Auteur/autrice : patrick reymond

  • Le comique de situation.

    Le comique de situation.

    Images_3 Les Yankees ne changeront jamais.
    La chambre des représentants US vient de voter une loi pour poursuivre l’OPEP en justice pour manipulation de marché.
    Voté par 324 voix contre 84, elle verra la création d’une équipe au ministère de la justice, cela en vue d’appliquer la législation antitrust.
    Une précédente loi, votée par le sénat s’était vu apposé un véto par la présidence, pour une fois, plus éclairée que la moyenne des niaiseux représentants.

    A mon avis, la seule explication possible et raisonnable est que les sénateurs et députés trouvent leurs compatriotes trop gros et veulent les contraindre à plus d’exercice et notamment la marche à pied.
    Rappelons qu’un certain nombre de petits pays producteurs ont mis les USA sous embargo.
    En effet, sous prétexte divers, les cargaisons ou les paiements étaient saisis par la justice US, suite à la plainte d’investisseurs privés  (fonds vautours).
    Ils n’ont eu absolument aucun problème pour trouver d’autres clients payant rubis sur l’ongle.

  • Le voyage de W.

    Le voyage de W.

    Images_2 Le voyage de GW Bush au moyen-orient a été paradoxal.
    Il a révélé l’ampleur de la marginalisation US et israélienne et provoqué une montée du prix du brut, que l’Iran avait essayé de contrecarrer par une augmentation importante de production.
    Gholamhossein Nozari, ministre iranien du pétrole a déclaré : "Je pense que ce n’est pas le pétrole qui devient plus cher, mais que c’est le dollar qui devient meilleur marché  ". 
    L’augmentation du prix du pétrole et du gaz font désormais que la montée en puissance de l’Iran est irréversible.

    Même l’establishment américain commence à penser différemment :
    "L’Iran a élaboré un appareil nucléaire et enrichit l’uranium. Il est impossible de revenir en arrière. Au lieu de remettre en vigueur un ensemble de mesures incitatives que l’Iran rejette depuis longtemps ou de lancer des appels à un châtiment militaire qui n’inquiète personne dans la hiérarchie du pays, les Etats-Unis et leurs alliés européens seraient bien avisés de négocier un arrangement qui satisferait au moins quelques-unes de leurs exigences  ".
    En effet, la crise libanaise et les courts affrontements ont provoqué un autre dégonflement : Une intervention israélienne dans les combats a été arrêté au dernier moment.
    Selon le renseignement américain "Tel Aviv aurait été la cible d’ approximativement 600 missiles du Hezbollah dans les premières 24 heures, en représailles  ".
    Crédibilité et puissance militaire s’amoindrissent, le seul résultat tangible à cette visite aura été 5 $ de plus sur le prix du baril.
    Les ennemis sont confortés, les amis dépités, perplexes ou pensent à autre chose…

  • Energie et Habitat. IV

    Energie et Habitat. IV

    Images On a peine à imaginer ce qu’étaient les fleuves français jusqu’au XIX° siècle.
    Quand les écologistes parlent de la Loire "dernier fleuve sauvage", ils sont du plus haut comique.
    Car ces voies de communications qu’étaient les fleuves étaient exploitées à l’extrême limite, et une population nombreuse vivait au bord des fleuves.
    Nantes est un port, c’est visible dans son nom. Nau veut dire le navire.
    Un village, Retournac, porte cette même éthymologie dans son nom.
    Il fut un port d’époque romaine et jusqu’au 16°siècle. Pourtant, il n’y a guère d’eau dans la Loire à cet endroit (Haute-loire, 510 mètres d’altitude), naviguer avant la construction des grands barrages était un suicide pur et simple, au moins jusqu’à Roanne. 

    Mais la voie d’eau, était irremplaçable, elle seule pouvait pallier le manque de nourriture, dans un sens, ou expédier le surplus, dans l’autre. Toujours au prix d’immenses exploits.
    On a largement oublié aujourd’hui cet aspect de la vie de nos ancêtres.
    Ils étaient très dépendants d’une énergie rare, la population était étalée sur la totalité de la surface du pays, pour une raison triviale, la survie.
    Il y avait peu de différences de densité (40 habitants au km2).
    Toutes les grandes villes existantes de l’époque étaient des ports, côtiers ou d’intérieur : Paris, Lyon, Toulouse, Orléans…
    Dès qu’on passait à d’autres modes de transports, la douleur commençait.
    L’augmentation du prix du fret est un poing de côté dans la machine économique.
    Un autre poing de côté est la différence de densité de population.

