Auteur/autrice : patrick reymond

  • Le système de croyance.

    Le système de croyance.

    Images_4 La consommation énergétique est avant tout lié à un phénomène n’ayant pas grand chose à voir avec l’énergie, mais est un phénomène de croyance.
    Explications.
    Hors une consommation de base indispensable, une consommation de confort, plus ou moins nécessaire, et plutôt moins que plus s’est crée.
    Et c’est elle qui l’emporte -de loin- sur la consommation strictement nécessaire.
    Cette croyance qui a conduit à cette surconsommation était, celle, Thatchérienne, du TINA. (Il n’y a pas d’alternative possible), croyance qui a imprégné jusqu’ à la moelle les hommes politiques, mais aussi le monde économique.

    En effet, même si certains nient l’évidence (le pic-oil, un jour ou l’autre), force est de constater que le VOLUME et le PRIX étaient des variables très aléatoires. N’importe quel comptable vous le dira. On ne maitrise, ni l’un, ni l’autre, mais des facteurs exogènes de toutes sortes peuvent faire varier l’UN et L’AUTRE de manière IMPORTANTE et ALTERNATIVEMENT.
    Seul un aveuglement quasi-religieux (on ne va pas contre le dogme), a pu mener bien des sociétés, notamment automobiles, à l’abime. Le monde économique est habitué, ou est censé être habitué, à la non-linéarité des marchés.
    Or, que constate t’on de toute part ? Les dogmes, plus que les analyses économiques, ont été les mêmes partout, et l’on emporté partout. La crise est patente dans l’automobile, mais existe dans tous les secteurs.

    La solution ? Elle est claire. Virer tous les PDG incompétents qui ont confondu économie et récitation d’une leçon bien apprise, et veiller à l’enseignement en économie. On doit apprendre à s’y poser des questions, et non avoir des réponses toutes faites, toutes fausses, récitables comme une prière.

    Lundi 6 octobre 2008

  • Matières premières

    Matières premières

    Images_3 Le cours des matières premières est orienté à la baisse très nettement et c’est d’autant plus remarquable dans le bâtiment.
    Les cours de tous les produits augmentent, mais le cuivre dégringole de 10 % en un mois, au niveau de la consommation finale.
    Même les spécialistes du recyclage du cuivre, les gitans, le disent.
    Toutes les matières premières sont touchées, à des doses inégales, et surtout la matière première reine, le pétrole.
    Pourquoi ? Parce que la crise financière, doublée d’efforts sans précédents d’économies d’énergie, contracte la demande.

    On a un double effet Kiss-cool : paupérisation et évolution technique accélérée.
    Les phénomènes de sevrage causé par les prix, qui se cantonnaient au tiers monde, touche aussi le monde développé.
    Ce mouvement, qui semble de fond, sur les matières premières, est semble t’il, causé par la dépression immobilière qui semble mondiale, et très mal médiatisée.
    La construction est un secteur fortement consommateur de matériaux, de métaux, et d’énergie.

    Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il y ait, mécaniquement, une forte décote de tous ces produits. Cela ne remet pas en cause, finalement, la mécanique du Pic-oil. la baisse des prix, simplement, entraine la baisse du plafond (moindre investissement).
    Comme je l’avais déjà dit, le PO ne sera pas seulement géologique, mais politique, économique, social…

    Lundi 6 octobre 2008

  • Deux projections, deux manières de voir l’avenir.

    Deux projections, deux manières de voir l’avenir.

    Images_2 Deux manières de voir le monde, deux philosophies s’affrontent entre l’AIE (agence internationale de l’énergie) et l’EREC (conseil européen sur les énergies renouvelables).
    Pour la période 2003-2005, les deux ont des vus diamétralement opposés.
    L’une, l’EREC, voit la consommation électrique doubler, mais la part du fossile décroitre légèrement (passant de 11 000 téraWatt à 9 500) pour une consommation globale évoluant de 16 600 à 31 000 térawatt.
    Dans ce cas, les énergies renouvelables représenteraient 70 % de la production (21 500), toutes les énergies progresseraient, mais l’éolien se taillerait la part du lion, le nucléaire est voué à la disparition.

