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  • Une poursuite de l’affaiblissement du dollar et de la hausse du pétrole plomberait une hypothétique reprise européenne

    Une poursuite de l’affaiblissement du dollar et de la hausse du pétrole plomberait une hypothétique reprise européenne

     Les entrées de commandes dans l'industrie dans la Zone Euro au mois d'Août se sont accrues de 2% titre Eurostat. Pour être totalement objectif il aurait fallu ajouter "et elles sont revenues au niveau de celles d'il y a six ans en arrière" (FIG.I). Piètre performance dans une Europe à l'économie dopée par tous les plans de relance et autres primes à la casse. Dans les faits, les entrées de commandes de la ZE sont en retrait de 28% par rapport à celles enregistrées il y a deux ans, dont 29% pour l'Allemagne et 23% pour la France. Une telle nouvelle ne peut que rendre pessimiste sur les facturations de la fin de l'année.

    Entrées-commandes-indice-2009-08

     Pour 2010 il est déjà connu que l'industrie automobile allemande, à la suite de l'arrêt de la prime à la casse dans son pays, prévoit une année 2010 en fort retrait. De plus, le retard accumulé par cette industrie dans le développement de modèles hybrides ou électriques n'est pas de nature à relancer la demande par une offre produit attractive qui est repoussée à…2012!

     Les nuages sur la reprise attendue de l'économie en Europe sont nombreux. Les plus menaçants sont la baisse continue du taux de change du dollar et son corollaire, la hausse des cours du pétrole.

     Le dollar, comme nous l'indique l'indice USDX coté sur l'ICE à Londres a perdu depuis le mois de Mars 17% de sa valeur (FIG.II) contre un panier de grandes monnaies (Euro, Livre, Yen, Franc Suisse, Couronne Suédoise, etc.). En parallèle les cours du pétrole sont passés de 40 $/baril à 80$/baril (FIG. IV).

    USDX-2009-10

    Cette flambée des prix du brut qui ne repose sur aucune base fondamentale solide, ne résisterait pas à une inversion de la tendance sur le cours du dollar. Mais il faut le reconnaître, les largesses de l'Administration Obama qui creusent les déficits américains et la volonté de la spéculation de faire monter les cours du brut vont, pour l'instant, dans la même direction, à l'encontre du hausse du dollar et d'une baisse du pétrole.
     L'Europe importe chaque mois dans les 50 millions de tonnes de pétrole et de produits pétroliers. La facture énergétique mensuelle, essentiellement en pétrole, depuis le début de l'année a oscillé entre 21 et 25 milliards de dollars (FIG.III), elle va grimper vers les 30 milliards avec un pétrole à 80$/baril. Cette ponction supplémentaire sur l'économie européenne n'est pas de nature à relancer la bête essoufflée.

    EU27-fact-pétrolière-2008-2009

    Quand à la spéculation, elle lance ses soi-disant experts pour essayer de maintenir la pression. Devant une hypothèse, bien improbable, de voir l'OPEP relever ses quotas, on peut écouter Adam Sieminski de la Deutsche Bank, une des Pythies du pétrole, affirmer sans rougir: "Le problème avec l'OPEP c'est que leur appareil de changement des volumes de production ne marche pas toujours…il n'a pas marché en Juillet 2008 parce qu'ils ne pouvaient pas produire plus…le problème maintenant c'est qu'ils ne sont pas "acheteurs" pour produire plus". En clair Sieminski nous ressort l'escroquerie du peak-oil qui avait si bien marché pour lui en 2008. Par ailleurs (LIRE), il prédit l'euro à 1,60 $ et le pétrole à plus de 100 $/baril ("triple-digit level").

    L'autre corde de la spéculation est bien sûr la demande chinoise qui apparaît anormalement élevée ces derniers mois. Mais ont sait que la Chine est en train de constituer des stocks stratégiques qui, vus de l'extérieur, ressemblent à une consommation. Quand à la croissance du parc automobile chinois un calcul simple portant sur 10 millions de véhicules de plus par an, se concrétise par une augmentation maximum de consommation de 200 mille barils par jour. Il n'y a pas de quoi à relancer la spéculation à court terme.

    Ces données permettent de penser qu'en raison de la léthargie économique européenne, il existe une bonne probabilité pour que, d'ici à la fin de l'année, la dégradation du dollar se ralentisse, malgré la défiance des milieux financiers envers l'Administration Obama. De ce fait, la spéculation devrait avoir beaucoup de mal à poursuivre son rallye sur le pétrole vers les 90 ou 100 dollars le baril. Les bateleurs en charge du maintien du climat à la hausse des cours des produits pétroliers, vont avoir de plus en plus de mal à trouver de bons arguments. Mais on a déjà vu le pétrole sans raison poursuivre sa course, canard décapité de la spéculation insatiable (FIG.IV)

    Cours-WTI-2007-2010

    Remarque pour René: la baisse des cours du WTI Vendredi 23 est corrélée à la hausse du dollar sur la séance.

