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  • Le fret aérien illustre le fossé qui se creuse entre reprise économique en Asie et stagnation en Europe

    Le fret aérien illustre le fossé qui se creuse entre reprise économique en Asie et stagnation en Europe

     Le fret aérien qui concerne essentiellement les produits échangés à forte valeur ajoutée ou à caractère urgent, est un indicateur avancé de l'activité économique. Il a été montré ici combien la comparaison entre cet indicateur dans la zone Asie-Pacifique et celui dans la zone Europe était discriminante. Les valeurs publiées par l'IATA pour le mois de Décembre confirment à la fois le dynamisme de la zone Asie et la nonchalance économique de l'Europe. Après 16 mois de crise et de rétablissement, le trafic aérien en Asie a retrouvé son niveau d'il y a deux ans. Remarquable performance du dynamisme économique de cette zone, alors que l'inquiétant trafic de fret en Europe se traîne sans aucun tonus (FIG., courbe violette).

     Ces données indiquent qu'il faut rester très dubitatif devant des annonces au doigt mouillé de reprise de l'économie en Europe durant le premier semestre 2010.

    Fret-aerien-asie-2009-12

    LIRE les commentaires de l'IATA

    Le 27 Janvier 2010 

  • France: un appareil de production faiblement sollicité dans l’industrie manufacturière

    France: un appareil de production faiblement sollicité dans l’industrie manufacturière

    L'INSEE publie les résultats de son enquête trimestrielle sur les perspectives à attendre dans l'industrie manufacturière en France. Il apparaît une puissante divergence entre l'évolution du solde des opinions des chefs d'entreprises qui semble franchement s'améliorer et la charge réelle des ateliers qui demeure toujours aussi faible (FIG.). Effectivement, c'est moins pire qu'il ya 6 ou 9 mois, ce que traduit le solde des opinions, mais ce n'est toujours pas terrible, ce que montre le graphique. L'industrie française évolue, pour l'instant, dans un contexte en "L" de reprise molle, sans ressort réel. Tout cela est fort inquiétant pour l'avenir industriel de notre pays.

    Industrie-manufact-trim-2010-01

    LIRE le CR d'enquête de l'INSEE.

    Le 27 Janvier 2010

  • Siemens: les entrées de commandes trimestrielles illustrent les difficultés que rencontre l’industrie allemande

    Siemens: les entrées de commandes trimestrielles illustrent les difficultés que rencontre l’industrie allemande

    Siemens-2010-T1 Siemens, prototype de la grande industrie conquérante allemande rencontre certaines difficultés à collecter de nouvelles commandes. Au cours des trois derniers mois qui constituent pour Siemens le premier trimestre de l'exercice décalé 2010, ses entrées de commandes à 19 milliards d'euros ont affiché un recul global de 15% par rapport à celles d'il y a un an (FIG.). Sa division "Industrie" affiche un recul des commandes de 16% avec des secteurs fortement impactés comme sa partie "Industry Solutions" qui recule de 36%, à côté d'un secteur éclairage "Osram" qui progresse de 3%. La division "Energie" avec des commandes en recul de 19% affiche elle aussi des résultats très contrastés avec un recul de 49% des commandes d'équipements de types "Fossil Power Generation" et une superbe avancée de la partie énergies renouvelables qui voit ses entrées de commandes être multipliées par 2,4. Commandes de près de 1,6 milliards d'euros qui correspondent majoritairement à l'activité éoliennes offshores de Siemens dont nous avons déjà parlé ici.

    Malgré ces entrées de commandes un tantinet faiblardes, Siemens voit tout de même son carnet de commandes se gonfler,  pour atteindre 83 milliards d'euros, en raison de facturations trimestrielles elles aussi en retrait à 17,4 milliards d'euros. Les scores affichés par Siemens sont généralement pénalisés de 3% en moyenne par les taux de change, illustration de la valorisation de l'euro. La partie renouvelable se distingue par un effet devise négatif de 14% (Livre Sterling?). Ces données illustrent parfaitement le fait que la reprise de l'activité économique en Allemagne est très progressive. Effet de la valorisation de l'euro? Effet d'une reprise mondiale hors Asie encore incertaine? Doutes sur des besoins en énergie croissants dans les années à venir? Surcapacités chez les clients potentiels? Sûrement un cocktail de toutes ces raisons qui conduit à cette reprise languissante.

    LIRE le papier détaillé de Siemens d'où sont extraites ces données.

