Auteur/autrice : patrick reymond

  • Michelin en difficultés.

    Michelin en difficultés.

    Image le fabricant de pneus est en difficultés, pris, comme les autres en étau par l’augmentation du prix des matières premières et la baisse des marchés automobiles.
    "Forte dégradation des marchés en Amérique du Nord et Europe" et recul de certaines devises (dollar, peso, livre) pénalise bibendum.
    Ses parts de marché sont en hausse, mais on voit aussi les limites d’une multinationale mondialisée.
    Elle a largement contribué à comprimer les salaires, mais maintenant, elle devient aussi victime de cette politique.

    Comme à son habitude, elle privilégie le progrès technique pour tirer son épingle du jeu et, il faut le reconnaitre, avec succès, ses produits sont excellents.
    Il reste que l’ équipementier ne peut rester indifférent vis-à-vis de la tenue de son marché mère, l’automobile, et l’évolution de celui-ci n’est guère bon.
    Il recule en effet, en volume et en gamme.
    Les petites voitures ont, en effet des pneus bien moins couteux, les SUW, chers naguère aux américains, eux étaient tout bénéfice.
    Reste que vouloir maintenir sa marge à 10 % est illusoire. La crise ne fait que commencer, et l’on sait bien qui paierait ce maintien : les salariés.
    Bien sûr, là aussi, pas la moindre réflexion sur les débouchés : c’est ailleurs, ou "ça ne nous concerne pas".
    Mais cela, est un problème général au patronat.

    Photo : on s’aperçoit d’ailleurs que la roue est devenue beaucoup plus confortable qu’au 16° siècle.

    Jeudi 7 août 2008

  • La responsabilité des entreprises.

    La responsabilité des entreprises.

    Images_6 Aujourd’hui, on blablate sur les responsabilités sociales des entreprises, mais ce n’est que du bla-bla.
    La seule chose qui est intouchable, c’est le dividende, les compressions de personnels et pressurer les fournisseurs (cost-killing), sont à l’oeuvre.
    Bien sûr, la question de savoir qui achètera les voitures, n’est pas évoquée. C’est toujours pour des marchés "ailleurs". Avec les dernières négociations de l’OMC, c’est l’extraversion totale.
    Surtout, interdit de produire sur place, interdit de distribuer des salaires.
    Reste à savoir la question marrante. Une fois qu’auront sauté les déficits extérieurs espagnols, US et britannique, soit à vue de nez 90 % de ceux-ci, bien entendu, tous entretenus à grands coups de prêts jamais remboursés, qui jouera le rôle du consommateur ?

    Le PDG surdoué de Renault, lui fait dans le classique.
    Le petit c’était devenu déshonorant. Il faut du gros, du 4 X 4, de la marge.
    En industrie, justement, on sait que la grosse marge, elle arrive souvent d’on ne sait où.
    La plupart de l’activité n’en produit pas, et quelques productions, souvent marginales, en font une énorme.
    Vouloir être bénéficiaire sur toutes les lignes, à 15 % l’an chacune, c’est idiot.
    Et c’est impossible.
    En attendant, la concurrence, elle, se développe toujours sur le créneau délaissé, méprisé, celui abandonné par les entreprises établies.
    D’ailleurs, la plupart des créateurs d’entreprises géniaux étaient des marginaux.
    Louis Renault travaillait dans son atelier, au fond du jardin, il faisait le désespoir de ses parents, c’était, ce que nous appellerions un marginal.
    Bill Gates, aussi était un marginal.
    On peut aujourd’hui constater deux choses : le génie des uns, et le conformisme bêlant des autres.

    Jeudi 7août 2008

  • Le coût de l’uranium.

    Le coût de l’uranium.

    Images_3 L’augmentation enregistrée pour le cours de l’uranium sur les 7 dernières années atteint 1000 %.
    Plusieurs choses l’expliquent.
    Les stocks constitués pour la sécurité énergétique, le désarmement, l’arrêt de la prospection et de l’investissement pour l’exploitation minière.
    67 000 tonnes d’uranium consommée et 40 000 produites, le reste étant assuré par les stocks militaires et civils.
    Le retraitement en assure une très faible part (3%).

    La production semble scotchée à son niveau, avec une très faible élasticité à la hausse dans le futur.
    Il faut bien voir que le nucléaire civil n’a été possible qu’avec les considérables et illimités budgets militaires consacrés à l’extraction et constitution des stocks.
    Ces stocks étaient tellement immenses qu’ils ont pu approvisionner la machinerie pendant plus de 20 ans.
    La leçon de l’histoire ?
    En théorie, les solutions, décrites par bien des internautes, sont abondantes.
    En réalité, il n’y a ni le pouvoir, ni le vouloir pour procéder à des investissements -colossaux- nécessaires ne serait-ce que pour faire fonctionner l’existant.
    Bien des solutions, aussi sont irréalistes.
    On ne sait récupérer aucun des métaux qui abondent dans l’eau de mer, ni économiquement, ni techniquement.

