Auteur/autrice : patrick reymond

  • Famines, disettes : une affaire souvent politique…

    Famines, disettes : une affaire souvent politique…

    Danse_macabre"Ne pas verser dans l’angélisme non plus, si les grandes récoltes font les grandes mauvaises récolte, on ne connait plus les grandes famines que nous ont apporté la traditionnelle agriculture biologique. Le courant éco-réac est si fort qu’on en oublierait qu’on en sort de l’argi biologique, et qu’elle a provoqué famines et disettes jusqu’au 20° siècle. L’agriculture prodctiviste a si bien fonctionné qu’on a oublié jusqu’au mot famine !".
    Erreur courante.
    On sait ce qu’il faut faire pour une économie agricole cohérente depuis le 16° siècle.

    C’est Olivier de Serres qui l’écrit dans "le théâtre d’agriculture et de ménages des champs". Le premier livre scientifique sur une organisation rationnelle des travaux agricoles. Olivier de Serres peut faire la réorganisation, parce que la population a fui les combats (on est, à l’époque en pleine guerre civile), la famine disparait de France avec l’état Louisquatorzien, et même l’incident climatique de 1709, ne crée pas la famine. En catastrophe, les récoltes de blé détruites par l’hiver sont remplacées par de l’orge. La destruction de la vermine permet les derniers beaux jours du règne. En effet, la récolte suivante est exceptionnellement bonne. Si j’en crois un des seuls auteurs populaires qui parle de son époque, le 18°siècle connait des "manques", comme celui qui laissera sa mère, "comme une ombre sans force", mais l’essor de la population ne peut se faire sans essor des productions. Nouvelles plantes (rechargeur d’azote), pomme de terre (mal vue par l’église : trop peu fatigante). En ce qui concerne la France, la sureté alimentaire est entière au début 19°. Les recettes d’ Olivier de Serres ont été appliqué, on a découvert le rôle de l’azote atmosphérique et le moyen de le piéger  et ainsi supprimer la jachère.
    Les famines et manques suivants dans le monde et le monde développé sont du à d’autres facteurs ;
    – volonté politique (Irlande, russie de la fin du 19°, Urss, Ethiopie), qui ont pour but de réduire des régions rebelles, mal vues, de réduire des populations, etc…
    – volonté économique : les cultures commerciales en Inde ont supplantés les cultures vivrières,
    – guerre, troubles politiques…
    On le voit la famine n’est guère un problème technique, mais un problème politique, de transport, ou autre…
     

  • Concurrence homme/ bétail II

    Concurrence homme/ bétail II

    Vaches_et_moutonsIl existe un chose que l’on voit mal, c’est la concurrence entre l’être humain et l’animal pour la nourriture.
    L’animal est énergétiquement parlant déjà, une aberration autant qu’une chimère. Elle privilégie en même temps un consommateur à fort pouvoir d’achat, au détriment d’un consommateur plus pauvre, qui lui préfère les nourritures végétales. Le sens du pain était celui-ci. Peu cher, idéalement complet, il était parfait pour l’alimentation humaine.
    En même temps, l’animal, jusqu’à un certain seuil est bénéfique pour l’agriculture. Lui seul peut digéré la luzerne, idéale pour recharger les sols en azote, et ses excréments furent les premiers engrais disponibles en masse.
    Cela seulement au 19° siècle. La luzerne, et ses essais d’implantations bousculant les usages locaux au 18° siècle fut un des détonateurs de la révolution.

    En même temps, on s’aperçoit que l’alimentation humaine dans des périodes politiques troubles peut dépendre de toutes petites surfaces très exploitées, et même de manière très intensives, et en même temps très biologique.
    Car il ne faut pas confondre agriculture biologique et petites productions. Elles peuvent être très importantes et en même temps ne s’appuyer que sur des surfaces minimes. 600 M2 pour une famille chinoise. La France de la guerre de 100 ans n’était cultivée qu’à proximité des fortifications (très intensivement), et les exemples ne manquent, ni au 20°siècle, ni même au 21° de populations survivants sur de petites surfaces. Les fondements respectent certaines notions:
    – D’équilibre : tout acte ou toute pensée doit veiller à respecter un équilibre avec l’environnement. Le développement réside dans le déplacement des équilibres naturels.
    – De diversité : les systèmes techniques ou philosophiques dépendent des contextes locaux spécifiques avant de répondre à des fondements immuables.
    Qui n’a pas eu un malaise devant ces vastes champs, ou on cultive une seule plante, à grand coups d’engrais, et quasi sur un sol biologiquement mort ? En même temps dépendant d’injections massives d’énergies de toutes sortes, sous toutes ses formes : engrais, carburants, phytosanitaires…
    La diversité est le mot. Les grands élevages font les grandes épidémies. Les grandes récoltes font les grandes mauvaises récoltes.
    En attendant, au sortir d’une période historique, on voit désormais que les dépenses d’alimentation ne sont plus à la baisse. Une génération aura oublié le jardin familial. Une autre devra la redecouvrir.
    Pour des questions de cout, de sureté d’approvisionnement, et de redécouverte du local en économie.

