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  • Pendant les travaux de Copenhague, la vente des centrales au charbon continue

    Pendant les travaux de Copenhague, la vente des centrales au charbon continue

     D'un côté la Grand-messe danoise avec des milliers de délégués qui ne savent pas trop pourquoi ils sont là, sinon pour faire nombre. Tout cela pour définir de vagues objectifs aux échéances lointaines, sans grande ligne politique, sans choix stratégique, sans plan d'action. D'un autre côté le business quotidien qui continue, "as usual": Alstom vend une centrale au charbon de 600 MW à la Slovénie. "Ce contrat aura par ailleurs un fort impact local, en permettant de maintenir à pleine capacité la production de la mine de charbon voisine (qui aurait été autrement réduite de moitié)" affirme gaillardement le communiqué d'Alstom. L'équipement installé comportera "une chaudière à tour à passage unique, présentant des paramètres de vapeur ultra-supercritiques." Tel finit le communiqué. On aurait aimé connaître les rejets de CO2 de cette nouvelle tranche, son impact sur le monde. Ultra-supercritique, cela signifie des températures vers les 600°C et des rendements de l'ordre de 45%. Alors il faut s'attendre à des rejets de CO2 vers les 900 kg/MWh nous indique la thermodynamique (FIG.), peut être moins (760 kg/MWh) si l'on tient compte de la teneur en hydrogène du charbon (4%), mais allez-savoir? Le communiqué est muet sur la question. Alors, il ne reste plus qu'à compter:

    600MW x 8760 heures x 80% de taux de charge x 0,76 T/MWh = 3,2 milliards de tonnes de CO2 par an°.

    °(Valeur revue à la suite de la remarque de Lucas et de la prise en compte de 4% d'hydrogène que j'assimile thermodynamiquement à 16% de méthane et non pas à 5%. Mais la valeur réelle des émissions d'une centrale doit être bien supérieure à ce calcul théorique si l'on tient compte des phases durant lesquelles la centrale ne fonctionne pas à son régime optimal en raison de baisses de charges, d'arrêts et de redémarrages)

    Vous me direz, 3,2 milliards de tonnes de CO2 cela ne fait même pas un millième des émissions de l'Europe, alors personne n'y verra que du feu. Même pas les délégués du GIEC à Copenhague. Alors pourquoi tout ce foin?

    FIG. Où il est montré qu'il vaut mieux brûler du gaz naturel avec des centrales à cycle combiné à 60% de rendement, plutôt que du charbon dans des centrales ultra-supercritiques à 45% de rendement. La courbe discontinue verte tient compte d'un gaz naturel contenant avant purification 20% de CO2

    Centrale-charbon-gaz
     

    LIRE le communiqué d'Alstom.

    Le 10 Décembre 2009 (revu le 11 Décembre)
     

  • Les cours du pétrole vont-ils refléter un jour les fondamentaux du Marché physique?

    Les cours du pétrole vont-ils refléter un jour les fondamentaux du Marché physique?

    La réponse à la question posée dans le titre est évidemment "OUI". Quand les traders décident tous en coeur d'abandonner leurs positions haussières pour jouer à la baisse, durant quelques secondes, quelques heures ou quelques jours selon la rapidité du processus d''inversion, les prix passent par un point d'équilibre satisfaisant. Mais ne vous y leurrez pas, c'est une pure nécessité mathématique! Pour aller du positif au négatif, il faut passer par zéro. La question plus pertinente à poser est donc la suivante: le marché du pétrole amorce-t-il, en ce moment, une phase d'inversion de tendance?

    Il faut reconnaître que 2009, pour ces messieurs de New York ou de Londres aura été une grande année avec un baril à 40 dollars à fin 2008 qui a atteint les 80$ au mois de Novembre, il est certain que les plus values sur les futures et autres options ont dû être copieuses. En ces périodes de fin d'année certains ont sûrement clos leurs positions et engrangé les profits, en attendant 2010. Cette inversion de tendance qui a repoussé le baril vers les 70 dollars hier sur le NYMEX, semble devoir être attribuée à plusieurs autres causes.

