Auteur/autrice : patrick reymond

  • Ambitions irakiennes

    Ambitions irakiennes

    IraqpipelinesL’ Irak, au dire de son ministre du pétrole Hussein Chahristani va produire 6 millions de barils d brut par jour d’ici 10 ans.
    Elle en produit moins de 2.5 millions aujourd’hui, pour passer à 3 en 2008 et 3.5 en 2009.
    L’ Irak, en matières de production pétrolière souffre depuis la guerre Iran/Irak.
    D’abord le conflit ne permettait pas d’exploiter convenablement les gisements, ensuite le blocus a duré 13 ans, et maintenant la guerre civile.

    Une cinquantaine de gisements sont sous exploités, ou pas exploités du tout, faute d’investissements dans la recherche, le forage et les oléoducs.
    Reste à savoir si ces intentions pourront se réaliser. Car beaucoup de "pic-oil" locaux sont davantage dus à des problèmes politiques qu’à des problèmes techniques.
    Dans ce cas là, les souffrances irakiennes pendant le blocus feront sa richesse dans le décennie 2010.
    Mais, même dans ce cas, les déclins de productions des gros gisements rendent cette augmentation sans importance. On adoucira la chute, sans plus.
    Le cadre législatif, a bien sûr été "adapté" aux "besoins" des "investisseurs"…
    Mais, il ne faut guère se faire d’illusion. Une fois les troupes américaines parties, les contrats signés à l’heure actuelle ne vaudront que l’encre et le papier sur lequel ils sont écrits…

  • Russie : on s’attend à des problèmes de céréales.

    Russie : on s’attend à des problèmes de céréales.

    Poupes_russesLa récolte russe de céréales s’annonce bonne à 76 millions de tonnes contre 78.4 millions l’année dernière.
    10 millions de tonnes sont disponibles pour l’export, mais si la flambée du prix fait l’affaire des céréaliers, le pouvoir central lui envisage de taxer fortement les exportations, et de les plafonner.
    Partout désormais se pose la même question, jusqu’où cela va aller ?
    Les replis désormais s’accélèrent.

    L’ Ukraine avait taxé ses exportations de blé en juin, et l’ Indonésie taxe l’huile de palme.
    Moralité : le marché, c’ est fini. C’est bien quand il y a des excédents, mais quand ils disparaissent ou que les prix flambent, retour au chacun chez soi.
    A propos, il y a une crise ridicule en ce moment. Elle s’appelle crise du subprime, et crise du dollar. Mais toutes les deux sont complètement minuscules vis à vis de celle qui s’annonce. Celle de subsistance…
    On le voit aussi, il y a une différence fondamentale entre la Russie et l’ Ukraine. La Russie a ces dix dernières années, investi massivement dans l’agriculture, sa récolte, bien que sévèrement  touchée par endroits se maintient globalement. L’agriculture Ukrainienne, et plus largement l’économie Ukrainienne n’a pas à se reprocher un Karbovanetz  d’investissement depuis 1991. On voit les résultats catastrophiques.

  • Le prix du fret explose

    Le prix du fret explose

    FretLe prix du fret explose, sous l’effet de la demande chinoise.
    L’indice du vrac des matières sèches a atteint 8270, doublant en un an.
    Cela concerne les céréales, le charbon, les minerais et les métaux, le pondéreux et l’économie réelle.
    La demande chinoise est incriminée, mais la flambée du cours de toutes ces matières indique aussi une fuite devant la monnaie, et il est clair, depuis la semaine dernière, que la Chine particulièrement, déstocke ses dollars, achetant tout, à n’importe quel prix.
    Même les céréales devant la pénurie de vraquiers se transportent par containers à 40 $ la tonne au lieu de 65 $.

    Devant une certaine tension sur le marché des céréales, la demande s’adresse surtout désormais aux USA, rallongeant les routes d’approvisionnement, tandis que l’ Australie voit ses ports engorgés par la demande croissante de charbon et de minerai de fer.
    Cette crise du transport montre les limites de l’économie actuelle.
    La sécurité énergétique est menacée en beaucoup d’endroits par les problèmes de transit australien. Pourtant les infrastructures ne sont pas non plus étirables à l’infini.

  • Tirer le meilleur parti du méthane.

    Tirer le meilleur parti du méthane.

    SiloLe méthane a une action de gaz à effet de serre, bien plus importante que le CO2, 23 fois fois pour être exacte.
    40 % du méthane est d’origine naturelle, 60 % d’origine humaine.
    C’est en tenant compte de ce ratio, qu’une initiative, partie des USA en 2004, a vu le jour.
    Cette initiative appelée "methan to market", vise à récupérer une partie de ce méthane produit :
    – déjections d’animaux,
    – mines de charbon,
    – décharges publiques,
    – champs de pétrole et de gaz naturel.

