Auteur/autrice : patrick reymond

  • L’Asie bouge.

    L’Asie bouge.

    Images_4 L’Asie, loin des médias occidentaux, cherche un nouvel équilibre économique.
    Toujours la même donne, une hyperpuissance énergétique, la Russie, et des pays émergents gigantesques (Chine et Inde), qui regardent ses ressources avec envie et avec tout autant d’envie que l’occident.
    L’Europe, quand à elle, vivait confortablement. Le réseau gazier issu de l’URSS était tourné vers l’ouest, et on ne change pas la direction des gazoducs d’un claquement de doigt.
    La coopération sino-russe est encore plus poussée. Coopération militaire, politique, qui ne demande qu’à s’amplifier au niveau économique : on parle d’abandonner le $ comme monnaie d’usage entre les deux pays au profit du Yuan et du rouble.

    Cette volonté commune de se passer du dollar dans leurs échanges, donnerait un nouveau coup à la devise US et concrétiserait une volonté russe nouvelle : négocier ses ressources en roubles et faire de la devise nationale, une devise internationale, et non plus un billet de monopoly auquel on accorde peu de valeur.
    Le mouvement de désaffection vis à vis du dollar avait commencé par l’Irak, avant de se poursuivre par le Vénézuela, l’Iran et la Russie.
    Une bonne partie, donc, du commerce des hydrocarbure échappe donc désormais à la sphère dollar.
    Ce mouvement devrait se confirmer et s’amplifier .
    L’Asie a déjà vécue une économie autocentrée sur le continent et qui était florissante.

    Mardi 4 novembre 2008.

  • EDF peine à boucler l’achat de BE.

    EDF peine à boucler l’achat de BE.

    Image EDF, ou plutôt les banques qui ont en charge la syndication de l’emprunt de 11 milliards de £ destiné à l’achat de British Energy, on du mal à refourguer les lots. Il faut dire que les 7 banques en question, sont du "beau linge" : BNP Paribas, Société Générale, Calyon, HSBC, Royal Bank of Scotland, Barclays Capital et le japonais Mitsubishi UFJ, après cette opération, ils pourront s’attaquer au remake du "bal des morts vivants".
    En effet, ce n’est plus un pool bancaire, c’est un club de bras cassés.

    Quand au bien fondé de la continuation de l’opération, il tient à l’aveuglement d’un PDG qui ne veut pas avouer s’être monstrueusement trompé, et qui protège, simplement sa situation personnelle.
    On se demande d’ailleurs, pourquoi monter jusqu’à 65 % du capital ? Quand 50 % plus une voix suffisent ?
    Redécouvre t’on les vertus de la saignée, absolument nécessaire pour guérir EDF de son embonpoint ?

    La tâche des salariés et des consommateurs sera beaucoup plus simple : ils n’auront qu’à se serrer la ceinture un peu plus pour financer cette opération pharaonique et Délirante.
    Le gouvernement britannique, d’ailleurs, n’est pas en reste. Ayant nationalisé un certain nombre de banques, il devra les financer, notamment pour qu’elles fassent les prêts destinés à lui payer ses actions.

    Mardi 4 novembre 2008

  • Les racines de la crise.

    Les racines de la crise.

    Images_6 Quelle est la racine profonde de la crise ? Immobilière ? Financière ? Ou Energétique ?
    La montée du prix de l’énergie a été elle-même causée par la tentative de spéculateurs mis à mal sur le marché immobilier de se refaire sur le marché des matières premières. Là aussi, cela a mal tourné.
    La flambée des matières premières en générale, du pétrole en particulier a rongé le revenu disponible des ménages et précipité la récession.
    Mais il est clair aussi que le revenu disponible des ménages stagne aussi pour des raisons politiques (politique de l’offre), vieille de 30 ans.
    Si le renchérissement des prix de l’énergie en général a désolvabilisé les ménages, ils l’étaient davantage encore par la compression de leurs salaires, le tripatouillage des taux d’inflation, allant du simple au triple aux USA, sans doute du simple au double en Europe.