    Tout d'abord à la faiblesse de l'euro entravé par ses Nations les plus faibles comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal pour lesquelles l'Euro est une monnaie trop forte. Mais la valorisation de cette monnaie est également trop élevée pour l'ensemble des industriels de la Zone monétaire, y compris pour l'industrie allemande qui voudrait sortir de la crise. Dans ces conditions, le dollar ne peut que s'apprécier et le pétrole perdre de son statut de couverture contre une dévaluation du dollar qui s'éloigne. Qui peut imaginer un Euro fort et conquérant dans une Zone économiquement sinistrée? Même les faucons de la BCE en reviennent.

    Le deuxième paramètre est la faiblesse persistante de la demande en produits pétroliers. Faible demande aux Etats-Unis (LIRE) et dans l'ensemble des pays de l'OCDE (LIRE) assis sur des stocks pléthoriques (LIRE). Cette anémie de la demande est à mettre en perspective avec une offre abondante du cartel de l'OPEP et des productions russes et américaines de brut croissantes.

    Spread-BRENT-WTI

     Enfin, pour expliquer la particulière faiblesse des cours sur le Nymex du WTI, il faut aussi mentionner la quasi saturation des stocks à Cushing, Oklahoma qui sur les six dernières semaines a provoqué l'inversion classique des cours entre WTI et BRENT (FIG.) provoquant un effet retard à la baisse de 4$ par baril sur le Brent. Ce sont ces blocages occasionnels sur un Marché physique trop étroit ont amené l'ARAMCO à abandonner le WTI comme pétrole de référence. Pour suivre le marché du pétrole de façon pertinente aujourd'hui, il faut donc regarder les cours du Brent.

     La guerre d'influence entre traders haussiers et traders baissiers est de toute évidence ouverte. Il est trop tôt pour dire si l'inversion de tendance est réellement amorcée, mais de lourdes chutes des cours dans des hivers déprimés se sont déjà vues, comme en Janvier 2007 où le brut était tombé à 50 dollars le baril ou en Janvier 2009 où il était descendu à 35 dollars le baril. Janvier est un excellent mois pour les huîtres et les oranges, mais pas forcément pour le pétrole.

    Le 10 Décembre 2009.

  • Les pays de l’OCDE ont poursuivi leur mouvement de baisse de consommation en produits pétroliers au mois d’Août

    Les pays de l’OCDE ont poursuivi leur mouvement de baisse de consommation en produits pétroliers au mois d’Août

     La baisse mondiale des consommations en produits pétroliers attendue dans les années à venir et qui accompagnera tout naturellement la lutte contre les émissions de GHG, proviendra dans un premier temps des actions menées contre le gaspillage énergétique engagées dans les pays de l'OCDE. Ces pays devront réduire leurs consommations de pétrole pour compenser et même dépasser l'accroissement des consommations dans les pays NON OCDE. Ces baisses annoncées proviendront de la fermeture des raffineries les moins productives, du développement des biocarburants, de l'abandon progressif du fuel comme moyen de chauffage domestique, des nombreuses mesures d'amélioration de l'efficacité énergétique dans les transports de toutes sortes et de la lente mais inéluctable substitution des carburants pétroliers par l'électricité dans les véhicules électriques. Le maximum OCDE des consommations cumulées sur 12 mois date de 2005 (FIG.I). Quatre ans déjà!

    Conso-pétrole-OCDE-2005-2009-08 

      L'Energy Information Administration américaine tient à jour les consommations mensuelles moyennes des pays de l'OCDE. Ce suivi, très instructif, montre qu'au mois d'Août de cette année ce sont les consommations des pays européens de l'OCDE qui ont affiché la meilleure performance avec une baisse des consommations de 1,24 millions de barils/jour par rapport à celles du même mois en 2008. L'Allemagne (-0.37), la France (-0.26) et l'Italie (-0.12) faisant la course en tête. Pour l'ensemble des pays OCDE, cette baisse des consommations moyennes de pétrole au mois d'Août ressort à 1,86 millions de barils/jour pour afficher une consommation de 44,4 millions de barils/jour.

     Sur l'ensemble des premiers 8 mois de 2009 la consommation moyenne OCDE ressort à 45,2 millions de barils/jour en baisse de 2,6 millions de barils/jour par rapport à la même période en 2008. Les baisses de consommations du Japon et de l'Europe représentent près de la moitié du résultat (FIG.II).