  • Concurrence homme/ bétail.

    Concurrence homme/ bétail.

    VacheL’américanisation des modes de vie est aussi synonyme de consommation de viande plus important. Viande de boeuf surtout. Si nos ancêtres consommaient peu de viande, celle-ci était de plus celle d’un animal recyclage : le porc. En effet si dans le porc tout est bon, le meilleur est qu’il se nourrissait des déchets variés.
    Des chercheurs du National Institute of Livestock and Grassland Science (NILGS) à Tsukuba, ont étudié le cycle de vie d’un animal de boucherie.

    le rapport est sans appel, bien qu’on s’en doutait déjà un peu. Le ruminant type produit 4.5 tonnes de méthane pendant son existence, 2/3 des besoins en énergie concerne l’élevage, 80 % de certaines céréales servent à alimenter le bétail.
    Les consommations d’eau, sont phénoménales, et les conditions de vie des animaux évoquent plus des camps de concentration qu’autre chose.
    Les méthodes de l’agriculture biologique permettent de réduire notablement les déchets et rejets. Les transports intercontinentaux, sont d’un point de vue énergétique, aberrants.
    Donc, ce rapport, déjà ancien est dénoncé. La concurrence animal / homme était déjà forte, et se rajoute désormais un jeu à trois : concurrence animal / homme /carburant.
    Imaginez la conversation : "vous prenez un steack ? Non donnez moi plutôt dix litres d’éthanol "
    Ne pas oublier aussi la responsabilité de certaines cultures dans des phénomènes de désertification : les troupeaux, éléments de prestige doivent être le plus grand possible. Quitte à tout détruire. Phénomène très accompli en Afrique et qu’on redoute en Amérique du sud.

  • L’agonie du libéralisme. II

    L’agonie du libéralisme. II

    P_lamy La clef du succès des trente glorieuses était un mix d’économie dirigé et d’initiative économique. A l’heure actuel, il est difficile de cacher les méfaits du libéralisme.
    Appauvrissement des sociétés, effondrement des balances commerciales, assymétrie de la mondialisation : 10 % de croissance pour les uns, 2 % (surestimés) pour les autres, 100 de ventes à la Chine pour 600 d’achats aux USA, 100 pour 300 en Europe.
    La relance du cycle de Doha par P Lamy pue l’entêtement, l’esprit borné, faux et le refus de toute évaluation.
    Mais le protectionnisme qui était l’apanage d’extrême gauche et d’extrême droite va ressortir du bois.
    Pour quelle raison ? D’abord parce que les économies largement dirigées des pays du tiers monde ont de l’appétit pour tous les joyaux industriels occidentaux, particulièrement allemand. Ensuite parce que le libéralisme ne pouvait fonctionner que dans l’abondance des ressources, notamment énergétiques, mais aussi alimentaires. Pour l’alimentaire, c’est largement fait. Un certain nombre de pays se referment.

    L’Ukraine se refuse à exporter son grain. Pour l’énergie cela a été dit publiquement, et diffusé à la BBC :
    " Vous pourrez bien offrir n’importe quel prix pour le gaz, nous ne vous le fournirons pas".
    Exit le marché.
    Les seules questions intéressantes sont :
    Retour du protectionnisme à quelle échelle ?
    Tôt, ce sera européen, tard, ce sera national.
    Tôt, ce sera facile (désindustrialisation moins importante), tard, plus compliqué et plus national (désindustrialisation sévère).
    Mais la crise énergétique en sera le coeur.
    Libéraliser les échanges, dans quels buts ? Cela n’a d’intérêts que s’il y a excédents.
    Pour le commerce agricole, c’est largement emballé et pesé.
    La montée en puissance des carburants industriels va laminer et réduire à zéro les excédents…

  • L’agonie du libéralisme.

    L’agonie du libéralisme.

    MendelsonLes hommes politiques européens ont sacralisés le libéralisme, comme les chiens leurs puces, ou leur vomi.
    Aujourd’hui, ils apparaissent décalé, vieilli et radotant une histoire qu’ils sont les seuls à croire.
    Il y a quelques années, tout allait bien.
    On sous payait des ressources énergétiques et minières, et les "zélites" se pressaient de basculer leurs fonds dans des banques occidentales de Miami, Zurich, Bruxelles, Paris ou autres. Tout baignait.
    Les pays du tiers monde ont depuis repris contrôle de leurs sources d’énergie, laissant aux compagnies occidentales la portion congrue.
    Des politiques "populistes" se sont mises en place.
    Les pays occidentaux plaidaient pour l’ouverture, en gros pour coloniser sans en avoir les inconvénients.