    JC Trichet a donné des milliards aux spéculateurs véreux et brandis les foudres au moindre "risque" de "dérapage" salarial.
    Entre des revenus réels, au pire en baisse, au mieux stagnant, l’envolée des prix de l’énergie ne pouvait que produire une crise de grande ampleur.
    Mais, en 1974, j’ai bien souvenir que les salaires augmentaient fortement…
    Le grand écart entre les propositions de régulation au plan international du gouvernement français et la dérégulation sociale en France sont bien plus responsable de la crise que la flambée des prix du pétrole.

    D’ailleurs, davantage que la montée du prix du pétrole, c’est la réaction des ménages que est une des données de la crise : ils ont moins consommé d’énergie, soit en se modernisant, soit en se privant.
    Mais la tendance lourde (la modernisation), créera des contreparties à toute augmentation des prix. Curieux que des gens, soi-disant instruit considèrent les citoyens comme du bétail incapable de réaction…

    Lundi 3 novembre 2008

  • Virage à 180°

    Virage à 180°

    Images_4 Les puissances anglo-saxonnes amorcent un virage à 180°.
    La Grande Bretagne, désindustrialisée, désargentée, avec une production pétrolière qui se sent mal en mer du nord, une perception des USA comme "ayant passé la main", réaligne sa politique avec Moscou.
    La déshérence énergétique du Royaume a amené ce passage au réalisme et à Canossa. Mandelson a donc été s’étonner diplomatiquement des mauvaises relations antérieures de la Grande Bretagne avec la Russie (à vue de nez, ce mauvais état des relations remonte à 1815, il en aura fallu du temps…), causé par on ne sait plus quoi…
    La Russie devient donc le nouvel-ami-de-toujours-de-la-grande-bretagne, faisant s’étouffer de rage les derniers néo-cons.

    Mais le virage à 180° murit aussi outre-atlantique. Les problèmes des investissements de défense, le coût des voies de communications amène à la solution romaine : il devient indispensable de réduire les distances, réduire les coûts, réduire les consommations.
    L’usure de l’armée américaine, l’usure du matériel, l’usure des hommes, le coût de plus en plus dispendieux de la logistique, des approvisionnements, a eu raison de la puissance, fatiguée de la distance qu’elle a dans les jambes.
    La crise financière, la crise énergétique, oubliée, mais toujours là, entraine désormais une évolution qui parait évidente : il faut réduire la voilure…
    "Il s’agirait de tenter de régler les principaux conflits et crises en cours (Afghanistan, Irak, Iran, conflit israélo-palestinien) pour permettre un repli général des USA (et des autres puissances qui lui sont associées) et une concentration sur les grands problèmes intérieurs et les crises systémiques en cours.   "
    L’élection présidentielle américaine se fera demain, mais les mouvements au saint de l’establishment a sans doute déjà décidé une inflexion de la politique.
    L’amérique abandonne aussi quelques illusions, et, en même temps, l’influence de certains cercles sur le gouvernement diminue notablement.

    Lundi 3 novembre 2008

  • Climatiseurs et PAC.

    Climatiseurs et PAC.

    Ventilateur Deux marchés voisins qui s’affrontent, le climatiseur et la pac. L’un est en pleine ascension, l’autre en dégringolade.
    La PAC, quand à elle, marche du tonnerre de dieu. Le marché est passé de 51 497 en  2007 à 100 000 voire 120 000 cette année (pas encore finie). Cette progression s’appuie sur des capacités industrielles neuves, des installateurs en nombre suffisant (plus de 400 en France), qui permet de rendre cette technologie généralisable, et s’appuie sur le crédit d’impôt, qui est conséquent.
    La climatisation, elle, est en recul.