  • Energie et habitat III

    Energie et habitat III

    Images_2 Déjà, la flambée des prix du pétrole s’annonce difficile à avaler pour les ménages.
    On va vivre une période d’économie d’énergie sans précédent.
    Particulièrement aux USA. Ils vont maudire Ronald Reagan.
    En 1980, l’Amérique profonde était engagée dans la voie de l’économie. Elle consommait 9 millions de barils/jour pour ses transports. Elle était auto-suffisante.
    Passé une période de laisser-faire, où on ne s’est pas préoccupé des consommations, on a le retour de bâton violent, l’ajustement par le prix.

    La France a déjà connu, relativement récemment une phase de ce type, et même pire, la diminution de 90 % de sa consommation d’énergie. C’était en 1940.
    Le charbon à disposition est passé de 40 millions de tonnes à 3.5 millions.
    D’où l’image de certains films, de trains rares et bondés et de la mémoire des témoins : deux jours pour faire 200 kilomètres.
    L’approvisionnement était insuffisant et désorganisé et dépendait pour beaucoup d’urbains de leur faculté à prendre leur vélo et pédaler.
    Les villes françaises ont naturellement perdue, à cette époque une partie de leur population.
    Elle n’est pas morte (quoiqu’il y ait eu des morts de faim), mais simplement a déménagé ses pénates, en totalité ou en partie.
    Beaucoup d’enfants étaient placés en campagne, pour qu’ils aient au moins de quoi manger.
    Il est en effet plus efficace de déplacer les populations près des lieux de productions dans un cas de pénurie d’énergie, que de lui amener de la nourriture.
    Vous chantiez aux jours heureux ? Et bien dansez, maintenant !

  • Energie et habitat II

    Energie et habitat II

    Images Un certain nombre de remarques dans l’article "Energie et habitat", me pousse à écrire un second article pour préciser certains points.
    Contrairement à ce que l’on pense, l’ artificialisation du milieu n’est nullement irréversible.
    C’est une simple constatation qu’on peut faire en milieu rural avec le recul. Le béton, le ciment et le goudron ont des ennemis, pas que les écologistes. Mais des bactéries qui les dévorent.
    Le milieu naturel est apte à avaler, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (à son échelle), tout le produit de l’activité humaine.
    Une route en campagne, quand elle n’a pas été refaite, rétrécie. Simple question de temps.
    Bien sûr, en ville on passe des désherbants, on entretien, on chasse la végétation, mais pas les bactéries. Elles ne sont guère pressée, mais implacables.

    Mais sur la majorité du réseau routier, c’est déjà, la décroissance.
    Quand on peut voir la reconstitution de certains villages ou villes minières, passé le temps de l’exploitation et de l’empoisonnement à grande échelle, on peut être confiant.
    Pourtant certains lieux évoquaient plus l’enfer que les riantes petites villes que l’on peut voir.
    La manière de construire aussi, importe beaucoup.
    Si l’on regarde les photographie du début du XX°siècle, on s’aperçoit qu’on prenait les plus mauvaises terres pour bâtir, qu’on limitait l’emprise au sol en construisant systématiquement sur au moins deux niveaux.
    Les grandes villes ne se maintiennent que par un flux constant d’ approvisionnement énergétique.
    La donne n’a pas changé depuis 5000 ans. Que le flux cesse ou s’inverse, la grande ville est mal.
    Depuis 1800, les grandes villes ont bénéficié d’un mouvement de fond. Le flux croit, la ville croit.
    Et plus encore avec le pétrole. Mais la masse d’énergie consommée n’a jamais diminuée.
    Quand aux diminutions drastiques de surfaces urbanisées, elles ont déjà eu lieu, à la fin de l’époque romaine, au XIV° siècle.
    Mais il est sûr que la crise énergétique va retailler, elle aussi, les villes, la répartition des populations car il est clair aussi que le maillage français du 18° siècle (petiotes villes de 20 000 à 30 000 habitants) sera plus efficace avec des ressources énergétiques réduites.

  • Energie et habitat.

    Energie et habitat.