    Jeudi 7 août 2008

  • Fusion British Airways American airlines.

    Fusion British Airways American airlines.

    Images_3 Les choses vont vite dans la déconfiture du transport aérien.
    Non content d’une fusion avec Iberia, British airways veut désormais s’allier avec American Airlines.
    " Plusieurs compagnies déposeront le bilan en 2008. Le prix du carburant, la baisse de confiance des consommateurs et le ralentissement économique global sont en train de ravager cette industrie ", qu’on peut qualifier d’inutile.
    En réalité, cette alliance a toutes les chances d’être un foirage de première catégories.
    Si, en faisant des liaisons communes, AA et BA peuvent économiser quelques vols, cela ne change rien

    au fait que les flottes de tous ces intervenants sont vieilles, gourmandes en carburant, en résume, un parfait exemple d’économie libérale.
    Montrés en exemple à une époque, BA, summum de la politique de privatisation n’est qu’un gros canard boiteux, qui veut s’allier à d’autres canards boiteux.
    Cela ne changera en rien.
    On ne fait pas un crack avec plusieurs tocards.

    Image : l’avion du futur. En tassant beaucoup, beaucoup, beaucoup les passagers, on peut en transporter un max (et si ils sont pas contents, ou ouvre la soute).

    Jeudi 7 août 2008

  • La victime.

    La victime.

    Images_4 Cela sent la crise, et le salopiot de salariés est prié d’être la victime consentante et dévouée :
    – de son patron qui comprime les salaires,
    – de son banquier qui ferme le crédit,
    – du banquier central qui combat l’inflation, et donc comprime aussi son salaire.
    Bien entendu, du sort de la demande, il n’est en aucun cas question.
    " Nous envisageons d’exporter de notre usine américaine vers l’Europe, car bientôt, nos coûts aux Etats-Unis seront moins élevés qu’en Pologne " (le PDG d’alstom).

    Le marché est donc toujours vu, "en exportation", le marché intérieur, en recul, faute de moyens.
    Bien sûr, on revoit les errements des années 30 et les limites de ces politiques.
    Quand tout le monde en est réduit à la survie, le marché n’existe plus.
    La loi de l’offre et de la demande n’opère d’ailleurs plus. Bien que le marché soit en régression, pour préserver leurs marges, l’heure n’est pas à la baisse des prix, mais à leur augmentation.
    C’est le cas pour l’automobile.
    Quand est ce que certains cesseront de parler de mécanismes qui n’existent que dans leurs fantasmes ?

    Vase  : Charybde et scylla

    Jeudi 7 août 2008

  • USA : clash anticipé en Russie.

    USA : clash anticipé en Russie.

    Images_3 Pour des responsables russes haut placés, les USA sont menacés d’ " une crise existentielle de grande envergure  ".
    Ils ne pourront survivre qu’en "vivant avec les moyens dont ils disposent ".
    En rajoutant :" les Etats-Unis ne sont pas disposés à dépenser ce qu’il faut pour résoudre le problème de sa propre dépendance énergétique. "
    Et la possibilité existe que la Russie n’ait plus du tout de relations avec eux : "Nous pouvons nous permettre de ne pas avoir de relations du tout avec ceux qui n’en veulent pas ".
    On retrouve la géopolitique dans cette histoire là.

    La Russie, comme à toutes les époques est le celle pays capable d’une quasi autarcie, donne qui valut la doctrine du "socialisme dans un seul pays".
    Aujourd’hui, d’ailleurs, les choses ont passablement changées.
    Alors que structurellement, la Russie est excedentrice dans toutes les énergies, les USA sont dépendants de l’extérieur en tout. De la plus basique des matières premières, au plus sophistiqué des produits.
    Et ce n’est que contraint et forcé par leur paupérisation que populations et un certain nombre d’industries ont compris qu’il fallait évoluer.
    En ayant, bien sûr goûté et puisé les joies de la dépense énergétique "à fond la caisse".
    Mais, pour l’industrie automobile, il est bien tard.
    Quand aux véhicules hybrides, ils ont une alternative, tout aussi économe et même beaucoup plus, cela s’appelle la petite voiture.

    Mercredi 6 août 2008

  • Crise du Low-cost.

    Crise du Low-cost.

    Images_3 Le low-cost qui avait permis une orgie de voyages et a beaucoup de gens, croire qu’ils faisaient partie de la "jet-set", prend un coup dans l’aile.
    Les compagnies aériennes classiques avaient déjà énormément relevé leurs prix, et encore plus pour les achats de dernière minute, qui deviennent inabordables, même pour des personnes disposant de bons moyens.
    Les compagnies low-cost, risquent, elle de devenir des compagnies à bas confort, mais à haut prix, car elles n’échappent pas, non plus au mouvement de fond.