    Le nombre de climatisateurs vendus devrait chuter de 520 000 en 2007 à 380 000 à 2008, soit retomber sur son chiffre de 2006.
    Il est clair qu’au vu des quantités vendus, les marchés ne sont pas les mêmes. La maturité est atteinte pour les climatiseurs, et c’est encore un marché de conquête pour les PAC.
    Néanmoins, la baisse du prix du fioul fait baisser la pression sur les installateurs de pac, baisse plus que bienvenue, car le manque d’appareil, de main d’oeuvre, de pièces d’équipement divers se faisait fortement sentir.
    Différence de finalité aussi. L’un est un progrès dans la frugalité énergétique, l’autre un gaspillage injustifiable, causé, lui aussi par des défauts de conceptions des bâtiments, un replâtrage.

    Dimanche 2 novembre 2008.

  • La dégringolade du prix du pétrole.

    La dégringolade du prix du pétrole.

    Baril_petrole Le prix du pétrole dégringole, il est passé de 147.5 $ le baril à moins de 65.
    A ce tarif là, un certain nombre d’exploitations ne deviennent plus rentables. C’est le cas des sables de l’Alberta, mais beaucoup d’investissements aussi, deviennent problématiques : offshore profond, Orénoque, alors que pendant ce temps, l’AIE va annoncer une chute "plus rapide que prévue" de la production.
    Le "Pic-oil" va donc devenir officiel.
    Pendant ce temps, n’ayez aucune inquiétude sur les bénéfices des pétroliers, ils n’ont jamais été meilleurs.
    C’est là, d’ailleurs, qu’on voit le "hic". Il n’y a plus aucun rapport entre l’investissement et le bénéfice.

    En ce qui concerne certains états, qui étaient en forte croissance, comme l’Alberta, voire comme l’Amazone de l’éthanol, on risque de retomber dans ce que l’on avait déjà connu, le cycle des matières premières. Le prix de celle-ci vous font riche un jour, et gueux l’autre.
    Pour le Canada, passé le temps de la fièvre de l’or, le résultat sera sans appel : pollution durable et catastrophe écologique, pour un pétrole, des ressources, dont finalement, le Canada n’a guère besoin lui-même, et dont il est l’honnête courtier vis à vis des USA, qui le paie en papier hygiénique appelé monnaie fiduciaire.

    Nous vivons une époque formidable et le progrès est en marche (piqué à un lecteur).

    Dimanche 2 novembre 2008.

  • Préparer la Famine…

    Préparer la Famine…

    Jacquerie2 "Octobre 2008 : un mois de gros temps

    Le mois d’octobre 2008 n’aura pas modifié la donne de la crise. Quelques signes positifs, telle une maigre reprise de l’immobilier résidentiel américain due au prix défiant toute concurrence des logements saisis et remis sur le marché, ou une baisse relative des taux interbancaires (encore très loin cependant de leur niveau de la première moitié du mois de septembre), ne seront pas parvenus à compenser les indices qui signalaient au contraire une aggravation de la situation, en Europe d’abord, où l’Islande et la Hongrie en particulier se retrouvèrent au sein de la tourmente, et en Asie où les yeux se tournèrent vers le Pakistan faisant face à une crise de solvabilité majeure.

     Le plan Paulson de 700 milliards de dollars fut voté par les représentants du peuple américain : le 1er octobre par le Sénat, et le 3 par le Congrès, après qu’ait été ajoutée au texte de la loi une série affligeante de mesures visant à satisfaire les intérêts particuliers des parlementaires les plus hésitants. Après quelques tergiversations, une formule fut mise au point, centrée sur une prise de participation significative de l’État fédéral dans les neuf principaux établissements financiers américains : à hauteur de 25 milliards pour Bank of America, J.P. Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, et de 10 milliards de dollars pour Goldman Sachs et Morgan Stanley, investissement assorti d’un code de bonne conduite de la part des institutions renflouées : dividendes gelés, fonds avancés au taux de 5 % mais passant à 9 % si l’on tardait trop à les rembourser, rémunérations des patrons sous haute surveillance avec dés-incitation fiscale pour les entreprises de leur accorder davantage, la fin des parachutes dorés, enfin, des warrants permettant à l’Etat d’augmenter sa mise à l’avenir si nécessaire.