    Cours-WTI-USDX-2009-10-23 

    Le 24 Octobre 2009


     

  • Conseil de l’Europe: 2 tonnes de CO2 équivalents par an et par habitant de la planète en 2050

    Conseil de l’Europe: 2 tonnes de CO2 équivalents par an et par habitant de la planète en 2050

    Moulin-Dupré  Bonne réunion du Conseil de l'Europe du 21 Octobre en préparation aux âpres négociations du Sommet de Copenhague des 7 au 18 Décembre prochain. Partant de la donnée qui fixe que pour ne pas dépasser un réchauffement global de 2°C, il est nécessaire de réduire les émissions de GHG par deux, par rapport à la référence 1990, à l'horizon 2050, les bases de négociations ont été clairement définies lors de cette réunion du Conseil. On peut noter dans les conclusions les points forts suivants:

    – Les Nations développées devront avoir réduit, par rapport à la référence 1990, les émissions de GHG de 25% à 40% en 2020 et de 80% à 95% en 2050. De leur côté les pays en voie de développement devront infléchir leur prévision de croissance des émissions de 15 à 30% à l'horizon 2020.

    – En 2050 les émissions de GHG par habitant ne devront pas dépasser les 2 tonnes de CO2 équivalent. Ceci pour une population estimée à 9,5 milliards d'habitants conduit à des émissions totales de 19 milliards de tonnes equiv. CO2. Pour mémoire et pour le seul dioxyde de carbone, les émissions moyennes en 2008 ont été de 32/6.8 = 4,7 tonnes par habitant. Rajoutez dans les 20 à 30% pour les autres gaz et vous avez la référence 2008 qui doit se situer autour de 6 tonnes par habitant.

    -L'Europe peut s'engager sur un objectif de réduction des émissions de GHG de 30% en 2020 et de 80% à 95% en 2050 mais à la condition que les pays en voie de développement réduisent leurs prévisions d'au moins 30% à l'horizon 2020.

    -Les émissions des transports internationaux doivent être prises en compte de façon autonome, mais les réductions à l'horizon 2020 devront être d'au moins 10% pour le transport aéronautique et de 20% pour le transport maritime, par rapport à leur niveau de 2005.

    -Le "Carbon leakage" (fuites d'activités) d'industries énergie intensives devra être surveillé et faire l'objet d'accords internationaux.

    -Les HFC (hydro fluoro carbonse) devront être intégrés dans l'accord de Copenhague.

    -La déforestation des forêts tropicales devra avoir été réduite de 50% en 2020 et cesser en 2030 au plus tard.

    – Les bourses de cotations de droits d'émissions de carbone (Cap & Trade) devront être reliées entre elles dans les pays développés dés 2015 et étendues à certains pays en développement dés 2020.

     L'ensemble constitue une base solide de discussions, mais le succès ou l'insuccès de Copenhague ne se jouera pas sur les grands chiffres, mais sur les modalités des aides techniques et financières à apporter par les pays développés à ceux en développement comme la Chine, l'Inde ou le Brésil. Le Conseil a bien compris que pour être exigeant il fallait être devant et donner l'exemple. Peut-être verrons-nous un jour poindre une politique énergétique de l'Europe qui nous fait tant défaut et qui doit être à la base de la politique environnementale. De façon fort pertinente de Margerie, le patron de Total, vient de rappeler cette évidence aux dirigeants européens: il ne peut pas y avoir de politique environnementale sans réaliser de choix raisonnés dans le domaine énergétique. Les deux politiques, énergétique et environnementale, doivent être élaborées en cohérence. Et cela devrait être le grand boulot de la Commission Européenne à l'aide d'équipes compétentes (à trouver) qui dialogueraient et élaboreraient des Plans avec les Industriels et les Administrations pour les soumettre au Conseil.

    LIRE dans le détail ces conclusions.

    Le 23 Octobre

  • De moins en moins d’Américains croient en la réalité du réchauffement climatique

    De moins en moins d’Américains croient en la réalité du réchauffement climatique

     Un sondage réalisé au début du mois par l'institut de sondages Pew Research auprès de 1500 américains indique que le réchauffement climatique fait de moins en moins recette dans ce grand pays. Ils étaient il y a un an 71% à affirmer qu'il existe de solides évidences d'un réchauffement climatique, ils ne sont plus que 57% cette année à répondre positivement. Inversement ils étaient 21% il y a un an pour affirmer qu'il n'existe aucune évidence sérieuse, ils sont 33% cette année.

    Une analyse plus détaillée montre que la réponse est politiquement très clivée entre Démocrates et Républicains (FIG.) mais que les deux sensibilités politiques sont touchées par la décroissance des réponses positives à la question posée.

