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  • L’EIA pronostique une étonnante reprise des consommations mondiales de pétrole en 2010

    L’EIA pronostique une étonnante reprise des consommations mondiales de pétrole en 2010

     Depuis deux mois consécutifs l'Energy Information Administration, dans son Short-Term Energy Outlook publié mensuellement, revoit à la hausse les pronostics de reprise des consommations mondiales de pétrole en 2010 (FIG.I) qui avec un accroissement de 1,5%, atteindrait 85,4 millions de barils/jour.

    Conso-pétrole-monde-eia-P2010

     Cette publication du mois de Novembre pronostique une reprise de la demande en produits pétroliers des pays NON-OCDE de 1,14 millions de barils/jour dont 0,45 millions pour la Chine (+5.5%), ce qui constitue une valeur haute des accroissements prévisibles pour ce pays. Mais de façon assez étonnante, dans le climat de préparation de la réunion de Copenhague, l'EIA prévoit également un accroissement des consommations des pays OCDE de 0,12 millions de barils/jour dont 0.30 millions pour les seuls Etats-Unis (FIG.II) dont les consommations repasseraient ainsi au dessus des 19 millions de barils/jour.

    Conso-pétrole-monde-eia-b-P2010

     Ces chiffres pour les pays OCDE et plus particulièrement pour les Etats-Unis sont assez déroutants, dans un contexte de valorisation forte des cours du pétrole, de volonté politique de diminution des consommations moyennes en carburants des gammes automobiles et de la montée en production des biocarburants.

     Il y a chez les Agences de prévisions de tous poils une tradition à la hausse des consommations de  pétrole dont elles ont du mal à se dépouiller. Il est certain que de tels chiffres, couplés à la faiblesse du Dollar Obama, vont conforter la spéculation à poursuivre la pression à la hausse sur les cours du pétrole et donc à la baisse mécanique des consommations américaines. A moins que nombreux des opérateurs aient cessé de croire en ces pronostics de peu de valeur, continuellement revus et corrigés.

    VOIR les chiffres du Short-Term Energy Outlook du mois de Novembre.

    Le 12 Novembre 2009

  • L’IEA après avoir souligné l’abondance des ressources de gaz naturel dans le monde ne condamne pas l’usage du charbon

    L’IEA après avoir souligné l’abondance des ressources de gaz naturel dans le monde ne condamne pas l’usage du charbon

    L'Agence Internationale de l'Energie dans son World Energy Outlook 2009, depuis qu'elle a changé de patron, ne se risque plus à de périlleuses prévisions. Elle élabore tout d'abord un scénario de référence par extrapolation des tendances actuelles puis, elle propose ensuite une scénario modifié, plus économe en énergie, qu'elle appelle Scénario 450, qui devrait assurer que les teneurs en CO2 dans l'atmosphère ne dépasseront pas 450 ppm afin de maintenir, selon les théories actuelles, l'accroissement moyen de température de la planète aux environs de 2°C (FIG.I).

    FIG.I : émissions de CO2 dues à la combustion des énergies fossiles dans le scénario de référence et dans le scénario 450 ppm de l'IEA

    IEA_WEO2009_CO2-abatement 

    Ce scénario suppose qu'en 2020, si les actions proposées par l'IEA sont suivies par les politiques, les émissions de CO2 à 30,7 milliards de tonnes seront réduites de 3,8 milliards de tonnes par rapport à celles du scénario de référence. Dans ce bilan de réduction des émissions de bioxyde de carbone, les mesures d'amélioration de l'efficacité énergétique qui représentent 2,5 milliards de tonnes se taillent la plus grosse part. Cependant il est un nombre très choquant dans cette analyse ce sont les maigres 233 millions de tonnes de CO2 économisés par les gains de rendements dans les centrales électriques. Ce chiffre n'est pas à la hauteur des 13 à 14 milliards de tonnes de CO2 largués annuellement dans l'azur par les centrales électriques à flamme.

    Un examen plus attentif des hypothèses de l'Agence montre que, dans son scénario 450, la consommation de charbon poursuit allègrement sa croissance pour dépasser les 3,5 milliards de TEP entre 2013 et 2020 (FI.II, courbe marron) alors que la consommation de gaz naturel (courbe parme) croît certes, mais de façon mesurée, pour plafonner à 3 milliards de TEP vers les 2025.