    Conso-pétrole-OCDE-2009-08
     
      

    ACCEDER au Tableau Excel de l'EIA pour connaître les détails

    Le 9 Décembre 2009
     

  • La bonne tendance de l’activité du fret aérien en Asie contraste avec sa langueur en Europe

    La bonne tendance de l’activité du fret aérien en Asie contraste avec sa langueur en Europe

    Suivre les variations du fret aérien est une activité instructive, c'est en effet un indicateur avancé de l'activité économique mondiale et de celle de chacune des zones concernées. Pour éviter de raconter n'importe quoi, il est nécessaire que cette variation mensuelle soit mesurée par rapport à une référence stable. C'est pour cela qu'il est pertinent, aujourd'hui, de mesurer les variations par rapport à il y a deux ans, période où le fret aérien croissait de mois en mois de façon quasi continue. Ces précautions étant prises il est possible de constater une remontée continue de cette activité en Asie. D'un -23% au mois de Mars, l'indicateur est remonté à -9% au mois d'Octobre (FIG., courbe rouge). La tendance indique que le fret aérien en Asie aura retrouvé ses niveaux d'il y a deux ans au printemps 2010. Ce résultat est cohérent avec le dynamisme économique observé au mois de Décembre dans cette zone. Par contre la variation du fret aérien en Europe montre une reprise très lente qui affiche un score de -16% par rapport à il ya deux ans (FIG., courbe violette). Pour l'instant il est impossible de pronostiquer à quel horizon ce fret aérien européen retrouvera ses niveaux de 2007. 

    Fret-aerien-asie-2009-10

    Ces observations permettent de penser que l'activité économique en Asie en début 2010 sera soutenue. Mais elles incitent aussi à être assez pessimiste sur une éventuelle reprise européenne. Dans ces conditions il est peu probable que l'Euro poursuive ad vitam son mouvement de valorisation vis à vis du dollar sous peine de rechute économique européenne accélérée. La décision de Daimler de délocaliser une partie de ses productions de Mercedes aux Etats-Unis illustre ce que l'industrie européenne fait tous les jours: elle s'adapte aux données économiques et monétaires du moment. 

    Le 8 Décembre 2009

  • Certains chinois proposent un transport maritime propulsé par des réacteurs nucléaires!

    Certains chinois proposent un transport maritime propulsé par des réacteurs nucléaires!

    Cosco-wei jiafu Le transport maritime mondial doit représenter une part non négligeable du milliard de tonnes de CO2 émis en 2008 par le transport international. Cette activité devra impérativement réduire ses émissions de CO2 dans les décennies à venir. Cela reposera sur de nombreuses améliorations techniques portant sur le rendement des moteurs, l’optimisation des vitesses (« super slow steaming ») qui impliquera des trajets plus longs et donc des flottes plus importantes, la réduction de la traînée des navires, l’optimisation des consommations d’énergie annexes et l’adoption de modules solaires à bord, participant à la fourniture d’énergie au navire. Mais il est une solution plus radicale qui vient d’être préconisées par le Président du premier affrèteur maritime chinois et donc mondial, Cosco: c’est, comme on le fait pour les sous-marins, d’utiliser des réacteurs nucléaires pour alimenter en énergie de gros navires de transport. Le président de cette Société (FIG.) a affirmé, lors d’une conférence à Shanghai, avoir pris contact avec les autorités nucléaires chinoises pour aborder cette éventualité.

     Ces propos reposent le débat de la miniaturisation des sources d’énergie nucléaire pour des usages civils, option qui pour ma part me semble complètement utopique, dans un monde menacé par les idéologues de tous poils.

    LIRE le papier de Seatrade Asia Online sur le sujet.

