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  • Stabiliser la croissance de la teneur en CO2 de l’atmosphère: un vrai travail d’Hercule

    Stabiliser la croissance de la teneur en CO2 de l’atmosphère: un vrai travail d’Hercule

     La littérature sur le bilan carbone de notre planète est plutôt abondante et généralement agrémentée de maints détails qui risquent parfois de faire perdre de vue l'essentiel, ce qu'un homme de bien doit savoir simplement. L'atmosphère terrestre contient 3000 milliards de tonnes de gaz carbonique (sur la base de 1,77 E+14 moles par ppm multipliées par 44 en grammes et par 386 ppm). En 2008, les activités humaines ont généré 32 milliards de tonnes de CO2 (LIRE). Nous négligerons en première approximation toutes les autres sources savantes de ce gaz (sols, volcans, incendies, permafrost, hydrates, etc.). Chaque année le stock atmosphérique de CO2 jouit donc d'un apport frais de 1% venant essentiellement de la combustion des énergies fossiles et de la production de ciment. Nous avons vu récemment que la valeur expérimentale de la teneur moyenne annuelle en CO2 de l'atmosphère en fonction du temps pouvait s'assimiler à une parabole (LIRE). La pente de cette parabole en 2008 est de 2,02 ppm/an pour une valeur absolue de CO2 de 386 ppm (Source: NOAA). Ceci veut dire que la croissance annuelle de CO2 dans l'atmosphère est de 2.02/386 = 0,52%.

    On ne retrouve donc dans l'atmosphère

    que la moitié du dioxyde de carbone émis.

    En 2008, sur les 32 milliards de tonnes, 16 milliards de tonnes de CO2 ont été apportés en plus à l'atmosphère et 16 milliards de tonnes de CO2 ont été absorbés par la croissance éventuelle du stock de végétation et surtout par les océans avec formation de bicarbonates acides.

    CO2-variation anuelle 

     

     Une question raisonnable et simple consiste à se demander à quel niveau mondial d'émissions de CO2 faudrait-il descendre pour stabiliser la teneur de ce gaz dans l'atmosphère? Bien sûr, de grands savants, munis de puissants ordinateurs utilisant de multiples outils de simulation agrémentés de plusieurs centaines de paramètres pourraient tracer de multiples réseaux de courbes en fonction des hypothèses retenues. Mais nous en resterons au niveau des moyens de l'honnête homme qui est notre interlocuteur. Pour cela le faisceau de points représentant chaque année, entre 1980 et 2008, la variation des teneurs en CO2 (c'est la pente point par point de la parabole décrite dans le papier précédent) en fonction des rejets mondiaux de ce gaz (FIG.I) permet de constater que cette courbe n'est pas linéaire mais qu'elle a tendance à s'amortir avec le temps vers les fortes émissions. Deux types de mécanismes peuvent expliquer ce phénomène: les autres émissions de CO2 que nous avons initialement négligées, pèsent de moins en moins de poids au fur et à mesure que les émissions principales croissent, l'autre hypothèse est un accroissement, avec la montée de la pression partielle de CO2, de la vitesse des mécanismes d'absorption du gaz par la végétation et les océans. Quoiqu'il en soit il est possible d'établir une corrélation du second degré acceptable avec ce nuage de 29 points qui montre que la croissance de la teneur en CO2 serait nulle vers 8 milliards de tonnes de gaz carbonique émis, soit 4 fois moins que le niveau actuel.

     On peut donc déduire de cette approche empirique simple, supposant qu'aucun seuil d'irréversibilité des phénomènes n'ait été franchi,  basée sur des données expérimentales antérieures, que les variations des teneurs en CO2 dans l'atmosphère pourront retrouver leur niveau de 1960 (1ppm/an) a condition de réduire les émissions anthropiques par deux et qu'une nouvelle réduction par deux, se rajoutant à la première, permettra de stabiliser ces teneurs dans l'atmosphère.

    Comme dirait Angela: "Besser spät als nie".