    La plupart des pays emboitèrent le pas aux États–Unis, adoptant des mesures similaires. On observa tout au cours du mois qu’en matière de nationalisation du système financier, le pays qui frappait le plus vite et le plus fort déterminait le niveau sur lequel les autres étaient alors obligés de s’aligner : quand l’Irlande garantit tous les dépôts à vue, l’Angleterre dut suivre sous peine de voir toutes ses banques siphonnées aussitôt vers l’Irlande, mais pour ce faire elle fut forcée d’aller plus loin dans la nationalisation que n’importe qui d’autre, fixant automatiquement la nouvelle norme pour ceux qui ne voulaient pas être laissés pour compte dans le nouveau paysage de la compétitivité. Ce fut le cas des États–Unis qui appliquèrent le plan Paulson dans la perspective britannique de prise de participation dans les banques, pour l’Allemagne qui avait pourtant juré ses grands dieux la semaine précédente qu’il n’en serait rien, pour le Benelux, que le sauvetage de justesse des banques Fortis et Dexia avait déjà conduit sur cette voie, pour l’Espagne qui s’aligna sur la formule britannique, et bien entendu également pour la France qui créa elle aussi un fonds d’aide d’urgence à ses banques.

    On put suivre le progrès de la prise de conscience du « tsunami » tout au long du mois : moins le système financier d’une nation était sophistiqué, plus l’éveil avait été retardé. L’ordre dans lequel cette prise de conscience avait lieu était bien sûr purement anecdotique. Dans les derniers jours du mois, c’était l’Europe Centrale tout entière qui s’éveillait à la crise. La Banque Centrale Européenne, le Fonds Monétaire International, la Banque Populaire de Chine, intervenaient à une très vaste échelle pour distribuer des fonds là où leur intervention se révélait la plus urgente.

    Quand le premier ministre britannique, Mr. Gordon Brown, mit en œuvre son plan de nationalisation du secteur bancaire, une rumeur courut qu’il lui avait été soufflé par l’ancien président de la Federal Reserve, Alan Greenspan, pourtant autrefois chef d’une croisade en faveur du laisser-faire sur les marchés financiers. L’un des événements qui firent sensation au mois d’octobre, et qui marqua sans doute un tournant dans l’histoire de l’ultralibéralisme, fut la déposition d’Alan Greenspan devant une commission houleuse du Congrès américain qui le mit en accusation, l’interrompant à plusieurs reprises et avec brutalité. Désarçonné, celui-ci confessa les doutes qui l’assaillaient désormais quant à l’autorégulation des marchés financiers : « Oui, j’ai découvert une erreur », concéda celui qui avait été longtemps le chef de file du « libertarisme ». En cause essentiellement selon lui, une surprenante incapacité du milieu des affaires à poursuivre la recherche de son intérêt bien compris et qui aurait dû l’encourager à la modération et à se policer lui-même. Depuis le début de la crise en effet, la « main invisible » ne s’était manifestée à aucun moment et les effets de la cupidité individuelle s’étaient simplement additionnés. L’ancien président de la Fed avait eu le tort d’accorder une foi absolue à la science économique de son temps, celle qui avait été produite durant soixante années sous la houlette du monde financier lui-même. La confession d’Alan Greenspan faisait découvrir au monde consterné la naïveté de celui qui avait été à la tête de la finance internationale pendant prés de vingt ans (1987 – 2006). Les réactions de la presse trahissaient un frisson d’effroi rétrospectif.

    Les sommes considérables injectées dans la recapitalisation des banques et dont le public avait eu initialement le sentiment qu’elles étaient davantage destinées à sauver les banquiers plutôt que la finance elles-mêmes, seront-elles bien utilisées ? On pouvait en douter à l’annonce des premières nouvelles relatives à l’usage qui en serait fait : les banques américaines annonçaient leur intention de transmettre une partie des milliards reçus en dividendes, d’en consacrer une autre partie à des augmentations de salaires, une autre encore à racheter leurs concurrentes moins chanceuses et qu’elles utilisaient une portion de l’argent reçu à faire du lobbying visant à l’annulation des mesures gouvernementales de semi-nationalisation.