    Le 7 Décembre 2009

  • Siemens installe un prototype d’éolienne « direct drive » sans multiplicateur

    Siemens installe un prototype d’éolienne « direct drive » sans multiplicateur

    Eolienne-direct-drive-3MW-Siemens Le business des éoliennes doit faire, comme toute autre activité, des gains de productivité pour accompagner la tendance naturelle des marchés vers des prix plus compétitifs, des performances accrues et des coûts d'exploitation réduits. Dans le cadre de cette évolution le marché est allé vers des éoliennes de plus en plus puissantes atteignant jusqu'à 5MW pour l'instant. En parallèle le marché offshore, dominé par Siemens, s'est développé en Europe pour profiter de facteurs de charges plus élevés (3500 heures par an ou 40% en Mer du Nord) ce qui a posé le problème de l'acheminement de la puissance électrique de la ferme en pleine mer vers le réseau terrestre, avec un bon rendement, par les technologies à courant continu. Des fermes éoliennes de plus en plus puissantes, de plus en plus éloignées de la terre ferme dans des Mers hostiles, il est évident qu'un paramètre clé entre alors en jeu: la fiabilité du système ainsi que la périodicité et la lourdeur des opérations de maintenance. Il se dégage ainsi un nouvel axe de progrès: la simplification des systèmes. C'est ainsi que l'on a vu General Electric faire main basse sur ScanWind un petit opérateur norvégien de l'éolien très innovant qui développe une machine offshore de 4MW de type "direct drive" se dispensant de la grosse boîte à vitesses qu'est le multiplicateur des éoliennes classiques (LIRE). Maintenant, c'est au tour de Siemens d'annoncer son premier prototype "direct drive" de 3,6 MW qui lui permet de réduire le nombre de pièces mécaniques de l'éolienne par deux. Le système utilise alors un générateur synchrone à aimants permanents d'une grande simplicité et très efficace même à faibles vitesses de vents.

    LIRE le communiqué de Siemens.

    Le 7 Décembre 2009

  • Et si le niveau des mers venait globalement et de façon passagère à baisser?

    Et si le niveau des mers venait globalement et de façon passagère à baisser?

    L'énergie du forçage climatique correspondant à l'accroissement de la fraction d'irradiance solaire absorbée par notre planète se retrouve essentiellement dans les océans. Ce surcroît d'énergie captée à un instant donné est le produit de l'irradiance solaire, éminemment variable, par la fraction supplémentaire absorbée qui est une fonction croissante dans le temps, en relation avec la variation de la teneur en GHG dans l'atmosphère par rapport à celle de 1750. Il est donc possible de prévoir que durant un espace de temps relativement bref de l'ordre de quelques années il sera possible d'observer successivement soit une synergie entre les deux phénomènes, durant laquelle l'irradiance solaire croît en même temps que le forçage, soit à une neutralisation réciproque durant laquelle l'irradiance solaire décroît tandis que l'absorption par les GHG continue sa progression inexorable, au rythme des rejets anthropiques. Le forçage climatique correspond à la superposition de deux effets majeurs, l'un variable, l'irradiance solaire, avec des périodicités décennales, ou sur 60 ans ou sur des siècles (LIRE) et l'autre de forme quadratique, liée à l'accumulation des GHG dans l'atmosphère. De telles phases, de façon amortie et retardée dans le temps, apparaissent dans l'étude du niveau moyen des mers. Les données publiées à ce jour sur les niveaux moyens des mers relevés par les satellites Topex jusqu'en 2002 puis par Jason 1 et 2 mettent en évidence de telles phases (FIG.I). Les relevés entre ceux de 1993 et les derniers publiés à mi-2009 permettent clairement d'identifier deux phases: la première, en bleu sur le graphique, allant jusqu'en 2003 montrant une progression quadratique de ces niveaux, la deuxième depuis cette date, en rouge, qui présente un net amortissement des phénomènes.

    Niveau-mers-1993_2009 

    L'élévation des niveaux moyens des mers est donc la conséquence de phénomènes locaux, variables d'une mer à l'autre, d'une grande complexité et qui conduisent à des variations moyennes amorties et retardées, dont la vitesse de variation peut varier, et même pourquoi pas changer de signe. A l'accroissement des niveaux autour de 1996-2000 pourrait éventuellement succéder une baisse du niveau moyen après 2010.

    Alors qu'en 1999 la pente de la courbe quadratique de corrélation affichait une pente de 3,7 mm/an en 2004 cette pente n'était plus que de 2,5 mm/an, puis 2 mm/an en 2006, puis 1,4 mm/an en 2008 et enfin les premières valeurs de 2009 indiqueraient un accroissement moyen des niveaux de 1,1 mm/an.