    Le 30 Septembre 2009

  • ASTM officialise les mélanges de carburants synthétiques au kérosène pour l’aéronautique

    ASTM officialise les mélanges de carburants synthétiques au kérosène pour l’aéronautique

    Turbofan

    La publication de la nouvelle spécification ASTM D7566 est un pas franchi vers possibilité d’utiliser des carburants de synthèse ou autres biocarburants sous formes de mélanges, jusqu’à 50%, avec les carburants traditionnels dans l’aéronautique. Bien sûr chaque additif devra être homologué avant usage, mais c’est une voie ouverte à la possible utilisation de biocarburants dans la propulsion des avions, une des voies à privilégier par les opérateurs et les motoristes pour faire baisser les émissions de CO2 dans le transport aérien.

    Il n’est pas anodin que cette norme paraisse juste avant la réunion de Copenhague, lieu où sera sûrement débattu le sort de la gestion des émissions de GHG de l’aviation civile (LIRE)

    LIRE le communiqué d’ASTM.

    Le 30 Septembre 2009

  • Le fret aérien dans la zone Asie: un indicateur économique avancé toujours à la traîne

    Le fret aérien dans la zone Asie: un indicateur économique avancé toujours à la traîne

     Le transport de fret aérien dans la zone Asie publié tous les mois par l'IATA est un bon indicateur avancé de l'économie. Par exemple, dès le mois de Février 2008 il avait commencé sa décroissance, annonçant ainsi les déboires de l'été. Il est donc important de suivre son évolution au cours du temps. Le dernier chiffre qui vient d'être publié, celui du mois d'Août, indique une profonde stagnation de l'activité économique entre l'Asie et le reste du monde. En effet le recul du fret aérien de la zone Asie mesuré par rapport à il y a deux ans, ceci afin d'éviter les effets de base d'une année 2008 tourmentée, ressort à -15%, valeur identique à celle du mois de Juillet (FIG., courbe rouge). Ce pallier, peu encourageant, est indicatif d'un nonchalant mouvement de reprise par rapport aux plus bas du printemps dernier.

    Fret-aerien-asie-2009-08

    Le 30 Septembre 2009.

  • Li-Tec filiale d’Evonik et de Daimler va investir dans la production d’accumulateurs Li-Ion polymères

    Li-Tec filiale d’Evonik et de Daimler va investir dans la production d’accumulateurs Li-Ion polymères

     Li-Tec le tout nouveau pôle batterie allemand, filiale d'Evonik (50,1%) d'une part, riche entreprise aux activités diverses dans la chimie, l'énergie et l'immobilier, et de Daimler (49,9%) d'autre part veut investir dans la production d'accumulateurs Li-Ion de technologie polymère ("high-molecular ion conductors") utilisant un séparateur original de type céramique, le Separion, dont Li-Tec est très fier en raison de ses qualités de séparation et de conduction ionique. Li-Tec envisage d'atteindre une capacité de production de 300 mille accumulateurs par an à la fin de cette année (ligne de validation) et de la porter ensuite à un niveau de production de série de plusieurs millions d'exemplaires par an à partir de 2011.

    Sur la base d'une hypothèse non vérifiée de 80 accumulateurs par batterie, une ligne de présérie de 25000 éléments par mois pourrait satisfaire à la construction mensuelle de 2000 à 3000 véhicules "électrifiés" par Daimler dès 2010.

    LI-Tec

    LIRE le communiqué d'Evonik.

    Le 29 Septembre 2009

  • Qui est ce qui pourrait arrêter la croissance parabolique avec le temps de la teneur en CO2 de l’atmosphère?

    Qui est ce qui pourrait arrêter la croissance parabolique avec le temps de la teneur en CO2 de l’atmosphère?

