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  • Et si la spéculation sur le pétrole était en train de rejouer la campagne 2007-2008?

    Et si la spéculation sur le pétrole était en train de rejouer la campagne 2007-2008?

    WTI-2007-2008 et 2009-2010

     Le moteur admis de tous, nécessaire et évidente base de toute spéculation, n'est plus le peak-oil, mais la défiance vis-à-vis du dollar. Tim Geithner ne vient-il pas d'annoncer un déficit budgétaire américain de 1420 milliards de dollars! Un trou plus de 3 fois supérieur au précédent. De quoi vous faire bondir les cours du brut. A Londres, le Brent a repris 3 dollars sur la nouvelle.

    Le 17 Octobre 2009
     

  • Un futur grand du pétrole en Afrique de l’Ouest, le Ghana, attise les convoitises chinoises

    Un futur grand du pétrole en Afrique de l’Ouest, le Ghana, attise les convoitises chinoises

     Le Ghana, voisin d'en face des côtes nord du Brésil il y a de cela 120 millions d'années, fait lui aussi partie de ce complexe pétrolier Sud Atlantique de l'ancien Gondwana (LIRE). Son champ offshore de Jubilee découvert en Juin  2007 et qui s'étendrait plus à l'Est que prévu initialement (FIG.) contiendrait aux dernières nouvelles dans les 1,8 milliards de barils nous informe un des opérateurs, le pétrolier Tullow, qui détient 23% des parts (LIRE le communiqué d'Anadarko par exemple). Tullow est associé dans cette aventure avec Kosmos qui est opérateur sur une autre partie du champ. Anadarko et le pétrolier ganhéen GNPC (Ghana National Petroleum Company) sont également associés à ce développement.

      L'affaire est si intéressante qu'Exxon Mobil semblait avoir trouvé un accord de 4 milliards de dollars pour racheter les 23,5% de droits de Kosmos sur l'exploitation de ces ressources qui devraient démarrer en 2010 et faire du Ghana un nouveau pays de l'Afrique de l'Ouest exportateur de pétrole.

    Ghana-jubilee-field

    Mais voila, le Financial Times fait savoir que le pétrolier local GNPC se dit prêt à acheter les droits de Kosmos et de rechercher des alliances avec le mieux disant, pour l'associer à ce projet. Il semblerait que dans les faits le partenaire préféré de GNPC et bailleur de fonds pour l'affaire soit déjà déterminé, ce serait le chinois CNOOC. Décidément, les places pour trouver un fauteil dans un champ pétrolier quasiment développé au soleil sont de plus en plus rares et difficiles à acquérir. La compétition sino-américaine joue à fond.

    LIRE l'info du Financial Times.

  • Siemens poursuit ses acquisitions pour une entrée réussie dans le marché du solaire thermique

    Siemens poursuit ses acquisitions pour une entrée réussie dans le marché du solaire thermique

     Siemens a compris que pour pénétrer un marché des énergies renouvelables, il fallait tout comme dans n'importe quelle activité, arriver en leader avec une solution complète et des technologies de pointes. C'est ce qu'il a fait avec beaucoup de succès dans l'éolien offshore où le Groupe est le N°1 mondial incontesté (LIRE).  Siemens ne se cache pas de recommencer le scénario dans le business du solaire par concentration. Sa volonté de rejoindre ce marché avait été dévoilée lors de la prise de participation au mois de Mars dernier de 28% dans l'italien Archimède Solar Energy qui maîtriserait, entre autres, la technologie du stockage de chaleur dans les sels fondus. Cette volonté stratégique vient d'être confirmée par la décision de Siemens d'acquérir, auprès d'un groupe financier, la Société Solel, un des grands spécialistes du solaire thermique par concentration sur miroir parabolique. Solel apporte à Siemens sa connaissance du business, mais aussi une technologie assez pointue dans les capteurs d'énergie qui reposent sur la circulation d'un fluide caloporteur dans des tubes de quartz sous vide situés dans la focale des miroirs paraboliques. Les performances de ces capteurs qui doivent absorber le maximum d'énergie solaire (>96%) pour la transmettre au liquide, tout en réémettant le moins possible de cette énergie (<10%) déterminent une grande partie de la performance et donc de la rentabilité des installations. Siemens par cette acquisition va se retrouver en première ligne sur les marchés du solaire par concentration dans le sud-ouest des Etats-Unis et sur le marché espagnol. Solel vient en particulier d'obtenir une subvention de 1,8 million d'euros du Gouvernement de la Province d'Andalousie pour venir installer une unité de production de composants. Par la suite Siemens rêvera de grandes installations solaires en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient, destinées à alimenter de façon écologique les foyers allemands en énergie, tout là haut dans les frimas.