    Ces phénomènes font l'objet d'études très actuelles d'un grand sérieux et d'une grande objectivité par des équipes françaises dont la chef de file incontesté est Anny Cazenave, membre de l'Académie des Sciences depuis 2004 et qui exerce ses talents dans le cadre du Laboratoire d'Etudes en Géophysique et Océanographiques Spatiales du CNES, à Toulouse.

    Les variations de niveau des mers totales SLtotal se décomposent en deux termes la variation stérique SLsteric qui est lié à la densité moyenne qui dépend des températures (l'eau se dilate avec la température au dessus de 4°C) et des salinités (le volume décroît avec la teneur en sel) et la variation massique SLmass liée aux transferts de masses d'eau entre les mers et les réserves terrestres (glaciers, forêts, lacs, etc.). A partir de mesures des variations de la gravité ces équipes ont déterminé les masses d'eau libérées par la fonte des glaciers dans l'Arctique et l'Antarctique et expliquent, avec un apport des autres eaux terrestres, un accroissement des niveaux des mers de près de 10 mm en 5 ans, entre 2003 et 2008, soit une valeur moyenne annuelle de 1,9 mm/an. Les mesures de salinité et de températures sur la surface des océans, réalisées par les missions Argo, expliqueraient une variation stérique de 0,37 mm/an. La somme des deux composantes se rapproche de la variation de la hauteur des océans entre 2004 et 2008 qui est estimée à 2,5 mm/an. Pour Cazenave et Col. la hausse du niveau moyen des mers serait due à 80% aux apports d'eau dans les océans par la fonte des glaciers.

    Une synthèse sur ces travaux et d'autres plus récents réalisée en Août 2009 par Eric Leuliette dans le cadre du NOAA et portant sur les variations entre Janvier 2004 et Mars 2009, vient confirmer qualitativement ces conclusions. Avec une augmentation moyenne des niveaux des mers de 1,8 mm/an durant cette période, l'auteur estime la partie stérique à 0,5 mm/an et la partie massique comprise selon les corrections de mesures à 0,9 à 1,8 mm/an. La part massique explique donc majoritairement la montée récente du niveau moyen des mers.

    A partir de ces travaux il est possible d'imaginer qu'une réduction temporaire en cours de l'irradiance solaire va faire cesser la fonte des glaciers. De plus, pour de simples raisons géographiques, plus la glace va se trouver en altitude et moins elle aura de chances de fondre en abondance, en raison de la faible période de réchauffement. C'est cette même raison qui pourrait expliquer la baisse incessante actuelle de l'accroissement des niveaux moyens des mers et porter à faire le pronostic d'une inversion de tendance probable.

    Mais, dans les faits l'abaissement du niveau des océans Pacifique et Atlantique vient d'être observé avec un maximum vers 2005 ou 2006 (FIG.II).

    Sea-level-atl-Pac-1993_2009

    Cela veut-il dire que la montée du niveau des mers est à mettre aux oubliettes? Non, bien sûr. La superposition d'un phénomène variable à un phénomène à la croissance parabolique se traduit toujours par la victoire du second. Il est donc certain que les océans connaîtront dans le futur de nouvelles poussées d'élévation des niveaux, plus fortes encore que celle observée en 1999.

    Il apparaît, à ce jour, que les études des variations du niveau moyen des mers par les observations des satellites, liées à la mesure des variations du volume des calottes glacières et aux mesures de salinité et de températures des eaux de surface des océans, conduisent à une compréhension expérimentale du changement climatique assez élaborée. Les résultats pertinents obtenus semblent éloignés des conclusions des multiples travaux de simulation conduits par ailleurs et qui, pour l'instant, ne cessent d'annoncer la catastrophe immédiate.

    LIRE les travaux de Cazenave et Col.

    LIRE la synthèse d'Eric Leuliette

    Le 6 Décembre 2009


     

  • Pour être dans le vent, jouez le nouveau syndrome de Copenhague!

    Pour être dans le vent, jouez le nouveau syndrome de Copenhague!