     La Terre constitue un vaste système hors d'équilibre, alimenté continument en énergie par le rayonnement solaire. C'est cette énergie qui est à la source de la vie animale et végétale sur notre planète qui, si on en croit les géologues, était constituée il y a de cela 3,5 milliards d'années d'une atmosphère à base de CO2 et de mers, d'un vert profond, très riches en Fer II et en Sulfures. L'apparition de la vie fit lentement disparaître le CO2, oxyda le Fer II soluble en Fer III insoluble, et transforma les sulfures en sulfates. L'atmosphère s'enrichit en oxygène, mais la vie laissa ce rôle primordial au CO2, même réduit à l'état de traces, pour assurer la croissance des végétaux et autres diatomées. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles jusqu'à l'arrivée de la machine à vapeur et du moteur à explosion qui incitèrent les hommes à aller extraire, pour les brûler, les énormes réserves de charbon, de pétrole et de gaz, résidus du CO2 des premiers temps du Monde, enfouis dans les profondeurs de la Terre. Ce phénomène anthropique, comme disent les savants qui ont un gros bulbe et connaissent leurs racines, tend à perturber le délicat équilibre énergétique qui s'était lentement établi. Ceci est lié à la croissance parabolique de la teneur moyenne annuelle en CO2 de notre atmosphère avec le temps, relevée par exemple à l'observatoire de Mauna Loa, au milieu du Pacifique depuis 1958.(FIG.I).

    CO2-MaunaLoa-1959-2008 

    Ces analyses conduites depuis 50 ans montrent que les teneurs en CO2 de l'atmosphère croissent de plus en plus vite. Les variations annuelles qui étaient de l'ordre d'un ppm entre 1960 et 1970 sont maintenant de l'ordre de 2ppm. La valeur mesurée en 2008 de 385,6 ppm de CO2 correspond à une valeur de x=54 dans l'équation de la parabole de corrélation, ce qui conduit à une pente dy/dx de la tangente en ce point de 2,02 ppm.

    Entre 1980 et 2008 la pente annuelle d'émission de CO2 en passant de 1.34ppm à 2.02ppm a affiché une croissance de 50%. Pendant ces 28 ans, la consommation mondiale de pétrole a crû de 35%, celle de charbon avec l'émergence de la Chine a affiché une croissance de 70% et celle de gaz naturel a plus que doublé avec un score de 110%, nous indiquent les tables de l'EIA. Le lien de cause à effet semble difficile à contester. 

    Cette croissance parabolique avec le temps, de la teneur en CO2 de l'atmosphère est à la base d'un réchauffement global de notre planète. En effet parmi les gaz à effets de serre qui absorbent les rayons infrarouges parce qu'ils possèdent des liaisons C=O ou C-H mais encore C-F ou N-O, le CO2 est le gaz qui provoque le plus de forçage radiatif parmi ces gaz. Il représente 63% de leur effet (FIG II).

    Forçage-radiatif-1980-2008

    On estime qu'en 2008 ce forçage radiatif des GHG a atteint 2,74 W/m2 (FIG.II), soit 0,8% de l'irradiance moyenne reçue par la Terre qui est de 341,5 W/m2 ou 1,15% du flux non réfléchi par l'albédo terrestre qui est de l'ordre de 239W/m2. Cette fraction de puissance semble très faible, mais en multipliant par les 510 millions de km2 de la surface de la terre on arrive à une puissance moyenne de 1400 TW. La puissance calorifique générée par 500 mille centrales électriques de 1000MW. Cette énergie absorbée va donner naissance à un flux de chaleur de plus grande longueur d'onde FL qui va venir accroître la température moyenne d'équilibre de la Terre (Voir la formule) .

    La puissance du forçage radiatif du CO2 est calculée par une loi du type T=5.35 ln(C/278) où intervient le logarithme népérien de la concentration en CO2 exprimée en ppm. La référence de 278 ppm étant la teneur en CO2 dans l'atmosphère estimée en 1750, le style Louis XV faisait alors fureur en France. Compte tenu de la croissance parabolique de la concentration en CO2 avec le temps et de la quasi stabilité des effets des autres gaz, la part du CO2 dans le bilan global tend à s'accroître de plus en plus nettement avec le temps (FIG.III) sous l'impact du développement économique de la Chine et autres BRICs.