    Solel-Solar-Field

    CONSULTER la doc des capteurs UVAC 2008 de SOLEL

    LIRE les projets espagnols.

    Le 16 Octobre 2009

  • L’énergie électrique domestique sera distribuée en mode mixte: continu et alternatif

    L’énergie électrique domestique sera distribuée en mode mixte: continu et alternatif

     Les grands japonais de l'électrotechnique comme Panasonic, Sharp ou TDK envisagent sérieusement de distribuer l'électricité domestique à la fois en mode alternatif (110 ou 220V) et en courant continu (20 ou 40V). Cette possibilité, présentée au Salon CEATEC JAPAN cette année, prend tout son sens pour les habitations équipées de panneaux photovoltaïques et de batteries en tampon permettant de stocker l'énergie électrique. Panasonic qui semble être le leader dans ce mouvement de fond envisage des solutions mixtes qui pourraient alimenter en continu l'éclairage avec des lampes LED, tout le matériel informatique et autres applications de faible puissance. Les applications de puissance de type four, chauffage ou air conditionné restant pour l'instant en mode alternatif en raison de la faible tension du réseau continu. Par la suite Panasonic imagine de résoudre les problèmes de sécurité posés par le courant continu et de pouvoir accroître la tension du circuit continu. Une telle possibilité de choix permettrait de supprimer dans nombre d'équipements domestiques les convertisseurs AC/DC et donc d'améliorer leur rendement énergétique.

    FIG.I AC/DC Hybrid Wiring System de Panasonic: les deux réseaux coexistent dans le foyer.

    Panasonic-AC-DC-2009

    Sharp de son côté présente des systèmes photovoltaïques associés avec une batterie Li-Ion de sa filiale Eliiy Power (FIG.II). Certains grands japonais envisagent donc de repenser toute l'architecture de distribution et de stockage de l'énergie électrique au sein du foyer. Bien sûr le véhicule électrique occupe une place importante dans tout ce dispositif.

    FIG.II La batterie Li-Ion Eliiy Power de Sharp, au voisinage d'une voiture électrique

    Eliiy-Power-battery-2009

    LIRE sur Eliiy Power

    Le 15 Octobre 2009
     

  • Les réserves offshore de l’Afrique de l’Ouest seraient les symétriques de celles du Brésil

    Les réserves offshore de l’Afrique de l’Ouest seraient les symétriques de celles du Brésil

     Les succès dans la recherche pétrolière nécessitent de disposer de moyens de prospections modernes qui mettent à disposition des professionnels une imagerie de plus en plus détaillée à de grandes profondeurs, mais ils supposent aussi une bonne compréhension de l'histoire des évènements géologiques qui ont conduit à la formation de certains gisements de pétrole ou de gaz. La technologie ne dispense pas de la connaissance intuitive des grands professionnels de la géologie. La prospection dans le Golfe du Mexique en est un exemple schématique, où on a vu à côté de grandes découvertes, un Groupe comme Total jeter l'éponge et céder en 2009 ses droits de prospection au pétrolier Cobalt, au travers d'une filiale 40/60 dirigée par ce dernier (LIRE). Douloureux mais lucide aveu d'incompétence.