    Pour l’AIE, la consommation électrique passe de 16 500 téraWatt à 46 000 essentiellement appuyée sur le charbon et les fossiles passant de 11 000 à 36 000, le nucléaire stagne (2600 – 2700) et le renouvelable se contente de doubler de taille (3 000 téraWatt à 7500), essentiellement appuyé sur l’hydraulique.
    On peut donc tirer plusieurs constatations.
    Les prévisions sont essentiellement celle des lobbys qui agissent sur les uns et les autres.
    Ils est fort peu probable que les prévisions de l’AIE soient conformes. Il faudrait que les productions charbonniéres et gazières puissent suivre (multiplier pas 4 dans les deux cas) et celle du pétrole se maintenir.
    Que les industries énergétiques arrivent à ces exploits, c’est très douteux.
    Mais, pour les deux organismes, le sort du nucléaire est plié : marginal, il le restera dans le "meilleur" des cas, il disparaitra dans le "pire."
    Mais, petit à petit, l’AIE évolue, sous l’emprise du principe de réalité. Il concéde désormais que ce sera 50 % en renouvelable.
    Sans doute pour chasser sa grande peur : qu’elle diminue.

    Dimanche 5 octobre 2008

  • Ecroulement du cours des céréales.

    Ecroulement du cours des céréales.

    Sorgho Les cours des céréales s’écroulent à l’entrée en France, il a été, en un an divisé par deux.
    Cette inflexion a été causé par les mesures européennes, suppression de taxes à l’importation et importation de céréales OGM.
    Bien sûr, cela ne règle rien.
    La sécurité alimentaire est menacée (les prix des intrants augmentent), les marges diminuent, et l’afflux dans les ports européens se fait au dépens des moins solvables.

    Au contraire, on pourrait assister à des effets de siphonnages en cas de retour de crise aïgue.
    les quantités disponibles seront attirées par le plus solvable et non là où on en a le plus besoin.
    Le risque de grande famine s’en trouve donc passablement renforcé, mais c’est dans l’essence du marché et des cours en Yoyo qui intéressent beaucoup les spéculateurs, les cours, lourds et plats les rebutants.
    Le "capitalisme du désastre" est à l’oeuvre et "tant pis si quelqu’un se trouve sous les roues de mon grand char politique " (Napoléon).

    Photo : GNU free documentation license

    Dimanche 5 octobre 2008

  • Vox Populi

    Vox Populi

    Images_2 Pendant que les années 1970 et quelques dinosaures défilaient contre l’éolien, paraissait un sondage de l’ADEME.
    97 % des français sont favorables au développement des énergies renouvelables.
    Ils vont en elles un investissement rationnel et ont une démarche économique avant tout.
    On est loin du rêve écologiste, on est là dans le plus profond utilitarisme qui soit. On pense solaire, géothermie, biomasse, plus rarement hydraulique et éolien, parce que hors d’atteinte et vus comme un investissement industriel, ce qui est largement vrai.

    Les français regardent dans leur backyard, et c’est justement leur backyard qu’ils veulent aménager confortablement et remplacer la facture d’énergie par une facture d’investissement.
    L’énergie solaire sur le toit est désormais plébiscitée (à 91 %, contre 21 en 2005).
    Il est clair que, désormais, la facture a fait son oeuvre. On ne veut plus entendre parler "consommation" mais "consommer rien ou le moins possible", ce qui est une inflexion majeur.
    Même si le prix de l’énergie décroit, le choc a été violent et laisse des traces.
    Personne ne veut du fioul, même à titre auxiliaire, les demandes de devis se multiplient.

    "I want You, for my Backyard" . C’est un signe, un de plus, de perte de confiance dans le politique, de repli sur sa petite sphère personnelle hautement symbolique, et d’une nouvelle époque, de retour à la simple subsistance et à l’autonomie.
    La démarche est totalement anti-économique dans ses profondeurs (même si elle s’appuie sur un rationalisme économique certain).
    Le roi est mort, vive le roi.

    Samedi 4 octobre 2008.

  • Les Soviets à Paris.

    Les Soviets à Paris.