    Les bourses connurent durant ce mois d’octobre qui fut le plus chahuté de leur histoire, de grands mouvements désordonnés propres aux périodes de krach, où les intervenants déboussolés, ne sachant à quel saint se vouer, vendent en catastrophe un beau jour, pour se racheter avec enthousiasme dès le lendemain, les prix bradés de la veille constituant une aubaine à ne pas rater. Au 31 octobre, le CAC 40 avait perdu depuis le début de l’année, 37,9 %, et 13,6 % durant le seul mois d’octobre ; le Dow Jones, l’indice de la banque de New York, respectivement 29,7 % et 14 %, et le Nikkei japonais, 44 % et 23,8 %.

    La volatilité extraordinaire des bourses et des marchés des matières premières se révéla sans pitié pour les intervenants les plus exposés. Sur les marchés à somme nulle comme les marchés à terme, où ce que l’un perd, l’autre gagne, le nombre des intervenants se réduisait, les grands mouvements en sens opposés balayant ceux qui commettaient des erreurs d’appréciation et qui se trouvaient du coup éliminés, tandis que les grosses fortunes se concentraient alors entre quelques mains. A la bourse, le marché baissait tant que les pertes globales compensaient l’effet de cette concentration, même pour les vainqueurs.

    Les hedge funds, les fonds d’investissement spéculatifs continuèrent de liquider leurs positions pour répondre aux retraits de leurs clients. Il semblait en fin de mois qu’ils avaient survécu à ce qui aurait pu être pour eux une épreuve décisive : le débouclage le 21 octobre des Credit–Default Swaps (CDS) portant sur Lehman Brothers dont la banqueroute avait été déclarée le 15 septembre. Rien ne les obligeait cependant à révéler leurs difficultés avant la publication trimestrielle de leur bilan et l’ampleur du désastre apparaîtrait peut–être ultérieurement.

    Les devises s’effondrèrent dans un bel ensemble en raison de la récession mondiale qui les engouffrait toutes. Les tensions entre elles étaient simplement dues au fait que certaines chutaient plus vite que d’autres. Mr. Sarkozy ayant pris très au sérieux la présidence française de l’Union Européenne, proposa avec panache, un nouveau Bretton Woods. Les pays asiatiques lui emboitèrent le pas. Une réunion au sommet consacrée aux monnaies avait en effet eu lieu en 1944 à Bretton Woods dans le New Hampshire, réunissant les grandes puissances de l’époque. Il y avait été décidé d’ancrer l’ensemble des devises au dollar, lié lui à l’or par une parité fixe ; l’accord deviendrait caduc en 1971 quand le président Nixon résilierait cette parité du dollar et de l’or, sans consultation préalables de ses partenaires.

    On attendit vainement en octobre de nouvelles initiatives en faveur des bénéficiaires de prêts hypothécaires en difficulté. L’immobilier américain avait été à l’origine de la crise, celle-ci s’étant déclarée dans le secteur du prêt hypothécaire subprime qui avait alors entraîné la finance dans sa chute. Le moyen le plus sûr d’endiguer la catastrophe consistait donc à arrêter l’hémorragie de l’immobilier résidentiel américain. Ce qui s’opposait toutefois à un dépannage massif des emprunteurs était que le prix des logements n’avait pas encore atteint dans sa chute, son niveau historique moyen : il avait baissé d’environ 16 % depuis son pic et il lui restait la moitié du chemin à parcourir. L’Etat américain n’avait donc aucun intérêt à geler la situation à un niveau de prix qui demeurait encore spéculatif. Un plan de refinancement de l’ensemble des prêts hypothécaires par un organisme d’Etat – très similaire à la Home Owners Loan Corporation, instaurée en 1933 comme un élément-clé du New Deal rooseveltien – était probablement prêt à l’emploi mais on attendait pour l’activer que le prix de l’immobilier soit retombé à un niveau tel que l’accès à la propriété de son habitation redevienne un objectif réalisable pour les ménages. La mise en place d’un tel dispositif devrait être instantanée et bénéficier d’un effet de surprise, sans quoi certains emprunteurs tenteraient d’en tirer parti en interrompant le versement de leurs traites de manière anticipée. Pour que le prix de l’immobilier continue de baisser en fonction de l’offre et de la demande, il fallait que le marché du logement fonctionne selon les anciennes règles aussi longtemps que possible. S’ajoutait certainement à ceci le fait qu’un nouveau New Deal rooseveltien aurait bien davantage de crédibilité s’il était signé Barack Obama, voire même John McCain, que George W. Bush.