    Forçage-radiatif-1980-2008b

    La menace aujourd'hui est donc clairement identifiée: c'est la croissance parabolique avec le temps de la concentration en CO2 dans l'atmosphère et c'est à ce paramètre que la Communauté Internationale doit s'attaquer en priorité, pour faire en sorte de ralentir puis de stopper cette croissance. Tant que les Organismes responsables n'auront pas fait un inventaire clair des sources d'émissions de gaz carbonique et n'auront pas établi un plan d'action détaillé pour, site par site, réduire ou stopper ces émissions, il sera nécessaire d'être très pessimiste sur les événements à venir.

    La Figure I montre que les 400 ppm moyens de CO2 seront atteints en 2015, compte tenu de la crise économique ce sera peut être en 2016, mais le niveau d'incertitude est très faible. Quand aux 420ppm avant 2025, ils sont pratiquement inscrits dans l'inertie des prises de décisions et la lenteur des procédures. Copenhague pourrait se fixer un objectif pour repousser cette échéance des 420 ppm qui semble un objectif à moyen terme raisonnable. Il faut savoir qu'au rythme ou vont les choses, la barre des 450 ppm qu'il faut éviter de franchir selon certains, est quelque part entre 2035 et 2040. C'est du peu au jus!

    Pour accéder aux détails chiffrés et aller plus loin dans la compréhension des phénomènes de base, on pourra se reporter au site du NOAA (VOIR).

    Le 29 Septembre 2009

  • Un cas d’école: le champ pétrolier californien de la Kern River

    Un cas d’école: le champ pétrolier californien de la Kern River

    L'étude des productions de pétrole du champ pétrolier californien de la Kern River découvert il ya maintenant 110 ans est un cas d'école qui permet aux aficionados du peak oil de démontrer la validité de leurs prédictions mais qui permet aussi à des opinions plus progressistes de démonter la fragilité de ces démarches théoriques, dans un monde aux technologies et aux conditions économiques en perpétuelle évolution. Le cas du gisement de la Kern River est pris en exemple par Maugeri (LIRE) pour illustrer l'évolution des technologies d'exploitation pétrolières depuis 50 ans. En 1942 on estimait alors les ressources ultimes de ce pétrole à très forte viscosité aux environs de 350 millions de barils. Mais à partir de 1960 la mise en route progressive des techniques de récupérations des huiles visqueuses par des injections de vapeur d'eau a fait bondir les productions de quelques millions de barils par an à plus de 45 millions de barils par an entre 1980 et 2000. En 1986 un milliard de barils avait été extrait du sol depuis le tout début de l'exploitation et l'on estimait les réserves 2P (prouvées et probables) à un milliard de barils supplémentaires. En 2007 Chevron a annoncé que 2 milliards de barils avaient été extraits du sol, avec des réserves estimées à 600 millions de barils (FIG.I).

    Kern-River-reserves 

    Ce formidable résultat montre comment durant les 50 dernières années les prévisions ont pu être fragiles et rapidement démenties par l'ingéniosité des hommes de terrain. Aujourd'hui tout le monde est d'accord sur un point: on retirera de la Kern River AU MOINS 2,5 milliards de barils. Jean Laherrère montre avec ses courbes de productions annuelles en fonction des production cumulées, que la droite tracée entre 1999 et 2007 plonge vers 2,5 milliards de barils. Voila pour la photographie instantanée prise en 2008, avec une déplétion estimée par Laherrère à 6% par an.

     Mais, au delà de ces approches théoriques, il est des remarques importantes à énoncer: depuis 2007 les cours du pétrole ont été complètement chamboulés, les technologies de forages horizontaux et de fracturation ont démontré leur efficacité dans des schistes bitumineux, l'injection de CO2 va être financièrement encouragée par les autorités de l'Etat de Californie et le Gouvernement Fédéral, l'utilisation de surfactants ou de micro-organismes avec un pétrole cher sera peut-être un jour payante. En bref les technologies ne sont pas figées, Dieu soit loué, une bonne fois pour toutes et les conditions économiques doivent encourager à aller vers plus de sophistication technologique. Il est donc probable que les hommes de terrain, dans les années à venir, vont tout faire pour extraire de cette éponge le maximum de produit. Alors au lieu de regarder les productions à la louche (-6% par an!) il est intéressant de déceler les éventuels progrès observables. Sur le dernier point des productions 2008 de ce champ, publié par le Department of Conservation de Californie. Il est possible de déceler entre 2002 et 2006 une déplétion de 5,3% par an mais aussi l'amorce à partir de 2007 d'un changement de pente (FIG.II). Tiens, ne serait-ce pas l'effet de la mise en route de forages horizontaux qui permettent de mettre au plus près injection de vapeur et récupération et de mieux traverser les nappes pétrolifères. Allez donc savoir?  Quoiqu'il en soit quelque chose a été modifié dans l'énoncé du problème. Zut alors! 