    Climat-Pew-2009-10

    La classe des 18-29 ans avec 64% des réponses positives, en baisse de 10 points par rapport à la réponse d'il y a un an, est à 7 points au dessus de la moyenne.

    Enfin, géographiquement on peut observer de nets clivages entre le Sud Atlantique des Etats-Unis régulièrement touché par les ouragans (66% de réponses positives) ou l'Ouest Pacifique qui connaît de longues périodes de sécheresses (65% de réponses positives) et le Midwest qui après un été pourri ne répond positivement qu'à 48% à la question.

    Une question plus complexe concernant la politique de "Cap & Trade" des émissions de CO2 aux Etats-Unis montre que 55% des américains n'en ont jamais entendu parler. La moitié des américains se déclarent favorables à la mise en place de règles de limitation des émissions de GHG. Ils sont majoritaires dans le Nord Est et le Sud Ouest des Etats-Unis et minoritaires ailleurs. Les personnes diplômées sont majoritairement (59%) favorables à de telles mesures.

    L'intérêt de ce sondage réside dans la mise en évidence de clivages profonds dans la perception du monde par la population américaine. Clivages en fonction de la sensibilité politique, de la région et de l'âge. Il ressort également que la mission de vulgarisation de ces problèmes par l'Administration en place, après la période obscurantiste précédente, est pour l'instant un échec. Est-elle peut-être trop occupée par les querelles et la recherche de compromis avec les élus du Congrès à Washington et pas assez par une opinion publique de toute évidence sous informée?

    LIRE les résultats détaillés de ce sondage

    Le 23 Octobre 2009

  • La future maison énergétiquement neutre de GE sera à 100% électrique

    La future maison énergétiquement neutre de GE sera à 100% électrique

     Imaginer ce que seront les demeures du futur, dans un contexte où le gaspillage énergétique sera devenu une incongruité, est un exercice intellectuel des plus revigorants. Certains, se retournant vers un passé pas si lointain, penseront au bois pour se chauffer, d'autres évoqueront la fermentation anaérobie pour récupérer du biogaz. Mais une approche fonctionnelle globale des besoins d'un foyer, se posant la question de ce que pourra être une solution unifiée, permet rapidement de se convaincre que le vecteur énergétique unique sera l'électricité. A ce titre il est intéressant parmi de multiples projets élaborés dans le monde de commenter l'approche de la maison "net zero energy homes 2015" de General Electric (FIG.).

    GE-net-zero-energy-home

    L'ossature énergétique repose sur des panneaux photovoltaïques avec une puissance installée de 3 ou 4 kW (soit 15 à 20 m2 pour de très bons modules présentant un rendement de conversion de 20%) qui vont produire en année pleine, en zone tempérée, avec une irradiance de 1800 heures, entre 5400 et 7200 kWh d'énergie électrique par an, soit en moyenne un peu moins que 20 kWh par jour. Cette énergie dans la journée va être utilisée directement pour les besoins du foyer (chauffage, air conditionné), ou stockée dans une batterie fixe de quelques kWh ou revendue au réseau en heure de pointe. La maison dispose d'un système nerveux central, le Home Energy Manager (HEM), en charge de l'optimisation des consommations d'énergies et en liaison directe avec le réseau électrique par l'intermédiaire d'un compteur élaboré, le Smart Meter, qui va l'informer de disponibilités de courant pas cher ou d'appels de courant en période de surchauffe. Ce Home Energy Manager va piloter les équipements de tout le foyer tels que les pompes à chaleur géothermiques en charge des températures de chaque pièce, du chauffe eau lui aussi basé sur une pompe à chaleur couplée éventuellement à des panneaux solaires thermiques, l'éclairage à base de LED ou de OLED, ainsi que les divers équipements ménagers électriques ou informatiques du foyer. Les équipes de General Electric annoncent qu'ils présenteront un HEM en 2010.

    Il est évident que l'ensemble du système qui est d'une grande complexité, nécessite des équipements d'une grande fiabilité et de performances énergétiques de très grande efficacité. Une réflexion globale montre l'importance du solaire photovoltaïque dans la gestion des besoins décentralisés d'énergie. C'est lui qui oriente tous les choix. Une politique fiscale incitative pour promouvoir ce genre de solution d'avenir doit tenir compte de l'ensemble des composants. La batterie en tampon par exemple est un élément très important pour assurer la réussite de l'ensemble.