    Aujourd’hui les choses ont changées. Sarkozy, Merkel ne voient plus le libéralisme comme un idéal sacralisé, même s’ils ne l’ont pas encore rejeté complètement, ils sont au début d’un processus politique, intellectuel et mental qui a fait, par exemple passer un Chavez du stade de Réformateur se réclamant de T. Blair, à celui du double de F. Castro.
    Et puis, les pays dominés, ont désormais les moyens financiers de renverser le système comme on l’a vu avec l’affaire Arcelor/ Mittal. Les excédents commerciaux du soit à l’ excédent industriel, soit à la flambée des matières premières, donnent aux dominés des armes.
    On voit aussi très clairement que les investissements en Chine notamment sont appelés à se volatiliser. Plusieurs affaires montrent les "zinvestisseurs" occidentaux (lire : bande de couillons) se faire plumer  par leur partenaire local (lire : robin-des-bois-qui-reprend-aux-vilains, enfin c’est présenté comme cela).

    Le problème est de comprendre quel est ce processus ?

  • Chine : progression de la production de charbon.

    Chine : progression de la production de charbon.

    Drapeau_chineLe "Quotidien du peuple" communique :
    "La production de charbon de Chine a enregistré une croissance de 7,1% au premier semestre en glissement annuel, alimentant sa croissance économique à deux chiffres.
    La production de charbon a augmenté de 72,55 millions de tonnes à 1,102 milliard de tonnes pendant le premier semestre, selon la Commission d’Etat du Développement et de la Réforme (CEDR). "
    La production chinoise augmente donc, a bonne cadence, mais avec un seul ressort toujours : le muscle du mineur chinois. Il va s’en dire donc de la réalité du décollage et des prix manufacturés chinois : un mineur payé 100 euros le mois et qui produit comme il y a 2000 ans une demi tonne de charbon par jour.

    "La Chine, en tant que 2ème plus grand consommateur d’énergie derrière les Etats-Unis, a produit 201,3 millions de tonnes de charbon en juin, représentant une hausse de 7% par rapport au même mois de l’année dernière, d’après la CEDR. "
    "La croissance économique rapide de la Chine a fait augmenter sa demande de ressources énergétiques, y compris de pétrole et de charbon. Le charbon représente presque deux tiers de la consommation d’énergie primaire du pays."
    2/3 de la consommation. Le prix d’un produit manufacturé étant en bonne partie du travail plus de l’énergie, on voit encore mieux la réalité des choses : à une main d’ oeuvre surexploitée dans les usines se rajoute une surexploitation des ressources naturelles avec des moyens très souvent frustres. Pelles et pioches, plus souvent que mines modernes (ou cotoyant mines modernes, voir, à côté et dans les mines officielles).
    Mais cette production est désormais insuffisante : la Chine est devenue importatrice nette de charbon australien.

  • Kazakhstan : rachat de Westinghouse

    Kazakhstan : rachat de Westinghouse

    WestinghouseLe Kazakhstan rachéte 10 % de l’américain Westinghouse, constructeur de centrales nucléaires, pour 488 millions de $.
    Cela veut dire aussi que le Kazakhstan veut cesser de fournir de l’uranium naturel pour vendre de l’uranium enrichi aux normes occidentales.
    Exit donc les exportations d’uranium naturel, y compris pour la Russie.
    En ce qui concerne la construction de centrale sur le sol kazakh les russes sont confiants.
    En raison du déplorable état des structures, il est impossible à Westinghouse de construire des centrales en Asie centrale et les kazakhs devront se contenter de petits réacteurs russes de 300 MW.

    La production Kazakh devrait passer de 7500 tonnes par an à 15 000, en faisant le plus gros fournisseur mondial.
    En ce qui concerne certains marchés, les tentatives occidentales pour les conquérir ont été des échecs :
    – en Finlande, ils ont été incapable de fournir des cartouches hexagonales,
    – en Hongrie, l’intervention de techniciens français a conduit à la contamination d’une centrale.
    10 mines fournissent à l’heure actuelle 70 % de la production, et la Russie, sans uranium Kazakh est incapable de subvenir à ses besoins.
    A Astana, on parie ouvertement sur une pénurie d’uranium.

    Source : Ria Novosti, Nezavissimaïa Gazeta

  • Le principe d’incrédulité.

    Le principe d’incrédulité.