    Gondwana 

    Sur les côtes brésiliennes ont été découverts depuis peu de grands gisements de pétrole dits pre-salt, situés à 6000 mètres de profondeur, en dessous d'une épaisse (2000m) couche de sel. Ils se nomment Tupi, Jupiter, Gara, Iara, Carioca, Parati. Un des hommes à la base de ces découvertes et qui comprennent le mieux ces gisements, est le brésilien Marcio R. Mello, actuellement Président de la Société de prospection HRT et ancien géologue de chez Petrobras. Pour lui les gisements pre-salt ont été formés il y de cela 130 à 110 millions d'années quand le Gondwana a commencé à se scinder pour donner naissance à l'Amérique du Sud et à l'Afrique (FIG.). Dans ce Rift, d'immenses quantités de matières organiques et de carapaces calcaires se sont accumulées. Puis un réchauffement ultérieur s'est accompagné d'immenses dépôts de sel qui sont venu recouvrir ces matières qui se présentent aujourd'hui sous forme de gisements de pétrole et de gaz dans une matrice calcaire. Il reste du pétrole malgré la grande profondeur en raison de températures modérées.

    Pour Mello ce qui est vrai pour les côtes du Mexique l'est aussi pour les côtes de l'Afrique de l'Ouest qui formaient alors l'autre rive du Rift. D'après lui il existerait de grandes réserves de pétrole pre-salt sur les côtes de l'Angola et de la Namibie (FIG.II)

    Gondwana2

     D'après Mello se sont des centaines de milliards de barils de pétroles qu'il reste à découvrir sur les rives américaines et africaines de cet immense bassin de l'Atlantique Sud. Sa compagnie prospecte actuellement, pour le canadien Universal Power, dans le sud de la Namibie, près du gisement de gaz de Kudu (LIRE).

     Les statisticiens du peak-oil qui affirment encore que la plupart des grands gisements de pétrole ont été largement découverts et qu'il ne reste que des broutilles à découvrir, risquent d'être déçus. Ils oublient simplement que la découverte de gisements ne se fait pas comme à la bataille navale. Des gisements très importants pre-salt, insoupçonnés jusque là, existent en dessous d'autres gisements post-salt dont ils parlent. L'équation, en raison d'une histoire complexe de la terre, est à trois dimensions. Zut alors, la Terre n'est pas une feuille de papier!

    Le 15 Octobre 2009.

  • Lockheed Martin plonge dans les vagues avec OPT

    Lockheed Martin plonge dans les vagues avec OPT

     Le Groupe international Lockheed Martin après avoir signé une lettre d'intention au mois de Janvier dernier, vient d'annoncer la création d'un "commercial engineering services agreement" avec le spécialiste anglo-américain de l'utilisation de l'énergie des vagues OPT (Ocean Power Technologies) créé en 1994. Selon cet accord Lockheed Martin apportera à OPT son expérience dans l'intégration des systèmes, dans les méthodes de production et dans l'optimisation de la technologie de ces capteurs d'énergie des vagues que constituent les PowerBuoy. Cette alliance a pour objectif de permettre aux deux Sociétés de déployer une offre commerciale en Amérique du Nord.

    OPT-vagues

    Ces systèmes basés sur la récupération inertielle de l'effet de yo-yo créé par les vagues pâtissent de faiblesses majeures auxquelles il faut remédier pour rendre la solution financièrement acceptable. La première est la faible puissance nominale d'une bouée. Aujourd'hui OPT propose un prototype de 150 kW de puissance électrique, d'après ce constructeur il pourrait faire évoluer la technologie pour atteindre 500 kW de puissance unitaire. La conséquence de cette faible puissance unitaire est un investissement élevé rapporté au MW installé. Le montant qu'OPT voudrait atteindre sur des productions industrielles est de 4M$ par MW, c'est deux fois le prix des récentes transactions sur l'éolien offshore. Le facteur de charge estimé à 30 à 45% selon le lieu d'implantation des bouées, est du même ordre de grandeur que celui de l'éolien offshore en Mer du Nord qui calcule ses productions sur 3500 heures par an, ce qui équivaut à un facteur de charge de 40%. Enfin le raccordement d'un champ de bouées à la terre et la conversion de l'énergie électrique en un courant acceptable par le réseau n'est pas une mince affaire qui ne se justifie que pour des puissances de plusieurs dizaines ou centaines de MW.