    Le 26 Janvier 2010.

  • Un exemple de substituabilité des sources d’énergie: le moteur diesel alimenté partiellement au gaz naturel

    Un exemple de substituabilité des sources d’énergie: le moteur diesel alimenté partiellement au gaz naturel

    Volvo-gaz-diesel La raréfaction de la ressource pétrolière, tant redoutée par certains annonceurs de l'apocalypse est un processus qui se déroulera lentement et qui va inciter les constructeurs de véhicule de transport à rechercher des sources alternatives d'énergie. Il est clair maintenant pour la voiture individuelle qu'une large partie de son avenir va reposer sur la traction électrique, dans les véhicules urbains tout d'abord puis qui se généralisera peu à peu à l'ensemble des véhicules, avec la progression des modes de stockage embarqué d'énergie électrique. Durant une étape intermédiaire les véhicules hybrides rechargeables permettront de concilier traction électrique et longue autonomie. Les biocarburants ou autres carburants de synthèse prenant leur part dans la recherche globale de solutions.

    L'équation est plus complexe en ce qui concerne les poids lourds, pour lesquels la pure traction électrique est difficilement envisageable, à l'exception de quelques rares véhicules urbains de faibles tailles et de faibles rayons d'action. La récupération de l'énergie au freinage par hybridation va être la première des grandes améliorations apportée à l'ensemble de ces véhicules ce qui devrait permettre de faire tendre la consommation des poids lourds vers les 20 litres aux cent km obtenus à ce jour sur circuit par les meilleurs. L'utilisation du gaz naturel comprimé est maintenant banale dans les bus urbains dont le kilométrage quotidien parcouru est faible. Dans le but de pouvoir permettre aux camions au long cours de pouvoir utiliser en partie du gaz naturel, Volvo va lancer à partir du mois de Février, en Suède, des essais commerciaux sur camion à moteur diesel qui sera partiellement alimenté en gaz. Cette solution mixte gasoil-gaz naturel permet de réduire, selon le constructeur, de 35% la consommation d'énergie par rapport à l'alimentation au gaz classique avec allumage par ignition et elle permet au chauffeur de pouvoir utiliser soit la version économique utilisant le mix gaz naturel-gasoil soit l'option pur gasoil s'il a épuisé sa réserve de gaz. Bien sûr ce moteur répond aux normes environnementales européennes les plus exigeantes.

    Il y a dans ce genre de solution pragmatique une voie intéressante pour faire à la fois décroître la demande en gasoil dans les transports et réduire la facture énergétique payée par les transporteurs qui utiliseront du gaz naturel deux à trois fois moins cher par unité d'énergie que le gasoil. Ce type de solution pourrait rencontrer un large succès aux Etats-Unis qui disposent d'importantes réserves de gaz naturel.

    LIRE le communiqué de Volvo

    Le 26 Janvier 2010

  • La lente reprise du trafic routier américain est en phase avec les faibles consommations de carburant

    La lente reprise du trafic routier américain est en phase avec les faibles consommations de carburant

     La consommation en carburant d'une nation dépend pour une large part de son trafic routier, de la fluidité de ce trafic, de la qualité du réseau routier, de la consommation nominale moyenne du parc de véhicules et du mode de conduite en vogue ou imposé par les règlements. Par les temps qui courent, au sein des pays de l'OCDE, la tendance est plutôt à la vente de véhicules de plus en plus sobres, à la mise à la casse des véhicules les plus vieux, souvent les plus voraces en carburant, et les règlements routiers ne semblent pas privilégier la conduite sportive. Certains pays comme le Japon attachent une grande importance à la fluidité du trafic qui est régulièrement mesurée et améliorée. La notion de "bouchon routier écologique" semblant être un concept purement hexagonal, illustration du caractère complexe, amoureux des paradoxes, dont nous avons hérité de nos ancêtres les Gaulois. Tout cela pour dire qu'il est normal d'assister à une décroissance continue de la consommation de carburant dans l'ensemble des pays de l'OCDE avec une modulation qui va beaucoup dépendre de l'évolution du trafic, lui même fonction d'une multitude de paramètres économiques, sociologiques et géographiques.

    Trafic-USA-2009-11   

    Dans le cas des Etats-Unis ce trafic fait l'objet d'une surveillance attentive et les dernières mesures datant du mois de Novembre dernier, montrent un trafic en très faible croissance après la forte déprime observée en 2008 et début 2009 (FIG.). Ce résultat est tout à fait cohérent avec les faibles ventes de carburants observées dans ce pays qui n'ont pratiquement pas varié sur les douze derniers mois.