    On apprenait enfin en octobre que la production mondiale de blé diminuerait d’environ 4,4 % en 2009 en raison du tarissement des crédits permettant l’achat d’engrais par les agriculteurs. Pour les plus petits fermiers et ceci à l’échelle mondiale, le crédit avait d’ailleurs cessé d’exister. On prévoyait qu’au Brésil, la récolte de maïs pourrait diminuer de 20 % pour cette même raison. Il était d’usage dans ce pays que les gros acheteurs américains avancent environ la moitié des fonds nécessaires à la nouvelle récolte, la future moisson servant de collatéral. Or, ils avaient cessé de le faire. En Russie le taux d’intérêt des crédits accordés aux fermiers atteignait parfois 20 %. Une famine mondiale se dessinait à l’horizon.

    (*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.  "

    Paul Jorion annonce la famine, pour l’année prochaine. La cause en est le tarissement du crédit aux agriculteurs.
    Le monde agricole a toujours fonctionné sur le mode d’avance sur récolte.
    On vient dans une configuration, donc, qui ressemble de plus en plus à la grande crise du 14° siècle, l’écroulement du crédit, d’abord en Angleterre, conduit à une crise globale qui se termine en crise de dépopulation.
    Les fonds apportés par les états, eux, vont servir à engraisser le cochon : dividendes, bonus, lobbying…
    Au XIV° siècle, la crise politique qui termina la crise ("Grande commocion" connue sous le nom de "Grande Jacquerie"), fut une guerre d’extermination…

    Plus que jamais, la prise de conscience politique est nécessaire. Si possible, avant la crise.

    Dimanche 2 novembre 2008.

  • RDC : la lutte pour le contrôle des ressources.

    RDC : la lutte pour le contrôle des ressources.

    Images_5 Les firmes multinationales s’affrontent par pays et par saigneurs de la guerre interposés pour exploiter le scandale géologique de l’afrique (le congo) : "diamants, cuivre, étain, charbon, fer, manganèse,       
    mais aussi niobium, colombo-tentalite, cobalt, uranium, germanium,gaz méthane et pétrole
      ".
    La population, elle, a une tâche beaucoup plus simple, c’est de fournir les victimes, tuées par armes à feu, machettes, violées, affamées, morts de maladies ou d’épuisement…
    Il faut comprendre, une population, c’est comme au Nigéria, ça gêne.

    Les choses évoluent sur le terrain, suivant le cours des matières premières, mais cette guerre n’est que peu médiatisée. Elle occupait surtout les "clients", affidiés et complices des grandes firmes occidentales et des gouvernements locaux des pays voisins.
    Bien entendu aussi, le code minier adopté par le gouvernement de Kinshasa était très doux aux intérêts des compagnies minières.
    Pour le code forestier, la démarche a été la même. Mais il faut se rendre à l’évidence. Si le Congo est, à l’évidence riche au niveau minier, il est encore trop pauvre pour les vautours, hyènes, chacals, rapaces en tous genres qui s’acharnent sur le pays, avec le concours, l’armement, de grandes firmes, des pays voisins et des pays plus lointains.
     Mais, comme à la différence du Soudan, les chinois ne sont pas encore dans le coup…