    C'est donc une équation complexe qui doit être abordée dans sa globalité. L'appui de Lockheed Martin qui vient ainsi faire un peu de greenwashing, ne sera pas de trop pour aider OPT aux Etats-Unis. Sur la nouvelle, le cours de l'action OPT s'est accru hier de 45% sur le Nasdaq.

    Cet accord américain vient compléter géographiquement les accords conclus par OPT avec un consortium japonais (Idemetsu Kosan, Mitsui Engineering, ..) qui veut également évaluer cette technologie au Japon sur un champ d'au moins 10MW et obtenir bien sûr une licence.

    LIRE le communiqué de Lockheed Martin.

    LIRE l'accord japonais.

    CONSULTER une récente et intéressante présentation d'OPT sur le sujet.

    Le 14 Octobre 2009

  • Les productions mensuelles nord-américaines de véhicules devraient repasser au dessus du million d’exemplaires

    Les productions mensuelles nord-américaines de véhicules devraient repasser au dessus du million d’exemplaires

     Il a été rapporté ici récemment que les ventes d'aluminium d'Alcoa à l'industrie automobile avaient repris de 21% au troisième trimestre. Cette information indicatrice d'une reprise de cette activité industrielle importante pour l'économie est confirmée par les statistiques de productions de véhicules sur le continent nord-américain. Les productions ont atteint 969 mille exemplaires au mois de Septembre (FIG.) en forte hausse par rapport aux productions des mois précédents. Ces volumes correspondent à un taux d'utilisation des capacités de production de 74%. Une étude prospective auprès des constructeurs permet d'estimer que ce taux d'utilisation dépassera les 75% en Octobre et Novembre. Il est donc fort probable que les productions repasseront au dessus du symbolique million d'exemplaires au mois d'Octobre.

    Prod-mensuelle-véhicules-NA-2009-09

     Cette tendance devrait porter les productions cumulées nord-américaines vers les 9 millions d'exemplaires en 2009 qui devrait constituer un plus bas historique digne du début des sixties (FIG.). Il faudrait maintenant que les constructeurs américains apprennent à produire des voitures économes en carburant pour une clientèle à plus de 75% urbaine (données Census Bureau 1990). En effet il est aisé de déceler sur les productions de longues périodes combien l'engouement pour les 4X4 et autres SUV's a été artificiellement développé par les politiques marketing des constructeurs américains et japonais durant les 90's (FIG.II). Une nouvelle mode est en préparation dans les bureaux d'études, elle sera plus racée.

    Prod-annuelles-vehicules-NA-1980-2008

    Le 12 Octobre 2009
     
     

  • Quelle va être la clé de répartition des émissions de CO2 entre l’atmosphère, les océans et les sols au cours de ce siècle?

    Quelle va être la clé de répartition des émissions de CO2 entre l’atmosphère, les océans et les sols au cours de ce siècle?

     Les problèmes posés par le réchauffement global de notre planète, en raison du forçage radiatif des gaz à effet de serre, mesuré à partir d'une base non polluée choisie sous le règne de Louis XV, vont dépendre de deux facteurs importants: tout d'abord des émissions de gaz directement dues aux activités humaines ou conséquences indirectes de ces activités, et d'autre part de la répartition de ces gaz entre l'atmosphère, les océans et autres eaux lacustres, la végétation et les sols. Alors que le premier paramètre peut être assez bien cerné dans le cas du dioxyde de carbone par les émissions dues à la combustion des énergies fossiles et à la production de ciment dans le monde, le second paramètre qui concerne la clé de répartition entre ciel, terre et mer est beaucoup plus difficile à quantifier.