    FIG.II : la consommation de charbon dans le scénario vertueux de l'IEA poursuit sa croissance jusqu'en 2015 alors que la consommation de gaz naturel ne croît que de façon modérée

    IEA_WEO2009_450scenario

    Cette timidité dans l'utilisation du gaz naturel est d'autant plus choquante que par ailleurs l'IEA rappelle les énormes ressources de cette forme d'énergie primaire tant sous la forme conventionnelle (FIG.III) que sous la forme de ressources nouvelles atypiques comme les gaz des schistes bitumineux (shale gas), de houille (coal bed methane) ou de sables compacts (tight gas) très abondants aux Etats-Unis. 

    FIG.III : l'humanité n'a consommé que 14% des ressources ultimes estimées de gaz naturel conventionnel

    IEA_WEO2009_natural-gas

    Ce scénario 450 supposé vertueux de l'IEA semble donc largement maculé de noir de charbon. Volonté de l'institution de ne pas vouloir prendre à rebrousse poil ses puissants sponsors que sont les Etats-Unis, l'Allemagne ou le Japon gros consommateurs de charbon. Il y a sûrement de cela.

    Enfin notons la grosse maladresse de l'Agence qui dans les efforts demandés met la Chine, avec 1,2 milliards de tonnes de bioxyde de carbone, en premier contributeur et les Etats-Unis en second à moins de 0,8 milliards de tonnes à l'horizon 2020 (FIG.IV). Bien que ceci soit mesuré par une courbe en forte croissance pour la Chine, il y a là une présentation destinée à faire échouer les négociations à Copenhague. On ne peut pas imaginer mieux! Les Etats-Unis et plus globalement les pays de l'OCDE doivent apparaître en tête du mouvement pour espérer de voir suivre la Chine et l'Inde. Pour l'instant, d'après le représentant du Premier Ministre indien à Copenhague, il n'y aurait aucune chance de signer quoi que ce soit.

    FIG.IV : l'IEA demande un effort à la Chine disproportionné par rapport à celui demandé aux Etats-Unis

    IEA_WEO2009_abatement-key-emitters

    LIRE l'Executive Summary du WEO 2009

    Le 11 Novembre 2009

     
     
     

  • Siemens prend commande de quatre gazéifieurs de 500MW pour une future centrale IGCC dans l’Illinois

    Siemens prend commande de quatre gazéifieurs de 500MW pour une future centrale IGCC dans l’Illinois

    Gazéfieur-Siemens-500MW-40bars Siemens Energy vient de recevoir une commande, de la part de l'américain Tenaska, pour 4 gazéifieurs de 500MW qui seront alimentés au charbon. Ces unités (FIG.) qui peuvent engloutir quotidiennement 2000 tonnes de poudre de charbon chacune seront destinées, entre autres, à alimenter en syngas (CO + H2) une centrale électrique de type IGCC (Integrated Gas Combined Cycle) pour le Teylorville Energy Center situé dans l'Illinois. Cette unité qui devrait produire 700 MW de puissance électrique, devrait être équipée d'une unité de captage et de séquestration (CCS) destinée à piéger au moins 50% du CO2 produit lors de la formation du syngas et de sa conversion en mélange CO2 + H2. Ce taux de captage amènerait le niveau de rejets de CO2 vers celui d'une centrale au gaz naturel. Elle devrait être opérationnelle en 2014. Mais il n'est pas dit qui sera en charge de la réalisation de la partie CCS qui pourtant est la moins bien maîtrisée du process à ce jour. 

    Le projet devrait bénéficier d'une garantie de prêt de la part du DOE américain à hauteur de plus de 2,5 milliards de dollars.

    LIRE le communiqué de Siemens et DECOUVRIR que pour un industriel allemand un gazéifieur de charbon est un équipement "environnemental".

    Le 10 Novembre 2009.