    Dans ce foyer du futur de GE, il manque la (ou les) voiture électrique qui sera également un acteur clé de la recherche de solution. Elle pourra justifier la mise en place d'un ensemble photovoltaïque plus puissant pour permettre de recharger à l'oeil les 10 kWh quotidiens d'énergie électrique nécessaires à sa traction. Il manque également une réflexion sur ce que pourrait être une approche de solution pour un immeuble collectif, mais c'est sûrement aux industriels européens que revient l'obligation de se pencher sérieusement sur le sujet. L'ensemble modules photovoltaïque batterie pourrait alors être plus imposant et faire appel à des technologies de batteries de type Sodium-Soufre par exemple (LIRE) qui mettent en oeuvre des matières premières économiques et quasiment inépuisables.

    ACCEDER au site de GE parlant du sujet.

    Les idées japonaises qui envisagent d'utiliser en partie le courant continu dans l'alimentation en énergie du foyer (LIRE) reportent de la même logique de solution à base de modules photovoltaïques.

    Le 22 Octobre 2009

  • Misubishi Motors après ses citadines purement électriques présente un modèle Plug-in plus imposant

    Misubishi Motors après ses citadines purement électriques présente un modèle Plug-in plus imposant

     Mitsubishi Motors va présenter au Salon de Tokyo la PX-MiEV, véhicule hybride rechargeable au secteur (Plug-in). Ce véhicule plus lourd, plus imposant que les petites citadines e-MiEV purement électriques sera équipé d'une batterie de 10 à 12kWh environ, lui permettant d'assurer quelques dizaines de kilomètres en mode purement électrique, pour ensuite prendre le relai en mode hybride. Ce véhicule entre typiquement dans le créneau des véhicules de prestige pour des autonomies de plusieurs centaines de kilomètres (FIG.). Il correspond aux attentes supposées du marché américain des grandes agglomérations.

     EV-segmentation-mitsu
     

    Voir cette photo du PX-MiEV

    Le 22 Octobre 2009

     

  • La réduction annoncée des aides tarifaires allemandes inquiète l’industrie du photovoltaïque

    La réduction annoncée des aides tarifaires allemandes inquiète l’industrie du photovoltaïque

     L'industrie photovoltaïque mondiale a connu en fin 2008 et début 2009 un profond traumatisme avec le désengagement subit de l'Espagne, l'impact de la crise, l'arrivée massive de produits chinois ou taïwanais, le tout accompagné d'une très forte chute des prix, sur un Marché des modules où l'offre se situe à plus du double de la demande. Aujourd'hui cette industrie se remet lentement de ce choc, en particulier en raison d'un business soutenu en Allemagne dont la demande pourrait atteindre, en 2009, dans les 2,5 GW, soit une augmentation de 34% par rapport à celle de 2008. Mais cette forte progression du Marché allemand conduit à une répartition des ventes dans le monde complètement déséquilibrée (FIG.).

    PV-2009

    L'Allemagne se taille la part du lion avec 56% des installations, l'Europe occupe plus des trois quarts des achats mondiaux. Les Marchés américains, japonais et asiatiques ne sont pas à la hauteur de leurs bonnes volontés écologiques, ni à celle des ambitions de leurs industries photovoltaïques respectives.

    Les politiques d'aide tarifaire (ou Feed-in-tariff) présentent un inconvénient majeur qui les rend INSOUTENABLES c'est leur côté cumulatif dans le temps qui permet d'atteindre des coûts, payés par les utilisateurs d'énergie, de plusieurs milliards d'euros chaque année. Par exemple, RWI a estimé que les seules politiques d'aides tarifaires allemandes concernant le photovoltaïque, mises en place entre 2000 et 2010 et qui prévoient un effet sur 20 ans, coûteront en cumulé aux consommateurs allemands la modique somme de 70 milliards d'euros! La nouvelle coalition allemande vient d'annoncer qu'elle allait revoir à la baisse ces aides tarifaires et même, éventuellement, fixer un quota annuel d'installations profitant du tarif préférentiel. Les dirigeants espagnols avaient déjà compris ce côté pervers du mécanisme des aides tarifaires à leurs dépens.

    La présence ou l'absence d'aides tarifaires est à la base de formation de demandes artificielles d'installations qui apparaissent et gonflent aussi vite qu'elles disparaissent une fois les aides annulées. L'exemple espagnol N°1 mondial en 2008 et inexistant en 2009 en est un exemple schématique. La profession redoute donc sinon un effondrement de la demande allemande en 2010, du moins une forte baisse de ce marché dont les acteurs auront anticipé les réalisations en 2009 pour profiter des aides encore en vigueur.

    Alors tout le monde espère que la Californie va instaurer une politique de Feed-in-tariff obligeant les distributeurs d'électricité de racheter les surproductions de courant électrique des foyers équipés de modules. La Chine devrait également rendre effectives les mesures d'aides décidées pour son industrie (50% d'aides à l'investissement pour les installations reliées au réseau). Le Japon qui a remis en vigueur ses aides fiscales depuis le mois d'Avril de cette année pour soutenir son industrie photovoltaïque devrait revoir ses installations progresser. La France, l'Italie devraient également avancer des politiques plus favorables. Les mesures annoncées vont toutes vers un meilleur équilibre des marchés.