    Fraction-atmosphérique-Fossile-1980-2008

     Une première approche empirique consiste à comparer chaque année les émissions de CO2 dues aux activités anthropiques, rapportées à la teneur totale de gaz carbonique dans l'atmosphère, avec la croissance annuelle moyenne atmosphérique en dioxyde de carbone. Le ratio entre ces deux vitesses d'apparition et d'émission de gaz permet d'accéder à ce que les spécialistes appellent la fraction atmosphérique (airborne fraction) qui détermine la quantité de gaz qui chaque année se retrouve dans l'atmosphère. Un calcul simple des émissions anthropiques, depuis 1980, à partir des données de l'Energy Information Administration pour ce qui est des combustions d'énergies fossiles, auxquelles il faut ajouter les émissions dues à la production mondiale de ciment et rapportées à la teneur globale de ce gaz dans l'atmosphère, calculée à partir de la teneur globale en CO2 dans l'air sec fournie par le NOAA permet d'établir la courbe d'émission de gaz carbonique anthropique jusqu'en 2008 (FIG., courbe rouge). Il est possible de distinguer sur cette courbe deux époques. Entre 1980 et 2003 la croissance des émissions anthropiques est sensiblement linéaire, puis à partir de 2004, l'arrivée de la croissance économique de la Chine, accompagnée de la construction de multiples centrales au charbon (VOIR le diagramme des puissances installées) transforme complètement la donne et fait emballer les émissions mondiales de gaz carbonique. Venant de 0,7% au début des années 80, elles ont franchi le seuil symbolique de 1% en 2005 et elles ont atteint en 2008 avec 32,4 milliards de tonnes de gaz carbonique, 1,08% de la quantité de CO2 contenu dans l'atmosphère qui est de 3000 milliards de tonnes. La crise économique va stabiliser ce ratio en 2009, mais les besoins en énergie électrique de la Chine et d'autres pays d'Asie, comme l'Inde qui investit massivement dans les centrales au charbon, vont continuer à faire croître les émissions mondiales de CO2.

     En parallèle avec ces émissions croissantes, la teneur en CO2 dans l'atmosphère poursuit son parcours parabolique mais sans changement réel de tendance. La variation annuelle de la teneur globale en CO2, publiée par le NOAA montre une croissance continue qui était de 0,36% en 1990 et qui est passée à 0,52% en 2008 (FIG., courbe violette). Mais tout se passe comme si l'absorption de CO2 par les océans et la végétation avait amorti l'accélération des émissions de dioxyde de carbone due à la Chine.

     Ceci apparaît encore plus clairement lorsque on calcule pour chacune des années la fraction atmosphérique aFOSS en divisant vitesse d'émission du CO2 par la vitesse de croissance dans l'atmosphère. Ce ratio qui avait atteint 0,56 en 1998-2002 a plongé ces dernières années pour atteindre 0,49 en 2007 et 2008. Les terres et les mers absorbent en ce moment la moitié du CO2 émis par l'homme.

     Dans une publication datant de 2008, Raupach et Col. ont réalisé une étude plus approfondie et détaillée où ils introduisent des émissions anthropiques dues aux changements d'utilisation des sols (Land Use Change ou LUC) provenant du déboisement et de l'extension des surfaces cultivables. Ils estiment, avec beaucoup d'incertitudes, ces émissions à 5,5 millards de tonnes de CO2 par an pour la période comprise entre 2000 et 2006. (Remarque: les savants estiment les émissions annuelles de CO2 en pétagrammes de Carbone, comme cela ils sont sûrs de ne pas être compris, ce qui est à la base de toute forte renommée scientifique). L'introduction chaque année d'émissions de ces 5,5 milliards de tonnes de CO2 dans les calculs conduit à modifier la courbe d'émission vers le haut (FIG.II, courbe rouge) et donc à faire baisser la fraction atmosphérique aE vers 0,42 (FIG.II, courbe pointillée verte).

