Auteur/autrice : patrick reymond

  • Pour revenir sur la fin des flux tendus…

    Pour revenir sur la fin des flux tendus…

    Images_3 La situation actuelle mérite d’être contée, car elle est significative.
    Le bâtiment est entré en récession, et on aurait pu croire que la baisse de pression des besoins aurait entrainé la fin des ruptures chroniques d’approvisionnements, dont c’était, pratiquement, la marque de fabrique.
    Et bien pas du tout.
    Accélérant la récession, les industriels du secteur ont plus vite encore suspendu les productions, tout en continuant à utiliser le flux tendu.
    Comme on continue à produire sur commande, et qu’il faut un certain volume de commandes pour produire, les ruptures sont devenues systématiques, et on essaie de les contrecarrer à grand coups de livraisons d’urgence.
    Pour résumer en un mot, on en arrive à brasser du vent, mais de plus en plus vite.

    Les kilomètres parcourus s’allongent, mais, au dire des professionnels, rien n’est sain.
    Cela repose sur les défauts de l’appareil productif et de distribution, et surtout, la question qui se pose est cruciale : combien de temps le secteur va t’il pouvoir tenir, en distribuant des bouts de chandelles, pour un prix de plus en plus réduit, à un cout de plus en plus élevé.

    Là aussi, le cout de l’énergie, bien qu’en légère détente, aura été crucial. Transporter des quantités de plus en plus infimes, de plus en plus vite et de plus en plus loin, n’a guère de sens économique.
    D’autant que le fabricant, lui-même ne voit pas son intérêt. Ce qui n’est pas produit n’est pas vendu, encore moins encaissé.
    Etre un contrariant dans l’affaire, disposer d’un peu de stocks permettrait d’empocher de coquettes sommes : l’urgent est toujours plus cher.
    Mais dans cette affaire, l’idéologie très mal comprise remplace le réalisme, l’efficacité, le sens du commerce.

    mercredi 1°octobre 2008

  • La nouvelle révolution industrielle.

    La nouvelle révolution industrielle.

    Images_2 La nouvelle révolution industrielle sera celle des énergies renouvelables. Selon le Programme des nations-unies pour l’environnement, des millions d’emplois seront crées dans ce secteur, et tous ne seront pas des sinécures (on peut citer agriculture et recyclage, déjà, souvent, emplois de pauvres).
    Mais le contexte ne sera pas celui escompté. Les émirs perdent la main, et la réduction des consommations des pays développés fait baisser la pression sur la production.
    La volatilité des cours aura pesé lourd et consommer coutera toujours plus cher que d’épargner.
    De plus, un grand nombre d’emplois seront "écologisés" par l’évolution des techniques, c’est notamment le cas du bâtiment.

    Mais le mécanisme économique, pèse lourd aussi.
    Tout bêtement, le secteur de l’efficacité, comme du renouvelable est en train de devenir un business rémunérateur et d’un poids économique de plus en plus important dont le mouvement se développera de lui-même.
    Il évincera, de plus en plus les secteurs traditionnels, qui auront, en plus, le désavantage d’être bridé par un plafonnement perceptible, même s’il n’est pas absolu.
    Déjà, Braudel parlait déjà, il y a trente ans, de plafond reconstitué anéantissant la croissance.
    Il se posait la question de savoir, plus "quand" que "si", et il pensait à l’économie "classique", dévoreuse d’énergie fossile.
    La seule question importante, finalement est la vitesse de la mutation. Rapide ou plus mesurée ?
    Cette question sera résolue par le combat de retardement du business énergétique actuel. Les gens qui le composent gagnent beaucoup d’argent, et dans toutes mutations, il y a des victimes, fussent-elles très riches. La richesse s’ hérite, pas le génie.

    Mercredi 1°octobre 2008

  • L’Europe s’agite.

    L’Europe s’agite.

    Images_5 L’union européenne s’agite sur fond d’énergie renouvelable, d’énergie chère et d’économies d’énergies.
    Un clivage clair est apparu au parlement, entre les intégristes du marché et des députés socialistes.
    Ceux-ci se réveillent bien tard.
    La seule finalité de l’évolution était bien entendu de faire flamber les prix. Le triomphe des libéraux, est total en la matière, mais comme tout triomphe il est éphémère et fugace.
    L’augmentation des prix fera réduire, d’une manière ou d’une autre, les consommations.
    Un autre clivage existe, entre les pays ayant résolument pris le parti de développer les énergies renouvelables et les autres.