    Images_4 On fait toujours la même erreur.
    A l’heure actuelle, on veut combattre l’étalement urbain, favoriser le transport en commun, regrouper les villes, sans se poser la question de savoir, si finalement, ce n’était pas les villes le problème.
    75 % de la population entassée dans des espaces urbains, en terme énergétique, c’est lourd.
    En effet, il faut leur amener eau, nourriture, et donc prévoir des liens de transports forts, avec les autres métropoles et l’arrière pays.
    On a oublié que l’exode rural a correspondu avec le triomphe des énergies fossiles.

    Le faux débat écologique actuel porte finalement sur le maintien des villes, concentrées sur de plus petites surfaces, avec une surface réduite par habitant.
    Seulement, avec une population identique, les besoins de nourriture, d’eau resteront identiques.
    Les investissements pour satisfaire les besoins de base seront identiques aussi.
    La mondialisation par exemple est aberrante : une usine, bâtie en Chine, produisant des produits de faible valeur, verra ses prix plombés toujours plus par l’augmentation des prix du transports.
    A l’inverse, la grande valeur ajouté (qu’on disait vouloir garder) va elle pouvoir être délocalisable plus aisément.
    Le plus économique énergétiquement parlant, c’est produire le plus possible à proximité, pour la population locale et exporter peu de produits de plus grande valeur.
    Comme on peut le voir, c’est le contraire qui a été fait.
    Le triomphe libéral aura été le triomphe du pétrole bon marché.

  • La grande solitude Saoudienne.

    La grande solitude Saoudienne.

    Images_2 Le partage du pouvoir était simple entre l’ Arabie Saoudite et les USA.
    Contre la protection, l’ Arabie fournissait un pétrole bon marché.
    La dernière donne au Liban a changé beaucoup de choses.
    Diplomatiquement, le gouvernement saoudien est totalement isolé des autres pays arabes, qui ne veulent pas se brouiller avec Téhéran.
    Le profil bonhomme et bon enfant de la diplomatie Iranienne (même si les dents semblent longues), tranche avec les agitateurs de sabres. 
    Rajoutons à cela que la protection US devient de plus en plus aléatoire, et que le pétrole bon marché ne fait plus réellement partie du paysage et on s’aperçoit que le deal de 1945 avec Washington est caduc désormais.

    Pendant ce temps là, un secrétaire d’état à la défense (Robert Gates), contredit ouvertement et au même moment, les propos guerriers du président.
    La divergence, L’absence de sanction indique le degré de décomposition du pouvoir politique.
    Pendant ce temps là, l’offensive diplomatique iranienne semble triompher.
    Le gazoduc de la paix avec le Pakistan et l’ Inde semble aboutir. Toute guerre contre l’ Iran apparaitrait comme une guerre anti-asiatique et l’on comprend mieux le soutien affiché de New-Delhi à Téhéran.
    Pour la première fois cette année, l’Iran sera exportatrice nette de gaz.
    Face à cela, le jugement semble sans appel :
    " Les Etats-Unis ne peuvent pas non plus protéger ce régime [saoudien] de ses défis intérieurs … Bref, les besoins mutuels des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite restent aussi immenses qu’à tout moment au cours des 75 dernières années, mais la capacité de chacun des deux camps de faire en sorte que ce partenariat soit mutuellement productif diminue, peut-être irrémédiablement. Il est difficile de voir comment cette tendance peut s’inverser, peu importe qui occupe la Maison Blanche dans un an ".
    Pendant ce temps là, la diplomatie française tisse des liens avec le Hamas.

  • Penser la guerre autrement.

    Penser la guerre autrement.

    Pour le général Desportes, commandant du centre de doctrine de l’emploi des forces, les armées occidentales sont incapables de gagner une guerre, essentiellement pour des raisons de doctrine erronnée.
    Gargantua Bâties sur la technologie et le pétrole, en gros sur une puissance de choc énorme, les armées occidentales tournent à vide.
    Elles peuvent avoir gagné des guerres (Irak, Afghanistan) et voir renaitre immédiatement une opposition armée, réduite, certes, mais déterminée, fluide et ingénieuse.
    Le combat à distance, d’ailleurs, peut se révéler un échec. Malgré sa puissance de feu et le martyr des civils Libanais, les forces israéliennes n’avaient pas réussi à enfoncer les défenses du hezbollah dans le sud Liban en 2006.
    Le reste de la guerre avait davantage évoqué les pires combats de 1915, avec des avances minimes et de lourdes pertes.