    Fraction-atmosphérique-1980-2008

     Donc si l'on tient compte des émissions dues aux changements d'utilisation des sols ce sont 58% des émissions de gaz carbonique qui sont piégées dans les océans et la végétation. Notre calcul simplifié est en accord avec la valeur moyenne de 57% (aE=0.43) proposée par Raupach et Col.

     Une étude toute récente de Thornton et Col. vient de se pencher sur le piégeage du CO2 par les sols et les plantes en introduisant un paramètre supplémentaire dans le développement de la végétation qu'est le cycle de l'azote. Cette étude complexe, sur un sujet mal maîtrisé, conclut que d'ici à la fin du siècle les sols auront de moins en moins tendance à piéger le CO2 et donc qu'une part de plus en plus importante se retrouvera dans l'atmosphère. Cependant leur modèle conduit pour la période passée de 1959 à 2006 à une fraction atmosphérique de 0,56 complètement en dehors de la plaque. Cette faiblesse porte atteinte à la confiance qui peut être accordée à ce travail.

     Un examen attentif et si possible objectif sur tous ces travaux de simulation sur la répartition du CO2 dans la nature met en évidence tout d'abord une formidable incertitude sur les résultats annoncés. Il n'est pas rare de voir des résultats estimés varier du simple au double d'une publication à l'autre, à quelques années d'intervalle. Je pense que la principale faiblesse provient de l'insuffisance de résultats expérimentaux et de l'absence de mesures. 

     Pour évoluer positivement ces travaux doivent s'attaquer à un découpage fin de toute la surface de la terre, comme ont commencé à le faire les américains, et à conduire dans chacune de ces cellules, des mesures fréquentes de teneurs en CO2. Bien sûr, l'aide de satellites de mesures est indispensable pour mener à bien cette tâche. Ce n'est qu'à partir de ces milliards de valeurs que des programmes de consolidation des résultats ou de validation de simulations pourront être engagés, pour une meilleure compréhension des phénomènes.

     On peut dire aujourd'hui que 50% +/- 5% du gaz carbonique provenant de la combustion des énergies fossiles et de la production de ciment sont retrouvés dans l'atmosphère. 30% +/- 10% sont absorbés par les océans et le restant est capté par la végétation et les sols à la merci des déboisements, des reboisements, de l'humidité et de la température ambiantes et bien d'autres paramètres agricoles. L'évolution des ratios de répartition entre ciel, terre et mer semblent varier d'une année à l'autre. Leur tendance longue d'évolution est incertaine. Mais tout cela n'empêche pas d'être certain que de brûler moins de charbon et de planter des forêts ira toujours dans la bonne direction.

    LIRE le papier de Raupach et Col.

    LIRE le papier de Thornton et Col.

    Le 11 Octobre 2009

  • Fusion dans le photovoltaïque allemand: Systaic s’agrandit avec l’absorption de Solarwatt

    Fusion dans le photovoltaïque allemand: Systaic s’agrandit avec l’absorption de Solarwatt

     Systaic est une Société allemande qui joue la carte du photovoltaïque haut de gamme orientée vers une clientèle aisée et exigeante. Dans cette optique, elle veut également devenir un acteur majeur pour la conception et la réalisation de toits photovoltaïques pour les futurs véhicules électriques. Les toits des véhicules allemands représentent 50 millions de m2 affirment ses dirigeants qui ont créé une filiale focalisée sur ce créneau d'avenir. La Société affirme travailler, entre autres, en relation avec Daimler sur le sujet. Dans le cadre de son expansion et dans un objectif de gains de productivités, Systaic a décidé de s'intégrer en amont dans la réalisation de cellules solaires en rachetant l'allemand Solarwatt qui possède une bonne technologie et une capacité de production de 25MW qui emploie 54 personnes. Voila typiquement un business très intelligent, d'une entreprise à l'écoute du marché et essayant de mettre à profit l'environnement industriel allemand pour se développer dans des créneaux très pointus et innovants. Une approche système aux antipodes des rêves éveillés français de réduction de coût du Silicium.