    Pour les convaincus, il s’agit d’insuffler une dynamique globale à l’union, pour les autres, sauver le complexe énergétique.
    Les normes d’efficacité des lampes et téléviseurs sont renforcées, mais à train de sénateur.
    Néanmoins, les effets devraient être colossaux (c’est pour cela que le train de sénateur est utilisé, il ne faut pas peiner les lobbys, par contre le consommateur…).

    En un mot, on s’aperçoit que le débat énergétique est surtout un débat économique ET politique : ne peinons pas les lobbys énergétiques, pressons nous, mais avec retenue, c’est toujours ça de gagné.

    Mercredi 1°octobre 2008

  • 45 000 milliards d’ici 2050

    45 000 milliards d’ici 2050

    Aie Pour l’AIE, 45 000 milliards de $ devront être investis d’ici 2050 pour que les énergies renouvelable fournissent 50 % de l’énergie.
    Ce chiffre peut sembler élever, mais reste très relatif sur une quarantaine d’années et reste surtout un redéploiement de ce qui est investi souvent dans le fossile à l’heure actuelle.
    C’est même très peu, comparer au taux d’investissement d’un pays industriel (couramment en dessus de 20 % du pib).
    Pour un petit pays comme la France, l’investissement global sur plus de 40 ans, c’est 25 000 milliards avec le taux actuel, compte tenu de l’augmentation du pib, dont une bonne partie est prévue d’être affecté à la question énergétique.

    Donc, rien de bien nouveau dans le programme de l’AIE, simplement une relativisations des efforts à accomplir.
    Si l’on tient compte du panachage renouvelable + économie, ces 45 000 milliards seraient en grande partie d’ailleurs, remboursés à cette date.
    La remarque principale est la création d’un cadre. Certains pays ont mis en place une dynamique et une industrie qui feront la prochaine révolution industrielle, d’autres pas encore.

    Mercredi 1°octobre 2008

  • L’échauffement des esprits.

    L’échauffement des esprits.

    Images_2 Outre-Atlantique, les esprits s’échauffent, et s’échauffent fortement.
    Les mensonges accumulés reviennent en pleine figure des auteurs.
    Le baril de poudre est constitué par les 700 milliards du plan Paulson, violemment rejeté par les électeurs républicains, au point qu’une poignée d’élus seulement le votera, et un violant sentiment anti-capitaliste jamais éteint, renait plus violemment encore.
    Mais, ce qui touche le plus les américains, ce sont les pénuries d’essence.
    Population éparpillée, voitures gourmandes, carence complète d’investissements énergétiques (Dieu, le marché y pourvoiera), tout a été mis en place pour que l’explosion soit violente.

    " Seul un interventionnisme massif peut limiter les dégâts de la catastrophe qui se profile  ". Enterre le credo néolibéral, et, pour ce qui est des républicains :
    "Parce qu’il y aura de toute manière un raz-de-marée démocrate en novembre lors du renouvellement partiel du Congrès et du Sénat et qu’aucun d’entre eux ne pourrait être réélu sur la base de « sauver la peau des capitalistes de Wall Street ». C’est que, comme tout bon parti conservateur, il fait en permanence le grand écart entre une droite qui s’identifie au monde des affaires et une droite religieuse mais populaire et fondamentalement anti-Wall Street." (Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. ).
    Le sentiment profond d’un échec économique aussi total qu’une propagande aussi totale en faisait "le seul possible".
    On est passé à un monde soviétique, celui des files d’attente.

    Lundi 29 septembre 2008.

  • J-L Mélenchon et la guerre d’Aghanistan.

    J-L Mélenchon et la guerre d’Aghanistan.

    Images_2 Pour connaitre les vrais buts de guerre en Afghanistan, il suffit de regarder une carte économique, à l’ancienne, et d’y placer des ressources diverses.
    Cela fait, on appelle cela de la géostratégie ou de la géopolitique, on compare avec le but officiel.
    Là, il est limpide, le 11 septembre était un prétexte.
    Pré-positionnement des troupes, buts transparents, alliés et vassaux moins souples qu’annoncés…
    Voilà le contexte réel.
    Il apparait sur le blog de JL Mélenchon en date du 21 septembre 2008, catalogué comme "franc-tireur" et "atypique".