    Les grands écrans plats qui ont remplacé les étranges lucarnes, reçoivent tous les jours leurs cohortes "d'experts" écolo-bobo-intellos qui viennent nous expliquer, avec forces approximations et autres raccourcis, que la culture du chanvre indien va venir remplacer définitivement l'exploitation des énergies fossiles et créer les millions d'emplois qui nous font tant défaut. Que ce n'est qu'une question de volonté et qu'après la vie sera plus belle. Bien sûr devant tant de convictions et d'enthousiasme, sous la menace de l'enfer climatique qui nous guette, même l'âme la plus endurcie ne peut qu'adhérer aux propos uniformes qui égrènent ces émissions oecuméniques. Le prosélytisme écologique béat envahit nos esprits, révélation collective, évidence dévoilée que plus tard les sociologues appelleront probablement le nouveau  Syndrome de Copenhague. Les Peuples vont devoir se préparer à financer la Grande Croisade écolo, sous formes de taxes carbones diverses, de Cap & Trade, de tarifs préférentiels, d'ampoules basses consommation hors de prix et autres subventions à des technologies dont la pérennité et l'efficacité restent à démontrer.

    Mais tout n'est pas négatif dans ce tapage, certains vont tirer leur épingle du jeu et accélérer leur développement. D'autres renards vont les suivre et même amplifier le mouvement, je veux parler des acteurs de la spéculation boursière. Avec la crise et la pénurie de liquidités le greenbusiness mondial a connu un formidable coup d'accordéon. Les prix des actions des Sociétés concernées se sont effondrés. En 2008 le chinois Suntech avait perdu 87% de sa valeur, le norvégien REC 77%, l'allemand Q-Cells 76% et le danois Vestas dominait le lot avec une perte limitée à 44%. Des chiffres illustrant l'ampleur du marasme le plus complet. Mais depuis le moral est revenu pour certains, mais pas tous. Le photovoltaïque allemand souffre encore, l'éolien se maintient. Par contre le photovoltaïque asiatique coté à New York est en plein boom (TAB.).

    PV-Asie-2009-12

    En un an Trina Solar a vu son cours sextupler, celui de Canadian Solar a été multiplié par cinq et celui de Yingli a été multiplié par quatre et celui de Suntech par deux. Le taïwanais Motech a également vu son cours être multiplié par 2,6 en un an.

    Bien sûr, si ce mouvement se poursuit, alimenté par les taux zéro de la FED et rejoint par les éternels attardés du second tour, allons-nous assister à la création d'une bulle spéculative sur les cours des actions des Sociétés du photovoltaïque asiatique? Ces entreprises vont profiter des largesses de tous les pays qui voudront à peu de frais s'acheter une bonne conscience verte, en mettant quelques tunes dans le solaire, pour en faire ensuite cadeau à quelque contrée africaine démunie. Tout cela va se faire sans plan, sans hiérachisation, sans politique énergétique cohérente. Normal, les Dirigeants politiques, en quette incessante de popularité, ne peuvent que rejoindre le mouvement et faire semblant de le précéder. Soyez en sûrs, ils seront tous à Copenhague…pour la photo!

    Le 5 Décembre 2009

  • Etats-Unis : la demande en produits pétroliers poursuivait sa descente au mois de Septembre

    Etats-Unis : la demande en produits pétroliers poursuivait sa descente au mois de Septembre

    L'Energy Information Administration  publie des statistiques sur les consommations de pétrole chaque semaine. Les valeurs publiées sont globalement entachées de grosses approximations qui les rendent peu fiables. Avec un délai de deux mois la même Administration publie les chiffres mensuels, parfois assez différents à la moyenne des valeurs hebdomadaires publiées jusque là. Pour être sérieux dans les analyses et les commentaires il est donc impératif de partir de ces chiffres mensuels. La demande en produits pétroliers du mois de Septembre apparaît en hausse par rapport à il y a un an, mais ce résultat est du à la référence de Septembre 2008 qui avait été fortement perturbée par les ouragans dans le Golfe du Mexique. Pour porter jugement de façon à peu près pertinente, il faut comparer les chiffres du mois de Septembre avec la tendance longue des mois précédents (FIG., courbe rouge). La demande, hors éthanol, qui ressort à 17,7 millions de barils/jour se situe exactement sur la droite de corrélation établie depuis Janvier 2007 et qui affiche une pente négative annuelle de -1,2 million barils/jour. Les données provisoires publiées sur Octobre et Novembre qui n'indiquent pas de reprise des consommations devraient suivre cette tendance. En d'autres termes aucun indice publié à ce jour ne peut laisser penser à une reprise imminente des consommations en produits pétroliers aux Etats-Unis. Seul le trafic routier tend à afficher une timide reprise (LIRE) ce qui explique la stabilité des consommations d'essence hors éthanol. La décision de l'EPA de repousser de 6 mois, en attente d'essais complémentaires, le feu vert pour donner son agrément au E15 (essence à 15% de fuel-éthanol) qui remplacerait le E10 est la seule mesure susceptible de maintenir les consommations d'essence hors éthanol dans les mois à venir. Mais ce n'est que reculer pour mieux sauter.