    Kern-River-rprod-2002-2008

     Rejoignant la démarche intellectuelle de Maugeri, on peut estimer qu'il reste encore enfouis dans les 4 à 5 milliards de barils de pétroles de ce gisement qui devait en contenir initialement 6 à 7 milliards. En supposant que la technologie permette de retirer 50% du pétrole enfoui, ce sont donc des ressources ultimes d'au moins 3 milliards de barils qui seront envisageables à l'horizon 2030.

    VOIR les courbes de Jean Laherrère sur le sujet.

    Le 27 Septembre 2009

  • L’éloignement du peak-oil rend toute son acuité au changement climatique

    L’éloignement du peak-oil rend toute son acuité au changement climatique

      Un certain nombre de voies raisonnables et compétentes s'élèvent pour challenger le caractère imminent du peak-oil. Nous avions rendu compte ici (LIRE) en 2008 des hypothèses de Richard Nehring qui au congrès de l'ASPO-USA à Houston en 2007 était venu mettre les pieds dans le plat, en argumentant que les réserves ultimes de pétroles avaient de bonnes chances de se situer entre 3400 et 5000 milliards de barils, avec une hypothèse moyenne au dessus de 4000 milliards de barils, soit le double de ce qui est jusqu'à présent admis par les peakistes (LIRE). Leonardo Maugeri de chez ENI vient d'apporter de l'eau au moulin de cette vision progressiste de la découverte et de l'exploitation des réserves de pétrole dans le monde. Dans un papier récent, intitulé "Squeezing more oil out of the ground", il estime pour sa part que pour des quantités globales de pétrole estimées par les géologues américains entre 7000 et 9000 milliards de barils, en 2030 les professionnels du pétroles avec un taux de récupération supérieur à 50%, estimeront alors les réserves ultimes entre 4500 et 5000 milliards de barils. Pour étayer cette prédiction Maugeri décrit les progrès accomplis dans la récupération assistée des ressources aux moyens de divers procédés tels que l'injection de vapeur d'eau, les forages horizontaux, les injections de CO2 ou d'Azote, la combustion partielle, les procédés chimiques et biologiques. Il insiste également sur l'existence de larges territoires encore inexplorés et sur les forages très profonds du type Pre-Sal au Brésil (FIG.) qui révèlent des ressources nouvelles. Pour Maugeri il reste assez de pétrole à trouver et à exploiter pour la totalité du siècle, ce à quoi que les hypothèses de Nehring conduisaient logiquement.

    Brésil-pré-sal

     

     Il est donc impératif de comprendre rapidement, afin d'éviter tout contresens, que la raréfaction des ressources pétrolières au rythme de consommation actuel ne se posera que dans un délai de l'ordre du siècle. Or, ce n'est pas le cas pour le changement climatique en cours qui va s'amplifier sur quelques décennies à venir, durant lesquelles les dirigeants des Nations vont encore essentiellement faire semblant d'agir, soutenus par une base populaire encore peu motivée et incrédule. Le réel problème de ce siècle sera le changement climatique qui imposera logiquement de réduire les consommations de pétrole par quatre ou cinq, ce qui repoussera de quelques décennies supplémentaires la fin des produits pétroliers naturels. Entre temps, les divers modes de transports terrestres, aériens et maritimes se seront adaptés à cette raréfaction de la ressource naturelle et à la contrainte climatique, ce que nous percevons déjà avec la montée en puissance des biocarburants et la timide apparition de la voiture électrique. Les carburants liquides de synthèse obtenus à partir du gaz, de charbon et de biomasse prendront peu à peu le relai du pétrole pour les applications comme le transport aérien, nécessitant un carburant liquide.