    C’est beaucoup plus simple pourtant, c’est la vérité nue.
    C’est le même que j’ai souvent repris dans ces lignes, mais on peut rajouter une strophe au couplet.
    C’est le complexe militaro-industriel US.
    Un pareil appareil militaire, à plus de 600 milliards de $ annuel officiellement et 1000 officieusement a besoin d’ennemis pour exister.
    La décennie 1990 a été un vrai cauchemar pour ce complexe, avec la réduction de la taille de l’armée US.
    Comme toutes les armées des temps passés, le CMI fait vivre énormément de monde aux USA.
    Ce conflit était donc une justification de leur existence.

    Jusqu’au point de renversement. 9000 milliards de dettes publiques américaines, c’est précisément le montant des dépenses militaires depuis 1948 et le compromis de cette année là, où le budget militaire était censé assurer prospérité et abondance.
    Aujourd’hui, la donne se renverse. L’armée est inefficace, l’Asie centrale est inatteignable, la Russie reconstituée, les 9000 milliards n’ont pas été investis utilement et l’économie s’effondre sous le poids du CMI.
    Une situation proprement révolutionnaire.

    Dimanche 28 septembre 2008

  • La cauchemar britannique

    La cauchemar britannique

    Images Le cauchemar britannique est en train de prendre forme, et la crise géorgienne en a été la cause.
    Ce nouveau "concert européen", se ferait, en effet, sans partie britannique, ou du moins, avec un partenaire britannique réduit à la portion congrue, sans guère d’influence sur les choses.
    La donne, est très simple.
    L’est et l’ouest du continent sont complémentaire (France-Allemagne-Russie), les tenants ont ce qui intéresse les autres.
    Les russes ont l’énergie et la possibilité d’assurer la sécurité du continent, et les puissances industrielles, les équipements qui manquent à la Russie.

    On le voit, le pouvoir britannique pour agir sur l’équilibre continental devient nul.
    C’est la conjoncture crée de 1482 à la fin du 17° siècle qui revient : la Grande Bretagne redevient un état marginal et sans importance.
    C’est pour cela que la virulence britannique est extrême, dans la crise géorgienne, dépassant même celle des USA, et, si elle joue encore, c’est à travers des états marginaux, eux aussi (Pologne, république tchéque), ou à travers des personnages discrédités (Ioutchenko).
    Le changement est extrême. On est passé d’une lutte, il y a trente ans, d’un système contre un autre, à des luttes pour les lignes d’ approvisonnements.
    La position grande-bretonne, axé sur un tout marché est devenue problématique désormais et se ressent sur les factures en tout genre des citoyens.

    Le passage de Schroeder de la chancellerie allemande à une société gazière est, elle aussi significative. Il n’a pas réellement quitté le pouvoir, il l’ a investi d’une autre manière, dans un autre poste.
    Tout cela, pour pouvoir dire "merde au roi d’angleterre"… qui ne peut même plus déclarer la guerre…

    Dimanche 28 septembre 2008

  • Inquiétude sur la norme basse consommation

    Inquiétude sur la norme basse consommation

    Images La norme de construction "basse consommation" provoque l’inquiétude chez les professionnels de l’immobilier et notamment les constructeurs.
    Le surcout (10 à 15 %) arrive dans un contexte difficile de purge immobilière, de chute des mises en construction et permis de construire, ainsi que dans une raréfaction du crédit bancaire.
    Reste que le problème reste surtout le problème bancaire, car la norme basse consommation permet de notables économies sur "les fluides" eau, gaz, électricité et toutes énergies en générale, dans un contexte à la fois de flambée et de raréfaction, donc, le surcout, n’est pas évident, même s’il y a gonflement de la facture (immédiate) de construction.

    Cette flambée et cette raréfaction, a provoqué l’alarme présidentielle, et en même temps, la création d’un certain nombres de mesures visant aux économies d’énergie.
    Cette alarme, est donc beaucoup plus visible chez les constructeurs (maisons neuves) et les promoteurs que chez les autres professionnels de l’immobilier.
    En effet, le parc de logement à moderniser est important, et vulgairement, la profession ne suit pas ou pas assez vite.
    On voit donc, ce qui souffre, est plus le travail de l’intermédiaire (le constructeur, le promoteur) qui ne fait rien qu’une coordination (importante) des travaux.
    Le marché en développement (la réhabilitation) se passe beaucoup mieux de ce travail de coordination, où il est souvent réduit au minimum.