     Il faut voir ce regroupement dans le cadre d'une consolidation de l'industrie photovoltaïque allemande qui souffre de la pression sur les prix des concurrents asiatiques et américains.

    Systaic-roof 
    LIRE les communiqués de Presse de Systaic

    Le 9 Octobre 2009 

  • Faire remonter le dollar pour voir baisser les cours du pétrole et autres commodities?

    Faire remonter le dollar pour voir baisser les cours du pétrole et autres commodities?

     L'imprévisibilité des cours du pétrole et autres commodities à moyen terme provient de la complexité des équations aux nombreux paramètres qui régissent les cours. Cependant, sur de brèves périodes de temps, il est possible d'identifier une ou deux variables déterminantes, admises comme telles par la majorité des professionnels qui animent les Marchés. Actuellement, depuis le mois de Mars dernier avec l'affaiblissement quasi continu du dollar et le démarrage du grand rallye sur les cours du pétrole, c'est clairement le taux de change du dollar qui est le paramètre de premier ordre (LIRE). Une démarche pour essayer de rationaliser cette équation confuse consiste à examiner un par un les paramètres déterminants et à essayer de pondérer leur impact à la baisse ou à la hausse sur les cours (FIG.).

    Pétrole-paramètres-cours-2009-10 

    – Les stocks de pétrole dans les pays OCDE sont pléthoriques, il est évident de leur attribuer la note de 5/5 dans la colonne prévoyant la baisse du WTI.

    – Les prévisions économiques sont à la reprise, le Marché est optimiste sur ce point. Cela vaut un 3 ou 4/5 à la hausse.

    – La spéculation veut la hausse, les Banques viennent sur le Marché des commodities pour faire du gras.

    – Jusque là le Marché a joué essentiellement la faiblesse du dollar et a utilisé les commodities comme instruments de couverture. C'est un mécanisme pervers qui risque de mettre en péril toute amorce de reprise.

    – Une règlementation plus stricte des Marchés est en préparation (LIRE) cela peut pousser à la baisse.

    – Les ouragans sur le Golfe du Mexique n'ont pas été au rendez-vous et les conditions météorologiques américaines prévoient un hiver doux.

    – Les risques géopolitiques semblent être à peu près maîtrisés par le nouveau Prix Nobel de la Paix.

    – Les réserves mondiales de productions de pétrole sont abondantes à court terme, la preuve l'OPEP a fortement réduit ses quotas..

    – L'OPEP produit au dessus de ses quotas et les productions NON OPEP sont injustement dénigrées et perçues comme fragiles, malgré la montée en puissance des productions brésiliennes et américaines.

     Ce tableau avec toutes les incertitudes et imperfections qu'il contient montre qu'un revirement sur un paramètre déterminant comme l'évolution des taux de change du dollar contre les autres monnaies peut faire basculer le marché du pétrole vers la baisse. En effet les conditions sur les échanges physiques de pétrole sont objectivement baissières.

     Hier nous avons entendu J.C.Trichet râler contre la volatilité du dollar, puis Ben. Bernanke affirmer qu'il n'hésiterait pas à remonter les taux dés que la reprise pointera son nez. Il ne veut pas commettre les erreurs de son prédécesseur qui, ennivré par sa popularité, avait laissé traîner les taux bas durant trop longtemps, une des causes majeures de la crise ultérieure. Il apparaît donc aujourd'hui qu'un resserrement des conditions de crédit aux Etats-Unis qui inverserait la tendance du taux de change du dollar, serait de nature à dégonfler les très puissantes velléités spéculatives sur le pétrole et autres produits dérivés. Spéculation qui arrive à faire monter les cours d'une ressource, sur un marché physique largement suralimenté. Mais cela n'indigne personne.

    Le 9 Octobre 2009.