    Remarque: la chute des ventes de produits pétroliers au sein de l'OCDE de 5% qui atteignait 2,4 millions de barils/jour sur les 9 premiers mois de 2009 n'est que la résultante des multiples actions d'amélioration de l'efficacité énergétique des processus, résultant de la crise économique et des préoccupations environnementales. Une telle baisse qui représente la production de 6 à 8 raffineries de bonnes tailles, dont deux ou trois en Europe, ne peut entraîner qu'une baisse de charge du raffinage qui devra inéluctablement rationnaliser son outil de production. Il est impossible de réduire à la fois le gaspillage de produits pétroliers et de continuer à raffiner comme avant. C'est une lapalissade.

    ACCEDER au site de la Federal Highway Administration

    Le 25 Janvier 2010.

  • Impressionnante stratégie de Panasonic dans le domaine des systèmes relatifs à l’énergie

    Impressionnante stratégie de Panasonic dans le domaine des systèmes relatifs à l’énergie

    Panasonic-AC-DC-2009 L'absorption de Sanyo par Panasonic, avec l'apport d'une solide activité dans les modules photovoltaïques et avec la consolidation du business batterie des N° 1 et 2 japonais, constitue une formidable opportunité pour ce Groupe de repenser sa stratégie des systèmes dans le domaine de l'énergie. Cette réflexion stratégique conduit les dirigeants de Panasonic à énoncer cinq axes majeurs qu'il n'est pas anodin d'analyser.

    1- Le premier de ces axes concerne les "éco solutions" portant sur la maison, les immeubles et même étendues aux villes au travers de "community grid" qui incorporeront les systèmes énergétiques Panasonic, produits phares de cette stratégie. Les dirigeants de ce Groupe raisonnent SYSTEME complexe à forte valeur ajoutée et non COMPOSANT. Ceci me semble être fondamental pour une industrie évoluant dans un pays fortement développé.

    2- Puis vient la décision d'investir massivement (un milliard de dollars entre 2011 et 2016) dans la technologie photovoltaïque HIT de Sanyo afin de devenir le N° 1 japonais en 2013, donc devant Sharp, et être dans le TOP 3 mondial en 2016. Vaste challenge, mais qui s'inscrit dans l'approche globale définie précédemment.

    3- Dans les batteries Li-Ion l'objectif est simple: détenir plus de 40% du marché mondial en 2016, avec les deux marques Sanyo et Panasonic, pour atteindre un CA de plus de 10 milliards de dollars. Dans ce but, l'accent sera mis sur la commercialisation de batteries pour véhicules électriques et de celles dédiées aux applications domestiques. Nul doute que la réunion des deux plus grands constructeurs mondiaux de batteries et de leurs réseaux de sous-traitants va conduire à un Groupe d'une rare puissance dans ce domaine. Un tel rapprochement en Europe ou même aux USA eût été impensable. Mais les autorités japonaises connaissent bien la menace chinoise dans le domaine. La réunion des deux leaders nippons va permettre de faire faire un saut qualitatif à la technologie des batteries. Le jeu consistera alors à proposer des produits innovants que les Chinois ne sauront pas faire et de les contenir ainsi sur leur seul marché intérieur. Sorte de jeu de Go technologique.

    4- Vient ensuite un objectif beaucoup plus ambitieux et prospectif qui touche les futures technologies de transformation, de stockage et d'économie d'énergie au travers d'une Corporate Division transversale qui doit être créée cette année. Ce genre d'organisation permet de pousser des objectifs innovants et pas forcément immédiatement rentables au travers de Divisions orientées business et profit. C'est indispensable pour des Groupes qui préparent les solutions pour les décennies futures.

    5- Enfin Panasonic pense s'adresser au marché de la voiture écologique  ("eco-car market") avec des batteries économiques (?), des pompes à chaleur à faible consommation pour le conditionnement d'air et des chargeurs efficaces. Cette réflexion illustre que le marché de la voiture électrique pour Panasonic n'en est qu'à ses balbutiements. Bien des innovations et des offres commerciales sont à venir avec une part de marché qui s'élargira et des coûts décroissants qui devront accompagner ce mouvement.

    LIRE en détail ce résumé de la stratégie de Panasonic.