    Une chose est certaine, l'industrie mondiale du photovoltaïque qui dispose d'un immense avantage qui consiste à pouvoir transformer directement 10% à 20 % de l'énergie solaire en électricité, sans aucune nuisance, n'accèdera à de grands volumes de production, ce qui est inéluctable, que le jour où, sans subvention aucune, elle saura proposer des systèmes complets permettant de produire, de stocker et de livrer de l'énergie électrique au bon moment et au bon prix. Cette équation complexe, tant au niveau de l'habitation individuelle ou d'un immeuble collectif ou encore d'un champ photovoltaïque en plein désert, qui dépasse largement la seule production de modules, mériterait d'être activement étudiée par les industriels européens.

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    LIRE l'étude de RWI sur l'aide tarifaire allemande.

  • Gazprom envisage de vendre son futur GNL issu du gisement de Shtokman sur la Côte Est des Etats-Unis

    Gazprom envisage de vendre son futur GNL issu du gisement de Shtokman sur la Côte Est des Etats-Unis

     On sait que les dirigeants de Gazprom se posent des questions sur les éventuels débouchés du gaz du gisement de Shtokman situé dans la Mer de Barents (LIRE) et qui devrait produire à la fois du gaz naturel pour les gazoducs russes et du gaz naturel liquéfié pour le marché international. Cet immense gisement de l'arctique qui sera exploité avec l'aide des compétences de StatoilHydro et de Total, devrait produire du GNL à partir de 2014. Gazprom a bien compris que le marché du GNL pouvait lui faire de l'ombre et devenir un concurrent sérieux du gaz continental russe qui dessert à la fois l'Europe et l'Asie. Gazprom veut donc devenir un acteur majeur sur le marché du GNL. Mais il ne peut pas s'auto concurrencer auprès de ses clients traditionnels. Alors, il semblerait qu'il ait trouvé une solution, nous informe Bloomberg: conclure des accords à long terme d'approvisionnements de terminaux de la Côte Est des Etats-Unis. Ces livraisons, si tout ce déroule selon les plans annoncés,  pourraient atteindre l'équivalent de 10% des besoins américains d'ici à une dizaine d'années. Les responsables de Gazprom voudraient avoir signé les contrats à long terme avant de lancer les investissements majeurs pour développer ce champ.

    Arctic_map

    LIRE le communiqué de Bloomberg

    LIRE un point récent de l'EIA sur l'état des réserves de pétrole et de gaz dans l'Arctique ainsi que sur les développements en cours.

    Le 21 Octobre 2009
     

  • Le gaz naturel de par son abondance et de son énergie par tonne émise de CO2 devrait s’imposer comme première source d’énergie primaire

    Le gaz naturel de par son abondance et de son énergie par tonne émise de CO2 devrait s’imposer comme première source d’énergie primaire

    Il a été illustré ici, de façon très simple, à partir des données de base de la thermodynamique, qu'une centrale au gaz à cycle combiné moderne, avec un rendement énergétique de 60%, émet trois fois moins de CO2 qu'une centrale au charbon pulvérulent actuelle ayant un rendement de 40% (LIRE). Ce résultat connu de tous les énergéticiens du monde provient deux données fondamentales:

    1) la combustion du méthane produit deux fois plus d'énergie que la combustion du carbone par tonne de CO2 produite (5,07 MWh pour le CH4 par rapport à 2,48 MWh pour le Carbone).

    2) la combustion du gaz naturel permet d'atteindre des températures très élevées, allant jusqu'à 1600°C à ce jour (LIRE), au sein de la chambre de combustion des turbines à gaz à hauts rendements, couplées à des génératrices à vapeur alimentées par les gaz de combustion de la turbine. Les ensembles modernes à cycle combiné annoncés par les Siemens, les Alstom et autres Mitubishi Heavy atteignent ou dépassent les 60% de rendement. Un des points technologiques clés est de disposer de pièces mécaniques sophistiquées, en matériaux modernes suffisamment réfractaires, pour tenir le choc mécaniquement dans les chambres de combustion des turbines. Des progrès sont encore attendus dans la température extrême des turbines avec un objectif de 1700°C pour les japonais, mais également dans les génératrices à vapeur associées comme le montre un récent accord entre GE et MHI dans le domaine (LIRE).

    Liquefaction-offshore 

    Ces deux paramètres font qu'il est possible à ce jour, de générer un MWh électrique en émettant 330 kg de CO2 avec du gaz naturel alors qu'il faut en émettre une tonne avec du charbon pulvérulent de très bonne qualité. Bien sûr l'utilisation de lignite de basse qualité énergétique aggrave encore plus le score aux dépens du combustible solide. Ajoutons en prime, à l'avantage du gaz naturel que sa combustion, contrairement à celles de diverses houilles et lignites permet de s'affranchir de rejets toxiques dans l'air et de cendres polluantes dans la nature.