    Même si le bâtiment après des années euphoriques retrouve un second souffle, rien ne dit que certaines professions ne seront pas sacrifiées, et les spécialistes de la construction neuve risquent de trinquer sévèrement.
    D’autre part, un effort de modernisation est beaucoup plus facile pour les propriétaires de longue date, et à un cout plus modéré et programmable, qu’une construction neuve où c’est tout ou rien. Reste que la flambée de tout le reste, pendant les dix dernières années ne les avaient guère émus.

    Dimanche 28 septembre 2008

  • Le changement de paradigme

    Le changement de paradigme

    Images_3 Nicolas-tête-à-queue, pourra t’on appeler not’bon président.
    Il avait une idée en tête, nous mettre sous la toise du modèle "indiscutable" de ce capitalisme anglo-saxon et admirait, comme beaucoup dans la classe dirigeante, tout ce qui venait d’Amérique ou d’Angleterre, même une merde, pourvue qu’elle soit enveloppée du drapeau adéquate.
    Le virage aura été spectaculaire, et le tête à queue fantastique.
    Ce nouveau paradigme aura des répercussions inouïs sur notre vie, bien qu’ici, nous les connaissions déjà.

    Le président a reconnu, qu’il faudrait gérer la rareté, ce que Braudel disait, il y a plus de trente ans : "Le plafond s’est reconstitué", disait il en jugeant le culte de la croissance comme surréaliste.
    C’est par une frousse et une peur carabinée que la classe dirigeante va agir, c’est parce qu’il y a urgence, que vulgairement, elle veut sauver sa peau.
    Le chantier est tout trouvé, ce sera une nouvelle révolution industrielle, axée sur les économies d’énergies, le renouvelable.
    Le Grenelle de l’environnement était une coquetterie, un gadget, là, la fin des dogmes sonnent, imparfaitement d’ailleurs, mais sonne quand même.
    C’est une récapitulation, une mise en mouvement, mais un commencement seulement.
    La dégradation de la situation économique entrainera cette remise en mouvement de plus en plus loin.

    On assistera donc à une montée en puissance de l’intervention étatique. Ce qui est prévu actuellement est plutôt timide ; écoprêt, jusqu’à 30 000 euros, enveloppes budgétaires à peine améliorées, bonus-malus automobile, ce n’est, pour l’instant, pas grand chose.
    Mais l’important n’est pas là, la chose la plus significative était d’enclencher le mouvement.
    Le reaganisme du début des années 1980 avait balayé toute politique d’économie d’énergie, laissant le marché agir et nous mener là où on est.
    "Dire la vérité aux Français, c’est leur dire que nous passons d’un monde d’abondance à un monde de rareté. C’est-à-dire d’un monde où l’on utilisait les ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables à un monde où l’épuisement à venir des ressources naturelles sera une préoccupation de tous les jours.  "
    Le libéralisme n’existait que dans le gaspillage énergétique.

    Photo : il est définitivement mort.

    Vendredi 27 septembre 2008

  • La nouvelle donne.

    La nouvelle donne.

    Images_5 Un changement de politique économique se fait pressentir, et un changement dont le besoin sera de plus en plus violent et urgent.
    La finance anglo-saxonne s’écroule, le chômage flambe, la récession s’annonce, et le premier ministre s’enfonce. Ni relance, ni austérité.
    L’austérité serait malvenue en ces temps de récession et ne ferait que l’aggraver, et F. Fillon n’a pas assez de ressources mentales et d’intelligence pour rompre avec la dialectique en cours il y a peu.
    Bien sûr, il devra y avoir relance, et on en voit les contours.

    Pour rendre supportable politiquement la hausse de l’énergie, il faut en premier l’économiser et en deux en produire différemment. L’importance de la crise, contraint l’UE à agir vite et à programmer une stratégie d’amortissement du choc énergétique.
    Quand à l’Allemagne, encore industrielle et fidèle à sa tradition productrice, elle se livre à une attaque d’une virulence extraordinaire contre le "modèle anglo-saxon" vaincu.
    Elle peut parler haut et fort, elle a déjà infléchie sa politique vers le renouvelable et les économies.
    En France, on prend aussi ce chemin, le prêt à zéro % verra le jour pour ce type d’investissements immobiliers.
    Ce sera le chemin, pour sortir de la dépression. Le tout est de savoir à quelle allure on va s’y engager.

    vendredi 26 septembre 2008