  • Shell se débarrasse de sa participation dans Choren, le chantre allemand des procédés biomass to liquid

    Shell se débarrasse de sa participation dans Choren, le chantre allemand des procédés biomass to liquid

    Depuis l'inauguration des nouvelles installations de production de Choren par la Chancelière Merkel (LIRE) et des promesses d'engagement de Rob Routs Directeur Exécutif de Royal Dutch Shell en Avril 2008, il s'est passé bien des choses dont un effondrement des cours du brut et une crise économique qui n'ont pas épargné les pétroliers. L'heure est donc venue à des modes de gestion plus réalistes et plus économes. Alors, rien d'étonnant lorsqu'on apprend que Shell Deutschland Oil vient de vendre sa participation dans Choren. La Société Choren c'est le leader allemand des procédés Biomass to Liquid (BTL) avec un fichu procédé, sorte de Fischer Tropsch, amélioré par Shell, mais alimenté avec de la paille ou des copeaux de bois. Tout un symbole pour une Allemagne verte. Le défaut majeur de cette voie très complexe est son inadaptation à de petites unités agricoles, impératif économique dicté par les contraintes de logistiques dans une Europe agricole morcelée et largement exploitée par ailleurs. Les biocarburants seront agricoles, produits par des procédés très simples, de tailles adaptées au canton ou au county ou ne seront pas. La nouvelle est un coup dur pour cette entreprise allemande.

    Choren-process

    LIRE le communiqué de Choren.

    Le 9 Novembre 2009
     

  • Renault ou les contraintes d’un transfert de technologie dans la construction de batteries pour véhicules électriques

    Renault ou les contraintes d’un transfert de technologie dans la construction de batteries pour véhicules électriques

    Renault a annoncé la semaine dernière que l'Etat Français représenté par le FSI et le CEA (?), allait l'aider à industrialiser sur le site de Flins la production et le recyclage de batteries pour ses futurs véhicules électriques. Les montants financiers annoncés pour ce projet sont assez importants puisque 600 millions d'euros ont été évoqués pour une première phase et qu'il a été question d'un coût global de 1,5 milliards d'euros. Cela ressemble donc à un projet ambitieux qui ne peut qu'aider les industries françaises à entrer dans les technologies du XXIème siècle et qui verront l'électricité prendre le pas, comme vecteur énergétique, dans les transports routiers et les habitations, avec le développement d'un mix énergétique européen à base de photovoltaïque, d'éolien, de nucléaire et de centrales électriques au gaz naturel. Seule voie raisonnable pour atteindre une réduction par trois les émissions de dioxyde de carbone.

    FIG.I : une batterie Renault-Nissan est constituée par assemblage de modules rigides, chacun  contenant 4 éléments de 35 Ah (2S2P) de technologie polymère

    Renault-Nissan-polymer-battery

    C'est donc un beau et grand projet. Mais pour comprendre ce qu'il peut représenter de difficultés, il faut entrer dans le détail des grandes étapes d'un processus complexe de fabrication qui va être rappelé. La production de batteries de type Lithium-Ion polymère pour la traction électrique qui est le choix de Renault-Nissan, nécessite un parcours qui va de la chimie des matériaux, à la mécanique d'assemblage, au traitement électrique des accumulateurs et à l'électronique de contrôle associée. On peut distinguer les grandes étapes suivantes:

    1. l'élaboration des matériaux: supports d'électrodes, matières électrochimiquement actives, liants, additifs conducteurs, matériaux pour séparateur, enveloppe multicouche d'accumulateur, agents de scellement et d'étanchéité, etc. Ces produits, parfois d'une grande complexité, sont réalisés chez des sous-traitants dont les connaissances sont à la base de la réussite de tout projet. Ils sont bien souvent japonais ou plus largement asiatiques, membres importants et souvent ignorés du cluster de la Batterie Asiatique.
    2. la production d'électrodes par rouleau transfert, évaporation et calandrage en continu sur une feuille d'aluminium ou de cuivre d'un mélange liquide qui a été auparavant élaboré (slurry process).
    3. le traitement de surface d'électrode avec apport du matériau qui formera avec l'électrolyte, le polymère gélifié séparateur des deux électrodes.
    4. l'assemblage, en salle sèche, du faisceau d'électrodes, la mise en sachet aluminium souple, l'ajout d'électrolyte organique, le scellement de l'accumulateur.
    5. la formation électrique individuelle et la mesure exacte de la capacité de chaque accumulateur. Cette étape nécessite de lourds investissements en génération-régulation de puissance électrique et acquisition de données
    6. la constitution en boîtier rigide de modules de 500 Wh constitués de 4 accumulateurs (2S2P, LIRE).
    7. l'assemblage de la batterie définitive dans un boîtier rigide avec son connectage, son électronique de surveillance et d'équilibrage (Battery Management System ou BMS), ainsi que divers organes de sécurité. La partie électronique complexe provient de chez un fournisseur, élaborée à partir du cahier des charges du concepteur de la batterie.