    Le 25 Janvier 2010

  • Après un été arrosé, la récolte américaine 2009 de maïs a été excellente

    Après un été arrosé, la récolte américaine 2009 de maïs a été excellente

    L'année 2009 pour la récolte de maïs aux Etats-Unis aura été dans la lignée des bonnes années précédentes. Les tortillas seront abondantes sur le continent Nord-américain. Cette récolte qui a nécessité 35 millions d'hectares (70% de la surface de la France métropolitaine), a atteint le record de 13,2 milliards de boisseaux, en progression de près de 9% par rapport à la récolte précédente. Le rendement moyen de 408 boisseaux à l'hectare, grâce à un été pluvieux sur la Corn Belt, aura écrasé l'ancien record de 2004 qui avait affiché un score de 396 boisseaux à l'hectare. Dans les faits, examinées sur une longue durée, les récoltes de maïs américaines progressent en moyenne de 2,5% par an, essentiellement en raison des progrès réalisés dans les rendements (FIG.).

    Mais-USA-1960-2009

    Sur la base d'une conversion de 2,8 gallons d'éthanol par boisseau, 38% environ de cette récolte devraient permettre d'alimenter les productions de bioéthanol qui devraient atteindre en 2010 dans les 330 millions de barils d'alcool (0,9 million de barils/jour soit 10% environ des consommations d'essence). Cela veut dire qu'il restera, après les productions de Bourbon dans le Kentucky, plus de 8 milliards de boisseaux maïs pour les consommations de tortillas, de corn-flakes et autres dérivés ainsi que pour l'exportation.

    Les cours du boisseau de maïs oscillant entre 3 et 4 dollars, ces récoltes assureront un CA autour des 46 milliards de dollars aux paysans américains.  

    LIRE la nouvelle sur le site de l'USDA

    Le 24 Janvier 2010

  • Les cours du pétrole prendraient-ils mieux en compte les fondamentaux d’un marché déprimé?

    Les cours du pétrole prendraient-ils mieux en compte les fondamentaux d’un marché déprimé?

     Des milliards de dollars sont investis en papiers indexés sur les cours du maïs, du soja, de l'aluminium, du nickel, du pétrole, de l'essence ou du gaz naturel. Ces fonds sont soit empruntés à taux zéro à la FED, soit proviennent des liquidités des instances financières ou des fonds de pensions et, pour une faible part, des acteurs économiques qui désirent se couvrir contre les fluctuations extravagantes des Marchés. Le durcissement politique de la position d'Obama, annonçant de possibles limitations dans l'utilisation des fonds du système bancaire dans ses activités d'investissements pour compte propre, rend les marchés nerveux. Il est peut-être revenu le temps de regarder à nouveau et avec attention les fondamentaux des marchés. Alors les cours du gaz naturel, stimulés par une forte demande qui a doublé depuis le début du mois de Janvier aux Etats-Unis et une baisse spectaculaire des stocks, conséquence de la vague de froid, se maintiennent aisément vers les 6$ /MMBTU, venant d'un plus bas de 2.5 $/MMBTU au mois de Septembre dernier.

    Raffinage-US-taux-2006-2009 

    Inversement, la demande en produits pétroliers est toujours aussi faible aux Etats-Unis et dans l'ensemble des pays de l'OCDE, entraînant de très faibles activités de raffinage (FIG.) qui poursuivent leur déclin, sur fond de stocks spéculatifs pléthoriques officiels ou flottants. Dans son rapport du mois de Janvier (page 42) l'OPEP évoque toujours l'existence à fin Décembre de 100 millions de barils de produits raffinés et 50 millions de barils de pétrole brut stockés dans des tankers amarrés pour une large part en Europe et dans le Golfe du Mexique. Alors il est possible d'assister à un retrait important des cours durant cette deuxième partie du mois de Janvier. Malgré des prévisions de notre ami Jeffrey Currie de Goldman Sachs qui annonce des tensions entre offre et demande de pétrole pour 2011, en raison du ralentissement des investissements des Groupes pétroliers; malgré un avis qualitativement de même nature provenant de Christophe de Margerie, mais qui ne précise pas la date d'apparition de ces tensions, le Marché du pétrole est pour l'instant déprimé. Le brut WTI a tout naturellement perdu 3$ par baril dans la semaine et le Brent a fait encore plus fort en lâchant 5$/baril. Cela confirme l'observation empirique qui veut que le mois de Janvier soit une mauvaise période pour les cours du pétrole. Une poursuite de ce retrait des cours la semaine prochaine, sur fond de valorisation du dollar, doit être sérieusement envisagée. Un pétrole qui reviendrait autour des 65$/baril serait un bienfait pour la reprise de l'économie mondiale mais il n'est pas sûr que la spéculation se dégonfle jusque là. Elle attend toujours, d'après Goldman Sachs, 90$/baril en 2010 et 110$ en 2011, les bonus sont en jeu.