    Ce projet, rassemblant à l’origine 14 pays puis 20 et 600 organismes, vise à mettre à la disposition du marché ce méthane perdu et évaporé dans la nature.
    En ce moment, une centaine de projets sont à l’étude. C’est peu, et sont souvent dépassé par des projets locaux, bien plus importants.
    Il y a bien longtemps, qu’en France par exemple, on récupère les gaz des mines de charbon, ou même de décharges.
    Aux USA, c’est l’ EPA (agence de l’environnement) qui est chargé de la mise en place de cette politique, et qui joue au niveau mondial un rôle moteur.
    En même temps, il faut constater la lenteur des progrès. Les moyens sont ils à la hauteur de la tâche ?

  • Stocks d’essence : la monotonie.

    Stocks d’essence : la monotonie.

    CourbeLes nouvelles sur les stocks de pétrole n’en sont plus. Inexorablement les stocks d’essence US baissent, et les prix montent.
    76, 47 $ le baril de "light sweet crude" à New York, on n’est pas loin du record (78.77), les réserves de pétrole brut s’élèvent à 329.7 millions de barils (en baisse de 3.9 millions), les stocks d’essence sont à 191,1 millions, en baisse de 1.3 millions, les stocks de produits lourds en  hausse de 2.3 millions de barils.

    Le taux d’utilisation des raffineries atteint 92,1 %.
    La crise se continue donc, jusqu’au "clash" qui sera de puiser dans les stocks militaires.
    Le brut désormais trop lourd produit moins d’essence et plus de produits lourds, ce qui n’est adéquat vis-à-vis d’un parc automobile à essence surtout, et gourmand de surcroit.
    Les seules périodes où les stocks étaient plus bas étaient les après-cyclones, qui avaient touchés durement les installations et raffineries du golfe du Mexique.
    Les investissements nécessaires aux raffineries ne se font guère, sauf pour traiter des bruts lourds, ce qui laisse penser que les compagnies pétrolières pensent désormais être bientôt surdimensionnées.

  • l’AOF n’est plus ce qu’elle était…

    l’AOF n’est plus ce qu’elle était…

    AofEt surtout le Niger…
    Des manifestations ont lieu. Peut être instrumentalisés, sans doute même, mais réclamant non plus la fin du monopole d’Areva, mais départ et nationalisation.
    On peut dire que l’empire français, renouvelé depuis 1960 par de quasi-protectorats, est en train de mourir définitivement.
    A Areva , on était fou de penser, que dans le contexte actuel, on pourrait se maintenir à l’écart du mouvement de reprise en main par les états des ressources minières et énergétiques.
    3500 tonnes d’uranium produites par an, sur un total de 42 000, c’est important, et le potentiel est important aussi.
    Suffisamment pour aiguiser des appétits féroces, notamment chinois, qu’ Areva elle même se charge d’entretenir.

    Fameuse politique de gribouille que celle-là ! On fourgue des centrales autant qu’on en peut, tout en s’étonnant de voir nos clients devenir des concurrents pour le combustible !
    Heureusement qu’il nous reste notre-ami-de-toujours-le-respectable-colonel-Kadhafi, voisin au nord, possédant de l’uranium aussi, ambitieux encore, et expansionniste toujours.
    Il suffisait de s’entendre. Avec notre nouvel-ancien-ami, nous pourrons mater ces fantaisies.
    Ou au moins empêcher que quiconque n’en profite.
    Areva accusé d’entretenir la rébellion Touareg ? Peut être faux, mais peut être pas éternellement. Surtout qu’on aura un pacte de défense, avec notre-nouvel-ami-de-toujours-le-bien-bon-colonel.
    Mais cela laisse présager pour Areva, et la France, des jours difficiles. Enfin, peut être pas pour la France, mais pour son parc nucléaire.
    Faut il rappeler la donne ? 8000 tonnes d’uranium en stock, 8500 consommées chaque année, 6000 tonnes d’importations… Areva avait le monopole du combustible au Niger, il ne l’a plus, et si l’approvisionnement Nigérien prend d’autres directions, le parc nucléaire français apparaitra vite inutile.

  • comique sous marin, cette fois…

    comique sous marin, cette fois…

    Bresil_2 La France, par la voix de son président a brandi son sabre de bois contre l’Iran, menaçant de bombardements ces vilains qui veulent rien qu’à avoir la bombe atomique.
    Soucieuse, donc d’éviter la prolifération nucléaire, la France va donc, dans la continuité de cette politique, fournir des technologies militaires au Brésil pour qu’ils aient leurs propres sous marins nucléaires.

    Là, je dois avouer, j’ai un peu de mal à comprendre le point de vue français comme brésilien. Le Brésil n’a aucun ennemi extérieur connu, et est en paix depuis 1871, sauf les quelques morts de politesse qu’elle a bien voulu accorder pendant les deux guerres mondiales.
    Elle a perdu 100 000 fois plus de vies humaines pendant les troubles civils. Certaines favellas sont l’objet de combats quotidiens entre police militaire et gangs.
    Les militaires reprennent le contrôle le jour, et évacuent les favellas quand tombe la nuit. Et cela tous les jours.
    Quel serait donc l’utilité de ces sous marins ?
    Quand à notre "grand" président, quelle cohérence !