    Les soviets anti-éoliens et pro-nucléaires, ontImages défilé à Paris contre l’éolien.
    Le collectif du 4 octobre, réunissant 160 associations, a réussi le tour de force de réunir 700 à 1000 personnes, appuyé par un fils-à-papa(ratchik) célèbre (enfin, je crois), Valéry Giscard D’Estaing.
    Bon d’accord, moi je me souviens vaguement de lui, mais il parait qu’il a été président.
    Il est seul à croire qu’il n’est pas mort (politiquement).
    Ils ne veulent pas voir, dans leur inculture, 15 000 éoliennes en France.
    Pour rappel, les moulins, en 1800, à vent et à eau, étaient au nombre de 500 000.

    Le télégraphe sans fils est né, d’ailleurs de cette implantation systématique, c’est le télégraphe de Chappe et le moulin de Valmy est célèbre, et comme tout moulin, placé sur un point haut et stratégique.
    Les insurgés de l’ouest, vendéens et chouans, l’utilisaient aussi comme moyen de communication.
    Pour revenir au quarteron de manifestants, il se signale aussi par leur activisme pro-nucléaire, en la personne de VGE justement, Marini, Boiteux, Ollier, les béni-oui-oui du nucléaire.
    Ne craignant pas le ridicule qui les aurait tué raide, ils reprochent son cout à l’énergie éolienne, faisant semblant d’oublier celui, jamais établi, du nucléaire, et de toutes les autres aussi, largement subventionnés par la collectivité.
    La prochaine fois, ils pourront faire une manifestation dans un bistrot, autour d’une table, ou à la maison de retraite.
    Une objection à l’encontre de l’éolien tombe. La plupart des oiseaux ne semblent pas perturber par les éoliennes. Mais au fait, ils avaient bien survécus aux moulins ?

    Samedi 4 octobre 2008

  • La logistique ne suit plus.

    La logistique ne suit plus.

    Images_5 La puissance militaire américaine était celle des transports aériens, eux-mêmes s’appuyaient sur une flotte d’avions ravitailleurs.
    Le vieux KC 135 devait être remplacé par le KC 45.
    Le constructeur écarté, Boeing, a tempêté. La cour des comptes s’en est mêlée, l’affaire est annulée, un nouvel appel d’offre décidé, puis est reporté à la prochaine administration, plus sûrement aux calendes grecques.
    Pour remédier à la situation, on a voulu moderniser les vieux KC 135. Boeing avait emporté l’affaire, aux dépens d’ AAII inc … qui vient de déposer trois plaintes…

    La justice fédérale vient d’ordonner un nouvel appel d’offre et annule la décision.
    Boeing, l’arroseur arrosé…
    La crise au Pentagone, la crise d’un ministère littéralement étouffé par des crédits trop importants dont ils ont perdus le contrôle est très grave.
    Tellement grave qu’on parle d’un maintien de R. Gates à la défense en cas d’alternance politique.

    Une grande puissance est avant tout la puissance qui maitrise les voies de communication et la logistique. Il faut constater la perte de contrôle des deux.

    Vendredi 3 octobre 2008.

  • Le renouvellement des temps.

    Le renouvellement des temps.

    Images_4 Il y a une constante en histoire.
    Quand un monde finit, un monde commence. L’un peut finir très violemment, l’autre jaillit sous les cadavres même pas finis de décomposer de l’ancien.
    Quand on veut apprendre l’économie, la vraie, c’est avec un chauffeur routier, un entrepreneur (un vrai), des salariés, qu’il faut discuter.
    Dans les écoles, on apprend souvent à n’être que conformiste, même si le conformisme varie dans le temps.
    Le conformiste néolibéral, lui, vit des heures difficiles. Ils nous ont chanté la mondialisation, mais celle qu’ils découvrent ne leur plait plus.

    Au niveau économique, j’ai appris beaucoup de choses aujourd’hui, par hasard, au hasard de conversations souvent avec des illettrés ou des bac -5, mais ayant solidement les pieds sur terre.
    Le cours du déchet de cuivre s’effondre, signe de stress important dans le bâtiment, un transporteur se félicitait des pompes à chaleur, qui lui permettaient, désormais, de vivre, et un entrepreneur regardait le nombre de ses demandes de devis pour le renouvelable. Il y en avait plus de 500.
    Le monde change toujours beaucoup plus vite que ne le croient les politiques.
    Ils en sont encore à essayer de sauver l’ancien que le nouveau s’impose déjà, avec force et fracas.

    Mais, les hommes politiques, censés prévoir l’avenir, sont ils seulement au courant, ou, sont ils comme Gorbatchev dans ses premières années de pouvoir, complètement  incapables d’analyser correctement la situation ?