    LIRE un pre-print du papier de Leonardo Maugeri paru en Avril dernier. Le papier définitif (LIRE) est maintenant accessible librement sous le titre "Another Century of Oil".

     Le 26 Septembre 2009

  • Le commerce mondial du charbon à 690 MT ne sera qu’en faible décroissance en 2009

    Le commerce mondial du charbon à 690 MT ne sera qu’en faible décroissance en 2009

    Alors que le Président Hu Jintao expliquait à l'ONU que les émissions de CO2 de la Chine sont le problème principal des pays qui peuvent l'aider, le puissant Zhang Guobao, patron de l'Administration Nationale de l'Energie, rappelait lors d'une conférence de presse que les besoins en charbon de la Chine allaient demeurer importants pendant longtemps encore (LIRE).

    D'après Reuters, pour ses dernières prévisions trimestrielles, l'Australian Bureau for Agriculture and Resource Economics vient de revoir à la hausse ses prévisions de commerce mondial du charbon. Il ne régresserait en 2009 que de 2% à 690 millions de tonnes grâce à une reprise des importations asiatiques qui devraient afficher une croissance de 3,5% à 402 MT, ce qui représente 52% des échanges. Le Japon premier importateur mondial de charbon devrait voir ses besoins décroître de 10% à 115 MT. Par contre la Corée du Sud devrait importer 81MT en croissance de 7%, la Chine 60MT (+70%) et l'Inde 42 MT (+24%). Les importations des autres régions du monde, hors Asie, devraient voir leurs importations baisser de 9%. Parmi celles-ci l'Europe afficherait une baisse de 8%.

    Du côté des exportations l'Indonésie premier exportateur mondial de charbon et son challenger l'Australie qui représentent à eux deux, 50% des exportations mondiales, verraient leurs volumes croître respectivement de 6% et 9%. Par contre les exportations de la Chine (-42%) et des Etats-Unis (-43%) devraient fortement se replier.

    Charbon-import-export-2009

     La Chine avec 9% des importations et 3% des exportations devrait être en 2009 importateur net de 35 MT de charbon.

    Rappelons que ces 690 millions de tonnes de charbon échangés dans le monde ne représentent que 10% environ des 6,5 milliards de tonnes de charbon et lignite produits mondialement. Le charbon n'est pas une ressource d'énergie primaire qui s'échange aisément. 

    LIRE la dépêche de Reuters.

    Le 26 Septembre 2009

  • Le changement climatique: mais où est l’instance internationale qui hiérarchise les causes et impose des actions correctrices?

    Le changement climatique: mais où est l’instance internationale qui hiérarchise les causes et impose des actions correctrices?

    UNEP-compendium-2009

    L’UNEP (United Nations For Environment Program) vient de publier un nouveau papier le « Climate Change Science Compendium 2009 » illustré de très belles photos et analysant les connaissances sur le sujet et les effets visibles du changement climatique en cours sur les terres, les glaces, les océans et les écosystèmes de notre planète. Tout cela est très bien fait pour déboucher sur la cinquième partie qui concerne le « Systems Management » qui serait censé préconiser un certain nombre d’actions curatives ou préventives pour essayer de réduire la vitesse de se chamboulement en cours, sinon de la stopper.

     Je dois vous avouer ma profonde déception devant cette partie, travail de Professeur Nimbus dans lequel ne figure aucune analyse hiérarchisée des causes, aucune liste d’actions ou de préconisations qui permettrait de réagir ou de s’adapter. C’est un grand mélange d’idées plus ou moins farfelues, sans aucun réel lien qui vont de la conservation des gènes à l’enfouissement du « biochar » qu’on obtiendrait par pyrolyse.