    Un tel score sans appel suppose que l'extraction du gaz naturel se fait elle même sans rejet du CO2 avec lequel il est naturellement mélangé dans les champs gaziers. Cela suppose que l'unité de purification du gaz comme à Sleipner ou à Snövhit est équipée d'une unité de capture et de séquestration du dioxyde de carbone. Sinon il faut ajouter le CO2 associé au méthane dans le bilan. Pour un mélange très riche en CO2 du style 50/50 molaire, ce sont 330 kg de CO2 par MWh qu'il faut rajouter aux rejets de combustion du gaz. Pour un mélange courant à 25% de doxyde de carbone et 75% de méthane c'est le tiers, ou 110 kg de CO2 par MWh qu'il faut rajouter au bilain, ce qui conduit à des rejets totaux de gaz carbonique de 440 kg par MWh électrique.

    Quand aux rejets de méthane respectifs, il faudrait comparer les émissions de grisou lors de l'exploitation de la mine de charbon aux éventuelles fuites lors de l'extraction, de la purification et de l'acheminement du gaz naturel. Les méthaniers modernes reliquéfient à bord le gaz évaporé de leurs cuves.

    Compte tenu de ces considérations il apparaît que de remplacer les vielles centrales au charbon ou au lignite par des centrales au gaz modernes est une méthode qui permet de diviser par 2,5 ou plus les émissions de CO2 dans la nature pour une quantité d'électricité produite.

    L'équation environnementale est donc très favorable au gaz naturel, mais jusque là l'équation économique était largement favorable à la filière charbon. Ce qui explique la primauté actuelle du charbon dans la génération d'électricité, mais cette situation n'est à mon avis que provisoire.

    En effet, un certain nombre d'éléments devraient faire rapidement décroître l'usage du charbon, tout au moins et dans un premier temps, dans les pays de l'OCDE.

    Il y a tout d'abord tout ce qui est des domaines règlementaires ou des pénalités financières. Les droits d'émissions de CO2, les obligations de réduire la teneur en CO2 par MWh d'électricité distribuée, le non octroi des autorisations administratives nécessaires, sous la pression de l'opinion publique, sont des moteurs puissants de dissuasion d'installation de nouvelles unités.

    Mais la vraie question est de faire peu à peu disparaître les centrales au charbon des pays membre de l'OCDE, pour ensuite s'attaquer aux centrales chinoises et indiennes. C'est la seule méthode qui permettra de réduire significativement les émissions mondiales de CO2 qui sont à 40% originaires de la combustion de lignite ou de charbon. Les rêves éveillés de Tanaka, de l'Agence Internationale de l'Energie, qui veut équiper en CCS 850 centrales en 2030 pour capturer et séquestrer 2,5 milliards de tonnes de CO2, ne doivent pas être pris au sérieux (LIRE et voir la dernière slide). Si le dixième de cet objectif était atteint à cette date ce serait déjà bien.

    Le point de basculement économique pour un gaz naturel à 7$/MMBTU ou 24$ par MWh thermique, se situe aux environs d'un prix du charbon de 150$ la tonne ou 18$ par MWh thermique. En Europe le prix du charbon sud-africain livré dans les ports européens doit être aux environs de 100$ la tonne. Une taxe carbone de 50$ par tonne de charbon sous une forme ou une autre, fera basculer l'équation économique au profit du gaz. Aux Etats-Unis les prix du charbon étant très bas, seuls des prix très bas du gaz naturel pourraient permettre de déstabiliser le charbon. Il faudrait que les cours du gaz naturel ne dépassent pas les 5$ le MMBTU ou 17$ le MWh pour que le gaz devienne compétitif face à un charbon qui reviendrait taxes comprises à 100$ la tonne.

    Gondwana3

     La troisième condition est la disponibilité du gaz naturel. Les réserves de gaz dans le monde sont immenses et régulièrement révisées à la hausse au gré des découvertes  au coeur des continents ou sur les marges des blocs de l'ancien Gondwana (gaz de l'arctique, schistes bitumineux américains, carbon bed, gisements offshores australiens, rives sud atlantiques). Alors que le charbon est difficilement transportable et donc faisant l'objet de peu d'échanges internationaux (LIRE), le gaz naturel s'achemine aisément soit par gazoduc quand un réseau existe, soit sous forme liquéfiée par méthanier pour le transport maritime. Les grands pétroliers et les grands gaziers internationaux veulent réduire leurs investissements pour pouvoir exploiter de façon rentable les gisements offshores de plus en plus profonds et éloignés de la terre ferme. Pour éviter d'avoir à construire des gazoducs onéreux, ils imaginent de développer d'immenses usines de liquéfaction en pleine mer (LIRE).