     La production de batteries sur un site peut donc se décliner de multiples façons selon nombre d'étapes concernées en partant de l'amont.

     Dans le cas de Nissan aujourd'hui les étapes 4 à 7 de production d'accumulateurs, de modules et de batteries sont réalisées chez AESC une JV 51/49 entre Nissan et NEC. Par contre l'étape 2 et probablement l'étape 3 qui concernent la production et le traitement de surfaces des électrodes sont réalisées chez NEC-Tokin qui a mis au point la technologie. Cette entreprise du Groupe NEC est maintenant spécialisée dans la production d'électrodes. Elle vient de revoir ses objectifs à la hausse, indique le Nikkei, avec la mise en place d'une capacité de production d'électrodes pour 100 mille batteries d'ici à la fin Mars 2011.

     Le Groupe Renault, en signant un accord avec sa filiale indirecte AESC, n'a pu obtenir le know-how et les droits que sur ces étapes de 4 à 7 qui ne constituent donc qu'une partie du procédé. Par la suite pour maîtriser la totalité du procédé en France il faudra soit que NEC-Tokin vienne installer un atelier de production d'électrodes en France, soit envisager le développement d'une filière nationale de production et de traitement d'électrodes sous les conseils avisés du CEA qui, on ne sait pourquoi, a toujours bidouillé dans les générateurs électrochimiques. Ce dernier assure travailler activement sur la filière phosphate de fer (LIRE la plaquette "batteries électriques" de Septembre 2009).

    Les grandes étapes du projet d'intégration par Renault peuvent donc s'imaginer de la façon suivante:

    1- assemblage de batteries à partir de modules provenant du Japon

    2- intégration de l'assemblage des éléments, leur formation électrique et la réalisation de modules, à partir d'électrodes provenant du Japon

    3- construction d'un atelier de production et de traitement d'électrodes

    4- construction d'un atelier de recyclage des batteries usagées

    Ces précisions illustrent la difficulté d'un processus de rattrapage technologique qui va demander beaucoup d'argent et beaucoup d'efforts pour un résultat qui ne risque que d'être partiel. Mais c'est la seule voie sérieuse, à partir d'une technologie japonaise, qu'à notre pays pour relever à terme le défi des batteries Li-Ion polymères.

    Le 9 Novembre 2009

  • General Electric annonce la fermeture de son usine américaine de production de modules photovoltaïques

    General Electric annonce la fermeture de son usine américaine de production de modules photovoltaïques

    Delaware Le Delaware Online raconte que GE avait acheté en 2004 une usine de production de modules photovoltaïques, située à Glasgow dans l'Etat du Delaware, lors de la faillite de d'Astro Power. Il annonce maintenant la fermeture de cette unité de production en raison de la non-rentabilité des opérations. En un an le prix de marché des modules aux Etats-Unis est passé de 4.2$/Watt à 1.8 $/Watt. GE aurait l'intention de revenir un jour industriellement sur ce marché mais avec une technologie en couches minces, plus adaptée aux contraintes de productivité américaines.

     Cette annonce illustre le mouvement mondial de rationalisation amorcé par cette industrie du photovoltaïque qui avait réussi à maintenir des prix artificiellement élevés, jusqu'à mi-2008, grâce à une demande boostée par les subventions tarifaires espagnoles. Les politiques d'aide tarifaires (Feed-in-Tariff) du photovoltaïque et des énergies renouvelables en général ne sont pas économiquement soutenables sur le long terme en raison de leur effet cumulatif sur la facture énergétique des citoyens. Passer dans les tarifs d'électricité de grasses subventions (41 milliards d'euros cumulés sur 20 ans en Allemagne pour les 10 ans d'aides tarifaires des programmes photovoltaïques jusqu'en 2010 LIRE) aux industriels et aux particuliers ne peut durer qu'un temps… ce que durent les roses.

    LIRE l'info du Delaware Online

    Le 8 Novembre 2009

  • Faut-il tempérer les messages alarmants sur les conséquences du réchauffement de notre planète?

    Faut-il tempérer les messages alarmants sur les conséquences du réchauffement de notre planète?