    Le 23 Janvier 2010

  • Les entrées de commandes à l’industrie en Europe se traînent à des niveaux d’il y a six ans

    Les entrées de commandes à l’industrie en Europe se traînent à des niveaux d’il y a six ans

     Eurostat titre sa statistique du mois de Novembre 2009: "Les entrées de commandes dans l'industrie en hausse de 1,6% dans la zone euro". Formidable me direz-vous, ça repart! Oui les entrées de commandes à l'indice 92, pour une base 100 en 2005, sont au niveau de celles du mois de Novembre 2003. Il y a de cela six ans en arrière. Elles sont 30% plus faibles que celles d'il y a deux ans (FIG.).

     Les entrées de commandes à l'industrie du mois de Novembre sont donc mauvaises, ce qui veut dire que les usines durant les mois de Janvier et Février sont et seront faiblement chargées et que les facturations du début 2010 seront faibles. Telle est la réalité dans l'Europe languissante. La revalorisation du dollar par rapport à l'euro amorcée depuis la fin du mois de Novembre, ne fait que traduire cet état dépressif européen fort inquiétant.

    Entrées-commandes-2009-11

    LIRE la publication d'Eurostat.

    Le 22 Janvier 2010
     

  • GE, Züblin et RWE décident de lancer un démonstrateur de stockage par compression quasi adiabatique d’un GWh

    GE, Züblin et RWE décident de lancer un démonstrateur de stockage par compression quasi adiabatique d’un GWh

    La compression adiabatique (sans perte de chaleur) de l'air est un des moyens de stockage de l'énergie du futur. Il avait été mentionné son utilisation pour la récupération d'énergie au freinage, comme moyen de stockage par les véhicules lourds à arrêts fréquents, de style benne à ordure, proposée par Bosch (LIRE). Il est facile de montrer graphiquement que ce mode de stockage est 50% plus efficace que le stockage isotherme obtenu en laissant se dissiper la chaleur de compression de l'air. General Electric est sûrement le plus avancé aujourd'hui dans l'étude des technologies (turbines, compresseurs à très hautes températures) nécessaires à la mise en oeuvre de ce mode de stockage de l'énergie dans des réservoirs souterrains, creusés au sein de gisements de sel. Il existe à ce jour deux unités qui utilisent la compression d'air pour stocker l'énergie dans des cavernes de sel: la centrale de Huntorf (290MW) à côté de Brême en Allemagne et celle de McHintosh (110MW) dans l'Alabama. Les deux unités utilisent l'air comprimé pour alimenter une turbine à gaz qui présente alors un excellent rendement, le travail de compression de l'air étant déjà fourni.

    CAES-ADELE

    L'objectif de GE, Züblin et RWE, au travers du programme ADELE, est de réaliser un stockage par compression d'air quasi adiabatique qui se dispenserait de la turbine à gaz. Pour cela, en heure creuse, la chaleur de compression de l'air qui atteint les 600°C, serait stockée dans de grands échangeurs calorifugés disposés en surface contenant des céramiques (FIG. représentés en rouge, les cavernes non représentées sont au dessous de l'installation), l'air arrivant ainsi dans les cavernes sous-terraines à 40°C sous une pression max de 70 bars. Lors de la demande de puissance, l'air sous pression en repassant par les échangeurs, se réchauffe à nouveau et alimente ainsi directement une turbine sans apport de combustion de gaz naturel.

    GE qui doit fournir la partie compression et turbine, l'allemand Züblin responsable des échangeurs et l'électricien RWE ont signé un accord pour développer une unité de démonstration d'un GWh et de 200 MW de puissance qui présentera donc une autonomie de 5 heures à pleine charge. Cette unité devrait être opérationnelle en 2013.

    Dans ce projet la part la plus complexe provient de la température de l'air de 600°C qu'il faut atteindre et maintenir, ceci suppose la mise en oeuvre de matériaux réfractaires sophistiqués. 

    VOIR une animation sur cette très intelligente approche technologique de stockage d'énergie.

    LIRE le communiqué de RWE.

    Le 22 Janvier 2010