    Vendredi 3 octobre 2008.

  • La guerre sur deux fronts.

    La guerre sur deux fronts.

    Bagration La guerre en Afghanistan et en Irak approchent de leur terme.
    Il n’y a plus de réserves US, et la guerre sur deux fronts épuise les ressources.
    Pour le site AntiWar.com, la situation est celle de l’Allemagne de 1944, avec une guerre sur deux fronts, plus de renforts, à cause de la crise des effectifs et des ennemis qui se renforcent constamment.
    La tranquillité actuelle en Irak est trompeuse, elle est précaire et ne repose que sur une situation temporaire de "partage de pouvoir", et peut difficilement perdurer.
    Les quelques milliers d’hommes que Gates voulait retirer d’Irak risquent de ne plus être disponible.

    A cela s’ajoute l’usure du matériel, des hommes, du moral.
    L’idéal pour une défaite militaire complète.
    Le pouvoir américain a fait une guerre "pour voir", situation du joueur de poker.
    Il a méprisé une approche plus napoléonienne, pour qui la bataille n’était que le résultat de la campagne, et Napoléon aimait dire qu’il gagnait celle-ci sur les ampoules de ses soldats.
    Dans la campagne qui conduisit à Ulm et à Austerlitz, ses soldats marchèrent à la même vitesse que les panzers de Guderian, 140 ans plus tard, pendant la campagne de France.
    Mais les deux, les pieds et les panzers, trouvèrent leurs limites. C’est la Russie.
    C’est marrant, le prisme avec lequel on voit cette puissance.
    On dit, à toutes les époques, que là-bas c’est le merdier, et qu’on y parie pas un kopeck dessus.

    Pourtant le pays existe depuis 6 siècles. Les armées sont battues, pour la raison transport, étirement des lignes de communications et fonte des effectifs, de par la taille de la conquête et pour la logistique.
    Il n’y a aucune raison pour que l’Irak et l’Afghanistan soit différents.
    La situation d’ailleurs, de l’Allemagne était bien meilleure en 1944. Malgré toutes ses difficultés, elle bénéficiait de l’avantage transport en étant au centre de la toile, elle pu se rétablir un temps pendant l’hiver pendant que ses ennemis, aux voies de communications distendues soufflaient.
    Pour les forces engageaient en Irak et Afghanistan, ce sera beaucoup plus compliqué de se retirer.

    Jeudi 2 octobre 2008.

  • Miser sur la Russie.

    Miser sur la Russie.

    Pour l’économiste et historien Jacques Sapir, la crise économique actuelle devrait très peu toucher la Russie.
    Images_2 Sa marginalisation (très relative), sa spécialisation internationale, ses disponibilités financières et ses ressources naturelles réanime les caractéristiques qui avaient fait que Staline avait pu décrété "le socialisme dans un seul pays".
    " es efforts importants restent à accomplir, mais ceci était vrai avant que la tempête de la crise ne se déchaîne et ne lui est nullement lié ".
    Les problèmes russes sont des problèmes de géopolitique lié à l’espace -colossal- et à une économie terrestre et non pas maritime, qui nécessitent de gros travaux d’infrastructures, ainsi qu’à une médiocre efficacité productive, pour laquelle la Russie est en situation de demandeuse vis-à-vis de l’Union européenne.

    Le principal problème de la Russie sera le chaos qui pourrait se généraliser et sa participation à l’élaboration d’un monde redéfini est indispensable.
    La raison principale est que désormais, elle est devenue, par un curieux et inattendu retour de l’histoire, un pôle de stabilité.
    L’histoire n’est jamais finie, et on peut savourer désormais la phrase de Gorbatchev : "Avec un pétrole à 80 $, jamais l’URSS ne se serait effondrée".
    Certains attribuerons la réussite russe au pétrole et au gaz, c’est grandement vrai, mais c’est incontournable.
    Des gisements y existent, et l’on y peut rien. D’ailleurs des gisements existaient en Grande-Bretagne aussi.
    Le basculement du centre de gravité européen de l’axe atlantique sur l’axe continental n’est qu’une question de temps. Il devrait être rapide. On ne peut rien contre la géographie.

    Jeudi 2 octobre 2008