    Voici in-extenso l’avis :
    " très dangereuse interprétation américaine de la ‘révolution dans les affaires militaires’, selon laquelle la technologie pouvait directement produire des résultats politiques. Nous savons que c’est faux, comme les exemples de l’Irak, de l’Afghanistan ou du Liban le montrent : la technologie ne produit pas d’effet politique. Ce qui est mort aussi en Irak, c’est l’idée qu’il y avait des victoires militaires rapides qui pouvaient conduire à des résultats durables. Nous avons compris que le résultat militaire ne conduit plus directement au résultat stratégique. Parce que l’Amérique est la puissance dominante, nous avons suivi ce courant de pensée. Mais les difficultés que rencontrent aujourd’hui les armées occidentales montrent bien qu’il est urgent désormais de penser la guerre autrement ".
    Et oui, pour faire la guerre, il ne faut pas que des véhicules, des avions ou des hélicoptères (du matériel qui coûte cher, mais dont la perte est acceptable), mais aussi des fantassins, qui, même peu armés et peu formés, tiennent le terrain.
    Là, la perte est beaucoup moins facile à accepter politiquement, et les guerres actuelles seraient impossibles, faute de soutien populaire.
    De toute façon, avec les armées occidentales à la taille réduite, ce changement de doctrine reste aléatoire.
    Pour le reste, il n’y a qu’à mesurer l’actualité des propos de Rabelais, dans "les guerres picrocholines".

  • OCS : extension et raffermissement

    OCS : extension et raffermissement

    Ocs L’OCS (organisation de coopération de Shangaï) approfondit ses liens et les étend.
    C’est désormais l’Inde qui rejoint plus en avant le groupe (formé par la Russie, la Chine et divers pays d’Asie centrale), dont elle était seulement observateur (comme l’Iran et le Pakistan).
    Russie, Inde et Chine ont établi une déclaration commune sur le Kosovo, L’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan.
    Sur le nucléaire Iranien, le soutien de New-Delhi à Téhéran va même au delà du soutien accordé par la Chine et la Russie.

    New-Delhi, en effet, affirme le droit sans partage de l’Iran à l’énergie nucléaire, et les modèles informatiques prévoient, en cas de destruction de la centrale de Bushreh, une contamination massive du sous-continent, raison de l’hostilité de l’Inde à toute attaque contre l’Iran.
    De plus, l’Inde est fortement demandeuse du gaz Iranien et un projet prévoit un gazoduc Iran-Pakistan-Inde (gazoduc de la paix), qui priverait encore plus Nabucco de toute raison d’être et priverait les pays occidentauux de ce qu’ils considèrent comme LEUR gaz.
    En ce qui concerne leur sécurité alimentaire, les trois grands affirment avoir pris les mesures nécessaires pour assurer leur auto-suffisance.
    L’extrémisme des occidentaux et notamment américains, renforce à chaque coup porté, pensé ou tenté, l’alliance. C’est souvent un des paradoxes de l’histoire.

  • Afghanistan : même erreur.

    Afghanistan : même erreur.

    Images M. Kabulov, ambassadeur prédestiné par son nom, de Russie en Afghanistan, a un jugement tranché sur la situation en Afghanistan ce sera un échec, car l’Otan répète les erreurs soviétiques : " La sous-estimation de la nation afghane, la conviction que nous avions une supériorité sur les Afghans, qu’ils sont inférieurs et qu’on ne peut pas leur faire confiance pour régler les affaires dans ce pays  ".
    Manque de connaissance des afghans, l’absence de contacts avec la population, le sentiment national qui dresse naturellement la population contre les occupants imposant un régime sans assise, qu’il soit communiste ou "démocratie".

    Comme à l’époque soviétique, les occupants gagnent les batailles et perdent la guerre, avec en prime, un état afghan qui a cessé d’exister depuis et qui n’est jamais reparu.
    " Nous ne prenions pas la peine d’enlever les épaves de nos tanks et des véhicules détruits, alors que vous le faîtes. Peut-être avez-vous plus de ressources, ou peut-être moins de pertes ".
    Mais, M. Kabulov précise :
    " Mais si les choses continuent à empirer, comme c’est le cas aujourd’hui, revenez dans deux ans et vous trouverez alors beaucoup de vos propres épaves ".
    Nul besoin, en effet de grandes batailles pour "grignoter" le terrain.
    Déjà 50 % du pays a été perdu par l’Otan. Dans deux ans, ce sera 70 %.
    L’accès à l’Asie centrale et l’encerclement de l’Iran, semble un pari fou et désormais perdu.
    Chaque pas d’une puissance dans cette région doit être associée à l’énergie.