  • comique troupier

    comique troupier

    CamionOn voit tout de suite que le "grenelle de l’environnement", c’est pas du foutage de gueule complet, doublé d’un enculage de mouche d’un gabarit assez phénoménal.
    En effet, on compte sur les … transporteurs routiers pour réduire les émissions.
    Sur le même registre, les éleveurs de moutons se sont mépris, les ours et les loups étaient pas là pour les embêter, mais pour garder les troupeaux.
    La FNTR ou Fédération nationale des transporteurs routiers, a fait les propositions suivantes :

    – formation à la conduite écologique, bon, je sens que que certains sont morts de rire derrière leur écran, mais, c’est bien ce qui est dit,
    – travaux de l’observatoire des performances durables (je sais, là aussi, ça veut rien dire, mais c’est bien ça),
    – limitation de vitesse maximale (80 km/h) et interdiction de dépasser sur autoroutes, ça ça ne mange pas de pain,
    – passage des poids lourds en flux libres aux péages par la généralisation de la norme européenne de 44 tonnes ptra,
    – poids lourds propres par de coquettes subventions,
    – utilisations de biocarburant B30 à hauteur de 30 %.
    On le voit, les routiers sont sympas, ils veulent bien passer sous le pont d’or de la réduction de l’émission de gaz à effet de serre.
    Dommage qu’ils aient pas compris le film. Celui qui est projeté, c’est le début de la fin des énergies fossiles.

  • Ambitieuse Allemagne.

    Ambitieuse Allemagne.

    Reichstagsbrandça chauffe en Allemagne, pas comme en 1933 avec l’incendie du Reichstag, mais ça gamberge dur pour l’indépendance énergétique. Dommage que, à l’heure actuelle les autres pays européens, et les autres pays du monde n’aient pas les mêmes ambitions.
    30 mesures prises entre le ministère de l’industrie et celui de l’environnement, cela pour permettre la réduction des GES de 40 % en 2020, par rapport à 1990.
    "La Rfa sera le précurseur de la protection climatique" a déclaré le ministre de l’environnement Sigmar Gabriel.
    Tous les domaines sont concernés, tous devront faire des efforts.
    Le "paquet énergétique" s’articule autour de 4 axes :
    – développement massif du renouvelable, à 25/30 % de l’électricité contre 13 % actuellement, et 14 % pour la production de chaleur, contre 5.4 % aujourd’hui.
    – développement de la cogénération,

    – efficacité énergétique des bâtiments : 30 % en 2008 et 30 % en 2012,
    – augmentation du budget, de 1.8 à 2.6 milliards.
    Bien entendu, il y a toujours des teutons pour s’effrayer du coût.
    Pourtant, là, il s’agit d’un budget d’investissement à retour TRES rapide, et pas d’argent foutu en l’air, comme les dizaines de milliards gaspillés par les banques allemandes dans des titres pourris, mais nord américains.

  • Après les vilains russes, les vilains Kazakhs…

    Après les vilains russes, les vilains Kazakhs…

    KashaganLes dirigeants européens sont marrants.
    Ils nous parlent "d’indépendance énergétique" a tout bout de champ, avec des sources d’approvisionnements extérieures.
    A l’image du 19° siècle, date à laquelle l’Europe avait, grossomodo, renoncé à l’indépendance en matière alimentaire.
    On a vu lors des conflits mondiaux, les résultats.
    L’exploitation du dernier grand gisement pétrolier, Kashagan, se fera par l’opérateur national Kazakh, KAZMUNAIGAZ, qui sera coopérateur.
    Il faut lire la nouvelle d’Astana comme il le faut. Les compagnies étrangères sont débarquées, et seront seulement

    là pour la maitrise technique. De toute façon, l’écart technologique entre les compagnies occidentales et les compagnies nationales s’est notablement réduit.
    Les Kazakhs pratiquent eux aussi l’art de l’antiphrase :
    "Le Kazakhstan est à l’abri de tout prétendu nationalisme des ressources naturelles",
    "Le Kazakhstan a été et demeure un acteur responsable du système de garantie de la sécurité énergétique internationale."
    En réalité, ce sont les européens perdus dans leur rêve néolibéral qui ont besoin d’une cure de désintoxication.
    En face du politique, le "marché" ne pèse rien. Du moins en cas de situation tendue et de manque avéré.
    Le marché ne fonctionne qu’avec des ressources abondantes…
    De même, que diront les européens si gazprom veut mettre la main sur GDF ? Après tout le client final est le plus rentable. C’est l’autre aspect de l’ouverture. Pas désiré celui-ci.