    Il me semble urgent de sortir de ces travaux d’amateurs, de ces plaquettes de prestige, pour enfin élaborer un véritable plan d’action. Si Copenhague ne dispose que de genre de travaux pour décider, alors croyez-moi les amis, on est mal barrés!

    LIRE ce travail de l’UNEP

    Le 25 Septembre 2009

  • Le raffermissement (passager?) du dollar laisse tomber les cours du brut et des produits raffinés

    Le raffermissement (passager?) du dollar laisse tomber les cours du brut et des produits raffinés

     Il y avait plus à perdre qu'à gagner sur le pétrole. Telle était la conclusion en fin de semaine dernière. La seule variable aléatoire était la faiblesse du dollar contre les autres monnaies qui jusque là avait tenu les cours du brut WTI à bout de bras. Un raffermissement (passager?) du dollar depuis deux jours suffit à faire plonger les cours du baril de 5$ à New York et par solidarité du même montant pour le Brent à Londres. La raison principale: les fondamentaux entre l'offre et la demande de pétrole dans le monde sont totalement déséquilibrés au profit de l'offre. Quelques indicateurs simples mettent en lumière ce déséquilibre:

    1) les stocks de produits pétroliers au sein de l'OCDE ne cessent de croître depuis près d'un an:

    La spéculation, jouant sur la structure en contango des cours des futures (les prix se valorisent avec la durée de l'échéance) a maintenu une demande artificielle qui s'est retrouvée dans les stocks OCDE. Les données publiées par Total lors de sa présentation de mi-année (FIG.I) illustrent parfaitement ce phénomène où les stocks flottants sur divers tankers, loués à prix cassés, atteignent les 120 à 130 millions de barils. Ces stocks "anonymes" se rajoutent aux 120 à 130 millions de stocks officiels en trop. C'est donc un million de barils par jour de pétrole qui est produit en excès depuis trois trimestres consécutifs.

    Stocks-variation-2009-T2

    2) les productions de l'OPEP, encouragées par des prix en hausse, ne cessent de croître:

     L'indiscipline proverbiale des pays de l'OPEP joue à fond, encouragée par des cours du brut qui ont miraculeusement dépassé les 70 dollars le baril. Les quotas décidés en Décembre 2008 ne sont plus qu'un vieux souvenir, d'un temps aux cours délabrés. Alors, peu à peu, l'OPEP écorne de plus en plus le contrat, pour atteindre une production au mois d'Août à 1,4 millions de barils de plus que l'allocation (FIG.II).

    OPEC-2009-08

    3) les consommations de pétrole dans les pays OCDE sont en très fort repli

     Sur les cinq premiers mois de l'année, la demande en produits pétroliers au sein des pays membres de l'OCDE est en recul de 3 millions de barils/jour (LIRE), la demande durant l'été aura été un peu plus soutenue, mais les dernières données hebdomadaires de l'Energy Information Administration américaine semblent montrer que la demande s'essouffle avec la fin des beaux jours. De plus, dans le bilan de la demande mondiale il ne faut pas oublier la montée en puissance des biocarburants qui interviennent pour 1,6 millions de barils/jour (USA: 0,7; Brésil: 0,5 et ROW: 0,4) et qui diminuent pour 1,1 à 1,2 millions de barils, en équivalent énergie, la demande de pétrole.

     L'ensemble de ces données fondamentales s'oppose aux mouvements spéculatifs qui voudraient voir s'apprécier les cours du pétrole, pour attirer plus de placements et faire ainsi plus de business et de commissions. En raison d'une trop précoce anticipation par les Marchés et de l'absence de reprise économique nette ces fondamentaux ont un effet cumulatif dévastateur. En effet plus les prix s'apprécient et plus produit l'OPEP, plus gonflent les stocks et plus violent sera l'éclatement de la bulle. Les marchés vont de bulle en bulle, c'est intrinsèque aux mécanismes en jeu nous dit-on. L'exemple des cours du pétrole, courant depuis le mois d'Avril derrière une chimérique reprise, est une bonne illustration du phénomène.

    Le 25 Septembre 2009