    Des compagnies sont au bord du dépôt de bilan, certaines ont vu fondre leur bénéfice, à tel point, qu’il n’en reste que le souvenir, elles ont mises, toutes, des appareils en sommeil.
    Les compagnies low-cost sont devenues des compagnies classiques, avec des problèmes classiques.
    Celles qui avaient articulées leur activité auprès d’aéroports secondaires, sont les plus atteintes, celles rayonnant à partir des aéroports à gros débits résistent mieux.

    image : la destination finale, le désert mojave

    Mercredi 6 août 2008

  • Guerre en Sud-Caucase.

    Guerre en Sud-Caucase.

    Images_2 L’Ossétie du Sud (et à travers elle, la Russie) et la Géorgie sont, non pas au bord de la guerre, mais entrés en guerre dans la nuit de vendredi à samedi 2 août.
    6 soldats ossétes ont été tué dans des échanges de tirs et 15 blessés.
    L’Ossétie a déclaré la mobilisation générale ainsi que le recrutement de volontaires dans le nord-caucase.
    La disproportion des forces en présence, le fait que Moscou considère la zone comme une ligne rouge, la naïveté des occidentaux, notamment européens, pensant accéder à l’ Asie centrale par un corridor aussi étroit qu’ explosif, tout pousse à une radicalisation de la crise.

    En même temps, la fibre nationaliste géorgienne, chauffée au rouge, appuyée par des services secrets américains fort actifs dans la région, pousse aussi à une radicalisation de la crise par la Géorgie.
    Ce pays, très largement corrompu, même par rapport aux normes russes, pourtant peu exigeantes en la matière, en réalité se cherche.
    Il n’a, depuis des siècles, jamais connu d’indépendance autre que celle issue de l’éclatement de l’URSS, et aussitôt la guerre.
    D’abord les conflits séparatistes, mais aussi a servi de base-arrière aux tchétchénes.
    Les dernières manoeuvres de déstabilisations US dans la région, concerne l’allié turque, ni assez docile, ni assez caniche.
    En effet, la Turquie n’avait pas apporté un soutien dans l’agression de l’Irak, mais désormais refusait d’envisager un conflit avec l’Iran, et servait de médiateur entre Israël et Syrie.

    Mercredi 6 août 2008

  • Obama vs Mac Cain

    Obama vs Mac Cain

    Images_2 Le match de boxe, la présidentielle US vient de commencer sur la question pétrolière.
    Avec des différences significatives.
    B. Obama, bien moins burné en argent des pétroliers que son adversaire, peut se permettre d’attaquer fort, et met en cause les compagnies qui s’enrichissent alors que le citoyen de bas est à la peine :
    " Chaque fois que vous remplissez votre réservoir, les compagnies pétrolières se remplissent les poches ".
    Et un lien, tente d’être établi avec le président précédent :
    "Après un président otage des grandes compagnies pétrolières, nous ne pouvons nous offrir le luxe d’un deuxième  ".

    Il est vrai que la présidence de deubeuliou a été, sur ce plan là, caricaturale.
    Mac Cain riposte en faisant remarquer que lui, a voté contre des ristournes fiscales aux pétroliers, contrairement à son adversaire, et qu’il veut relancer nucléaire et forages en mer.
    Néanmoins, la question énergétique ne se posera pas là dans les années qui suivent, mais clairement sur la réduction des consommations.
    Réductions voulues ou subies seront la seule nuance.
    Il est clair que, différence de génération aidant, Mac Cain n’a pas la même approche.
    Il partage sans doute la croyance, habituelle pour sa tranche d’âge, qu’on peut augmenter encore et toujours la production et que la vitalité économique en résulte.
    On peut être persuadé aujourd’hui que c’est loin d’être le cas.

    Mercredi 6 août 2008

  • Bataille judiciaire.

    Bataille judiciaire.

    Images Le Tricastin vient de tourner à la bataille judiciaire.
    En plus des anti-nucléaires habituels, c’est la commune de Bollène qui se porte partie civile et ne se contente plus des lénifiantes déclarations accoutumées et rassurantes.
    Elle s’ajoute donc à la plainte d’une riveraine, et certains n’hésitent plus à parler "d’incident majeur".
    Le distinguo d’ailleurs dans l’échelle des risques est très subtil, et on peut affirmer sans crainte qu’en matière industrielle d’ailleurs, il n’existe pas d’incident bénin, à fortiori dans le nucléaire.

    Les responsables et les politiques ont ouverts, à d’autres égards une boite de pandore.
    En permettant des actions "NIMBY" (Not in my backyard), pour tout et rien, notamment les éoliennes, ils ont conscienceusement déblayé la route à des actions répétées en justice, où, le nucléaire, cette fois sera le plus sur la sellette.
    Si 10 % de la population hostile aux moulins à vent ont pu les arrêter, cela a donné des idées.
    Une "guérilla judiciaire" est en train de naitre, et il sera difficile de l’arrêter, même avec des lois taillées sur mesure.
    Nicolas-le-nucléaire voulait une société américanisée. Il va être content, sur le plan judiciaire, il aura pleinement réussi.

    mercredi 6 août 2008