     Par les temps qui courent, devant l'unanimité des prévisions de modifications climatiques annoncées par de nombreuses équipes de par le monde, ne pas hurler avec les loups est un exercice dangereux. Au pire digne du bûcher de l'inquisition écologique, au mieux d'une puissante raillerie des faiseurs d'opinions, sortes d'ayatollahs allumés de la Maison Verte. En raison de cette pression, la France a peur. Peur de manquer d'air, de manquer d'eau, peur des gaz, des ondes électromagnétiques, des rayons ionisants, peur de son ombre, peur d'elle même, maladie auto-immune invalidante qu'elle essaie d'exorciser avec son stupide Principe de Précaution, onguent de charlatan. Et pourtant dans les faits climatiques expérimentalement observés dans le monde, il est possible de détecter certains phénomènes de régulation ou d'amortissement qui plaident pour un message toujours ferme contre le gaspillage énergétique, mais plus nuancé sur les conséquences attendues des émissions croissantes de GHG.

    FIG.I : La teneur en CO2 dans l'atmosphère (en violet) ne suit plus le rythme de croissance des émissions anthropiques (en rouge) depuis 5 ou 6 ans. Pourquoi?

    Fraction-atmosphérique-Fossile-1980-2008 

    La comparaison des vitesses d'accroissement des émissions de CO2 par les activités humaines mesurables (combustion des énergies fossiles et production de ciment) à l'accroissement de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère montre que depuis quelques années, une part de plus en plus importante de CO2 est absorbée (LIRE). Tout se passe comme si l'augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l'atmosphère et ses effets indirects (croissance des végétaux, fonte de la banquise arctique en été, pression partielle accrue) permettait une plus grande absorption de ce gaz par les terres et les mers (FIG.I, la courbe violette ne suit pas du tout l'allure de la courbe rouge). Ce phénomène est cohérent avec l'acidification observée de certaines eaux marines, au détriment du développement des coraux dans certaines régions et plus tard (vers 2100 selon Gattuso) des ptéropodes de la Mer Arctique (LIRE). En 2000 la croissance de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère correspondait à 56% du CO2 émis, en 2008 (courbe verte, échelle de gauche) ce ratio n'est plus que de 49%. Va-t-on assister à des fluctuations de ce ratio au cours du temps ou bien à une poursuite de sa décroissance sous l'impact des émissions croissantes? Voila une question importante à laquelle il serait intéressant de répondre. Pour l'instant les études de Raupach, Canadell et Le Quéré publiées en 2008 (LIRE) ont montré que ce ratio devrait croître au cours du temps, elles avaient, de toute évidence, sous-estimé certaines modifications récentes dans les données d'entrée.

    FIG.II : Le niveau moyen des mers, malgré l'accroissement des teneurs en CO2, ne tend pas à augmenter de façon continue ou croissante. Pose momentanée? Quelle en est la raison?

    Niveau-moyen-mers-1993-2009

    Un autre paramètre présente une grande importance pour quantifier de façon extensive le réchauffement de notre planète: c'est le niveau des mers. Ce phénomène est lié à la disparition des réserves d'eau continentales, comme les glaciers, et à la dilatation des masses d'eau de surface sous l'effet du réchauffement. Un réchauffement de plus en plus intense devrait entraîner une augmentation croissante du niveau moyen des océans. Or les mesures réalisées à ce jour montrent un certain tassement de cette croissance du niveau des océans depuis 2006 (FIG.II). Bien sûr ces phénomènes sont complexes avec un accroissement du niveau très net observé dans l'Océan Indien depuis 2006, mais avec une certaine décroissance dans l'Atlantique et le Pacifique.

    Voila deux exemples qui semblent sinon contredire, du moins atténuer pour l'instant certains messages alarmistes. Ce ne sont peut-être que des observations instantanées et non significatives, mais elles mériteraient d'être abordées avec objectivité, même si elles vont un tant soit peu à l'encontre des catastrophes annoncées. Quel est le rôle de la fonte de la banquise arctique en été sur ces phénomènes? Il y a là une donnée nouvelle qui avec l'accroissement des émissions chinoises de GHG, mériterait d'être étudiée.

    Si cela permettait au moins d'alléger ce climat maladif de peur qui se répand.

    Le 7 Novembre 2009.