    Bloomberg nous apprend, à partir d'une interview d'un responsable de Technip, que Shell serait sur le point de commander trois immenses usines offshores de liquéfaction de gaz naturel au consortium Technip-Samsung Heavy Industries (FIG.I). La première de ces unités offshores, où viendraient accoster les méthaniers les plus gros du moment, devrait être installée d'ici 4 à 5 ans au large des côtes nord-ouest de l'Australie. De telles usines flottantes capables de liquéfier 3 millions de tonnes de gaz par an pourraient être installées par la suite au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest ou du Brésil.

    Des développements de ce type, sont de nature à faire du gaz naturel la première ressource mondiale d'énergie primaire d'ici à une ou deux décennies. Un large marché spot à partir de méthaniers chargés de GNL est appelé à se développer, reléguant les ressources russes à leur juste rang de numéro deux ou trois mondial. L'ouverture maritime de l'Europe doit lui permettre de faire du gaz naturel sa principale ressource énergétique pour le plus grand bien des émissions des gaz de combustion des centrales électriques à flamme encore trop largement alimentées au lignite ou au charbon. Les immenses ressources de gaz américaines qui ont propulsé les Etats-Unis au premier rang des producteurs mondiaux de gaz naturel, vont pousser les Etats de ce pays à utiliser d'avantage le gaz dans la génération d'électricité et ceci en complément des ressources renouvelables. L'option dite "clean coal" ne permet pas d'atteindre des niveaux de rejets de gaz carbonique adéquats, elle manque de flexibilité et nécessite des investissements de gazéification du charbon très élevés et polluants.

    Par la suite il faudra convaincre l'Inde et la Chine qu'elles ont fait le mauvais choix avec leurs investissements massifs dans centrales au charbon. Ce sera beaucoup plus complexe à gérer. Rappelons pour l'anecdote, que l'Inde qui possède les cinquièmes réserves mondiales de charbon, mais qui est incapable de le transporter sur son vaste territoire, construit ses centrales électriques dans les ports pour les alimenter à partir de charbon importé.

    LIRE le communiqué de l'Agence Bloomberg

    Le 21 Octobre 2009

  • Les grandes questions que vont devoir aborder les délégués du GIEC à Bali

    Les grandes questions que vont devoir aborder les délégués du GIEC à Bali

     Du 26 au 29 Octobre à Bali va se tenir la 31ème Session Pléniaire de l'IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), plus connu en Français sous le doux acronyme de GIEC. Ce Groupe d'experts va devoir tout d'abord revoir les chiffres d'émissions gaz à effets de serres (GHG) et plus particulièrement ceux de dioxyde de carbone qu'il manipule. Il serait même indispensable qu'il se projette vers 2014 ou 2016 pour élaborer ses données compte tenu de l'inertie des décisions et des actions dans le domaine énergétique. Les centrales au charbon indiennes ou chinoises en cours de construction émettront inéluctablement leur gaz carbonique dans deux ou trois ans. Alors ces experts peuvent tabler sur des émissions qui atteindront les 36 milliards de tonnes de gaz vers 2014, malgré un certain infléchissement du rythme de progression en raison de la crise économique en 2009 (FIG.). 

    CO2-1980-2016

     Traditionnellement ces experts ajoutent à ces émissions anthropiques identifiées avec une bonne précision, une émission "forfaitaire" de 5,5 milliards de tonnes de CO2 (1,5 milliards de tonnes de Carbone) due à aux changements dans l'utilisation des sols (LUC ou Land Utilisation Change) qui englobe en particulier les déforestation des grandes forêts équatoriales. Sans vouloir minimiser la gravité de ces destructions et des émissions liées qu'il faut réduire de toute évidence, leur part dans les émissions globales de CO2 admises par tous comme représentant 20% des émissions, n'en représenteront plus que 13% en 2014. En comparaison, les émissions de CO2  dues à la combustion de lignite et de charbon représentaient, avec 12 milliards de tonnes, 40% des émissions totales en 2006 (EIA). Elles devraient tendre vers 50% des émissions dans les années à venir. Le GIEC ne peut pas ne pas pousser un grand coup de gueule contre la combustion croissante de charbon et de lignite dans le monde. Cette croissance doit cesser! Les publications de l'UNEP qui veulent faire croire que le réchauffement planétaire pourrait être maîtrisé par un meilleur aménagement des espaces verts et des rivages mondiaux est à la limite de l'escroquerie. En fait, d'oublier 87% du problème lui évite de s'affronter aux Nations industrielles récalcitrantes qui sont aussi les employeurs de l'UNEP.