    MerkelBeaucoup de gens sont naïfs et croient les contes. On leur dit que l’énergie manquera… un jour, mais pas tout de suite. Et on s’étonne qu’ils croient le conte ?
    Après comment faire comprendre l’urgence et l’impératif du changement ?
    Les particuliers, les industriels allemands, croient ce conte. La chancelière, Angela Merkel, elle, visiblement au courant de la donne énergétique, met les bouchées doubles.
    3 % de gains d’ efficacité chaque année, jusqu’en 2020, pour 3 objectifs : garantir l’environnement (l’alibi), sécurité d’approvisionnement et rentabilité du secteur.
    Dans le système capitaliste, toute industrie nouvelle a besoin d’une béquille. Aucune ne se lance spontanément.
    Là, des financements conséquents sont prévus : 30 milliards déjà prévus, 40 milliards supplémentaires et deux milliards pour la recherche, de quoi donner des palpitations au pacte de stupidité, pardon de stabilité.

    Tous les ingrédients sont connus : réduction des consommations automobiles, isolation des maisons, appareils électroménagers moins gourmands. Pour l’industrie, c’est le cycle classique de l’investissement.
    Mais, a t’ on  imaginé que cette politique serait plus efficace dans un contexte de prise de conscience généralisée ?
    Et donc d’abandon de la langue de bois ?
    En effet, faire appel au citoyen, ne serait pas forcément inutile. De plus, il faudra bien décider aussi une politique.
    Quid des climatisations,
    Quid du chauffage électrique,
    Quid des  4  X  4,
    etc, etc, etc… 
    En réalité, ce qui est frappant, de jour en jour, de semaine en semaine, c’est l’évolution de certains hommes politiques : de vrais météorites. Début juillet 2007, le ton n’était pas le même. Il est désormais affirmé et impératif. J’aimerais savoir ce qui se dira à la fin août 2007. On risque d’être surpris. 

    Photo : interet-general.info

  • Chine : reboisement.

    Chine : reboisement.

    Photos_205La Chine reboise massivement depuis 26 ans, et les résultats sont colossaux.
    D’abord en qualité, les forêts existantes ont cessés d’êtres des taillis pour devenir des vrais forêts, et ensuite les terres menacées de désertification se réduisent de 1200 km2 par an, ce qui est plus qu’ honorable en terme de résultats.
    54 millions d’hectares reboisés, soit 540 000 km2, soit la surface de la France.
    Les surfaces boisées dans le monde ont reculé de 0.2 %, dans la décennie 1990, au contraire, celle-ci progresse dans les pays développés et en chine, ceux-ci se recréant une rente à long terme.

    Le gouvernement chinois compte bien doubler d’ici 30 à 50 ans, la surface replantée.
    C’est possible, l’avancée des déserts n’est ni inéluctable, ni définitive.
    Cela réduirait aussi la pression exercée contre le milieu naturel en permettant à la population chinoise, très concentrée sur une petite surface de se diffuser sur une plus grande portion du territoire, qui, dans sa grande majorité, est quasi vide.
    Une part substantielle de l’approvisionnement en énergie pourrait parvenir de ces forêts. On parle de 6 millions tonnes de diesel (dans l’immédiat), de 15 millions de kw et de 10 % de réduction des énergies fossiles.

    Source : Afe agence forestière chinoise.

  • Victoire du Peak oil Caucus

    Victoire du Peak oil Caucus

    Drapeau_usIl y a des tas de groupes de pression qui gravite autour et dans le congrès des états-unis.
    Certains sont très puissants, très connus, à l’instar de celui des armes à feu.
    Un certainement des plus petits, des moins puissants, vient, par la bande de remporter une victoire totale.
    Fondé récemment, sans grand moyen, le peak oil caucus avait déjà, par son action, forcé le congrès à reconnaitre l’existence du pic oil, mais à une date lointaine (2040).

    Désormais, c’est le conseil national du pétrole qui vient de le reconnaitre.
    Et pas dans 40 ans.
    La crise d’approvisionnement en pétrole est "imminente", qui obligerait les USA à utiliser "toutes les sources d’énergies" et "modérer sa consommation".
    Voilà.
    le constat est net et sans appel. " "Facing the hard truths about energy", est consultable.
    – Modérer la demande dans le transport, le résidentiel, l’industrie et les services,
    – diversification des ressources,
    – changement de politique économique, retour au local : "Integrating energy in all other related policy areas including  trade, economic, environmental, security and foreign policy".
    Le prix du baril atteindra 95 $ avant la fin de l’année selon le rapport…
    Encore un peu de courage. Il faudra au congrès reconnaitre que la désolvabilisation des USA, risque d’atténuer la hausse, très fortement.
    Il n’est pas dit qu’on veuille encore du $, sous peu.