    Pro-pétroliers-2007-2009-09 

    Une analyse par types de produits montre que la consommation d'essence, hors éthanol, demeure globalement stable ou légèrement décroissante, mais que par contre les autres produits comme le fuel/diesel (distillate), le kérosène ou les gaz comprimés liquéfiés affichent tous de forts retraits de consommations (FIG.II). Il faut attribuer ce résultat à la crise économique, bien sûr, mais aussi à tous les efforts de progrès vers une meilleure efficacité énergétiques des entreprises américaines et des foyers de ce pays. L'orientation des raffineries vers la production relative de plus de carburants grâce à la conversion profonde, explique également la moindre disponibilité de sous-produits du pétrole vendus à vil prix

    Pro-pétroliers-detail-2007-2009-09

    L'ensemble de ces données sur le marché physique des produits pétroliers ne milite pas pour une envolée des cours du pétrole. Ceci est de plus conforté par de fortes productions russes (>10 millions de barils/jour) et américaines (>8 millions de barils/jour en intégrant le fuel éthanol) qui viennent s'ajouter aux dépassements de quotas des membres du cartel de l'OPEP (LIRE). Il est à prévoir des stocks en croissance dans les mois à venir.

    Le 4 décembre 2009
     
     

  • La décision de Daimler de transférer une part de ses production en Alabama met mal à l’aise les faucons de la BCE

    La décision de Daimler de transférer une part de ses production en Alabama met mal à l’aise les faucons de la BCE

    Les opérateurs sur les marchés financiers sont unanimes à penser que la BCE relèvera ses taux en 2010 nous informe Bloomberg. L'annonce par la BCE de la suppression progressive des aides exceptionnelles au refinancement des banques est un indicateur puissant de la volonté de la Banque Centrale, après avoir préparé le terrain, d'aborder une phase de remontée des taux administrés. Mais tout ceci est annoncé avec moultes circonvolutions et périphrases sibyllines par Trichet et ses Compagnons centraux. L'allemand Axel Weber habituellement très pur et dur a même précisé "qu'il n'y a aucune raison de lancer un signal sur les taux d'intérêts en ce moment". C'est vrai le symbole allemand de l'industrie triomphante, Daimler, venait entre temps de l'informer qu'il en avait ras le bol de l'euro fort et qu'il allait produire au moins 20% de ses voitures dans l'Alabama. Un caillou dans la mare de Monsieur Weber. Nos banquiers centraux, hommes habituellement pétris de certitudes, semblent découvrir que leur comportement n'est peut-être pas totalement en adéquation avec la recherche d'un optimum économique pour la Zone Euro. Le doute les ronge. Mais ils méritent beaucoup d'indulgence de notre part, car ils sont confrontés aux renards de la FED américaine qui ne leur font aucun cadeau. Avec ses taux nuls la FED alimente une large spéculation sur la valeur des actifs, façon comme une autre de restaurer les avoirs des Fonds de Pensions, de redonner du pouvoir d'achat et de l'optimisme aux divers intervenants sur ces Marchés.

    Dans ce climat du jeu du "je te tiens par la barbichette" l'euro s'est bien installé au dessus de 1.50 dollar et l'USDX en dessous des 75 (FIG.), mais le discours de J.C. Trichet n'a tout de même pas réussi à faire monter les cours du pétrole qui sont restés en dessous de 76 dollars/baril, dans un climat de très faible demande et d'approvisionnements excédentaires.

    USDX-2009-12

    LIRE le papier de Bloomberg sur le sujet.

    Le 4 Décembre 2009