2010 pour l'ensemble des pays OCDE, il est possible d'évaluer la baisse des consommations de produits pétroliers en 2010 autour des 1% (FIG.II). Ce rythme correspond sensiblement à celui observé en 2006 et 2007.

    Conso-OCDE-PIB-2005-2009

    Il semble donc raisonnable de pronostiquer aujourd'hui, pour l'ensemble de 2010, une baisse des consommations en produits pétroliers sortant des raffineries des pays OCDE de l'ordre de 400 mille à 500 mille barils/jour.

    A cette baisse globale des volumes, pour chiffrer l'impact réel sur la consommation de pétrole, il faut aussi déduire la croissance des consommations de biocarburants durant l'année. Sur la base d'une croissance de consommation de ces biocarburants de 10 à 15%, ce sont autour de 200 ou 300 mille barils/jour de plus qu'il faudra ristourner à la consommation globale de pétrole en 2010.

    Ces valeurs sont très éloignées des prévisions de celles de l'Agence Internationale de l"Energie qui vient de revoir les volumes 2010 à la hausse, avec une variation des consommations mondiales entre 2009 et 2010 de 1,7 millions de barils/jour. L'AIE est dans les faits le principal supporter de la spéculation sur le pétrole qui se porte très bien. D'après Bloomberg il s'est échangé hier sur le seul NYMEX 1,42 MILLIARDS de barils papier de pétrole. Record historique qui représente 17 fois la consommation mondiale et pas loin de 80 fois la consommation américaine de la journée. Quand la spéculation va, tout va!

    Le 14 Avril 2010

  • Fragilité des prévisions d’évolution de consommations de pétrole sur la base de la progression du PIB mondial

    Fragilité des prévisions d’évolution de consommations de pétrole sur la base de la progression du PIB mondial

    Lors de la 2010 Energy Conference, organisée par le Department of Energy américain, un des très écoutés spécialistes mondiaux des marchés pétroliers, Adam Sieminski de la Deutsche Bank, a présenté sa vision de l'évolution, à court et moyen terme, des cours du pétrole et des volumes appelés à être consommés. Sa présentation, très raisonnable, pas hawkish du tout, a porté sur les points importants suivants:

    -la conviction que la consommation américaine de pétrole, compte tenu d'une évolution moyenne de PIB de 2,5% par an, n'allait plus croître,

    -sur la nécessité de maintenir un niveau satisfaisant des cours du pétrole qu'il situe autour de 70$ le baril afin que les dépenses mondiales pour cette ressource d'énergie primaire restent dans une zone soutenable de 3 à 4% du PIB mondial,

    – la prévision d'une croissance du PIB mondial de 4,1% en 2010, dont 6% pour les pays NON-OCDE, qui entraînera une croissance des consommations de pétrole de 1,4 millions de barils/jour par rapport à celles de 2009.

    La première proposition de Sieminski se démarque des prévisions des diverses Agences et autres prévisionnistes qui envisagent encore une croissance et même pour certains un (questionnable) accroissement des importations américaines de pétrole, comme Mary Novak de l'IHS. Il semble audacieux de dire que la consommation américaine de pétrole va rester stable. Et pourtant l'examen des variations de ces consommations en fonction des variations du PIB chaîné américain durant les cinq dernières années rend cette prévision assez évidente, sinon timorée (FIG.I). Il faudrait une croissance en volume d'au moins 3% du PIB américain pour assister à une reprise des consommations de pétrole. L'année 2009 a par exemple enregistré une décroissance des consommations de pétrole de 4% pour une variation du PIB quasi nulle.

    PIB-pétrole-USA-2005-2009 

    La deuxième proposition qui fixe un niveau raisonnable des cours pour assurer un maintien de l'économie en bonne santé résume tout le débat sur la manipulation des cours à laquelle on assiste en ce moment. Jusqu'à quel point les cours du brut vont-ils pouvoir grimper sans altérer durablement la bonne santé économique de chacune des grandes régions du monde? Sans nul doute l'Europe est aujourd'hui le malade du monde, avec un commerce mondial en fort retrait, une économie intérieure fragile, des monnaies qui se dévaluent avec le Sterling tout d'abord puis maintenant l'euro et qui renchérissent les prix des produits pétroliers importés. La zone euro va-t-elle pouvoir supporter un pétrole à plus de 75 euros (100$) le baril, zone vers laquelle il se dirige?

