Étiquette : WTI

  • Les cours du pétrole vont-ils refléter un jour les fondamentaux du Marché physique?

    Les cours du pétrole vont-ils refléter un jour les fondamentaux du Marché physique?

    La réponse à la question posée dans le titre est évidemment "OUI". Quand les traders décident tous en coeur d'abandonner leurs positions haussières pour jouer à la baisse, durant quelques secondes, quelques heures ou quelques jours selon la rapidité du processus d''inversion, les prix passent par un point d'équilibre satisfaisant. Mais ne vous y leurrez pas, c'est une pure nécessité mathématique! Pour aller du positif au négatif, il faut passer par zéro. La question plus pertinente à poser est donc la suivante: le marché du pétrole amorce-t-il, en ce moment, une phase d'inversion de tendance?

    Il faut reconnaître que 2009, pour ces messieurs de New York ou de Londres aura été une grande année avec un baril à 40 dollars à fin 2008 qui a atteint les 80$ au mois de Novembre, il est certain que les plus values sur les futures et autres options ont dû être copieuses. En ces périodes de fin d'année certains ont sûrement clos leurs positions et engrangé les profits, en attendant 2010. Cette inversion de tendance qui a repoussé le baril vers les 70 dollars hier sur le NYMEX, semble devoir être attribuée à plusieurs autres causes.

    Tout d'abord à la faiblesse de l'euro entravé par ses Nations les plus faibles comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal pour lesquelles l'Euro est une monnaie trop forte. Mais la valorisation de cette monnaie est également trop élevée pour l'ensemble des industriels de la Zone monétaire, y compris pour l'industrie allemande qui voudrait sortir de la crise. Dans ces conditions, le dollar ne peut que s'apprécier et le pétrole perdre de son statut de couverture contre une dévaluation du dollar qui s'éloigne. Qui peut imaginer un Euro fort et conquérant dans une Zone économiquement sinistrée? Même les faucons de la BCE en reviennent.

    Le deuxième paramètre est la faiblesse persistante de la demande en produits pétroliers. Faible demande aux Etats-Unis (LIRE) et dans l'ensemble des pays de l'OCDE (LIRE) assis sur des stocks pléthoriques (LIRE). Cette anémie de la demande est à mettre en perspective avec une offre abondante du cartel de l'OPEP et des productions russes et américaines de brut croissantes.

    Spread-BRENT-WTI

     Enfin, pour expliquer la particulière faiblesse des cours sur le Nymex du WTI, il faut aussi mentionner la quasi saturation des stocks à Cushing, Oklahoma qui sur les six dernières semaines a provoqué l'inversion classique des cours entre WTI et BRENT (FIG.) provoquant un effet retard à la baisse de 4$ par baril sur le Brent. Ce sont ces blocages occasionnels sur un Marché physique trop étroit ont amené l'ARAMCO à abandonner le WTI comme pétrole de référence. Pour suivre le marché du pétrole de façon pertinente aujourd'hui, il faut donc regarder les cours du Brent.

     La guerre d'influence entre traders haussiers et traders baissiers est de toute évidence ouverte. Il est trop tôt pour dire si l'inversion de tendance est réellement amorcée, mais de lourdes chutes des cours dans des hivers déprimés se sont déjà vues, comme en Janvier 2007 où le brut était tombé à 50 dollars le baril ou en Janvier 2009 où il était descendu à 35 dollars le baril. Janvier est un excellent mois pour les huîtres et les oranges, mais pas forcément pour le pétrole.

    Le 10 Décembre 2009.

  • L’ascension des cours du pétrole stoppée par une demande languissante

    L’ascension des cours du pétrole stoppée par une demande languissante

    Malgré l'arrivée de l'ouragan Ida dans le Golfe du Mexique, de surprenantes prévisions de consommations mondiales croissantes de produits pétroliers en 2010 par l'Energy Information Administration (LIRE), de la grande faiblesse du Dollar Obama, plombé par les dépenses fastueuses de l'Administration américaine et une politique de taux administrés quasi nuls, les cours du pétrole sont restés étonnamment stables durant la semaine (FIG.), nettement au dessous de la barre des 80$ le baril. Il est vrai que de Margerie, le patron de Total, a fait quelques déclarations à sa façon, largement reprises par les agences. Citons Reuters: "Aujourd'hui le prix du pétrole est entre 70 et 80$. Il pourra même demain atteindre 90$. Mais, je vous le dis, si vous regardez l'offre et la demande le prix devrait être plus bas". Type de déclaration de la part d'un patron d'une Major du pétrole dont l'apparente naïve sincérité surprend toujours les milieux économiques anglo-saxons, aux messages beaucoup plus convenus. Les stocks pléthoriques mondiaux, à 70 millions de barils au dessus de la moyenne sur 5 ans, sont toujours en place. Il n'y a donc aucune raison pour que l'OPEP change quoi que ce soit dans sa politique de production très rentable, avec des volumes réels commercialisés au dessus des quotas convenus.

    WTI-USDX-2009-11

    Toutes les conditions sont rassemblées pour que le pétrole, devenu trop vite trop cher, perde pour un temps, son statut d'instrument de couverture contre la baisse du dollar.