     Le deuxième problème de fond repose sur la répartition des émissions de CO2 anthropiques entre ciel, terre et mer. Jusque là, la fraction se retrouvant dans l'atmosphère ou "airborne fraction" est réputée croître lentement au cours du temps. Il existerait une boucle positive entre la fraction de répartition du CO2 dans l'atmosphère et le réchauffement de la planète. Il est possible d'invoquer de nombreuses raisons (réchauffement des océans absorbant moins de gaz, automnes plus chauds provoquant des émissions de CO2 plus importantes par les forêts, etc.). Mais cette tendance longue qui exacerberait l'effet des émissions de gaz carbonique, ne semble pas s'appliquer depuis 2003, comme cela a été chiffré ici de façon très simple en comparant les accélérations des émissions de dioxyde de carbone et celles d'apparition dans l'atmosphère (LIRE). Or cette inversion, mettant en évidence une boucle de régulation négative, correspond à la forte croissance des émissions de dioxyde de carbone chinoises. N'y a-t-il pas là la preuve d'un effet inverse à celui attendu? La compréhension de ce phénomène me semble essentielle. Plusieurs hypothèses prenant en compte la pression partielle de CO2 et la fonte de la banquise dans une zone de puits de gaz carbonique, qui accroîtraient la vitesse et la surface de dissolution de ce gaz dans l'océan, devraient être étudiées. Les travaux de Takahashi et Col. dans le domaine, qui reposent sur trois millions de mesures de teneurs en CO2 dans les eaux de surface maritimes, réalisés depuis 1970, montrent clairement que cette zone de l'Atlantique Nord, autour du Groenland, est de toute première importance pour assurer la dissolution du gaz carbonique de l'hémisphère nord dans les océans (FIG.II, zone bleue et parme en haut à droite).

    FIG.II Vitesses d'apparition et de disparition du CO2 dans les océans d'après Takahashi et Col.

    Les zones parme correspondent aux puits de dioxyde de carbone qui peuvent absorber jusqu'à 400 tonnes de CO2 par km2 et par an. Des variations moyenne de la surface de la banquise de l'ordre du million de km2 peuvent donc expliquer un accroissement de l'absorption de 400 millions de tonnes de gaz annuellement. La surface de la banquise au mois de Septembre, représentait dans les 7 millions de km2 en 1990. Elle est descendue à moins de 5 millions de km2 en 2007. Cette différence peut expliquer une plus forte décroissance de la concentration en CO2 durant la saison d'été dans l'hémisphère nord.

    Takahashi-CO2-sinks-2009 

     La réunion plénière de l'IPCC de la semaine prochaine sera d'une grande importance en raison de sa proximité avec la réunion sur le climat de Copenhague du mois de Décembre. Il y a là une occasion de passer quelques messages sobres mais bien sentis, à la Communauté Internationale, avec cependant une condition nécessaire: bien les hiérarchiser.
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    Le 19 Octobre 2009

  • Les publications de l’UNEP sur la climat rivalisent avec les catalogues de Club de Vacances

    Les publications de l’UNEP sur la climat rivalisent avec les catalogues de Club de Vacances

     L'UNEP (United Nations Environment Program) bras armé universel de la lutte contre le réchauffement climatique, est en train de publier les documents de base censés servir de support au prochain sommet de Copenhague. Ces brochures sont absolument merveilleuses, on y parcourt des paysages de rêves allant de mangroves en îles féériques. De vrais catalogues de Club de Vacances de grand luxe. Mais la lecture de ces brochures vous laisse parfois un goût amer en bouche. Les données chiffrées sont le plus souvent datées. Elles remontent 8 ou 9 ans en arrière, bien avant l'explosion énergétique chinoise. Elles sont même parfois incohérentes (FIG.) et les émissions de CO2 sont exprimées en pétagrammes ou en téragrammes de Carbone, unité du système cgs abandonné dans les années 50. C'est moins agressif que l'unité de base simple de ces problèmes qui se chiffrent en milliards de tonnes de CO2.

    UNEP-BlueCarbon-2009

     Les thèmes abordés ne s'attaquent pas au coeur du problème : les émissions anthropiques de CO2. Ils parlent de préservation de l'environnement et autres thèmes que personne ne peut challenger, mais qui ne concernent, au mieux, que 20% de l'équation globale. Se poser la question de la compétence et de l'efficacité de cette institution qu'est l'UNEP me semble être indispensable. Les éventuelles négociations concernant des objectifs concrets de réduction des émissions de GHG, si elles ont lieu, à Copenhague ne seront sûrement pas à créditer à l'action de cette institution.

     Consulter ces deux prestigieuses brochures, objets de communication de l'UNEP, sans trop croire aux valeurs mentionnées ni à la réelle efficacité des amorces de solutions proposées.

    THE NATURAL FIX

    BLUE CARBON

    Le 17 Octobre 2009