    Nul doute qu'une mauvaise santé économique de l'Europe se répercutera sur le reste du monde. Si le commerce mondial de la Chine est passé dans le rouge au mois de Février, c'est parce que ses clients, dont l'Europe, le premier d'entre eux, ne se développent pas à son rythme, loin s'en faut.

    Ces réflexions conduisent à la troisième proposition de Sieminski qui en accord avec certaines Agences, prévoit une croissance en 2010 de la consommation mondiale de pétrole de 1,4 millions de barils/jour. Il se base pour cela sur les courbes de variations des consommations de pétroles en fonction des variations du PIB. Partant d'une prévision d'évolution du PIB mondial de 4,1% en 2010, dont 6% pour les pays NON-OCDE, il en déduit sur une droite de régression pas terrible (FIG.II, droite bleue, coefficient de corrélation de 0,46) que la consommation mondiale de pétrole va s'accroître de près de 2% entre 2010 et 2009 soit de 1,4 million de barils/jour.

    PIB-change-Oil-use-change-Sieminski-2010

    Un examen attentif des divers points de cette courbe montre que les points correspondant à 2006, 2007, 2008 et 2009 sont beaucoup mieux alignés sur une droite rouge beaucoup moins pentue. Les consommations mondiales de pétrole ont été ces dernières années beaucoup moins sensibles aux variations du PIB, conséquence de tous les efforts dirigés vers la recherche d'une meilleure efficacité énergétique des processus. En utilisant cette droite actualisée il est possible d'en déduire que la croissance des consommations de pétrole sera en 2010 d'environ la moitié de celle initialement prévue. En d'autres termes les prévisions de l'OPEC qui annoncent une croissance des consommations de 0,8 à 0,9 million de barils entre 2009 et 2010, sont beaucoup plus proches de cette deuxième façon d'extrapoler.

    Il est possible de constater ainsi que de vouloir prédire des variations de consommations de façon globale à partir d'indicateurs globaux ne peut conduire qu'à des valeurs très approximatives. Alors disons aujourd'hui que des variations 1 à 1,2 million de barils pour les pays NON-OCDE et de – 0,4 million pour les pays OCDE conduiraient à une croissance des consommations mondiales de 0,6 à 0,8 million de barils/jour, compatible avec l'évolution des prix du pétrole à la hausse et une conjoncture économique mondiale plombée par une Europe malade.

    CONSULTER la très intéressante présentation de Sieminski.

    VOIR la présentation de Mary Novak.

    Le 11 Avril 2010

  • Allemagne: stabilité du chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière au mois de Février

    Allemagne: stabilité du chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière au mois de Février

     Le chiffre d'affaires de l'industrie manufacturière allemande manque de tonus. Il affiche depuis plusieurs mois une stabilité inquiétante avec une valeur (CVS, CJO) de son index à 95 pour une base 100 en 2005 (FIG.I, courbe marron). La composante de l'activité intérieure (courbe rouge) est en baisse (-0,3% en Février) celle de la composante exportation (courbe rose) est en progression (+0,3% en février après +0,4% et +1,1% les deux mois précédents). Mais cette part des exportations est elle-même très contrastée avec une décroissance de 1,1% des facturations vers la zone euro au mois de Février et une croissance de 1,5% vers le reste du monde.

    FIG.I : Chiffre d'affaires de l'industrie manufacturière allemande (Destatis, base 100 en 2005)

    Allemagne-CA-industrie-manufacturière-2002-2010

     La décroissance des facturations de l'industrie manufacturière allemande vers l'ensemble de la zone euro, y compris l'Allemagne, illustre et explique la stagnation économique de l'Europe. Ces pays pas sérieux de l'Europe méditerranéenne ("le Club Med") qui hérissent tant le poil des dirigeants allemands, sont aussi ses clients les plus importants. Alors il va bien falloir faire preuve de solidarité…par force. Après tout, les dirigeants chinois aident financièrement les Etats-Unis pour leur fourguer leurs exportations et assurer l'emploi en Chine. Un scénario de ce genre devra être un jour mis en place par l'Allemagne vis à vis de ses clients les plus fragiles de la même zone monétaire, sous peine de régression de l'ensemble de la zone.