    Le 14 Novembre 2009 

  • Les cours du pétrole dopés par la FED et douchés par la demande

    Les cours du pétrole dopés par la FED et douchés par la demande

     Les cours du pétrole à New York sont tirés à hu et à dia. D'un côté la spéculation qui emprunte du dollar en monnaie de singe, à des taux quasi nuls, joue à bon compte au casino des produits pétroliers. Il faut avouer que depuis les 35$/baril du printemps certains traders ont bien gagné leur faramineux bonus. Pour les encourager, la FED vient de leur signaler que les taux allaient demeurer toujours aussi faibles pendant quelques mois encore, tournée générale gratuite pour une assemblée d'ivrognes. Les bateleurs de la spéculation ne rechignent devant aucune compromission pour faire monter encore les cours. N'a-t-on pas lu avec étonnement les déclarations du célèbre Jeffrey Currie de Goldman Sachs, affirmer sans vergogne que ce n'est pas la faiblesse du dollar qui fait monter les cours du brut. C'est l'inverse, c'est la montée des cours du brut qui affaiblit le dollar. Il faut oser le dire! Tout cela pour annoncer un 85$/baril à la fin de l'année et un 95$/baril d'ici à un an. La fête continue! Mais il est bien certain que toute cette gouaille repose sur de bien fragiles bases. La demande n'est pas là. L'effet des prix des carburants aux Etats-Unis bride la consommation. Certains achètent même des voitures diesel allemandes, c'est vous dire! Et puis il y a eu la gifle de l'Arabie Saoudite qui ne veut plus indexer son pétrole sur les cours du WTI. L'Aramco va utiliser l'Argus Sour Crude Index (ASCI), indice spot de pétroles du golfe du Mexique, pour indexer ses prix. Le symbole de défiance vis à vis de la spéculation newyorkaise est très fort. Alors le Marché est nerveux, à la moindre mauvaise nouvelle le WTI plonge. Hier par exemple sur l'annonce d'un taux de chômage américain au dessus de 10% le WTI a perdu 3$/baril en quelques heures (FIG.). Pour accrocher le brut à 80$/baril il va falloir que Jeffrey Currie raconte beaucoup de salades.

    Cours-2009-11-6

    LIRE les propos rapportés de Currie sur Bloomberg.

    Le 7 Novembre 2009

  • Les cours du pétrole soutenus par la baisse du dollar plafonnent vers les 72$ le baril

    Les cours du pétrole soutenus par la baisse du dollar plafonnent vers les 72$ le baril

     Pour essayer de comprendre les évolutions des cours du pétrole à New York (WTI) ou à Londres (Brent) depuis le début de l'année il est nécessaire de comparer ces courbes avec celle des cours du dollar contre les autres monnaies. Pour cela il est pertinent d'utiliser L'US Dollar Index (USDX) coté sur l'ICE à Londres et qui représente le cours pondéré du dollar vis à vis d'un panier d'autres monnaies (Euro, Yen, Livre Sterling, $ Canadien, Couronne Suédoise et Franc Suisse). Un examen de l'USDX depuis le début de l'année permet d'identifier trois phases de grandes variations du dollar (FIG.). Une première phase de croissance, liée à la crise et à l'arrivée du Président Obama, au cours du premier trimestre. Puis durant le deuxième trimestre apparaît une phase de chute brutale du dollar accompagnant les largesses financières du Président et de son Administration. Enfin depuis le mois de Juin le dollar est entré dans un cycle de décroissance molle, sûrement liée à la baisse de crédibilité d'Obama et à la faiblesse des taux américains. Les cours du pétrole (FIG., courbe du bas) reproduisent ces trois phases monétaires avec une oscillation autour des 40$/baril au premier trimestre, un superbe rallye entre la mi-avril et le début du mois de Juin propulsant le baril à 72 $ et depuis une période d'oscillation autour des 70$/baril.

    Cours-WTI-USDX-2009-09

    La baisse du dollar semble actuellement tenir à bout de bras les cours du baril vers les 72$, mais la spéculation à la hausse semble ne pas vouloir aller au delà. Les raisons sont multiples, liées à la fois aux conditions physiques d'échange du pétrole (faible demande, stocks pléthoriques), aux conditions météorologiques avec l'absence d'ouragan dans le Golfe du Mexique; enfin aux conditions de Marché avec un régulateur, la Commodities Trading Future Commission, qui doit mettre en place de nouvelles règles du jeu plus transparentes sur les échanges, à la demande expresse du Président américain.

    A moins de l'arrivée d'un ouragan dans le Golfe du Mexique ou d'une nouvelle profonde chute du dollar, la meilleure probabilité d'évolution des cours du WTI va vers la stabilité ou vers la baisse. La sévérité forte ou faible des nouvelles règles du jeu proposées par la CFTC à la fin du mois (avant le G20?) déterminera la vivacité de la spéculation. Il est clair que les milieux financiers ne rêvent que de hausse des cours et feront en sorte de garder la main sur la direction des cours du pétrole et de ses dérivés. Ils vont cependant obtenir, de la part du Président, un lot de consolation intéressant: la cotation des droits d'émissions du CO2.

    Ce sont là des problèmes beaucoup plus importants que le plafonnement des primes des traders, proposition qu'Obama ne peut pas accepter par risque de se retrouver avec tout Wall Street à dos. Que vaudrait un Président US avec les milieux financiers contre lui?

    Le 19 Septembre 2009