     

  • Les cours du pétrole dopés par la FED et douchés par la demande

    Les cours du pétrole dopés par la FED et douchés par la demande

     Les cours du pétrole à New York sont tirés à hu et à dia. D'un côté la spéculation qui emprunte du dollar en monnaie de singe, à des taux quasi nuls, joue à bon compte au casino des produits pétroliers. Il faut avouer que depuis les 35$/baril du printemps certains traders ont bien gagné leur faramineux bonus. Pour les encourager, la FED vient de leur signaler que les taux allaient demeurer toujours aussi faibles pendant quelques mois encore, tournée générale gratuite pour une assemblée d'ivrognes. Les bateleurs de la spéculation ne rechignent devant aucune compromission pour faire monter encore les cours. N'a-t-on pas lu avec étonnement les déclarations du célèbre Jeffrey Currie de Goldman Sachs, affirmer sans vergogne que ce n'est pas la faiblesse du dollar qui fait monter les cours du brut. C'est l'inverse, c'est la montée des cours du brut qui affaiblit le dollar. Il faut oser le dire! Tout cela pour annoncer un 85$/baril à la fin de l'année et un 95$/baril d'ici à un an. La fête continue! Mais il est bien certain que toute cette gouaille repose sur de bien fragiles bases. La demande n'est pas là. L'effet des prix des carburants aux Etats-Unis bride la consommation. Certains achètent même des voitures diesel allemandes, c'est vous dire! Et puis il y a eu la gifle de l'Arabie Saoudite qui ne veut plus indexer son pétrole sur les cours du WTI. L'Aramco va utiliser l'Argus Sour Crude Index (ASCI), indice spot de pétroles du golfe du Mexique, pour indexer ses prix. Le symbole de défiance vis à vis de la spéculation newyorkaise est très fort. Alors le Marché est nerveux, à la moindre mauvaise nouvelle le WTI plonge. Hier par exemple sur l'annonce d'un taux de chômage américain au dessus de 10% le WTI a perdu 3$/baril en quelques heures (FIG.). Pour accrocher le brut à 80$/baril il va falloir que Jeffrey Currie raconte beaucoup de salades.

    Cours-2009-11-6

    LIRE les propos rapportés de Currie sur Bloomberg.

    Le 7 Novembre 2009

  • Un indicateur de l’avance technologique des constructeurs automobiles: les ventes de voitures hybrides

    Un indicateur de l’avance technologique des constructeurs automobiles: les ventes de voitures hybrides

    Hybrid-US-2009-10

    Un bon graphique est souvent plus instructif qu'un long discours.

    Le 6 Novembre 2009
     

  • La révolution énergétique américaine: le gaz naturel non conventionnel

    La révolution énergétique américaine: le gaz naturel non conventionnel

    Shale-gas Les éminents savants et autre Prix Pulitzer du CERA confirment de plus en plus les idées exprimées sur ce Blog. Après avoir exprimé bien tardivement que peut-être les baisses de consommations de pétroles des pays OCDE allaient compenser les hausses de consommations des pays en voie de développement et conduire à des consommations mondiales relativement stables (LIRE le papier et le commentaire associé) voila Messieurs Daniel Yergin et Robert Ineson, deux notables du CERA qui affirment, dans le Wall Street Journal, que le gaz naturel non conventionnel, issu des schistes bitumineux (gas shale), des veines profondes de charbon (coal bed methane) ou des sables compacts (tight gas), très abondants aux USA vont complètement révolutionner l'équation énergétique américaine. Ce point de vue est régulièrement abordé sur ce Blog, seule solution réaliste pour réduire RAPIDEMENT les émissions de CO2 des centrales électriques américaines au charbon. Ce qui est vrai pour les Etats-Unis le sera plus tard pour bien d'autres pays dans le monde qui possèdent eux aussi des schistes bitumineux (LIRE), des gisements de charbon et des sables compacts.

    Le monde doit bâtir un plan de démolition des centrales au charbon pour les remplacer par un mix d'énergie nucléaire, d'énergies renouvelables et de centrales à flamme à cycle combiné au gaz naturel (LIRE). Les Etats-Unis disposent de toutes les ressources pour élaborer RAPIDEMENT un tel plan qui devrait s'articuler sur 15 à 20 ans. Ce n'est qu'une question de volonté politique. Mais les dirigeants américains, le Président et le Congrès, peuvent-ils électoralement partager une telle volonté?

    Alors, Monsieur Borloo, on les détruit quand nos trop nombreuses centrales au charbon?

    LIRE absolument le papier de Yergin et Ineson.

    Le 5 Novembre 2009