    FIG.II : Commerce extérieur allemand: la baisse des importations en 2009 a permis de conserver une balance commerciale excédentaire malgré la chute des exportations (Destatis)

    Allemagne-commerce-extérieur-2008-2010 

     Il faudra que le leader de la zone euro se résigne à investir ses copieux excédents commerciaux, 12,6 mrds d'euros pour le seul mois de Février dernier (FIG.II) dans les "bonds" grecs, portugais, espagnols, irlandais… ou français. Dankeschön!

    LIRE le communiqué de Destatis sur le sujet.

    Le 9 Avril 2010

  • Etats-Unis: les consommations de carburants routiers poursuivaient leur baisse au mois de Janvier

    Etats-Unis: les consommations de carburants routiers poursuivaient leur baisse au mois de Janvier

     L'hiver n'est pas très propice aux déplacements sur le continent Nord-américain. C'est ce que confirment les statistiques de l'Energy Information Administration qui affichent, pour le mois de Janvier, des baisses de consommations d'essence de 1,9% par rapport au même mois d'il y a un an, qui lui-même était en retrait de 1,4%. Quand au gasoil à faibles teneurs en soufre qu'utilisent les poids lourds, ses consommations sont en baisse de 12%. Un autre paramètre important pour chiffrer l'impact des transports terrestres américains sur la consommation de pétrole est la part moyenne d'éthanol dans l'essence qui poursuit sa croissance. Elle était de 8,3% au mois de Janvier contre 6,8% un an plus tôt. Il résulte de toutes ces données (FIG.) une décroissance continue des consommations de carburants, hors éthanol, pour les transports terrestres qui dépasse les 0,9 million de barils/jour en deux ans. Un tiers de cette baisse provient du développement de l'utilisation d'éthanol.

    Conso-carburants-US-2008-2010
     Remarque : en ajoutant à ces valeurs les consommations de kérosène qui ont décru de 0,18 million de barils/jour en deux ans, il apparaît que les consommations de produits pétroliers pour les transports terrestres et aériens aux Etats-Unis, à 11,9 millions de barils/jour, ont chuté de 1,1 million de barils/jour (8,4%) entre Janvier 2008 et Janvier 2010.

     Par contre, la rigueur de l'hiver a fait croître les ventes de gaz comprimés et de fuel à hautes teneurs en soufre qui ont dépassé les 3,6 millions de barils/jour en moyenne sur Décembre et Janvier, à comparer à des valeurs autour de 2,4 millions durant l'été.

     Ces données, largement prévisibles, expliquent en partie pourquoi, malgré la rigueur de l'hiver, l'EIA vient de réviser à la baisse les consommations de pétrole pour la zone OCDE en 2010. Mais à 45,41 millions de barils/jour, pour 45,38 millions en 2009, cet organisme n'ose pas encore déclarer que les consommations de pétrole de l'OCDE seront en baisse en 2010. Incompréhensible blocage culturel d'une instance consumériste américaine?

    Le 9 Avril 2010

  • L’activité photovoltaïque mondiale semble avoir été soutenue au cours du premier trimestre

    L’activité photovoltaïque mondiale semble avoir été soutenue au cours du premier trimestre

    JA-Solar  C'est le chinois JA Solar, numéro 6 ou 7 mondial du marché des cellules et autres modules photovoltaïques en 2009, avec 509 MW vendus, qui vient d'exprimer sa satisfaction d'avoir réalisé une bonne activité en volume au premier trimestre 2010. Ses ventes ont atteint plus de 265 MW pour une prévision réalisée il y a seulement deux mois, comprise entre 215 et 225 MW. D'après cet industriel la demande s'avère être soutenue un peu partout dans le monde, avec la venue de nouveaux clients. La nouvelle a poussé à la hausse les cours des Sociétés chinoises du secteur à New-York. L'action JA Solar s'est valorisée hier de près de 10%.

    Rappelons que JA Solar est le fournisseur privilégié de BP Solar qui est en phase de désengagement de ses productions et fait appel de plus en plus à de la sous-traitance en Europe Centrale et en Asie pour assurer ses approvisionnements en modules.

    Avec de tels volumes trimestriels, JA Solar s'inscrit sur la liste des futurs industriels candidats au dépassement du Gigawatt produit en 2010. Il devrait figurer sur la "short list" avec l'américain First Solar, le japonais Sharp, le chinois Suntech. Son concurrent chinois Yingli devrait être très proche de ce seuil symbolique.

    LIRE l'information de JA Solar