    Comme on le devine, le congo ex-zaïre est promis a un brillant avenir…

    Samedi 1°octobre 2008

  • US Delta airlines et North West…

    US Delta airlines et North West…

    Images_4 US delta Airlines et NorthWest airlines sont dans un bateau, le bateau coule et aucun ne sait nager…
    Us vient de racheter son concurrent pour 2.8 milliards de $.
    On est toujours dans le règne du sans avenir. Ils viennent de former une compagnie plus grosse obèse, avec encore moins d’avenir, 800 appareils, 75 000 employés, et 35 milliards de $ de chiffre d’affaire. Ils pensent, quand la fusion sera opérationnelle, économiser 2 milliards de $ par an, alors qu’ils en perdent chacun de leur côté.
    Bien entendu, la dérive ayant augmentée entre temps (dans deux ans) qu’ils en perdront encore plus.

    On peut voir un classique du genre, des destinations fusionnées pour éviter quelques rotations, des appareils trop anciens évacués, du personnel dégagé, le grand classique du Pic-oil en gestation.
    Bien entendu, cela ne règlera rien.
    Le secteur est en train de crever littéralement de la déréglementation reaganienne. Ils n’ont pas investi pendant des années, le pétrole est cher, les aéroports remontent à Eisenhower.
    Les mesures que réclament désormais à cor et à cri les entreprises de transports aériens US sont simples : règlementations (donc partage des destinations) et subventions.
    Il est probable et même certain qu’on va y arriver.
    Ce genre d’union n’a qu’un intérêt très limité, voir négatif. Avec deux tocards, on ne fait pas un cheval de course.

    En outre, dans un contexte de récession, voir de récession, on supprime d’abord les dépenses inutiles, et les voyages aériens sont rarement indispensables et les plus gros les plus fragiles…

    Samedi 1°novembre 2008.

  • Plus un Kopeck pour l’Opec…

    Plus un Kopeck pour l’Opec…

    Images_3 L’Opep, (OPEC en Anglais), vit des heures difficiles.
    Non pas à cause du pic pétrolier (ça, ça arrangerait plutôt ses épinards), non pas à cause du prix relativement bas (qui est aussi relativement haut), mais parce que l’industrie de l’âne fonctionne fort bien dans ces pays, et dans tous les pays biens pourvus en ressources naturelles.
    Explications : Vous prenez un potentat local, vous l’arrosez bien et de plus en plus en dollars. Vous laissez mijoter quelques temps et vous créez un petit krach.
    Là, vous vous apercevrez que le potentat local, il a placé ses dollars, qu’il en a perdu pas mal, mais aussi qu’il n’avait pas suffisamment de sous pour y jouer suffisamment.

    Alors, il s’est aussi endetté en $, malgré ses-dollars-rien-qu’à-lui-mais-qui-étaient-pas-suffisants.
    Résultats, la baisse de ses avoirs, et ses dettes exigibles, ça fait faire le grand écart, avec déchirements d’adducteurs garantis, surtout si on a plus de 50 ans passé…
    Comme les dollars, il en avait moult, moult, moult, il a engrangé des dettes, aussi, moult, moult, moult…
    Malgré des cours du pétrole pantagruéliques, le trou noir financier est encore bien plus gros que toute l’économie réelle. Et bien plus gros que toutes les ressources des pétroliers…
    Il n’y a rien de plus bête qu’un riche. Il vit entre deux hantises, celle de perdre son argent et celle de ne pas le voir grossir assez vite.
    En jouant sur la deuxième corde, il est possible de lui faire faire tous les tours de cirque les plus audacieux.
    Rockfeller était devenu riche grâce au pétrole, mais ce fut grâce à ses talents de manipulateur financier et parce qu’il était le plus gros crocodile du marigot.

    Ils avaient confiance en l’Amérique, l’Amérique, elle, avait crée une nouvelle industrie -la seule qui lui reste- : celle de la poire.
    Je vous laisse deviner qui c’est…. Pour la version soft, c’est ici…

    Vendredi 31 octobre 2008